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ruines de Tirynthe et de Mycènes , et leur religion orgiastique, semblable aux mystères des Pélasges de Saruothraee. Ils paraissent avoir occupé à l’origine l’O. de l’Asie-Mineure , depuis la mer Egée jusqu’à l’Halys , et du Méandre au Pout-Euxin. Après avoir formé un royaume indépendant, dont les légendes helléniques nous font connaître la richesse, en racontant que le Phrygien Pélops devint, grâce aux trésors qu’il apportait, souverain du Péloponèse, •t que le roi de Phrygie , Midas , changeait en or tout ce qu’il touchait, la Phrygie fut conquise par les rois de Lydie , et fit partie du royaume de Crésus jusqu’à la conquête persaue. Sous Darius, elle fut comprise dans la 3e satrapie, et parait divisée alors en deux parties : 1° la Petite- Phrygie ou Phry/ie de l’Hellespont , s’étendant le long de la Propontide jusqu’aux sources du Sangarius, et embrassant la Troade jusqu'aux frontières de la Mysie au S. ; 2° la Grande- Phrygie , au centre, entre l’Halys à l’E. , la Lycaonie et la Pisidie au S. , la Carie et la Lydie à l’O. , la Bithynie et la Paphlagonie au N. Les villes principales étaient : Gordium et Ancyre au N. ; Pessinonte et Thymbréc au centre ; Iconium, Célènes, et Colosses au S. Elle portait aussi vers le nord le nom de Phrygie Epiclèlt ou surajoutée, et celui de Phrygie Paroréade ou montagneuse vers la frontière de Pisidie, où les ramifications du Taurus couvraient son territoire. Ces deux provinces furent conquises par Alexandre , et formèrent après lui deux gouvernements distincts, augmentés, la Petite-Phrygie de la Mysie, la Grande-Phrygie de la Lyeie, Pisidie, lsaurie, et donnés, le 1er à Léonat, le 2e à Antigone. Confiés tous deux à Eumène par Perdiccas , 321 , ils revinrent après sa mort à Antigone , auquel ils demeurèrent , par le partage de 307, avec l’Asie-Antérieure et la Syrie. La bataille d’Ipsus , livrée dans les plaines mêmes de la Phrygie, 301, les fit passer au roi de Thrace Lysimaque, et enfin à Séleucus, roi de Syrie, 281 , quand la victoire de Cyropédion ( également en Phrygie ) l’eut rendu maître de toute l’Asie-Mineure. Mais l’invasion des Gaulois, qui s’établirent à Gordium , à Pessinonte et à Ancyre , et la création des royaumes indépendants de Bithynie et de Pergame, enlevèrent bientôt aux Séleucides la Petite-Phrygie, et la Grande dut être abandonnée par Antiochus le Grand à Eumène, après la bataille de Magnésie, 190. Toutes ces provinces revinrent aux Romains à la réunion de Pergame, 129, et de la Bithynie, 75, et furent comprises dans le proconsulat d’Asie. Elles en furent distraites au rve siècle pour former deux provinces particulières , dépendant dti diocèse d’Asie, de la préfecture et de l’empire d’Orient: la Phrygie Salutaireh l'E-, capitale Synnada ( Said-el-Gazh ), et la Phrygie Pacatienne à l’O., capitale Laodicée I Ladildèh ). Elles correspondent à peu près aux livahs de Kutaièh et de Kara-llissar, dans l’eyalet de Khodawendiguiar. Les Phrygiens étaient célèbres par leur g'out pour les arts. Les musiciens Olympos, Marsyas, Hyagnis, que l’on trouve dans les légendes grecques, étaient Phrygiens, et les Grecs avaient emprunté à ce peuple un des modes de leur musique. La religion des Phrygiens était surtout le culte de Cybéle, dont les prêtres , nommés Galles ou Ccryhantes, avaient leur principal sanctuaire à Pessinonte, et célébraient leurs mystères par des danses frénétiques. — Outre ces Phrygiens de l’Asie-Mineure, on trouvait en Europe, entre l’Olympe et l’Haliacmon, et entre le Strymon et l’Axius, des Bryges et des Mygdoniens, qui se rattachent à ce rameau Thraco- Phrygien de la grande race Pélasgique. ' C. P.
PHRYGIEN (Mode). F. Mode.
PHRYNE, fameuse musicienne et courtisane grecque, née à Thespies, vivait vers 328 av. J.-C. ; amie de Praxitèle, elle lui servit de modèle pour ses statues de Vénus. Elle amassa des richesses si considérables, qu’elle offrit de rebâtir Thèbes à ses frais, demandant pour toute récompense qu’une inscription publiât que la ville avait été détruite par Alexandre le Grand et réédifiée par Phryné. Accusée d’impiété, elle fut défendue et sauvée par l’orateur Hypéride.
PHRYNICHUS, poêle tragique grec , florissait vers 512 av. J.-C. Disciple de Thespis, il inventa l’iambe tétramètre, qui devint propre à la tragédie ; le premier, il introduisit au théâtre les rôles de femmes , fit adopter l’usage des masques par les acteurs, et chercha dans le pathétique l’intérêt du drame. Phrynichus avait composé 9 tragédies, qui sont auj. perdues. Il représenta la Prise de Alilet, qui attendrit vivement les Athéniens, mais qui fit condamner le poète à une amende ; on lui reprocha d’avoir rappelé ainsi le souvenir d’un événement regardé par les Athéniens comme un malheur public. 11 aborda encore 1 histoire contemporaine dans une tragédie des Phéniciennes; son
choix était plus heureux, car il retraçait les victoires des Grecs sur les Perses. D — it.
phrynichus, poète comique athénien, florissait vers 434 av J.-C. Aristophane lui reproche d’avoir mis trop souvent en scène des personnages ignobles. Ses ouvrages sont perdus; quelques fragments en ont été recueillis par G. Morel ( Ex veterum comicorum fabulis quæ intègres non eislanl , Paris, 1553), Hertelius ( Vetuslissimorum comicorum sententiæ, Bâle, 1560 1, et Grotius ( Excerpta ex tragœdiis et comœdiis, Paris, 1 626 ).
phrynichus AKUHABius, grammairien grec du ii« siècle, né en Bithynie, avait formé un recueil de tous les mots du dialecte attique , dont il nous est parvenu un abrégé sous ce titre : Eclogæ nominum et verborum atlicorum, Rome, 1517; Augsbourg, 1601 ; Leipzig, 1820, dans lequel il a montré un purisme outré. Des fragments d’un Apparalus rhetoricus sive sophisticus ont été publiés dans la Uibliotheca Coisliniana de Montfaucon : c’est un recueil d’exemples de tous les genres de style. B.
PHRYNIS, poète et musicien grec, né à Mitylène vers 480 av. J.-C., ajouta 2 cordes aux 7 anciennes de la cithare, fut le rival de Timothée , et introduisit dans la musique un mode efféminé.
PHRYXUS. V. Athamas.
PHTHA ou FTA , dieu de l'anc. Egypte, le 2e des trois Khaméfis, et fils de Kneph et de Neith, dont on fait aussi sa femme. C’est le dieu du feu, de la chaleur, de la vie. Les symboles égyptiens le représentent comme un homme trapu, aux jambes contrefaites, à la barbe mal tressée, tenant tantôt le sceptre augurai, tantôt un marteau ; quelquefois il a une tête d’épervier. Les Grecs l’identifièrent avec leur Yulcaiu.
PIITHIE, Phllùa, v. de Thessalie, capitale de la Phthiotide, à l’O., près de Pharsale. Patrie d’Achille.
PHTHIOTIDE, Phthiotis , canton de la Thessalie, au S.-E., capitale Plithie, forma, dans l’âge héroïque de la Grèce, un petit royaume sur lequel régna Achille, et qui comprenait les Maliens et les Enianes. Auj. la Phthiotide forme , avec la Locride et la Phocide, une nomarchie du royaume de Grèce, ch.- 1. Zeitoun.
PHUL, fils de Sardanapale, releva Ninive en partie détruite par Arbacès et Bélésis, et fut le 1er souverain du 2e empire d’Assyrie ou de Ninive, 759-742 av. J.-C. Il imposa à Manahem , roi d’Israël, un tribut de 1,000 talents. C’est le Phua de la Septante.
PLIURNUTUS. V. Cornutus.
PHYLACE, v. de l’anc. Messénie, au S.-E. ; — v. de Thessalie, dans la Phthiotide; patrie de Protésilas et de Laodamie.
PHYLACTÈRES, bandes de parchemin sur lesquelles était écrit le Décalogue, et que les Juifs, surtout les Pharisiens, portaient à leurs bras, ou sur la tête, en forme de couronne.
PHYLARQUE, historien grec, vécut peu de temps après Alexandre le Grand. Il avait écrit, selon Pohbe, une relation de l’expédition de Pyrrhus dans le Péloponèse. Les fragments de Phylarque ont été publiés par J. -F. Lucht, Leipzig, 1836, in-8°, et par A. Brueckner, Breslau, 1839, in-8°. V. Thoms, de Phylarclii vitâ et scriptis, 1833, in-8°.
phylarque (du gree phulè, tribu, et arhè, commandement), chef de tribu dans l’anc. Attique. Il présidait aux assemblées de la tribu, et avait la direction de son trésor et de ses affaires. Dans l’empire grec , on nomma Philarques les chefs des troupes que l’on fournissait aux alliés, ou que les alliés fournissaient à l’Empire.
PIIYLÉ, brg de l’Attique, vers l'O., dans la tribu Ænéide, au S. du mont Parnés.
PHYLIS , fille de Lycurgue, roi de Thrace, devait épouser Démophoon , fils de Thésée , après son retour de Crète. Impatiente de son absence , elle se pendit , et fut changée en amandier.
PHYSCON (Ptolémée). V. Ptolémée VIL
PHYSCUS, nom anc. de Marmorice.
PHYSIOCRATES , nom par lequel on désigne les économistes du xvme siècle qui s’efforcèrent de fonder une nouvelle théorie de la formation des richesses. 11 leur tut donné à la suue de la publication de la Physiocratie par Dupont de Nemours, un des chefs de l'école, qui y exposa et résuma leurs doctrines. Suivant les principes posés par Quesnay, regardé comme leur chef, ils pensaient que la terre seule a une valeur productive de la richesse nationale, et niaient l’augmentation de cette richesse par l’industrie et le commerce. Ses principaux adeptes furent Gournay, qui s’eu sépara sur cuelques points, Mercier de La Rivière, l’abbé Baudeau, et Dupont de Nemours. Bu.