SOUVERAINS DE LA PROVENCE
Boson , gouverneur ,
puis roi 879
Louis l’Aveugle.. 888 ou 889 Hugues de Provence. . 923
Comtes bénéficiaires.
Boson Ier 926
Boson II 948
Guillaume Ier 968
Rothold 992
Guillaume II , premier comte propriétaire. . . 1008 Geoflroi 1er , Bertrand Ier et Guillaume III 1018
Comles héréditaires.
Bertrand II 1063
Etiennette 1093
Gerberge et Gilbert. . 1100 Douce et Raymond-Bérenger Ier ( comte de
Barcelone 1112
Bérenger 1130
Raymond-Bérenger II. 1144 Doucell, AlphonseIer, Raymond - Bérenger U1 et Sanche.. 1166
Alphonse II 1196
Raymond - Bérenger IV 1209
Béatrix et Charles d’Anjou , frère de Si Louis , depuis roi
de Sicile 1245
Charles II , le Boiteux , roi de Naples et de
Sicile 1285
Robert, de Naples. . . . 1309 Jeanne, de Naples .. 1343 Louis 1er, duc d Anjou, fils de Jean II , roi de France , adopté par
Jeanne 1382
Louis II 1384
Louis 111 1417
René , dit le Bon , duc de Lorraine , puis roi
de Naples 1434
Charles III , comte du
Maine 1480
Louis XI , roi de
France 1481
Réunion à la France .. . 1487
PROVERBES (Les), un des livres de l’Ancien Testament, en 31 chapitres; les 29 premiers sont de Salomon; le 30e d’Agui , et le 31® de Samuel. La simplicité et la finesse forment le fonds de ce recueil de sentences morales et religieuses. , L — r.
PROVIDENCE, v. des États-Unis, une des capitales de l’Etat de Rhode-Island ( l’autre est Newport), à 48 kil. N.-N.-O. de Newport , sur la rivière Providence , près de la baie de Narragansett , par 41° 49’ 32” lat. N. et 73® 45' 12" long. O.; 50,689 hab. Université, bibliothèque. Bon port. Nombreuses filatures de laine et de coton , teintureries, tissus imprimés; construction de machines, minoteries, scieries de bois et de marbre, quincaillerie, etc. Armements pour la pêche de la baleine et de la morue. Comm. important avec 1 intérieur. Chemius de fer. Providence fut fondée eu 1636.
providence (Canal de la), détroit qui sépare le Grand banc de Bahama du Petit banc.
providence (nouvelle-), une des îlesBahama, à 1 O. de celle de Sl-André, par 25" 4' 33" lat. N., et 79° 42 21 long. O.; 40 kil. sur 15; 10,000 hab. Ch.-l. Nassau.
providence (vieille-), une des iles Antilles, par 13. 26' lat. N., et 82° 56' long. O. ; 17 kil. sur 8.
providence (Filles de la), congrégation instituée, veis 1630, par Marie Luniague, veuve de François Polaillon, résident de France à Raguse.
PROVINCE, Provincia, nom donné par les lîomains aux contrées qu’ils réunissaient, après la conquête, au territoire de la République, en y envoyant un magistrat pour les gouverner et commander les troupes. Aprèsavoir vaincu l’Italie péninsulaire, au S. du Rubicon et de la Macra, ils l’avaient ménagée et couverte de munieipes, de colonies, de villes fédérées. ( V . ces mot>). On avait institué, vers 256, quatre questeurs provinciaux , à Oslie, a Calés, dans l’Ombrie, et dans la Calabre, et étendant leur juridiction, le 1er sur l’Etrurie, la Sabine et le Latium ; le 2®, sur la Campanie, le Samnium, la Lucanie et le Brutium ; le 3e, sur l’Ombrie, le Picénum, et la côte de l’Adriatique jusqu’à l’Apulie ; le 4®, sur le reste de la péninsule au S.-E. Mais les fonctions toutes financières et administratives de ces magistrats, institués pour veiller sur les secours en hommes et en argent que les alliés latins et italiens devaient à la République, n’impliquaient aucune puissance politique sur leur gouvernement intérieur. Au contraire, les conquêtes faites en dehors de l’Italie portèrent le nom de Provinces, mot qui désigne une situation nouvelle, celle de sujets soumis à l’autorité du sénat et du peuple romain, autorité exercée par un magistrat investi d’un pouvoir absolu. Jusqu’à l’Empire, on forma
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successivement 17 provinces : 1° Sicile, réduite après la lre guerre punique, en 241, à l’exception de la partie orientale, laissée à Hiéron, et qui fut réunie en 210 au reste de la province ; 2 « Sardaigne et Corse, cédées par Carthage après la révolte des mercenaires de Sardaigne, 238, conquises au bout de 9 ans de guerre, et réunies sous le gouvernement du même préteur; 3° et 4° Espagne cilêrieure et Espagne ultérieure, formées en 197 , mais complètement soumises après la prise de Numance seulement en 133, à l’exception encore des montagnards des Pyrénées, Vascons, Astures et Cantabres, qui ne furent réduits que par Auguste; 5° Macédoine, réduite par Métellus Macédonicus, 147, et comprenant , outre la Macédoine, l’Epire, la Thessalie, l’Acarnanie, l’Etolie, l’Illyrie méridionale ou grecque, enfin, pendant environ 50 ans, la Grèce même ou Achaïe; 6° Afrique, anc. territoire de Carthage, réduite après la prise de cette ville, 140 , et agrandie, après la ruine de Jugurtha, d’une partie de la Numidie orientale ou Massylie, 106; 7° Asie, anc. royaume de Pergame, réduit après la défaite d’Aristonic, 129, et comprenant la Petite -Phrygie, la Mysie, l’Eolide , la Lydie, l’Ionie, la Doride (moins Rhodes), la Carie (moins la Pérée des Rhodiens) ; la Grande-Phrygie et la Pisidie furent attribuées, tantôt à la province d’Asie, tantôt à celle de Cilicie ; 8° Province proprement dite , partie S.-E. de la Gaule Transalpine, conquise des Alpes au Rhône par Sextius, 123, étendue jusqu’à l’Aude par la fondation de Narbonne, 118, et jusqu’à la Garonne et aux Pyrénées par les conquêtes de Pompée, 76; 9° Gaule Cisalpine, soumise une lre fois en 222, une 2e en 190 , mais qui ne paraît avoir été véritablement réduite en province qu après les guerres des Cimbres et des Teutons, vers 101, et à laquelle furent jointes, jusqu’à Auguste, l’illyrie septentrionale et l’Istrie ; 10° Achaïe, c.-à-d. la Grèce continentale au S. de l’Œta et à l’E. du Parnasse , le Pélopoiiése et les îles, soumise en 146, n’eut pas d'abord un gouverneur particulier, mais fut jointe à la Macédoine, et l’était encore, au témoignage de Plutarque, lors du passage de Lucullus en Grèce; elle paraît en avoir été séparée en 89, époque où elle était administrée par un prêteur indépendant, de même qu’en 75; mais on la retrouve réunie, en 56, à la Macédoine, sous l’autorité de Calpurnius Pison ; Auguste la sépara définitivement; 11° Cilicie, enlevée par Sylla au roi de Cappadoce en 92, avait un propréteur en 80, mais n’appartint véritablement aux Romains qu’aprés l’extermination des Pirates, 67 ; elle comprenait, outre la Cilicie, la Grande-Phrygie et la Pisidie détachées de la province d’Asie, la Pamphylie, la Lycaonie, la Myliade, l’Isaurie conquise de 78 à 75, et Chypre en 58; 12° Bilhynie , léguée aux Romains par Nicomède III, 75, et augmentée, après la défaite de Mithridate, de la Paphlagonie et d’une partie du Pont, 65; 13° Syrie et Phénicie, réduite par Pompée en 64 av. J.-C.; 14° Crcle, en 67, par Métellus Créticus; on y réunit la Cyrénaïque , léguée au peuple romain depuis 96 ; 15° Gaule Transalpine, soumise par César de 58 à 50; 16° Numidie , anc. partie de la Numidie Massylienne laissée en 106 à Hiempsal II et Mandrestal, réduite par César en 46, lorsque Juba eut fait alliance avec les Pompéiens; 17» Egypte, réduite par Octave après la mort de Cléopâtre, 30
Les gouverneurs, ayant le titre de proconsuls ou de propréleurs, tiraient ordinairement les provinces au sort; quelquefois elles leur étaient assignées directement par le sénat: la loi ne les leur accordait que pour un an; il fallait des décrets spéciaux du peuple pour les conserver pendant plusieurs années. Le sénat ou le général vainqueur rédigeait la formule de chaque province, c.-à-d. la loi qui déterminait la quotité du tribut et la condition fa'te aux vaincus, lesquelles variaient d'une province à 1 autre. Toutes les villes d’une même province n’étaient pas également traitées : elles gardaient généralement leur organisation intérieure et leurs fêtes religieuses ; mais les unes étaient exemptes de l’impôt ou avaient le titre de colonie latine, ce qui ouvrait à leurs citoyens l’accès de la cité romaine ; les autres , sous le titre de fédérées et de cilés libres, exemptes de l’impôt foncier ( vecligal ), étaient soumises à des prestations en nature ( slipendium ), vaisseaux, matelots, provisions de bouche ; d’autres, appelées tributaires ( vectigales ), payaient la capitation, l’impôt foncier, en argent ou en nature (dîmes), les droits de douane (p orlorium ) , les redevances pour la jouissance des pâturages publics , des mines et des salines; il faut ajouter les impôts extraordinaires, corvées pour la réparation des routes , logement des troupes , vivres pour la flotte et l’armée , fournitures à faire au préteur et à sa suite tou-
jours nombreuse , ce qui donnait lieu à d’intolérables exactions. Le gouverneur avait une autorité absolue, à la fois civile et militaire, et la déléguait à ses lieutenants et au questeur qu’il emmenait avec lui dans sa province : celle-ci était divisée en plusieurs districts, dits fora ou convcntus juridici , que le gouverneur parcourait tour à tour pendant l’hiver, pour juger les appels des tribunaux des villes et de ses lieutenants. Ruinés par les dépenses qu’ils avaient faites à Rome pour acheter leur charge, ou voulant acheter à leur retour une plus haute magistrature , les gouverneurs pressuraient les provinces , et il était rare que les provinciaux qui avaient à se plaindre d’un proconsul , effrayés par les menaces de son successeur, osassent porter leur plainte au sénat : à Rome, le magistrat prévaricateur était défendu, et par l'argent volé à la province, qu’il répandait pour se faire absoudre, et par les publicains , complices de ses déprédations et devenus ses juges, enfin par les plus nobles citoyens, qui, devenus, sous des prête-noms, les créanciers des provinces et des rois alliés, exigeaient de leurs débiteurs des intérêts énormes. Pour faire condamner un gouverneur, il fallait, comme dans le procès de Verrès, que les juges voulussent frapper un ennemi politique. Cette intolérable servitude explique la fréquence des révoltes , la facilité que rencontrèrent à soulever les provinces tous les ennemis de Rome, Sertorius en Espagne, les esclaves en Sicile, Mithridate en Asie , enfin l’empressement avec lequel les provinciaux accueillirent , en haine de l’autorité du sénat et du peuple , le despotisme des empereurs , qui surveillaient avec jalousie les gouverneurs et défendaient les provinces de l’oppression. Auguste, frappé des désordres qu’avait fait naître la réunion, entre les mains d’un même magistrat, de toutes les fonctions civiles, administratives et militaires, commença de séparer les pouvoirs : au sénat et au peuple furent données les provinces depuis longtemps soumises, et qui n’avaient pas besoin de fortes garnisons. Les gouverneurs de ces provinces sénatoriales n’exercèrent que le pouvoir civil ; dans de très-rares circonstances , on leur accordait le commandement d’une armée. Ils étaient nommés en apparence par le sénat, en réalité par l’empereur ; car Auguste choisissait, parmi les consulaires et les prétoriens, un nombre de candidats égal à celui des provinces, et on tirait ensuite les provinces au sort. Ce n’était donc pas l’élection des magistrats, mais seulement la distribution des provinces , qui était, indépendante de la volonté du prince. En droit, et le plus souvent en fait, les gouverneurs des provinces sénatoriales ne restaient en charge qu’une année. Ils avaient toujours sous leurs ordres un questeur pour l'administration des revenus de la province. Mais à côté de ce magistrat, et surveillant le proconsul lui -même , était le procurateur du fisc ou de César, chevalier ou même simple affranchi, chargé, dans chaque province, de l'administration des anciennes terres publiques, devenues domaines impériaux. Supérieurs en dignité hiérarchique aux gouverneurs des provinces impériales, les proconsuls du sénat leur étaient inférieurs en force et en puissance. En effet, les gouverneurs des provinces impériales pouvaient, sous les noms divers de lieutenants de César, procurateurs, présidents, préfets, exercer le pouvoir civil et militaire, et garder leur gouvernement autant de temps qu’il plaisait à l’empereur. Pouvant ainsi étudier les besoins des provinces , et recevant un traitement fixe qui ne laissait plus de prétexte à leurs exactions, ils faisaient jouir les provinces d’une administration plus éclairée et plus probe. Au sénat et au peuple étaient assignées : 1° la Sicile; 2° la Sardaigne, avec la Corse; 3° la Béhque (26 av. J.-C.), comprenant le S. de l’anc. Espagne Ultérieure ; 4“ la IVarôojmaise, anc. Prov. proprement dite de Gaule; 5° Y Afrique, comprenant la Numidie; 6° la Crète, avec la Cyrénaïque; 7° Y Achaïe, comprenant le Péloponèse, les Cyclades, l’Hellade propre, la Thessalie et l’Epire; 8° la Macédoine ; 9° l’Asie; 10" la Bithynie, comprenant la Paphlagonie et le Pont; 11° Chypre. L’empereur garda les provinces qui, situées sur les frontières ou habitées par des peuples turbulents, avaient besoin d’être maintenues par une force militaire imposante : 1° la Lusitanie, le N. -O. de l’anc. Espagne Ultérieure; 2° la Tarraconaise, anc. Espagne Citérieure; 3° Y Aquitaine ; 4° la Celtique ou Lyonnaise; 5° la Belgique, formées toutes trois (27 av. J.-C.) de la Gaule Transalpine conquise par César; 6° la Dalmatie ou lllyrie; 7° la Syrie, comprenant la Phénicie, et la Judée, qui y fut annexée (6 ap. J.-C.); 8° la CUicie-, 9° YÉgyple. Des provinces anciennes non comprises dans ce partage, la Numidie avait été réunie à l’Afrique, puis en fut séparée par Caligula; la Cisalpine avait été assimilée à l’Italie, étendue alors jus-
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qtfnnx Alpes, et formait trois des onze régions entre lesquelles Auguste avait séparé toute la péninsule, restée en dehors du partage. Cette organisation persista jusqu’à Dioclétien, mais non sans que les besoins de l’Empire ou le caprice d’un prince fissent passer quelquefois des provinces d’un ordre dans l’autre : ainsi , la Sardaigne fut rendue par Néron au sénat, ce qui prouve qu’un des empereurs entre Auguste et Néron l’avait rangée parmi les provinces impériales. Les pays que les Romains soumirent après ce partage devinrent toujours des provinces impériales; ce furent : 1° la Galatie avec la Lycaonie, à la mort d’Amyntas, 25; 2° les Alpes maritimes, vers 14 av. J.-C.; 3° la Pamphylie, qui eut un gouvernement spécial en 10 av. J.-C.; 4° la Rhétie , avec la Vindélicie ; 5° le Norique; 6° la Pannonie; 7° la Mœsie; 8° la Germanie supérieure ; 9° la Germanie inférieure, séparées de la Belgique dans les dernières années de l’ère ancienne. Ainsi , 29 provinces, dont 1 1 sénatoriales et 18 impériales, formaient l’empire romain à la mort d’Auguste (14 ap. J.-C.). — L’époque de la plus grande extension de l’Empire fut à la mort de Trajan ; de nouvelles provinces avaient été formées ; c’étaient : 1° sous Tibère, la Cappadoce , après la mort du roi Archélaos, 17; 2° sous Caligula, la Numidie, 39, séparée de l’Afrique à laquelle Auguste l’avait réunie; 3° et 4° sous Claude, 43, la Mauritanie Césarienne et la Mauritanie Tingitane; 5° sous Claude, la Thrace, 46, réduite en province à la mort de son dernier roi Rhémétalcès II, et qui paraît avoir été rattachée à la Mésie jusqu’au règne de Vespasien, qui lui donna une organisation propre; 6° la Bretagne, dont la côte S.-E. fut d’abord seule réduite : l'ile entière ne le fut que par Agricola sous Domitien ; 7° la Judée, donnée par Claude à Agrippa, petit-fils d’Hérode-, enlevée par le même empereur à son fils Agrippa II, annexée , sous l’autorité d'un chevalier, au gouvernement de Syrie, comme elle l’avait été sous Auguste (47), et séparée définitivement de la Syrie par Vespasien; 8° la Lycie, enlevée aux Rhodiens (42), mais bientôt unie à la Pamphylie; 9° sous Néron, le Pont Polémoniaque, par la cession du roi Polémon II , 63 ; mais il ne forma que peu de temps une province séparée, et, dés le règne de Vespasien, parait réuni à la Bitliynie; 10» les Alpes Cottiennes, à la mort du roi Cottius, 65; 11° sous Vespasien, la Thrace , renfermant les Thraces d’Europe et ceux d’Asie, sous le nom d ' Hellespont : elle parait avoir duré peu de temps, car sous les premiers successeurs de Vespasien, les villes asiatiques de l’Hellespont appartenaient, comme jadis, à la province d’Asie, tandis que la Thrace d’Europe fut maintenue comme province; 12° les fies, province formée de Rhodes, Samos, et autres îles de ces parages, 73; 18° la Comayène, enlevée au roi Antiochus vers 71: 14° la Cilicie -Trachée (71), dont une partie avait été donnée par Caligula au roi Antiochus de Comagène, une autre par Claude à Polémon II, roi de Pont, fut rattachée à la Cilicie; 15° Gallécie et Aslurie, détachée de l’Espagne citérieure; 16° sous Trajan, )a Dacie, après la défaite de Décébale, 104; 17° l’4rmenie mineure, 106; 18° V Arménie majeure; 19° l 'Assyrie; 20° la Mésopotamie ; 21° Y Arabie; 22° la Pannonie, bientôt divisée en Pannonie supérieure et Pannonie inférieure ; 23° V Italie Transpadane. Ainsi il y avait 48 provinces, dont 1 1 sénatoriales, et 37 impériales, en ne tenant compte ni de l’Hellespont, qui ne subsista pas, ni de la Citicie-Trachée, du Pont Polémoniaque, et de la Lycie, réunies à des provinces voisines.
L’empereur Adrien subordonna le pouvoir militaire au pouvoir civil , aussi bien à Rome que dans les provinces. Par la promulgation de Y Edit perpétuel, il avait délivré l’Italie de l’instabilité du droit prétorien : Marc-Aurèle, en rendant Y Edit provincial, étendit ce bienfait à tout l'Empire, et donna aux provinces l’uniformité du droit civil. Caracalla, en accordant à tous les habitants libres de l’Empire le droit de cité, fit disparaître les anciennes distinctions politiques de Latins, d'Italiens, de Fédérés et de Sujets. Les provinces les plus récentes furent assimilées aux parties les plus privilégiées de l’Empire, à l'Italie, à Rome même. Quant au nombre des provinces, il augmenta, pendant cette période, de 48 à 64 : mais ces nouvelles provinces ne sont que des démembrements des anciennes, et la plupart sont d’une date incertaine. En Asie, Adrien abandonna aux Parthes les provinces trans-euphratésiennes, Arménie majeure, Assyrie, Mésopotamie : celle-ci fut cependant recouvrée par Marc-Aurèle , et Septime- Sévère la maintint dans la dépendance de l’Empire. La Phénicie ou Syro-Phénicie fut détachée de la Célésyrie ou Syrie propre par Adrien; le Pont, de la Bitliynie, avant le règne de Bàlbin, 237. En Afrique, la Tliebmde eut un gouvernement indépendant de celui du reste de l’Egypte,
en 253. En Europe, YEpire et la Thessalie furent détachées de l’Achaïe, la 1™ par Adrien, la 2« avant Alexandre Sévère. Les provinces d'Europe et d’ Hémimont ne sont nommées que sous Yalérien, et l’on croit que deux autres provinces, de Thrace propre et du Rkodope, existaient aussi à cette époque. La Mésie supérieure et la Mésie inférieure furent formées par Adrien de l’ancienne Mésie : la Dacie Aurélienne ou Cisdanubienne, séparant les deux Mésies, fut établie par Aurélien (274) pour des colons romains ramenés de la Dacie Trajane ou Transdanubienne, qu’il abandonnait aux Barbares ; la R lié lie première et la Rhétie seconde se formèrent sous Marc-Aurèle, la lre de la Rhétie propre, la 2e de la Vindélicie, jusqu’alors réunies sous le nom commun de province de Rhétie. La Vénétie- [strie fut détachée de la Transpadane à une époque incertaine, mais avait un correcteur avant Dioclétien. La Bretagne fut divisée par Septime-Sévère en Bretagne supérieure et Bretagne inférieure. Enfin l’Italie Cispadane, jusqu’alors restée par privilège en dehors de l’administration commune, fut partagée par Adrien en quatre provinces : Lucanie- B rutium , Apulie-Calabre, Campanie-Samnium , Ombrie-Tuscie-Picénum ; les gouverneurs de ces quatre provinces étaient consulaires, et avaient le titre de judices, que Marc-Aurèle changea en celui d ejuridici, et Macrin en celui de correclores; la dernière province, la plus considérable, fut séparée, à une époque incertaine, peut-être sous Septime-Sevère , en Elrurie-Ombrie et E laminie-P icénum , provinces qui ne comprenaient de l’Etrurie et du Picénum que les parties dites annonaires ; les plus voisines de Rome formaient, avec la Sabine et le Latium, la Région suburbicaire, c.-à-d. la banlieue de Rome, soumise à la juridiction du préfet de la ville. C’étaient donc, pour l’Italie Cispadane, 6 divisions politiques, dont les 5 premières furent réunies temporairement sous Aurélien , entre les mains de Tétricus, avec le titre de correcteur de toute l'Italie. La séparation complète des fonctions civiles et militaires; la division de l’Empire en télrarchies (F. ce mot); l’abolition de l’ancienne distinction des provinces sénatoriales et impériales, l’Italie réduite à la condition commune, non plus seulement par des divisions de territoire analogues à celles du reste de l’Empire, comme avait fait Adrien, mais en payant les impôts dont elle avait été jusqu’alors exemptée, toutes ces réformes furent faites par Dioclétien, maintenues et perfectionnées par Constantin le Grand et ses successeurs : Constantin divisa l’Empire en quatre préfectures subdivisées en diocèses (F. ces mots ) ; les trois administrations civile et judiciaire, militaire, fiiancière, séparées, furent confiées, dans chaque préfecture, à un préfet du prétoire, à un maître de la milice, au comte des largesses impériales de chaque Empire après leur séparation définitive; dans chaque diocèse, à un vicaire, à un comte militaire, à un comte des largesses; dans chaque province à un consulaire, correcteur ou président, à un duc, à un rationalis ou procurator. De 64 provinces qu ■ l’on comptait à l’avénement de Dioclétien , ce nombre était monté à 118 à la fin du iv' siècle. F. A. Poinsignon, Essai :ur le nombre et l'origine des provinces romaines , Paris, 1846, in-8°; et dans ce Dictionnaire, Occident, .Orient.
province, nom que porta, jusqu’à Auguste, la partie de la Gaule Transalpine conquise par les Romains avant César C’est de ce nom que nous avons fait le mot Provence. V. N AR BON AISE.
province , nom donné , dans les ordres religieux , à la réunion des couvents d’un même pays ou d’une même langue.
PROVINCES-UNIES , Etat fédératif formé en 1579, par l’acte d’Utrecht , entre les 5 provinces de Hollande, de Zélande, d’Utrecht, de Gueldre et de Frise, auxquelles s’ajoutèrent celle d’Over-Yssel , la même année, et celle de Groningue en 1594. Elles étaient toutes démembrées du cercle de Bourgogne. La république des Provinces - Unies dura jusqu’en 1795. F. Hollande, Pays-Bas.