PIERRE DES VIGNES. V. DES VIGNES
pierre d’eboli , versificateur latin du XIIe siècle, est l’auteur d’un poème intitulé Carmen de motibus Siculis, publié par Engel en 1746. Dans cet ouvrage, dédié en 1195 à l’empereur Henri VI, conquérant de la Sicile, il se montre très -partial contre Tancrède. Il avait écrit, en l’honneur de Frédéric Barberousse, un autre poème auj. perdu, et,- dans les dernières années de sa vie, de 1212 à 1220, il composa, en vers, un petit traité curieux sur les noms et les vertus des bains de Pouzzoles. Une traduction en vers français en a été faite, en 1392, par Richard Eudes, médecin normand; elle existe en manuscrit à la Bibliothèque impériale de Paris. H. B.
pierre l’iiermite, prédicateur de la lre croisade, né, vers le milieu du xie siècle, à Amiens ou près de cette ville, d’une famille noble, m. en 1115, fut d’abord soldat, et aurait pris part, en 1071, à la guerre du coin te-de Boulogne en Flandre; mais sa petite taille, ses difformités physiques, l’auraient rejeté dans la vie de famille. Marié à Anne de Roussi, il en aurait eu plusieurs enfants, et le désespoir de sa mort l’aurait jeté dans la solitude; de là le nom d' lier mite que lui donnent les chroniqueurs. Il sortit de la retraite pour aller visiter la Palestine, 1093. Epouvanté du sort des fidèles et des profanations du S1 Sépulcre, encouragé par une vision céleste à en provoquer la délivrance, il revint en Italie, remit à Urbain II les lettres du patriarche Siméon et des fidèles de Jérusalem, lui dépeignit avec énergie les souffrances des chrétiens, les humiliations de la Terre-Sainte, fut autorisé à prêcher la croisade, et alla à travers la France et l’Allemagne, entraînant partout les peuples avec lui. - Il excita le même enthousiasme au concile de Clermont, 1095, continua ses prédications dans le N. de la France, et accepta inconsidérément la mission de guider en Asie les bandes irrégulières qui l'acclamaient pour chef. Il n’avait aucune des qualités d’un chef d’expédition, ne fit aucun préparatif, partit sans argent, sans vivres, laissa en Hongrie les pèlerins s’abandonner à tous les désordres, en vit exterminer la plus grande partie par Coloman, roi de Hongrie, et par les Bulgares, arriva à Constantinople, fut pressé de passer en Asie par Alexis Comnène , qu’effrayait le brigandage de ces bandes, franchit le Bosphore, laissa massacrer les chrétiens près de Nicée, regagna presque seul Constantinople, et s’y confondit dans les armées régulières qui arrivaient alors. A Antioche, il ne put supporter la famine, et quitta secrètement le camp des Croisés. 1097 ; Tancrède le ramena avec de grands reproches, et exigea de lui le serment de ne plus chercher à fuir. Ce fut Pierre l'Hermite que les Croisés , assiégés dans Antioche . députèrent à Iverbogha pour lui proposer la bataille. A Jérusalem, il adressa un discours aux guerriers réunis sur la montagne des Oliviers. Il revint oublie en Europe, se retira près de Huy, dans le diocèse de Liège, y fonda un monastère, et y mourut. Amiens lui a élevé une statue eu 1854. Le nom de Cucupièlre, que lui a donné Anne Comnène , vient sans doute du capuchon qu’il portait | cucullum g Pierre en capuchon. A. C.