PROVINS (GUYOT DE ) . V. GUYOT
PROVISEUR ( du latin providere, pourvoir), nom donné, dans l’ancienne Université de France : 1° au supérieur de la Sorbonne, choisi toujours parmi les hauts dignitaires du clergé; 2° à celui du collège d’Harcourt, pris dans la Faculté des Arts, et ayant charge de nommer les professeurs et les boursiers, en même temps que de diriger les études et d’administrer les biens; 3° à l'économe du collège de Navarre. Dans l’Université impériale, les proviseurs sont les chefs et administrateurs des lycées (collèges royaux de la Restauration).
PROVISEURS (Statut des), acte promulgué en 1350 par Edouard III , roi d’Angleterre, déclarant les élections -aux évêchés et aux autres dignités de l’église d’Angleterre, ainsi que toutes collations et présentations, libres •et indépendantes de la cour de Rome. Il fut mal exécuté. Divers parlements l’étendirent et le confirmèrent , ceux de 1390 et 1393 surtout.
PROVISIONS, lettres par lesquelles un eollateur déclarait conférer à tel ecclésiastique un bénéfice vacant; — lettres-patentes ou lettres de chancellerie que l’on obtenait pour posséder une charge de judieature ou de •finance.
PROVISIONS d’oxford. V. OXFORD.
PROVOCATIO, droit d’appel au peuple chez les ane. Romains dans les procès criminels.
PROXENES, du grec proxenoi, officiers de l’anc. Grèce, ■chargés, par le peuple, d’exercer l’hospitalité envers les étrangers, et de procéder, soit comme juges, soit comme conciliateurs, dans les contestations entre les marchands étrangers. Leurs fonctions étaient, sous quelques rapports, semblables à celles de nos consuls commerciaux. De plus, ils recevaient les ambassadeurs, assistaient aux cérémonies religieuses et aux fêtes publiques, et jouissaient, dans ces occasions, de certains honneurs. A Sparte, cù les rois choisissaient les Proxènes parmi les citoyens de la ville, cette dignité n’était conférée qu’à ceux qui avaient rendu des services signalés à l’Etat. Souvent un Etat faisait choix, dans un autre Etat, d’un citoyen notable, qui , en qualité de protecteur et d’hôte commun, était chargé d’aider de ses conseils et de son crédit les sujets de l'Etat qui l’avait choisi, et de gérer leurs affaires. Les Proxènes étaient autorisés à se servir d’un sceau où étaient gravés les emblèmes ou armoiries du pays ou de la ville qui leur avait donné sa confiance. Souvent aussi les citoyens d’une ville se chargeaient spontanément de ces fonctions envers les étrangers, dans l’espoir d'être nommés par leur crédit agents de telle ou telle ville, et de jouir des honneurs attachés à ce titre. A Athènes, les Proxènes jouissaient d’un for privilégié; les affaires de leur ressort ne pouvaient être jugées que parle Polémarque. Les Déliens accordaient à ces agents le droit d’entrer au sénat et aux assemblées du peuple; ils leur assignaient des places d’honneur aux sacrifices et aux fêtes publiques, et même des récompenses en fonds de terre. B.
PROYART (L’abbé Liévain-Bonaventure), né en Artois vers 1743, m. en 1808, se distingua de bonne heure dans l’enseignement, devint principal du collège du Puy, émigra à la Révolution, fut conseiller-ecclésiastique du prince de Ilohenlohe-Bartenstein, rentra en France en 1801, fut arrêté et détenu à Bicêtre pour avoir écrit en faveur des Bourbons. On lui doit : l’Ecolier vertueux, 3e édit. , 1778, in-12, livre adopté dans beaucoup d’écoles; Histoire de Loango, Kakongo et autres royaumes d'Afrique, 1776, in-12, rédigée sur les Mémoires des missionnaires; Vie du dauphin, père de Louis XVI, 1780, in-12; Vie du dauphin, père de Louis XV, 1783, 2 vol. in-8»; Histoire de
Stanislas /er, roi de Pologne, 1784, 2 vol. in-12; Histoire de 4/me Louise , file de Louis XV ; Histoire de Marie Leczinska, reine de F rance ; Louis XVI et ses vertus aux prises avec la perversité de son siècle, 1805, 5 vol. in 8°, etc.
PRUDENCE, Aurelius Prudentius Clemens, poète latin chrétien, né en 348 en Espagne (Tarraconaise), à Calahorra, fut successivement avocat, juge, gouverneur de quelques villes, soldat, et vint à la cour d’Honorius, qui lui donna une charge honorable. 11 parait qu’il tomba en disgrâce et perdit sa fortune ; on le retrouve, vers 410, dans une solitude d’Espagne, où il acheva sa vie au milieu des actes de la piété et de la culture des lettres.
Il a laissé des poésies (cantiques, hymnes, etc.) destinées à être chantées dans les réunions des fidèles; on y trouve de l’esprit, de l’imagination, mais un style souvent incorrect. On a surnommé Prudence le premier )>oëte chrétien; il est néanmoins très-inférieur aux poètes latins de la décadence. Les meilleures éditions de ses œuvres sont celles de Hanau, 1613, in-8°; d’Amsterdam, 1667, in-12, avec notes de Nie. Heinsius; de Paris, Ad usum Delphini, 1687, iu-4°; de Cologne, Cum notis Variorum, 1701, in-8°; de Parme, 1789, 2 vol. in-8°. Une dernière édition a été donnée par Theod. Obbarius, Tubingne, 1845, in-8°. V. Delavigne, De lyrica upud Prudentium poesi, 1840, in-8°; l’abbé Bayle, Étude sur Prudence, Paris, 1860, in-8°. B.
prudence (Saint] , évêque de Troyes en 840 ou 845, né en Espagne, m. en 861, combattit le semi-pélagianisme, et réfuta la doctrine de Scot Erigène. Fête, le 6 avril.
PRUDHOMME (Louis-Marie), journaliste et littérateur révolutionnaire, né à Lyon eu 1752, m. en 1830, fut d’abord commis libraire, puis relieur, vint à Paris vers 1787, écrivit des pamphlets en faveur de la Révolution, fonda un journal démagogique hebdomadaire, intitulé les Révolutions de Paris, fut néanmoins incarcéré comme royaliste pendant la Terreur, et, après sa mise en liberté, s’établit libraire. On lui doit : Géographie de la République française, 1795; Dictionnaire universel de la France, 1805; Histoire des crimes de la Révolution, 1798. 11 édita la trad. française de Lavaler , 1809, 10 vol. in-4”, et de nouvelles éditions des Cérémonies religieuses de toutes les nations (de Bernard et La Martinière), 1810, 13 vol. in-fol., du Dictionnaire h.slorique de Chaudon et Delandine, 1810-20, 20 vol. in-8». Les Révolutions de Paris, qu’il publia du 12 juillet 1789 au 24 février 1794, forment 17 vol. in-8°, qui renferment beaucoup de calomnies et une foule de choses curieuses sur la Révolution. B.
PRUD'HOMMES (du latin prudentes homines), nom d’acceptions bien diverses au moyen âge, et signifiant: tantôt des officiers municipaux, comme à Bourges; tantôt des jurés, comme à Laon; tantôt des notables assistant i les échevins; ici, ceux qui étaient préposés à l'inspection des gens d’nne même profession; là, des experts nommés par les juges, pour faire la visite, le rapport, la prisée d'une chose quelconque; ailleurs, les juges eux-mêmes; quelquefois, les arbitres de certaines contestations. C’est ce dernier sens qu’il conserve aujourd’hui : les conseils de prud’hommes, réinstitués par un décret de 1806, dans les villes de commerce ou de fabrique , jugent les différends entre fabricants et ouvriers. Us se composent de fabricants, de contre-maitres, et d’ouvriers élus par leurs pairs. Toutes les affaires y sont exposées ou défendues par les parties en personne. Le conseil se renouvelle par tiers chaque année. B.
PRUDHON (Pierre-Paul), célèbre peintre d’histoire, né à Cluny (Bourgogne) en 1760, m. en 1823, était le 13e et dernier enfant d'un pauvre maître maçon. Sa mère, veuve de bonne heure, obtint qu’il fit gratuitement ses études chez les moines de Cluny; on y remarqua son goût pour le dessin, et l’évêque de Mâcon l’envoya à ses frais à l’école des beaux-arts de Dijon, 1776. En 1783, il remporta le prix de peinture des Etats de Bourgogne, étudia à Rome de 1783 à 1789, et fit longtemps des portraits après son retour; il composa, pour Didot l’aîné, les dessins des gravures de l’édition in-4° du Daphnis et Chloé et de Gentil- Bernard. Il obtint un atelier et un logement à la Sorbonne,
! peignit la Vérité descendant des deux, conduite par la Sa- ] gesse, puis, en 1803, le plafond du Musée qui représente Diane implorant Jupiter, et reçut la croix d'honneur en 1808 , pour la Justice et la Vengeance divines poursuivant le Crime (auj. au Louvre). Il donna, la même année, Psyi'hé enlevée par les Zéphirs; Zéphyre se balançant dans un ; bocage ; en 1810, le Portrait du roi de Rome ; puis l Innocence séduite par l'Amour; Vénus et Adonis; l'Assomption, 1819; la Famille désolée, 1822; le Christ mourant sur la croix, 1822 , etc. Le chef-d’œuvre de Prudhon est la Justice et la Vengeance divines. Ce tableau le fit nommer membre de
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iTnstitut, et maître de peinture de l’impératrice Marie- Louise. Les traits de l’envie, et surtout des chagrins de famille, permirent peu à Prudhon de jouir de sa gloire. On lui reproche de l’incorrection dans le dessin, et trop peu de variété dans ses airs de tète; mais il se distingue par le charme de la composition, la beauté du coloris, et une grâce qui l’a fait surnommer le Cnrrége français. K. Notice historique sur la vie et les ouvrages de Prudhon , par M. V oiai t, Paris, 1824, in-H°. , B.
PRUM ou PRUYM , v. des États prussiens (Prov. du Rhin), sur la Prum, affl. de la Sure, à 50 kil. N.-N.-O. de Trêves; 2,900 hab. Ch.-l. de cercle. Célèbre abbaye de Bénédictins, fondée en 721, agrandie en 761 par Pépin le Bref, et où Lothaire Ier, après son abdication, se retira, et mourut, 6 jours après avoir pris l’habit de religieux, 855. Les abbés de Prum étaient princes du S‘-Empire.
PRUNELLI-DI-FIUMORBO , ch.-l. de cant. (Corse), place forte , arr. et à 36 kil. S.-E. de Corte; 916 hab.
PRUNTRtJT, nom allemand de Porentruy.
PllUSA ad Olymfum, v. de l’anc. Bithynie, aujourd. Brousse, fondée, suivant Pline, au pied de l’Olympe Mysien, par Annibal, et, suivant Strabon, par le roi l’rusias Ie'.
prusa ad hypium. v. de Bithynie, à l'E. de la précédente, sur la côte, entre Héraclée et Nicomédie.
PRUSIAS 1er le Boiteux, roi de Bithynie de 237 à 192, vainquit les Gaulois qui ravageaient les côtes de l’Hellespont, et força Attale Ie', roi de Pergame, à abandonner î’Eolide.
PKUSiAS il le Chasseur, roi de Bithynie de 192 à 148 avant J.-C., est célèbre pour son dévouement servile aux Romains. Il fit avec succès la guerre à Eumène , roi de Pergame, grâce aux conseils d’Annibal, qui s’était réfugié à sa cour; mais, pour plaire aux Romains, il consentit à faire périr ce grand homme, qui le prévint en s’empoisonnant, 183. En 167, il vint solliciter à Rome l’alliance de la République, et se déshonora par ses basses flatteries, au sénat. En 156, il s’empara du royaume de Pergame ; mais les Romains l’obligèrent à abandonner sa conquête. 11 périt dans une révolte que suscita contre lui son fils Nicomède II.
PRUSt'E (Royaume de), Borussia en latin, Preussen en allemand, un des grands États de l’Europe, fut formé de 1815 à 1866 de deux parties séparées par des territoires de la Hesse-Electorale et du Hanovre. La partie orientale, la plus grande, était bornée au N. par la Baltique, à i’E. par la Russie et le royaume de Pologne, au S. par la Galicie, la Silésie autrichienne, la Moravie, la Bohême, le royaume de Saxe, les duchés de Saxe, les principautés de Reuss et de Schwarzbourg, à l’O. par la Hesse-Electorale, le Hanovre, le Brunswick, et les duchés de Mecklembourg. La partie occidentale, dite grand-duché du Bas- Rhin, était bornée au N. parla Hollande et le Hanovre, à l’E. par les principautés de Lippe , le Brunswick , le Hanovre, la Hesse-Electorale, la principauté de Waldeck, le grand-duché de Hesse-Darmstadt, le duché de Nassau, Hesse-Hombourg, l’Oldenbourg et le Palatinat, au S. par la France et la Belgique, à l’O. par le Luxembourg , la Belgique et la Hollande. Les principautés de Hohenzollern-Hechingen et de Huhenzollern-Sigmaringen , cédées en 1849 à la Prusse, sont bornées par le Wurtemberg et le grand-duché de Bade. Snperf. . 280.194 kil. carr.Pop. : 19,252,263 hab. à la fin de 1864. Les événements de 1866 ont modifié cette situation (K. Prusse, au Supplém.). Capitale : Berlin. Les Etats prussiens se divisaient en 9 provinces, subdivisées en 25 gouvernements ou régences, qui prenaient presque tous le nom de chef-lieu :
Provinces.
Prusse propre
G rand-duché de Posen . .
Brandebourg-
Poméranie
Silésie
Saxe,
Régences.
IKœnigsberg.
Gumbinnen.
Dantzick.
Marienwerder.
I Posen.
j Bromberg.
ÎPotsdam et Berlin.
Francfort-sur-l’Odcr.
( Stettin.
< Kœslin.
( Stralsund.
( Breslau.
t Oppeln.
( Liegnitz.
Magdebourg.
Mersebourg-,
Erfurt.
Provinces. Begencss.
( Munster.
Westphalie I Minden.
( Arnsberg.
I Cologne.
Dusseldorf.
Coblentz.
Aix-la-Chapelle.
Trêves.
Hohenzollcrn
La plus grande partie de la Prusse est une plaine; le S. et l’O. seulement sont couverts de montagnes, savoir : les Sudètes et le Riesengebirge, en Silésie ; le Harz et le Thuringerwald, en Saxe; le Teutoburgerwald et le Wesergebirge, en Westphalie; le Westerwald, le Sauerlandgebirge, le Siebengebirge , le Hundsruck, la Hohenveen (partie des Ardennes) et l’Eifel , dans la province Rhénane; la Rauhe-Alp, dans le Hohenzollern. Les principaux fleuves sont le Niémen, le Prégel, la Vistule, l’Oder, l’Elbe, le Weser, l’Ems, le Rhin, la Moselle, le Danube, et le Necker. Dans l’E., il y a beaucoup de lacs; la mer baigne environ 900 kil. de côte; il y a aussi 4 golfes et 3 grandes lagunes nommées Haff, savoir : le Kurische-Haff, le Frische-Haff, et le Stettiner-Haff. Le système de canalisation est très-développé (canal de Haff-et- Vistule, canal de Bromberg entre l’Oder et la Vistule, canaux de Finow-et-Plauen, de Frédéric-Guillaume, etc.). On compte 13,320 kil. de chaussées, 4,815 kil. de chemins de fer. Climat froid et nébuleux le long de la Baltique, doux dans les vallées du Rhin et de la Moselle; chaleurs parfois très -fortes dans le Brandebourg. La Prusse a de riches mines de zinc, de cuivre, de fer, d’argent, de plomb, de vitriol, d’alun, de houille, ainsi que des salines. On y trouve en outre du chrysopras, des améthystes, des agates, de l’albâtre, des marbres, des pierres lithographiques, des pierres meulières, de la terre à porcelaine, de la tourbe, enfin de l’ambre jaune. On compte 108 sources minérales (Aix-la-Chapelle, Warmbrunn, Salzbrunn, etc.). Le sol est en général fertile, excepté dans les provinces de Brandebourg, de Posen, et une partie de la Prusse orientale ; il produit toutes sortes de céréales et de légumes, du chanvre, des betteraves, du tabac, des vignobles dans la province Rhénane et quelques districts de la Silésie. On élève beaucoup de bétail, de chevaux et d’abeilles; le gibier abonde dans les contrées forestières. Les forêts couvrent environ 6,000,000 d’hect. de terrain. L’industrie est très-florissante : toiles, draps, soieries, peausseries, fonderies de fer, objets en acier, bleu de Prusse. Commerce très-actif : la navigation emploie 8,000 bâtiments sur les fleuves, 1,700 bâtiments de mer; le commerce international a été facilité par la création du Zollverein (V. ce mot). Les principales villes maritimes sont : Dantzig, Stettin, Kœuigsberg, Stralsund, Greifswald; les villes commerçantes à l’intérieur : Berlin, Breslau, Cologne, Elherfeld, Magdebourg. Revenu ; 565,177,61 '> francs en 1864; dette : 1,041,000,000 de fr.; force armée ;
175,000 hommes de troupes permanentes en temps de paix, non compris la garde royale (25,000 hommes environ) ;
600,000 hommes en temps de guerre, y compris la landweln- (F. ce mot). Le service dans l’armée active est de trois années pour tous les citoyens ; ns passent ensuite dans la landwehr. L’armée était répartie en 8 corps, d’après les d visions territoriales. La flotte militaire se composait de 72 navires, portant 361 canons et 3,500 hommes. L’enseignement en Prusse est depuis longtemps l’objet des soins particuliers du gouvernement. Les parents sont obligés d envoyer leurs enfants âgés de 7 ans à l’école. On comptait
23,000 écoles primaires, 2,000 écoles intermédiaires, 113 gymnases, 34 progymnases, 45 séminaires (pour les maîtres d’école), 6 universités (Berlin, Kœuigsberg, Greifswald, Halle, Breslau, Bonn),4sémiiiairesépiscopaux-catholiques, un grand nombre d’académies et d’établissements pour les hautes sciences. La religion dominante, dans les provinces orientales, est la religion évangélique- luthérienne; dans les provinces occidentales, la religion catholique; mais toutes les confessions sont tolérées. Les catholiques ont 2 archevêques (Gnesne, Cologne) et 6 évêques (Breslau, Culm, Ermeland, Munster, Paderborn, et Trêves). La Prusse fit partie de la Confédération germanique; les provinces de Posen et de Prusse, autrefois en dehors de la Confédération, y ont été admises en 1848, et en ont été retirées en 1850. Elle occupait le 2e rang dans l’ordre de la chancellerie fédérale, donnait un contingent de 176,047 hommes, avait 4 voix à rassemblée générale, et une voix aux assemblées ordinaires. %
PR U — 2213 — t il U
Histoire. Le royaume de Prusse étant un Etat tout moderne , son Histoire antérieure n’est que l’histoire de ses différentes provinces (F. Prusse (province de), Brandebourg, Poméranie, etc.). Le comte Conrad de Hohenzollern, tige de la maison régnante de Brandebourg, acheta, en 1164, le burgraviat de Nuremberg, à qui ses successeurs, de 1248 à 1331 , ajoutèrent Anspach, Culmbach et Baireuth. En 1411 , le burgrave Frédéric VI reçut la Marche de Brandebourg de l'électeur Sigismond en gage d’une dette de 150,000 ducats , et, en 1415, l’électeur lui ayant emprunté encore 250,000 ducats, le burgrave acheta le pays à ce prix de 400,000 ducats , et prit le titre d’électeur sous le nom de Frédéric îer. Son successeur Frédéric II, dit Dent-de-Fer, ajouta à ses possessions la Nouvelle-Marche, en 1445. En 1471, sous Albert l’Achille, les possessions partagées par Frédéric Ier entre ses fils furent réunies. Jean-Sigismond acquit, par le traité de Xanten , en 1614 , Clèves , La Mark et Ravensberg , composant la moitié de la succession de Juliers. Il obtint aussi le duché de Prusse à la mort du duc Albert II, 1618, affecté depuis longtemps d’aliénation mentale. Le duché de Prusse , jusqu’alors fief polonais, fut déclaré souverain par le traité de Labiau, 1656, conclu par l’électeur Frédéric-Guillaume, dit le Grand , avec le roi de Pologne. Le même prince, au traité de Westphalie , 1648, acquit la Poméranie Ultérieure , l’archevêché de Magdebourg , les évêchés de Halberstadt , Minden , Kamin , et le comté de Hohenstein. Frédéric III reçut en 1701, de l’empereur d’Allemagne, le titre de roi, sous le nom de Frédéric Ier. Il acheta les villes de Quedlinbourg et de Nordhausen en Saxe, le comté de Tecklembourg en Westphalie, réunit la ville d’Elbing , 1698 , à ses Etats , et entra en possession de la succession d’Orange , savoir : la principauté de Neuchâtel , et le comté de Valengin en Suisse , 1694 , et plus tard, 1707 , les comtés de Lingen et de Mcers. Frédéric-Guillaume Ier acquit, par le traité de Rastadt, 1714, les Gucldres-Supérieures, puis, quelques années plus tard, par droit de succession, le comté de Limbourg; enfin, par le traité de Stockholm, 1720, la Poméranie Antérieure jusqu’au fleuve Peene, avec les îles d’Usedom et de Vollin. Frédéric II obtint, dans la première guerre de Silésie, 1740-1742, les Silésies Supérieure et Inférieure, ainsi que le comté de Glatz, conquêtes que lui confirma le traité de Dresde , à la suite de la deuxième guerre de Silé- *ie, 1744 et 1745. En 1749, il hérita de la Frise Orientale. Ln 1763, le traité de Hubertsbourg, qui mit fin à la guerre de Sept -Ans, confirma toutes les acquisitions faites par Frédéric. Au premier démembrement de la Pologne, 1772, Frédéric obtint la Prusse polonaise (plus tard dite I russe Occidentale) , et une partie de la Grande-Pologne jusqu’au fleuve Netze, moins Dantzick et Thorn , que Frédéric-Guillaume II reçut, au deuxième démembrement de la Pologne, 1793, avec le reste de la Grande-Pologne , dite Prusse Méridionale; au troisième démembrement, 1795 , le même prince eut les dictricts de Bialystock , Plock , etc. , sous le nom de Nouvelle-Prusse Orientale. En outre, le margrave d’Anspach et de Baireuth lui céda ses principautés, 1791. Par le traité de Bâle, 1795, la Prusse perdit ses possessions au delà du Rhin; mais a la convention qui suivit la paix de Lunéville , 1802 , elle compensa ses pertes par des territoires en Westphalie et en Saxe. En 1806, la Prusse dut céder à Napoiéon pr Clèves, Wesel , la principauté de Neuchâtel, et a la Bavière la principauté d’Anspach; en échange, elle reçut le Hanovre , mais cette possession fut de très-courte durée. La paix de îilsitt ôta à la Prusse toutes ses possessions entre le Rhin et l’Elbe , toute la Prusse Méridionale et la Nouvelle-Prusse Orientale , ainsi que la ville de Dantzick, eu tout 2,700 milles carrés avec 5 millions d’habitants. Les traités de Vienne, en 1815, lui restituèrent tout ce qu’elle avait perdu en Allemagne; de plus, elle reçut, une grande partie delà Saxe, le grand-duché du Bas-Rhin, la partie suédoise de la Poméranie, enfin une partie de la Pologne, formant le grand-duché de Posen. De son côté , elle dut céder Anspach et Baireuth à la Bavière , ainsi que Ilildesheim et la Frise Orientale au -.anovre. En 1849, les princes souverains de Hohenzolleru- Hccliingen et de Hohenzollern-Sigmaringen cédèrent leur pays au roi Frédéric Guillaume IV et à ses successeurs, moyennant un revenu annuel , et avec réserve de leurs droits a la succession en Prusse.
Telles ont été les vicissitudes territoriales de la Prusse Jusqu a Frederic-Guillaume II, 1786, le génie des souverams a e te le mobile de sa grandeur. La lutte du margrave
ii/io t • cuntve les Wendes établit le christianisme, 1143. Les électeurs Frédéric I« et Frédéric II mirent fin
au brigandage de la noblesse. Le premier prêta déjà un secours efficace à la guerre de l’Empereur contre les 1 russites, 1427. Joachim II, par sa conversion au luthéranisme, 1539, affermit la Réformation dans le N. de l’Allemagne. Ce prince établit aussi l’influence de sa maison sur le duché de Prusse, dont son 3e successeur, Jean- Sigismond, finit par rester maître. La guerre de Trente- Ans ruina le pays presque totalement ; mais l’électeur Frédéric -Guillaume le Grand le releva, fonda la puis sauce militaire de la Prusse, devint un allié recherché pat toutes les grandes puissances, porta l’ordre dans l’admi nistration, et accrut la population de ses Etats, en les ouvrant aux réfugiés français après la révocation de l’édit de Nantes. L’électeur Frédéric III y ajouta la splendeur du titre royal, 1701 ; les rois de Prusse devinrent dès lors les rivaux des empereurs d’Autriche. Frédéric II éleva, par son génie, la Prusse au rang d’une grande puissance; il fonda, en 1785, contre l’Autriche, une ligue dite Union des Princes, et sauva la Bavière des mains de 1 Autriche. Cette grandeur fut menacée par la prodigalité de Frédéric-Guillaume II, ainsi que par l’entrée de ce prince et do son successeur Frédéric- Guillaume III dans les coalitions contre la France. La Prusse, humiliée et morcelée par Napoléon Ier, était devenue la vassale de l’empereur français. Mais ses hommes d’Etat opérèrent une révolution administrative; les abus féodaux furent abolis, l’esprit national fut réveillé, et le soulèvement contre la domination étrangère préparé. Dans les guerres de l’Indépendance, de 1813 à 1815,1e génie de la nation sauva les créations du grand Frédéric. Mais depuis ce temps, la nation demanda son émancipation du régime absolu. Le roi lui avait bien promis, en 1815, une constitution représentative , mais l’influence de l’Autriche et de la Russie empêcha l’exécution de cette promesse. Des assemblées provinciales, représentant les trois ordres de la noblesse, des villes et des paysans, et n’ayant qu’une voix consultative, voilà tout ce qui fut accordé par la loi de 1820. Toutefois, cette loi ordonna qu’à l’avenir le gouvernement ne pourrait contracter aucune nouvelle dette sans le consentement de la future assemblée des Etats -Généraux. Le règne de Frédéric-Guillaume III est signalé encore parla création du Zolloerein ( F. ce mot). A l’avénement de Frédéric-Guillaume IV, 1840, la nation espéra enfin voir réalisée la promesse faite en 1815. En effet, le nouveau roi développa l’institution des Etats provinciaux, en créant d’abord un comité général des Etats de toutes les provinces, 1841, et en convoquant plus régulièrement les assemblées provinciales. Cependant il refusa une constitution représentative, et, en 1847, il créa, comme dernière concession, la Diète réunie , assemblée composée des membres des assemblées provinciales. Elle donnait son avis sur les affaires générales du pays, et n’avait voix décisive que pour l’établissement de nouveaux impôts et les emprunts. La Diète réunie, convoquée en avril 1847, déclara qu elle ne regardait comme exécutées ni les promesses de 1815, ni la loi de 1820, et repoussa tous les projets financiers soumis à ses délibérations. La Révolution française de 1848 trouva en Prusse les esprits en fermentation. Le roi refusant toujours d’adhérer aux vieux généraux, des mouvements insurrectionnels éclatèrent à Berlin, du 14 au 1 7 mars. Enfin, le 18. le roi signa un déeretjetant les bases d’une constitution très-libérale. Mais le peuple demandait en vain que les troupes fussent retirées des rues; la lutte s’engagea sérieusement, et le roi dut céder. La Diète générale, convoquée à l’effet de préparer la voie des nouvelles réformes, adopta toutes les propositions du gouvernement. Peu de temps après, une assemblée constituai! te se réunit pour élaborer la constitution. Dans le courant de l'été, des conflits s’élevèrent entre le roi et l’assemblée. Celle-ci tendant à restreindre de beaucoup le pouvoir royal, et délibérant sous la pression de la population agitée de la capitale, le roi transféra le siège des délilérations à Brandebourg , et, comme la majorité refusa de s’y rendre, l’assemblée fut dissoute le 6 décembre, et en même temps le roi octroya une constitution. Les nouvelles Chambres chargées de réviser cette, constitution se réunirent au mois de février 1849 , sans réussir davantage à s’entendre avec le gouvernement. La seconde Chambre ayant blâmé plusieurs actes du ministère , et ayant demandé surtout que le roi acceptât la couronne impériale d’Allemagne offerte par le Parlement de Francfort, elle fut encore une fois dissoute. Quelques troubles qui éclatèrent dans la Prusse rhénane furent promptement réprimés. Après avoir modifié la loi électorale, le gouvernement convoqua de nouvelles Chambres au mois d’août. Celles-ci terminèrent enfin la révision de la constitution , et , après quelques hésita-