‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 370 sur 864 · PUERTO-RICO. V. PORTO-RICO · texte numérisé non relu

PUERTO-RICO. V. PORTO-RICO

PUFENDORF (Samuel), célèbre publiciste et historien, né en 1632 à Chemnitz (Misnie), d’un ministre luthérien, m. à Berlin en 1694, fit de fortes études, lut avec avidité Eescartes et Grotius, et , ne trouvant pas d’emploi dans sa patrie, accepta, à 26 ans, une éducation particulière à Copenhague. Il composa, dans cette capitale, son premier ouvrage , écrit en latin , langue dont il se servit toujours : Eléments de jurisprudence naturelle par la méthode mathématique, le fit imprimer à La Haye, 1660, et le dédia à l’électeur palatin Charles-Louis. C’est un traité 0ù ji envisage la constitution de la société humaine sous toutes ses faces, et les rapports des hommes entre eux. Le prince électeur l’appela à une chaire de droit naturel et des gens à l’Université d’Heidelberg, la lre qui fut créée en Allemagne, 1661. En 1667, Puiendorf publia, sous le voile de l’anonyme : de l'Etat de l'Empire Germanique, où il examine l’origine et les usurpations de toutes les petites puissances de l’Allemagne ; ce livre causa de grandes rumeurs, et lui inspira des craintes qui le déterminèrent à passer en Suède, où le roi Charles XI lui offrait la chaire de droit naturel à l’Université de Lund , nouvellement fondée, 1670. Deux ans après, il donna l’ouvrage sur lequel repose principalement sa réputation . du Droit de la nature et des çpens, Lund, 1672, in-4», divisé en 8 livres, qui traitent: du rapport de la raison à la moralité; du rapport de la nature humaine à la légalité ; des principes du droit des hommes entre eux; des principes du droit sous le rapport de la manifestation de nos sentiments ; du prix des choses, et des conventions ; de l’origine du droit de domination, et des relations dans la famille ; du droit politique ; des droits du souverain, du droit de paix et de guerre, etc. Ce traité fut traduit et commenté dans toutes les longues de l’Europe, et valut à Putendorf les déchaînements de la haine et de l’envie , mais en même temps lui fit une si grande réputation, que Charles XI le créa baron, secrétaire d’Etat, et historiographe de Suède. 11 composa alors une histoire de ce pays depuis la guerre de Gustave-Adolphe jusqu’à l’abdication de Christine. L’électeur de Brandebourg, Frédéric-Guillaume, voulut aussi 1 avoir pour historien, et, sur son invitation, il vint se fixer à Berlin, 1686. Comme publiciste, Pufendorf est inférieur à Grotius, mais il sait mieux se mettre à la portée <lu grand nombre, quoique son style ait souvent une sécheresse géométrique : Burlamaqui a moins de profondeur, et lui a fait de frequents emprunts. Comme historien, il manque de chaleur, d’animation, et n’est guère qu’un sec et monotone annaliste. Il se montre, en général , impartial dans tous ses livres , excepté envers l’Eglise romaine ; néanmoins, il convient que la suppression de l’autorité du pape est la cause des interminables querelles religieuses des protestants, parce que, dit-il, il n’y a plus d’autorité souveraine pour décider les questions, et mettre fin aux disputes. Pufendorf était de mœurs sévères, et très-laborieux ; voici la liste de ses principaux ouvrages, dans leurs titres originaux : Elementa jurisprudentiæ naluralis melhodo mathematica , La Haye, 1660; de Statu imperii Germanict , Vérone, 1667, trad. en français, Amsterdam, 1669, in-12; de Jure naturœ et genlium , libri vin, Lund,” 1672, in-4, trad. en français par Barbevrac, Amsterdam, 1729-40, 3 vol . in -4° ; 1754, 2 vol. in-4°; de O/pcio hominis ac ci vis, hbrin, Lund, 1673, in-8°, abrégé de l’ouvrage précédent, irad. aussi en français par Barbeyrac ; de Eœderibus inter Sueciam et Galliam, La Haye, 1708, trad. en français, ibid., 1709; Georgii Castriotæ Scanderbegi historia, Stade, 1684, in-12; Commentarii de rebus Suecicis, ab expeditione Gustavi Adolphi usque ad abdicalionem Chrislinoc, Ulreeht, 1686,

in-fol.; de Rébus gestis Caroli Gustavi, Sueciœ regis, ÏJnremberg, 1695, 1729, 2 vol. in-fol.; de Rebus gestis F rider ici v II, elecloris , poslea regis, commentariorum lib. ni, Berlin, 1784 : Introduction à l'histoire des Etats européens, en allemand, Francfort, 1682, in-8°, trad. en français par Rouxel, 1710, continuée en allemand par Œhlenschlæger, et en français par La Martinière ; l’ouvrage et la continuation en français ont été réunis sous le titre à' Introduction à l’histoire générale et politique de l’univers , Paris, 1753, in-4°, etc.

PUGANZ, v. de Hongrie (Honth), à 17 kil. S. -S. -O. de Chemnitz; 2,500 hab. Mines d’or et d’argent, auj. peu importantes.

PUGATSCHEF. V. Pougatchef.

PUGET (Pierre), célèbre sculpteur, peintre, et architecte. né à Marseille en 1622, m. en 1694, s’appliqua de bonne heure aux beaux-arts, et se signala, dès l’âge de 16 ans, par la construction d’une galère. 11 parcourut ensuite l’Italie, séjourna à Florence et à Rome, travailla avec le Cortone, et revint dans sa patrie à 21 ans. Ce fut alors qu’il inventa ces poupes colossales, ornées d’un double rang de galeries saillantes et de figures en basrelief et en ronde-bosse, qui ont fait longtemps l’ornement des vaisseaux en Europe. Il peignit aussi des tableaux d’église à Marseille, Aix, Toulon, La Ciotat, etc. Une grave maladie lui fit abandonner la peinture en 1655, pour se livrer exclusivement à la sculpture en marbre. La porte et le balcon de l’hôtel-de-ville de Toulon furent son premier ouvrage; il en fut l’architecte et le sculpteur. Fouquet voulant lui confier les embellissements de son château de Vaux, il alla choisir des marbres en Italie, 1660 ; la nouvelle de la disgrâce du surintendant et le bon accueil des Génois le déterminèrent à se fixer dans leur ville, où il exécuta la statue colossale à' Alexandre Sauli , celles de St Sébastien (dans l’église de Carignan), et de S1 Philippe Néri , un groupe de l'Assomption pour l’hospice, une Vierge pour le palais Balbi, une autre pour le palais Carréga, le tabernacle et les anges en bronze doré de l’église Sl-Syr, l’autel de Notre-Dame des Vignes, le groupe de l'Enlèvement d’Hélène pour le palais Spinola, etc. Il fit aussi pour le duc de Mantoue un magnifique bas-relief représentant l 'Assomption. Rappelé en France par Colbert, il fut nommé directeur de la décoration des vaisseaux à Toulon. Ce fut dans cette ville qu’il exécuta les groupes de Milon de Crolone, un des chefs-d’œuvre de la sculpture française, et de Persée et Andromède (tous deux au Louvre), le grand basrelief d'Alexandre et Diogène (au Louvre), et celui qui représente la Peste de Milan , un de ses plus beaux ouvrages (à Marseille). Puget, entre autres édifices, a élevé, à Marseille, plusieurs des plus belles maisons de la rue d’Aix. la halle au poisson, dite Halle-Puget , et la chapelle de l’hospice de la Charité. En architecture, il avait le sentiment du grandiose; dans la sculpture, il a du feu, de la souplesse, manque un peu de style, sacrifie souvent l’élégance à la force, mais excelle à rendre le pathétique : alors son style s’élève avec la pensée. Comme peintre, il compose sagement : son coloris est tantôt médiocre, tantôt supérieur , et, dans beaucoup de ses tableaux , il y a des beautés de 1er ordre. La ville de Marseille lui a élevé en 1807 une colonne surmontée d’un buste. B.

PUGILAT, combat en usage dans les jeux publics de l’anc. Grèce, et dans les jeux du cirque de l’anc. Rome. Il consistait en combat à coups de poings entre athlètes , nus, sauf une ceinture au bas des reins, et qui avaient les mains armées de cestes ( V. ce mot}. Le combat était meurtrier, et rarement les athlètes en sortaient sans être gravement blessés, les vainqueurs comme les vaincus. Les principes du pugilat étaient de viser au visage, et de tenir, autant que possible, la tête en arrière, les bras en avant, et, dans l’occasion, de faire le moulinet avec les poings pour frapper l’adversaire, l’étourdir, et, à la fin, l’achever par un violent coup asséné des deux cestes à la fois. C. D — t.

PUGLIA, nom italien de la Pouille.

PUGNANI (Gaëtan), chef d’une école de violon, né à Turin en 1727, m. en 1803, fut élève de Somis, et forma à son tour Bruni et Viotti.

PUISAYE (Joseph, comte de), né en 1755 à Mortagne (Perche), m. en 1827, étudia au séminaire Sl-Sulpice à Paris, mais renonça à l’état ecclésiastique pour suivre la carrière des armes. Il entra comme sous-lieutenant dans le régiment de Conti-cavalerie, passa capitaine dans les dragons, puis acheta une charge dans les Cent-Suisses. Député de la noblesse du Perche aux Etats-Généraux de 1789, il y défendit les idées nouvelles. Maréchal-de-camp en 1791, puis commandant de la garde nationale d’Evreux, il se déclara contre la Convention , fut chef d’état-major

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