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gouverneur, a le titre tle Préside majeur, et dépend de la capitainerie- générale d’Andalousie; les autres, appelés Présides mineurs , de celle de Grenade. — 2° à une partie de la côte de Toscane, appartenant, au xvie siècle, à la république de Sienne, et que Philippe II, roi d’Espagne, sc réserva, quand il abandonna Sienne aux Florentins par la paix de Câteau-Cambrésis , 1559. Cette côte, où l’Espagne entretenait garnison (d’où vient le nom d 'Etal des Présides ou des garnisons, Stato delli Presidii ), comprenait, entre l’embouchure de l'Omhrone et la frontière romaine, Orbitello, Porto-d’Ercole , Monte-Filippo , Monte-Argentaro,Porto-San-Stef’ano, Telamone, et dépendait administrativement du royaume de Naples. On y joignait la principauté de Piombino et File d’Elbe, appartenant à un prince napolitain sous la suzeraineté du roi de Naples, qui entretenait garnison dans les ports de terre-ferme et de l’île , excepté, dans File, à Porto-Ferrajo, où ce droit appartenait au grand-duc de Toscane. En 1801 , les Présides proprement dits furent cédés à la France, qui les donna au roi d’Etrurie; puis on les comprit dans le département de FOmbrone, quand la Toscane fut devenue française; File d’Elbe fut réunie à la F rance, et Piombino donné par Napoléon, en 1805, à titre de principauté, à sa sœur Elisa. La Toscane reçut les places du continent en 1814, et File d’Elbe en 1815. C. P.
PRÉSIDIAL, nom donné à des tribunaux d’appel institués par Henri II, en 1551 , et dont les membres s'appelèrent juges présidiaux. Il devait y avoir un présidial au moins dans chaque bailliage et sénéchaussée, et il se composait de 9 magistrats, y compris les lieutenants généraux et particuliers, de manière qu’il y eût toujours 7 conseillers. Le présidial jugeait en dernier ressort les procès dont l’objet en litige n’excédait pas une valeur de 250 liv. en principal, ou 10 liv. de rente. Jusqu’à 500 liv. en principal, ou 20 liv. de rente, ses sentences étaient exécutables par provision , nonobstant appel. L’ordonnance de Moulins, 1566, ne conserva de présidial que dans la ville capitale de chaque bailliage et sénéchaussée, et supprima ceux qui avaient été établis dans des sièges particuliers. L’autorité des présidiaux varia beaucoup, selon les temps: des édits de 1774, 1777 et 1778 limitèrent leur juridiction aux causes qui n’excédaient pas la somme de 2,000 liv., principal et intérêts. Dans les cérémonies, les juges présidiaux avaient rang au-dessus des maires, gouverneurs et éehevins des villes , au-dessus des simples gentilshommes et du chapitre des cathédrales , en plusieurs lieux ils portaient la robe rouge. Les présidiaux furent supprimés en 1790. B.
PRESLAV, v. de la Turquie d’Europe. F PereiaS-
LAVL.
PRESLES, vge (Seine-et-Oise), arr. et à 19 kil. N.-E. de Pontoise; 1,638 hab. Passementerie.
presles (Raoul de), appelé aussi Paul de Prayères, né à Laon, avocat, puis secrétaire de Philippe le Bel, fut accusé d'avoir voulu, avec Pierre Latilly, empoisonner ce prince, jeté en prison et dépouillé de ses biens, mais prouva son innocence, et devint, en 1319, conseiller au Parlement. 11 fonda à Paris un collège, qui porta son nom jusqu’à la Révolution.
presles (Raoul de), fils du précédent, né en 1316, m. en 1381 , fut maître des requêtes sous Charles V. Par l’ordre de ee prince, il traduisit en français la Cité de Pieu de S‘ Augustin , Abbeville, 1486, et Paris, 1531. On lui doit aussi un Traité de la puissance ecclésiastique et séculière, et il a été regardé comme Fauteur du Songe du Vergier (F. Ch. Louviers).
PRESSE, levée arbitraire de gens de mer, ou d’hommes que l’on suppose aptes à faire partie de l’équipage d'un bâtiment de guerre. Elle se fait par ruse et souvent par violence. C’est , en Angleterre , un des moyens employés pour recruter la marine royale, et il y a un service organisé pour faire la presse. Cette levée odieuse était en usage en France du temps de Louis XIV ; Colbert la supprima , en lui substituant les classes ( F. Inscription maritime).
PRESSIGNY-LE- GRAND , ch.-l. de cant. (Indre-et- Loire), arr. et à 28 kil. S. -O. de Loches, sur la Glaise; 685 hab Vieux château. — Pressigny-le-Petit est à 9 ltil. E. ; 918 hab.
PRES ION, brg et paroisse d’Angleterre, comté et à 30 kil. S. de Lancastre, sur la Ribble et le chemin de fer du N. -O.; 82,961 hab. Pénitentiaire sur le plan d'Howard; bibliothèque. Filât, de coton, lin, ehauvre: constiuct. de machines. Avant la réforme politique de 1832, l'habitation dans cette ville rendait électeur. Patrie d’Arkwright.
preston-pans, v. d’Ecosse (lladdington), sur l’es-
tuaire du Forth, à 13 kil. E. d'Edimbourg; 1,659 hab. Bains de mer; pêche d’huîtres; fabr. de produits chimiques et poteries. Son importance commerciale a cessé. Sou port, îlorrisson’ s- Haven , est à 1 kil. à FO. Le prétendant Charles-Edouard y battit les royalistes, le 22 septembre 1745.
PRÉTENDANT (Le), nom donné spécialement au fils de Jacques II, le chevalier de S1- George (Jacques III), et à Charles - Edouard , fils de ce dernier, qui prétendirent au trône d'Angleterre, d’où les Stuarts, leurs ancêtres, avaient été renversés.
PRÉTEUR, Prœlor, nom donné originairement aux grands magistrats de l’ancienue Rome. 11 signifiait proprement magistrat-chef, et quand les consuls des premiers temps de la république siégeaient comme juges, on les aplait Préteurs. Vers le commencement du ive siècle, ce nom devint exclusivement celui d'un magistrat justicier de Rome (F. Préteur urbain), puis successivement d’autres dont nous allons parler dans la nomenclature alphabétique suivante ;
préteurs cÉrÉals , Prœlores Cereales. C'étaient deux préteurs créés par J. César, pour juger sommairement toutes les affaires litigieuses relatives à l’approvisionnement de l’Annone. Ils étaient pris parmi les patriciens.
PRÉTEURS fidéicommissaires, Prœlores f.deicomviissar if, préteurs créés à Home, au nombre de deux, par l’empereur Claude, pour juger en dernier ressort des fidéicommis qui ne dépassaient point une certaine somme. Titus supprima un de ces deux préteurs.
préteur fiscal, Prœlor / iscalis , institué par Nerva pour juger les affaires entre le fisc et les particuliers.
PRÉTEUR Étranger, Prœlor peregrinus , magistrat chargé de rendre la justice, à Rome, entre les étrangers et les citoyens. Il fut institué Fan 510 de la ville, 243 av. J.-C., pour prendre une partie des attributions du Préteur urbain ( F. plus bas) , qui étaient devenues trop nombreuses. Ces deux préteurs étaient élus dans les comices par centuries, et, après l’élection, le sort décidait de leur département. Le Préteur étranger portait la toge prétexte, avait deux licteurs et un accensus. Ses fonctions duraient un an.
préteurs latins , Prœlores latini, grands magistrats des villes latines.
préteurs provinciaux, Prœlores provinciales, anciens préteurs que l’on envoyait, sous ce titre, gouverner les provinces. Il n’y en eut d'abord que deux , créés pour la lre fois Fan 526 de Rome, pour la Sicile et la Sardaigne : puis, 50 ans plus tard, 2 autres, pour l’Espagne et la Gaule Narbonnaise. Quand le nombre des provinces conquises se fut augmenté, on créa jusqu'à 6 préteurs, on prorogea les anciens dans leurs fonctions de gouverneurs, et, dans un cas urgent, on ne garda qu’un seul préteur à Rome. Enfin, ce dernier expédient ne suffisant plus, on créa des propréteurs IF. ce mot). Les préteurs, magistrats justiciers, n’étaient d’abord envoyés que dans les provinces pacifiées , tandis que les proconsuls allaient dans les provinces où ils avaient des armées à commander; mais, à la fin de la République, la nécessité ne permit plus ces distinctions, et l’on fit ce qui n’avait eu lieu auparavant que par exception, que par la force des circonstances et sans autorisation préalable , on donna aux préteurs l'empire, c.-à-d. le droit de commander les armées, quand ou les envoyait dans une province non pacifiée.
fréteurs du trésor, Prœlores œrarii, administrateurs du Trésor publie, choisis, au nombre de deux, parmi d'anciens préteurs, d’où vint leur nom. Auguste les institua, leur substitua quelquefois des préfets et des questeurs, mais ils reparurent sous Tibère, sous Claude, et sous Vespasien.
préteur urbain, Prœlor urbanus. 11 fut institué Fan 389 de la ville, 364 av. J.-C., pour être chargé exclusivement de l’administration de la justice dans Rome, à la place des consuls, trop souvent occupés au dehors. Le sénat, qui proposa son institution, imagina de lui donner le nom de prêteur, que prenaient les consuls quand ils rendaient la justice, et d’en faire un magistrat annuel, élu dans les comices par centuries, et dont l’âge d'éligibilité serait 35 ans, c.-à-d. au-dessous de l’âge consulaire. Le peuple ratifia cette proposition, consentit même à ce que la préture urbaine fût une magistrature patricienne: mais, 29 ans plus tard , les plébéiens y furent admis aussi. La qualification (l’urbain ne fut donnée à ce magistrat qu’après la création du préteur étranger. 11 avait une prééminence nominale sur ce dernier, car ou l’appelait aussi préteur major. Du reste, ses insignes d’autorité étaient les mêmes, la toge prétexte, deux licteurs, et un accensus, Le
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Préteur urbain , qui fut le premier institué de tous les préteurs, était considéré, en raison de son origine, comme le lieutenant des consuls; il les remplaçait, au besoin, et ne devait jamais s’absenter de Rome plus de dix jours consécutifs. En entrant en charge , il publiait un édit, pour faire connaître la jurisprudence dont il userait ( V. Eurr PERPETt'EL 1 . C. D— Y.
PRÉTEXTÂT (Saint), évêque de Rouen en 54!), avant, malgré l'opposition du roi Chilpéric, marié, en 57(4, Mérovée, fils de ce prince, à sa tante Brunehaut, fut accusé par Frédégonde, dans un concile tenu à Paris, 577, d’avoir violé ainsi les canons de l’Eglise, et, malgré les efforts de Grégoire de Tours, fut exilé à Jersey. Il ne revint dans son évêché qu’en 584, et mourut assassiné dans sa cathédrale, en 588, par les ordres de Frédégonde. Fête, le 24 février.
PRÉTEXTE. V. Toge.
PRET1 (Mattia), dit II Calabrese ou le Chevalier calabrois , peintre, né en 1613 à Taverna (Calabre), m. en 1699, fut élève de Lanfranc, puis du Guerchin. Admis dans l’ordre de Malte, il obtint la commanderie de Syracuse. Beaucoup de villes d'Italie, d’Espagne et d’Allemagne possèdent des tableaux ou des fresques de cet artiste. On voit au musée du Louvre le Martyre de St André, et St Paul et St Antoine dans le désert. Preti peignait avec un feu et une rapidité extraordinaires; son dessin est savant et vigoureux, mais il manque de correction. Sa couleur, généralement terne, a de beaux effets dans le clairobscur.
PRÉ TOIRE , Prætorium, tente du général dans un camp romain, ainsi nommée de ce que, jadis, tout commandant d’armée était nommé préteur. — nom de l’habitation du maître, dans une grande villa d’exploitation. — habitation du préteur ou gouverneur, et lieu où il rendait Injustice, dans les provinces romaines. C. D — y.
PRÉTORIENNE (Cohorte). V. Cohorte.
PRÉTORIENNE (Porte). V. CASTRAMÉTATION.
PRÊTRE (GRAND-), chef du corps sacerdotal, chez les Hébreux. C’était le premier-né dans la descendance masculine d’Aaron; il devait être exempt de défauts physiques. Seul il avait le privilège de pénétrer, une fois Tan, dans le Saint des Saints , et seul aussi il offrait les sacrifices expiatoires ( V. Expiations). Le grand-prêtre fut le chef du gouvernement politique, depuis le retour de la capti vite de Babylone jusqu’au rétablissement de la royauté, en 107 a y. J.-C.
PRETRE JEAN, nom sous lequel on désignait, aux xne et xme siècles, certains rois de la Tartarie ou du Cathay, chrétiens nestoriens selon les uns, idolâtres selon les autres; ou le Dalaï-Lama, grand-pontife du Thibet; ou enfin le négus d’Abvssinie, qui était chrétien.
PRÈ I RES DE LA MISSION. V. Lazaristes.
PRE TUT1ENS. V. Prætimtens.
PRELILLY , ch.-l. de cant. (Indre-et-Loire) , arr. et à 40 kil. S. de Loche3, sur la Claise, et près du bois de son nom ; 1,928 hab.
PREUNY. V. Preny.
PREUSCHEN (Augustin-Théophile), conseiller-ecclésiastique du grand-duc de Hesse, né à Diethart (Basse- Hesse| eu 1734, m. en 1804, est l’inventeur de la typométrie ou l’art d’imprimer des cartes géographiques à l’aide de types mobiles. On lui doit : Préiùs de l'histoire typométrique, Bâle, 1778, in-8°; Monuments des anciennes révolutions physiques et politiques en A llemagne, Francfort, 1787, in-8°; Précis des principales révolutions des contrées du Rhin, sous les Romains et les Germains, ibid., 1788.
PREVAL (Claude-Antoine, vicomte de), né à Salins en 1772, m. en 1853, entra dès l’âge de 13 ans dans le régiment d’Enghien-infanterie, et était sous-lieutenant en 1789. Sous la République, il se distingua à l’armée du Rhin. Envoyé à celle d’Italie en 1797, il combattit à Magliano et à Novi, fut nommé en 1801 colonel du 3e régiment de cuirassiers, donna de grandes preuves d’habileté et de valeur à Austerlitz en 1805, gagna à Iéna et à PuItusU le grade de général de brigade, 1806, et, remarqué pour ses talents administratifs, entra comme maître des requêtes au conseil d’Etat, où il s’occupa de la législation de l'armée de terre. En 1813, il commanda tin corps de troupes entre Fulde et Marbourg, puis les dépôts de cavalerie à Versailles, passa général de division en 1814, fut chargé pendant les Cent-Jours de la réorganisation de la cavalerie, coopéra, sous la Restauration, à la plupart des réformes de Gouvion-Saint-Cyr, entra à la Chambre des pairs en 1837, et au sénat en 1H52. Il a laissé, entre autres ouvrages estimés, des Mémoires sur les guerres d’Italie ; Mémoire sur /'Organisation de la cavakr.e et sur l’administration
des corps, 1816, in-8° ; l’Organisation et la police des troupes ; le Service des troupes en campagne, 1827, in-8°. B.
PREVALAYE (La), hameau (Ille-et-Vilaine), arr. et à 4 kil. S.- O. de Rennes, sur la Vilaine. Château et ferme où Ton prépare du beurre excellent et renommé.
PRÉVALITANE, Prœvalitana , prov. de l’Empire romain, dans le diocèse de Dacie, au S.; ch.-l. Scodra. Elle correspond à THerzégovine, au Monténégro, et à l’Albanie septentrionale de nos jours.
PRE VESA, v. de la Turquie d’Europe (Albanie), dans Teyalet de Janina, petit port à l’entrée du golfe d’Arta, à 57 kil. S. -O. d’Arta ; 5,000 hab. Connu, d’huiles, de fruits, laines, grains, tabac. Aux environs sont les i uiues d’Aclium et de Nicopolis. Les Turcs en 1538, les Vénitiens en 1684, les Français en 1797, prirent Prévésa; ces derniers y tinrent, Tannée suivante, 600 contre 11,000; mais la ville fut reprise et saccagée, cette année même, par Ali, pacha de Janina.
PREVILLE (Pierre-Louis Dubus, dit), célèbre acteur comique, né à Paris en 1721, m. en 1799, joua d’abord en province, à Dijon, Rouen, Strasbourg, devint ensuite directeur du théâtre de Lyon, et fut appelé à Paris en 1753 pour débuter à la Comédie-Française. Il excellait dans les rôles de Sosie, de Turraret, de La Rissole (du Mercure galant ), du Bourru bienfaisant, et de Figaro. Il prit sa retraite en 1786, et ne reparut plus que deux fois sur le théâtre, en 1791 et en 1794. On a publié sous son nom des Mémoires, rédigés d’après de simples notes qu'il avait laissées, Paris, 1813, 1 vol. in-8°; ils se trouvent aussi dans la collection des Mémoires sur l'art dramatique, 1823. Picard, qui avait vu Préville, le jugeait ainsi : “ Il réunissait au naturel la chaleur, l’esprit, la grâce et la verve; jamais comédien n’est mieux entré dans la pensée de l’auteur. »
PRÉVOST-D’EXILES (L’abbé Antoine-François), romancier, né à Hesdin (Artois) en 1697, m. ep 1763, était fils d’un procureur du roi au bailliage d’Hesdin, fit de bril* lautes études chez les Jésuites, et se laissait destiner à l’état ecclésiastique, lorsque la fougue de son caractère et la vivacité de son imagination le jetèrent dans l’état militaire dès l’âge de 16 ans. Mais presque aussitôt, dégoûté par la discipline, il revint chez les Jésuites, qui l’accueillirent avec bonté. Son inconstance naturelle et ses passions le ramenèrent à la profession des armes, et, pendant 4 ou 5 ans, il mena une vie fort dissipée. A 22 ans, laà de sa folle existence, il chercha un asile chez les Bénédictins de SLMaur, fut ordonné prêtre, et prêcha même avec beaucoup de succès. Envoyé à l’abbaye de Sl-Germain-des- Prés, il prit part aux travaux historiques des pieux cénobites, tout en occupant son esprit de fictions mondaines. Cependant la vie claustrale lui était antipathique, et un jour l’amour du monde se réveilla si violemment en lui , qu’il s’enfuit en Hollande, 1729. Ce fut lâ que la nécessité le fit homme de lettres. Il publia sou premier roman , les Mémoires d'un homme de qualité, 1729, 6 vol. in-12 , commencé à S*-G«rmain-des— Prés , et qui obtint un grand succès. Il passa ensuite en Angleterre, où il donna Cléveland, 1732, 6 vol. in-12, et T Histoire de Manon Lescaut et du chevalier Desgrieux, 1733, in-12, qui ne furent pas moins bien accueillis En 1735, il obtint la permission de rentrer en France, où le prince de Conti le nomma son aumônier. Continuant sa vie littéraire, il publia le Doyen de Killcrine, 1736, 6 vol. in-12, entreprit une Histoire des voyages, 1746-1761, 68 vol. in-12, enfin traduisit de Richardson, en les abrégeant, et quelquefois les paraphrasant, Pamélla , Clarisse, et Grandissons et de Cicéron, les Lettres dites familières , 1745. Labbé Prévost revint à des sentiments d’une piété sincère, vers la fin de sa vie. 11 s’était retiié à S*-Kirmin, près de Chantilly, lorsque, pendant une promenade solitaire, il tomba frappé d’apoplexie. La justice, avant à vérifier si cette mort n’était pas la suite d’un crime, ordonna l’autopsie; la vie n’était que suspendue : le fer de l'opérateur fit jeter un grand cri au prétendu mort, mais il était blessé mortellement et succomba aussitôt. Prévost avait beaucoup d’imagination ; ses romans sont dans le genre sombre, et bien que la composition en soit négligée et diffuse, on y trouve des scènes d’un véritable pathétique. Ecrivant pour vivre, il travaillait à la hâte, et avec une facilité merveilleuse ; cependant il avait naturellement les qualités d’un bon écrivain; sa traduction des Lettres de Cicéron , entre autres , est écrite d’un style élégant, facile, et pur, on y rencontre beaucoup de fautes d’interprétation. Les ouvrages de Prévost, dont nous avons omis les plus faibles, forment plus de 170 vol. in-12. On a publié ses Œuvres choisies, sans V Histoire des voyages, en 1783-85, 39 vol. in-3°, édition
PRÈ
PRÉ
réimprimée à Paris en 1010, 39 vol. in-0», fig. C. D — y.
Prévost (Pierre), peintre, né en 1764 à Montigny près de Châteaudun, m. en 1823, fut élève de Valenciennes, et cultiva le paysage dans le genre du Poussin. Mais il s’est rendu célèbre par les tableaux en Panoramas , dont il passe pour être l’inventeur. Ils furent exposés à Paris, avec le plus grand succès. Peints à l’huile, avec une vérité scrupuleuse dans la forme et dans le ton des objets, ils produisaient une illusion complète. Leurs proportions, de 100 à 120 mètr. de développement circulaire, étaient la plus grande forme que l’on eût encore donnée à la peinture sur toile, et même à la peinture murale. Il représenta ainsi, successivement, Paris, Rome , Naples, Amsterdam , Boulogne , au moment du camp pour l'invasion de l’Angleterre , Tillitl, la Bataille de Wagram , A m ers, Londres, Jérusalem, et Athènes. Prévost peignit aussi la gouache , et atteignit presque à la perfection du genre.
Prévost ( Pierre), littérateur, né à Genève en 1751, m. en 1839, fut appelé à Berlin en 1780 pour enseigner la philosophie à l’Académie noble, retourna dans sa patrie en 1784, y professa les belles-lettres , devint membre du grand-conseil en 1786, et reprit en 1793 l’enseignement de la philosophie, qu’il changea en 1809 contre celui de la physique. On a de lui : Essais de philosophie, 1804 ; Mémoires sur le calorique rayonnant ; Notice sur Lesage, etc. 11 a aussi traduit en français les tragédies A’ Euripide, 1782; les Essais philosophiques d’Adam Smith, les Eléments de philosophie de Dugald Stewart, le Cours de rhétorique de Blair, V Essai sur le principe de la population de Malthus, etc.
Prévost t Constant), naturaliste, né à Paris en 1787, m. en 1856 /manifesta de bonne heure un goût très -vif pour les sciences naturelles; il se consacra à l’étude de la géologie, professa à l’Athénée royal et h l’Ecole centrale des arts et manufactures , fut appelé , en 1831 , à la Faculté des sciences de Paris, dans la chaire de géologie qui venait d’être créée, et nommé membre de l’Institut (Académie des Sciencesj en 1848. 11 démontra le premier combien l’étude des phénomènes qui se manifestent actuellement sur notre globe est utile pour l’explication de ceux qui se sont produits autrefois, et soutint que les changements qui s’opèrent de nos jours à la face de la terre doivent faire connaître le mode de formation des grands dépôts géologiques. Cette théorie, qu’il soutint dans une foule d’écrits solides ou ingénieux, a été vivement contestée ; mais il réunit tous les suffrages dans une étude qu’il fit des falaises de Normandie pour déterminer le nombre des superpositions, et les caractères des terrains compris entre les roches primordiales et les formations tertiaires, et posa les bases d’une classification de ces terrains. Les géologues ont généralement admis l’explication qu’il a donnée le premier des mélanges et des altérations de corps marins et d’eau douce dans un même bassin, par des affluents fluviatiles plutôt que par des retours successifs de la mer, et sa théorie sur la formation des montagnes. En 1831, l’Académie des Sciences le choisit pour aller observer l’île Julia ( V. ce nom). Les principaux ouvrages de Prévost sont : Essai sur la constitution physique et géognostique du bassin de Vienne en Autriche (Journal de Physique), 1821 ; Sur la composition gèognostique des falaises de la Normandie, avec un grand tableau du terrain, Mémoire lu à l’Académie des Sciences en 1820 et 1821 : il n’en a été publié que des extraits ; Essai sur la formation des terrains des environs de Paris ( Bulletin de la Société philomatique), 1825 et 1827, avec plusieurs coupes théoriques du bassin de Paris; Examen géologique de cette question : Les continents que nous habitons ont-ils été à plusieurs reprises submergés par la mer? (Mémoires de la Société d'histoire naturelle de Paris, t. iv, 1828) , reproduit, avec le Mémoire sur Vienne et plusieurs autres, dans un vol. in-8°, publié sous le titre de Documents pour l'histoire des terrains tertiaires; Notes sur l'ile Julia, pour servir à l'histoire des montagnes volcaniques (Mémoires de la Société géologique, 1835); Résumé des observations faites sur la géologie de la Sicile (Bulletin de la Société géologique); Sur la chronologie des terrains et le synchronisme des formations (Recueil de l’Académie des Sciences, 1845). On lui doit aussi de nombreux articles dans le Dictionnaire classique et dans le Dictionnaire universel d’histoire naturelle, ainsi que dans les Bulletins de la Société philomatique, de la Société géologique, et dans les Comptes rendus de l'Académie des Sciences.
PRÉVÔT ( ), officier d’artillerie, français,
servant dans l’armée russe au siège (l’Otchakow, en 1788, inventa les fusées incendiaires dites plus tard fusées à la Congre ve.
prévôt (du latin prœposilus, placé au-dessus), nom qui s’appliquait autrefois à divers magistrats. Originairement,
les prévôts furent les hommes spécialement voués h la fonction de juges : le défaut de lien social dans la féodalité, et le système presque impraticable du jugement par les pairs, firent naître cetto classe de magistrats, gent le pouvoir et l’importance s’accrurent surtout quand les guerres privées et les duels judiciaires disparurent. Il en existait, du reste, dès le temps de Louis VI. On appelait encore Prévôts certains officiers de police rurale, chargés de veiller au maintien des droits du seigneur, de recueillir ses rentes, de rappeler aux vassaux leurs obligations. Le prévôt spécial qui avait la garde des moissons, sc nommait Messier. Le titre de prévôt fut aussi donné quelquefois à des doyens de chapitre. B.