‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 311 sur 864 · PIED · texte numérisé non relu

PIED

XVIIe

sur les bestiaux à pied fourchu.

PIEDICORTE-DE-GAGGIO, ch.-l. de cant. (Corse), au pied du Gaggio , arr. et à 22 kil. S.-E. de Corte ; 945 liai). F.lève de bestiaux.

PIEDICUOCE, ch.-l. de cant. (Corse), arr. et à 24 kil. E -N.-E. de Coite; 503 hab. Boisselierie. Ville très industrielle. Granit vert d’Orezza.

PIEDIMON'TE, v. du royaume d’Italie, dans la province et à 3o kil. N. de Caserte; 8,577 hab.

PIEDRAS (Las), cap du pays de la Plata (Buénos- Ayres , dans l’estuaire du Rio de la Plata, au S. et en face de Montevideo.

PIEMONT (c.-à-d. pays au pied des monts), en latin Pedemontium , légion de l’Italie septentrionale, à l’E. des Alpes t ottiennes et Grées, au N. des Alpes Maritimes et des Apennins, à l’O. du Tessin et de la Lombardie, au S. des Alpes Pennines et Lépontiennes , formait, jusqu’en 1859, la port ou la plus considérable des États sardes; 270 kil. sur 200 ; 2,800,000 hab. Capitale, Turin. Il comprend quatre provinces ; Turin, Coni , Alexandrie, et Novare. Le sol , moutueux à l’E. et au S., et arrosé par le Pô supérieur, le Tanaro, la Stura, la Bormida, la Trebbia, les deux Doire, la Sesia, et le Tessin, est fertile en céréales, riz, oranges, figues, vins, huiles, etc. Climat salubre ; chaleur tempérée par le voisinage des montagnes. Exploit, de marbre, granit, fer. Belles forêts d’où I on tire de la térébenthine et de la noix de galle! Tourbières. On élève beaucoup de vers à soie. Industrie florissante : lainages, soieries, étoffes de coton. — Le Piémont correspond à la partie O. de la Gaule Transpadane et à la partie N. de la Ligurie des anciens. A l’établissement du système féodal , il fut possédé d'abord par les marquis de Suze, d’Ivrée, de Montferrat, et de Saluées. Vers la fin du xi® siècle, il passa dans la maison de Savoie : au xnie, Thomas II de Savoie, nommé vicaire de l’Empire, prit le titre de prince du Piémont. Ses deux fils, Thomas III et Amédée V, furent la tige de deux maisons, les princes de Piémont et les comtes de Savoie, dont les domaines ont été réunis par Amédée VIII, en 1418. Au xviii® siècle, le Piémont s’accrut des provinces suivantes, enlevées au duché de Milan : Alexandrie et Valence, la Lomelline, le Val di Sesia, 1703; le Tortonais, 1735; le 1736 , Vigevano, Anghiera, Voghera, Bobl.io, ’174o. 11 fut occupé par les Français en 1796, et forma, lans 1 empire de Napoléon I«, |es départements de la Doire, du Pô, de la Stura, de la Sesia, et de Marengo; il fournit aussi au royaume d’Italie le département de l’AgognpTK lH1T il retourna aux Etats Sardes.

PIE NX A , autrefois Corsignano, v. de Toscane, à 9 kil. S.- O. de Monte-Pulciano; 3,283 hab. Evêché suffragant d Di'fu.'!1;;,- atnfi du Di»Pe Pie 11, dont elle prit le nom.

rlELIDEb , filles de Piérus, roi de Macédoine, au

nombre de neuf, excellaient dans le chant et la poésie. Elles défièrent les Muses, furent vaincues, et métamorphosées en pies. Les Muses sont quelquefois appelés Piérides, soit pour cette victoire, soit à cause de leur séjour sur le mont Piérus.

P1ÉKIE, Pieria, pays de la Grèce, sur la rive O. du golfe Thermaique, entre l’Olympe au S., l’Haliacmon au N. et à IX)., tirait son nom du mont Piérus, consacré, ainsi que le mont Libéthron et la source Pimplia, au culte des Muses par la tribu thraeo-pélasgique des Piériens, et renfermait les villes de Dium , de Pydna et de Méthone. C’est dans cette région , patrie de Musée et d’Orphée, dont on montrait le tombeau près de Dium, que parait être née la première poésie toute religieuse de la Grèce, et s’être formée la mythologie d’Hésiode et d’Homère. Les Piériens portèrent le goût do la poésie et de la musique dans la Grèce centrale, lorsqu’une de leurs tribus envahit la Béotie et fonda sur l’Hélicon une Piérie consacrée aussi au culte des Muses. La Piérie fut conquise par les premiers rois macédoniens, et ses habitants se retirèrent à l’E. du Strymon , au pied du mont Pangée, où l’on retrouve, à l’époque de Xerxès, une nouvelle Piérie, avec les villes de Phagres, de Pergame et de Crénides (plus tard Philippes). — Les Macédoniens, maîtres de la Syrie, avaient donné le nom de Piérie à la partie de ce pays qui s’étend de la rive droite de l’Oronte au fond du golfe d’issus. Séleucie en était la ville principale. C. P.

P1ER1US, montagne de Syrie, dans la Séleucide, faisait partie de la chaîne de l’Amanus.

PIERRE (Saint), Petrus, dit le Prince des apôtres, né à Bethsaide, près du lac de Génésareth , exerçait le métier de pêcheur, lorsque S1 André, dont il était frère, le présenta à Jésus. Il se nommait Simon ; le Sauveur, en l’accueillant, lui donna le nom syro-ehaldaïque de Céplins, qui signifie pierre. Quand Jésus, en 32, choisit ses 12 apôtres, il mit Pierre à leur tête, en lui disant : « Vous êtes Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. « On conjecture que l’apôtre avait prés de 40 ans. Il se trouva au jardin des Olives lorsque les soldats y vinrent arrêter son divin maître, qu’il suivit chez le grand-prêtre Caiphe, en se mêlant à la foule. Là, on lui dit qu’il était un des disciples de Jésus, et, à trois reprises, il renia son maître. Mais bientôt il se repentit amèrement, et sa douleur se renouvela souvent pendant le reste de sa vie. Jésus-Christ, après sa résurrection, apparut à Pierre, et satisfait du repentir qu’il témoigna de son triple renoncement, il lui dit: « Paissez mes agneaux, paissez mes brebis. » Par ces paroles mémorables, Pierre fut établi chef de la hiérarchie sacrée, et vicaire de Jésus-Christ sur la terre. Après la descente du Sl-Esprit sur les apôtres, le jour de la Pentecôte, il commença sa divine mission , prêcha à Jérusalem, avec tant de force, Jésus ressuscité, qu’il convertit en un jour 3,000 personnes. 11 parcourut ensuite l’Asie-Mineure , établit l'église d’Antioche, puis se rendit à Rome, lieu qui lui parut le plus propre à la propagation de la religion chrétienne. Il y arriva en 42, et de cette année date son pontificat. Il fit encore plusieurs voyages en Orient, et à Jérusalem, où il présida le concile de ce nom, eu .52, puis revint à Rome , où il fut enveloppé dans la persécution de Néron contre les chrétiens. Enfermé, pendant

8 mois, dans l’affreuse prison Mamertiue , aujourd’hui convertie en église sous le nom de San-Pietro in cnrcere, on l’en tira pour lui faire subir le martyre avec S< Paul, l’an 65 ou 66. Il demanda d’être crucifié la tête en bas, de peur qu'on ne crût qu'il affectât la gloire de J.-C., et ses bourreaux lui accordèrent cette grâce. Ses reliques sont auj. conservées dans l’église souterraine, dite Confession de St-Pierre, de la magnifique basilique du Vatican, dans l’endroit où, suivant la tradition, le saint martyr avait été enseveli. On a de S1 Pierre deux Epitres adressées aux Juifs convertis. Fête, le 29 juin.

pierre (Saint), évêque d’ Alexandrie, martyr en 311. Il avait composé des Canons pénitentiaux. Quelques Lettres de lui se trouvent dans l’Histoire de Théodoret, liv. iv.

pierre ( Saint), évêque de Sébaste, m. eu 387. Fêle, le

9 janvier.

pierre (Saint), dit Chrysologue (qui parle d’or), né à Imola, archevêque de Ravenne de 433 à 452, s'illustra par son é'oquence. On a de lui 176 Homélies, publiées sous le titre de Sennones aurei, Augsbourg, 1758, in-fol. Fête, le 4 décembre.

pierre (Saint), religieux de l'ordre de S1 Bernard, né en 1100, m. en 1174, fut élevé malgré lui au siège archiépiscopal de Tarentaise. Le pape le choisit pour conciliateur entre Louis Vil de France et Henri II d’Angleterre. Célestin 111 le canonisa, en 1191.

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pierre d’alcantara (Saint), né à Alcantara en 1499, m. en 1562, entra dans l’ordre des Franciscains dés l’àge de 16 ans, et y devint un modèle de pénitence et de mortification. Provincial de son ordre en 1538 et 1542, il établit en 1554 la réforme des Conventuels ou nouveaux Observantins. Il fut béatifié par Grégoire XV en 1622, et canonisé par Clément IX en 1629. Sle Thérèse fait un grand éloge de ses vertus. Il a laissé des traités De l'Oraiton mentale et De la paix de l'âme.

PIERRE NOLA9QUE (Saint). V. NOLASQUE.

pierre ( Denier de Saint). V. denier, pierre de courtenay, comte d’Auxerre et de Nevers, cousin-germain de Philippe-Auguste, fut appelé en 1216 au trône de Constantinople. Trahi par les Vénitiens au siège de Durnzzo, il tomba aux mains de Théodore l’Ange, de la famille des Comnénes, qui le fit mourir, 1219, après 2 années de captivité, durant lesquelles sa femme Yolande avait gardé le pouvoir.

pierre , dit Mauclerc, à cause de ses violences envers le clergé, fils de Robert , comte de Dreux , devint duc de Bretagne en 1213, à titre d’époux d’Alix, fille de Guy de Thouars. Il entra dans la ligue des seigneurs contre Blanche de Castille, mère de Louis IX, et, après avoir été vaincu, dut abandonner la Bretagne à son fils Jean Ier, 1237. Il se croisa en 1240 et en 1247, fut fait prisonnier avec le roi en Egypte, et mourut en revenant en France,

pierre Ie», roi d’Aragon et de Navarre, 1094-1104, fut proclamé roi dans le camp sous Huesca , qu’assiégeait son père Sanche V, prit la ville après avoir défait à Alcaraz une armée envoyée pour la dégager, emporta ensuite Barbastro et quelques villes voisines, et profita de ses succès pour abolir l'humiliante cérémonie du serment que les rois d’Aragon prêtaient tête nue aux pieds du grandjusticier. H.

pierre il , roi d’Aragon , 1196-1213 , fils et successeur d’Alphonse IL Brave et voluptueux, il concourut à la victoire de Tolosa sur les Maures, 1212, et fut tué à la bataille de Muret, 1213, contre Simon de Montfort, dans la guerre des Albigeois , pour lesquels il avait pris parti. Cette défaite devait détacher pour un temps l’Aragon des intérêts du midi de la France. H.

pierre m, le Grand, roi d’Aragon, 1276-1285, fils de Jacques Ier, et d’Yolande, sa 2e femme, poussa l’Aragon dans la voie des conquêtes maritimes ouverte par ses prédécesseurs. 11 prétendit au royaume de Sicile, en vertu de son mariage avec Constance , fille de Manfred, et, cédant aux instigations de Procida, accepta la royauté de l’ile après les Ve'pres siciliennes. 11 fut couronné à Palerme, battit sur mer la flotte de Charles d’Anjou, et fut excommunié par le pape Martin IV, qui donna à Charles de Valois, 2e fils de Philippe le Hardi, l'investiture de l’Aragon. Il sut défendre son royaume contre l’agression de Philippe le Hardi , qui vit sa flotte battue par Roger de Loria , amirante d’Aragon , ses magasins enlevés à Rosas, et qui ne ramena que quelques débris de son armée à Perpignan. Pierre mourut relevé de l’excommunication , mais sans avoir renoncé au royaume de Sicile. H.

pierre iv, le Cérémonieux , roi d’Aragon , 1336-1387, né en 1319, fils et successeur d’Alphonse IV, dépouilla en 1343 Jacques II, roi de Majorque, et travailla à laisser le royaume à ses filles au préjudice de son frère. Retenu prisonnier par une union des Etats , 1348 , il fut délivré par le peuple. Sa flotte, unie à celle de Venise, battit près d’Algheri, 1353, les Génois qui lui disputaient la Sardaigne. Puis il soutint Henri de Transtamarre contre Pierre le Cruel , roi de Castille , se tourna contre lui après la victoire , dans l’espoir d'obtenir quelque pprtion de la Castille , mais dut renoncer à ses prétentions par la paix d’Almazan, 1374. Des démêlés avec son fils, qu’il eut d'un second mariage, et que soutint le grand-juge d'Aragon, troublèrent ses dernières années. 11 traita en 1386 avec les Génois au sujet de la Sardaigne. Il avait, en 1350, substitué dans ses Etats l’ère vulgaire à l’ère de César. Il est aussi le fondateur de l’université d’Huesca. H.

pierriî 1er, roi de Sicile, 1282-85, est le même que Pierre III d’Aragon.

pierre ii, roi de Sicile, 1337 -42, fils et successeur de Frédéric II , avait été associé au trône dés 1321. Il se fit liair par sa cruauté.

pierre, dit le Cruel , roi de Castille, 1350-69, né à Rurgos en 1334, fils et successeur d’Alphonse XI, excita le mécontentement de ses sujets par sa tyrannie , fit tuer en 1351 Eléonore de Guzman , maîtresse de son père, abandonna, le lendemain de ses noces, sa femme Blanche de Bourbon , qui mourut captive en 1361 , et égorgea encor

Jean, son cousin, et Frédéric, son oncle. Henri de Transtamarre, son frère naturel, s’enfuit en France, revint avec Dugueselin et les Grandes-Compagnies, et s’empara de la couronne , 1366. Mais Pierre fut rétabli , l’année suivante , par le Prince Noir et les Anglais, victorieux à Najara. Battu à Montiel, 1369, il fut pris, et tué par Henri dans la tente de Dugueselin. V. J. -A. de Vera Y Zuniga , El rey don Pedro defendido , Madrid, 1648, in-4°; J. Talbot-Dillon , Hislory of lhe reign of Peler itæ Cruel, Londres, 1788, trad. en français, Paris, 1790, 2 vol. in-8°; Mérimée , Histoire de D. Pèdre /er, roi de Castille, Paris, 1848, 1 vol in-8°. Il existe une tragédie de Pierre le Cruel par De Belloy, 1772, et une autre intitulée Don Pèdre, par Voltaire, 1775.

pierre 1er le Justicier ou le Cruel, né en 1320, fut roi de Portugal après son père Alphonse IV, 1357-67. Peutêtre faut-il attribuer en partie au tragique dénoûment de ses amours avec Inez de Castro ( V. ce nom ) la bizarrerie de caractère qui nous le montre tantôt sévère jusqu’à la barbarie, toujours disposé à voir un coupable dans un accusé, inflexible dans ses jugements, fût- ou noble ou prêtre , traînant un bourreau à sa suite, et se chargeant même en personne de l'exécution ; tantôt d'une gaieté folle, et dansant publiquement nuit et jour dans les rues. Au reste, protecteur du peuple contre l’aristocratie, surveillant rigoureux des juges , économe et généreux tout à la fois , il fut regretté , et l’on admira l’ordre et la sécurité dont avait joui le Portugal sous son règne. R.

pierre il, régent, puis roi de Portugal, né en 1648. Dès 1667-68, il enleva à son frère Alphonse VI, tout en lui laissant le titre de roi , la couronne, la liberté et sa femme (Marie de Savoie-Nemours) , dont il fit casser le premier mariage , et qu’il épousa lui-même. Régent tant que vécut Alphonse, 1667-83, il fit avec l’Espagne et la Hollande deux traités importants ( V. Alphonse vi ). Roi de 1683 à 1706, il prit part à la guerre de la Succession d’Espagne : d’abord allié de la France, 1701 , il accéda en 1703 à la grande alliance contre Louis XIV, et soutint l’archiduc Charles. La même année , le traité de Méthuen ( V. ce mot) livrait aux Anglais tout le commerce du Portugal. R.

pierre iii, 2e fils de Jean V, épousa sa nièce Marie B*, et devint ainsi roi de Portugal, 1777-86. F. Marie.

pierre iv, roi de Portugal , le même que Don Pedro ( V. ce mot).

pierre, dit V Allemand, roi de Hongrie, 1038-47, succéda à son oncle Etienne Ier, se rendit odieux par ses cruautés et ses débauches , donna les emplois à des étrangers, fut chassé et remplacé par Aba, beau-père d'Etienne, remonta sur le trône en 1044 avec le secours de l’empereur Henri III, dont il se reconnut vassal, excita une nouvelle révolte, tomba au pouvoir d’André, prince du sang royal, eut les yeux crevés, et fut jeté dans une prison, où il mourut trois jours après.

pierre le Beau ou Calo-Pierre , Valaque de naissance, fonda, avec son frère Azan, le 3e royaume de Bulgarie aux dépens des Grecs , 1186 , fut en relation avec l’empereur Frédéric Ier Barberousse, et périt assassiné , 1197.

pierre Ier le Grand, tzarde Russie, 1682-1725, né à Moscou le 11 juillet 1672, était le 3e fils «l’Alexis Mickailovitch. Après la mort de son frère aîné Fédor 111, 1682, les boiars , qui pensaient gouverner sous son nom , le proclamèrent tzar au préjudice d’Ivan V, son autre frère, et de Sophie, sa sœur; mais une révolte des strélitz, fomentée par Sophie, les obligea de partager le trône entre les trois enfants d'Alexis. Comme Ivan était incapable , et Pierre âgé de 10 ans seulement , Sophie eut tout le pouvoir. Pierre , abandonné aux soins de sa mère , femme peu éclairée, fut entouré d’étrangers corrompus, qui l’occupèrent de plaisirs, et lui parlèrent de la civilisation de l’Europe occidentale en raillant la barbarie des Russes. Ces entretiens sans but sérieux furent des germes jetés dans l’esprit du jeune prince, et comme les bases de ses entreprises futures. 11 commença, dès qu’il eut acquis un peu d'âge , à parler en maître dans le conseil de gouvernement. Sophie comprit que le pouvoir allait lui échapper : afin de ruiner son jeune frère, elle souleva une seconde (ois les strélitz; mais il était trop tard : Pierre avait formé un corps d’infanterie discipliné à l'allemande; il imposa aux strélitz par sa contenance vigoureuse , l’émeute fut étouffée, ses chefs mis à mort, Sophie enfermée dans un monastère, et Galitzin, son favori, envoyé en exil. Ces vengeances effrayèrent Ivan , qui abdiqua de lui-même , et Pierre demeura seul maître de l’Empire , 1689. Il venait d’épouser Endoxie Fédorowna, de la famille I.apoukine. Dès ce moment , il commença l’œuvre de régénération de la Russie

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par la civilisation occidentale. Aidé et dirigé par Lefort | V. ce nom ) , un des compagnons de son enfance , il •continua le développement de la réforme militaire qu’il avait entreprise en créant le corps avec lequel il résista aux strélitz. Cinq ans après, il résolut de se former une marine militaire , alors qu’il ne possédait pas même une chaloupe , fit venir des ingénieurs , des matelots , et des canonniers de la Hollande, et, en 1696, il avait une flotte sur la mer d'Azov. Sentant , en homme de génie , ce qui lui manquait sous le rapport du savoir, impatient de s’instruire et de voir tout ce qui pouvait contribuer à la fortune et à la prospérité de son peuple , il voulut visiter les nations les plus policées de l’Occident, se rendit en Hollande en 1697, se fit inscrire, sous le nom de Peter Miekailof, parmi les ouvriers des chantiers de Saardam, où il apprit la construction des navires , et passa de. là en Angleterre , où il put s’instruire dans les arts mécaniques, et choisir des ingénieurs capables de joindre par un canal le Don et le Volga. Il se disposait à se rendre en Italie, quand il apprit à Vienne la révolte des strélitz, 1698. Il retourna en toute hâte dans ses Etats, fit pendre 2,000 rebelles, décapiter 5,000 autres, et, donnant lui-même l’exemple, contraignit les boiars à servir de bourreaux. Poursuivant en même temps ses plans d’agrandissement, il entra, en 1699, dans la ligue du Danemark et de la Pologne contre la Suède , et fut battu par Charles XII à Narva, 1700. Mais, comme il le disait, les Suédois lui apprenaient à vaincre. En 1702, il les battit plusieurs fois et leur prit la forteresse de Nyensch, près de laquelle, l’année suivante, il fonda Sl-Pétersbourg ( V.cemot). Quand Charles s’engagea imprudemment dans l’Ukraine, il le défit à Poltawa, 1709. La Livonie, l'Esthonie, la Carélie, furent le fruit de cette victoire, 1710. Tournant ensuite ses armes contre les Turcs, qui avaient accueilli Charles XII fugitif, trop confiant dans des promesses d’aide et de secours que lui avait faites un hospodar vainque, il se laissa cerner à Husch , sur le Pruth , avec 30,000 hommes, sans provisions, par 150,000 Turcs, mais échappa à la hontpetanx suites désastreuses d’une défaite, grâce à sa 2e femme Catherine, qui gagna le grand-vizir, 1711. En mémoire de cet événement , il créa pour les femmes l’ordre de Sainte-Catherine, comme il avait fondé, au retour de ses voyages , ceux de Saint-André et de Saint- Alexandre-Newski , destinés à récompenser le mérite civil et militaire. Pierre releva l’honneur de ses armes en enlevant à la Suède la Carélie méridionale, 171.3, et, après une victoire navale, l’archipel d’Aland, 1714. Puis, il songea à aller étudier de nouveau les autres nations de l’Europe. Il vint en France en 1717 ; en visitant le tombeau de Richelieu dans la Sorbonne, il s'écria : <• Grand homme , je t’aurais donné la moitié de mon Empire, pour apprendre de toi à gouverner l’autre. » A la Monnaie, on frappa en sa présence une médaille dont la légende était une allusion aux résultats féconds de ses voyages : Vires acquirit eundo (il acquiert des forces en parcourant le monde b De retour en Russie, 1718, il fit périr son fils aîné Alexis, accusé d’un complot qui tendait à détruire toutes les réformes nouvelles, pour lesquelles il avait d’ailleurs toujours montré beaucoup d’aversion, et sauva, par ce sacrifice impitoyable, l’avenir de son peuple. La paix de Nystadt avec le Suède, 1721, lui garantit ses conquêtes précédentes. Alors le sénat et le clergé décernèrent à Pierre les titres d’empereur, de père de la patrie, et le surnom de grand. Ce fut encore une imitation de l’Europe occidentale, et peut-être par ordre de Pierre lui-même. A la suite d’une guerre contre la Perse, il resta maitre encore du Daghestan , du Schirwan , du Mazendéran , de Derbent et d'Asterabad , 1723. Ce fut là sa dernière entreprise; épuisé de travail et d’excès, il mourut , le 28 janvier 1725, à l’âge de 53 ans. — Pierre Ier fut véritablement un homme de génie, qui, dans l’âge où la raison est ordinairement à peine développée, comprit tout ce qu’il y avait à faire pour sa nation , et entreprit le plus hardi projet qu’uu souverain puisse concevoir. Il lui fallut vaincre tous les genres d’obstacles , et il ne recula devant aucun. Le pouvoir autocratique fut pour lui un instrument indispensable dans une entreprise aussi gigantesque ; il l’avait déjà; il 1 augmenta encore par la suppression du patriarchat de Moscou, 1721, et par l’établissement du Sl-Synode, qui rendit désormais les tzars chefs spirituels de l’Eglise russe. Dans toute sa conduite, l’énergie fut poussée jusqu’à la cruauté, et l’on a dit, non sans raison, qu’il se fit bourreau de ses sujets pour les civiliser. .. C’était, dit Fréaéric IIt de 1 eau-forte qui rongeait du fer, »♦ et, par sa dureté impitoyable, il parvint, selon ses propres expressions, à habiller en hommes son troupeau de bêtes. Il •nre ce phénomène d’un souverain qui, pour introduire

dans sa nation des arts dont elle avait horreur , s’astreignait à les pratiquer lui-même, et qui oublia sou rang pour se faire simple soldat, charpentier, ingénieur, matelot, afin de montrer à tous comment ils devaient faire leur éducation. Dans son armée, il voulut passer par tous les grades, et ne prit un grade supérieur qu’après l’avoir gagné dans une action importante. La guerre ne détourna jamais son attention des travaux utiles de l’administration ; il envoya partout lever des cartes de son vaste empire, fonda l'Académie des sciences de Sl-Pétersbourg , publia un code de lois, réforma la justice, chargea des bourgeois probes et dépendants, et non plus les boiars, de percevoir les impôts, mit le calendrier russe en harmonie avec celui des nations occidentales, frappa de contributions les longues barbes et les robes flottantes qui rappelaient trop l’Asie, encouragea la navigation , le commerce et les manufactures. Cependant, tout en réformant son peuple , Pierre ne put se réformer lui-même : gardant un caractère extrême en tout, i! resta presque barbare dans sa vie privée, et souvent dans sa vie publique : il s’abandonnait â tous les genres d excès , et cédait à des i colères furieuses, qui lui faisaient traiter avec la brutalité la plus outrageante tous ceux qui l’approchaient , même les premiers officiers de son Empire. Il fut mal secondé, et son peuple , qu’il devançait trop pour en être apprécié, n'adopta que forcément ses réformes. Il a fondé la grandeur de la Russie ; son génie préside encore auj. aux destinées de cet Empire par un testament politique qu’on lui attribue généralement (F. Testament politique). — On a de Pierre 1er un Journal de ses campagnes contre la Suède, 1698-1714, imprimé en 1773, 2 vol. in-4°, trad. en français, Londres, 1773, 2 vol. in-8°; 318 Lettres au comte de Schérémétof, 1774; des traductions de divers ouvrages français sur l’architecture, la mécanique, et l’hydraulique, manuscrits conservés à Sl-Pétersbonrg. V. Voltaire, Histoire de Russie sous Pierre le Grand, 1759- 63, 1 vol. in-80; Halem, Vie de Pierre le Grand (en allemand), Munster, 1803-1805, 3 vol. in-8° ; Golikof, les Gestes de Pierre le Grand puisés à des sources authentiques (en russe), Moscou, 1788-97, 12 vol. in-8°; Staehlin, Anecdotes originales de Pierie le Grand, trad. de l’allemand, Strasbourg, 1787 , in-8»; Rousset (sous le nom d’Ivan Neste-Mi ranoyj , Mémoires du règne de Pierre le Grand, Haye 1725, 4 vol. in-12; Rergmaun, Pierre le Grand (en allemand), Kœnigsberg, 1823-30, 6 vol. in-8°; Pierre le Grand connne homme et monarque (en allemand), Kœnigsberg, 182.3; A. Galitzin, La Russie au xvill' siècle, Paris, 1863, in-8», etc. C. D — y et B.

pierre il, tzar de Russie, fils d’Alexis et petit-fils de Pierre le Grand, né en 1715, succéda à Catherine lre en 1727 , et fut enlevé par la petite-vérole en 1730. Sous ce règne , Mentzikoff fut disgracié.

pierre ni, né à Kiel en 1728 de Charles-Frédéric, duc de Holstein-Gottorp , et d’Anne , fille aînée de Pierre le Grand , fut nommé grand-duc par sa tante Elisabeth en 1742 , refusa la couronne de Suède , épousa Catherine d’Anhalt-Zerbst (plus tard Catherine II) , avec laquelle il fut toujours en mauvaise intelligence, et arriva au trône de Russie en 1762. Changeant toute la politique, il fit la paix avec Frédéric II, roi de Prusse, réforma beaucoup d’abus, mais mécontenta les Russes en s’entourant d’étrangers. Après 6 mois de régne, un complot le renversa; Catherine, qui n’y était point étrangère, se fit proclamer impératrice; Pierre 111 fut égorgé, sept jours après, dans sa p»ison. V. Saldern, Histoire de la me de Pierre III , Metz, 1H02, iu-8°; Laveaux, Histoire de Pierre III , etc., Paris, 1798 , .3 vol. in-8o.

pierre ( dean-Baptiste-Marie) , peintre d’histoire, né à Paris en 1714, m en 1789, Méve de Natoire, puis de De Troy , fut premier peintre de roi , sur-inspecteur des Gobelms, directeur de l'Académie de peinture. Sa composition e.it habilement disposée , et son faire large et facile. Parmi ses tableaux, on cite : St Pierre guérissant les boiteux; In Mort d'Ilérode, à Sl-Germain-des-Prés ; St François, à Sl-Sulpice de Paris ; un autre St François, à S1- Louis de Versailles. Il a peint aussi la coupole de la chapelle de la Vierge à S‘-Roeh. Les études de Pierre à Rome , et le cachet qu’elles donnèrent à son style, ont préparé la restauration de l’art commencée par Vieil et accomplie par David pierre d’abano, en latin Petrus Aponensis ou de Apono, médecin et astrologue, né en 1250 à Ahano, près de Padoue, m. en 1315, étudia les langues anciennes et les sciences en Grece et à Paris, et fut appelé à Padoue, où l’on fonda pour lui une chaire de médecine. 11 était trèssavant pour son époque; sa grande réputation lui attira des ennemis ; ses études astrologiques le firent accuser

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deux fois de sorcellerie devant l’Inquisition, mais il mourut avant la fin du procès, et ne fut brûlé qu’en effigie. Parmi ses ouvrages, qui sont obscurs et pleins des idées d'Averroès, ou remarque : Concilialor diflerentiurum philosopliorum et prœcipuè medicorum, Mantoue, 1472, in-fol., et Giessen, 1645, in-4°. D — G.

pierre de Bologne, né vers 1724, m. à Dardenac ( Gironde I en 1792. Il a laissé des Odes sacrées, qui ont mérité d'être comparées à celles de Le Franc de Pompigunn.

pierre de capode , prélat italien , né à Amalfi , m. à Rome en 1209, fut créé cardinal-diacre en 1192 par le pape Célestin J1I , qui l’employa dans des missions à Naples, en Lnmbardie et en Pologne. Ce fut lui qui alla prononcer à Dijon, en 1200, la mise en interdit de la France, à cause de la répudiation d’Ingeburge par Philippe-Auguste. Il accompagna la 4e croisade, 1203-1204, en qualité de légat du Saint-Siège.

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