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PHYTALUS, d’Eleusis, donna l’hospitalité à Gérés, qui lui fit présent du figuier. Ses descendants, appelés Phytalides, présidèrent aux purifications.
P1A ( Philippe-Nicolas) , chimiste et pharmacien , né à Paris en 1721 , m. en 1799, servit en Allemagne comme pharmacien de l’armée française , exerça sa profession il Paris pendant 24 ans, et fut administrateur des hôpitaux pendant la Révolution. On lui doit rétablissement des dépôts de secours pour les noyés, espèces de postes médicaux dont la plupart des villes sont auj. pourvues. Il a publi : Description de la boile-entrepôt pour le secours des noyés, Paris, 1776, in-8°.
PIACENT1NI | Denis-Grégoire), archéologue, de l’ordre de S1 Basile, né à Viterbe en 1684, m, en 1754, enseigna le grec à Rome. On a de lui : Epitoine grœcœ palœograpliiæ, Rome, 1735, in-4® • Commentarium grærce pronunliationis, ibid., 1751, in-4°; de Sigillis velerum Grœcorum; de lusculano Ciceronis, 1757, in-4°, Mémoire plein d’érudition.
PIACENZA, nom italien de Plaisance.
PIADA ou P1DRAVA, anc. Epidaure, v. du royaume de G réce ( Argolide ), à 35 kil. N.-E. de Nauplie. Une assemblée y déclara , en 1822 , l’indépendance de la Grèce.
PIALES ( Jean- Jacques), canoniste, né dans le Rouergue en 1720, m. en 1789, avocat au parlement de Paris en 1747, fut 27 ans aveugle. On a de lui : Traité des collations et provisions de bénéfices, 1754, 8 vol. in-12 ; des Provisions de *a cour de Itome , 175S, 2 vol. in-12; de la Dévolution, du dévolul et des vacances de plein-droit, 1757, 3 vol. in-12; de l' Expectative des gradués, 1757, 6 vol. in-12 ; des Commendes et des lléserves, 1758, 3 vol. in-12; des Réparations et constructions des églises, 1762, 4 vol. in-12, etc.
PlAI.I , né en Hongrie de parents chrétiens, fut abandonné dans son enfance sur le champ de bataille de Mohacz, 1526, recueilli par des soldats turcs, élevé dans l’islamisme par ordre de Soliman II, parvint au grade de capitan-pacha en 1555, et, de concert avec la flotte française, prit aux Espagnols Messine, Reggio, et ravagea les îles Baléares. Repoussé devant Malte en 1565, il conduisit ensuite l'expédition contre Chypre, fut disgracié par Sélim II avant la fin de l'entreprise, et mourut peu de temps après à Constantinople. B.
PIANA |la), ch.-l. de cant. (Corse), arr. et à 67 kil. N. -N.-E. d’Ajaccio, bâti en amphithéâtre près du golfe de Porto; 1,229 hab. Blés, granits.
piana, îiot inhabité sur la côte S. -O. de la Sardaigne. On y vient pêcher le thon.
pi ANA-m-GKKCi, v. de Sicile, à 35 kil. S. -O. de Païenne; 8,215 hab., Grecs et Albanais.
PlANUSA, anc. Planasia, île de Toscane, dans la Méditerranée, à 24 kil. S.-O. de l'ile d’Elbe; 10 kil. carrés; habitée par quelques pêcheurs. C'était un lieu d’exil sous les Romains. Agrippa Posthume y fut exilé par Auguste, et y périt par ordre de Tibère, en 14.
P1AR1STES ou pauvres de la mère de dieu, congrégation vouée à l’instruction gratuite dans les écoles pies fondées par Joseph Calasanzio (P. ce nom). Elle fut approuvée en 1616 par le pape Paul V. Les membres en sont surtout répandus en Autriche et en Hongrie.
PI -4SI N A , riv. de Sibérie (Tomsk), affluent de l’océan Glacial arctique; cours de 450 kil.
PlAST, tige de la dynastie polonaise des Piasts , était un paysan de la Cujavie. Elu duc en 842, il apaisa les factions, fit fleurir la justice, le commerce et l’agriculture, conserva, au milieu des grandeurs, la simplicité de ses mœurs premières, et mourut en 861. Il résidait à Gnesne. — Sa postérité régna sur la Pologne jusqu’en 1370; une branche collatérale conserva le duché de Silésie jusqu’en 1675, et une autre la Moravie jusqu’en 1326.
PIASTRE (de l’espagnol piaslra , plaque), monnaie d’argent, valant, en Espagne : 5 fr. 05 c. avant 1772, et, depuis, 5 fr. 43 c. ; — en Toscane, 5 fr. 61 c.; — à Tunis,
1 fr. 39 c.; — en Egypte, 1 fr. 63 c. depuis 1826 En Turquie, la piastre valait 2 fr. avant 1780; le titre en a été depuis altéré et elle ne vaut plus que 0 fr. 27 c. ; il en faut 500 pour une bourse d’argent, 30,000 pour une bourse d’or.
PLAT (Saint), né à Bénévent, accompagna S‘ Denis en Gaule, fit de nombreuses conversions par son éloquence, sa piété et sa charité, et souffrit le martyre à Seclin vers 287. Fête, le 1er octobre.
PIAUHY, riv. du Brésil, naît dans les monts Piauliy, coule au N., donne son nom à une province, qu’elle traverse de TE. à TO par le centre, et se jette dans la l’aranahyba ; cours de 500 kil. — La prov. de Piauhy, au N.-E. du Brésil, entre celles de Maranhao à TO., de Govaz au S.- O. et au S., de Peruambouc et de Ceara à l’Ê., et '
l’Atlantique au N., a 252,375 kil. carrés environ, 970 kil. sur 565, et 150,400 hab. Ch.-l., ’lhérésina. Elle e-.t 1 mitée à l’O. par le Paranahyba, et au S.-E. par la Sierra de Piauhy, d’où coule le Piauhy. Sol peu boisé et fertile; nombreux bétail.
j PJAVE, Plu vis , riv. des Etats autrichiens (Vénétie), prend sa source dans les Alpes Carniques, au N -E. de Cadore, coule au S.-O. par Pieve-di-Cadore et Bellune, tourne au S.-E., traverse les prov. de Trévise et de Venise, et se jette dans l’Adriatique par deux branches à Cortellazzo; cours très-rapide de 225 kit., navigable sur 40. Elle fournit des cailloux de toutes couleurs pour la mosaïque. Dans le royaume d’Italie, sous Napoléon Ier, elle donna son nom à un département; ch.-l., Bellune.
PIAZZA, nom de plusieurs peintres italiens. Calixte Piazza, né à Lodi vers la fin du xve siècle, fut un des meilleurs élèves du Titien ; on cite les fresques qu’il exécuta à Lodi, et des Noces de Cana , à Milan. — Paolo Piazza, né à Castel-Franco en 1557, m. en 1621, élève de1 J. Palma le Jeune, entra dans Tordre des Capucins; on cite de lui une Descente de Croix, à Rome.
piazza , v. de Sicile, prov. et à 31 kil. E.-S.-E. de Caltanisetta; 14,300 hab. Evêché. Industrie agricole.
P1AZZETTA ( Giambattista), peintre, né à Venise en 1682, m. en 1754, s’attacha à la manière des Carraches et du Guerchin. On cite de lui une Décollation de St Jean- Baptiste, à Sl-Antoine de Padoue. Il exécuta des dessins pour la Jérusalem délivrée du Tasse.
PIAZZI (Giuseppe), astronome, né en 1746 à Ponte ( V alteline ) , m. en 1826, entra dans Tordre des Théatins, professa la philosophie à Gênes, les mathématiques à Malte, ces deux sciences au collège des nobles à Ravenne, fut ensuite prédicateur ordinaire à Crémone, lecteur de théologie dogmatique à S^André-della-Valle à Rome, et, en 1780, professeur de mathématiques transcendantes à Palerme. Nommé, en 1791, directeur de l’observatoire de cette ville, qu’il avait fait construire, il découvrit, en
1801, la planète Cérès, dressa jusqu’en 1814 un catalogue de 7,646 étoiles, établit un système métrique uniforme pour la Sicile, eut part en 1812 à la nouvelle division territoriale du pays, fut appelé à Naples en 1817 pour examiner les plans du nouvel observatoire fondé par Murat sur les hauteurs de Capo-di-Monte , et en fut quelque temps directeur. On a de lui , outre une foule de Mémoires envoyés aux Académies dont il était membre ou insérés dans les recueils scientifiques : Délia specola aslronomica de' regj sludj di Palermo, lib. IV, Palerme, 1792, in-fol., avec un 5e livre publié en 1794 ; Sull'orolojio llaliano e l'Europeo, ibid., 1798 ; Délia scoperla del nuovo pianeta Cerere,
1802, in-8° ; Prœripuarum stellarum inerrantium positiones ,
2e édit., 1814 ; Codire metrico Siculo, 1812 ; Lezioni di astronomia, 1817, 2 vol. in-8°; Ragguaglio del Osservatorio di Napoli , 1821, in-4°. , B.
P1BRAC (Gui du Faur de), magistrat et poète, né à Toulouse en 1529, m. en 1584, étudia le droit à Paris, puis à Padoue, sous Alciat. De retour en France, il fut successivement conseiller au parlement de Toulouse, juge-mage, ambassadeur de Charles IX au concile de Trente, 1562, où il défendit les libertés de l’Eglise gallicane, avocat-général au parlement de Paris, 1565, puis conseiller d’Etat, 1570. Trois ans après, il accompagna en Pologne le duc d'Anjou ( depuis Henri III ) ; mais ses efforts furent vains pour lui conserver le trône après sa fuite. Henri , devenu roi de France, nomma Pibrac président à mortier; la reine Marguerite en fit son chancelier, et le duc d’Alençon après elle. Pibrac se fit une réputation extraordinaire par des Quatrains, formant une série de stances morales à la façon de Théognis. Ils parurent pour la première fois en 1574, Paris, in-4°, au nombre de 50 , et furent portés à 126 dans les éditions subséquentes. On les réimprima sans cesse pendant le xviie siècle, et ils furent traduits en plusieurs langues de l’Europe et même de l’Orient. On y remarque la force des pensées et la beauté des maximes; mais leur style suranné fait qu’on ne les lit plus. Le discours que Pibrac prononça en latin au concile de Trente a été traduit eu français par Choquart, Paris, 1562, in-8®. On a encore de Pibrac une apologie de la St-Barthélemy) qui lui fut commandée par la cour, sous le titre de • Ornalissimi cujusdam viri de rebus gallicis... epistula, 1573, in-4°. C. N,
PIC DE LA MIRANDOLE, famille noble d'Italie, feudataire de l’Etat de Modèue, possédait La Mirandole, Concordia et Quarentola. Elle se rendit indépendante à La Mirandole vers 1312, et fut attachée au parti gibelin. Les Autrichiens la dépouillèrent en 1710, à cause de sou alliance avec la France peudaut la guerre de la Succès-
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Eîon d’Espagne, et vendirent ses domaines au duc de Modène. „
PIC DE LA M1RANDOLE (Jean), 3e fils de Jean-François, seigneur de La Miraodole et de Concordia, oe^ en 1463, m. en 1494, s’est rendu célèbre par sa précocité et son savoir. Prodige de mémoire, de travail et d érudition -dès sa plus tendre jeunesse, il était placé, à 10 ans, au .premier rang des orateurs et des poètes. Après avoir étudié le droit canon à Bologne, il parcourut pendant 7 ans les plus célèbres universités de l’Italie et de la France, ■étudia l’Ars 7 naqna de Raymond Lulle, acquit une étonnante facilité d’élocution, et apprit les langues latine, grecque, arabe, hébraïque et chaldéenne. Il voulut même connaître la Cabale. Il se rendit à Rome en 1436, et y publia une liste de 900 propositions De omni re scibili , -e.-à-d. sur tous les objets des sciences, qu’il s’engageait à soutenir. Au lieu de se mesurer avec lui , les savants dénoncèrent au pape Innocent VIII treize de ces propositions comme entachées d’hérésie, et les firent condamner. Toute discussion publique lui étant interdite, il alla vivre dans la retraite à Florence, jeta au feu ses poésies de jeunesse, et , renonçant aux lettres et aux sciences profanes, ne s’appliqua plus qu’à l’étude de la religion et de la philosophie platonicienne. On a de lui : Conclusinncs philosoqphicœ, cabalisticce el theologicce, Rome, 1496, in-fol.; ce sont les 900 propositions ; Apologia J. Pici Mirandvli , 1489, défense de celles qui furent censurées ; Disputaliones adversùs aslrologiam divinatricem , Bologne, 1495; Epistolœ, Paris, 1499. Tons ses écrits ont été réunis et publiés à Bologne, 1496, in-fol ; à Venise, 1498, etc. B.
P1CAILLON , anc. monnaie de cuivre du Piémont, valait un peu moins d’un centime.
PICARD (Jean) , illustre astronome, né à La Flèche ■en 1620, m. en 1682 ou 1684, occupa, après Gassendi , la chaire d’astronomie du Collège de France, et fut membre de l’Académie des sciences à sa formation , en 1666. Picard a fait naître la précision dans les méthodes d’observation par des découvertes importantes. Avec Auzout, il a inventé le micromètre, et seul, le niveau à bulle d’air et à lunettes; il a appliqué les lunettes à la mesure des angles, imaginé et mis en pratique avec succès les méthodes de vérification qu’exigent les instruments astronomiques, déterminé la mesure d’un degré du méridien avec une grande exactitude, et attiré le premier l’attention sur le double phénomène de la nulalion et de l’uberration , qui ne fut expliqué que plus tard par Bradley. Il a observé le premier la longueur du pendule simple battant la seconde, et introduit dans la pratique la méthode des hauteurs correspondantes. Pour faire profiter l’astronomie des observations de Tyclio-Brahé, il fit le voyage d’Uranienbourg , 1671, afin de déterminer la latitude et la longitude de cet observatoire ; il ramena Rœmer de ce voyage, et le fit entrer à l’Académie des Sciences. C’est à Picard qu’on doit l’établissement de l’Observatoire de Paris; mais la direction ne lui en fut pas confiée; il se vit préférer Cassini , qu’il avait fait appeler d'Italie. Les ouvrages de Picard sont : Mesure de la terre , 1671, Paris, in-fol.; Voyage d' Uranienbourg , 1680, in-fol.; Observations astronomiques faites en divers endroits du royaume ; Observations astronomiques faites à Bayonne, Bordeaux et Boyan, pendant l'année 1680; la Connaissance des temps, 1679-83, 5 vol.; et, dans les Mémoires de l’Académie : Traité du nivellement , publié par Lahire; La pratique des grands cadrans par le calcul ; Fragments de dioptrique; Expérimenta circà aquas affluenles ; de Mensuris ; de Mensurâ liquidorum et aridorum. V.
picard ( Louis-Benoît), poète comique, né à Paris en 1769, m. en 1828, était fiis d’un avocat au parlement, qui le destinait au barreau; mais entraîné par son goût vers le théâtre, il s'amusa à jouer la comédie bourgeoise, puis, A 20 ans, donna le Badinage dangereux, comédie en 1 acte et en prose, faite avec Fiévée, et jouée avec succès sur le théâtre de Monsieur. Sa réputation commença de se former par quelques ouvrages agréables, mais un peu légers : les Visitandines, opéra-comique, 2 actes, 1792; le Conteur, ou les Deux postes, 3 actes en prose, 1793; le Cousin de tout le monde, 1 acte en prose, 1793; les Conjectures, 3 actes en vers, 1795 ; les Amis de collège, ou l'Homme oisif et l’artisan, 3 actes en vers, 1795. Il tenta la grande comédie dans Médiocre el rampant , ou le Moyen de parvenir , 5 actes en vers, 1797, jouée avec beaucoup de succès. Il revint à ce genre dans l’Entrée dans le monde, 5 actes en vers, 1799; üuliautcours, ou le Contrat d'union, 5 actes en prose, 1801 ; le Mari ambitieux, ou T Homme qui veut faire son chemin, 5 acus eu vers, 1802; mais là n’était pas le talent de Picard , qui manque en général d’élévation et d’élé-
gance ; il s’accommodait beaucoup mieux- de la petite comédie de mœurs, de la peinture des ridicules bourgeois, où il a obtenu de nombreux succès, en crayonnant de jolis tableaux de genre dont les principaux sont : le Collatéral , ou la Diligence de Joigny, 5 actes en prose, 1799; la Petite ville, 4 actes en prose, 1801 ; les Provinciaux à Paris, 4 actes en prose, 1802; M. Musard, ou Comme le temps passe, 1 acte en prose, 1803; l'Acte de naissance,
1 acte en prose, 1804; les Marionnettes, ou un Jeu de la Fortune, 5 actes en prose, 1806 ; les Ricochets, 1 acte en prose, 1807; l’Alcade de Molorido, 5 actes en prose, 1810; les Prometteurs, ou l'Eau bénite de cour, 3 actes en prose, 1812; les Deux Philibert, 3 actes en prose, 1816; les Trois Quartiers, 3 actes en prose, 1827, en société avec M. Mazères, etc. En 1797, Ricard avait embrassé la profession de comédien, qu’il exerça pendant 10 ans avec un talent médiocre. Ayant obtenu , en 1801, le privilège du théâtre Louvois, à Paris, il cumula les triples fonctions de directeur, de comédien et d'auteur, et, pour soutenir son entreprise, produisit beaucoup et vite. Ses amis lui donnèrent alors le surnom exagéré de Petit Molière. Il cessa de jouer la comédie en 1807, et entra à l’Académie Française la même année. En 1804, Napoléon 1er lui avait donné la direction de l'Opéra Bufi’a, et, en 1807, lui confia celle de l’Académie impériale de musique; il quitta ce dernier poste pour prendre, en 1816, la direction du théâtre royal de l’Odéon, dont il fut le principal soutien, et qu’il quitta en 1821. Picard -a composé plus de 80 comédies, dont quelques-unes seulement survivront. Doué d’une facilité prodigieuse, il entend bien la scène, il a de la gaîté, du comique, de l’observation, quelquefois de grandes idées dans le choix d’un sujet, mais il manque souvent de force; son style a du naturel, mais reproduit trop fidèlement le langage commun, lâché et diffus de la conversation. Quant à ses vers, ils sont d’une extrême médiocrité. Malgré ces défauts, Picard occupera toujours un rang très-honorable parmi nos poètes comiques secondaires. 11 a laissé encore quelques romans, œuvres d’un esprit épuisé, et qui sont aujourd’hui tombés dans l’oubli. Picard a donné une lre édition de son Théâtre , avec des préfaces assez piquantes, Paris, 1812, 6 vol. in-8°. Ce recueil ne contient que les ouvrages qu’il ne condamnait pas lui-même à l’oubli; 2e édit., 1821, 10 vol. in-8°, comprenant ses romans. On a publié, sous le titre de Théâtre républicain , un recueil posthume de pièces qu’il avait exclues de ses œuvres, 1832, 2 vol. iu-8°. C. D — Y.
PICARDIE, prov. et grand-gouvernement de l’anc. France; capitale, Amiens; entre l’Artois et le Pas-de- Calais au N., la Manche à l’0., la Normandie au S. -O., l’Ile-de-France au S., et la Champagne à l’E. On la divisait en deux parties : 1° Haute- Picardie , comprenant l’Amiénois, le Santerre, le Vermandois, la Thiérache, le Laonttais, le Soissonnais, le Noyonnais, le Valois, et le Beauvaisis ; 2° Basse-Picardie , comprenant le Pays reconquis, le Boulonnais, le Ponthieu, et le Vimeux. — Ce pays était habité, du temps de César, par les Morini, les A mbianit les Veromandui, les Bellovaci, les Suessiones; sous Honorius, on le comprit dans la Belgique IIe. De la domination romaine il passa sous celle des Franks, dont le chef, Clodion, résida à Amiens; il fut compris dans le royaume de Neustrie. Après Charlemagne, il y eut des comtes de Ponthieu, d’Amiens, de Vermandois, de Boulogne, deSoissons, de Valois, etc., qui tous relevaient du comte de Flandre. Le nom de Picardie, employé pour désigner la réunion de ces petites souverainetés , ne paraît pas remonter au-delà du xme siècle : on le fait dériver, soit du latin Picardus, soldat armé de la pique, parce que les habitants de ces contrées étaient habiles dans le maniement de cette arme, soit du vieux mot français Picard, signifiant turbulent, querelleur. La Picardie fut conquise par les Anglais au temps de Philippe VI de Valois et sous Charles VI; Charles VII la leur enleva, puis l’engagea au duc de Bourgogne. Elle ne fut définitivement réunie à la couronne que par Louis XI, en 1463. Lors de la division de la France en départements, elle forma celui de la Somme, et quelques parties de ceux du Pas-de-Calais, de l’Aisne, et de l'Oise.
P1CART (Etienne),diUe Romain, parce qu’il séjourna longtemps à Rome, graveur, né à Paris en 1631, m à Amsterdam en 1721, travailla à la grande collection d’estampes connue sous le nom de Cabinet du roi. Ses œuvres, où l’eau-forte domine trop, ont un aspect un peu dur.
ricart (Bernard), fils du précédent, né à Paris en 1603, m. en 1733, acquit de bonne heure une grande réputation comme graveur au burin et à la pointe, et comme dessinateur, mais la compromit en travaillant avec trop de ra-
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pidité pour les libraires d’Amsterdam. Il a composé plus de 1,300 planches: on distingue: le Massacre des Innocents, d’après son propre dessin ; une suite d' Epithalnmes, en 12 planches; le Temps découvrant la Vérité ; les Bergers d’Arcadie, d'après le Poussin ; les portraits de Roger de Piles, du prince Eugène, et du duc d'Orléans, régent ; les planches du traité des Cérémonies religieuses de toutes les nations, rédigé par J. -F. Bernard et Bruzen de La Martinière. B.
PICAU VILLE, brg (Manche J, arr. et à 18 kil. S.-E. de Valognes, près de la Douve; 725 hab.
P1CC1N1. V. PlCCINNI.
P1CCININO (Nicolas), fameux condottiere, né à Pérouse, s’attacha dans sa jeunesse à Braccio de Montone, servit ensuite les Florentins, puis Philippe-Marie Visconti, duc de Milan, remporta des avantages signalés sur le comte d’Urbin, Carmagnola et' Fr. Sforza, fut battu à Anghiari par les Florentins en 1440, s’empara du Brescian et du Bergamasque en 1441, reçut la souveraineté de Bologne, et mourut en 1444.
PicctNiNO (Jacques), fils du précédent , lui succéda dans le commandement des troupes milanaises, passa en 1450 au service de Venise contre Fr. Sforza, fut congédié après quelques revers en 1454, forma une bande d'aventuriers avec laquelle il enleva quelques territoires à la république de Sienne, fut appelé dans le royaume de Naples par Jean d’Anjou, qu’il trahit bientôt pour Ferdinand d’Aragon, et fut étranglé par ordre de ce dernier en 1465.
PlCCINNI (Nicolo), célèbre compositeur de musique, né ii Bari en 1728, m. à Passy en 1800, étudia à Naples sous Léo et Durante. Il avait écrit déjà 130 partitions pour les théâtres de Naples et de Rome, lorsque la reine Marie-Antoinette l’appela à Paris en 1776. Il eut Gluck pour rival, et le public se partagea en Gluckistes et Piccinnistes. Gliick céda la place, mais Piecinni trouva un nouvel adversaire dans Sacchini. La Révolution priva Piecinni de la place de directeur de l’Ecole de musique, qu’il occupait dépuis 1782, et il retourna en Italie, 1791. Le Directoire le rappela, en 1799, et lui fit une pension. Les plus beaux opéras français dont Piecinni composa la musique sont: Roland , 1778; Atijs, 1780; Didon, 1783; ses pièces italiennes, Zénobie , 1756, Alexandre aux Indes, 1758, la Cecchina , 1760, VOlimpiade , n’ont pas moins de mérite. Piecinni a une grande élégance de formes, des mélodies touchantes, larges et pures, un style clair, abondant et facile, mais qui manque quelquefois de force et de couleur. V. Ginguené , Notice sur la vie et les ouvrages de Piccinni, Paris, 1801, in-8°. B.
PICCULOM1NI (Les), famille noble de Sienne. Ils se firent admettre en 1458 dans l’ordre du peuple , et gouvernèrent la république , après les Pétrucci . de 1538 à 1541.
piccolomini (Alexandre), archevêque de Patras et coadjuteur de celui de Sienne, né à Sienne en 1508, m. en 1578, était habile en philosophie, en mathématiques, en physique, en poésie et en jurisprudence. Il passe pour s’être servi le premier de sa langue naturelle en écrivant des ouvrages de philosophie. On a de lui , entre autres écrits : Délia sfera del mondo , 1540 , in-4°, trad. en français par Goupil, 1580, in-8°; Instituzioni morali, Venise, 1560; la liafaella, o délia creanza delle donne, Milan, 1558, in-8°, ouvrage licencieux qu’il condamna lui-même, et qui fut traduit en français sous le titre il' Instructions aux jeunes dames en forme de dialogues, Lyon, in-16, sans date. C. N.
piccolomini ( Alphonse ) , dnc de Montemarciano , fameux chef de condottieri au xvie siècle, fut excommunié par Grégoire XIII pour ses brigandages , rassembla tous les bandits de la Rornagne et des Etats voisins , et ravagea le domaine de l’Eglise. Repoussé par les troupes du pape, il se réfugia sur les terres de Florence , d’où il s’élança de nouveau sur la Rornagne , battit l’armée du Saint-Père , et força le pape à l’amnistier lui-même, 1582. Il alla ensuite en France, où il servit huit ans, et finit par être pendu, à son retour en Italie, après avoir été défait par le grandduc de Toscane, en 1591. C. N.
piccolomini ( Octave) , un des généraux de l’armée impériale dans la guerre de Trente- Ans, né à Sienne en 1599, m. à Vienne en 1656, fit ses premières campagnes en Italie dans les troupes espagnoles, se distingua en Allemagne à la bataille de Lutzen, 1632 , commanda une aile à celle de Nordlingen , 1634, arrêta, l’année suivante, l’invasion des Français dans les Pays-Bas, fut rappelé ensuite par l’Empereur, nommé feld-maréchal,et chargé de repousser les Suédois qui faisaient de nouveaux progrès sur les terres de l’Empire. Il y réussit un moment ; mais l’Autriche ayant été contrainte d’accepter la paix , il alla , en qualité de commissaire de l’Empereur, au congrès de
Nuremberg , fut élevé , après cette mission , au ran" de prince de l’Empire, et reçut le duché d’Amalfi. C. N.
piccolomini ( Ænéas-Sylvius). V. pie ii.
PICCOLOMINI I Archange) , médecin , né en 1526 à Fer rare, m. vers la fin du xvi» siècle, exerça son art à Rome, et y ouvrit des cours publies. On a de lui : Anatomicœ prælecliones , Rome, 1586, in-fol. , réimprimé sous le titre d ’Anatome integra révisa, Vérone, 1754, in-fol., livre où il décrit l’un des premiers le tissu cellulaire. C. N.'
P1CENTINS, Picentini, peuple Sabellien, habitaient , entre la Campanie et la Lucanie, la côte du golfe de Posidonia ou de Pæstum, depuis Surrentum jusqu'à l’embouchure du Silarus; aujourd’hui le N. -O. de la Province de Saler ne. Leurs villes étaient : Picentia, Surrentum, Salernum, Nola et Nuceria. C. P.
P1CENU.VI, anc. contrée de l’Italie cen'rale , entre l’Apennin à l’O., l’Adriatique à l’E., TŒsis an N., et le Matrinus (i ino) au S. 11 était placé ainsi entr ■ l’Umbrie, la Sabine, le pays des Vest ns et des Marses. Plus fertile en fruits qu’en céréales, il produisait surtout < e- olives, du vin, des poires. Il correspond aux provinces suivantes du royaume d’Italie : Ancône, Macerata, Ascoli, et au Nord de la province de Teramo. Les Picéuiens étaient un peuple d'origine sabe'lierne , conduit sur cette côte , à la suite d’un printemps sacre , par un pic-vert j d’où vient au pays le nom de Picenum. Ils restèrent en dehors des guerres italiennes , et étaient an nombre de 300,000 quand Rome les assujettit, 290 av. J.-C. Le pays était divisé en 3 parties : Ager Picentinus , au N. , entre l’Œsis et le Truentus ; Ager Prætutianus , au centre, entre le Truentus et le Vomanus; Ager Adrianus , au S., entre le Vomanus et le Matrinus. Les villes principales étaient : Ancône, Firmum , Castrum Novum, Hadria , ces trois dernières colonisées par les Romains pour maintenir le pays ; Asculum , Cupra Maritima , Truentnm , Interamnia. Sous Auguste, le Picénum fut compris avec l’Ombrie dans la 5e région de l’Italie : puis, réuni à l’Ombrie et à la Toscane , il forma un des quatre consulariats entre lesquels l’Italie proprement dite fut divisée par Adrien. Enfin, au ive siècle , nous trouvons le Picenum Suburbicarium , capitale Spolète, comprenant l’O. de l’anc. Picénum et le S.- O. de rümbrie; et la province de Picenum-et-I'laminie , capitale Ravenne. composée des côtes de l’anc. Picénum , de l’Ombrie, et de la Cisalpine jusqu’au Pô vers le M. et jusqu’à Modène à l’O. C. P.
PICHAT ( Michel) , poète tragique, né à Vienne (Isère) en 1790, m. en 1828, est auteur de deux tragédies remarquables par l’éclat du style et l’élévation des sentiments : Léonidas , en 5 actes , jouée en 1825, et Guillaume Tell, en 5 actes aussi, représentée en 1830. Pichat avait lu . dès 1819 , au Théâtre - Français , une tragédie de Turnus , qu’il retira, et qu’il n’a pas publiée.
P1CHDADIENS , la première dynastie persane, plutôt fabuleuse qu’historique, fondée par Caioumors. Ce nom ne leur fut donné qu’à partir du 2e monarque de cette race, Ilouchenk , surnommé Pichdad ou le Juste. Cette dynastie, qui semble résumer les temps qui ont précédé Zoroastre , présente , dans un espace de 1259 ans , une suite de 10 princes : Caioumors, Houehenk, Thamourasp, Djemchid, Dhohac, Féridoun, Manoutcheher, Nouder, Zab , Kurehasp. Plusieurs d’entre eux se sont distinguéspar leurs exploits militaires, d’autres par la douceur et la justice de leur administration. La fin de cette dynastie s’est illustrée par les exploits du fameux héros Zâl , père de Roustem , l’Hercule persan. Elle fut remplacée, vers 733 av. J.-C. , par la dynastie des Kaïaniens ou Aeliéménides. D.
PICHEGRU (Charles) , né en 1761 à Arbois (Jura) r m. en 1804, étudia chez les Minimes de sa ville natale, montra beaucoup de dispositions pour les mathématiques, et, à l’âge de 18 ans, fut envoyé comme maître de quartier répétiteur au collège de Brienne. I! y eut pour disciple le jeune Napoléon Bonaparte. Mais bientôt, quittant le professorat, il s’engagea dans le 1er régiment d’artillerie , où il devint promptement sous- officier. Il servit dans les guerres d’Amérique , et allait passer officier lorsque la Révolution éclata. Il en adopta les principes, et bientôt on le vit, à la tête du mouvement, présider le club démocratique à Besançon , et partir pour l’armée du Rhin avec un bataillon de volontaires du Gard, qui le choisit pour son commandant. Il fut employé à l’état-major de cette armée en 1792 , gagna promptement les grades de général debrigade et de général de division, et, en octobre 1793, devint général en chef de cette même armée , où il imagina une guerre de tirailleurs et d’attaques partielles multipliées, pour opposer avec succès ses troupe.» "ans instruo-
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tiùn et sans expérience , aux armées expérimentées et bonnes tacticiennes de l’ennemi. Il obtint ainsi de rapides succès, et sa réputation lui fit donner, en 1794, le commandement de l’armée du Nord , alors battue et démoralisée, et où il ne se montra pas moins habile; il battit l’ennemi à Cassel, Courtrai, Menin, Hooglède, soumit Bruges, Gand, Anvers, Bois-le-Duc, Venioo, Nimègue , franchit le Walial sur la glace , conquit la Hollande, et entra dans Amsterdam, 1795. Partout, pendant cette conquête , il montra le plus grand désintéressement. 11 fut ensuite envoyé à l’armée du Rhin, mais prêta l’oreille aux offres du prince de Condé , qui lui promettait un million comptant, 200,000 fr. de rente, le duché d’Arbois, le château de Chambord, et le gouvernement de l’Alsace. Il laissa les troupes autrichiennes remporter quelques avantages. Sa coiîduite éveilla les soupçons du Directoire , qui le remplaça par Moreau , 1796. Rentré dans la vie privée, Pichegru parvint à se faire élire membre du conseil des Cinq-Cents, 1797, en fut nommé président, et devint l’âme du parti contre-révolutionnaire. Proscrit avec ses amis au 18 fructidor, relégué dans les déserts de Sinnamari , il s’évada, et se rendit à Londres, passa de là en Allemagne , où il travailla à la ruine de la République. De retour à Londres, où il devint l'agent des princes de la maison de Bourbon, il se lia avec George Cadoudal, -e fit chef d’une conspiration, dont le but était l’assassinat du 1er consul Bonaparte, vint secrètement à Paris en 1804 avec George, fut livré à la police par la perfidie d’un ami, et s’étrangla dans la prison du Temple. La Restauration lui éleva une statue en bronze à Besançon , qu’à la révolution de 1830 le peuple mit en morceaux.
PICMINCHA, volcan de l’Amérique du S., dans la république de l’Equateur, au S.-E., prov. et à 11 kil. O. de Quito, par 0’ 11” lat. S. et 81° 12’ long. O.; 4,854 mèt. de hauteur. Il a eu de terribles éruptions en 1535, 1577, 1660, 1690. On donnait autrefois sou nom à la province de l’Équateur (ch.-l. Quito).
PICHLER (Caroline, née De Greiner), romancière allemande, née à Vienne en 1769, m. en 1843, eut beaucoup de célébrité avant l’avénement de l’école romantique. Ses romans se distinguent par la sagesse des conceptions, et une tendance toujours morale. Elle a écrit des romans de moeurs, et, après les succès de Walter Scott, des romans à sujets historiques. Ses meilleurs sont : Agathoclès , sujet de sainteté; les Comtes de Hohenberg, le Siège de Vienne, les Suédois à Prague, la Délivrance de Bude , Frédéric-le-Belliqueur, Elisabeth de Gutlcnstein, etc. Elle a laissé des Mémoires, espèce de galerie de ses contemporains depuis 1769 jusqu’à 1837.
PICO, une des îles Açores, au centre, à 80 kil. de Ternate, à l'O.-N.-O. de San-Miguel, par 38° 27’ 58” lat. N. et 30» 45’ 14” long. O.; 40 kil. sur 16; 27,000 hab. Ch.-l., Villa-di-Laguna. Sol volcanique, généralement stérile. Vins dits de Malvoisie.
PICOT (l’abbé Michel-Pierre- Joseph) , né en 1770 à Neuville-aux Bois (Loiret) , m. en 1841, rédigea avec M. de Boulogne, de 1810 à 1311, les Mélanges de philosophie, d’histoire, de morale et de littérature, 9 vol. in-8°, et fonda, en 1814, le journal l’Ami de la Religion, dont il fut le rédacteur principal jusqu’en 1840. Collaborateur de la Biographe universelle de Michaud, à laquelle il a fourni de très-bons articles sur les auteurs ecclésiastiques, il publia encore, sous le voile de l’anonyme : Mémoires pour servir d l'histoire ecclésiastique pendant le XVIIIe siècle, 1814 et 1854; Essai historique sur l'influence de la religion en France pendant le XVIIIe siècle, 1824, 2 vol. iu-8°; Notice sur l’abbc Emery, 1811; — sur l'abbé Legris-Duval, 1819.
P1CPUS, ane. vge à l’E. de Paris, joint au faub. S‘-Antoine depuis 1786. Des religieux du tiers-ordre de S'-François s’y établirent en 1601, et formèrent la congre galion de Picjius, supprimée en 1790, mais rétablie depuis.
PICqUIGÈY, ch.-l. de cant. (Somme), arr. et à 15 kil. N. -O. d’Amiens, sur le chemin de fer d’Amiens à Boulogne, et sur la Somme; 1,316 hab. Couim. de chanvre et de tourbe. Vieux château. Jadis on y battait monnaie. Guillaume Longue-Epée, duc de Normandie , y fut assassiné en 942, par Arnoul , comte de Flandre. Louis XI et Edouard IV d’Angleterre y signèrent, le 29 août 1475, un traité par lequel le premier promettait au second une pension annuelle de 50,000 éeus, 75,000 écus comptant, 50,000 écus pour la liberté de Marguerite d’Anjou ; le dauphin Charles devait épouser la fille aînée du roi d’Angleterre, quand ces enfants seraient nubiles; une trêve marchande était conclue entre la France et l’Angleterre.
PIC1AV1 ou PICIONES, peuple de la Gaule, compris d’abord dans la Celtique, puis daus l’Aquitaine ne ; ch.-l.
Limonum ou Pictavi (auj. Poitiers). Ils habitaient le pays qui reçut ensuite, et par corruption, le nom de Poitou.
PIC LES. Picti (en gaélique Pictioch, voleurs), peuple de l’anc. Calédonie, divisé en 2 grandes tribus, les Dicalédons, au N. des monts Grampians, et les Vecturiens au S. Les Pietés résistèrent à tous les efforts des Romains, qui bâtirent. pour empêcher leurs incursions en Bretagne, les murailles dites d'Adrien et de Septime-Sévère. Ils furent exterminés au ixe siècle, dans un combat près de Stirling, par Kenneth II, roi des Scots. Ils occupaient les comtés actuels d’Aberdeen. Banff, Elgin, Inverness, Perth, Forfar, et Fife.
PICTET (Benoît), théologien protestant, né à Genève en 1655, m. en 1724, fut pasteur et professeur dans sa ville natale, et membre de l’Académie de Berlin. On a de lui : Traité contre T indifférence des religions, Neufchâtel , 1661,in-12; Tlieologia christiana, Genève, 1676,2 vol. in-8°, trad. en français par l’auteur, Amst., 1701, 2 vol. in-4°, et avec un 3e vol., Genève, 1708; Histoire de l'Eglise et du monde, ibid. , 1712, in-4»; Annales des xne et xiile siècles , etc.
pictet (Marc-Auguste), naturaliste, né à Genève en 1752, m. en 1825, était le disciple et l’ami de Saussure, qu'il remplaça en 1786 comme professeur à l’université de Genève. Il devint correspondant de l’Institut de France, membre de la Société royale de Londres, etc. En 1798, il prit part aux négociations relatives à l’annexion de Genève à la France, fut ensuite membre du conseil des Quinze, et, en 1802, membre du tribunat, vota pour le consulat à vie de Napoléon Ier, et fut nommé par celui-ci, en 1807, inspecteur- général de l’Université. Il avait fondé en 1796, en commun avec son frère Charles, la Bibliothèque britannique , portant, depuis 1816, le titre de Bibliothèque universelle de Genève. 11 a laissé un grand nombre de dissertations sur des matières de physique et de mathématiques. ‘ E. S.
PICTET de ROCHEMONT ( Charles ), frère du précédent, né à Cenève en 1755, m. en 1824, entra à 20 ans au service de la France, y resta 10 années, fut chargé en 1789 d’organiser les milices genevoises, et, en 1792, de défendre la ville contre Montesquieu ; renonça aux emplois quand Genève fut soumise à la France, et partagea son temps entre l’agriculture et les lettres. Il ne sortit de sa retraite qu’en 1814, pour soutenir l’indépendance de sa patrie auprès des alliés à Paris et à Vienne. On a de lui : Tableau de la situation actuelle des Etats-Unis d’ Amérique, 1795- 96,2 vol. in-8° ; Traité des assolements, 1801, in-8°; Cours d’agriculture anglaise, 1810, 10 vol. in-8°, etc. 11 rédigea aussi le Journal d’agriculture , et créa avec son frère la Bibliothèque britannique.
PICTONES. V. Pictavi.
PICTORIUS. V. Pittorio.
PICTOU, v. de l'Amérique anglaise (Nouv. -Ecosse), à 176 kil. N.-E. d’Halifax, à l’embouchure de la West-River; 2,000 hab. Collège, avec bibliothèque et collections scientifiques. Export, du bois.
P1CUMNUS, dieu de l’anc. Italie, fils de Jupiter, avait inventé l’art de fumer les terres. Il était particulièrement honoré chez les Etrusques, et présidait aux augures, à la tutelle des enfants, et aux mariages.
PICUS, fils de Saturne, et roi des Aborigènes en Italie, aima Canente, fille de Janus, en eut Faunus, et fut changé en pic-vert {picus ) par Circé, qu’il avait dédaignée.
PIDAVRA. V. Piada.
PIDOUX (Jean ), médecin de Henri III, de Henri IV, et de Louis de Gonzague, duc de Nevers, né à Paris au milieu du xvie siècle, m. en 1610, fut doyen de la Faculté de Poitiers. Il a découvert les eaux de Pougues (Nivernais), et introduit l’usage des douches en France.
PIDPAY. V. Pilpay.
PIE Ier (Saint), pape de 142 à 157, successeur de S1 Hygin, était né à Aquilée. Il combattit les hérésies de Valentin et de Marcion. On a de lui quelques Lettres.
pie il (Æneas-Sylvius piccolomini ) , né en 1405 à Corsignano près de Sienne , qui prit depuis son nom ( Pienza), pape de 1459 à 1464, fut d’abord chargé de diverses missions par le concile de Bâle, dont il avait alors les opinions ( V . Eugène IV), et par l’empereur Frédéric III, dont il fut quelque temps secrétaire. Cardinal en 1456, puis pape, il poursuivit avec ardeur un double but : 1° la ruine de ces doctrines hostiles au Saint-Siège, qu il avait autrefois partagées, et qu’il rétracta solennellement en 1463 : en 1460, il publia la bulle Ejecrabilis contre les appels au futur concile; en 1461, il obtint de Louis XI l'abolition de la Pragmatique de Bourges, qui toutefois, soutenue par le parlement et l’Université, cou-
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tinua d’être exécutée; 2° l’organisation d’une croisade cou re les Turcs : il venait de former une ligue avec Ma thias Corvin, Venise et Scanderbeg, 1463; lui-même allait partir pour la Grèce avec les croisés, lorsqu’il mourut à Ancône. Il a laissé, entre autres ouvrages : une Description i/e feint de l'Allemagne ; une Histoire de l'Empire sous Frédéric III; des Lettres, des Harangues. Ses Œuvres ont été recueillies en un vol. in-fol., Bâle, 1571. Ses OEuvres historiques et géographiques ont paru séparément, Helrnstædt, 1699, et Leipzig, 1707, 3 vol. in-4° ; ses Harangues, Lucques, 1755-59, 4 vol. in-4° ; ses Lettres, Nuremberg, 1481 ; un roman d 'Euryale cl Lucrèce , trad. en français par J. Millet et Octavien de Saint-Gelais. On le croit auteur des Mémoires sur sa vie, publiés par J. Gobellini, sou secrétaire, Rome, 1584, in-4°, et Francfort, 1614, in-fol. M. Verdière a publié un Essai sur Æneas-Sylvius Piccolomini, Paris, 1843, in 8°. R.
pie m (François Todeschini), né à Sienne d’une sœur de l’ie II , ne fut pape que 27 jours , en 1503 , entre Alexandre VI et Jules II.
pie iv (J. -Ange Medici), pape de 1559 à 1565, n’appartenait pas à l’illustre maison de Médicis : né à Milan d’une famille obscure, il était frère du capitaine que ; Charles-Qumt fit marquis de Marignan. L’exécution des j Car a fia, neveux de Paul IV, 1561 (V. Caraffa), la réouverture et la fin, 1562-63, du concile de Trente, suspendu depuis dix ans, et dont il confirma les décrets, j Rome fortifiée contre les descentes des Turcs , la création de l’imprimerie du Vatican, tels sont les principaux faits de son règne. R.
pie v (Saint) ou Michel Gliislieri, né d’une famille obscure à Rosco près d'Alexandrie, en 1504, pape de 1566 à 1572, entra à 14 ans dans un couvent de Dominicains, et exerçait les fonctions d’inquisiteur-général, quand il fut élu pape. Un caractère rigide, une piété qui allait jusqu’à l’extase, un zèle religieux qui faisait disparaître à ses j eux i tous les intérêts purement humains, lui donnèrent, avec ! la volonté ferme de fortifier la discipline du clergé, celle d’arrêter, par des mesures sévères au besoin , les progrès J de l'hérésie. Défenseur de la religion contre les protes- ; tants, il en livva plusieurs à l’Inquisition romaine, et soutint le parti catholique dans toute l'Europe, les Guises j en France, Marie Stuart en Ecosse, Philippe II aux Pays- Bas. Défenseur de la chrétienté contre les Turcs, il s’unit contre eux avec l'Espagne et Venise, et contribua à la victoire de Lépante, 1571. Défenseur de la juridiction et des immunités de l’Eglise, il fit, en la publiant de nouveau, des additions à ia bulle In Coena Dommi ( V . BullesI. I Pie V a été canonisé en 1712 par Clément XI. On a de lui des Lettres, Anvers, 1640, in-4°. M. de Falloux a écrit son Histoire, Paris, 1858, 3e édit., 2 vol. in- 12. 1t.
pie vi (Jean-Ange Braschi), né à Césène en 1717, pape de 1775 à 1799, eut un pontificat très-agité. Eu même temps qu’il améliorait l’administration et augmentait le bien-être dans ses Etats, où il entreprit, entre autres travaux, le dessèchement des Marais Pontins, il eut à résister de tous côtés et sans cesse à des attaques violentes contre les immunités et l'ancienne discipline de l’Egli-e, contre la puissance spirituelle et temporelle du Saint-Siège. La lutte éclata successivement avec la cour de Naples, 1775, avec le duc Léopold de Toscane , 1775, avec son frère l’empereur Joseph II, 1780, et surtout avec l’Assemblée constituante de France, 1789-90; et, outre la confiscation partielle ou totale des biens du clergé, la cause principale fut l'organisation nouvelle donnée par eux à 1 Eglise au mépris de sa suprématie pontificale , presque entièrement méconnue ( V . ces noms et Constitution civile du Clergé ). Naples se réconcilia avec le Saint-Siège en 1789; 1 Empire et la Toscane, quand Léopold eut succédé comme empereur à son frère, 1790. Mais, en disposant les nouveaux gouvernements de la France à voir un ennemi dans le pape, qui, sans se joindre à ses ennemis coalisés, se prononçait cependant contre elle, ce désaccord finit par amener dans les Etats de l’Eglise les armes victorieuses de Bonaparte, alors général du Directoire ; et Fie VI, au traité de Tolentino, 1797, fut forcé d'abandonner à la France Avignon et le Comtat Venaissin , réduits en département dès 1790, les légations de terrare, de Bologne et de Ravenne ou Romagne, qui furent jointes à la République Cisalpine, le droit de garnison dans Ancône, enfin de donner 30 millions de fr., et beaucoup d’objets d’art. Le meurtre du général Duphot, attaché à l’ambassade de France à Rome, tué par les troupes pontificales chargées de réprimer un mouvement révolutionnaire que les Français excitaient peut-être et soutenaient (déc. 1797 |, produisit une nouvelle rupture, l’établissement de la République ro-
maine par le général Berthier ( févr. 1798), et la captivité du pape, qui, transporté successivement à Sienne, a Florence, à Grenoble, à Valence, succomba à ses maux dans cette dernière ville. R.
fie vit | Barnabé-Louis Chiaramonte ), né d'une famille noble, à Césène, en 1742, pape de 1800 à 1823, fut moine bénédictin, évêque de Tivoli , puis d’Imola, et cardinal en 1785. Elu pape dans un conclave tenu à Venise, il revint aussitôt à Rome, délivrée dès 1799 des troupes françaises et de la république qu’elles y avaient importée. Il signa en 1801 le Concordat ( V. ce mot), par lequel Bonaparte, Ie' consul , rétablissait le culte catholique en France, et, en 1804, il vint à Paris sacrer le nouvel empereur, devenu Napoléon Ier; mais des dissentiments s’élevèrent bientôt entre eux. Napoléon demanda, comme «empereur de Rome », qu’on expulsât de l’Etat pontifical les Sardes, les Suédois, les Russes, les Anglais, 1806; Pie VII lépondit « qu’aucun empereur n’avait droit sur Rome », qu’il était « vicaire du Dieu de la concorde », que ce Dieu « lui « prescrivait le devoir de la paix envers tous sans distinc»
« tion », et cette réponse fut le signal des attaques. En 1806, Napoléon enleva au Saint-Siège Bénévent et Ponte- Corvo, qu’il donna àTallej'rand et à Bernadotte. En 1808, il fit occuper Rome militairement (2 février), et réunit au royaume d’Italie (2 avril) les légations d’Ancône, d’Urbin, de Macerata, et de Cameiino. En 1809, il dépouilla le pape du reste de son pouvoir temporel, et Rome, d’abord déclarée ville libre et impériale, fut réunie avec son territoire aux départements de la France (17 mai , 9 juin). Enfin , en réponse à la bulle qui l’excommuniait ( 10 juin), il fit (5 juillet 1809) arrêter le pontife , qui , jusqu’en 1811, vécut prisonnier à Savone d’abord, puis à Fontainebleau (juin 1812). C’est dans cette dernière ville que, le 25 janvier 1813, on arracha au vieillard malade l’acceptation d’un Concordat nouveau, où il abdiquait sa souveraineté temporelle , consentait à résider en 1 rance, ne conservait qu’à demi et en apparence le droit d’investiture des évêques. Deux mois après, il rétracta cette funeste acceptation. Lors de l’entrée des alliés en France, 1814, Pie VII retourna dans ses Etats, d’où une invasion de Murat le chassa encore un instant pendant les Cent-Jours,
1815, mais que le traité de Vienne lui rendit presque intégralement, et où il accueillit avec bienveillance les plus proches parents de l’empereur tombé. Le rétablissement des Jésuites, de nouveaux Concordats avec diverses puissances, quelques agitations des bandes restées en armes dans les montagnes ou des sociétés secrètes des Carbonari, furent les derniers événements du règne de Pie VII. V. cardinal Pacca, Mémoires; Beauchamp, Histoire des malheurs et de la captivité de Pie VII , 1814; Cohen, Précis historique sur Pie Vil , in-8°; Artaud de Montor, Vie de Pie VII, 1836, 2 vol. in-8°; 1839, 3 vol. in-12. R.
pie vin (François-Xavier Casliglioni], né en 1761 a Cingoli, près d’Ancône, fut ami et confident de Pie VII, qui le nomma évêque de Montalto en 1800, cardinal en
1816, en le transférant au siège de Césène, puis péniten-
cier-majeur. Il fut pape 20 mois (mars 1829- nov. 1830). Par un bref de 1830, il défendit aux ecclésiastiques ia célébration des mariages mixtes, à moins de garanties complètes sur l’éducation des enfants, tolérant seulement leur présence à la cérémonie, au cas où ces garanties ne seraient pas données. Artaud de Montor a écrit sa Vie, Paris, 1843, in-8°. . R-
pie ix (Ordre de), ordre institué, le 17 juin 1847, par le pape Pie IX, le jour anniversaire de son exaltation. L’insigne, qui se suspend à un ruban bleu liseré de rouge, est une étoile d’or à 8 raj'ons d’azur, portant au milieu le nom de Plus LY, entouré des mots Virtuti et merito . Il emporte noblesse transmissible pour les chevaliers de Ire olass6.
PIED, mesure de longueur chez la plupart des peuples anciens et des peuples modernes, mais de proportions diverses t voici leurs évaluations, en mesures métriques françaises.