‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 304 sur 864 · PHILIPPE D’ORLÉANS. V. ORLÉANS · texte numérisé non relu

PHILIPPE D’ORLÉANS. V. ORLÉANS

Philippe Ier, le Beau, archiduc d’Autriche, roi de Castille, né en 147H, m. en 1506. était fiis de Maximilien d’Autriche, qui fut plus tard empereur, et de Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire. Il fut, à la mort de celle ci , 1482, déclaré, sous la tutelle de son père, souverain des Pays-Bas. En 1496, il épousa une fille de Fer-

dinand le Catholique et d’Isabelle, l’infante Jeanne, dont son indifférence et son abandon excitèrent la jalousie, au point de la rendre folle; et la mort inopinée des deux premiers enfants des rois catholiques et île Michel de Portugal , leur petit-fils, lui fraya la voie au trône de Castille. A la mort d’Isabelle, 1504, Ferdinand le fit proclamer roi a’ec Jeanne; mais, suivant le testament de cette princesse, mécontente de son gendre, il prit luimême la régence. De là une lutte, dans laquelle l'archiduc fut soutenu par l’inimitié native des Castillans contre un prince arngonuis, dont le gouvernement d'ailleurs était peu agréable à la noblesse. Ferdinand, forcé d’abandonner le pouvoir en Castille (juin 1506), n’en fut pas. privé pour longtemps. Trois mois après, Philippe, qui avait déjà mécontenté ses sujets par la faveur qu'il accordait aux Flamands, mourut d’une fièvre ardente. Il laissait deux fils, Charles et Ferdinand, qui furent tous les deux empereurs, et plusieurs filles. U.

Philippe il , fils de Charles-Quint et d’Isabelle de Portugal, né a Valladolid en 1527, m. en 1591. Duc de Milan dès 1540, il devint roi de Naples et Sicile à l’oeeasiou de son mariage avec Marie Tudor, reine d’Angleterre, 1554, et, par l’abdication de son père, souverain des Pays-Bas en 1555, et de la monarchie espagnole eu 1556. Ambitieux et fanatique, voulant être plus catholique que le pape lui-même, et allant jusqu’à menacer Sixte-Quint de refuser son obédience au Saint-Siège, s’il continuait de traiter avec bienveillance Henri IV encore protestant, 1590, il poursuivit toute sa vie et par tous les moyensdeux buts qu’il confondait l’un avec l’autre: le règne exclusif de la religion catholique, et la domination ou la suprématie île la maison d’Autriche dans toute l’Europe. Avant d’être roi d’Espagne, il avait déjà contribué, comme époux de Marie, au rétablissement du catholicisme en Angleterre, 1554. A peine sur le trône, il reprit, avec les projets de monarchie universelle de Charles-Quint, la guerre contre la France. Mais, dés 1558, la mort de Marie et l’avénement d’Elisabeth, dont il demanda inutilement la main , enlevèrent à Philippe toute influence sur l’Angleterre, où la religion réformée se releva, et si, en 1557, les troupes anglo-espagnoles remportèrent sur les Français la victoire de Sl-Quentin , le traité de Cateau-Cambrésis, 1559, n’en laissa pas moins la France intacte et même agrandie. Loin de se rebuter cependant, Philippe, opiniâtre, impassible, infatigable au travail , dur même pour sa famille, continua à remuer, du fond de son cabinet, toute l’Europe par ses intrigues, en même temps qu’il ensanglantait les Etats espagnols par ses cruautés. Maître absolu dans l'Espagne, à qui il donna une capitale nouvelle ( Madrid , 1561 ), et où il abolit l’office du grand-justicier d'Aragon, longtemps le surveillaut et le rival des rois, 1591, il voulut en écarter à la fois tout souvenir de la domination arabe et toute hérésie; mais les rigueurs de l’Inquisition et la guerre faite aux Maures, qu’il voulait contraindre à abandonner leurs usages, 1568-70, comme son bisaïeul et son père, 1502-26, les avaient forcés à abandonner leur religion, furent une nouvelle cause de dépopulation pour la péninsule et de ruine pour son industrie. A Milan, à Naples, l’Inquisition fut repoussée par des soulèvements; enfin l'intolérance et le despotisme de Philippe excitèrent dans les Pays-Bas, 1566, une révolution qui déiacha de la monarchie sept belles provinces, 1581. — Dans le reste de l’Europe, sa flotte se distinguaà la bataille de Lépante, gagnée sur les Turcs en 1571. Mais la conquête du Portugal, 1580, ne lui donna qu’un royaume mal soumis, dont la possession était précaire et la conservation difficile. Au lieu de soumettre l’Angleterre, l'invincible Armada de 1588 fut en grande partie détruite par les tempêtes, et pur les vaisseaux anglais. En France enfin, l’appui que prêta Philippe aux Guises et à la Ligue contre Henri 111 et Henri IV, ses efforts pour y faire nommer reine sa fille Isabelle, 1593, n’aboutirent qu’aux sarcasmes de la Satire Menippée, et à un traité qui confirmait celui de 1559, le traité de Vervins, 1598. — A part la victoire de Lépante, vraiment utile et glorieuse, Philippe II , par ses succès apparents comme par ses revers, n’avait fait qu’épuiser l’Espagne d’hommes et d’argent. V. don Carlos, D. Juan , Guillaume d’Orange, le duc d’ALBE, Armada, Espagne; W.-N. Prescott, histoire du régne de Philippe II, Lond., 1856,2 vol. R.

Philippe m, né en 1578 de Philippe II d'Espagne et de sa 4e femme, Anne d’Autriche, tille de l’empereur Maximilien 11, m. en 1621, succéda à son père en 1598. Faible de santé et apathique, élevé en moine et non en roi, il n’eut, avec des vertus privées, ni talent ni caractère, et les vrais rois furent ses ministres, le duc de

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Leone Je 1598 à 1618, et, à la fiu du règne, le due d’Uzéda, son fils, 1618-21. Cependant, sous le gouvernement généralement pacifique du premier ( V. Lerme) , une mesure appartient au roi, l’expulsion des Maures, d’abord du pays de Valence en 1609, puis, en 1610, de toute la Péninsule , qui perdit ainsi peut-être un million d’habitants industrieux, toujours prêts, il est vrai, malgré leur conversion forcée, 1502-1526, à faire cause commune avec les Musulmans d’Afrique. Philippe 111 conservait d’ailleurs toutes les prétentions de ses deux prédécesseurs, et, dès la fin du ministère de Lerme, comme sous celui de son fils, le parti qui voulait revenir à la politique ambitieuse et entreprenante finit par prévaloir. De là l’appui donné, dès le début de la guerre de Trente- Ans, à la brandie allemande, après la cession éventuelle, en cas d’extinction de la postérité mâle de l’archiduc Ferdinand (Ferdinand II |, des Etats patrimoniaux en dehors de l’Autriche , 1617 ; de là la conjuration du duc d'Ossuna et du marquis de Bedmar ( V. ces noms) contre Venise, dont la chute aurait rendu plus faciles et plus promptes les relations entre l’Autriche et le Milanais, 1618 ; de là encore, et dans un but analogue, l’occupation de la Valteline par les Espagnols, après la révolte excitée par eux contre les Grisons, ses maîtres, 1620; de là enfin l’occupation du Palatinat du Rhin en 1621. Relier la Lombardie aux Pays-Bas et aux provinces de la branche allemande, et dominer plus tard le tout, comme au temps de Charles- Quint , telle semblait être alors la pensée du gouvernement de l’Espagne en décadence. R.

Philippe iv, né en 1605 de Philippe III, roi d’Espagne, et de Marguerite d’Autriche, nièce de l’empereur Maximilien II , m. en 1665, succéda à son père en 1621 , et, incapable comme lui, ne gouverna aussi que par ses ministres (Olivarès, 1621-43; Louis de Haro, 1643-61). Sous son règne, l’Espagne essaya en vain de conserver la Valteline, que Richelieu fit rendre aux Grisons, 1621-26, et de reprendre les Provinces-Unies, dont il fallut finir par reconnaître l’indépendance (traité de Munster, 1648). La part qu’elle continua de prendre à la guerre de Trente- Ans et l’occupation de l’électorat de Trêves ne firent qu’attirer contre elle les armes de la France et le génie de Richelieu, 1635 , et furent l’origine d'une guerre qui ne se termina qu’en lui enlevant l’Artois, le Roussillon et 14 villes de la Flandre , du Hainaut et du Luxembourg (traité des Pyrénées, 1659). En outre, Philippe IV vit partout éclater des révoltes : dans la Catalogne , qui se donna au roi de France Louis XIII, 1641, et dont le soulèvement dura 12 ans, 1640-52 ; dans le Portugal, qui recouvra pour toujours, en 1640, une indépendance qu’il sut défendre par des victoires (Estremos, 1663 ; Villaviciosa, 1665 ) ; à Naples, que vint soutenir le duc de Guise, et qui ne fut reprise que par la trahison d’un chef des insurgés, 1647-48. Le titre de Grand qu’Olivarès avait donné à Philippe IV ne pouvait être qu’une occasion de plaisanteries, et on le comparait à un fossé d’autant plus grand qu’on lui ôte davantage. R.

PHiLiri’E v, 1er roi de la maison des Bourbons d’Espagne , 2e fils de Louis, dauphin de France , et de Marie- Anne de Bavière, et petit-fils de Louis XIV, né à Versailles en 1683, m. en 1746, porta d'abord le titre de duc d’Anjou, fut appelé au trône d’Espagne par le testament de Charles II (2 octobre 1700), déclaré roi à Fontainebleau ( 16 novembre) et à Madrid (24 novembre), reçut à Irun les hommages d'un grand nombre d’Espagnols, arriva au Buen-Retiro ( 18 février 1701 ), et fit son entrée dans Madrid le 14 avril. 11 fut reconnu par toutes les puissances, sauf l’Empire, qui attaqua le Milanais et y remporta, 1701, les victoires ae Chiari et de Carpi. Après un court séjour à Madrid, il visita les provinces, la Catalogne, entre autres, qui, d’abord hostile, lui vota un don gratuit de 4,500,000 livres en échange d’une augmentation de ses privilèges, diminua le nombre des offices superflus, et décida que les pairs français qui l'avaient accompagné auraient le rang et les avantages de la Grandesse. Mais il ne put longtemps gouverner en paix. Les imprudences de Louis XI V, qui voulait mettre des garnisons françaises dans les Pays-Bas, et conserver à son petit-fils ses droits à la couronne de P’ rance, amenèrent une ligue de la Hollande, de l’Angleterre, de l’Autriche, de l’Empire et de la Prusse contre la P' rance et l'Espagne. On opposa à Philippe V l'archiduc Charles. Les all és de Philippe furent d’abord le Portugal, l’électeur de Bavière, Maximilien II, son oncle, à qui il confirma le gouvernement des Pays-Bas, enfin le duc de Savoie, dont il épousa la 2e fille. Mais le Portugal passa bientôt aux alliés, sur la promesse d'une augmentation de territoire

dans la Péninsule et aux colonies , ainsi que le duc de Savoie, avec 1 espoir de s’étendre en Italie, où l’empereur lui abandonnait déjà un territoire important ; les Maures eux-mêmes, avec l’aide des Anglais, attaquèrent les colonies espagnoles d’Afrique. Philippe V visita ses Etats d’Italie, contribua (15 août 1702) à la victoire de Luzzara, et regagna précipitamment l’Espagne envahie : les Anglais et les Hollandais attaquaient l’Andalousie; d’Ormond, la Galice, après avoir anéanti (22 octobre 1702) la marine espagnole au Vigo. L’archiduc lui -même débarqua en Portugal, 1704. Philippe marcha contre lui, obtint à la frontière quelques succès sur les Portugais , mais ne put profiter de l’échec de la flotte anglaise devant Cadix et Barcelone, 1704 , ni reprendre Gibraltar enlevé par l’amiral Rook (4 août 1704). En 1705, il perdit ses conquêtes de la frontière portugaise, et vit plusieurs provinces ( Valence, Catalogne, Aragon) recevoir l’archiduc; il alla avec Tessé, 1706, l’assiéger dans Barcelone ; mais la ville fut sauvée par la flotte anglo-hollandaise, et il fut forcé de fuir à Perpignan. Rentrant en Espagne par la Navarre, il perdit Carthagfène, fut chassé (16 juin 1706) de Madrid par lord Galloway et Las -Minas , se réfugia à Burgos, repoussa la proposition de se joindre aux ennemis de la France, qui, à ce prix, lui promettaient l’Espagne et l’Amérique, songea peut-être à passer dans les colonies, en fut détourné par la reine et la princesse des Ursins, et bientôt fut ramené à Madrid par Berwick, vainqueur à Almanza (25 avril 1707 ). En même temps le duc d’Orléans arrivait d’Italie; il réduisit Valence, l’Aragon et une partie de la Catalogne. Mais Santa -Cruz, chargé de défendre Oran contre les Maures, 1707, livra ses galères à la flotte anglaise, et laissa tomber la ville et Mersel-Ivébir au pouvoir des infidèles. La princesse des Ursins fit rappeler par Louis XIV le duc d’Orléans, accusé d’aspirer à la couronne d'Espagne : affaibli par son départ, Philippe V perdit la Sardaigne et Mahon, 1708, et, après une campagne plus heureuse en 1709 (prise de Tortose, Dénia, Alicante), fut une 2' fois chassé de Madrid par deux victoires de lord Stanhope et de Staremberg, 1710. Il désespérait de nouveau de sa fortune ; mais les exigences de la coalition empêchèrent Louis XIV de l’abandonner (conférences de Gertruydemberg) ; de Bay s’opposa à la jonction de l’armée portugaise avec celle de l’archiduc ; Vendôme, arrivé de France, le ramena dans Madrid (3 décembre 1710) , et il gagna avec lui sur Staremberg la bataille de Villaviciosa ( 10 décembre ). Il reconquit rapidement la Catalogne et l’Aragon (janvierfévrier 1711). Pou après, l’archiduc devint empereur (Charles VI ) ; l'Europe ne voulait pas voir réunies sur la tête de ce prince les deux couronnes de Charles-Quint; la paix devint possible, et Philippe V la précipita en signant (5 novembre 1712) une renonciation formelle au trône de France. Le traité d'Utrecht, 1713 (F. ce mol), lui laissa l’Espagne, le Nouveau-Monde et les colonies hors d’Europe ; mais il dut céder la Sicile au duc de Savoie , les Pays-Bas, Naples, le Milanais, et la Sardaigne à l’Autriche. 11 lui fallut, à l’intérieur, dompter les dernières résistances de ses sujets, reprendre de vive force Barcelone, 1714, et Majorque. Enfin, le traité de réconciliation avec le Portugal ayant été signé ( 13 février 1715 |, il put régner paisiblement. — Le gouvernement avait été , jusqu’alors, entre les mains de la camerera-mayor amenée eu Espagne, 1701, par la reine, la célèbre princesse des Ursins ( V. ce nom). Elle avait fait et défait les ministres, aidé ürri à rétablir les finances. Après la mort de la reine ( 14 février 1714) , confidente de Philippe V retiré dans le palais de Médina-Cœli, elle devint plus puissante encore, et gouverna réellement l’Espagne par le cardinal del Giudice. Mais Albéroni , agent du duc de Parme en Espagne, lui ayant conseillé de faire épouser au roi la nièce de ce duc, Elisabeth Farnèse, et l’ayant d'avance desservie auprès de la nouvelle reine, Elisabeth, à peine arrivée en Espagne, la chassa du royaume. Albcroni devint 1er ministre , domina complètement le roi et la reine, réforma les finances, mit l’armée sur le même pied qu’en France, ranima l'agriculture, le commerce, les arts, et, récompensé par le cardinalat, 1717, persuada à Philippe V de reconquérir les possessions italiennes cédées à Utrecht, d’enlever la régence de F’ rance au duc d’Orléans, de faire rétablir par le roi de Suède les Stuarts en Angleterre, et de lancer les Turcs sur l’Autriche. 11 réussit d'abord, reprit la Sardaigne, 1717, mais vit avorter ses plans dans le Nord I mort de Charles XII, 1718 ; perte de la flotte espagnole dirigée vers l’Ecosse, 1719), dans l’Est (victoires du prince Eugène sur les Turcs, 1718 ) , en France ( triple et quadruple alliance, 1717-1718; renvoi de Ccllamare,

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1718) , dans la Méditerranée même, où, sans déclaration de guerre, la flotte de Bing battit Jaoùt 1718) la flotte espagnole sur les côtes de Sicile, et isola ainsi dans l’ile le corps de débarquement du marquis de Leyde , inutilement vainqueur à Milazzo ( 15 octobre 1718 ) de 8,000 Impériaux. La France déclara la guerre à l’Espagne (2 janvier 1719 ) , fit prendre par Berwick Fontarabie, secourue trop tard par le roi, Sl-Sébastien et Urgel; les Anglais s’emparèrent du Vigo , les Impériaux battirent les Espagnols de Sicile. Philippe V céda aux instances du Régent, exila Albéroni , accéda (17 février 1720) à la quadruple alliance, abandonna la Sicile à l’Empire , et remit en échange la Sardaigne au duc de Savoie. Il fit ensuite délivrer Ceuta assiégée depuis plus de 20 ans par les Maures, signa la paix avec l’Angleterre, 1721, en lui laissant Gibraltar et Mahon, envoya à la cour de France sa fille l’infante Marie-Anne-Victoire, destinée à épouser Louis XV, demanda pour ses fils Louis et Don Carlos deux filles du Régent (Mu*s de Montpensier et de Beaujolais), publia, 1723, un nouveau recueil de lois, puis, malade, mélancolique, tourmenté de scrupules religieux, il abdiqua (10 janvier 1724) au profit de son fils Louis, et se retira avec la reine à Sl-lldefonse, pour s’y consacrer aux soins de son salut. — La prompte mort de Louis 1er et les sollicitations de ses sujets lui firent reprendre la couronne (6 septembre 1724 ). Il rompit avec la France, à cause du renvoi outrageant de l'infante, fit, en représailles, reconduire en France Mlle de Beaujolais, que n’avait pas encore épousée Don Carlos, rentra, à l’instigation de Riperda, dans les voies politiques de ses prédécesseurs en se rapprochant de l’Autriche, et signa le traité de Vienne ( 30 avril 1725 ), par lequel les deux puissances se garantissaient mutuellement leurs Etats; Philippe s’engageait de plus à faire respecter la Pragmalique-Sanction de Charles VI, et à protéger dans ses Etats la Compagnie des Indes d’Ostetide au préjudice des Compagnies de France, de Hollande et d’Angleterre. A cette ligue du Midi, les trois puissances répondirent par une ligue du Nord, signant le traité de Hanovre, 1726, auquel accédèrent la Prusse, le Danemark et la Suède. Philippe V, dominé parle cabinet de Vienne, tenta vainement de reprendre Gibraltar, 1727, se dégoûta de Riperda qu’il avait fait 1er ministre, et le chassa d’Espagne. Il accueillit les ouvertures du cardinal de Fleury, accéda aux préliminaires de Paris ( 31 mai 1727), envoya ses ambassadeurs au congrès de Soissons, 1728, enfin signa avec la France et l’Angleterre (9 novembre 1729) le traité de Séville , par lequel on garantissait à son fils l’expectative des duchés de Toscane, Parme et Plaisance; à la mort du dernier Farnèse, il les fit occuper par Don Carlos, soutenu d’une armée espagnole et d’une flotte anglaise, 1731. Après la reprise d’Oran et de Mers-el-Kébir sur les Maures, 1732, il intervint dans la guerre dite de Succession de Pologne, 1733, attira la France en Italie, fit occuper par son fils Don Carlos et le comte de Montemart ( victoire de Bitonto, 1734) le royaume de Naples, qui, avec la Sicile, reconnut le jeune prince pour roi. Les préliminaires, 1 735, et le traité de Vienne, 1738, le laissèrent à Don Carlos (Charles VII) avec les présides de Toscane et de Pile d’Elbe, en échange de la Toscane donnée au duc de Lorraine dépossédé, et des duchés de Parme et Plaisance restitués à l’Empire. — Philippe V, pour mettre fin à la contrebande exercée dans ses colonies par les Anglais, y avait établi des gardes-côtes; leurs prétendues vexations provoquèrent les plaintes de la cour de Londres; il signa avec elle le traité du Prado (4 janvier 1739) , qui stipulait une indemnité pécuniaire de 95,000 liv. st. au profit de l’Angleterre. 11 ne se pressa pas de payer; les hostilités continuèrent en Amérique, et la guerre fut déclarée de part et d’autre (30 octobre-28 novembre 1739) : l’amiral Vernon s’empara de Porto-Bello (1er décembre), mais échoua à deux reprises devant Carthagène, 1740, 1741, et ne put pas plus enlever la Havane, 1742. En même temps, la guerre de la succession d’Autriche éclatait : Philippe V élevait des prétentions , comme descendant de la maison d’Autriche par la mère et la femme de Louis XIV, et comme Elisabeth le poussait, atout le moins, à acquérir pour son fils Don Philippe un établissement en Italie, il s’allia avec la France, et fit occuper la Savoie par Philippe. Chassé par Charles- Emmanuel III, allié de Marie -Thérèse, Philippe envahit de nouveau, 1744, le Piémont, avec le secours du prince de Conti, et s’établit fortement, 1745, dans Casai, Asti, Plaisance, Parme, Milan, secondé activement par Gènes, Modène, Charles VII de Naples et le maréchal de Maillebois. Mais, en 1746, il fut chassé du Milanais et du Parmesan. Sur ces entrefaites, Philippe V mourut. Il laissait sa mai-

son solidement établie sur les deux trônes d’Espagne et des Deux-Siciles, et à la veille d’obtenir une nouvelle couronne en Italie. Il avait régénéré l’Espagne, faisant passer, dans les institutions et les mœurs de son nouveau pays, quelques-unes des bonnes traditions françaises , réformant la justice, les finances, l’industrie, la marine, faisant renaître par d’habiles encouragements le commerce, les sciences et les arts. Il fonda à Madrid la Bibliothèque royale, les Académies des beaux-arts, de la langue et de l’histoire. Il eut, de sa lre femme, Louise-Marie-Gabrielle de Savoie : Louis, roi pendant quelques mois en 1724, et Ferdinand VI, qui lui succéda; de sa 2e femme, Elisabeth Farnèse ; Don Carlos (Charles VII de Naples et Charles III d’Espagne); Philippe, duc de Parme en 1748; Marie- Anne-Victoire, mariée à Joseph, roi de Portugal en 1750; Marie-Thérèse-Antoinette-l’aphaële , lre femme du Dauphin, fils de Louis XV; Marie-AntoinetteFerdinande , mariée à Victor - Amédée (III) , roi de Sardaigne en 1773, etc. A. C.

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