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POLYDORE DE CARAVAGE. V. CARAVAGE

POLYDORE VIRGILE, historien. V. VIRGILE.

POL YEN, Polyœnus, écrivain grec, né en Macédoine, fut avocat à Rome sous le règne de Marc-Aurèle. On a de lui : Stratagèmes, ou Buses de guerre, en 8 1 i v. , publiés par Casaubon, 1589 ; par Maasvicius, Leyde, 1690, in-8° ; par S. Mursinna, Berlin, 1756, in-8»; par Coray, Paris, 1809, in-8°. Il en existe une traduction française par Dom Lobineau, Paris , 1739, 2 vol. in-12. Les Stratagèmes sont une compilation faite sans goût, dont le principal mérite est de contenir des fragments de beaucoup d’historiens dont nous n’avons plus les ouvrages.

POLYEUCTE (S1), officier dans les troupes romaines à Méliténe, fut converti par son ami Néarque, et souffrit le martyre vers l’an 250. Fête, le 13 février. 11 a fourni à P. Corneille le sujet d’une belle tragédie.

POLYGNOTE de Thasos, peintre grec, florissait vers 400 av. J.-C. On lui attribue la composition d’une couleur noire, qu il obtenait en brûlant le marc du raisin. Ses œuvres se distinguaient par le dessin et le beau caractère des figures, et par une variété de composition inconnue avant lui. Il peignit une partie du Pœcile d’Athènes ; mais c était à Delphes, dans le Lesché, que se trouvaient ses peintures les plus estimées ; il y avait représenté sur les murs les scènes terribles de la Destruction de Troie. Son talent brillait dans ces grandes machines, et dans les sujets de batailles: sa destruction de Troie contenait près de 200 figures.

POLÛ HISTOR (Alexandre), écrivain grec, né à Milet ou en Phrygie, pris dans la guerre de Mithridate, fut affranchi de Corn. Lentulus et disciple de Cratès, et périt vers 75 av. J.-C. dans un incendie de sa maison à Laurentum. Des 42 ouvrages que citent de lui les anciens, il ne nous reste que des fragments d'une Histoire des peuples de l Orient et d’un Tra ie sur les Juifs, conservés par Plutarque, Athénée, Pline, Eusèbe, et Suidas. V. Rauch. Commentalio de Alexandri Polyliistoris vilâ utque scriptis, Heidelberg , 1845, in-8».

POLYMNESTOR, roi de la Chersonèse de Thrace, épousa Ilione, fille de Priam et d’Hécube, qui lui confièrent leur fils Polydore et une partiede leurs trésors. Après la chute de Troie, il fit périr l’enfant, et s’empara de ses richesses.

POLYMNIE (du grec polus, beaucoup, et umnos, hymne mu-e de la poésie lyrique. On la donnait pour l’ir.ventric de l’harmonie. Orphée la rendit mère d'Gïagre. On la re présente ordinairement debout, dans une attitude pensiv et un doigt sur la bouche. Ses attributs sont le sceptre le rouleau de papyrus, et le laurier. V. Millin, Galerie m> thologique ; Clarae, Musée de sculpture du Louvre.

. vi?L7^!E’ Uno des 4 tVa,,des divisions de l’Oeéanit a 1 L. de la Micronésie et de la Mélanésie ; comprenant le innombrables petites îles qui composent les archipels cou

c1?0 lünR- E’ et 1050 lo"S- °->et 350 la,

A . et ob lat. S* Les principaux de ces archipels sont, au N de la ligne, les îles Hawaii (Sandwich |, et au S , de TE. et lèi a°U ka;,Hlv,a> ,Po"T1,,to«’ Taiti, Mangia, Tonga, Samoa

et les deux des de a Nouvelle-Zélande. Balbi englobe dan

M, OiviMon de la 1 olynesie celle que , d’après d’Urville, o nomme Mtcronme. — Quelques-uns de ces archipels soi;

montagneux, et, parmi leurs sommets les plus élevés, sont les trois montagnes de l’ile Hawaii : le Mauna-Roa, qui a 4,157 mét. d’altitude ; le Mauna-Koa, 4,029 mèt.; le Mauna- Vororay, 3,288 met.; à Taiti, le Tobronou s’élève à 2,449 mèt.; et, dans les îles Viti, le point culminant de Tabe- Ouni a plus de 1,940 mèt. — Les productions de la Polynésie sont le cocotier, l’arbre à pain ou artocarpe, le bananier, l’igname, la patate, etc. Les brises de mer rendent le climat très-agréable. — Quiros, Tasman, ltoggeween, Bougainville, Cook, La Pérouse, et d’Urville sont les navigateurs qui ont fait le plus de découvertes dans la Polynésie, et fourni sur ce pays les notions les plus exactes.

POLYNICE, né de l’inceste d’Œdipe et de Jocaste, et frère jumeau d’Etéocle. Les deux jeunes princes nourrissaient l’un contre l’autre une haine mortelle, qui avait commencé, disait-on, dans le sein de leur mère. Après la catastrophe d’Œdipe, il fut convenu qu’ils régneraient alternativement sur Thèbes, d’année en année. Etéocle, premier possesseur du trône, refusa d’en descendre lorsque Tannée fut expirée. Polynice, aidé d’Adraste, roi d’Argos, dont il avait épousé la fille, et de six autres princes grecs, assiégea Thèbes, et commença la guerre dite des Sept Chefs, Les deux frères s’entre-tuèrent dans un combat, et la mort même n’éteignit pas leur ressentiment; car leurs corps ayant été mis sur le même bûcher, on vit, disaient les poètes, la flamme se diviser en deux langues qui parurent se combattre. Créon recueillit les cendres d'Etéocle, mais défendit de rendre les derniers honneurs à Polynice, et fit périr Antigone ( V. ce mot), pour avoir désobéi. Etéocle et Polynice ont fourni à Racine le sujet de sa tragédie des Frères ennemis. B.

POLYPHÈME, le plus célèbre des Cyclopes, fils de Neptune et de la nymphe Thoosa, habitait une caverne de la Sicile, et possédait de grands troupeaux de chèvres et de brebis. Leur lait et la chair humaine étaient sa nourriture. Amoureux, mais vainement, de la nymphe Galatée, il écrasa son rival Aeis sous un quartier de roc. Ulysse, jeté par la tempête en Sicile, se réfugia dans la caverne du Cyclope, qui, en revenant avec ses troupeaux, dévora deux Grecs. Ulysse l’enivra, lui creva l’oeil avec un pieu énorme, et fuit avec ses compagnons , malgré la rage du Cyclope. On trouve les détails de cette aventure dans le IXe livre de l 'Odyssée, et dans Ovide, Met., xiv, 185; Euripide en a fait le sujet d’une pièce satirique intitulée le Cyclope. Selon Servius , Polyphénie avait trois yeux. C’est ainsi qu’il est représenté dans les peintures d’Herculanum. B.

POLYPHONTE, tua le roi de Messénie Cresphonte, son parent, pour s’emparer du trône, et voulut contraindre Mérope, veuve de ce prince, à l’épouser. Il avait fait périr tous les princes de la famille royale; Téléphonte, fils du roi , qui lui avait seul échappé , le tua plus tard , pour venger sa famille.

POLYPTYQUE, registre plié en plusieurs parties. Ce nom s’appliquait : 1° à des registres où Ton inscrivait les impôts et charges publiques; 2° à des rôles de cens et de dénombrement ; 3° aux registres renfermant les corvées et.redevances des censitaires et des vassaux ; 4° aux états officiels et authentiques des biens et droits d'une abbaye, dressés solennellement et contradictoirement par les parties intéressées. Un des plus anciens polyptyques est celui de l’abbave Sl-Germain- des-Prés de Paris, rédigé au commencement du ixe siècle par l’abbé Irminon, et publié, en 1836, par Guérard. Polyptyque vient de itoXuî, plusieurs, et ■K-v’é,, pli.

POLYSPERCIION, général d’Alexandre Je Grand, commandait les Stymphéens à la bataille d’Arbelles, et conquit ensuite la Bubacène. Sa franchise le fit disgracier et mettre en prison. En 320 , il succéda comme régent à Antipater, fut attaqué par Cassaudre , fils de ce général, et bientôt réduit à la possession de quelques villes du Péloponèse, 317. Il chercha à se relever, en appelant auprès de lui Hercule, fils d’Alexandre et de Barcine ; mais , trompé par les promesses de Cassandre, il empoisonna le jeune prince, 309. Il ne recouvra point son autorité perdue, et Ton ignore ce qu’il devint depuis.

POLYSYNODIE , nom donné au système d’administration adepté par le duc d’Orléans, Régent, au début du règne de Louis XV, et qui consistait à remplacer chaque Ministère par un conseil.

POLYTECHNIQUE (Ecole). V. Ecole.

POLYTHEISME , système de religion qui admet la pluralité des dieux. 11 comprend le pagauisme ou idolâtrie, lo sabéisme, et le fétichisme.

POLYT1MÈTE, Polytimelus, riv. de Sogdiarie, passait àMaracanda; auj. Kolnk. V. OxiEN.

POM

POLYXÈNE, fille de Priam et d’Hécube, fut aimée d’Achille , qui l’épousa à l’insu des Grecs dans le temple d'Apollon; pendant la cérémonie, il fut tué en trahison par Pâris. Polyxène se tua, ou, selon d’autres auteurs, fut immolée par Pyrrhus sur le tombeau d’Achille.

POLYXO. V. Hélène.

POLZIN, v. des Etats prussiens (Poméranie), à 46 kil. S. de Cceslin , sur le Waggerbaeh; 2,700 hab. Draps, serges, cuirs. Aux environs, bains d’eaux minérales.

POMABAMBA, v. de Bolivie (Chuquisaca), à 260 kil. E. de Potosi; 3,000 hab.

POMAKD ou POMMARD, vge (Côte-d’Or), arr. et à 5 kil. S. -O. de Beaune; 1,183 hab. Vins rouges fins trèsestimés.

POMARE Ier, roi de Taïti, 1793-1803, eut recours aux Anglais pour dompter ses sujets révoltés, et, en 1797, ouvrit ses États aux missionnaires anglicans.

POHARÉ n, fils du précédent, né vers 1780, m. en 1821, dut un instant quitter son île , à cause d’une insurrection des indigènes soulevés contre les missionnaires anglais, se convertit au christianisme en 1817, fut baptisé en 1819, et introduisit l’imprimerie à Taïti. C’est sa fille qui règne auj. sur cette île.

POMBAL (Don Sébastien- Joseph de Carvaliio e Mello, comte d’Oeiras en 1759 , puis, en 1770, marquis de) , fut le vrai roi de Portugal sous Joseph 1er, fils et successeur de Jean V, 1750-77. Né à Lisbonne, d’une famille de petite noblesse , en 1699 , m. en 1782, il fut ambassadeur à Londres et à Vienne sous Jean V, ministre des affaires étrangères dès le début du règne nouveau; premier ministre, après que le tremblement de terre de Lisbonne, 1755, lui eut donné l’occasion de montrer toute son énergie contre les brigands, qui profitaient du désastre, et son habileté à le réparer et à relever la ville de ses ruines. Novateur infatigable, partageant, sans les accepter entièrement, les idées des philosophes et des économistes du xvme siècle, il fut , avant tout , un despote impérieux, réformant par l’arbitraire et brisant tout ce qui lui faisait Obstacle. Il profita d’un attentat contre la vie du roi pour terrifier la haute noblesse, 1758 : jugés par une commission, soumis à la torture, les accusés (le duc d’Aveiro, les Tavora , etc.) périrent, malgré leur rang, dans d’affreux supplices. La résistance qu’opposaient à la domination portugaise les missions de l’Uruguay et du Paraguay, cédées, en 1750, par l’Espagne en échange de la colonie du Saeramento, lui avait déjà permis de présenter les Jésuites comme des rebelles et de les chasser de la cour, 1757 ; alors sa haine ne connut plus de bornes : il les accusa d’être les instigateurs et les complices du régicide , les expulsa des Etats portugais, 1759, confisqua leurs biens au profit du trésor, 1761, et, faisant servir à ses fins le tribunal de l’Inquisition, qu’il regardait comme une institution des plus utiles , et qu’il avait seulement placé plus que jamais dans la dépendance du pouvoir royal, envoya au bûcher l'un d’entre eux, Malagrida (B. ce nom), 1761. Parler mal du gouvernement ou des ministres, était un crime; résister à la moindre disposition prise par eux , une trahison , et des récompenses étaient offertes aux dénonciateurs. Le commerce fut protégé par quelques mesures intelligentes; mais les monopoles, dans lesquels on accusait le ministre d’avoir des intérêts, excitèrent des murmures et des soulèvements, qu’il réprima avec violence. Ce despotisme ne doit pas faire oublier les services réels que Pombal a rendus à son pays : l’égalité proclamée de nouveau entre les anciens et les nouveaux chrétiens, la perception des impôts améliorée, l’agriculture encouragée, l’armée soumise à une discipline plus exacte, les fortifications réparées, la marine rétablie, l’instruction facilitée. A l’extérieur, il enta soutenir, avec l’appui de l’Angleterre, à laquelle il fut toujours moins opposé en fait qu’en paroles, une petite guerre contre l’Espagne et la France, qui voulaient faire adhérer le Portugal au Pacte de famille ( V . ce mol), 1762-63. Contraint de donner sa démission 8 jours après l’avénement de Marie lre, 1777, il fut mis en jugement et condamné; la reine se contenta de l’exiler, et il se retira à Pombal, où il mourut. R.

POMitAL, v. de Portugal (Estramadure) , à 100 kil. N.-N.-E de Lisbonne ; 5,000 hab. Elle appartenait jadis aux Templiers , qui bâtirent un château que l’on y voit, puis, 1357, à l'ordre du Christ. On y créa une cominanderie pour la famille Carvalho-Mgllo.

POMÊGUE, petite île de France (Bouches-du-Rhône), dans la Méditerranée, au S. de Ratonneau , à 8 kil. et dans la baie de Marsedle. Les navires qui arrivent d’Afrique et du Levant y font quarantaine.

POM

POMÉRANIE , Pommern en allemand, prôv. du royaume de Prusse, bornée par le Mecklembourg à l’O., le Brandebourg au S., la prov. de Prusse à l’E., la Baltique au N.- 3,167,730 hect. ; 1,451,944, hab. (y compris file de Rugen); ch.-l., Stetlin. Elle est divisée en trois régences, Stettin, Coeslin, Stralsund. Le sol est assez sablonneux, expepté celui des côtes, qui est très-fertile. La Pomérar.ie est arrosée par l’Oder, qui, en sortant de Stettin, forme le lac de Damm et ensuite tombe dans le Frische-Haff, lagune correspondant avec la Baltique par trois rivières, la Peene , la Swine et la Divenow. Produits principaux : céréales, chanvre, tabac, bois, bétail, beaucoup d’oies. Sur les côtes on trouve aussi de l’ambre. L’industrie n’est pas considérable, sauf l’industrie liuière. Commerce très-actif sur l’Oder et sur la Baltique; son centre est à Stettiu, avec l’avant-port de Swinemunde. — La Poméranie, dont le nom dérive du slave Pçmarski Iprès de la mer) , fut d’abord habitée par les Goths,les Rugiens et les Vandales; au vne siècle, les Wendes y dominaient. Depuis 1062, elle eut des ducs particuliers , dont Suantibor est la tige, et Boguslaw le Grand un des plus remarquables. Au xne siècle, le christianisme y fut introduit ; l’évêque Otto de Bamberg baptisa les premiers convertis en 1 124. Avec Boguslaw XIV, m. en 1637, s’éteignit la ligne mâle des ducs wendiques. En vertu d’un pacte antérieur, la succession aurait dû échoir en entier à la maison électorale de Brandebourg; mais la Poméranie étant, au milieu de la guerre de Trente-Ans, occupée par les Suédois, le Brandebourg ne reçut, par le traité de Westphalie, que la Poméranie ultérieure, tandis que la Suède garda la Poméranie antérieure (en deçà de l’Oder) , ainsi que l’ile de Rugen. Par le traité de Stockholm, 1720, le roi Frédéric- Guillaume Ier de Prusse reçut la plus grande partie de la Poméranie antérieure, de sorte que la Suède ne garda que les pays entre le Mecklembourg, la Baltique et la Peene, plus l’île de Rugen. Cette dernière portion fut cédée par la Suède au Danemark, en échange de la Norvège, 1814; puis, en 1815, le Danemark le céda à la Prusse en échange du Lauenbourg et d’une somme de 10 millions de fr. Auj. la Prusse possède toute la Poméranie. E. S.

Poméranie suédoise, partie de la Poméranie, qui se composa de la Poméranie antérieure , de Stettin, et des îles à l’embouchure de l’Oder. Elle fut constituée en faveur de la Suède par le traité de Westphalie, 1648. Le ch.-l. était Stralsund. E. S.

PÛMÉRELLIE, Pomerania parva en latin, nom donné autrefois à la partie de la Prusse proprement dite qui est située entre la rive g. de la Vistule, la Poméranie, le grand-duché de Posen, et la Baltique; villes princip. : Schwetz, Konitz, Stargard, Dirschau. Ce pays eut d'abord ses souverains particuliers; il tomba, en 1290, après de longues luttes entre la Pologne, la Poméranie, les margraves de Brandebourg, et l’Ordre Teutonique , sous la domination de la première; reconquis, en 1310, par l’Ordre Teutonique, il fut cédé, en 1466, à la Pologne, dont il fit partie jusqu’au partage de 1772. Auj. il est compris dans la prov. de Prusse. E. S.

POMETIA (SUESSA- ). V. Suessa.

POMEY (François ), jésuite, né dans le Comtat-Venaissin en 1618, fut préfet des études à Lyon, où il mourut en 1673; il a laissé, entre autres ouvrages utiles, et qui prouvent un savoir sérieux : Panthœum mysticum , traité de mythologie, 1659, in-8°; Libilina, sive de funeribus, 1659, in-12, relation des funérailles chez les anciens; Dictionnaire français-latin, Lyon, 1664, in-4°, plusieurs fois réimprimé sous le titre de Dictionnaire royal; Flos lalinilalis, 1665, in-12; Indiculus universalis , français - latin , 1667, in-12, etc.

POMIGLIANO-D’ARCO, v. du royaume d’Italie, pro* vince et à 14 kil. N.-E. de Naples; 8,684 hab.

POMMARD. V. Pomard.

PO MM K. RAYE (La), vge (Maine-et-Loire), arr. et à 40 kil. N. deCholet; 1,087 hab.

POMMEREUL ( François-René-Jean de), né à Fougères en 1745 , m. en 1823 , entra fort jeune au service comme officier d’artillerie, fit la guerre de Corse, reçut de Louis XVI la mission d’aller étudier à Naples l’organisation de son arme, ne resta que peu de temps dans les armées de la République, reprit un commandement après le 13 brumaire , devint général de division , et , sous l’Empire, préfet du département d’Indre-et-Loire, puis du Nord, conseiller d’Etat, et directeur-général de la librairie. 11 fut compris dans l’ordonnance du 24 juillet 1815, qui l'exila de France , et n’y rentra qu’en 1819. On a de lui : Histoire de lile de l'urse, 1779; Recherches sur l'origine de V exclu nage religieux et politiÿue du peuple en Franc» , 1781 » Vues gêné-

POM

POM

raies sur l’Italie et Malle, 1797; Campagne du général Bonaparte en Italie , 1797 , etc. Il a aussi coopéré à VArt de vérifier les dates , à V Encyclopédie méthodique, et à d autres grands recueils.

POMMERN, nom allemand de la Poméranie.

POMŒRIUM , espèce de grand chemin de 166 pieds de large ( 49ra,18 c. ) tracé autour et à l’extérieur des murs de l’anc. Rome. Il formait comme l’enceinte religieuse, et marquait les limites de la ville proprement dite; sur cette enceinte on prenait les auspices qui intéressaient la cité. Le Pomœrium fut reculé trois fois : d’abord par Romulus et Tatius; ensuite par Ancus Martius, Servius Tullius, Sylla, Auguste, Claude, et Trajan. D’après les lois sacrées, il ne pouvait être reculé que par le citoyen dont les conquêtes avaient agrandi le territoire de la république. Le Pomœrium fut une invention étrusque. A Rome, comme ailleurs sans doute, il devait demeurer vague et inculte. Son nom signifiait : “ derrière le mur, » post mœrium ou murum. C. D — r.

POMONA ou MAINLAND, la plus grande des îles Orcades, au centre; 46 kil. sur 20; 15,000 hab. Ch.-l. Kirktcall. Sol marécageux et couvert de bruyères. Ruines de la maison des Vicies , et cercle de Loda, mentionné dans Ossian.

TOMONE, déesse des fruits, inconnue aux Grecs, mais particulièrement révérée en Etrurie, épousa le dieu champêtre Vertumnc. On la représente couronnée de pampres et de grappes de raisin, et portant d’une main une corne d’abondance ou une corbeille de fruits. Elle avait à Rome un prêtre, Flamen Pomonalis, regardé comme le dernier des Flamines.

POMOTOU (Archipel), ou. Archipel Dangereux, Méridional ou de la mer Mauvaise , groupe d ites dans le Grand- 'Océan équinoxial (Polynésie), au S. des Marquises, et à TE. de Taiti. Ces îles sont basses, petites, et peu peuplées. Les principales sont Ana et Faaite; à la France.

POMPADOUR (Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de), née à Paris en 1721, m. en 1764, eut pour père, non, commeou l’a dit, un boucher des Invalides, maisun écuyer du Régent. Sa mère , belle et intrigante, l’éleva pour le monde corrompu du temps, et la maria, dans tout l’éclat de sa beauté, au sous-fermier Le Normand d’Etioles. Produite aux chasses de Louis XV dans la forêt de Sénart, distinguée par le roi, elle osa braver, dès 1742, Mme de Lhâteauronx; mais ce ne fut qu’après la mort de cette favorite qu’elle lui succéda ; elle ne devint maîtresse déclarée qu’en 1745, et fut alors établie à Choisy, avec un appartement a Versailles. Dans la crainte que 1 absence ne compromit sa faveur naissante , elle accompagna Louis à l’armée du Nord (campagne de Fontenoy, mai 1745); au retour, elle fut créée marquise de Pompadour , et prit les armes de l’ancienne maison de ce nom, éteinte en 1722. Habile à amuser le roi, elle organisa , avec le concours de Voltaire et de Bernis, les têtes les plus brillantes , et fonda son pouvoir sur l’art de distraire un monarque ennuyé. Dès 1746, son influence politique était considérable : d’abord préoccupée des questions de finances, elle imagina les Croupes ( V. ce mot), et fit renvoyer le contrôleur- général Orry, qui suivait les errements de Fleury. Maehault, qui le remplaça. ne fit nulle objection à la pension de 200,000 livres accordée à la marquise, et favorisa l’usage et Tahus des acquits au comjitanl (billets du roi sur le trésor, sans indication de motifs). Mme de Pompadour favorisait tour à tour les Jansénistes , les Molinistcs , les Philosophes, le Parlement, pour se faire des appuis dans tous les partis. Au début, elle se servit surtout de Voltaire contre le parti religieux, qui provoquait son éloignement. En 1752, elle soutint l’Encyclopédie. Par son oncle Le Normand de Tournehem , par son frère le marquis de Marigny , tour à tour directeurs-généraux des bâtiments , elle donna une grande impulsion aux constructions et aux embellissements de Paris. Elle contribua à faire établir l’Ecole Militaire, encouragea les premiers essais de Charles Adam, et assura ainsi à la manufacture de Sèvres une nouvelle supériorité. Honorée du tabouret et des prérogatives de duchesse en 1752, nommée en 1756 dame du palais de la reine, et installée officiellement à Versailles au moment même où l’amour du roi s'affaiblissait , elle conserva son influence en veillant à tous ses plaisirs , en l’entourant d’une amitié respectueuse, et surtout en lui évitant les fatigues du gouvernement. En effet , elle s’immisça davantage encore dans les affaires , remplaça à la marine Maurepas par Rouillé , bientôt placé aux affaires étrangères , domina complètement Saint-Florentin , et fit la fortune de Bernis. Elle aimait à s'entourer d’hommes médiocres, pour les tenir plus sûrement dans sa dépendance; d’Argenson,

Maehault , et Choiseul faisaient seuls exception. En 1757 , elle fut un instant obligée de quitter la cour après l’attentat de Damiens ( V. ce nom) - elle y reparut bientôt, et fit disgracier d’Argenson et Maehault, qui avaient conseillé son départ. Dans la politique extérieure, sa vanité , flattée par Marie-Thérèse et Kaunitz, précipita la France dans la guerre de Sept- Ans : gagnée par les billets affectueux de- ■< sa bonne amie >> l’impératrice , irritée des sarcasmes de Frédéric II sur la dynastie des cotillons , elle fit signer par Bernis le traité de Versailles (mai 17§6) , qui unissait contre le roi de Prusse les deux maisons de France et d’Autriche , et, en nous occupant sur le continent, devait permettre à l’Angleterre de s’emparer des colonies françaises. Elle contribua encore à nos revers en faisant et défaisant les généraux, substituant Richelieu à d’Estrées, vainqueur à Hastenbeck, soutenant Soubise après Rosbach, et, pour ne point paraître avoir engagé la guerre légèrement , ni céder aux épigrammes cyniques dirigées contre elle , résistant obstinément à Bernis, qui voulait la paix. Elle le renversa même, 1758 , et le remplaça par Choiseul, qui , plus adroit et plus audacieux , la domina bientôt. Elle lui prêta un concours énergique pour l’abolition de l’ordre des Jésuites , âqui elle attribuait son exil de 1757, et dont elle voulait enlever l’appui à la famille royale. Elle fit déférer à 40 évêques l’examen de leurs Constitutions , soutint le Parlement qui sécularisa l’Institut, enfin conseilla longtemps d’avance l’édit par lequel Louis XV l’abolit en France. Agitée par les revers de la guerre de Sept-Ans , qui lui ont inspiré une belle lettre à d’ Aiguillon, affligée de la haine qu’on lui portait, alors qu’elle ressentait vivement les hontes de la France, jalouse peut-être du crédit de Choiseul , qui semblait n’avoir plus besoin de son appui auprès du roi, elle termina sa vie à Versailles, à l’âge de 44 ans , sans que Louis XV lui donnât une larme ou un regret. Sa faveur n’avait pas été sans quelques amertumes ; déférente avec la reine, elle avait bien su obtenir le respect des princesses; mais le Dauphin lui témoigna toujours une répugnance qui la froissait; le prince de Conti l’insulta presque publiquement; Richelieu, s’il ne lui laissa pas voir toute sa répugnance à marier, comme elle le voulait , le duc de Fronsac, son fils, avec la fille qu’elle avait eue de Le Normand, employa tous les moyens pour prévenii cette alliance. Avide et prodigue, elle recevait annuellement près de 1,500,000 livres ; elle s’était fait donner successivement le marquisat de Pompadour, les terres de La Celle, Crccy , Sl-Remy, les châteaux d’Aulnay, de Brinborion , de Bellevue; elle possédait des hôtels à Paris, Versailles , Fontainebleau, Compiègne; elle avait réuni à grands frais un mobilier splendide , dont la vente dura plus d’un an , formé un cabinet de pierres gravées , qu’elle laissa au roi , et une collection de livres et d’objets d’art, qui passa à son frère. Elle faisait du moins de son opulence un usage généreux, dotait de pauvre» jeunes filles, soulageait des vieillards , réparait des villages, encourageait les artistes et les inventeurs, Carie Vauloo, Cochin, Bouchardon , donnait son nom [le style Pompadour | à la recherche du joli dans les arts , protégeait les penseurs et les gens de lettres , Quesnay , Crébillon , Marmontel , Diderot (de qui elle avait à se plaindre) , cherchait à gagner J. -J. Rousseau , qui l’offensa dans l’Emile. Elle soutint surtout Voltaire, qu’elle sacrifia, il est vrai , à Crébillon , et força à sortir de France , mais de qui elle assura plus tard la tranquillité dans ses deux retraites près de Genève : il lui dédia, en 1760, sa tragédie de Tancrède. Elle dessinait et gravait avec un goût qui lui a valu des louanges délicates de Voltaire ; elle a laissé un petit infolio (au Cabinet des estampes de la Bibliothèque impériale de Paris) : Suite de 63 estampes [avec frontispice ) gravées par j)/me de Pompadour, d'après les pierres en creux exécutées par Gua y. Elle imprima de ses mains à Versailles Rodogune, 1760, à 20 exemplaires. On a publié des Mémoires et des Lettres de Mrae de Pompadour, qui sont apocryphes. A. C.

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