P RO
PilOME, v. de l’Indo-Chjne anglaise, sur la rive g. de l’Iraouaddy ; 40,000 liah. Autrefois fortifiée et importante. Connu, de bois de tek, grains, huile, cire, plomb, fer', ivoire. Les Anglais la prirent en 1825, en 1852, et l’ont gardée depuis. Elle fait partie de la province du Pégou.
PROMETHEE , fils de Japet et de Clymène, une des Océanides , combattit pour Jupiter dans la guerre contre les Titans. Quand le roi des dieux porta Minerve dans son cerveau , ce fut Prométhée qui lui ouvrit la tête d’un coup de hache. Malgré ces services, il encourut sa colère. Selon les uns, il ravit le feu céleste, pour animer l’homme formé par ses mains du limon de la terre; selon d'autres, il immola deux taureaux, enleva leurs peaux avec adresse, plaça dans l’une les os , dans l’autre les chairs, et dit à Jupiter de choisir; le dieu se trompa, et prit les os. Pour se venger, Jupiter retira le feu aux mortels ; mais Prométhée le déroba au ciel, et rendit aux hommes ce principe de leur industrie. Irrité de nouveau, Jupiter ordonne à Yulcain de former une femme du limon de la terre; Vénus, Minerve, Mercure, les Grâces, la Persuasion, la comblent de leurs présents, d’où sou nom de Pandore (tons les dons). Jupiter lui donne une boite mystérieuse, et la fait conduire par Mercure à Prométhée ( prévoyant ) , qui refuse la jeune fille et la boite. Epiméthée (repentant , imprévoyant) , l’accepte, ouvre la boite, et aussitôt s’en échappent tous les maux qui depuis ont désolé la terre. L’Espérance seule reste au fond de la boite. Cependant Jupiter, trompé dans son attente , ordonne à Vnleaiu de clouer Prométhée sur le Caucase, ou un aigle (non un vautour, suivant l’opinion vulgaire doit lui dévorer le foie pendant trente mille ans. Mais, au bout de trente ans, Hercule le délivre, ou, selon d’autres, Jupiter lui-même. Eschyle avait fait sur Prométhée trois pièces : Prométhée ravisseur du feu, Proniéthée enchainé , Prométhée délivré. La 2e seule nous reste. Plusieurs bas-reliefs anciens représentent le supplice et la délivrance de Prométhée. P.
PROMOTEUR, officier ecclésiastique qui, dans les assemblées du clergé, dans les conciles, dans les chambres de décimes, dans les officialités, était la partie publique, et requérait dans l’intérêt public.
PRONE, instruction qui se fait chaque dimanche, dans les églises paroissiales, à la messe, entre l’Evangile et le Credo. C’est à oc moment aussi qu’on annonce aux fidèles les fêtes et jeûnes qui peuvent se trouver dans la semaine, qu’on publie les bans de mariage, qu’on lit les mandements épiscopaux. Dans certaines localités, on recommande encore nominativement les défunts aux prières des assistants.
PRONECTUS, v. deBithynie; auj. Karamoussal.
PRONIA, riv. de la Russie d’Europe, naît dans le gvt de Riazan, au S de Michailov, près de Groznoé, entre dans le gouv. de Toula, revient en celui de Riazan, passe à Michailov et à Pronsk, et se jette dans l’Oka, rive dr., près de Spask. Cours de 225 kil.
PROXÜBA, surnom de Junon présidant aux mariages. Les nouveaux époux lui offraient une oie crue , dont on avait enlevé le fiel.
PRON UNCIAMENTO, c.-à-d. déclaration, acte insurrectionnel par lequel, en Espagne et dans l’Amérique méridionale, un chef militaire se déclare indépendant.
PROXY (Gaspard-Clair-François-Marie Riche, baron de), illustre ingénieur, né à Chamelet ( Rhône I en 1755, d’une des meilleures familles bourgeoises du pays, m. en 1839, fut admis à l’Ecole des ponts-et-chaussées , puis, après diverses missions, attaché à Perronnet,et chargé, en 1787, de suivre la construction du pont de la Concorde à Paris; ce travail lui valut le titre d’ingénieur en chef, 1791. La même année, nommé directeur du cadastre, il présida à la confection de nouvelles tables trigonométriques, et les réunit en 17 vol. gr. in-fol., qui sont conservés en manuscrit à la bibliothèque de l’Observatoire de Paris. En 1798, il devint directeur de l’Ecole des ponts-etchaussées, place qu’il conserva jusqu’à la fin de ses jours. Napoléon Ier, qui, lorsqu'il n'était encore que général, distingua Prony , et voulutl’emmeneren Egypte, le chargea de diverses missions en Italie, pour des études et des travaux sur le dessèchement des Marais Pontins, sur la régularisation du cours du Pô, sur l’amélioration des ports de Gênes, d’Ancône, de Venise. La confiance que l’empereur avait en lui était telle, qu’aucune question touchant au domaine de l’ingénieur civil n’était décidée avant son avis. Eu 1827, il s’occupa d’études pour prévenir les débordements du Rhône. De Prony enseigna la mécanique a 1 Ecole polytechnique ; le Journal de cette école renferme de lui différents Mémoires d’analyse et de mécanique La mécanique industrielle doit à Prony le [rein qui port
son nom. De Prony a beaucoup écrit sur son art. On a de lui, entre autres ouvrages : Architecture hydraulique , 179 0-96, 2 vol. in-4°; Notice sur les grandes tables logarithmiques et trigonométriques adaptées au nouveau système métrique et décimal, 1824, in-4u; Leçons de mécanique analytique, 2 vol. in-4°; Mémoire sur un moyen de convertir les mouvements circulaires continus en mouvements rectilignes , broeh. in-4° ; Mécanique philosophique, ou Analyse des diverses parties de la science de l'équilibre et du mouvement , 1800, in-4°; Analysede V exposition du système du monde pur Laplace, 1801, in-8°; Nouvelle méthode de nivellement triyonométrique, 1823, iu-4°; Recherches sur la poussée des terres, 1802, in-4°; Recherches qihysico-mécaniques sur la théorie des eaux courantes, 1804, in-4°; Description hydrographique et historique des Marais Pontins, Paris, 1822, in-4°, et atlas in-fol , travail très-beau et très complet, qui valut, neuf ans plus tard, à de Prony une lettre très-flatteuse du pape Léon XII, et sera toujours le meilleur guide quand on voudra travailler à ces fameux marais; Cours de mécanique concernant les corps solides, 1815, 2 vol. in-4°. V.
PROPAGANDE (Congrégation de la), fondée à Rome en 1622 par Grégoire XV pour l’extension de la foi catholique, a la direction des missions. Elle se compose de 13 cardinaux, 3 prélats et 1 secrétaire. Urbain VIII y a joint un collège, séminaire de missionnaires.
PROPERCE, Sexlus Aurelius Propertius, poète latin, né à Mevania (Ombrie), vers l'an 701 de Rome, 52 av. J.-C., m. vers Lan 739, perdit, dans les proscriptions d’Octave et d’Antoine, son père et sa fortune, vint à Rome, et se destina au barreau; mais la poésie l’entraîna. Il devint le favori de Mécène, et l’ami de Gallus, d’Ovide, et de Virgile, dont il annonça l’Enéide par un distique célèbre. Nous avons de lui 4 livres d’élégies, où il a beaucoup imité les poètes alexandrins Callimaque et Philétas; mais on y trouve souvent une érudition froide, recherchée, fatigante; son style, rempli d’allusions mythologiques, semble trop savant, et manque un peu de naturel. Inférieur à Tibulle par le sentiment et le mol abandon qui font le charme de l’élégie , il le surpasse par la variété de ses compositions, la vivacité, et quelquefois le lyrisme de son style. Sa versification n’est pas exempte de tout reproche, et les gens délicats y trouvent une certaine rudesse. Néanmoins, il occupe, avec Tibulle, la lre place parmi les élégiaques latins. Les principales éditions de Properce sont celles de Broukhusius, 1702; de Burmann, 1780; de Barth, Leipzig, 1805; de Kuinœl, 1805; de Lachmatin, 1816 ; de Hertzberg, Halle, 1843. Il a été traduit en prose française parDelongchamps, 1772 et 1801, traduction trèsestimable; par La Houssaye, 1785, qui n’a pas égalé son prédécesseur; par J. Genouille, dans la Bibliothèque talinef'ranç. de Panckoucke, 1834, in-8°; Dénué- Baron, dans la collection Nisard; en vers, par Mollevaut, 1821, et par Denne-Baron, 1825, choix des plus belles élégies.
PROPHETES, c.-à-d. en gTec hommes qui prédisent l'avenir. Ce mot peut s’appliquer à tous les auteurs des livres canoniques de l’Ancien et du Nouveau Testament. Mais on ne compte, en général, que seize prophètes, dont quatre grands et douze petits. Les quatre grands sont Isaie, Jérémie, Ezéchiel, et Daniel. Les douze petits sont Osée, Joël, Amos, Abdias, Miellée, Jonas, Nahum, Abacuc, Sophouié, Aggée, Zacharie, et Malachie. Les propliètesi vivaient dans la retraite, et presque tous gardèrent le célibat. Leur vie était austère, et exercée par mille épreuves que Dieu leur suscitait. Il y eut aussi deux prophétesses, Déhora et Holda.
PROPHTHASIE , v. de la Drangiane, sur l’Etymander. Philotas y fut mis à mort par l’ordre d’Alexandre le Grand.
PROPIAC (Catherine-Joseph-Ferdinand Gjrard, chevalier de), littérateur, né vers 1760, d’une famille noble de la Bourgogne, m. en 1823, quitta la France à l’époque de la Révolution, servit dans l’armée des princes, puis se retira à Hambourg. Rentré en France après le 18 brumaire , il fut nommé archiviste du département de la Seine. Il a publié un grand nombre d’ouvrages élémentaires, qui ne sont, pour la plupart, que des compilations ou des traductions, assez médiocres; entre autres : le Plutarque des demoiselles, ou Abrégé des vies des femmes illustres de tous les pays, 3e édit., 18-1 , 2 vol. in- 12; le Plutarque français, 1813, 2 vol. in -12; Beautés de l'histoire delà Suisse, 1817, in-12; Beautés historiques, chronologiques, politiques, et critiques de la ville de Paris , 1821 , 2 vol. in - 12; Dictionnaire d'émulation, 1820, in-12; des traductions françaises des Nouveaux contes moraux d’Aug. Lafontaine, de l'Histoire de Gustave Hasa par Archenholtz, etc.
PROPITIATION, sacrifice qu’offraient les Hébreux pour
PRO
PRO
se rendre Dieu propice et apaiser sa colère. Si l’ou avait péché par ignorance, la victime était un agneau ou un chevreau ; si la faute avait été volontaire, c’était un mouton. Les pauvres offraient deux tourterelles. Il y avait une fête solennelle de Propitiation, en mémoire du pardon que Dieu accorda aux Hébreux qui avaient adoré le veau d’or.
PROPITIATOIRE. V. Arche d'alliance.
PROPONTIDE , Propontis, auj. mer de Marmara, tirait son nom de sa position en avant du Pont-Euxin ; elle communiquait avec lui par le Bosphore de Thrace ( canal de Constantinople], et avec la mer Egée par l’Hellespont (Dardanelles). Elle avait, sur ses côtes occidentales, deux golfes assez profonds, ceux de Cios {MoJorw t) et d’Astakos ou d’Olbia ( Isnik-Mid). Ses côtes étaient couvertes de colonies grecques : au N., Périnthe, Byzance, Chalcédoine, Astakos ou Olhia ; au S., Parium, Priapos, Oyzique, Cios. Ses iles principales étaient : Cyzique, qui ne fut une presqu’île que lorsque Alexandre l’eut unie au continent par une chaussée, Elaphonèse, Besbikos, Proconése : c’est de cette dernière île, appelée auj. Marmara, que toute la mer a pris le nom qu’elle porte maint' naut. C. P.
PROPOSITION (Pains de). V. Pain.
PKOPRETEUKS, gouverneurs des provinces, chez les anciens Romains, créés aux mêmes titres et aux mêmes conditions que les préteurs. Ils avaient 6 licteurs, comme insignes d’autorité ( V. Préteur).
PROPYLËES (du grec pro, devant, et pulai, les portes), nom donné, en général, au vestibule de plusieurs édifices de la Grèce, et, en particulier, an vestibule île l’Acropole d’Athènes. Les Propylées de l’Acropole étaient un ouvrage de défense, destiné à fermer le seul endro.t de la colline qui ne fût pas inaccessible. On avait élevé là un ensemble de constructions, dont le corps principal, placé au milieu, consistait en un portique de fi colonnes dor qnes, surmonté d’un entablement et d’un fronton. 1! conduisait à un grand vestibule divisé en trois allées par deux rangées de colonnes ioniques, au nombre de trois dans chaque rangée, et terminé par un mur percé de cinq portes inégales, correspondant aux cinq entre-colonnements du portique, et aboutissant à un second portique dorique, composé également de six colonnes, qui atteignait au niveau de la plate-forme de l’Acropole. A droite et à gauche de la façade principale, tournée à l’occident, les Propylées étaient flanquées de deux bâtiments ou ailes, qui consistaient l’un et l’autre en un portique ouvert de trois colonnes doriques, faisant retour sur la façade. En arrière de l’aile droite était la Pinacothèque; devant l’aile gauche, le temple de la Victoire Aptère. Un magnifique escaliers de 40 degrés , large de 24 mètres, montait aux Propylées, et remplissait tout l’espace compris entre les ailes. L édifice entier était du plus beau marbre pentélique, et les plafonds en dalles monolithes du même marbre. Sa hauteur était de 18 mét., sa profondeur de 24 mèt. Commencé en 437 av. J.-C., il fut achevé en 5 ans, eut pour architecte ('Athénien Mnésiclès. et coûta 2,012 talents (10,fi9fi,000 fr. ), somme supérieure au revenu annuel de la république. Sous la domination turque, les Propylées furent converties en un magasin à poudre, et ses eutre-colonnements furent murés. Un incendie de ce magasin, en 1656, amena la chute de l'entablement du portique oriental. Dans le siècle suivant, et par le fait de mutilations successives, les Propylées disparurent sous un amas de constructions barbares ; on les abattit en 1835.
V. Beulé, l'Acropole d’ Athènes, Paris, 1854, 1 vol. gr. in- 8° avec figures. F — T.
PROQUESTEUR, Proquœslor, fonctionnaire élu parmi gouverneur de province , pour remplacer son questeur, mort dans l’exercice de sa charge, et dans la province même.
PROSCENIUM, avant- scène du théâtre des anc. Romains. Cette avant-scène était proprement tout ce qu’en termes modernes on appelle théâtre ( V. Scène |.
PROSE, hymne composée de vers sans mesure, consistant en un certain nombre de syllabes, et rimée comme les vers français. On la chante à la messe de certaines fêtes, après le graduel ; de là lui est venu le nom de séquence. C’est au ixe «siècle que l’ou commença de chanter des proses.
PROSELYTES (du grec prosrlthein , s’anprocher), nom donné aux étrangers qui souhaitaient d'être admis à la célébration des fêtes des Juifs, et de jouir de leurs privilèges. Ou distinguait les Prosélytes de ta porte, qui avaient seulement renoncé à l’idolâtrie, reconnu l'unité de Dieu, et que l’on employait aux travaux serviles ; et les Prosélytes de justice, qui, après un examen rigoureux devant trois :
juges, recevaient la circoncision, acceptaient les lois de Moïse, et étaient incorporés à la nation juive.
PROSERP1XE, reine des Enfers, et fille de Jupiter et de Cérès. Elle devint la femme de Pluton, qui l'enleva, soit dans l’Attique à Eleusis, soit dans la Mégaride, dans la Crète, soit à Enna en Sicile, selon la tradition la plus ordinaire. Jupiter, sollicité par Cérès, avait décidé qu’elle lui serait rendue, si elle n’avait rien mangé aux Enfers; mais Ascalaplie révéla qu’elle avait sucé des pépins de grenade. Thésée et Pirithoiis essayèrent vainement de la délivrer. Son culte était très-célèbre dans la Grèce, mais sa légende oftre peu d’incidents. On la révérait à Sardes, à Mégalopolis, dans la Sicile, où la ville d'Agrigente lui était consacrée, à Rome, et à Locrcs. Ses fêtes avaient un caractère mystérieux: quelquefois les femmes seules y étaient admises. La chauve-souris, la grenade, le narcisse, lui étaient consacrés. On lui sacrifiait des génisses stériles. On voit dans les poètes qu’on ne pouvait mourir avant que Proserpine eût coupé le cheveu fatal auquel la vie était attachée. Elle est appelée mère des Euménides, la jeune fille, la souveraine ; Virgile la nomme J un on infernale. On la représente assise près de son époux sur un trône d'ébène, l'air morne, et tenant à la main un pavot. P.
PROSEUQUE. V. Synagogue.
PROSPER ( Saint), né dans l’Aquitaine en 403, m. vers 4fi5, fit partie du clergé de Marseille, et entra en correspondance avec S1 Augustin pour combattre l’erreur des semi-Pélagiens ; il écrivit à ce sujet un Poème contre les Ingrats I qui ne reconnaissent pas la grâce divine ). Sous le pontificat de Léon le Grand, il se rendit à Rome, et, par son zèle et son savoir, contribua à éteindre l'hérésie de Pélage. Il écrivit aussi une Chronique. Fête, le 25 juin. Les meilleures éditions des œuvres complètes do S1 l’rosper sont celles de Paris, 1711, iti-fol., et de Rome, 1752; une traduction en a été imprimée à Paris, 17fi2. Le Poème contre les Ingrats a été traduit en prose française par Lequeux, Paris, 1762; en vers, par Le Maistre de Sacy, 1646.
prgsper tiro, Gaulois et peut-être Aquitain, né vers la fin du ive siècle, est auteur d’une Chronique, qui n’est guère qu'un abrégé de celle de S1 Prosper, et qu’on a imprimée avec elle. On y trouve des traces de semi-pélagianisme.
PROSSNITZ ou PROSTIEGOW, v. des Etats autrichiens ( Moravie ), à 16 kil. S.- S.- O. d’Olmütz; 11,000 hab. Fabr. de draps, toiles, eau-de-vie.
PROSZNA , riv. d’Allemagne, prend sa source à 13 kil. N.-E. de Rosenberg (Silésie prussienne), sépare la prov. de Posen et la Pologne russe, et se jette dans la Wartlia; eours de 21)0 kil. environ.
PROTADE (Saint), évêque de Besançon, m. en 624, jouit d’un grand crédit auprès de Clotaire H. Fête, le 10 février. On a de lui un rituel.
PROTAGORAS, sophiste grec, né à Abdère en 489 av. J.-C., m. vers 420, fut portefaix dans sa jeunesse, reçut les leçons de Démoerite, enseigna à son tour la rhétorique, la poésie et la grammaire, d'abord près d’ Abdère, puis à Athènes, où Périelés lui-même vint l’entendre, et, après avoir amassé une fortune considérable, visita les pr.neipales villes de la Grèce, de la Sicile et de l’Italie méridionale. Il donna des lois aux habitants de Thurium. Revenu à Athènes, il fut accusé d’impiété, s’enfuit sur une barque, et périt en mer. Il avait écrit divers ouvrages, que les magistrats athéniens firent brûler sur la place publique. La doctriue de Protagoras est réfutée dans le Théétète de Platon, qui a aussi donné le nom de ce sophiste à un autre de ses dialogues. Il soutenait que l’homme est la mesure de toutes choses; qu’on peut, sur toute question, plaider également le pour et le contre; que les lois, la vertu, la vérité , sont choses qui dépendent de l’arbitraire et du caprice des hommes; qu’on ne peut savoir s’il y a des dieux , etc. V. Frei, Quœstiones Prolagoreœ , Bonn, 1845, in-8°; Geist, de. Protayorœ vit d, Giessen, 1827, in-4° ; Weber, Quœstiones Prolagoreœ , Marbourg, 1850, in-4°.
PROTA1S (Saint). V. Gekvais (Saint).
PROIE, la plus occidentale des îles Stéchades; auj. Porquerolles, une des iles d’Hyères.
PROTECTEUR, ancien titre officiel du régent en Angleterre; il fut porté par Richard d’York sous Henri VI, et par Glocester sous Edouard V. Ce fut aussi celui que prirent Olivier et Richard Cromwell , 1653-59.
protecteur de France, nom donné jadis à un cardinal chargé de veiller à la défense des iutérêts de la France à Rome.
PROTEE, Proteus , dieu marin, fils de l’Océan et de Téthys, ou de Neptune et de Phœnice, gardait les troupeaux marins de son père. 11 savait l’avenir, mais prenait
PRO
PRO
toutes sortes de formes pour échapper à ceux qui venaient le consulter, et il fallait lutter de persévérance et de force avec lui pour lui arracher ses secrets.
protée, nont que les tirées donnaient à un ancien roi d'Egypte, Suivant une tradition différente de celle d Homère, il reçut Hélène et Paris poussés par une tempête dans scs Etats, retint la première, et ne la rendit qu’à Ménélas, après le siège de Troie.
PROTÉLIES, sacrifices qu’on offrait à Diane, à Junon, à Vénus et aux Grâces, avant la célébration du mariage. Chez les Athéniens, on offrait le sacrifice à Minerve, et la jeune vierge lui consacrait sa chevelure.
PROTÈ8JLAS, fils d'Iphiclus et oncle de Jasott, régna sur une partie de la Thessalie. I.c lendemain de ses noces, il quitta sa femme Laodamie, pour prendre part à la guerre de Troie. Il descendit le premier sur le rivage asiatique, mais fut tué presque aussitôt. Les Grecs célébraient en son honneur des fêtes dites Protésilées.
PROTESTANTS, nom primitivement donné aux sectateurs de la réformation luthérienne , parce qu’ils protestèrent contre la décision de la 2e diète de Spire, qui , en 1529, avait défendu toute espèce d'innovation à l'égard du culte, jusqu'à la réunion d’un concile national tenu en présence de l’Empereur. Cette décision souleva une opposition fort vive dans la minorité des Etats germaniques, à la tête de laquelle se trouvait l'électeur Jean de Saxe, et c’est alors que fut rédigée la protestation renfermant les principes suivants : << L'Eglise catholique ne doit pas se poser en juire de l’Eglise évangélique ; l’autorité de la Bible est supérieure à celle des conciles; la Bible ne doit pas s'iuterpréter par la tradition , mais par elle-même. » A ces principes se rallièrent tour à tour les réformés de la Suisse, de la France, de l’Angleterre et des autres contrées de l'Europe, et c’est ainsi que lé nom de protestants finit par s’appliquer indistinctement à tous les sectateurs de la Réformation, quelle que soit la communion à laquelle ils se rattachent. Malgré la diversité d’opinions qui les séparent sur certains points, tels que, par exemple, les dogmes de la Trinité et du péché originel , les protestants , en général , s’accordent à ne reconnaître d’autre autorité en matière ■ le foi que celle de la Bible ; ils croient que la religion chrétienne est fondée sur une révélation divine renfermée dans les Saintes Ecritures; mais ils prétendent que cette révélation s’arrête aux apôtres, tandis que le catholicisme enseigne qu’elle a été, en outre, continuée par la tradition, par les Pères et les conciles divinement inspirés. Rejetant le principe de l’autorité, sur lequel s’appuie l'Eglise catholique, le protestantisme prit d’abord pour base fondamentale la liberté d’examen , contre laquelle il fut bientôt contraint de réagir avec violent^ .pour arrêter les divisions qui déchiraient son sein. Mais le principe qu’il avait posé devait être suivi d’inévitables conséquences, et l’esprit de controverse ne tarda pas à faire naître, parmi les protestants, une foule de sectes dissidentes, dans lesquelles il est difficile de retrouver aujourd’hui la Réforme, telle que l’avaient précitée Luther, Zwingle et Calvin. Outre les différentes communions protestantes les plus anciennes ( V. Luthériens, Calvinistes , Anglicans, Quakers, Anabaptistes, Moraves, etc.), il s’est formé, sous l’influence de l’interprétation libre de la Bible, plusieurs partis religieux ou philosophiques, dont les principaux sont les partis rationaliste, symbolique, piétiste et panthéiste. Si la destiuée du protestantisme a été de se diviser à l’infini , comme doctrine religieuse , on peut dire également que, comme système politique, il n’était pas moins contraire au principe de l'unité. Accepté par l’esprit froid et raisonneur des peuples du N. et de l’O. de l’Europe, il convenait aux divers Etats de la Confédération germanique, aux Provinees-Unies de la Hollande , aux cantons suisses , de même que, plus tard , importé par les colons anglais dans le Nouveau-Monde, il devait aboutir à la révolution et au fédéralisme des Etats-Unis d’Amérique. Repoussé, au contraire, dans l’Europe méridionale, par le génie tout catholique des peuples de race latine, le protestantisme n’a jeté que de faibles racines en France, où, après avoir donué beu à de longues guerres civiles, il eût peut-être ausai amené le gouvernement fédératif, si la prise de La Rochelle par Richelieu n'eût assuré le triomphe de l’unité politique. — V. Nantes (Edit de). D— r— r.
PKOTIIYRUM , vestibule devant la porte d’une maison, chez les anc. Grecs. — couloir qui , dans la maisou romaine, conduisait de la porte de la rue à l’atrium.
PRO 1 1 , Elea de Pline, une des îles des Princes, dans la mer de Marmara; ainsi nommée parce qu’elle est la première qu’on aperçoit eu venant de Constantinople.
PROTOCOLE , nom que l’on donnait, dans le3 archives du Bas-Empire, à une étiquette en saillie collée an bas des rôles. On l’applique auj. à un formulaire, à un livre où sont les modèles des actes publics. En diplomatie, c’est lo registre où sont inscrits les actes d’un congrès, d'une diète, d’une conférence, et, par suite, les procès-verbaux eux-mêmes.
PROTOGÈNE, peintre grec, néàCaunesen Carie, dans la Pérée des Rhodiens, florissait à l’époque d’Alexandre et de ses successeurs, fl fut longtemps obscur, au point de peindre des vaisseaux jusqu’à l’âge de 50 ans. Apelle fit connaitre son mérite aux Rhodiens, et disait de lui qu’il pouvait lui être égalé et même préféré pour tout le reste, mais qu’il ne savait pas quitter le pinceau, oubliant la grâce à force de rechercher l’exactitude. Protogène était, en effet, célèbre par le soin extrême qu’il apportait à ses tableaux; son chef-d’œuvre était le portrait du chasseur Ialysos, un des héros de Vile de Rhodes : pendant qu’il y travaillait, Dcmétrius Poliorcète vint assiéger Rhodes, et ordonna d'épargner la partie de la ville où était l’atelier du peintre. On admirait surtout dans ce tableau l'écume qui sortait de la gueule du chien , et l’on raconte que l’artiste , désespérant de représenter cette écume avec vérité, avait lancé de dépit, sur le tableau, l’éponge qui servait à essuyer ses pinceaux ; elle forma elle-même cette écume que le peintre ne pouvait imiter. Un autre de ses tableaux représentait une perdrix avec tant de vérité, que des perdrix apprivoisées crièrent à sa vue, comme si elle eût été vivante. Protogène fit les portraits d’Alexandre et de la mère d’Aristote. C. P.
PROTON OTAI RES APOSTOLIQUES, secrétaires de la chancellerie romaine , au nombre de 12, institués par Clément 1er pour écrire la vie des martyrs , assister aux canonisations , dresser les procès-verbaux, etc.
PROTOPAPA. V. Papa.
PROTOSYNCELLE , c.-à-d. le premier des syncelles, dignitaire ecclésiastique de Constantinople , était comme le vicaire du patriarche, le 1er domestique de son palais.
PROUDHON ( J. -B.- Victor) , jurisconsulte, né en 1758 à Chanans (Doubs), d’une famille de cultivateurs, m. en 1888, fut, pendant la Révolution, juge au tribunal de Pontarlier, député suppléant à l’Assemblée législative, puis juge au tribunal civil de Besançon. En 1802, il fit, gratuitement, sur toutes les parties de la législation, des cours auxquels sa réputation attirait jusqu’à des étrangers; enfin, en 1806, il fut investi de la lre chaire du Code civil à l’Ecole de Dijon , et , en 1809 , devint doyen de la Faculté. On a de lui : Cours de léqislation et de jurisprudence françaises sur l'état des personnes , Besançon, an vii (1799), 2 vol. in-8», ouvrage inachevé, mais qui contient de très-belles parties; Cours de droit français sur l’état des personnes , Dijon, 1810, 2 vol. in-8° ; Truité des droits d'usufruit, d'usaqe, d'habitation et de superficie, 1823-27, 9 vol. in-8°, grand ouvrage, que les jurisconsultes regardent comme un des chefsd'œuvre de la science du droit: du Domaine public , on de la distinction des biens considérés principalement par rapport au domaine public , 1833,5 vol. in-8°; du Domaine de propriété , ou de la distinction des biens considérés principalement par rapport au domaine privé , 1839 , 3 vol. in-8°.
PROU1LLE, monastère de religieuses , fondé en 1206 par S1 Dominique , dans le diocèse de Sl-Papcul , à 20 kil. de Carcassonne. Il exista jusqu’à la fin du xvm* siècle.
PROUST, chimiste, élève de Rouelle , né à Angers en 1755, m. à Paris en 1826. Son père était pharmacien ; il le fut aussi, et obtint au concours la place de pharmacien de la Saliêtrière, à Paris. En 1784, il fit avec Pilaire de Roziers une ascension dans un ballon à air chaud. Bientôt il passa en Espagne, et professa à Ségovie, puis à Madrid, où il exécuta ses travaux les plus remarquables. Mais ruiné par la guerre d’Espagne, il revint en France , entra à l’Académie des Sciences en 1816, et reçut de Louis XVIII une pension de 1,000 fr. Il vit, le premier, qu’il existe une constance dans l’oxydation des métaux, et contrairement à Berthollet , il admit que partout en chimie les composés distincts étaient invariables dans leurs proportions. Il donna la composition des hydrates et des sulfures, découvrit le sucre de raisin, et prépara les voies aux belles applications que les chimistes actuels ont faites des sulfites à la fabrication du sucre. Ses Mémoires sont dans le Journal de physique de 1798 à 1805. G — r.
PROVÉDITEURS, gouverneurs des provinces dans l’anc. république de Venise. Il y avait, à Venise même, nu Provéditeur commun, chargé du soin des bâtiments et d’une partie de la police, et un Provéditeur de la mer, caissier et payeur de la flotte.
PRO
PRO
PROVENCE, Provincia, anc. province et grand-gouvernement de la France, au fcj.-E., entre le Dauphiné et le Comtat-Venaissin au N. , les Alpes à l'E. , qui la séparaient du Piémont et du comté de Nice, la Méditerranée au S. , et le Languedoc à l'O. ; ch.-l. Aix. On la divisait en Basse- Provence, comprenant les 8 sénéchaussées d’Aix, Arles, Marseille, Brignoles, Hyères, Grasse, Draguignan, et Toulon; et Haute-Provence, où étaient les 4 sénéchaussées de Digne, Sisteron , Forcalquier, et'Castellane. Ehe a été célèbre de tout temps par son climat délicieux et ses fruits exquis ; le ciel y est toujours bleu , mais la terre est poudreuse et aride , entrecoupée de montagnes nues et décharnées. Le Rhône , la Durance , la Sorgues , l’Argens , l’Arc, le Verdon et le Var l'arrosent. Elle est exposée à un vent terrible, le mistral. Les Provençaux, vifs, ingénieux, ont une langue à part, dans laquelle écrivirent les Troubadours du moyen âge. — La Provence tire son nom du latin Provincia, qui désignait le 1er établissement des Romains dans les Gaules, entre les Alpes , la Méditerranée, les Pyrénées, la Garonne , les Cévennes et 1* Celtique. Avant leur arrivée, les principales tribus gauloises étaient les Anatilii, les Vulgientes , les Salyes, les Beceates , les Suetrii , les Cavari , etc., et des Phocéens avaient fondé, vers 600 av. J.-C. , Massilia (Marseille) , métropole à son tour de nombreuses colonies dans les contrées voisines (Agde, Antibes, Nice, etc.). Ce fut Marseille qui ouvrit le chemin de la Gaule aux Romains, en les appelant à son secours, en 125 : ils y fondèrent Aix et Narbonne. Sous l’empire romain, le territoire de la Provence fut réparti entre la Viennoise, la Narbonaise et les Alpes Maritimes. Au v® siècle, Euric , roi des Visigoths, s’empara de la Provence , que ses successeurs gardèrent jusqu’en 507. A cette époque, Gondebaud , roi des Bourguignons, allié et tributaire de Clovis, s’en empara ; mais, en 509, par le traité d’Arles, qui suivit l’échec de Thierry, fils aîné de Clovis, devant cette place, et qui fut conclu entre Clovis et Gondebaud, d’une part, et Théodoric, roi des Ostrogoths de l’autre , le pays fut cédé à ce dernier. L'empereur Justinien, et Vitigès, roi des Ostrogoths, pour obtenir l’appui de Théodebert, roi d’Austrasie, lui cédèrent simultanément leurs droits sur la Provence. Après la mort de Clotaire l®r, qui réunit les différents royaumes franks, 561 , la Provence échut à Gontran, puis, en vertu du traité d’Andelot , 587 , à l’Austrasie , 593. Depuis Dagobert, elle demeura annexée à la Bourgogne, et obéit à la Neustrie. Dans le partage de l’empire carlovingien au traité de Verdun , 843 , elle échut à Lothaire , qui la laissa à l’un de ses fils , Charles , avec le titre de roi , 855. Quand ce prince mourut , 863 , Charles le Chauve s’appropria la Provence. En 879 , Boson , gendre de Charles le Chauve , se fit proclamer roi de Bourgogne eisjurane à Mantaille; la Provence , qui composait ce royaume avec une partie de la Bourgogne et du Languedoc, le Dauphiné et la Savoie, fut jointe, en 933 , à celui de Bourgogne transjurane, qui prit le nom de royaume d’Arles. Dans ces diverses situations , elle eut des comtes particuliers. Envahie et saccagée par les pirates sarrasins , elle en fut délivrée par Guillaume Ier, qui détruisit leur repaire de Fraxinet, et mérita pour ce service le titre de Père de la Patrie. La réunion du royaume d’Arles au royaume de Germanie ne fut en réalité que nominale; les comtes de Provence, sous la suzeraineté éloignée et impuissante des empereurs d’Allemagne, jouirent d’une véritable indépendance. Le comté devint héréditaire sous Guillaume 111 , vers le milieu du XIe siècle, et passa, en 1112, par le mariage de Douce avec Raymond-Bérenger, dans la maison des comtes de Barcelone. Il fut démembré en 1125, Raymond-Bérenger ayant été forcé d’en céder au comte de Toulouse la partie septentrionale, que l’on appela Marquisat de Provence. En 1245 , il passa à la maison d’Anjou par le mariage de Béatrix, une des filles de Raymond -Béreng-er IV, avec Charles d’Anjou, frère de S1 Louis. En 1481 , la Provence fut léguée à Louis XI par Charles du Maine , héritier de René d’Anjou , et réunie au domaine sous Charles VIII, en 1487. Les rois de France , jusqu’à Louis XVI, ajoutèrent à leurs titres, dans leurs relations avec le parlement d’Aix, celui de comtes de Provence, qui désigna spécialement un des frères de ce prince (plus tard Louis XVIII). Quant au marquisat de Provence, il fut enlevé à Raymond VI de Toulouse pendaut la guerre des Albigeois , restitué à Raymond VII par le concile de Latran , 1215 , cédé au Saint-Siège par le traité de Meaux en 1229, et, après diverses vicissitudes, revint à Alphonse de Poitiers, époux de Jeanne, héritière de Raymond VIL A la mort de Jeanne, il fut cédé à Charles d’Anjou et réuni au comté de Frovence, à l’exception du Comtat-Venaissin, que Phi-
lippe III le Hardi donna aux papes. La Provence fut envahie par le connétable de Bourbon à la tête des Impériaux en 1524, par Charles-Quint lui-même en 1536, par le prince Eugène de Savoie en 1707. Quand la France fut divisée en départements , la Provence forma ceux des Bouches-du- Rhône , du Var, des Basses-Alpes, la partie E. de celui de Vaucluse , et une petite portion de celui de la Drôme.