à Paris; 50,000 à Londres
PESTH, Pestum ou Pestinum , anc. Contra-Acincum on Transacincum, v. forte île Hongrie, ch.-l. du comitat de Pesth et de l’ancien Territoire administratif de son nom, sur la rive g. du Danube, vis-à-vis Bude, a laquelle l’unit un long pont de chaînes, à 200 kil. E.-S.-E. de Vienne ; 131,705 hab. Cour suprême, et haute cour royale de justice ; université importante, écoles militaire, vétérinaire, et de chirurgie; gymnase de Piaristes. Bibliothèque, musée, jardin botanique, amphithéâtre anatomique, observatoire, académie hongroise des sciences. Succursale de la Banque de Vienne, Banque Hongroise, caisse d'épargne; académie de commerce; école de commerce pour les femmes. Belles promenades, hôtel des invalides, casernes, Bourse, théâtre. Centre principal de l’industrie et du commerce hongrois : fabr. de soie, d’indiennes, cuirs de couleurs, chapeaux, amidon, liqueurs, ouvrages en bois, etc.; construction de machines, sucreries de betterave, 4 grandes foires célèbres. — Pesth, fondé sur l’emplacement d’une forteresse romaine, fut prise et ruinée par les Turcs en 1526, 1541, 1603, 1681, et rendue à l’Autriche en 1686. Deux inondations du Danube y causè-
rent de grands dégâts, en 1775 et 1838. Soulevée contre l’Autriche en 1848, elle fut reprise l’année suivante. — Le comitat de Pesth, dans le Cercle au delà du Danube, a 10,812 kil. carrés; 638,218 hab. De 1850 à 1860, il a été divisé en deux comitats distincts : Pesth-Pilis au N.; ch.-l. Pesth; Pesth-Solt au S.; ch.-l. Kecskemet. Sol plat; beaucoup de marais. Elève de beaux bestiaux, abondantes récoltes de grains.
PESTUM. V. Pœstum.
PÉTALISME (du grec petalos , feuille), jugement d’exil prononcé par les anciens Syracusains, qui écrivaient sur une feuille d’olivier le nom du citoyen qu'ils voulaient bannir. Il n’était pas sans analogie avec l’ostracisme.
PÈTASE, du grec pelasos , chapeau de laine, à larges oorus , en usage chez les anciens Grecs , et chez les anciens Romains. C’était une coiffure contre le soleil , à l’usage des Voyageurs, des chasseurs, et des bergers. 11 se liait sous le menton par une courroie. Les Grecs donnèrent à Mercure un pétase ailé, comme emblème de ses fonctions de messager des dieux , et de sa célérité. C. D — y.
PETAU ( Paul ) , antiquaire, né à Orléans en 1568 , m. en 1614 , fut conseiller au Parlement de Paris. On lui doit, entre autres ouvrages : Anliquariæ suppelleclilis porliuncula , Paris, 1610, in-4°, avec fig. ; Veterum numismalum gtio risma, ibid. , 1620 , in-4°, etc.
petau (Denis), en latin Pelavius, très-savant jésuite, homme d’esprit et de goût, parent du précédent, né à Orléans en 1583, m. à Paris en 1652, eut, dés son enfance, une passion violente pour l’étude, et faisait à dix ans des vers avec une extrême facilité. 11 professa la philosophie à Bourges à 19 ans, et entra dans l’ordre des Jésuites à 22. Seize ans plus tard, il succéda à Fronton du Duc dans la chaire de théologie positive à Paris. 11 s’occupa surtout de la science chronologique. Son premier ouvrage sur cette matière, Opus de Doctrina lemporum, 1627,2 vol. in-fol., est destiné à peu près exclusivement à critiquer avec violence le livre de Jos. Sealiger, de Emandatione lemporum, et ne ménage guère plus Saumaise. Il a encore publié ; IJranologia, 1630 et 1703-5, 3 vol. in-fol. ; Italionarium lemporum, in quo œlatum onmia sacra profanaque Itisloria chronologicis probalionibus minuta sunt summalia, Paris, 1633-34, 2 vol. in-12; Vo/mala lheologica , Paris, 1644-50, 5 vol. in-fol., compilation utile des Pères et des anciens conciles; De ecclesiasticâ hierarchiâ, ibid., 1643 , in-fol.; des notes et corrections sur Si Epiphane , Synésius , Thémislius , et Julien l'Apostat. U a composé aussi des poésies grecques et latines, plus étonnantes par la facilité dont elles témoignent que par la force des pensées et l’énergie des expressions; les principales sont; une traduction en vers grecs des Psaumes et des Cantiques de l’Ecriture, Paris, 1637 , in-8°; un poeme latin en l’honneur de Ste Geneviève , écrit pour s’acquitter d’un vœu, et qui a pour titre Soteria , Paris, 1620. Le recueil de toutes ses poésies a été publié en dernier lieu en 1642, Paris. in-8°. • C. N.
PETCHENEG, v. de la Russie d’Europe dans le gouvernement et à 50 kil. E. de Kharkov; 7,0u0 hab.
PETCHENEG UES, peuple turc d’origine, habita d’abord le Turkestan, s'avança ensuite vers l’Oural et le Volga, où il séjourna quelque temps, envahit en 884 la Khuzat ie, et, s’étendant toujours vers l’O., forma un empire puissant, qui embrassait la Russie méridionale actuelle et les provinces turques voisines (Bessarabie, lÂherson, Iékatél'iuoslav, partie des gouvernements de Podolie,de Pultawa et d’Orel, partie de la Moldavie, de la Valachie et de la Transylvanie). Des guerres continuelles avec les Russes, les Hongrois et les Grecs, diminuèrent peu à peu cet empire,, dont l'histoire ne fait plus mention depuis le xne siècle-
PE-TCHÉ-LI, golfe et prov. de Chine. F. Tche-li.
PETCHURA. V. Petsciioua.
PETERBOROL'GH, Petuaria, cité-comté d’Angleterre^ dans le comté et à 60 kil. N.-E. de Northampton, avec chemin de fer, et sur la Nen; 11,732 hab. Evêché, fondé par Henri VIII en 1541. Cathédrale du xne siècle, avec la tombe de Catherine d’Aragon. L’église Sl-Jean a un beau bas-relief par Flaxman. Patrie (lu docteur Paley- Comm. de blé, charbons, bois, chaux , briques , pierres. Près de là est Milton Parle, résidence du comte Fitzwilliam, dont la famille a le titre de vicomte de Peterborough. 4-
PETEitnoRouGii (Charles biordaunt, comte de), né en 1662, m. en 1735, fils aîné du vicomte d’Arason, commanda les troupes anglaises en Espagne dans la guerre contre la France en 1705-6, et fut chargé de diverses négociations auprès des princes d'Italie et à la cour de Vienne. 11 a été comblé d’éloges par Pope. Il avait écrit des Mémoires sur sa vie, qui furent brûlés par une eau* lalrice célèbre , miss Robinson, qu'il avait épousée.
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PETERHEAD, brg d’Ecosse, comtéet à 43 kil.N.-N.-E. d’Aberdeen, port sur la mer du Nord; 6,500 hab. Eaux thermales et bains fréquentés. Carrières de granit. Fabr. de fil, draps, rotons. Armem. pour la pèche de la baleine.
PETERI10F. vge de la Russie d’Europo, sur le golfe de Kronstadt, gvt et à 20 kil. S.- O. de S'-L’étersbourg, à 8 kil. d’Oranienbauin ; 600 hab. Beau château impérial. Résidence d'été de l’empereur. Fabr. impériale de papier; atelier pour la taille des pierres précieuses.
PETERI.INGEN, nom allemand de Payeuse.
PÉTERSBOURG (SAINT-), Pelropolis en latin moderne, capitale de tout l’empire russe, ch.-l. du gvt de son nom, sur la Néva à 3,050 kil. N.-E. de Paris par Bruxelles et Berlin; 1,261 de Varsovie par chemin de fer, avec embranchement sur Kœnisberg; 2,029 de Vienne; 1,676 de Berlin; 776 de Moscou, à laquelle elle est reliée par un chemin de fer en droite ligne; par 59° 56' 31" lat. N., et 27° 57’ 58" long. E.; 539,475 hab. Résidence ordinaire de l’emperenr, et centre des administrations publiques, du Conseil de l’Empire, et du Saint-Svnode. Siège d’un métropolitain russe, et d’un archevêque catholique romain; consistoire luthérien. Sénat, tribunaux civils et criminels. Université, fondée en 1819, avec facultés de philosophie et de droit, de physique et de mathématiques, d’histoire et de philologie, et bibliothèque. Institut pédagogique, établi eu 1828. Ecoles des ponts et chaussées, des mines, d’arts et iné.iers, de langues orientales, de beaux-arts; Ecole de droit, et lycée impérial pour former des fonctionnaires civils ; Écoles de sages-femmes, d’agriculture théorique et pratique, de commerce, de sourds-muets, d’aveugles ; haute école forestière, avec bibliothèque, musée et école d’arpentage; école vétérinaire. Maison d’éducation pour 500 demoiselles nobles, dans le couvent de Smolnoï; Institut de ^'-Catherine, et Institut patriotique, qui ont la même destination. Gymnases pour familles bourgeoises; Institut Saint-Paul et Institut Marie , pour la noblesse et la bourgeoisie. École allemande de l’église évangélique de S'-Pierre. Académie impériale militaire ou haute école d’état-major; Académie du génie, Acad, d’artillerie; corps de cadets pour l’armée de terre; école des porte -enseignes de la garde impériale, et corps des pages. Corps des cadets, écoles des timoniers et des ingénieurs de la marine. Académie impériale des sciences et belles-lettres , avec cabinet d’histoire naturelle et musée asiatique, et dont la 2e section s’occupe exclusivement de la langue et de la littérature russes; Commission archéographique pour veiller à la conservation et à la publication des documents anciens concernant l'histoire et la littérature russes et slavonnes. Académie impériale de médecine et de chirurgie, ayant une section à Moscou; Académie des beaux-arts, avec galerie de tableaux de peintres russes, et musée de sculpture et d'architecture. Sociétés impériales d’économie rurale, de minéralogie; Société géographique, s’occupant, sous la présidence du grand-duc Constantin, de publier des documents précieux pour la géographie et l’ethnographie, recueillis par des voyageurs qu’elle envoie dans les contrées peu connues du territoire russe. Beau musée des antiques, de sculpture et de peinture, dit Nouvel-Ermitage, commencé en 1840, et inauguré en 1851. Observatoire. Bibliothèque impériale, créée par Catherine II, et rendue publique par Nicolas Ier. Bibliothèques de l’Académie des sciences, de l’Université, du musée RoumianzofT. Musée zoologique. Jardin botanique impérial, le plus riche de l’Empire. Hôtel des monnaies, le seul pour pièces et métaux précieux, avec musée monétaire. Collection de ma-
-Pétersbourg
fond du golfe de Finlande, dans lequel le fleuve se jette par 4 branches principales appelées grande et petite Néva (grande et petite Nevka), formant 5 îles et plusieurs îlots. La ville est à peu près circulaire et sur un terrain bas, plat et marécageux • on évalue sa circonférence à 25 kil. environ, son diamètre, de l’E. à l’O., à 13. Elle est divisée en 12 quartiers , 8 sur la rive gauche , 2 dans les îles, et 2 sur la rive droite. Dans la division naturelle, le côté de la rive gauche est la région principale, celle qui dénote le pins la capitale d’un grand empire. Douze canaux, larges de près de 20 mèt., et dont le plus grand , celui de la Fontenca, en a plus de 55, la sillonnent de l’E. à l’O., en lignes irrégulières. Tous sont dérivés de la Néva, et revêtus de granit. C’est dans cette légion que s’épanouissent les splendeurs principales de la ville ; le grand et vaste bâtiment de l 'Amirauté on forme comme le centre; il s’élève au S., sur un immense square, de 145 mèt. de profondeur au moins , d’où partent , en
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éventail, trois rues spacieuses, longues chacune de 4 kil. environ; ce sont : à droite ou à l’O-, la Wossnessenslcaïa , au centre, la Garokhovciïa , habitée par le commerce dé détail; et, à gauche, la Perspective de Nevski, centre du commerce de luxe. La place de l’Amirauté est cantonnée de deux autres qui n'en font qu’une avec elle ; à l’E., celle du Palais d’Hiver, bornée au N. par le palais de ce nom et celui de 1 ’ Ermitage, au S. par V Etal- Major général, siège de deux ministères, et qui se développe «n un vaste hémicycle, devant lequel se dresse la colonne d’Alexandre (F. Colonnes); à l’O., la place S*-Isaac, dont l’église de ce nom fait pendant à l’Etat-Major. Cette 2e place se prolonge vers la Néva au N., sous le nom de place de Pierre-le-Grand, emprunté d’une célèbre statue de bronze qu'on voit au centre, et qui représente Pierre, gravissant à cheval un rocher de granit, qui forme piédestal.
La Perspective de Mevski est la plus belle rue de la ville; elle a 42 “■ 67 de large. On y trouve la cathédrale de Notre-Dame de Kazan , l’hôtel -de -ville, le Gostinoi-Dvor (cour des étrangers ou marchands), vaste bazar, le couvent des Dominicains, avec église catholique, la Bibliothèque impériale, le palais Anitchkof, qui était la résidence particulière de l’empereur Nicolas I01', plusieurs autres somptueux palais privés, et 10 temples consacrés à des cultes différents.
La partie la plus majestueuse de toute la ville est le quai de la Néva, long de 5 à 6 kil., large de plus de 42 mèt., et tout en granit. Au centre on distingue l'imposante masse de l’Amirauté, les pieds dans le fleuve, pour ses cales de construction et de radoub. Elle coupe le quai en deux parties : en amont, c.-à-d. à l’E., est le quai du palais , avec le Palais d’hiver, résidence de la famille impériale, daus le style d’architecture de la fin de Louis XIV, . le plus vaste d’Europe peut-être, équivalant presque au Louvre et aux Tuileries réunis; puis le nouveau palais de l’Ermitage, avec bibliothèque et collections d’objets d’art; ie palais de Marbre; la place avec la statue de bronze de Souvoroff ; et, au fond, le Champ- de - Mars ou Pré de la Tzarine, de 475 mèt. sur 284 ; enfin le Palais de Tauride, qui tous ont aussi des façades de ce côté. En aval , ou à l’O., est le quai anglais, avec le palais où siègent le Sénat et le Sl-Svnode; l’église anglaise; divers palais ou hôtels, dont plusieurs habités par les ambassadeurs , et à l’extrémité O., la Nouvelle-Hollande ou Nouvelle-Amirauté, immense établissement, avec cales de construction et de radoub.
En passant aux îles, on trouve d’abord la Vassilijostrow , vaste ile formée pat- la grande et la petite Néva au S. et au N., et le golfe de Finlande àl’O. C’est le quartier du haut commerce. A la pointe en amont, qui partage le fleuve en deux bras, s’élève la Bourse, espèce de temple périptère dorique, de 69 mèt. de face sur 96 de côté, entouré de 44 colonnes de grandes proportions, et précédé d’une place demi -circulaire, ornée à chaque extrémité d’une colonne rostrale. Sur les quais du N. et de l’O. , sont l’hôtel des mines, le Corps des cadets de la marine, l’Académie des beaux-arts, dont l’architecture semble une inspiration des bâtiments de notre ancienne place Louis XV, l'obélisque de Koumiantzow, le 1er Corps des cadets, l’Académie des sciences , l’Observatoire, la Douane, etc.
Les autres îles sont peu habitées , excepté la plus centrale dite Quartier de St-lJétersbourg ou Vieux St-Pélersbourg. On y trouve cinq églises, le Jardin botanique, et une maisonnette de bois, que Pierre le Grand construisit de ses mains, et qu’il habita quand il commença de fonder sa ville; on l'a recouverte d’une maison Je pierre, afin de la perpétuer comme une sainte relique. La pièce qui servait de cabinet de travail au tzar a été convertie en chapelle. Dans la partie S.- O. de cette ile on trouve la Forteresse, occupant, vis-à-vis du quai du palais, un ilôt de 750 mèt. de long sur 427 de large environ. Pierre Ier la commença en 1703, et Catherine II la termina en 1754, en la faisant revêtir de granit. Sa forme est celle d’un hexagone oblong, de l’E. à l’O. Du milieu s'élève, à une grande hauteur, la cathédrale de St-Pierre-el-Sl-Paul, sépulture des souverains de Russie depuis Pierre Ier, et l’Hôtel des monnaies. Les quartiers de Vibourg et d ’OUhla, situés sur la rive droite , sont les plus pauvres : on y trouve néanmoins deux hôpitaux pour la marine et pour l’infanterie, et l’Académie médico-chirurgicale.
Sl-Pétersbourg a plus de 130 ponts, 26 en pierre, 14 en fer, et les autres en bois. 11 y en a 10 sur le fleuve, parmi lesquels ceux de Sl-Isaac, pont de bateaux; de Nicolas, magnifique pont de sept arches avec des pnes de granit, construit en 1855 par le general Kerbetz; de ’l'roitza (la Trinité), pont de bois, long de 320 mèt., tous trois sur la grandeNéva, sontles plus remarquables. Les autres ponts.
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jetés sur les canaux, sont peu importants, excepté celui d’Anitchkoff, sur la Fontenca, construit en granit et orné de 4 très-beaux chevaux de bronze, ouvrage du sculpteur russe baron Klot. — Il y a 7 palais impériaux ou appartenant à la famille impériale ; 160 églises ou temples, dont 6 seulement pour les catholiques romains ; deux couvents, ceux d’Alexandre Nevski , et de Vosskressenk ; 4 grands théâtres; 150 grandes rues, 9 vastes places, 11 marchés, et 10,000 maisons environ, dont beaucoup en bois. Les palais, outre les 5 déjà nommés, sont le vieux palais Michel, ancienne résidence de l’empereur Paul Ier, et maintenant occupé par l'Ecole des ingénieurs , et le nouveau palais Michel, bâti en 1822 pour le grand-duc Michel. Parmi les églises, on remarque St-Pierre et St-Paul, la plus anc. cathédrale de cette jeune ville; St- Nicolas- des - Matelots, et Notre-Dame de Vladimir, dans l’anc. style russe; Notre- Dame de Kazan , qui rappelle, dans de moindres proportions, le Panthéon de Paris par son dôme élevé sur un péristyle, et S‘-Pierre de Rome, par une place demi-circulaire, reliée au portique de la façade, et ornée de 56 colonnes monolithes en granit ; la cathédrale de St-lsaac, dans des proportions colossales , avec 104 colonnes de granit rouge, monolithes, et un dôme couvert en cuivre doré , etc. Le plus beau couvent est celui de S*-Alexandre Nevski , à l’extrémité S.-E. de la ville, au bord de la Néva : il a la forme d’un vaste château carré, avec une muraille en pierre : son enceinte, d’une grandeur prodigieuse , comprend la cathédrale de St- Alexandre , et les églises du St-Espril et de Sl-Lazare: dans cette dernière, on voit les sépultures de beaucoup d’hommes célèbres de la Russie. Les théâtres portent les noms de ; Grand- Théâtre, pour l’opéra italien et les ballets; de théâtre Alexandra , scène nationale, où sont représentés des ouvrages russes; de théâtre Michel, consacré à la représentation des comédies françaises ; et de théâtre du Cirque," pour l’opéra russe et la comédie allemande. Il y a trois promenades publiques : le Jardin d'clé , situé à l’extrémité O. de la ville, au bord de la Néva, avec une magnifique grille de fer, soutenue par 36 colonnes monolithes de granit, pour clôture du côte du fleuve ; et à l’autre extrémité, au N.- O., deux îles appelées Kammennot e t Velaguine. La première a un palais d’été pour la grande-duchesse Hélène : aux abords et aux environs, les riches seigneurs ont de somptueuses maisons de plaisance ; la seconde a un palais pour la famille impériale. Ces îles, plantées de bosquets et d’avenues de pins et de bouleaux , égayées de masses de fleurs autour des habitations, sont, dés le milieu de juin , le quartier à la mode : la foule des promeneurs s’y porte, et le Théâtre-Français s'y installe; mais à la fin d’août, la belle saison s’évanouit; alors société noble, promeneurs, tout le monde s’éloigne, et les îles deviennent désertes. — 11 faut nommer encore, parmi les établissements ou les édifices dignes d’attention , répandus dans les divers quartiers de la ville, V Hôpital des Enfants trouvés, ceux des Ouvriers pauvres ; d'Ouboukhoff , de Kailinldn; les deux Hospices des orphelins et des orphelines militaires, celui de la Maternité; des casernes pour 60,000 hommes ; des ■ manèges pour les revues ou les exercices militaires en hiver , entre autres le Grand manège, où plusieurs bataillons peuvent manœuvrer.
Climat. — La température moyenne de Sl-Pétersbourg est de -fi- 3° 6 centigrades :* en été, de -J- 16» 8; en hiver, de — J0» 3 ; les extrêmes extraordinaires sont de -fi- 22° 77, et — 19» 7. La Néva gèle tous lés ans pendant 7 mois, de novembre à avril. Il n’y a pas de printemps; l’été arrive subitement : il fait alors une chaleur lourde pendant 3 mois environ, et le soleil , durant un mois, disparait à peine de l'horizon. L’automne est long , désagréable, et souvent attristé par une petite pluie fine ou par de fréquentes bourrasques. Vers l'équinoxe, la Néva est sujette à des crues extraordinaires causées par de violents vents d’O.; ces crues dépendant d'une saute de vent, sont subites: alors le fleuve monte à vue d’œil, littéralement; des quartiers de la ville sont, en peu d'instants, inondés de 20 à 30 centimètres d’eau, et quelquefois davantage; mais cela ne dure que peu de temps : dès que le vent change , la crue s'en va aussi vite qu’elle est venue, et s’écoule par les nombreux canaux qui coupent la ville. Plusieurs inondations ont causé de grands ravages, entre autres en 1777, et surtout en novembre 1824.
Industrie et commerce. — L’industrie de Sl-Pétersbourg est assez importante : on remarque les fabr. impériales d'instruments de chirurgie militaire, de tapis, de porcelaine; la verrerie impériale; la fonderie de canons; des fabr. de cotons, soieries, toile à voiles, cuirs, lainages, papier, tabac, savons, bijoux, horlogerie, instruments de préci-
I sion , etc. Le commerce, favorisé par la Néva et par le 1 golfe de Finlande, est très-important; des paquebots à vapeur rattachent le port de Sl-Pétersbourg, vaste, mais peu profond , aux principales villes maritimes environ nantes; les meubles et objets de luxe, les denrées coloniales, les métaux travaillés, la houille, le coton, les bois de teinture, les fruits du midi, les vins, les huiles, sont les objets capitaux des importations; on exporte le cuivre, le fer, le suif, les grains, la potasse , le chanvre, le lin, le goudron , les peaux , les crins , les bois de construction, etc. Les importations annuelles atteignent en moyenne 272,000,000 fr. ; les exportations, 194,000,000 fr.
Aspect et physionomie. — La vie. SQPétersbourg, vu du haut d’un monument, est un spectacle très-curieux: les flèches métalliques, sveltes et fines, d'une multitude de temples et de couvents ; les dômes dorés des églises grecques ; les toits peints en vert-clair ou en gris-cendré de milliers de maisons; des oasis de verdure au milieu de masses d’édifices, et les eaux de la Néva, miroitant de place en place, forment un panorama enchanteur. Quand vous descendez dans la ville, la largeur et la longueur des rues, toujours droites, la profusion de palais et d’églises, en un mot , une magnificence régulière , et l’aspect neuf des constructions , vous frappent d’admiration et de surprise. C’est surtout dans le quartier de l’Amirauté que l’on éprouve ce sentiment : car là, plus qu’ailleurs encore, tout est grandiose; le carré du Palais d’hiver présente une façade de 228m 30 du côté du quai , sur 172ra 8C de profondeur vers la ville; l’Amirauté mesure 298“ 7C sur ses deux façades du N. et du S. , dans son fleuve maritime et du côté de la ville ; ses petits côtés ont 162“ 15 de profondeur. Les places sont immenses aussi : celle qui sépare le Palais d’hiver de l’Etat-major, mesure 226“ 60 de diamètre, et la colossale colonne d’Alexandre y paraît presque petite. La grande Néva complète et augmente encore cet aspect quasi - gigantesque : dans son étendue, de l’E. à l’O. , elle n’a pas moins de 290 à 320 mètres de largeur, et plus: aucune capitale, pas même Londres, n’est traversée par un fleuve aussi majestueux. Mais une fois la curiosité apaisée, et quand vous cherchez ce qui manque à ce splendide spectacle, vous remarquez que les maisons des beaux quartiers , construites en briques, et revêtues de stuc blanc, bien qu’assez grandes , et dans une proportion de hauteur d’une fois et demi au moins la largeur des rues, ont, dans leur aspect d'élégance et de bon goût, un air de fragilité qui contraste avec les masses imposantes des édifices publics; qu’on n’y voit point de boutiques au rez-dechaussée, et que les magasins, relégués au 1er étage ou dans un sous-sol, privent les rues de cette physionomie gaie et variée des autres grandes villes de l’Europe; enfin que les voies publiques sont pavées en gros caillons ronds, qui les rendent si raboteuses, que, dans les principales, on a établi pour le roulage des voitures des bandes de pavés en sapin debout ; que cette construction les rend trèspoudreuses en été , et fangeuses en temps de pluie. Du reste, la ville est fort animée dans ses principaux quartiers, mais vers midi seulement. Les moyens de transport, pour les gens qui n’ont pas d’équipages, sont des carrosses, à peu près comme nos fiacres, et des droehki , voitures découvertes à 4 roues, très-basses, pour 2 personnes, plus le cocher, et allant presque toujours au galop d’un seul cheval. Pour les transports en commun, un service d’omnibus parcourt les principales rues. La nuit, la ville est éclairée au gaz. La physionomie d’hiver est toute différente : la cité a très-souvent un manteau de neige , et, dans les temps de gelées, son sol est, pour ainsi dire, tout d’une pièce. Sl-Pétersbourg parait encore plus vivant, mais le bruit des voitures et le galop des chevaux ne retentissent plus , parce qu’on ne va qu’en traîneau sur la neige , qui a souvent l’épaisseur d’un mètre, ou sur la glace. Il y a , dans les rues principales, des trottoirs fort élevés, dallés dans les quartiers du centre, en planches dans les quartiers très-éloigués.
Un très-grand luxe règne parmi la noblesse. La classe des marchands imite, autant que possible, ce luxe; les femmes, par la toilette, les hommes, par de beaux et brillants équipages. Quant à la classe moy enne, étrangers ou nationaux, représentant la bourgeoisie de l’Europe occidentale, sa vie peut se tarifer, en général, à 6,000 fr. environ par an pour un ménage.
Histoire. S*-Pétersbourg fut fondé le 27 mai 1703, sur l’emplacement d’Ivangorod, par Pierre I*r, (pii lui donna le nom de son patron. 11 commença par la Forteresse et par quelques maisons dans le quartier dit auj. vieux Sl-Pétersbourg. Cette fondation fut un véritable prodige d’obéis-
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sance et cL* fermeté, tant il fallut vaincre d’obstacles de tous les genres ! Après 9 années de travaux, en 1712, Pierre déclara, de fait , sa nouvelle cité capitale de l’empire, en y transférant le sénat de Moscou. Mais la ville, même à sa mort, avait encore un aspect assez misérable ; sa splendeur ne date que de ses successeurs, surtout de Catherine II; Alexandre Ier et Nicolas Ier ont continué l'œuvre de magnificence de cette souveraine, en empruntant fréquemment, comme elle avait fait, à l’Europe occidentale ses arts, ses artistes, et ses ingé- I nieurs. C. D — y et B.
petersbourg (Gouvernement de saint-), division administrative de la Russie d'Europe, formé de l’anc. Ingrie, sur le golfe de Finlande, entre le gr.-duché de Finlande au N.-O., les gouv. de Revel ou d'Esthonie au S. -O., de Pskov au S., et de Novogorod à l’E. ; 45,633 Icil. carrés; 410 kil. sur 400 ; 1,083,091 hab. Sol plat, ondulé seulement dans le N. et le S.-E., sablonneux et léger, souvent marécageux. Récolte de céréales, lin, chanvre et légumes ! pour l’approvisionnement de la capitale. Magnifiques forêts, j PÉTERSBURG, v. des Etats-Unis (Virginie), sur l’Ap- I pomattox, à 35 kil. S.-S.-E. de Richmond, par chemin de j fer; 17,000 hab. Filât, de cotons et de laine, corderies, moulins à farine et à huile, fonderies de fer et de cuivre, tanneries. Centre d’un important commerce intérieur. PETERSEN (Gerlac). V. Gerlac Petersen.
PETERSIIAGEN, v. des Etats prussiens | Westphalie), < sur le Wéser, à 15 kil. N.-E. de Minden; 2,000 hab. Ane. château des évêques de Minden. Toiles, tabac, cuirs PETERS - PORT (SAINT-). V. Pierre -le -Port (Saint-). |
PE TERSWALDAU, v. des Etats prussiens (Silésie), à 7 kil. S.-O. de Reichenbaoh; 5,500 hab. Château des comtes de Stolberg. Moulins à farine, scieries hydrauliques, falir. de toiles et cotons.
PETERSWALDE, v. des Etats autrichiens (Bohême), à 28 kil. N. -N. -O. de Leitmeritz, 92 de Prague; 3,900 hab. Fabr. d’articles en fer et en laiton, boucles, boutons. etc.
PETERWARDEIN, Pelrovaradinum , en hongrois Petert ira, v. forte des États autrichiens (Confins militaires du Banat), sur la rive dr. du Danube, en face de Neu-Satz, à qui elle est jointe par un pont de bateaux , à 238 kil. S.-S.xE. de Bude; 6,000 hab., non compris la garnison. Tribunal d'appel. Le prince Eugène de Savoie , à la tête des Autrichiens, y remporta une grande victoire sur les Turcs, le 1er août 1716. Lors de l’insurrection de Hongrie, en 1849, Peterwardein capitula entrelesmainsdubanjellachich, le 7 sept., après la journée de Villagos. — Le régiment ou district régimentaire de Peterwardein , situé au N. de la Servie et de la Bosnie, a 3,074 kil. carrés, et 92,525 hab. Beaucoup de marais.
PE1IET (Claude), né en 1749 à Châtillon-sur-Seine, m. en 1806, entra de bonne heure dans la gendarmerie do la maison du roi, fut ensuite pourvu d’une charge de commissaire des guerres, et fut, pendant 15 ans, secrétairegénéral de l’intendance de Bretagne. Procureur-généralsyndic du département d’Ille-et-Vilaine en 1790, commissaire-ordonnateur en 1792, puis commissaire - général , il servit en cette qualité aux armées du Centre, de Sambreet-Meuse, et de l’Ouest. Député de l’Ille-et-Vilaine au conseil des Anciens en 1795, il fut presque aussitôt appelé au ministère de la guerre, rétablit l’ordre dans cette administration , rendit un compte public de sa gestion, et perdit son portefeuille au 18 fructidor comme suspect de royalisme. Envoyé par les électeurs de la Seine au conseil des Cinq-Cents, 1799, il s’attacha au général Bonaparte, entra au conseil d Etat en 1800, fut adjoint au ministre de la guerre Berthier, puis administra pendant deux ans la République cisalpine. Il fut encore intendant- général de l’armée en 1803, et succomba à l’excès du travail, au moment où il venait d’être nommé sénateur.
PÉT1L1E, Petilia, v. du Brutium, à l’E., bâtie, dit-on, par Philoctète, fut, sous Auguste, la capitale de la Lucanie qui s’étendait alors plus au S. Auj. Strongoli ou Policaslro PETILIUS CÉRÉALIS. V. Céréalis.
PETINESCA. V. Bienne.
PETION de Villeneuve (Jérôme), né à Chartres en !7oq’ -d Un Procureur au présidial de cette ville, m. en 1793, était avocat, lorsque ses concitoyens du tiers-état le députèrent aux Etats-Généraux de 1789. Doué d’une belle figure, d une voix forte et d’une faconde commune, il se distingua par son ardeur démocratique, et exerça contre la royauté une grande influence. Au mois de juin 1791 1 Assemblée nationale le nomma, avec Barnave et Latour- Maubourg, un des trois commissaires qu’elle envoya à
Varennes pour en ramener le Roi et la famille royale, auxquels il témoigna peu d’égards, et même montra de l’impolitesse. Après le retour, il fut un de ceux qui demandèrent la mise eu jugement de Louis XVI. Ses sentiments révolutionnaires le firent surnommer le Vertueux par la populace de Paris. Le 14 novembre 1791, élu maire de Paris, l’étion seconda les envahissements populaires qui préludèrent au 20 juin 1792. Le directoire du département le suspendit de ses fonctions; le cri de Pélionou la mort l intimida l’Assemblée, qui les lui rendit le 13 juillet. Un des conspirateurs du 10 août, il dissimula longtemps sa complicité à cet acte; mais auj. on sait qu’il y prit une part indirecte en manquant à ses devoirs de maire, et en s’entendant avec les agresseurs, par lesquels il feignit de se faire garder à la mairie. Son peu d’énergie rendit impuissante son intervention pour arrêter les massacres de septembre. Député à la Convention par le département d’Eure-et-Loir, il fut le 1er nommé président, se rallia aux Girondins, fit décréter la mise en jugement de Louis XVI, vota pour la mort avec sursis à l’exécution, perdit sa popularité en reculant devant l'abîme qu’il avait creusé, fut proscrit au 31 mai 1793, se réfugia à Caen, puis dans le Midi, où Ton pense qu’il se donna la mort. On retrouva son corps à demi dévoré par les loups. On a recueilli, sous le titre d ’OEuvres de Pélinn, quelques discours et des opuscules politiques assez mal écrits, 1793, 4 vol. in-8°. J. T.
pÉtion (Alexandre sabès , dit), homme de couleur, président et fondateur de la république d’Haïti , né au Port-au-Prince en 1770, m. en 1818. Affranchi, il prit les armes avec sa classe en 1791 , parvint à tous les grades par son courage et ses talents, fit la guerre aux Anglais, et acquit une haute renommée dans celle qui eut lieu entre Toussaint-Louvertnre et Rigaud. Réfugié en France avec ce dernier, il retourna avec lui à Sl-Domingue dans Tex pédition de Leclerc , et combattit de nouveau contre Toussaint-Louverture. Après la déportation de ce chef et de Rigaud , il persuada Dessalines de prendre les armes contre les Français, et le fit reconnaître général en chef des indigènes. Averti ensuite, par H. Christophe, des préventions de Dessalines contre lui, il le renversa, adopta le gouvernement républicain, combattit Christophe, et paralysa le système monarchique et sanguinaire de son ennemi. Il fonda son gouvernement sur la liberté et le bonheur des masses, dota les noirs de la propriété, fut le législateur de sa patrie, le créateur des institutions qui fixèrent les destinées du peuple haïtien. Bolivar trouva en lui un puissant appui, lorsqu’il affranchit les colonies espagnoles de l’Amérique du Sud. Enfin son équité posa les bases des arrangements pris avec la France pour la reconnaissance de l’indépendance et de la souveraineté d’Haiti. B. A.
PÉTIS (François) , orientaliste, né en 1622, d’une famille originaire d’Angleterre, m. en 1695, fut pourvu , à 30 ans, de la charge de secrétaire -interprète du roi pour les langues turque et arabe. On lui doit un Dictionnaire français-turc et turc- français, resté manuscrit, et une Histoire de Genyis-Khan, publiée par son fils, 1710, in- 12. Il rédigea aussi les Voyages en Orient de Thévenot le neveu.
pétis de la croix (François), fils du précédent, né à Paris en 1653, m. en 1713, fit plusieurs voyages en Orient par ordre de la cour, obtint une chaire d’arabe à Paris, et succéda à son père comme secrétaire -interprète de Louis XIV pour les langues orientales. On lui doit : une traduction persane de l'Histoire de Louis XIV par les médailles ; les Mille et un jours, contes persans, Paris, 1710-12, 5 vol. in-12 ; Histoire de la sultane de Perse et des vizirs, contes turcs, traduits de Cheikh -Zadèh, ibid . , 1707, in-12; Voyage cnSyrie et en Perse (de 1670 à 1680 ), publié dans le Magasin encyclopédique, 1808, t. v; Histoire de Timour-Lenc (Tamerlan), 1722, 4 vol. in-12. B.
pétis de la croix ( Alexandre-Louis-Marie), fils du précédent, né à Paris en 1698, m. en 1751, fut successivement secrétaire-interprète de la marine , interprète des langues orientales à la Bibliothèque royale, et professeur d’arabe au Collège de France. On a de lui : Canon du sultan Suleiman II , traduit du turc, in-12; Lettres critiques de Hadji-Mohammed-Effendi , Paris, 1735, in-12. B.
PETIT (Jean) , cordelier de la province de Normandie et docteur de la Faculté de théologie de Paris , joua un rôle dans les affaires du schisme, et figura avec éclat dans l’ambassade envoyée en Italie, 1407, pour la pacification de l’Eglise partagée entre Grégoire XII et Benoit XIII. Chargé par le duc de Bourgogne, Jean-sans-Peur, de présenter sa justification pour le meurtre du duc d'Orléans, il le fit (8 mars 1408 ) à l’hôtel Sl-Paul, en présence du Dauphin , des princes du sang, comtes, barons, doctcuis, clercs, etc. Son sermon fut une longue apologie du tyran-
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üïcide : il soutint que le duc d’Orléans avait été tyran, criminel de lèse majesté et traître au roi, et conclut que celui qui l’avait tué devait être récompensé. Nul n’osa combattre cette doctrine monstrueuse, jusqu’au 11 septembre 1408, où maître Sérisi la réfuta, en accusant le duc de Bourgogne au nom de la duchesse d’Orléans. Néanmoins le duc protégea Jean Petit, qui mourut paisiblement a He.-din en 1413. Mais Gerson dénonça cette doctrine à Jean de Montaigu, évêque de Paris, 1414, et au concile de * onstance, 1415; le 1er la condamna comme hérétique; le 2e l’anathématisa. Enfin le roi fit prononcer par le parlement, 1416, « un arrêt contre le pernicieux libelle, et 1 Université le censura. On trouve le plaidoyer de Jean Petit dans la Chronique de Monstrelet, i, 39. A. C.
petit (Pierre), géographe du roi èt intendant des fortifications de France, né en 1594 à Montluçon, m. en 1677 , tut l'un des premiers à signaler les découvertes contenues dans la Dioptrique de Descartes, et répéta avec Pascal, son ami, les expériences de Torrieelli sur le vide. On a de lui , entre autres opuscules : l'Usage ou le moyen de pratiquer par la règle toutes les opérations du compas de proportion, Paris, 1634, in-8".
petit (Samuel), savant ministre protestant, né à Nîmes en 1594, m. en 1643, professa dans sa ville natale la théologie, le grec et l’hébreu, et publia un excellent commentaire sur les lois d’Athènes, intitulé : Leges atticœ, Paris, 1635, et Leyde, 1742, in-4°, qui est encore la principale autorité sur cette matière ; Miscellaneorum libri ix, Paris, 16.30, in-4° ; Variarum Leclionum libri iv, ibid. , 1633, in-4° ; Observationum libri m , ibid., 1642, in-4°; Eclogæ chronologicœ , ibid., 1631-32, in-4ü, etc. C. N.
petit (Louis), poète français, né vers 1614 à Rouen, m. en 1693, fut receveur-général des domaines et bois du roi et ami de P. Corneille. Ses poésies, admirées à l’hôtel de Rambouillet, consistent en satires, épigramines, madrigaux, stances et ballades, parmi lesquelles on trouve plusieurs pièces de très-bon gofîl. C. N.
petit (Pierre), docteur en médecine et poète latin, né à Paris en 1616, m. en 1687, fut un des astres de la Pleiade du xvne siècle, composée, entre autres, des Pères Rapin , Commirc, La Rue et Santeuil ; mais il en fut le plus obscur. Il a publié, outre des poésies très-médiocres : de Àmazonibus Dissertatio, Paris, 1685, in-12, traduit en français, Leyde, 1718, in-12; de Sibyllâ lib. iii, Leipzig, 1686, in-8»; Miscellaneorum observationnm lib. iv, Utreeht, 1683, in-8°; de Naturà et moribus antliropophagorum, ibid., 1688, in-8°. Un de ses traités de médecine, de Motu animalium sponlaneo , Paris, 1660, in -8°, est dirigé contre l’automatisme de Descartes. C. N.
petit (Jean-Louis), chirurgien, né Paris en 1674, m. en 1750, faisait, dès l’âge de 12 ans, des préparations anatomiques. Il apprit la chirurgie de Mareschal à la Charité, devint chirurgien à l’armée de 1692, assista au siège de Namur, et fut nommé chirurgien de l’hôpital de Tournai en 1697. De retour à Paris en 1700, il fit des cours publics; membre de l’Académie des sciences en 1715, et démonstrateur aux écoles, il fut nommé, en 1731, directeur de l’Académie royale de chirurgie, lors de la formation de cette compagnie. Petit fut longtemps le premier praticien de Paris. 11 a beaucoup contribué aux progrès de la chirurgie ; ses travaux sur les hernies , les fractures, les hémorragies artérielles, sont devenus classiques ; il a imaginé un tourniquet fort ingénieux pour suspendre le cours du sang dans les artères, et un moyen d’extraire les corps étrangers à l’oesophage. On a de lui : TA rtde guérir les maladies des os, Paris, 1705, in-12, plusieurs fois réimprimé sous le titre de Traité des maladies des os ; Traité des maladies chirurgicales et des opérations qui leur conviennent , ouvrage posthume, Paris, 1774, 3 vol. in-8°, et 1790, 3 vol. in-12. D— G.
petit (Antoine), chirurgien, né à Orléans en 1718, m. en 1794, vint à Paris au sortir du collège, étudia la médecine et la chirurgie, fut reçu docteur en 1746, et se fit, comme praticien et professeur, une brillante et solide réputation qui s’étendit en Europe; il entra à l’Académie des sciences en 1760 , et succéda à Ferrein dans la chaire d’anatomie du Jardin du Roi. Il a laissé quelques ouvrages peu importants, et publié une édition de l'Anatomie chirurgicale de Palfyn, Paris, 1753, 2 vol. in-12. Vicq-d’Azyr fut son élève. D — g.
petit (Alexis-Thérèse), physicien, né à Vesoul en 1791, m. en 1820, entra le 1er à l’Ecole polytechnique à l’âge de 16 ans, fut mis hors ligne aux examens de sortie, et devint à la fois professeur au lycée Bonaparte, à l’Ecole normale, et à l’Ecole polytechnique. En 1814, il publia, avec Arago, son beau-frère, des Recherches sur le pouvoir
réfringent des corps, et, en 1818, avec Dulong, des Recherches sur la théorie de la chaleur.
petit (Jean-Martin), général, né à Paris en 1772, m. en 1856, s’enrôla en 1792, fit les campagnes de Flandre, du Rhin , et d’Egypte, et gagna tous ses grades sur le champ de bataille; lieutenant-colonel en 1806, colonel en 1808 , après avoir fait les campagnes de Portugal , de Prusse , d’Allemagne , il fut nommé général de brigade en 1813, et continua de se distinguer à la dernière campagne d’Allemagne, et à celle de France, à la tête de l’un des corps de la garde impériale. Ce fut lui qui reçut à Fontainebleau le baiser d’adieu de Napoléon Ifr en 1814 (F. Napoléon). Il prêta serment à Louis XYTII , mais retourna à l'empereur pendant les Cent-Jours, et combattit à Waterloo en qualité de major au l” régiment des grenadiers à pied de la garde. Mis à la retraite en 1825, rappelé à l’activité en 1831 avec le grade de général de division, pair de France en 1838, il fut nommé en 1840 commandant en second de l’Hôtel des Invalides, et sénateur en 1852. B.
petit-bourg, hameau (Seine-et-Oise), arr. et à 5 lcil. N.-O. de Corbeil. Ane. et beau château de Lauzun, qui appartjntaux tantes de Louis XY1, et auj. diminué de2ailes.
PETIT GltAND-LIVRE. V. LIVRE (GRAND-) DE LA DETTE PUBLIQUE.
PETITES-MAISONS , maladrerie fondée à Paris vers la fin du xve siècle, pour les lépreux, réédifiée en 1557 poulies mendiants de profession, les vieillards infirmes, et les insensés. Le nom de Petites- Maisons lui vint des chambres basses ou des loges dans lesquelles on enfermait les fous. Cet établissement est depuis 1801 , l 'Hospice des Ménages.
PETIT-RADEL (Louis-François ), architecte, inspecteur-général des bâtiments civils, né à Paris en 1740, m. en
1818, ouvrit, après un voyage en Italie, des cours d’où
sont sortis de brillants élèves, forma un précieux cabinet d'antiques et d’objets d’art, et construisit le grand abattoir du Roule à Paris. B.
petit-radel (Philippe), frère du précédent, né à Paris en 1749, m. en 1815, fut chirurgien-aide-major aux Invalides, partit comme chirurgien-major pour les Indes orientales, séjourna trois ans à Surate, et revint occuper à Paris la chaire de chirurgie en 1782. Il fit un nouveau voyage aux Indes lors de la Révolution, ne revit la France qu’en 1797, et fut nommé, en 1798, professeur de clinique chirurgicale à l’Ecole de médecine de Paris. On a de lui: Dictionnaire de chirurgie, 1790 et suiv., 3 vol. in -4°, faisant partie de l’ Encyclopédie méthodique ; Voyage historique... dans les principales villes de l’Italie, 1815. 3 vol. in-8° ; de Amoribus Pancharilis et Zoroae, 1800, in-8°, etc. B.
petit-radel (Louis-Charles-François), frère des précédents, né à Paris en 1758, m. en 1836. fut vicairegénéral du Couseransen 1788, dut émigrer en 1791, comme prêtre réfractaire, et se réfugia en Italie , où il s’occupa d’histoire naturelle et d’antiquités. Il étudia, dans plusieurs villes anc. ruinées, leurs murs d’enceinte formés de gros blocs de pierre taillés en polyèdres irréguliers, posés sans ciment, et que jusqu’alors les antiquaires avaient attribués aux Etrusques, aux Latins, et même aux Goths, ou aux Sarrasins. De retour à Paris, il lut à l’Académie des Inscriptions, en 1801, plusieurs mémoires où il exposa que ces murs merveilleux étaient exactement semblables à d’antres existant en Grèce, et que les écrivains grecs appellent pélasgiques ou cyclopèens, et que cette similitude prouvait l’origine grecque des plus anc. villes d’Italie. Ce système, auj. généralement reçu, fit élire l’auteur membre de l’Académie en 1806. Petit-Radel fut successivement sous-chef de bureau à la préfecture de la Seine, et administrateur de la bibliothèque Mazarine, 1814, où il a créé un musée pélasgique, composé d’une collection de 84 petits modèles représentant des monuments de ce genre, très -fidèlement imités en plâtre. On doit à Petit-Radel, entre autres ouvrages : Recherches sur les bibliothèques anc. et modernes jusqu’à la fondation de la bibliothèque Mazarine ,
1819, in-8°, livre curieux qui contient l’histoire de la création et de la décadence de ces établissements; Examen de la véracité de Denys d' Halicarnasse , de l'authenticité des sources de son récit concernant l'établissement des colonies pélasgiques en Italie , et des causes qui leur firent déserter cettecontrée, 1821 ; Sur les origines des plus anciennes villes d'Espagne, 1822 ( dans les Mémoires de l’Acad. des luseript.) ; Notice sur les Nuragues de la Sardaigne, considérées dans leurs rapports avec les résultats des recherches sur les monuments cyclopèens ou pélasgiques , 1826, in-8°; Examen analytique et tableau comparatif des synchronismes de T histoire des temps héroïques de la Grèce, 1827, in-4° ; Recherches sur les. monuments cyclopèens, cl description de la collection des mo-
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dèles en relief , composant la galerie pèlasgique de la bibliothèque Mazarine, 1841, in-8°, etc.
PETITS-MAITRES, nom donné, pendant la Fronde, vers 1650, aux jeunes seigneurs du parti de Condé : on les appela ainsi, suivant M,oe de Motteville, « parce qu ils étaient à celui qui paraissait être le maître de tous les autres. » Ils affectèrent de telles prétentions , et étalèrent une vanité si ridicule, que le nom en est resté depuis à la jeunesse avantageuse et mal élevée ; et plus tard , à ceux qui faisaient de la parure la grande affaire de leur vie. G.
PETITE-PIERRE (La), en allemand Lutzelslein, ch.-l. de cant. (Bas-Rhin), arr. et à 20 kil. N.-N. -O. de Saverne, au pied du mont Altenbourg, dont le sommet est occupé par un anc. château-fort; 970 hab. Eglise calviniste. Brasseries. — Autrefois ch.-l. d’un comté.
PÉTITION DES DROITS, requête présentée en 1628 par le parlement anglais à Charles 1er. La nation demandait qu'on n’exerçât plus de contrainte à l’effet d’obtenir des prêts d’argent pour le roi, qu’il n’y eût plus ni i logement de gens de guerre, ni arrestations et détentions j illégales, ni tribunaux d’exception , ni loi martiale.
PETITOT (Jean ), peintre en miniature, né à Genève j en 1607, m. en 1691, s’attacha au roi d’Angleterre Charles 1er, et fut chargé de faire des copies des tableaux de Van-Dyck. 11 suivit Charles II en France. Louis XIV lui donna une pension et un logement au Louvre. A la révocation de l’édit de Nantes, Petitot, attaché au calvinisme, fut enfermé au Fort-l’Evêque, et ne recouvra la liberté que quand on craignit pour ses jours. Il est le créateur de la peinture sur émail : une finesse de dessin, une douceur et une vivacité de coloris admirab'es, sont les caractères de ses ouvrages. Les émaux de Petitot reproduisent les portraits des personnes célèbres du xvnc siècle ; ils sont dispersés dans toute l’Europe : mais le musée du Louvre en possède 56 des plus beaux; ils ont été gravés par Ceroni, et réunis dans un recueil intitulé : Les Emaux de Petitot du musée impérial du Louvre , Paris, 1861-62, in-4°.
PETi ror (Claude-Bernard), né à Dijon en 1772, m. en 1825, fut inspecteur-général de l’Université en 1809, et membre du conseil royal de l’Université en 1821; il a laissé, outre des tragédies médiocres ( la Conjuration de Pison , 1795; Géta et Caracalla, 1797 ; Laurent de Médicis, 1799) : une édition de Molière, avec notes et examens; les OEuvres choisies et posthumes de Laharpe , 1806, 4 vol. in-8° ; des traductions d'Alfieri , 1802, 4 vol. in-8°, et des Nouvelles de Cervantes, 4 vol. in-12; avec Fiévée : Répertoire du Théâtre-Français , avec notices, 2e ordre, depuis Rotrou, 1803 4, 23 vol. in-8° , et 1817-19, 25 vol. in-8°, fig. ; 3“ ordre : 1819-20, 8 vol. in-8°; seul : Collection de Mémoires relatifs à l’Histoire de France, 1819-24, 56 vol. in -8°, continuée par M. Monmerqué, etc. B.
PETITS-PÈIIES. V. Augustins.
PETIVEB (James) , botaniste anglais, mort en 1718, forma une très-belle collection d’histoire naturelle, et devint membre de la Société royale. Ses divers écrits ont été réunis en 2 vol. in-fol., Lond., 1764-73. Un genre de plantes, de la famille des atriplicées, porte son nom.
PETORCA, v. du Chili (Aconcagua), à 133 kil. N.-O. de Santiago. Aux environs, riches mines d’or et de cuivre.
PETOVIO, nom anc. de Pettau.
PETORRITUM, char de voyage à 4 roues, chez les anc. Romains, qui l’avaient emprunté des Gaulois. Il était découvert , attelé de mules, et particulièrement à l’usage des hommes , parmi les riches. C. D — y.
PETRA, v. d’Arabie, entre la mer Morte et la mer Rouge, capitale deslduméens, puis des Nabathéens, enfin, sous l’empire romain, de la Palestine IIIe ou Salutaire, fut de bonne heure l’entrepôt du commerce des Phéniciens avec l’Arabie Heureuse. C’est auj. Karak ou Selali; elle renferme des ruines de l’époque romaine , et, en outre, un temple construit dans le roc, et des tombeaux qui paraissent de plus ancienne date. C. P.
petra, anc. v. de Sicile, à l’intérieur, sur le chemin d’Agrigente à Panorme. Auj. Casai délia Pielra.
petra SOGD1ANA , forteresse de l’anc. Sogdiane , près de l’Oxus. Alexandre le Grand la prit, en 328 av. J.-C., et y épousa Roxane.
PETILEOS, c.-à-d. rocheux, surnom de Neptune, qui avait tranché les rochers entre lesquels le Pénée se jette dans la mer.
PÉTRARQUE (François) , célèbre poète italien, né le 20 juillet 1304 à Arezzo, m. le 18 juillet 1374 à Arqua, près de Padoue. Vers 1314 , il suivit à Avignon son frère, proscrit de Florence comme gibelin. Il étudia la grammaire à Carpentras , et la jurisprudence à Montpellier, puis à
Bologne. Orphelin à 20 ans, il se fixa dans Avignon , et y conçut pour la belle Laure de Noves , eD 1327 , une passion sans espoir. Plein de son souvenir, il voyagea en France , en Flandre et dans les Pays-Bas , laissant partout quelques chefs-d'œuvre poétiques à l’éloge des vertus et de la beauté de Laure. Après 8 mois , il revint dans le Comtat , et entra dans les ordres. Ce fut alors qu’il écrivit un poème latin intitulé Africa (sur l’histoire des guerres Puniques), dont l’effet immédiat fut une invitation du sénat romain pour qu’il vint à Rome recevoir la couronne lauréale. Cette cérémonie eut lieu le jour de Pâques, 8 avril 1341, au Capitole ; Pétrarque y figura revêtu de la robe même de Robert d’Anjou, roi de Naples, que ce prince lui avait donnée après l’avoir nommé son aumônier. Il était devenu aussi archidiacre de l’église de Parme. Chargé par les Romains d’engager le pape Clément VI à transférer le Saint- Siège à Rome, 1342, et par ce pape lui-même d’aller à Naples faire valoir les droits du Saint-Siège à la régence de ce pays , il échoua dans cette double mission. En 1347, il encouragea Rienzi. En 1348 , Laure mourut de la peste. Cet événement , en ajoutant encore à la mélancolie du caractère de Pétrarque , donna à sa poésie une teinte plus philosophique et plus sérieuse. Il quitta Vaucluse, et partit dans la pensée de se fixer à Mantoue. Là, Boccace vint, de la part du sénat de Florence , lui offrir la restitution de ses biens; il accepta, mais refusa la direction de l’université. Il retourna dans sa retraite de Vaucluse. Après avoir rempli de nouvelles missions auprès de l’empereur Charles IV, de la république de Venise, et de Jean II, roi de France, qui tenta en vain.de le retenir, dégoûté de l’agitation des cours italiennes, il se fixa à Venise en 1362. Il fit don à cette ville de sa bibliothèque , et fut en retour logé dans un palais aux frais de la république. On le trouva mort dans sa bibliothèque même, la tête penchée sur un livre ouvert, et frappé d’apoplexie. Dante et Pétrarque signalèrent l’aurore de la littérature moderne. Pétrarque surtout exerça une grande influence. Il forma une école de poesie qui , sans produire d’élèves comparables à lui-même , imprima un cachet particulier au goût de son pays. Il donna de la pureté , de l’élégance , de la fixité même à la langue italienne , et personne ne lui a contesté l’honneur d’avoir fait renaître en Italie, et par suite en Europe, le vrai sentiment de l’antiquité classique. Ses lettres de Scriptis veterum indagandis et de Libris Ciceronis , montrent son zèle à copier lui-même les anciens mss. Il a rendu aux lettres les Institutions oratoires de Quintilien , une partie de la Correspondance et des Discours de Cicéron ; il a fait connaître Sophocle aux Italiens; il a composé lui-même une carte d Italie. Jaloux de bien écrire en latin, il était plus fier de son Africa que des sonnets et des odes qui l’ont rendu immortel. Ce poème cependant abonde en fautes deprosodie. Ses Eijlogues, qui sont pour la plupart des satires déguisées de la cour d’Avignon , sont des compositions plus poétiques que l’ Africa, et se distinguent quelquefois par une grande beauté d’expression. Il est aussi l’auteur de quelques traités philosophiques en latin, de Remediis utriusque fortunæ; de Ljnorantia sui ipsius et multorum , etc. , et de Vies des pontifes et empereurs romains , en italien. Ses Rime consistent en sonnets , odes ou canzones, églogues, épitres, triomphes, etc. La lre édition parut à Venise, 1470 , in-4°, l’édition de 1722, Padoue, in-4°, a les notes de Mnratori ; V. aussi celles de Bodoni , 1799, in-fol. , ou 2 vol. in-8°, et de Biagioli, avec commentaires, 1822, 2 vol. in-8°. Les sonnets ont été traduits en françaispar M. de Gramorit, Paris, 1840, in-12 ; et parM. de Montesquiou , Paris, 1842, 2 vol. in-8°. Les Œuvres latines ont été publiées à Bâle, 1496 , in-fol. On a de Tomasini un Petrarca redivivus ; de l’abbé de Sade, des Mémoires sur Pétrarque, 1764, 3 vol. in-4°; et de Baldelli , del Petrarca e delle sue opéré, 1797, in-4°. V. Gidel , les Troubadours et Pétrarque, Paris, 1857. C. N.
PETREIUS (Marcus), lieutenant du consul Antonius, l’an 691 de Rome, 62 av. J.-C., défit Catilina près de Pistoïa. Partisan de Pompée, il fut cerné en Espagne par César, et obligé de mettre bas les armes, 49. Le vainqueur le laissa libre; Pétréius rejoignit Pompée, et combattit à Pharsale. Après cette défaite , il passa en Afrique , ec quand les Pompéiens furent de nouveau vaincus à Thapsus, 46 , il se tua avec Jnba auprès de Zama. O.
pétréius (Nicolas), historien danois du xvie siècle r voulut prouver que l’histoire de son pays remontait jusqu’à une famille sortie de l’arche de Noé , et écrivit à cet effet un ouvrage publié longtemps après sa mort : Cimbrorum et Gothorum origines et migrationes , Leipzig, 1695 , in-8°. U s’appuie sur de prétendus monuments trouvés dans Gothland. Torfæus l’a réfuté. B-
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PEV
PETRETO-E-BICCIilSANO , ch.-l. de cant. (Corse), ! arr. et à 30 Ici!. N. de Sartène ; 908 hab. j
PETRI (Laurent), premier archevêque protestant d’Up- j sal , né en 1409 d’un forgeron d’Œvebro , m. en 1573. Elève | de Luther à Wittemberg, il fut chargé par Gustave Wasa de publier une traduction suédoise de la Bible.
uetri ( Olaiis-Phase ) , frère du précédent, premier ministre protestant à Stockholm en 1539, né en 1497 , m. eu 1562. Elève de Luther, il prêcha en Gothie contre les indulgences dès 1519. Quoique violent et emporté , il ne ré- j sista pas fermement eu 1524 aux Anabaptistes suédois. I Ayant appris un complot contre Gustave Wasa, il ne le fit pas connaître , fut condamné à mort, et obtint sa grâce, moyennant rançon , par l’intercession de ses ouailles. 11 a laissé des ouvrages de théologie, des cantiques qu’on chante encore , et des Mémoires mss. sur la Suède , que son frère corrigea pour plaire au roi. Keralio en a donné une analyse dans les Notices et extraits des mss., t. Ier. A. G.
PETRIKAU , nom allemand de Piotrkow
PÉTR1NAL. V. Pottrinai,.
PETRINIA, v. desEtats autrieh. (Confins milit. de Croatie), à 66 kil. S-S.-E. d’Agram; 4,450 hab. — Fondée en 1592, sur la Kulpa; ch.-l. du régiment du 2e Banat.
PETROBRUSIENS , sectateurs de Pierre de Bruys.
PÉ l'ROCORIENS, Petrocorii, peuple de la Gaule, d’abord dans la Celtique , puis dans l’Aquitaine IIe, au S. des Bituriges-Vivisques; ch.-l. Vesuna ou Petrocorii (au). Périgueux). Leur pays correspond à l’anc. Périgord.
PETROF ( Vasili-Pétrovitch ) , poète russe, né à Moscou en 1736 , m. en 1799 , fut lecteur de Catherine II. Ses Œuvres complètes ont été publiées à St-Pétersbourg, 1811, 3 vol. in-8°; on y remarque une traduction de ['Enéide. Il a moins d’harmonie dans la versification que de richesse dans les idées et les images. B,.
PETRONE (T. Petronius Arbiter), romancier latin, né aux environs de Marseille. On ne sait rien de bien authentique ni sur le temps où il vécut, ni sur sa personne : d’après l’opinion la plus suivie, on le croit le même qu’un favori de Néron qui fut proconsul en Bithynie, puis consul, et que Tigellin, jaloux de sa faveur, impliqua dans la conspiration de Pison. Après une vie de débauches, il mourut avec courage , l'an 819 de Rome , 66 de J.-C. On a de lui un ouvrage intitulé Satyricon , écrit en prose et en vers à la manière des satires ménippées de Varron ; c’est une suite de tableaux où les mœurs du temps sont peintes avec une crudité souvent révoltante , et, quoi qu’on en ait dit, le style est aussi impur que le fond. On croit que le héros de ce mauvais roman est Néron sous le nom de Trimalcion. H y a cependant quelques morceaux curieux dans ce livre, entre autres, parmi la prose, le festin de Trimalcion; parmi les vers, le récit de la Guerre civile de César et de Pompée, précédé d’une critique de Lueaiu, et le conte de la Matrone d’Ephèse. Un manuscrit trouvé par J. Lucius à Trau , en 1663 , a comblé plusieurs lacunes de cet ouvrage encore incomplet. Les principales éditions sont celles cuir, notis variorum , Amst. , 1677 ; de Burmann , Amst., 1743,
2 vol. in-4°; d’Anton , Leipzig, 1781, in-8°. Il a été traduit en français par Durand, 1803, 2 vol. in-8», et par Héguin de Guerle, 1834, 2 vol. in-80, dans la Bibliothèque latine-française de Panckoucke. D — R.