‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 371 sur 864 · PUL · texte numérisé non relu

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de Wimpfen, prit la direction des fédéralistes de l’Eure, mais fut battu à Pacy-sur-Eure (juin 1793j. 11 se réfugia en Bretagne, y réorganisa la chouannerie , devint l’agent du comte d’Artois, alla préparer à Londres l’expédition de Quiberon, et, après qu’elle eut échoué, revenu à Londres, et accusé de trahison par les royalistes , obtint du gvt anglais un établissement au Canada, revint en Angleterre en 1802, se fit naturaliser anglais après 1814, et mourut fort pauvre à Hammej’smith, près de Londres. 11 a publié des Mémoires, qui sont une apologie de sa conduite politique, Londres, 1803, 6 vol. in-8°. B.

puisaye (La), Podiensis pagus, petite province de l’ancienne France, entre l’Auxerrois, le Gâtinais, le Berry, et le Nivernais. Cap. : Sl-Amand; v. principales : S‘-Fargeau , Bléneau , et Bonny. Jadis couverte de forêts, elle passait pour le centre de la Gaule.

PUISEAUX, cb.-l. de cant. (Loiret), arr. et à 17 kil. E.-N.-E. de Pithiviers,sur un petit affluent de l’Essonne; 1,789 bab. Comm. de miel, safran, vin.

PUISET (Le), vge (Eure-et-Loir), arr. et à 45 kil. S.-E. de Chartres; 600 hab. C’était jadis une sirerie. La prise de son château-fort, dont il reste encore quelques ruines, coûta trois ans de guerre à Louis YI. Eglise du Xe siècle.

PUISSANT (Louis), savant mathématicien, né au Châtelet (Champagne) en 1769, m. en 1843, fut placé fort jeune chez un arpenteur, sentit le besoin des études mathématiques pour comprendre les principes qu'il appliquait, et y fit des progrès rapides. Il devint successivement ingénieur-géographe à l’armée des Pyrénées- Orientales , pi'ofesseur à l’Ecole centrale de Lot-et-Garonne, 1795, puis à l’Ecole militaire de Fontainebleau, 1804, enfin à l’Ecole d’état-major, où il enseigna pendant 20 ans. Admis, en 1828, à l’Académie des Sciences, il y souleva, en 1836, une vive discussion au sujet d’une inexactitude dans la mesure de la méridienne qui sert de base au système métrique français. Il a coopéré à des opérations géodésiques de la plus grande importance, notamment à celles qui servirent à la construction de la nouvelle carte de France. Ses principaux ouvrages sont : Traité de géodésie, 1805, 2 vol. in -4°, 3e édit., 1842; Traité de topographie, 1807, 1 vol. in-4°; Recueil de diverses propositions de géométrie, 1 vol. in-8° ; Méthode pour obtenir le résultat moyen dans une série d’observations faites avec le cercle, in-4° ; Instruction sur l'usage des tables de projection, in-4° ; Nouvelle délerminat ion de la distance méridienne de Montjouy à Formentera, in-4°, 1836 et 1838, etc. Y.

PUJOLS, ch.-l. de cant. (Gironde), arr. et à 24 kil. j S.-E. de Libourne; 276 hab. Bons vins. Eglise dont plusieurs détails remontent au XIe siècle. Ses créneaux et le fossé sont du xve. Ruines du vieux château féodal qui appartint aux seigneurs de Duras. Près de là est un dolmen.

PULAWSKI (Joseph), gentilhomme et patriote polonais, né en 1705, m. en 1769, fut d’abord avocat devant les grands tribunaux, et gagna, dans plusieurs affaires contentieuses, une fortune considérable. Il prit une part très- ! active aux efforts du parti qui voulait délivrer la Pologne de l’influence russe, et fut le premier auteur de la confédération de Barr ( V. Pologne). Après avoir soutenu avec une energie et un dévouement exemplaires une lutte désespérée contre les Russes et le parti du roi Stanislas Poniatowski, il dut se réfugier en Moldavie, où il préparait tout pour renouveler la guerre; mais il fut livré, en trahison , par le séraskier tatare, à un parti polonais dissident, qui l’incarcéra, et le fit mourir en prison.

PULAWSKI ( Casimir), fils du précédent, né en 1748, m. en 1778, marcha sur les traces de son père pour affranchir la Pologne , montra beaucoup de résolution , s’acquit une grande réputation par ses talents militaires et son intrépidité, et prit part à la conjuration qui eut pour but 1 enlèvement de Stanislas (F. ce mot). Lorsque le parti patriote fut vaincu, Casimir se réfugia en France , puis, | au moment de la guerre d’Amérique, alla prendre du service parmi les insurgents, et fut tué au siège de Savannah. (

PULAWY, v. de Pologne, sur la Vistule, à 42 kil. N. -O. de Lublin; 3,000 hab. En 1831 , les Russes y sac- ! cogèrent le château du prince Czartoryski, qui avait une très-riche bibliothèque et une collection d’antiquités polonaises.

PULCPIER1E, Ælia Pulcheria, impératrice d’Orient, 414-453. Née en 399, 2e fille d’Arcadius et d’Ælia Eudoxia , déclarée Augusla , en 414 , par Théodose II , son frère, elle prit dès lors la direction des affaires. Elle usa de son crédit en faveur de la foi orthodoxe ; on loue sa sagesse et sa piété. A la mort de son frère , 450 , elle crut nécessaire de prendre pour appui et pour époux le Thraee

Marcien : elle régna encore avec lui trois ans. L’Eglise grecque la vénère comme sainte, le 15 septembre.

PULCI (Louis), poète, né à Florence en 1432, m. vers 1487, est regardé comme le créateur d’un genre que perfectionna Berni, et qui a gardé le nom de ce dernier, le genre bernesque. On a de Pulci un poëme intitulé Morgante maggiore , en rimes octaves et en 28 chants, qui est un mélange bizarre de sérieux et de comique , mais dans lequel les Italiens, et principalement les Toscans, savourent avec délices le parfum natif de l’idiome florentin. Le Morgante est une caricature des romans poétiques ; il fut aux romans de chevalerie en vers ce que Don Quichotte fut à leurs frères en prose, La lre édition est de Venise, 1481, et la dernière de Paris, 1768, 3 vol. in-12. Pulci était l’ami de Politien, et il eut part comme lui à la faveur de Laurent le Magnifique. C. N.

PULGAR (Hernando del) , historiographe de Castille sous Ferdinand le Catholique et Isabelle, né à Pulgar prés de Tolède en 1436, m. en 1486. Ses Lettres, où il imite Cicéron et Pline, sont de véritables Mémoires, curieux pour l’histoire du temps. Sa Chronique des rois catholiques, Saragosse, 1567, in-fol., et Valence, 1780, in-fol., ne va que jusqu’en 1492. Il a été surnommé le Plutarque espagnol [ pour avoir publié 26 biographies des Hommes illustres de la Castille, Alcala, 1524, in-4°. Son style est correct, mais d’une élégance trop travaillée. B.

PULLÀIRES, Pullarii, gardes des poulets sacrés portés à la suite des armées romaines, pour prendre les auspices. On ignore leur nombre. Ils portaient eux-mêmes les poulets dans une cage, et faisaient les fonctions d’augures, quand le général le leur ordonnait { V. Poulets sacre's). C. D— y.

PULLNA, v. des Etats autrichiens (Bohême), près de Brux. Sources minérales alcalines renommées.

PULMENTUM, mot qui, chez les anc. Romains, désignait toute espèce de mets, communs ou recherehés, de viandes, de poisson, ou de fruits, découpés en petits morceaux, mais souvent servis entiers. C. D — y.

PULP1TUM , partie de l’avant-scène dans les théâtres des anc. Romains (V. Proscenium), sur laquelle les acteurs se plaçaient souvent pour être mieux entendus. C. D — y.

PULS, espèce de bouillie en usage chez les anc. Romains, et faite de farine de froment délayée dans de l’eau, avec du fromage nouveau, du miel, et des œufs. Elle fut la nourriture des premiers Romains; l’usage s’en conserva chez les campagnards , et même à Rome , du temps des empereurs, où, dans les festins modestes, on servait de la Puis avec des boudins dessus. C. D — y.

PULSNITZ , v. du royaume de Saxe, sur une riv. de son nom, à 23 kil. O. de Budissin ; 2,399 hab. Rubans en fil et en laine, toiles.

PULTAVA ou PULTAWA. V. Poltava.

PULTENEY (William) , comte de Bath, né en 1682, d’une anc. famille du comté de Leicester, m. en 1764, débuta en 1710 à la Chambre des Communes par une forte opposition au ministère tory de la reine Anne. A l’avénement de George Ier, 1714, il entra au conseil privé, fut secrétaire d’Etat de la guerre, puis trésorier de l’épargne, sortit du ministère par suite de son hostilité contre Robert Walpole, y rentra à la chute de ce dernier, 1742, et garda son crédit jusqu’à sa mort. Il a laissé des écrits politiques et des poésies fugitives assez spirituelles. B.

PULTUSK , v. de la Russie d’Europe (Pologne), gvt et à 160 kil. N.-E. de Ploek, sur la Narew; 4,800 hab. Ja dis résidence des évêques de Plock. Victoires de Charles XII, roi de Suède, sur les Saxons, en 1703, et du maréchal Lan nés sur Benningsen, en 1807.

PULV1NAR, sorte de lit que l’on mettait dans les temples, et sur lequel les prêtres couchaient les statues des dieux quand on célébrait un lectisterne ( V. ce mol). C. D — Y.

PUNDJAB. V. Pendjab.

PUNIQUES ( Guerres), nom de trois mémorables luttes entre Rome et Carthage, et dont le nom vient de Punicus, adjectif de Pœnus , Carthaginois. Elles eurent pour causes : l’antagonisme des deux républiques, rapprochées par leurs conquêtes respectives ; l’hostilité naturelle d’un peuple de soldats contre un peuple de marchands; l’ardeur conquérante des Romains, parvenus à la mer, domaine des Carthaginois ; enfin les prétentions des deux peuples sur la Sicile.

lre Guerre punique (489-512 de Rome, 264-241 av. J.-C.). La Sicile était partagée entre les Carthaginois, Hiéron, tyran de Syracuse, et les Mamertins, anciens mercenaires d’Agathoele. Maîtres de Messine par trahison, ces derniers y furent assiégés, et par Hiéron, et par le Carthaginois Hannon. Ils invoquèrent, à titre d’Italiens, la

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protection de Rome ; les comices obligèrent le sénat à les secourir. Le consul Appius Claudius Cauilex passa le détroit, battit successivement les deux armées assiégeantes, 264 , et poursuivit Iliéron sous les murs de Syracuse. M. Valérius Maximus et M. Otacilius Crassus, 263 , soumirent 67 villes, assiégèrent Syracuse, et forcèrent Hiéron à entrer dans l’alliance du peuple romain. Rome conçut alors la pensée de chasser de l’ile les Carthaginois : L. Posthumius Megellus et Q. Mamilius Vitulus prirent Agrigeute, 362, après sept mois de siège et une victoire remportée sur 50,000 Carthaginois. Ceux-ci n’avaient plus que quelques villes maritimes ; mais leurs flottes ravageaient les côtes de l’Italie. Le sénat ordonna, 261, la création d'une flotte de 120 quinquerèmes ou liburnes , sur le modèle d’une galère carthaginoise échouée ; elle fut prête en deux mois. Cn. Cornélius Scipion Asina se laissa d’abord surprendre par Annibal, 260, près des îles Lipari, et fut fait prisonnier; l’autre consul, C. Duillius Népos, grâce au x corbeaux (ponts mobiles avec crampons), battit à son tour Annibal à Myles , lre victoire navale des Romains, qui lui valut une colonne rostrale dont la base et l’inscription subsistent. L. Corn. Scipion commença, 259, la conquête de la Sardaigne et de la Corse, terminée, 258, par C. Sulpicius Paterculus, pendant que A. Attilius Calatinus, après la prise de Mysistrate, était tiré du défilé de Camarine par le dévouement de Calpurnius Flatnma, et prenait Camarine, Sitane, Erbesse. Le sénat, inaugurant une politique nouvelle , résolut d'attaquer l’ennemi chez lui ; deux victoires navales , celle des îles Lipari , 257, due à C. Attilius Régulus Serranus, et surtout celle d’Ecnome, 256, gagnée par M. Attilius Régulus et Manlius Vulso, ouvrirent la route de l’Afrique. On prit Aspis ou Clypea ; Régulus, resté seul, passa le Bagradas, battit une armée près d’Adys , prit cette ville , reçut la soumission de 300 places , occupa Tunis , menaça Carthage qui demanda la paix, mais lui imposa des conditions trop dures; le mercenaire Xantippe les fit repousser, attaqua les Romains, et fit Régulus prisonnier. Bientôt, malgré deux nouvelles victoires de Fulv. Pætinus Nobilior et M. Æmilius Paulus, l’une sur mer, au cap Hermée, l’autre sur terre, près de Clypéa, 255, les tempêtes, en détruisant successivement trois flottes considérables, 255-253, éloignèrent les Romains de la côte d’Afrique. Le sénat renonça à la guerre maritime. La lutte ne fut que plus opiniâtre en Sicile : les Carthaginois y reprirent Agrigente, 254; les Romains s’emparèrent de Panorme, d’Himère et de Lipari , 254 , maintinrent énergiquement la discipline par le supplice d’un tribun légionnaire et la dégradation de 400 chevaliers coupables de désobéissance envers Aurélius Cotta, 252, enfin, sous L. Céc. Métellus, vainquirent Asdrubal près de Panorme, 251. Carthage demanda la paix ( V. Régulus) sans pouvoir l'obtenir. Elle concentra ses forces, sous Carthalon, dans Lilybée, bientôt investie, 250, par 4 léguons et 200 vaisseaux de guerre ; sous Adherbal, dans Drépane, dont P. Claudius Pulcher voulut vainement forcer le port, 249. 11 y perdit 93 vaisseaux; un naufrage en enleva davantage à son collègue Junius Pullus. Il fallut s'en tenir aux opérations stratégiques dans l’O. de la Sicile. A la suite de courses heureuses sur les côtes de Campanie, Amilcar Barca , maître du mont Ercté, entre Panorme et Eryx, occupées par les Romains, leur enleva le mont Eryx, et, de ces deux positions inexpugnables, pendant 6 ans rendit vains tous leurs efforts pour prendre Drépane et Lilybée, 247-241. Mais l’énergie romaine créa une nouvelle flotte : Lutatius Catulus vint assiéger Drépane avec 200 quinquérèmes, vainquit la flotte d'Hannon auprès des îles Egates, 241, bataille décisive qui termina la guerre. Coupée de la Sicile, Carthage traita précipitamment, pour sauver Amilcar, et surtout pour retrouver les jouissances de la paix. Elle s’engagea à évacuer la Sicile et les petites îles voisines, à payer en 10 ans 2,200 talents ( 11,120,000 fr.), à ne point faire la guerre à Hiéron. — Ainsi le résultat de cette lr,: guerre, qui dura 23 ans, fut pour Rome la conquête de la Sicile.

2® guerre punique , 534-552 de Rome , 219-201 av. •T.-C. Les causes de cette nouvelle lutte furent la prépondérance de Rome sur les grandes îles , et celle de Carthage sur l’Espagne; l’occasion fut la ruine de Sagonte , 219, assiégée à dessein par Annibal comme protégée de Rome. Carthage n’avait osé ni désavouer Annibal , ni prendre l’initiative de la guerre; Fabius la lui déclara, 219. Sempronius et P. Corn. Scipion firent, à Lilybée et en Ligurie, des préparatifs pour passer, l’un en Afrique , l’autre en Espagne ; des colonies furent envoyées à Plaisance et à Crémone; mais elles en furent chassées par les Boiens et

I les Insubriens, alliés d’ Annibal, et le préteur Manlius faillit périr dans la forêt Litana. Avec 60,000 hommes , ! Annibal franchit les Pyrénées, 218 , battit les Yolkes sur le Rhône, gravit les Alpes malgré les montagnards, et arriva par le val d’Aoste chez les Insubriens , n’ayant plus que 20,000 fantassins et 6,000 cavaliers. Rome rappela Sempronius , déjà vainqueur sur mer, près de Malte; P. Scipion envoya son frère Cnœns en Espagne , revint précipitamment de Marseille à Pise, arriva trop tard pour fermer les Alpes à Annibal ou pour exterminer au pied des monts son armée épuisée, fut battu et blessé au Tésin, 218 , et défait de nouveau avec Sempronius, son collègue, près de la Trébie. La Cisalpine était perdue pour Rome , sauf Plaisance et Modène; les Gaulois accouraient en foule dans l’armée d’ Annibal ; mais 60 galères romaines l’isolaient de Carthage, et Cn. Scipion, cn Espagne, battait Hannon à Scissis, brûlait à l’embouchure de l’Ebre la flotte d’Asdrubal, fermant à ce général et à Magon la route de l’Italie. Annibal passa l'hiver en Cisalpine , pénétra, 217, en Etrurie par les marais de l’Arno, où il perdit une partie de son armée , défit et tua au lac Thrasymène le consul Flaminius , échoua devant Spolète, fit reposer dans le Picénum ses Africains et ses Espagnols , ménagés aux dépens des Gaulois auxiliaires , essaya vainement de détacher de Rome ses alliés de l’E. , et punit leur fidélité en dévastant l’Ombrie , le Picénum, les pays des Marses , des Marrucins , des Péligniens, les territoires d’Arpi et de Lueérie. Nommé prodictateur, Fabius Maximus Verrucosus justifia son surnom de Cunclalor ( le Temporiseur) , en évitant de combattre Annibal ; il le suivit dans l’Apulic , le laissa s’user à ravager la Daunie, le Samnium , la Campanie , faillit l’enfermer dans le défilé de Casilinum , fut soupçonné de trahison parce que l’ennemi , échappé à ce danger, épargnait ses terres, sauva généreusement d’une défaite complète Minucius (K. ce nom) , à qui un succès léger près de Larinum avait fait donner une part égale du commandement, et , surnommé le Bouclier de Rome , obtint , au sortir de charge, que les consuls Sévilius Géminus et M. Attilius Régulus suivissent sa prudente et heureuse tactique. Annibal était affaibli ; une partie des Gaulois l’abandonnaient; les flottes de Sicile et d’Ostie écartaient les vaisseaux carthaginois ; Otacilius se préparait à passer en Afrique; Posthumius Albinus contenait les Cisalpins; Cn. Scipion, parcourant toutes les côtes de l’Espagne orientale , avait reçu la soumission de 120 peuplades, consolidé, avec P. Scipion, la domination romaine dans la Tarraconnaise , et fait battre Asdrubal par les Tartessiens. L’imprudence de Térentius Vairon , imposé pour collègue à Paul- Emile, compromit ces résultats heureux pour Rome : Annibal gagna la sanglante bataille de Cannes, 216. Ce fut son dernier succès éclatant; le sénat de Carthage faillit l’abandonner ; la faction Barcine fit toutefois décréter un renfort de 4,000 Numides, et Asdrubal reçut l’ordre de passer d’Espagne en Italie; mais il n’y put parvenir. Maherbal , chef des Numides , voulait qu’ Annibal marchât sur Rome; le repos nécessaire à ses troupes l’en empêcha. Soutenu par les Brutiens , les Lucaniens, quelques places d’Apulie et de Campanie , il dut se contenter d’être reçu à Capoue , dont les délices ne l’ont pas amolli, comme on l’a prétendu. A Rome , d’ailleurs, on remerciait Varron « de n’avoir pas désespéré du salut de la République « ; les lamentations étaient interdites ; Marcellus , Y épée de Rome , fermait la route du Latium en plaçant une légion à Téanum Sidicinum , et campait à Casilinum avec 21 ,000 hommes; Varron couvrait l’Apulie ; M. Junius Péra appelait les contingents des alliés, levait 4 légions, 2,000 chevaux, armait 8,000 esclaves avec les trophées des temples et des portiques; le sénat refusait de racheter les 10,000 légionnaires prisonniers d’ Annibal , et envoyait les fuyards de Venouse servir sans solde et sans honneurs en Sicile; enfin les Scipions , en Espagne, rejetaient une 2e fois Asdrubal dans la Bétique. Annibal échoua devant Naples, 216, et devant Noies, où Marcellus le vainquit. Privé de Magon, que Carthage envoyait en Espagne, il forma un vaste plan pour ruiner Rome : il traita avec Philippe V de Macédoine ( F. ce nom ) , fit écraser Posth. Albinus en Gaule Cisalpine, 215, attaquer la Sardaigne et soulever la Sicile. Mais Fabius Maximus fit passer Rome de la défensive à l’offensive, leva 9 armées, équipa 4 flottes, fit chasser par Manlius les Carthaginois de la Sardaigne , brûler par Lævinus , 214 , la flotte de Philippe, repousser par Marcellus, son collègue , Annibal de Cumes et de Noies, 215-214, battre Hannon à Grumenttim par Sempronius Longus , 215 , à Bénévent par Gracchus, 214, enfin marcha lui-même contre Capoue, d'où Annibal s’enfuit à Arpi sur l’Adriatique , pour y

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