PRÉFET DES MŒURS. V. CENSEUR
préfet des OUVRIERS, Præfectus fabrorum , chef des ouvriers d'une légion; en termes modernes, commandant du génie.
préfet du prétoire, Præfectus prœtorio, commandant des cohortes prétoriennes ( V . cohortes). Auguste institua cette préfecture l'an 748 de Rome, et nomma deux préfets avec un pouvoir collectif. Tibère n’en conserva qu’un. Sous ses successeurs, il y en eut tan tôt un, tantôt deux, quelquefois trois. Ils étaient ies hommes les plus influents de l’Empire, et choisis dans l'ordre équestre. Marc-Aurèle augmenta leur puissance en les admettant près de lui comme assesseurs dans les jugements civils; Alexandre-Sévère les créa sénateurs. Lors de la création de la Tétrarchie par Domitien | V. Tétrarchie), chaque Auguste et chaque César eut son préfet du prétoire. Constantin ne laissa plus aux préfets qu’une autorité purement civile ; il les mit à la tête des 4 préfectures d'Orient, d’Hlyric, d'Italie, etdes Gaules, avec les pouvoirs de ministres souverains de l'empereur, mais dont les actes n’étaient valables que sous son approbation. La charge de préfet du prétoire paraît avoir duré jusqu’à la chute de l’Empire,
préfet du prétoire des gaules, espèce de viceroi créé vers la fin du me siècle , ou au commencement du ive, pour gouverner trois diocèses, les Gaules, l’Espagne, et la Grande-Bretagne. Originairement, il résidait à Trêves; quand les Barbares eurent pris cette ville au commencement du ve siècle, Arles devint sa résidence. Ce préfet, qui relevait directement de l’Empereur, avait la justice civile et criminelle, faisait répartir et percevoir les impôts , présidait au recrutement , et pourvoyait à l’approvisionnement des armées, bien qu’il n’en eût pas le commandement. Il avait pour principaux auxiliaires trois vice-préfets , un à la tête de chaque diocèse.
préfet provincial, Præfectus proninciæ , gouverneur d’un municipe privé de ses privilèges. Il était envoyé de Rome , et nommé dans les comices par centuries pour les villes importantes , par le préfet urbain pour les petites localités. La durée de sa charge était d’un an, avec le pouvoir administratif et judiciaire. Dans les provinces d’outremer, les préfets faisaient partie de la suite des proconsuls. — On appelait encore préfet provincial le gouverneur d’une des provinces impériales (K. Provinces).
préfet du trésor, Præfectus Ærario, administrateur du Trésor public. 11 y en avait deux, qui furent institués par Auguste l’an 726 de Rome. D’abord le sénat les élisait, puis ils furent tirés au sort parmi les préteurs de l’année. Leurs fonctions duraient un an. Les préfets du Trésor subsistèrent sous Tibère, Caligula, Néron, Trajan, et Antonin le Pieux.
préfet des vigiles , Præfectus vigilum , commandant des Vigiles ( V. ce mot y, il était chevalier romain, et avait juridiction sur tous les gens que les Vigiles devaient arrêter ou surveiller. Ce préfet fut créé par Auguste l'an 759 de Rome ; il subsistait encore sous Alexamlre-bévère.
PRÉFET DE LA VILLE, Præfectus Urbi ou lïrbis , magistrat chargé de la police de Rome, institué du temps des rois; ce préfet fut supprimé lors de la création des édiles et des préteurs. Auguste , peu de temps après son avènement à 1 Empire, le réinstitua, et confia cette chargea des consulaires. L'empereur le nommait pour un temps illimité. Ses fonctions embrassaient tout ce qui intéressait la sûreté, la tranquillité, et la subsistance de la ville pour ce qui se vendait dans les marchés. Il connaissait des plaintes des esclaves contre leurs maîtres, des mineurs contre leurs tuteurs. Il avait un corps de soldats pour faire exécuter ses ordres, était magistrat curule , et son pouvoir s'étendait à lut) milles ( 148 kilom. ) autour de Rome. — Préfet de Constantinople. Il avait les mêmes attributions et le même rang que le Préfet de Rome, et fut établi par Con- Stance. c D y
prefet apostolique, nom donné , dans l'Eglise romaine, au supérieur des missions envoyées pour convertir les infidèles.
PRÉtET de département , en France , administrateur
en chef d’un département , résidant au ch. -lieu , et chargé de faire exécuter les lois, décrets et arrêtés du gouvernement, de surveiller toutes les parties de l’administration publique, pouvant suspendre de leurs fonctions les maires et les adjoints , nommer et révoquer les instituteurs primaires. 11 est secondé dans ses fonctions par un Conseil général de département ( V. Conseil général) , et par un Conseil de préfecture , espèce de tribunal de lre instance de la justice administrative, chargé de prononcer en matière de répartition ou d’exonération de contributions directes, sur les contestations relatives aux travaux publics , les indemnités dues à l’occasion de travaux de ce genre, la voirie, en un mot, sur toutes les affaires contentieuses. Ce conseil se compose de 3 à 5 membres, nommés par l'Empereur et révocables ; le préfet en est président de droit. Dans les délibérations, en cas de partage, sa voix ou celle du conseiller qui le remplace est prépondérante. Les préfets furent institués par la loi du 28 pluviôse an vin (17 février 1800) , pour remplacer les Directoires de département | V. Directoire). Ils sont nommés par l'Empereur, et révocables. — Dans chaque arrondissement, il y a un sous-préfet , chargé de prendre des arrêtés dans certains cas , le plus souvent d'instruire les affaires administratives, et de les transmettre, avec son avis, au préfet qui décide.
préfet maritime , amiral ou vice-amiral chef d’une préfecture ou arrondissement maritime ( V. France, au mot Marine). Il a sous ses ordres tout le personnel et toutes les branches de service de l'arrondissement. Les chefs de service, au nombre de 8, forment auprès de lui un Conseil d’administration, qui statue sur toutes les questions importantes, sauf l’approbation du ministre. Il y a pour toute la France 5 préfets maritimes, dont les ch.-l. de préfecture, leur résidence , sont : Cherbourg, Brest, Lorient, Rochefort, et Toulon.
préfet de police , magistrat chargé de la police municipale, et de certaines parties de la police générale à Paris, dans tout le département de la Seine, et dans les communes de Sl-Cloud, Sèvres, Meudon , Enghien, et Poissy , du département de Seine-et-Oise. Ses attributions comprennent : délivrance des passe-ports, permis de séjour à Paris, autorisation de port d’armes; surveillance des théâtres, des fêtes, de tous les lieux publics, des chemins de fer, des marchés, de la vente des poudres et salpêtres; de celle des ouvrages de typographie , de gravure, et d’imagerie; établissement des mercuriales pour le pain et la viande , répression des incendies, sûreté et salubrité de la voie publique; régime administratif et économique des prisons et des maisons d’arrêt; arrestation et citation devant les tribunaux des prévenus de délits du ressort de ces tribunaux. Le Préfet de police a été institué par la loi du 28 pluviôse an vin (17 février 1800). Il est nommé par l'Empereur, et révocable. Il exerce ses fonctions sons l’autorité immédiate des ministres , et correspond directement avec eux pour ce qui est du ressort de leurs départements respectifs.
PREGADI (c.-à-d. Priés), conseil de 60 citoyens, institué à Venise au xme siècle, pour surveiller les doges. Ils étaient comme priés de délibérer avec lui sur les affaires importantes. Le Grand-Conseil les nommait.
PREGEL , riv. de Prusse , formée près d’Iusterbourg (Gumbinnenl de la réunion de l’Angerapp, de l’Innster et de la Pisa; cours de 150 kil. , à l’O., par Insterbourg, où elle est navigable, Welhau, Tapiau et Kceuigsherg, à 9 kil. au-dessous de laquelle elle tombe dans le Frische- Haff. Elle requit l'Aile, et communique par un canal avec le Kurisehe-Haff.
PREIGNAC, vge (Gironde ), arr. et à 40 kil. S.-E. de Bordeaux, sur la r.ve gauche de la Garonne; 1,256 hab. Vins blancs fins, d.ts des Gravis.
PRE1SSAC V. I’rayssac.
PRÉLAT, mot employé pour désigner les hauts dignitaires de l’Eglise, cardinaux, archevêques et évêques. On s’en servit aussi pour les abbés, et même plusieurs conciles appelèrent les curés prélats de 2e ordre. La prélatine implique juridiction sur des inférieurs. Prélat vient de Præ, devant, et tutus, porté, placé.
PRÉ.MARE (Joseph-Henri), jésuite, savant sinologue, partit comme missionnaire pour la Chine en 1698, et y mourut vers 1735. On a de lui : Recherches sur les temps antérieurs à ceux dont parle le Chou-King, et sur la mythologie chinoise, insérées en tète de la traduction du Chou-King par le P. Gaubil; Notitia linguœ sinicœ , ouvrage imprimé d’après ses manuscrits à Malacca, 1831; une traduction du Tchuo clii Uou-eul | l'Orphelin de la maison de Tchao), pièce de théâtre imitée par Voltaire dans l'Orphelin de la