PHILIPPINE (NOUVELLE-). V. FILIP1NA
PHILIPPINES, en espagnol Felipinas, archipel de la Malaisie, dans la mer de Chine, au N. des Molui|ues , à l'E. de la Cochinehine , au S. de la Chine ; entre 5° et 20° île lat. N. , 1 15o et 125° de long. E. ; environ 136,000 kil. carr. ; 2,679,500 hab. En partie soumis à l'Espagne , cet archipel comprend la grande île de Luçon , les Bissayas ( Samar ou Ihaba, Leyte, Panay, Mindoro, les Calamianes), Mindanao, etc. Au N. de Luçon, dans l'intérieur des Bissayas et de Mindanao , vivent des peuplades d origine malaise, toujours en guerre contre les Espagnols et les Indiens soumis. Dans les montagnes se trouvent quelques peuplades nègres indépendantes , d’origine inconnue. Des montagnes , des forêts vierges, des volcans éteints ou en travail , tel est l’aspect du pays. Climat chaud et malsain ; grands ouragans. Le sol est très-fertile; on y trouve le riz, le cacao , le sucre , le café , le coton , le tabac, les épices, les bois d’ébène, d’aloès, de cèdre, de sandal , de bambou, le chêne, le sapin. La culture est négligée. Mines d’or, de fer, de houille , non exploitées. Peu d’industrie. Comni. avec la Chine, l’Amérique, l’Europe. Les pirates infestent les côtes. — Les Philippines furent découvertes par Magellan en 1521 , cédées au Portugal par le traité de Saragosse en 1529, et conquises par l’Espagne sous Philippe II , qui leur donna ton nom , 1568. Les Indiens soumis se convertirent à la foi catholique ; un commerce important s’établit avec la Chine , le Mexique et le Pérou. En 1638 et en 1639, les Chinois, établis en grand nombre à Manille, se révoltèrent; un grand nombre furent massacrés. L'Inquisition devint toute-puissante; les moines s’emparèrent du gouvernement au commencement du xvme siècle. En 1762 , Manille fut prise par les Anglais. Le moine Anda souleva les Indiens et chassa les Anglais; l’ile revint aux Espagnols en 1764; Anda, nommé gouverneur, éleva la colonie à un haut degré de prospérité ; mais, après lui, elle déclina rapidement ; pendant les guerres de la Révolution et de l’Empire, isolée du reste du monde, elle vit s'éteindre en partie son commerce. En 1829, le choléra ravagea Manille; égarés par le fanatisme religieux, les habitants accusèrent de ce fléau les Français, les Anglais, les Américains qui se trouvaient dans la ville, et les massacrèrent. Une conspiration pour l’indépendance des Philippines éclata en 1823 ; elle échoua; son chef Novalès fut condamné à mort. La partie espagnole des Philippines, jointe aux Mariannes, forme une capitainerie-générale, dite des Philippines ou de Manille; elle est divisée en 30 provinces f corregimientos ou alcadias) , dont 17 dans Luçon, 3 dans Mindoro, 3 dans Panay, etc. La valeur du commerce dépasse 80 millions de fr.
riIlLIPl’INES (NOUVELLES-). V. CAROI.INES.
PHILIPPINE ou PH1LEPIQUE, empereur grec, 711-713, était Arménien , d’une illustre naissance, et doué de talents militaires. Il se nommait Bardanes. Son avènement au trône tient du prodige ; sur la foi d’un songe, il se crut destiné à l'empire; il le dit; son indiscrétion lui valut l’exil ; il vivait à Cherson , lorsqu’un parti en révolte le prit pour empereur. Il détrôna le faible Justinien 11, et le remplaça; mais, n’usant de l’empire que pour se plonger dans une orgie perpétuelle, et de plus se rendant odieux par son zèle pour le monothélisme, il fut, 18 mois après son avènement, surpris lui-même dans son sommeil par quelques conspirateurs, qui lui crevèrent les yeux, puis l’envoyèrent en exil, où il mourut dans la misère. S.
PIIILIPPIQUES, nom de 4 discours admirables de Démosthéne contre Philippe, roi de Macédoine; — de 14 discours très-beaux et très-énergiques de Cicéron contre Antoine; — de 5 mauvaises odes de La grange -Chancel contre le Régent, Philippe d’Orléans.
PH1LIPPOPOLI ou FILIBEH , anc. Philippopolis , v. de la Turquie d'Europe (Andrinople), sur des rochers près de la rive dr. de la Maritza, à 172 kil. N. -O. d’Andrinople;
30.000 hab. Fabr. de maroquins, d'étoffes de soie, de laine et de coton, etc. Commerce important. Fondée ou restaurée par Philippe, père d’Alexandre, elle devint une grande cité; carlesGoths, qui la prirent en 250, y massacrèrent, dit-on,
100.000 personnes. Les empereurs latins de Constantinople en firent le chef-lieu d'un duché. Un tremblement de terre la détruisit presque entièrement en 1818. Un archevêque grec y résidait alors.
PH1LIPPSBOURG, v. du grand-duché de Bade , sur la Sulzbach , à 2 kil. du Rhin, à 26 kil. S.- S.- O. d’Heidelberg; 1,750 hab. Douane. Ce ne fut d’abord qu’un village
nommé Udenheim, où les évêques de Spire avaient un palais; mais l'un de ces évêques, Philippe-Christophe de Sotteren , l’ayant fortifiée au commencement de la guerre de Trente-Ans , l’appela Philippo-Burgum , d'où Philippsbourg. Elle fut depuis souvent disputée. Prise par les Suédois en 1633 , par les Impériaux en 1635 , par Louis de Bourbon pour les Français en 1644 , par les alliés en 1676, elle le fut de nouveau par les Français en 1688 et 1734 ( Berwick périt à ce dernier siège) . Le traité de Westpbalie l’avait donnée à la France, celui de Nimégue la rendit à l’Empereur; mais les Français la reprirent en 1800. Elle appartient depuis 1802 au duché de Bade.
PHILIPS (Edouard) , neveu de Milton, né à Londres en 1630, a laissé : une Pie de Millon , seule relation authentique sur la vie privée du grand poète; Thealrum poelarum, Londres, 1675, en anglais, liste et portraits critiques des poètes anciens et modernes, avec un Discours sur la poésie; nouvelle édit. , 1800, avec des additions.
riljups (John ) , poète anglais, né à Bampton en 1676, m. à Hereford en 1708, a laissé, entre autres pièces dé vers: Pomone ou le Cidre, poème didactique en 4 chants; la Bataille d' llochstœdt (en l’honneur de Marlborough) ; le Précieux Shilling , trad. en français par l'abbé Yart, dans Y Idée de la poésie anglaise. Philips s’attache surtout à relever la vulgarité des choses par la pompe du style.
Philips (Ambroise| , poète anglais, né dans le comté de Leicester en 1671, m. en 1749, représentant d’Armagh au parlement de Dublin , est auteur de Pastorales , que l’on a mises à côté de celles de Pope et de Gay , et de plusieurs tragédies estimées, dont l’une, the Distressed moter, 1711, est imitée de V Andromaque de Racine.
PHIL1PSTAD, v. de Suède, dans le la.n et à 66 kil. N.-E. de Karlstadt , sur un affluent du lac Doglosen; 900 hab. Sources minérales. Forges, affineries de fer, et construction de machines de l’Etat.
PH1LIPSTHAL , château de la Hesse, à 60 kil. de Cassel, sur la Wcrra, a donué son nom à une branche de la maison de Hesse.
PHILIPSTOWN, brg des Etats-Unis, Etat et à 9.3 kil. de New-York, près de l’Hudson, vis-à-vis West-Point;
PHILISTE, historien grec, né à Syracuse en 431 av. J.-C., suivit à Athènes les leçons d’ïsocrate. Banni par Denys l’Ancien , dont il avait d’abord eu la faveur après l’avoir aidé à s’emparer du pouvoir, il fut rappelé par Denys le Jeune, et périt en le défendant contre Dion, 358. Ses ouvrages, auj. perdus, étaient une Histoire de la Sicile, en 2 parties, dont la lr0, en 7 livres, allait jusqu’à la prise d’Agrigente par les Carthaginois en 406 , et la 2e, en 4 livres, contenait le règne de Denys l’Ancien; une Vie de Denys le Jeune, en 2 livres, dont Clément d'Alexandrie nous a conservé un fragment. Les anciens estimaient les écrits de Philiste, mais le considéraient comme imitateur des grands maîtres, et inférieur à eux ; Cicéron et Quinti- Iien le mettent presque sur le même rang que Thucydide; Denys d’Ilalicarnasse et Plutarque signalent son esprit d’adulation. On doit néanmoins regretter la perte de ses livres, surtout pour la vie de Denys, prince que nous ne connaissons que d'après ses ennemis. Ce qui reste de Philiste figure dans les Fragments des historiens grecs de Didot. V, les Recherches de l’abbé Sevin sur cet auteur dans le t. xm des Mémoires de l'Académie des Inscriptions pi HpIIpv- F.pttm D— R.
PHILISTINS ou PALESTINS, un des peuples chananéens de la Palestine avant l’arrivée des Hébreux. L’invasion de Josué les resserra sur la côte de la mer Intérieure, où ils occupèrent le territoire de Gaza, Geth , Asealon, Azoth et Accaron. Ils avaient les tribus de Dan au N., de Simeon à l’E. , et l’Arabie Pétrée au S. Toujours en guerre avec les Hébreux , ils leur imposèrent une longue servitude , 1212- 1 172 av. J.-C. , dont Samson ( V. ce mot ) les délivra. Saül les battit près de Gabaon, et ils furent soumis par David. Ils passèrent successivement sous la domination des Perses , d'Alexandre , des rois de Syrie , des princes Asmonéens , et des Romains.
PH1LLIP (Arthur), navigateur, né à Londres en 1738, m. en 1814, était fils d’un Allemand établi à Londres, entra dans la marine à 17 ans, parvint au grade de capitaine de vaisseau , fut gouverneur-général de la Xouvelle-Gallesdu-Sud de 1788 à 1793, choisit Port-Jackson au lieu de Botany-Bay pour chef-lieu des établissements anglais en Australie, et reçut, à son retour, le grade de vice-amiral. Il apporta en Europe les dernières dépêches reçues de La Pérouse. On a de lui : Voyage à Botany-Bay , Londres, 1789, in-4°, mal traduit en français , Paris, 1791 , in-8°.
PHILOCLÈS , poète d’Athènes , que son style amer fit
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surnommer la Bile, remporta le prix dans un concours de tragédie où Sophocle avait présenté son OEdipe à Colone.
PHILOCTÈTE , fils de Pœas, qui régnait sur les Thessaliens de l’Œta, fut le compagnon d’HercuIe, qui, près de mourir, lui enjoignit de déposer dans sa tombe ses flèches teintes du sang empoisonné de l'hydre de Lerne , et lui fit jurer de ne jamais découvrir ce dépôt. Un oracle ayant déclaré que les Grecs ne se rendraient pas maîtres de Troie sans avoir les flèches d’HercuIe, il se laissa ébranler, et indiqua le lieu où elles étaient cachées. L’une d’elles, en tombant, le blessa au pied ; l’infection qui résulta de la plaie fut si grande, que les Grecs, ne pouvant la supporter, abandonnèrent Philoctète dans l'ilede Lemnos. Après la mort d’Achille, Ulysse, envoyé par l’armée grecque, sut cependant le décider à venir devant Troie , dont sa présence devait hâter la chute. Sophocle a composé sur ce sujet une tragédie, assez heureusement imitée par Laharpe, et Fénelon a fait de l’histoire de ce héros un des beaux épisodes du Télémaque. Après la prise de Troie , Philoctète passa dans l’Italie méridionale , où il fonda Pétilie. B.
PHILODÈME , écrivain grec de la secte d'Kpicure , né à Gadara (Crelésyrie ) dans le Ier siècle av. J.-C., vint à Rome, et compta parmi ses disciples Calpurnius Pison. Il y a sous son nom , dans les Anthologies, 31 épigrammes licencieuses. Plusieurs fragments de ses écrits sur la morale , la rhétorique , la musique, etc. , ont été retrouvés à Herculanum , et publiés dans la collection de cette ville. M. Gros a édité à paçt la Rhétorique , avec commentaire, Paris, 1840, in-8°.
PHII.OKIA on FILOKI. V. Akgos Amphilochium.
PH1LÛLAUS, Pythagoricien, né àCrotoneou àTarente, florissait vers la 2e moitié du ve siècle av. J.-C. Il enseigna d’abord à Héraclée, puis à Thèbes , où il s’était retiré , et où Simmias et Cébès furent ses disciples, avant de s’attacher à Socrate. Il fut le premier Pythagoricien qui écrivit sur la philosophie. Son unique ouvrage , peu étendu , se composait de trois livres, intitulés du Monde, de la Nature, et de l'Ame : leur ensemble était connu sous le nom de Bacchanales , à cause de la parenté du Pythagorisme avec la doctrine des mystères. C’était un résumé contenant la doctrine générale des Pythagoriciens , et quelques doctrines propres à une partie seulement de l’école. Le système astronomique exposé par Philolaüs différait essentiellement de celui de Pythagore, et parait dériver du Pythagoricien llicétas. Suivant Philolaüs, la lune, le soleil et les cinq autres planètes tiraient leur lumière d’un feu central invisible pour nous , et exécutaient leurs révolutions d’occident en orient autour de ce feu , autour duquel la terre elle-même décrivait un cercle dans le même sens en un peu moins d’un jour, mais de manière que la face habitée par nous regardât toujours vers le dehors de ce cercle. Une 9e planète, tournant autour du feu central dans un cercle plus petit, était, par conséquent, aussi invisible pour nous. La sphère des fixes, qui complétait le nombre sacré dix, tournait très-lentement d’occident en orient, de telle sorte que, de cette révolution et de celle de la terre dans le même sens, résultait l'apparence du mouvement diurne du ciel autour de la terre d orient en occident en un jour. Philolaüs arrivait ainsi â prêter à ses dix révolutions célestes concentriques des durées d’autant plus longues , qu elles s’exécutaient à une plus grande distance du feu central. C’est donc à tort que des auteurs modernes ont prêté à Philolaüs le système de Copernic. Seulement , en repoussant le préjugé de l’immobilité de la terre, et en prêtant à ce corps une révolution équivalente pour ses effets à la rotation, Philolaüs préparait les esprits directement à l’hypothèse de la rotation de la terre, et indirectement â l’hypothèse de sa révolution annuelle autour du soleil ; et plus tard, en elîel, la première hypothèse (F. Ecphantüs et Réraclide), et même la deuxième ( V . Platon, Aristakque et Séiæucus) ont eu quelques partisans dans l’antiquité. V. Bœekh , Doctrine du Pythagoricien Philolaüs , avec les fragments de son ouvrage, en allemand , Berlin , 1819 , in-H° ; de Phitoniro syslemate cceleslium globorum et de verâ indole astronoiniæ Philolaicœ , en 2 parties, Heidelberg, 1810, in-4° ; H. Martin, Eludes sur le Timée, note 37, § 2, Paris, 1841, in-8°; Gruppe , Systèmes fosmographiques des Grecs, chap. 5, Berlin, 1851, in-8». On a eu tort de prêter à Philolaüs la connaissance de la précessiou des équinoxes. H. M.
PHILÜMÈLE, Philomela, fille dePandicn,roi d’Athènes, souffrit la violence du roi de Thraee, Térée, son beau-frère, qui lui fit ensuite couper la langue pour l’empêcher de révéler ce crime , et la retint prisonnière. Sa sœur Progné la délivra, et se veugea de Térée en lui servant dans un
festin le corps de son fils Itys. Térée allait assouvir sa fureur sur les deux sœurs, quand les dieux le changèrent en épervier, Progné en hirondelle , et Philomèle eu rossignol. B.
philomèle, Philomelus, célèbre Phocidien , fit éclater la Guerre sacrée, en soulevant ses concitoyens contre les Amphietyons, qui les avaient condamnés pour avoir cultivé le champ cyrrhécn consacré â Apollon , 355 av. J.-C. Soutenu par les Spartiates, il s’empara du temple de Delphes, et arracha des colonnes sacrées le décret de proscription lancé contre sa patrie. Avec les trésors du temple, il leva des mercenaires, et défit les Locriens dans trois rencontres successives. Mais vaincu à son tour par les Béotiens, vers le N. du Céphise, il se donna la mort pour ne point tomber entre leurs mains, 353. Son frère Onomarque le remplaça. O.
PH1LOMETOR, surnom de Ptolémée VI et ü’Attale III.
PHILON de Byzance , ingénieur grec du n» siècle av. J.-C., se perfectionna dans l’étude de la mécanique à Alexandrie, et dans celle de l’architecture à Rhodes. Il écrivit une Poliorcétique, dont on n’a plus que 2 livres, les 4e et 5e, publiés, avec traduction latine, dans les Velcrum mathemalicorum opéra, Paris, 1693, in-fol., et qui contiennent de curieux détails sur les machines militaires des anciens. On lui attribue un fragment d'un ouvrage De seplem ortiis spectacvlis, publié, avec version latine et notes, par Léon Allatius, Rome, 1640, in-8», inséré aussi dans le t. vill du Thésaurus anliquitatum grcecarum de Gronovius, et réédité par L.-II. Teucher, Leipzig, 1811, in-8»; par J.-C. Orelli. ibid., 1816, in-8». B,
philon de larisse , philosophe grec, chef de la Nouvelle-Académie après Clitomaque en 88 av. J.-C., se retira à Rome lors de l’invasion de Mithridate en Grèce, et eut Cicéron pour disciple. Il mitigea le scepticisme d’Arcésilas et de Carnéade. V. C.-F. Hermann, Disputalio de Pliilone Larissœo, Gœttingue, 1851, in-4».
philon le juif, philosophe, né à Alexandrie, d’une famille sacerdotale, l’an 30 av. J.-C. Il était déjà âgé de 70 ans, quand ses coreligionnaires l’envoyèrent à Rome, pour obtenir de Caligula la confirmation du droit de cité dont ils jouissaient antérieurement, et la restitution de quelques synagogues. Caligula lui répondit par un refus, et le renvoya abreuvé d’humiliations. Philon mourut dans un âge avancé. On a prétendu qu’il s’était fait chrétien, et qu’il avait ensuite renoncé à sa nouvelle religion ; allégations lausses. Phiton s était livré à l’étude de l'Ecriture Sainte, de la philosophie grecque et des doctrines orientales; aussi sa philosophie n’est qu’un mélange d’idées souvent contradictoires , tirées de ees trois sources. Il explique d’abord l’origine des choses par le dualisme de Platon et l’éternité du monde, pour aboutir au système oriental de l’émanation. Dieu est pour lui tantôt la cause efficiente de l’univers, l’idéal de l’humanité, tantôt un être dont on ne peut rien savoir, et Philon tombe dans le mysticisme. Sa théorie de l’homme commence par être celle de Platon, depuis les données des sens jusqu’aux idées; puis elle a recours à des connaissances supérieures que Dieu accorde à l’esprit par une grâce spéciale ; de là la nécessité de la foi , la reine des vertus. Philon exerça une grande influence sur son époque en faisant connaître la philosophie platonicienne aux Orientaux , et les doctrines sorties de l’Orient aux Néoplatoniciens; il méritait d'être appelé un Platon juif, ou Philon te Platonicien. Ses principaux écrits sont: De la création du monde d’après Moïse; Allégories des livres saints; Des chérubins, de l'épée flamboyante, et de Caïn, le premier-né de l’homme; Des géants; Sur ces paroles : Noé, s étant réveillé, apprit. Philon avait écrit le récit de son voyage à Rome; cet ouvrage est perdu ; celui qui porte le même titre a trait à un autre sujet. Les meilleures éditions des Œuvres de Philon sont celie de Th. Mangey, Londres, 1742,2 vol. in-fol., et celle de C.-E. Richter, Leipzig. 1828-30,8 vol. in-8°. Des morceaux retrouvés dans des traductions arméniennes ont été publiés par J. -B. Aucher, Venise, 1822-26. V. Essai d’une exposition systématique de lu doctrine de Philon d'Alexandrie, dans la hiblioth. générale de littéral, biblique d’Eichorn, t. iv, 3e cahier; D.-G. VVerner, De PhiloneJudœo, Stargard , 1743 ; Planckius, Commentatio de principiis et causis interpretationis Pitilonianae aile ,oricae, in-4», Gœttingue, 1807 ; Gfroerer, Philon et la théologie ulexnndrine , 2 vol. in-8», Stuttgard, 1831; Fabrieius, Dissertatio de Plntonismo Philanis , in-4» , Leipzig, 1693; Dabi, Chreslomalhia philoniana , Hambourg, 1800,2 vol. in-8»; Grossmann, Qucesliones Pliiloneæ, Leipzig, 1830, in-8». R— t.
philon de byblos, surnommé Htrennius, écrivain greo
PHI
PHL
du i" et du 11e siècle de J.-C., traduisit en grec V Histoire de Phénicie par Sanchoniathon. Cette traduction est perdue ; il n’en reste que quelques fragments, qui se trouvent dans la Chronique d'Ensèbe. Philon avait écrit encore plusieurs ouvrages historiques, sur les Juifs, sur Adrien, sur les villes et leurs grands hommes, etc.; ils sont également perdus. P — T.
FHII.ON fPublilius). V. PTTBL1LIUS.
PH1LOPŒMEN , surnommé le dernier Grec, né à Mégalopolis en Arcadie, servit de bonne heure contre les Spartiates, ne put défendre sa patrie contre leur roi Cléomène, mais décida , à 30 ans, par une habile manœuvre, le succès de la bataille de Sellasie, où il fut blessé, 222 av. J.-C. Chef de la cavalerie acliéenne, il en changea l’organisation et la tactique, et en fit un corps redoutable, avec lequel il battit les Etoliens à Larisse, 208. Généralissime ou préteur de la ligue achéenne, il gagna la bataille de Mantinée contre le tyran de Sparte, Machanidas, qu’il tua lui-même dans le combat. Après sa préture, il força encore Nabis, tyran de Sparte, à évacuer Messèue. De retour d’une expédition en Crète, il fut une 3e fois préteur, perdit un combat naval contre Nabis, mais le battit à Gylhium , entra dans Sparte, et l’agrégea aux Achéens; Sparte s’étant révoltée, il la démantela, et supprima les lois de Lycurgue, 188. Il s’opposa enfin aux progrès de l’intervention romaine, dont il prévoyait la fatale issue pour la liberté de la Grèce, fut élu préteur pour la 8e fois à 70 ans, marcha contre Dinocrate, qui avait détaché Messène de la ligue achéenne, fut pris, conduit à Messène, et condamné par Dinocrate à boire la ciguë , 183. Pliilopœmen fut toujours guidé dans sa conduite par l’amour de la vertu, dans lequel il confondait la patrie; simple dans ses goûts, désintéressé, il consacrait sa part de butin au rachat de ses soldats prisonniers. 11 aimait la guerre, et s’y distingua par l’habileté de la conception, la promptitude du coup d’œil, et une grande valeur personnelle. Très -habile tacticien, il dut à cette qualité ses principales victoires. Sa mort causa des regrets universels en Grèce, où sa sagesse et ses exemples lui avaient acquis une influence immense.
PHILUl’ÜN (Jean), grammairien d’Alexandrie, m. vers 660, obtint, dit- on, d’Ainrou, général du calife Omar, la conservation de la bibliothèque de sa ville natale. On a de lui un Traité de la création du monde, publié à Vienne, lfi.30, in-4°, et divers traités d’Aristote, avec commentaires, Venise, 1534 et 1536.
PHILüSTORGE , historien grec ecclésiastique, né en Cappadoce vers 3fi4, commença ses études à Pruse, et les acheva à Constantinople, où il passa presque toute sa vie. Il adopta les erreurs d’Arius, et , pour rendre odieux ses adversaires, écrivit, en 12 livres, une Histoire ecclesiastique (depuis l’avénement de Constantin jusqu’à la mort d’ilonorins), dont il ne reste qu’un abrégé de Photius, publié par Godefroy, Genève, 1642, in-4°, et par Henri de Valois, à la suite d’Eusèbe, Paris, 1673. Malgré le mauvais esprit de cet ouvrage, on y trouve beaucoup de choses utiles pour l’histoire ecclésiastique.
PIllLOSTHATE (Flavius), sophiste grec du m< siècle, né à Lemnos. professa la rhétorique à Athènes, puis à lion ie, où il fut bien accueilli à la cour de Septime -Sévère, et vécut dans l’intimité de l’impératrice Julie. Il écrivit, entre autres ouvrages: Vie d' Apollonius de Tyane, en 8 liv., trad. en français par Castillon, Berlin, 1774, 4 vol. i n- 12; Legrand d Aussy, Paris, 1803, 2 vol. in-8°; Chassang, avec les Lettres d’ Apollonius, Paris, 1862, in-8°; Héroïques, récits dialogués sur 21 héros de la guerre de Troie; Dialogue entre Vinilor et Phoenix, publié, avec scliolies grecques et remarques, par M. Boissonade, Paris, 1806; un dialogue intitulé Néron; les Tableaux, description de 76 tableaux qui décoraient le portique de Naples, dont une bonne édition a été donnée par Jacobs et Welekcr, Leipzig, 1825, in- 8°, et qui ont été trad. en français par Biaise de Vigenère sous le titre de : les Images ou Tableaux de plate peinture, 1614, in-fol.; Vies des sophistes, en 2 livres; 73 Lettres sur des sujets érotiques, éditées par M. Boissonade, Paris, 1842; un Traité sur la gymnastique, trad. en franç., texte en regard, par M. Daiemberg, Paris, 1858, in-8“. — Un autre Philostrate, neveu du précédént, a laissé aussi des Tableaux , qui sont des espèces de programmes proposés aux arti>tes. Les Œuvres des deux Philostrate ont été publiées ensemble par Olearius, Le pzig, 1709, in-fol. ; par Kayser, Zurich, 1841-16, 2 vol. in-4“ ; par Westermann, Paris, 1849, in-8“. V. Hamaker, Lectiones Philostrateœ , Leyde, 1816 ; Heyne, Philostrati imay inum illustratio, Gœttingue, 1796-1801, in-fol.
PIllLOTAS, fils de Parménion, fut lapidé par l’ordre
d’Alexandre le Grand, pour n’avoir point révélé le complot de Dyinnus, dont il était instruit.
PHILOXENE, poëte grec dithyrambique, né à Cythère, m. à Ephèse vers 380 av. J.-C., vécut longtemps à la. cour de Denys l'Ancien. Il fut envoyé aux Carrières pour avoir trouvé mauvais les vers du tyran. Remis eu liberté, et consulté de nouveau , il se contenta de répondre : u Qu’on me reconduise aux Carrières. » Cette saillie désarma Denys, qui pardonna. Philoxène avait composé un petit poëme familier intitulé le Souper; il n’en reste que des fragments, qui donnent une haute idée de l’esprit et de la gaieté prodigués dans cet ouvrage. V. Philoxeni reliquiæ, par G. Bippart, Leipzig, 1843, in-8°; Berglein , de. Philoxeno Cytherio , Gœttingue, 1843, in-8°; Kiingender, de Philoxeno Cytherio, Marbourg, 1845, in-8°. B.
philoxène, appelé aussi Xenaias, de la secte des Monophysites ou Jaeobites syriens, né à Tabal (Susiane), fut nommé, par l’empereur Zénon, évêque de Maboug ou Iliérapolis en 485, combattit les décisions du concile de Chalcédoine, alla deux fois à Constantinople, pour y soutenir les intérêts de sa secte, et fut bien accueilli de l’empereur Anastase, mais fut exilé en 518, par Justin Ier, à Gaugres ( Cappadoce), où on le fit périr en 522, en le suffoquant avec de la fumée. Pbiloxène a beaucoup écrit, et avec une élégance qui le place au rang des meilleurs auteurs syriens; mais ses ouvrages, tous théologiques et polémiques, sont restés manuscrits ; on n’a publié de lui qu’une version syriaque des Evangiles, version très-estimée, la seule que lisent les Jaeobites, et que J. White a. fait imprimer, Oxford , 1778, 2 vol. in-8°.
PUÎNÉE, fils d’Agéuor ou de Neptune, et roi de Salmydessus en Tlirace, avait reçu d’Apolion la faculté prophétique. Néanmoins il écouta les calomnies de sa 2« femmecontre les enfants d'un 1er lit, et leur fit crever les yeux. Pour le punir, les dieux le frappèrent lui-même de cécité, et lui envoyèrent les Harpies, qui infectaient ses aliments. Calais et Zéthés , fils de Borée, le délivrèrent de ce» monstres; par reconnaissance, il indiqua aux Argonautes le moyen de traverser les Symplégades.
puînée, frère de Céphée et oncle d’Andromède, voulut enlever cette dernière à Persée, qui le pétrifia au moyen de la tête de Méduse.
PUINEES, 3e grand- prêtre des Juifs, était fils d’Eléazar et petit-fils d Aaron. Il se distingua par son zèle contre le commerce impur des Juifs avec les femmes Mailianites, et fit un exemple sur Zambri, convaincu de ce crime.
PIIINTIA ou PHINTIAS, auj. Alicata , anc. v. de la Sicile méridionale, au S.-E. d’Agrigente, fondée par une colonie de Gela près de l’embouch. de l’Himéra.
PHISELDECK. V. Schmidt ( Christophe) .
PH1SOX, un des fleuves du Paradis terrestre. On croit que c’est le Phase.
P11LÉG ET II ON (du grec phlégô , je brûle) , un des fleuves des Enfers, selon les anc Grecs; il environnait le 'J’artare, et roulait des torrents de flammes. C’était un affluent de l’Achéron.
l’HI.ÉGON, historien grec du ne siècle, né à Traites (Lydie), fut affranchi d’Adrien, et mourut »ous Auiouin le Pieux. Il avait composé une Histoire ou Chronique en 16 liv., qui finissait en l'an 141 de J.-C., une Description de la Sicile, et un Traité des fêtes des [tamains ; ces ouvrages sont perdus. Mais nous avons de lui 3 opuscules : de liebus mirabilibus , recueil de contes populaires, prodiges, etc. ; de Longæcis; de Ulympiis, que l’on croit être un fragment de sa Chronique. Ils ont été publiés par G. Xylander, Bâle, 1568, in-8°; par Meursius, Leyde, 1620, in-4° ; par G. Franz , Halle, 1775; et par Gronovius, dans les t. VII et IX du Thésaurus antiquitalum grœcarum.
PIILEGKÉENS (Champs), Pltlegrœi campi , campagnes voisines de Cumes en Italie; on y voyait souve.it des flammes sortir du sol. C’est auj. la Solfatare ( V. ce mot) .
PHLEGYAS, fils de Mars, bâtit en Béotie, prés d’Orchomèue, la ville de Phlégyade. Apollon ayant séduit sa fille Coronis, il se vengea en mettant le feu au temple d* Delphes, mais fut tué par les flèches du dieu. Aux Enfers, il voyait toujours, au-dessus de sa tête, un rocher qui menaçait de l'écraser.
PHLÈGVENS. V. Phorbas.
P11L1AS1E, Phliasia, canton de la Sicyonie, au S. On y voit auj. les ruines de Phlionte, de Thyamia, et surtout de Titané, dont le temple d’Esculape renfermait toute une population de malades et une grande quantité de statues d’athlètes. B.
PHLIONTE, Phlius, v. duN.-E. du Péloponése, dans la Phliasie, entre Sieyone au N., l’Arcadie a l'O., l’Argolide propre au S., et Cléones à i’E. Elle fut d’abord ap-
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pclce Arantia, de son fondateur Aras; puis, du nom de la soeur de celui-ci, Areltryrea; enfin P/i/iuj,d'un descendant de i’Héraclide Téménus. Ses premiers habitants étaient de race Achéenne. A la suite de l’invasion des Doriens, une partie émigra à Samos et à Clazomène; l’autre resta dans la ville, qui devint Dorienne. Le gouvernement était aristocratique, et fut l'allié fidèle de Sparte jusqu'à la fin de la guerre du Péloponése. En 394, un mouvement démocratique amena l’expulsion des oligarques , qui implorèrent le secours de Sparte, et, jusqu'à la domination macédonienne, la ville fut agitée de discordes intérieures. A l'époque des ligues Achéenne et Etolienne, elle était gouvernée par un tyran, Clconyme, qui se déclara pour les Achéens. Pausa nias mentionne dans cette ville un théâtre, des temples d’Esculape, de Cérès, et d'IIéhé, qui y était adorée sous le nom de Dia ou fille de Jupiter. Ses ruines portent auj. le nom d e Santa-Phlica (nome d’Argolide, éparchie ou diocèse de Corinthie). C. P.
PHI.UGIUS. V. Pflug.
PHOCAS (Saint), martyr, vivait près de Sinope, du produit d’un petit jardin cultivé par ses soins, et ne s’occupait que d'œuvres de charité, quand il périt, vers 303, dans la persécution de Dioclétien. Après la conversion de Constantin , on éleva , à Sinope , une basilique où fut déposée une partie des restes de Phocas, et qui devint trèscélèbre et très-vénérée en Orient. Fête, le 3 juillet.
phocas , empereur grec, 602-610 , né en Cappadoce, d’une famille obscure, servit comme soldat, devint centurion par la faveur d’un chef, et se distingua par sa hardiesse et sa grossièreté. L’armée du Danube s’étant révoltée contre Maurice, choisit Phocas pour chef; il marcha sur Constantinople, où son approche fit éclater une insurrection; Maurice s’enfuit; le patriarche vint féliciter Phocas, qui prit alors la pourpre et fit son entrée dans la ville. Deux jours après, il envoya égorger Maurice et ses enfants. Phocas n’avait vu dans l’empire qu’une riche proie pour satisfaire ses passions; il voulut se maintenir en paix avec tout le monde ; mais Chosroës II prit les armes pour venger Maurice; les Perses, poussant leurs ravages jusqu’au Pont, enlevèrent Dara, Amida, Chalois, Alep. D’une autre part, Phocas, révoltant tout le monde par ses débauches, étouffait dans le sang quatre conspirations en quatre ans, 606-610. Enfin il fut livré à Héraclius, fils de l'exarque d’Afrique , soulevé contre lui , et qui avait forcé par mer l'entrée de Constantinople ; saisi et conduit devant lui, il fut décapité. Phocas avait fait paraphraser en grec par Théophile les Inslitutes de Justinien, et traduire en grec le Piijesle et le Code, pour servir de base à l’enseignement public du droit.
PHOCÉE, la plus septentrionale des 12 villes Ioniennes de l’Asie-Mineure, au N. de l’Hermus, à l’embouchure du Calque, entre les golfes d’Elée (golfe de Tchanderli ) et de l’Hermus (golfe de Smyrne), fut fondée par des Phocidiens mêlés d’ Athéniens, et commandés par un Athénien, Philogènes , ce qui la fit admettre dans la confédération ionienne. Elle avait deux ports, Naustlwtmos et Lamplera, et, en face, était la petite île de Bacchéion, avec un temple et des édifices magnifiques. Les Phocéens furent les premiers des Grecs qui entreprirent de longs voyages, et firent connaître à leurs compatriotes la mer Adriatique, l’Italie centrale, la Gaule et l’Espagne, où ils fondèrent de nombreuses colonies. Marseille fut la plus célèbre. Assiégés par Harpage, lieutenant de Cyrus , une partie des Phocéens préférèrent à l’esclavage l’exil à Alalia, une de leurs colonies de l’ile de Corse : attaqués par les Carthaginois et les Etrusques, dont leurs pirateries troublaient le commerce, ils furent, quoique vainqueurs, forcés, par suite de leurs pertes, de se retirer à Rhégium. Ceux qui étaient restés dans la ville ne jouèrent aucun rôle important. Phocée porte auj. le nom de Fokia, à 42 kil. N. -O. île Smyrne; 4,000 hab. C. P.
PHOCIDE, pays de l’anc. Grèce, borné à I’O. , vers la Doride et la Looride ozolienne, par le Parnasse; au S., par le golfe de Corinthe; à l’E., vers la Béotie, par les monts Nysœon et Hyphanteon; au N., vers les Locrides opontienne et épicnémidienne, par le moût Cnémis, s’étendait jadis de ce côté jusqu’à la mer d'Eubée, et pendant longtemps posséda encore sur cette mer la ville et le territoire de Daphnus, qui séparait les deux Locrides. La principale chaîne de montagnes était, au centre, le Parnasse, terminé au S. par le Cirphis : ses fleuves, le Céphise au N., et le Plistos au S. Nulle en politique, la Phocide était importante comme centre religieux : le Parnasse, le temple de Delpnes et l’oracle d’Apollon en faisaient comme une terre sacrée. Les premiers habitants de la Phocide sont des barbares appelés Abautes et Hyantes,
puis des Lélèges et des Thraces, tribus pélasgiques, enfin# après l’invasion hellénique, des Eoliens et des Achéens mêlés, sous la conduite d’un Eolien de Corinthe, Phocus, qui donna son nom au pays. Dès lors, la Phocide, séparée en plusieurs Etats indépendants, n’apparaît dans l'histoire de la Grèce qu’à l’occasion des Guerres Sacrées ( V . ce mot]. Les Phocidiens jouissaient au conseil amphictyonique de deux voix qui leur furent enlevées après la 3* Guerre Sacrée, pour être données à Ph lippe de Macédoine, 346. Les villes principales étaient , 1° sur le golfe de Corinthe et aux environs du Parnasse: Bnlis, Stiris, Ambrysos, Anticyra, Cirrha, Crissa, Delphes, Daulis, Panopée, Néon ou Tithorea, Lilea; 2° dans le bassin du Céphise , Parapotamie, Ledon, Amphiclée, Drymée, Tithronion, Elatée. Auj., avec la Locride et la Doride, elle forme la nomarchie «le Phncide-ei-Phtkiotide, qui a 102,291 hab., et août ies villes principales sont Zeitoun, le ch.-l., et Salona. C. P.
PHOCION, général et orateur athénien, né vers l’an 400 av. J.-C., in. l’an 317. Formé à la vertu par les leçons de Platon et de Xéuocrate, à l’art militaire par Chabrias, à la politique par l’étude de la vie d’Aristide, qu’il prit pour son modèle, il devint promptement le chef de l’aristocratie athénienne. Persuadé qu’il n'avait à sauver “ que les débris du naufrage de son pays, » il s’attacha à la politique de la modération dans les rapports avec les alliés, à celle de la paix à l’égard de la Macédoine. Conseiller austère des vieilles vertus, il inspira une grande estime aux Athéniens, qui écoutaient rarement ses conseils et cependant le nommèrent 45 fois général. Il se distingua, sous Chabrias, à la bataille navale de Naxos, 383, alla ensuite percevoir les contributions dans les îles, et les obtint par la persuasion. Il fit tous ses efforts pour empêcher Athènes de provoquer la guerre Sociale, et, quand elle éclata, 358-356, conserva longtemps à sa patrie l'alliance de quelques-unes des^iles; les alliés lui ouvraient leurs ports; devant un autre général, ils les comblaient et résistaient. Il combattit constamment Démosthène; mais il accepta de sauver l'Eubée menacée par Philippe, roi de Macédoine, 350 ou 340, en chassa les tyrans que ce prince y avait établis, alla sauver Byzance et Périnthe assiégées par lui et qui avaient refusé de recevoir Charès, enfin empêcha les Béotiens de s’emparer de Mégare, qu’ils voulaient livrer à la Macédoine, 340-339. 11 s’opposa à la bataille de Chéronée, conseillant jdutôt d’accepter les propositions de Philippe; fut, apres la défaite, 338, mis à la tête de la ville, persuada aux Athéniens de ne pas prendre départi avant de connaître les conditions de Philippe, qui, en effet, furent modérées, et quand on apprit la mort du roi de Macédoine, combattit, comme une bassesse, la proposition de faire des sacrifices. Mécontent des invectives de Démosthène contre Alexandre, il ne put empêcher Athènes de se soulever; et quand ce prince eut ruiné Thèbes , il mérita son estime en traitant avec lui du maintien de la paix. Il refusa les présents que le héros lui envoyait d'Asie, et n’en voulut obtenir que la liberté de 4 Grecs prisonniers. Après la mort d’Alexandre, 323, il reçut, bien que déjà octogénaire, le commandement de l’armée dans la Guerre Lamiaque, qu’il s’était efforcé d'empêcher, tua, sur les côtes de l’Attique, Mioian, général des Macédoniens, et les mit en fuite. Député auprès d’Antipater, il ne put obtenir le pardon d'Hypéride et de Démosthène; il fut placé à la tête de l’aristocratie modérée, rétablie dans Athènes, laissa surprendre le Pirée par Nicanor, devint par là suspect au peuple, tut renversé du pouvoir par Polysperchon, condamné par la populace à boire la ciguë , et mourut en recommandant à son fils de ne jamais se rappeler l’injustice des Athéniens. Une vieille femme recueillit pieusement et cacha ses cendres; les Athéniens les réclamèrent plus tard, et lui élevèrent une statue. Phocion fut un modèle de toutes les vertus; son bon sens lui fit mépriser la popularité, et l’arma toujours d’une rude franchise avec le peuple. Il avait une grande sûreté de vue politique, jugea mieux que Démoîthène l’état de sa patrie , l’impossibilité d’en assurer la liberté, et, malgré ses talents militaires, s’opposa toujours à ce que l’on risquât de hâter l’asservissement de la Grèce en tentant le sort des armes. Comme orateur, son éloquence était forte, serrée, nerveuse; Démosthène l’appelait •< la hache de ses discours. » A. C.
PHOCYL1DE, poëte grec, né à Milet, florissait vers 540 av. J.-C. Il parait n’avoir fait que mettre en vers des sentences morales; nous avons 217 de ces vers, imprimés d’ordinaire avec les sentences Théognis et les autres gnomiques, et édités séparémfnt par J. -A. Sellier, Leipzig, 1751, in -8°. Il en existe flts traductions françaises par
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Duché, Paris, 1693 ; par Lévesque, 1782; par Coupé, 1798.
PHŒBÉ. V. Diane.
PHŒB1DAS, général lacédémonien, chargé de conduire des troupes sous les murs d’Olynthe assiégée par Eudamidas, son frère, traversa la Béotie , fut introduit dans Thèbes par Léontiadès, chef du parti aristocratique de cette ville, et s’empara de la Cadmée, 382 av. J.-C. Cet événement donna naissance à la guerre dans laquelle Epaminotidas et Pélopidas ruinèrent la puissance de Sparte et élevèrent Thèbes, leur patrie, au premier rang dans la Grèce. Phœbidas fut privé du commandement et condamné à une amende, comme ayant agi sans ordre : plus tard il périt dans un combat sous les murs de Thespies, en 377. O.
PHŒBUS. V. Apollon.
PHŒNICODES ou PHŒNICUSSÀ, nom anc. de Pile Filioudi.
PHŒNICONTE, port de la Messénie, près des îles Œnuses. — v. et port de la Lycie méridionale, près de Patara. — Port d’Ionie, près d’Erythrée.
PHOLOE, montagne d’Elide, sur les confins de l’Arcadie.— Montagne de'l'hessalie, qui, selon quelques auteurs, était la résidence habituelle des Centaures.
PHORBAS , fils d’Argus , régna sur Argos dans le xvme siècle av. J.-C. t
piioitBAS, petit-fils du précédent, délivra les Rhodiens d’un dragon qui faisait de grands ravages ; il fut placé dans le ciel sous le nom d’Ophiuchus ou Serpentaire, avec le dragon qu’il avait tué.
phorbas , chef des Phlégyens , petit peuple de la Phocide , contraignait tous ceux qui voulaient arriver à Delphes à lutter contre lui , et, après les avoir vaincus , les faisait mourir au milieu des tourments. Apollon le tua. Les Phlégyens, qui voulurent piller le temple du dieu, furent exterminés par le feu du ciel, par des tremblements de terre, et par la peste.
PHORCYS , vieillard qui commandait aux flots , d’après la mythologie homérique; un port d'Ithaque lui était consacré. Selon Hésiode , il était fils de Pontos (la Mer) , et de Gé (la Terre ) , et, uni-à sa sœur Céto , fut le père des Grées , des Gorgones , du dragon des Hespérides , de Scylla, etc.
PHORMIS, ancien poëte sicilien, était regardé, avec Epicharme , comme le créateur de la comédie grecque.
PHORONÉE , Phoroneus , fils et successeur d’Inachus , et 2e roi d’ Argos, fut le père de Niobé, d’Apis et d’Argus. Il assura à sa ville la protection de Junon, en se prononçant pour cette déesse en querelle avec Neptune.
Il eut des guerres à soutenir contre les Telchines et les Curètes , et fut divinisé après sa mort. Une rivière de l’Argolide reçut son nom.
PHOT1N. V. Pothin.
PHOTIUS, schismatique, également célèbre dans l’histoire religieuse et dans l’histoire littéraire , né à Constantinople au ixe siècle, m. en 891, était d’une anc. et illustre famille; il fut chargé d’une ambassade en Perse par l’empereur Michel , qui le prit pour commandant de ses gardes et pour proto-secrétaire. Porté, bien que laïque , au siégg de Constantinople en 857 , en remplacement du patriarche Ignace, que sa fermeté fit reléguer dans une ile, il trompa, pour se maintenir, le pape Nicolas 1er sur les vrais sentiments (le celui qu’il avait dépossédé , sé luisit ou intimida les légats, et, quand sa fourberie fut découverte, leva le masque, signala les prétendues erreurs de l’Eglise latine , ■et invita les évêques d’Orient à se séparer d'elle. C’est ainsi qu’il donna naissance au grand schisme des Grecs en 858. Banni par l’empereur Basile le Macédonien, qui rétablit Ignace, à la mort de ce dernier il s’empara de la basilique de Ste-Sophie, obtint les bonnes grâces de Basile, et se fit même approuver par le pape , à condition qu’il reconnaîtrait ses erreurs , ce qu’il ne fit pas. Exilé en Arménie par l’empereur Léon le Philosophe, il y mourut. Photius était le savant le plus illustre de son siècle. On a de lui : Myriobiblon , «ii>e bibliotheca librorum quos leqit et ' censuit Photius , patriarcha Constant inopolitanus. Ce livre renferme des extraits de 280 ouvrages , dont plusieurs ne nous sont point parvenus , et qu’il avait lus pendant son ambassade. Il a été publié par D. Hœschel, Augsbourg, 1601 , in-fol. ; traduit en latin par A. Schott , ibid. , 1606; reproduit en greceten latin , Genève , 1611; et édité enfin par Bekker, grec seul, Berlin, 1824, 2 vol. in-4°. Photius a laissé encore : Lcxicon grœcum , publié par G. Hermann, Leipzig, 1808, in-4», et par Porson, Londres, 1822 ; des Lelt res, publiées au nombre de 248, Londres, 1651, in-fo. , avec une version latine et des notes ; Nomocauon , ou Accord des lois impériales et des canons ecclésiastiques , en
tête du recueil des Canons ecclésiastiques , Paris, 1551, in toi.; Traité centre les nouveaux Manichéens ou les Pauli cicns , en 4 liv. , manuscrit à la Bibliothèque impériale de Paris , etc. JJ.
PHRAATA , appelée aussi Prasapa et Vera, anc. v. de Médie , entre le lac Spauta et la mer Caspienne ; capitale de la Médie Atropatène.
PHRAATACE ou PHRAHATACE, 16e roi des Parthes, de 9 à 14 ap. J.-C., fils et successeur de Phraates IV, qu’il fit périr de concert avec sa mère Thermusa , fut égorgé à son tour par ses sujets révoltés.
PHRAATES I« ou PHRA1IATES, 5e roi des Parthes, 178-164 av. J.-C. , fils et successeur de Priapatius, subjugua les Mardes , peuple nomade de la Médie, et les établit près des Portes Caspiennes.
phraates h ou phrahates , fils et successeur de Mithridate Ier, 139-127 , perdit trois batailles contre Antiochus VII Sidétès , roi de Syrie , se vit enlever Séleucie, Babylone , Ecbatane, et fut également vaincu, du côté de 1 orient , par les Grecs de la Baetriane. Mais bientôt, soutenu par les Scythes, il tailla en pièces les Syriens dispersés dans le pays conquis, et tua leur roi. Son ingratitude envers ses alliés lui attira leur colère , et il périt en les combattant.
phraates iii ou phrahates, 12e roi des Parthes, 70-58 , fit alliance avec les Romains lors de la guerre de Lucullus contre Mithridate et Tigrane, refusa ensuite d« seconder Pompée , et fut victime d’une conspiration de ses fils Mithridate et Orodès.
phraates iv ou phrahates, 15e roi des Parthes, fils et successeur d’Orodès, de 37-9 av. J.-C., arriva au trône par l’assassinat de son père et de ses frères, repoussa avec succès les attaques du triumvir Marc-Antoine, envahit l’Arménie, fut contraint, par une insurrection de ses sujets, de s’enfuir chez les Scythes, battit, avec leur secours , Tiridate , qui s’était emparé du trône , fit la paix avec les Romains , renvoya à Auguste les aigles de Crassus et les prisonniers , et périt empoisonné par sa femme et son fils Phrahataces.
phraates v ou phrahates , un des fils du précédent, était en otage à Rome quand l’empereur Tibère l’opposa à Artaban III , en 35. Mais il mourut peu de temps après avoir pris possession du trône.
PIIRANZA ou PHllANTZÈS (George), historien grec, né à Constantinople en 1401, m. vers 1478, fut élevé à la cour de Manuel II Paléologue , dont il était le parent éloigné, devint chambellan et secrétaire de ce prince, obtint sous Jean Paléologue, en 1446, le gouvernement de la Morée , puis la dignité de grand-logothète , fut pris par les Turcs en 1453 , vendu comme esclave , et , rendu à la liberté, alla finir ses jours dans un couvent de Corfou. C’est là qu’il écrivit , en 4 livres , une Chronique de Constantinople de 1259 à 1477 , ouvrage véridique , curieux par les détails, et assez impartial sur les événements contemporains de l’auteur. Cette Chronique fut publiée d’abord en latin par le P. Pontan, qui l’abrégea, Ingolstadt , 1614, in-4»; puis intégralement en grec par Alter, Vienne, 1796, in-fo!.; et par Becker, 1838, dans la Byzantine de Venise. B.
PHRAORTE ou PHRAORTÈS, 2e roi des Mèdes, successeur de Déjocès, 690-655 av. J.-C. , soumit les Perses, mais fut vaincu et tué à Ragau par Saosduchéus ou Nabuchodonosor Ier, roi d’Assyrie. Il est peut-être l’Arphaxad du livre de Judith.
PHRATRIE , subdivision de la tribu chez les anc. Athéniens. Chaque tribu (tpuXr) renfermait 3 phratries composées de .30 familles de 30 hommes chacune. Solon institua des festins appelés Phratriques , pour entretenir l’union entre les membres d’une même phratrie.
PHRÊ ou FRÉ, dieu de l’anc. Egypte, le dernier des trois Khaméfis , était fils de Phtha, et le symbole du soleil. On l’adorait surtout à Thèbes, sous la figure d’un sphinx portant sur le front un disque vert ou rouge.
PHRÉAR, brg de l’Attique, voisin du Pirée , dans la ! tribu Léontide. Là se tenait le tribunal d'Athènes qui jugeait les homicides par récidive.
PHRITIUS , montagne de l’anc. Locride, au-dessus des Therraopyles.
PHRÎXES, t. de l’anc. Epire, dans la Triphylie; bâtie par les Myniens.
PHRUD1S , nom primitif de la Somme , qui fut appelée ensuite Samara.
PHRYGIE, Phrygia, , contrée de l’As;e-Mineure, dont l’étendue varia beaucoup suivant les époques. Les Plirijgee ou Bryges appartenaient à la race pélasgiqne , ainsi que le prouvent les traditions anciennes , les restes de leurs monument* , qui présentent nue singulière analogie avec les