‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 374 sur 864 · PUY · texte numérisé non relu

PUY

aussi une édition de Salluste , avec notes, Leyde, 1603, travail estimé.

PUTTELANGE, en allemand Puttlingen, vge (Moselle), arr. et à 13 kil. S.- O. de Sarreguemincs ; 2,642 hab. Peluches en soie, cuirs.

PUTTER (Jean-Etienne) , publiciste, né en 1725 dans la Westphalie, m. en 1 807 , étudia à Marbourg, Halle et Iéna, fut appelé comme professeurà Gœttingue en 1746, y fit, pendant plus de 50 ans, des cours sur la procédure des tribunaux suprêmes, sur le droit public et l'histoire de l’Empire, et devint doyen de la Faculté de droit en 1797. On a de lui : [nstilutiones j u ris publiai Ger maniai, 6e édit., Gœttingue, 1802; Nova epilome processus Imperii supremorvm tribuualium , 1796, in-8° ; Manuel de l’histoire d’Allemagne , èn allemand, 2e édit., 1772, 2 vol. in-8®; Développement historique de la Constitution de i Empire germanique, 1798,3 vol. in-8»; Essai d'une histoire académique des savants de l Université de Gcellingve, 1768-88, 2 vol.; Littérature du droit public allemand, 1781-83, 3 vol. B.

PUTL'MA.K), riv. de l’Amérique du Sud. V. Iça.

PUY en latin podium, en celtique puich ou puech, en italien pnggia, signifie hauteur, colline, et entre dans la composition île beaucoup de noms géographiques.

PUY ( i.e ], dit aussi le Puy-en-Velay et le Puy Notre-Dame , Podium et Anicium en latin du moyen âge, anc. Ciritas Vellarcrum, ch.-l. du département de la Haute-Loire, bâti en amphithéâtre sur le versant méridional du mont Anis, à 512 kil. S.-S.-E. de Paris ; par 45® 2’ 46” lat. N., et 1° 32’ 55” long. E. ; 14,560 hab. Evêché suffragant de Bourges Tribunaux de lre instance et de commerce, lycée, école normale primaire, bibliothèque, musée de tableaux et d’antiquités. cabinet d'histoire naturelle. Société d'agriculture, commerce, sciences et arts. On remarque : la promenade du Breuil; la cathédrale, bâtie au sommet du mont Anis, et contenant des peintures murales du xvie siècle; l’église Sl-Laurent, avec le tombeau de Dugueselm ; un prétendu temple de Diane, anc chapelle des templiers; les ruines romaines de la place du For. Fabr. importante de dentelles de soie, fil, coton ou laine; tanneries. Commerce de bestiaux, bois de construction, marrons dits de Lyon. Le Puy était la capita.e de l’ancienne province du Yelay. - — A 100 mét. de la ville, est le mont b'-.Uii bel , en roches basahiques découpées comme des colonnes, et couronné d’une belle chapelle romane, où l’on arrive par des marches taillées dans le roc. — Sur le mont Anis, terminé par un rocher noir, dii Mont -CorneitJe , est une statue de la sainte Vierge, haute de 16 mèt., et en ter tondu provenant de canons conquis à Sébastopol en 1855.

puy i Charles du). V. montbrun.

ipuy fl etiri du). V. pupuy.

puy ( Raimond mi), 2e chef des Hospitaliers de Sl-Jean ! de Jérusalem, d’une famille noble du Dauphiné, succéda vers 1121 à Gérard de Martigues, établit la division de l’Ordre en chevaliers, servants et chapelains, prit Ascalou en 1153, et mourut en 1160.

puy , nom donné, pendant le moyen âge, au lieu élevé où siégeaient les juges des concours de poésie, et, par suite, à ces concours eux-mêmes. Tel était le Puy de la Conception , établi à Rouen, eu 1486, en l'honneur de l’Irnmacnlee Conception de la S*e Vierge. V. Palinod.

Pin C’ERDA ou PUIGCERDA, Julia Livia, Podium Ce rctanum, v. d'Espagne (Catalogne), prov. et à 75 kil. N. -U. de Givono. à 2 kil. de la frontière de France; 2,300 hab. 1 issus de coton et de laine. Autre'ois capitale de la Cerdagneet place forte; prise par le maréchal de Navadles en 1678. et encore par les Français en 1707 et 1793; reprise par les Espagnols en 1795; elle souffrit plusieurs sièges pendant l’invasion française en Espagne, 1808-1814, et passa diverses fois d'un parti à l'autre.

PI ù -DE-DOME, chaîne de montagnes de France, dans le système desCévennes, rattachée par le S. au mont Dore, a 45 kil. de long. Le principal sommet, près de Clermont- Ferrand. a 1,465 mèt. de hauteur; c’est là que Pascal fit sa lre expérience barométrique.

fu Y-DE- dôme, département du. centre de la France, ch.-l. Clermont-Ferrand ; formé de l'Auvergne, du Bourbonnais et du Lyonnais; entre les départements de l’Ailier au N.-E , de la Loire à l’E , de la Hle- Loire et du Cantal au S., de la Corrèze et de la Creuse a l’O. Superficie 795,836 hect. Pop. ; 571.690 hab. Arrosé par l’Ailier, là Dore et la Dordogne; traversé par les monts du Forez à 1 E., et à 10. par ies monts Dore, avec le Puy ou Pic de Sancy, point culminant du centre de la France 1 1,897 mèt ), et les monts Dômes, avec le Puy-de-Dôme ( 1,465 met.). Il comureud, auN. de Clermont, la fertile Limagne.

Au S. le sol, couvert de volcans éteints, dont les cratères sont encore béants, offre la houille, la pouzzolane, le plomb argentifère, le granit, etc., des eaux minérales (Royat, Mont Dore, etc.), et des sources pétrifiantes. Récolte de vins, grains, pommes de terre, chanvre, et fruits. Elève de bœufs, porcs, chevaux. Fabr. de coutellerie, papiers, toile, dentelles et blondes. Fruits secs et confits. Pâtes d’abricots, fromages. Evêché à Clermont. Cour impériale â Riom. A. G.

PUY-GUII.LAUME , vge (Puy-de-Dôme), arr. et à 13 kil. N. de Thiers; 1,810 hab. Exploit, de bois de sapin; scieries hydrauliques de planches.

I’UY-LA-ROQUE , brg ( Tarn-et-Garonne) , arr. et à 36 kil. N.-E. de Montauban; 1,202 hab. Tanneries.

PUYLAURENS, Podium Laurentii, ch.-l. de cant. ( Tarn), arr. et à 25 kil. S.- E. de Lavaur, près de la source du Giron, et sur une colline qui domine la belle plaine de Revel; 1,969 hab. Cette petite ville fut fortifiée par les protestants, démantelée eu 1629, et érigée en duché par Louis XIII.

puylaurens ( Guillaume de) , chapelain de Raymond le Jeune, comte de Toulouse, écrivit, vers 1245, une Histoire des Albiyeois , fort estimée.

puylaurens 1 Antoine DE lace, duc de), d’une famille noble du Languedoc, fut le favori de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII , le suivit dans ses deux retraites à Bruxelles et en Lorraine, et, gagné par Richelieu, travailla à réconcilier les deux frères. En récompense, il reçut la seigneurie d’Aiguillon , érigée en duché-pairie sous le nom de Puylaurens, et la main de Marguerite-Philippine de Coislin, cousine du cardinal, en 1634. L’année suivante, il fut enfermé à Vincennes, comme ayant rallumé les dissensions , et y mourut. B.

PUY-L'EVÈQUE , ch.-l. de cant. (Lot), arr. et à 34 kil. N. -U. de Cahors , sur la rive dr. du Lot; 1,188 hab. Autrefois fortifié.

PUYMIRüL, ch.-l. de cant. (Lot-et-Garonne) , arr. et à 22 kil. E. d’Agen : 862 hab. Ruines d'un château des comtes de Toulouse.

PUY-NORMAND (Le), petit pays de l’anc. France (Bordelais), compris auj. dans l’arrond. de Libourne.

PUYSEGUR (Jacques de Chastenet , vicomte de), né vers 1600, d’une anc. famille de l’Armagnac, qui fut trés-en faveur à la cour des rois de Navarre , m. eu 1682 , fit ses premières armes en 1617 , dut un avancement rapide à son parent , le duc d’Epernon, devint lieutenantgénéral , et prit part, pendant 41 ans de service, à 30 combats et â 120 sièges , sans être jamais blessé. Il a laissé des Mémoires qui s'étendent de 1617 à 1658, publiés en 1747 , et compris dans la collection de Mémoires relatifs à l'histoire de France, par Petitot. B.

puysegur (Jacques François DE CHASTENET, marquis de ) , fils du précédent, né à Paris en 1655 , m. en 1743 , entra au service en 1677 , acquit la réputation d'un officier très-expérimenté, parvint au grade de maréchal-généraldes-logis en 1690, fut chargé par Louis XIV de diverses missions diplomatiques , fit partie du conseil de la guerre pendant la minorité de Louis XV, et reçut le bâton de maréchal de France en 1734. On a de lui un Art de la guerre, rédigé pour l’instruction du duc de Bourgogne, 1748 , in-fol. B.

puysegur (Pierre-Louis de chastenet, comte de) , 2e fils du précédent , né en 1727 , ni. en 1807 , lieutenantgénéral , fut appelé au ministère de la guerre eu 17H8, emporta les regrets de l’Assemblée constituante quand il donna sa démission l’année suivante, détendit Louis XVI dans la journée du 10 août 1792, et n'émigra qu’a près la mort du roi. B.

puysegur (Antoine-Hyacinthe- Anne de chastenet, comte de), longtemps connu sous le nom de ronde de Chastenet, né en 1752, m. en 1809, petit-fils du mai échnl de Puységur ( par son fils aîné ) , entra de bonne heure dans la marine, visita en 1772 les cavernes des Guanches â Ténérifi’e , en rapporta des momies bien conservées que l’on voit encore â Madrid et à Paris, dressa par ordre du gouvernement les cartes de tous les débouqnenients de S1- Domingue, émigra en 1791, combattit dans l’armée de Coudé, servit ensuite l’Angleterre et le Portugal, devint contre-amiral de la flotte portugaise, reçut à son bord le roi de Naples Ferdinand IV et sa famille, qu'il conduisit en Sicile, 1793 , et ne rentra en France qu'en 180.3.

puysegur ( Armand -Marie- Jacques de chastenet, marquis de| , fils du comte Pierre-Louis, né en 1752, m. en 1825, entra à 16 ans dans l’artillerie, obtint à 27 le grade de colonel , remplit au siège de Gibraltar en 1782 les fonctions de major de tranchée , adopta dans une juste

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mesure les idéjsde la Révolution , passa alors du régiment d’artillerie de Strasbourg au commandement de l’Ecole de La Fère avec le grade de maréchal-de-camp , donna sa démission en 1792, subit à Soissons une détention de deux années poui avoir correspondu avec ses frères émigrés, se retira dans sa terre de Buzancy , et fut maire de Soissons de 1H00 à 1805. Zélé et infatigable défenseur du système de Mesmer, il prit part, de 1814 à 1825, à la rédaction des Annales du Magnétisme , de la Bibliothèque magtiélique et des Archives du magnétisme , et donna lui-même : Mémoires pour servir à l'hisloire et à l’établissement du magnétisme animal, Paris, 1788, in-8° ; du Magnétisme animal considéré dans ses rapports avec diverses branches de la physique, 1807 , in-8® ; Recherches , expériences et observations physiques sur l’homme dans l’état de somnambulisme provoqué par l’acte magnétique , 1811 , in 8°, etc. B.

PUZOL, v. d'Espagne (Valence), à 7 kil. S.-O. de Murviédro ; 3,000 hab. Palais des archevêques de Valence.

PYANEPSIES (du grec puanu n, fève, et epsein, faire cuire), fêtes des anc. Athéniens en l’honneur d’Apollon Elles furent instituées , dit-on , par Thésée : après sa victoire sur le Minotaure, il offrit à Apollon tout ce qui restait de fèves , le fit cuire, et le mangea avec ses compagnons. Le 5e mois de l’année athénienne, pendant lequel on célébrait ces fêtes, s’appelait Pyanepsion.

PI DNA, v. delà Macédoine (Piérie), sur le golfe Thermaïque , appartenait déjà aux rois de Macédoine au commencement de la guerre du Péloponèse , mais parait s’être révoltée fréquemment contre eux ; car elle fut prise, vers la fin de la même guerre, par Arehélaüs , et, dans le siècle suivant, par Philippe, qui la fortifia Olvmpias y soutint un siège contre Cassandre en 316, fut forcée de se rendre, et mise à mort. Sous ses murs, Paul-Emile gagna sur Persée la bataille qui décida du sort de la Macédoine, 168; Métellus Macédonicus y battit aussi Andriseus, 147. Pydna fut aussi appelée Cilrum ou Citinon • auj. Kitro. C. P.

PYGMALION, sculpteur fameux de î’ile de Cypre, s’éprit, selon la Fable , d’une statue de Galatée qu’il avait modelée, obtint de Vénus que cette statue s’animât, l’épousa , et en eut un fils nommé I’aphus.

PYGMALION , roi de Tyr, 874-827 av. J -C. , frère de Didon , tua son beau-frère Sichée pour s'emparer de ses trésors , mais fut déçu par la fuite de Didon. Il fut empoisonné par sa femme Astarbé.

PYGME , sorte de pied des anc. Grecs , valant 0“,312.

PY GMÈÉS, peuple fabuleux, dont les individus avaient la taille d’une pygme, d'où leur nom, et que les anciens plaçaient dans diverses contrées, en Afrique vers les sources du Nil , dans l’Inde , en Carie , et aux environs de Eludé. C’est sur ceux d’Afrique qu’ils ont débité le plus de fables : les Pygmées étaient en guerre continuelle avec les Grues , et abattaient les blés avec une cognée , comme s’il se fût agi d’une forêt. Hercule étant arrivé dans leur pays, après avoir vaincu Antée, et s’étant endormi, ils entreprirent contre lui un siège en règle, avec une année entière; le héros se réveilla, les mit dans sa peau de lion, et les porta à Eurysthée. On trouve, sur plusieurs vases grecs, des combats des Pygmées et des Grues. C. P.

P)LADE, célèbre acteur-pantomime, contemporain d’Auguste, était originaire de Cilicie; il introduisit, avec Bathylle, la pantomime à Rome. Son talent était profondément pathétique, et passionnait le peuple. 11 en résulta des troubles sérieux ; à cette occasion , Auguste le chassa de Rome et de l’Italie; mais les murmures du peuple forcèrent l’empereur de le rappeler.

pylade, ami d Oreste | V. ce mot).

PYLAGORE, surnom de Cérès , tiré du sacrifice que les Amphictyons lui offraient à la porte de la ville avant de s’assembler.

PYLAGORES, nom des députés que les viPes grecques envoyaient aux Thermopyles, à l’assemblée des Amphietyons.

PYLÉE , v. de Thessalie, au S., près des Thermopyles, où s’assemblaient les Amphictyons.

PYLES ou PORTES, Bylæ, nom donné par les anciens à différents défilés. V. Albanicæ pylæ , Amanicæ pylæ , Caspienne» (Portes), Caucase Cilicie.

PYLÉMÈNE, nom de plusieurs rois de Paphlagonie. V. ce mot.

PYLOS , nom de trois villes dans l’0. du Péloponèse : 1° Pylos d'Eltde, sur le Ladon , non loin du confluent de cette rivière avec le Pénée,et sur la route d'Elis à Olympie; 2® Pylos de Tnphyltt, dite aussi Arradique et Lépréatitpue , parce qu’elle était voisine de l’Arcadie et de la ville de Lépréon; 3" Pylos de Messénie , sur la mer voisine de Pile Sphactérie. Chacune de ces trois villes prétendait être la

capitale de Nestor : Strabon prouve que Pylos de Triphylie avait seule droit à ce titre. Du reste , les cthux première» avaient disparu â l’époque de ce géographe. La Pylos de Messénie , dont les Athéniens s’étaient emparés pendant la guerre du Péloponèse, comme d’un point stratégique important contre les Lacédémoniens et d’un port qui facilitait leur expédition de Sicile, est auj. Zouchio ou Vieux- Navarin. C. P.

PYM (John) , homme d’Etat anglais, né en 1584 dan3 le comté de Somerset , m. en 1643 , fut membre de l’opposition dans la Chambre des Communes dès le règne de Jacques Ier, concourut, sous Charles Ier, en 1626, à la rédaction de l'acte d’accusation contre Buckingham , voulut passer en Amérique avec Cromwell et fut retenu avec lui par un ordre du conseil , fit partie du Court-Parlement et du Long-Parlement, mais perdit un peu de sa popularité en montrant quelque intérêt pour le roi.

PYNACKER (Adam), paysagiste hollandais, né en 1621 à Pynacker, entre Delft et Schiedam , m. en 1673, passa trois ans en Italie , et sut reproduire la nature de cette belle contrée. Personne n’a mieux rendu les différentes sortes d’arbres , leurs nuances si variées, leur feuillage, leur manière de porter leurs rameaux. Us se détachent sur des fonds vaporeux et sur des rochers pâlis par la distance. Dans tout le paysage, on remarque l’espèce de scintillement que produit l’abondance de la lumière , effet qu’un homme d'une habileté supérieure pouvait seul retracer. Pynacker exécutait les personnages de ses tableaux avec une adresse peu commune. Le Louvre possède trois tableaux de sa main; la Pinacothèque de Munich en renferme deux , le musée d’Amsterdam un seul , et le musée de La Haye un autre. A. M.

PYRAME, Babylonien, amant de Thisbé, lui donna rendez-vous dans une plaine près de Babylone, sous un mûrier. Thisbé, arrivée la première , s'enfuit à l'aspect d’une lionne; son voile qu’elle perdit, déchiré et ensanglanté par la lionne, parut à Pyrame un indice de sa mort. Désespéré, il se perça de son épée. Thisbé, de retour, se tua près de lui. Les fruits du mûrier, qui avaient été blanc» jusque-là, devinrent noirs.

P à' RA MUS , auj. Djihoun, riv. de Cilicie, naissait en Lycaonie, à l'E de Comana, arrosait une ville de Pyramus, puis Mopsueste, et se jetait dans le golfe d’issus, audessous de Mallos.

P Y KAMI DES, monuments gigantesques de l'Egypte, en forme carrée à la base, et s’élevant par assises de plus en plus étroites, jusqu’à se terminer au sommet par une petite plate-forme, qui semble une pointe. Elles servaient de tombeaux, dans lesquels on entrait par de petites ouverture» placées à une certaine hauteur. Les plus célèbres sont les trois grandes que l'on voit encore près de l'anc. Memphis, à 16 kil. S.-O. du Caire, et qu’on nomme Pyramides de Gizèh. La plus colossale est attribuée par Hérodote au roi Chéops, qu’il place après Sésostris, tandis qu'il paraît lui être antérieur de plusieurs siècles; on a retrouvé, dans l’intérieur, le nom d’un roi, Choufou. Cette pyramide est large de 232'“ 75 à la base, et haute de 142 mit.; ses

4 faces regardent exactement les 4 points cardinaux. Elle coûta 20 ans de travail , et l’on calcule que le tiers des habitants tle l'Egypte furent employés à extraire, transporter, tailler et poser les pierres qui la composent, et dont la masse est évaluée à près de 26 millions de mètres cubes. On pénètre, par un couloir dout l’entrée est au côté N., jusqu'au centre de la pyramide, où est une Chambre du roi, longue de 44 mètres environ, large de

5 mét. , surmontée de 5 chambres plus petites, et au-dessous de laquelle sont encore 2 autres chambres, dont l'une est dite Chambre de la reine. — La 2e pyramide, attribuée par Hérodote au roi Chéphren, a 215 mèt. à la base, et 133 mèt. de hauteur ; elle renferme aussi quelques chambres. — La 3e, construite par Mycérinus (le Menchérès de Manéthou ), a 107 mét. de base et 54 mèt. de hauteur. On y a retrouvé le cercueil en bois de Mycérinus, aveu le nom de ce prince. Ces grandes pyramides sont si colossales, qu’on les voit de 40 kil. avant d’y arriver, et qu'à la distance de 4 kil. on croit être à leur pied , tant elles dominent sur la terre ! On a prétendu que les Pyramides, outre leur destination de tombeaux, avaient encore pour but, par la manière dont elles sont placées, de s’opposer à l’irruption des sables du désert. V. Jomard, Remarques et recherches sur les Pyramides ; Lepère, Mémoires sur les Pyramides et sur leur système religieux, 1800; Sa rv , Observations sur l'origine du nom donné aux Pyramides d’Egypte, 1801 ; Fialin de Persigny , De la destination et de l'utilité permanente des Pyramides d'Egypte et de Nubie contre les irruption sablonneuses du désert , Paris, 1845, in-8®. — On donne I

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uom de Bataille des Pyramides à celle que le général Bonaparte gagna sur les Mameloucks, le 21 juillet 1798, au village d’Lmbabèh ( V. ce mol). B.

PYRARD (François), voyageur, né à Laval vers 1575, s'embarqua à Sl-Malo en 1601 sur un navire qui allait chercher un chemin aux Indes orientales, fit naufrage sur les Maldives, vécut 5 ans à la cour du roi de Malé, servit deux autres années dans les troupes portugaises, et revint en France en 1610. Il publia la relation de ses voyages, sous le titre de : Discours du voyage des Français aux Indes orientales, Paris, 1611, in-8°, réédité par Jérôme Bignon et Bergeron , avec de nouveaux renseignements de l’auteur, sous le titre de : Voyage des Français aux Indes orientales, Maldives, Motuques et au Brésil, depuis 1601 jusqu'à 1611, 1615, 2 vol. in-8°, relation exacte et très-intéressante.

PYRÉE (du grec pur, feu), nom donné par les Perses au lieu où ils renfermaient le feu sacré. Il y avait 7 pyrées à Bactres, en l'honneur des 7 planètes.

PYRÉNÉES, chaîne de montagnes au N. de l’Espagne, entre le cap Créas sur la Méditerranée et le cap Finistère sur l'Océan ; longueur , 840 kil. ; épaisseur moyenne , 120 kil. Elle se divise en Pyrénées françaises, ou continentales, ou isthmiques, à l'E., entre le cap Creus et le col de Goritty, et Pyrénées esi>agnoles ou océaniques, à l’O., du col de Goritty au cap Finistère.

Pyrénées françaises. Cette partie de la chaîne, qui forme généralement la frontière entre la France et l'Espagne, a une longueur de 360 kil.; sa plus grande largeur, vers le centre, est de 110 kil.; elle n’est plus que de 50 à 55 aux extrémités. Sa direction générale est du S.-E. au N.- O.; mais elle ne s’étend pas sur une seule et même ligne droite, et l’on distingue deux chaînes parallèles : l'une, du col de Goritty au pic de la Maladetta ; l’autre, du cap Creus au Mont- Vallier, toutes deux reliées vers le milieu de la chaîne par un coude presque rectangulaire, qui enferme le val d'Arran et les sources de la Garonne. Les pentes septentrionales descendent en croupes de montagnes parallèles, superposées comme des terrasses; les pentes méridionales, beaucoup plus raides, et renfermant les pics les plus hauts de la chaîne, se terminent par d’effrayants précipices et des escarpements énormes. Les Pyrénées françaises se subdivisent en trois sections : Pyrénées orientales, centrales, et occidentales. Les Pyrénées orientales s’étendent du cap Creus au pic de Corlitte, point de départ du chaînon des Corbières, entre les sources de l’Aude et de l’Ariége en France, de la Sègre en Espagne ; c’est la partie la plus basse de la chaîne. Elles s’appellent Altières, du cap Creus à Bellegarde (6 à 800 mèt.), et présentent les cols ou passages de la Massane (795 mèt.), de Pertus ( 435 mèt.), et de la Jonquera. De Bellegarde au pic de Costabona, source du Tech, ce sont les montagnes des Salines et de la Munère, avec les cols de la Creu et des Aires, et le contre-fort septentrional du Canigou. Entre le pic de Costabona (2,421 mèt.) et le Puy-Mal sont les monts de Carença, avec le col de Mantes. Du Puy-Mal (2,909 mèt.) au pic de Corlitte (2,921 mèt.). la chaîne se dirige presque directement du S. au N. , projetant au N. les contre-forts des Corbières orientales et occidentales, au S- celui des monts de la Sègre, et donnant naissance au S. à la Sègre et au Llobrégat, au N. à la Tet et à l’Aude. Dans le milieu, elle s’atfaisse jusqu’à 1,300 mèt., au col de la Perche, où passe la grande route d’Urgel à Perpignan par Puycerda et Mont-Louis, et forme la vallée de la Sègre ou de Carol , dont la partie supérieure appartient à la France ( V. Cerdagne). — Les Pyrénées centrales vont du pic de Corlitte au massif du Mont-Perdu, point de départ du chaînon septentrional des monts de Bigorre. C'est la partie où se trouvent les plus hauts sommets : le pic Pedrous (2,899 mèt.), les monts de la Mène (2,940 mèt.), ef de Framiguel, entre la vallée d’Andorre et celle de l’Ariége, avec les cols de Puymoren (1,920 mèt.), de Saldeou ou Meringue, de Siguier ; le Mont-Calm (3,250 mèt.); le Mont- V allier (2,819 mèt.) , entre les vallées de V ic-Dessos et de Salat en France, les deux Noguera en Espagne. Au Mout-Vallier, la chaîne décrit les trois quarts d'une circonférence de 30 kil. de diamètre, enferme dans une espèce d entonnoir le val d’Arran et la source de la Garonne, et continue par les pics de la Maladetta (3,482 mèt.), de Néthou (3,404 mèt.), de Baroude (2,983 mèt.), de Troumouse (3,199 mèt.), sur la crête; de Posets (3,487 mèt.), du Mont-Perdu (3,404 mèt.) , et du Cylindre de Marboré (3,368 mèt.), sur le versant méridional; dans les chaînons du N., le pic du Midi de Genos (2,912 mèt.), de Cambielle (3,234 mèt.), le pic du Midi de Bigorre (2,909 mèt.). On y remarque les ports ou passages de Plan (2,243 mèt.),

et de la Pez (3,300 mèt.), entre les vallées de Gistaiu ( Espagne ) et d’Aure ( France ) , ceux de Vénasque (2,413 mèt.), et d’Oo (3,000 mèt.), entre Vénasque et Bagnères de Luchon. — Les Pyrénées occidentales vont du Mont-Perdu au col de Goritty par la Vignemale (3,353 mèt. ) et le port de Gavarnie (2,333 mèt.), avec la vallée de Cauterets au N., et la Sierra de Guara au S., entre l’Ara et le Gallégo; les pics de Badescure (3,147 mèt.) et d’Arrieugrand (2,984 mèt.), au fond du val d’Azun ; le pic du Midi d’Ossau (2,976 mèt.), avec le col de Canfranc (2,046 mèt.), projetant au N. la vallée d’Ossau , au S. les monts d’Orolat, entre le Gallégo et l'Aragon; puis le pic d’Anie (2,584 mèt.), entre les vallées d’Aspe et de Roncal; les monts d’Arlas (1,910 mèt.), de Horg (2,009 mèt.), les Echelles de Mendibelsa (1,138 mèt.), avec le col d’ibagnetta et le val Carlos; le pic d’Ahady (1,460 mèt.), le port de Roneevaux (1,759 mèt.), le port d’Arraiz (1,325 mèt.), au fond de la vallée de Baigorry. Là se détachent au N. les monts de la Basse-Navarre, dont une branche court entre la Nive et la Nivelle, l’autre entre la Nivelle et la Bidassoa, et s’appelle à son extrémité la montagne de Rhune (880 mèt.). La vallée de Bastan , entre ce chaînon et la Bidassoa, forme, par le col de Bélate, un des principaux passages de France en Espagne. Enfin du col même de Goritty part un dernier rameau, qui enferme au S. la Bidassoa, et se termine à la pointe du Figuier. Son extrémité septentrionale est la montagne de Maya ou des Quatre-Couronnes (974 mèt.).

Pyrénées f.spagnoles. Cette partie de la chaîne a une longueur de 480 kil.; sa direction générale est de l’E. à 10., parallèlement à la côte du golfe de Biscaye, dont elle e«t très-peu éloignée. Il résulte de là que, tout au contraire de la partie continentale, les contre forts septentrionaux y sont courts et abrupts, tandis que ceux du midi se prolongent eu terrasses. Les Pyrénées espagnoles se partagent en trois sections, Pyrénées Cantabriques, Asturiennes, et de Galice. Les Pyrénées Cantabriques ou Monts Cantabres, du col de Goritty ou plateau de Raynosa, vers les frontières de la Vieille-Castille et de Léon , sur une longueur de 200 kil., portent les noms de : Sierra d’Aralar (2,144 mèt.), entre la Navarre et le Guipuzcoa; Sierra- Salinas ( 1,754 mèt.), avec le col du même nom , où passe la grande route occidentale de France en Espagne par Bayonne et Vittoria ; Sierra de Salvada (1,949 mèt.), où l’on remarque la Peüa de Ordufia; Sierra de Raynosa, où les Pyrénées se rattachent par la Sierra d’üca aux monts Ibériques. De la Sierra d’Aralar se détache au S. la Sierra d’Andia, entre l’Alava et la Navarre. Des Pyrénées cantabriques descendent, au S., l’Ebre et ses affluents, au N., quelques petits fleuves côtiers, l’Orio, le Deva, le Neavion, la Pas. Les Pyrénées Asluriennes, de la Sierra de Raynosa au mont Oribio, sont la partie la plus élevée; elles s'appellent successivement: Sierra de Sejos (1,754 mèt.); Sierra Alba 12,144 mèt.); Sierra de Covadonga; Pefias de Europa (2,234 mèt.); Pefla de Pefiaranda (3,362 mèt.); Sierra de Somiedo ; Sierra de Peüamarella (2,885 inèt) .; Pic de Pietra Fida ; «lu Ceredo; et vers le S., mont Oribio (2,285 mèt.), sur la limite de Léon et de la Galice. Cette chaîne est presque impraticable: elle lance, au N., des contre-forts très-confus, qui séparent les petits fleuves côtiers Sella, Xalon, Navia; au S., le principal est la Sierra d'Elstredo, dont un sommet atteint 2,924 mèt., et qui , sous divers noms, sépare les affluents du Duero de ceux du Mimbo. — Les Pyrénées de Galice , du mont Oribio au cap Finistère, perdent la direction presque rectiligne qu'a jusqu’alors suivie la chaîne, pour se contourner dans tous les sens. Elles remontent des sources de la Nacra à celles du Mifto, c.-à-d. du S. au N., sous les noms de Sierra de Cabrera ; Sierra de Mondonedo (879 mèt.), et monts Quadramos, de l'E. à l’O.; Sierra de Loba, du N. au S. jusqu’aux sources du Tambre; Sierra de Teegra et de Toriflana, du S.-E. au N.- O., jusqu’au cap Finistère. Des monts Quadramos se détachent, vers le S., la Sierra de Mellil, entre le Tambre et l’Ulla; les monts Faro et Testeyro, entre l’Ulla et le Miùo. Cette partie s'abaisse considérablement vers la mer, et forme de nombreuses vallées rendues fertiles par les cours d’eau qui descendent des montagnes : le principal est le Miûo. Les passages entre les deux versants sont en petit nombre, et souvent peu praticables. — La température des Pyrénées n'est pas uniforme : elle est beaucoup plus basse dans la partie centrale des deux chaînes qu'aux extrémités : les neiges perpétuelles commencent à la hauteur de 2,700 mèt., et les glaciers permanents à 500 ou 600 mèt plus haut : ils ne se rencontrent que dans les masses les plus élevées du versant septentrional , du Marboré à la Maladetta. C’est

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dans cet intervalle que se trouvent aussi les lacs les plus remarquables des Pyrénées : le Selil de la Baque, et le lac d’Oo |2,684 mèt.l, entièrement gelés; les étangs du port de Vénasque (2,216 înèt.i; le Seculejo (1,399 mèt.), occupant une surface de 800,000 mèt. carr., et alimenté par une cascade dont la chute est de près de 300 mèt.; une autre cascade, celle de Gavarnie, tombe de 405 mèt. La végétation finit, dans les Pyrénées centrales, à 2,200 mèt., où l'on ne trouve plus que des mousses. Du côté de l’Espagne, on trouve de vastes forêts de chênes-lièges. Les animaux pyrénéens sont : l’ours, l’isard, devenu rare, le chien des Pyrénées; les chevaux navarréens et ceux de la Cerdagne; le bœuf, qui paît l’été sur les hauts sommets; des vautours et des aigles de grande taille. Les métaux et les minéraux abondent : le fer, le cuivre, le plomb, l’étain, l’argent, le cobalt, l'alun, le sel gemme, les marbres, etc. Enfin les eaux minérales sont innombrables. C. P.

Pyrénées (Traité des), négocié d'abord par le marquis de Lyonne et Don Antonio Pimentel , puis signé le 7 novembre 1659, dans l’ile des Faisans, sur la Bidassoa, par Mazarîn et Louis de Haro, ministres de Louis XIV et de Philippe IV d'Espagne. 11 reculait au N. et au S. la limite de la France, en lui donnant le Roussillon avec le versant X. de la Cerdagne, l'Artois (sauf Aire et SMJmer ), et 14 villes dans la partie S. de la Flandre, du Haiuaut et du Luxembourg (Gravelines, S,-Venant: — Landrecy, Le Qnesnoy , Avesnes, Mariembourg, Philippeville ; — Montmédy, Thionville , etc.). Mais, sauf l’abandon du Barrois et de quelques villes à l’O. des Trois-Evêehés, la Lorraine, eonhsquée en 1632, était restituée à son duc Charles 111. Le prince de Coudé, i entré en grâce, recouvrait le gouvernement de la Bourgogne, et recevait un million de l’Espagne. Marie-Thérèse, fille de Philippe IV, en épousant Louis XIV, renonçait, pour elle et ses descendants, à toute prétention sur la succession d'Espagne; mais la validité de sa renonciation était formellement subordonnée au paiement de sa dot. R.

Pyrénées (basses-), département du S. -O. delaFrance, ch.-l. Pau; formé dans les anc. provinces de Béarn , Navarre, et Gascogne; entre l'Espagne (Aragon, Navarre et Guipuzcoa) au S.-O., le golfe de Gascogne à l’O., les départ, des Landes et du Gers au N., des 11““»- Pyrénées à l’E. Supeif , 755,934 hect.; pop., 435,628 hab. Arrosé par l’Adour, la Nive, la Bidouze. le Gave de Pau, le Gave d’üloron, et par la Bidassoa, limite de la France et de l'Espagne. Couvert par les montagnes des Pyrénées. Vallées fertiles; belles forêts; peu de céréales, mais, vins fins et ordinaires, lin. Elève de mulets, gros bétail, porcs, petits chevaux estimés. Exploit, de fer, cuivre, houille, soufre, cobalt, sel, beaux marbres, granit, albâtre, ardoise, etc. Usines à fer, scieries de planches; fabr. de lainages, toiles, tapis, chocolat et charcuterie de Bayonne. Connu, d'exportation par le port de Bayonne et avec l’Espagne. Sources thermales très-fréquentées aux Eaux-Bonnes et aux Eaux-Chaudes. Ce département forme le diocèse de Bayonne, et dépend de la cour impériale île Pau.

Pyrénées ( hautes- I, département du S.-O. de la France, ch.-l. Tarbes; situé dans Fane. Gascogne (Bigorre, Nébouzan , Quatre- Vallées, parties de l’Astarac et de l'Armagnacl ; entre la frontière d'Espagne au S., les départements des Basses-Pyrénées à l’E., du Gard au N.-0.,de la Haute-Garonne à FO. Superf., 450,346 hect.; pop. : 240,179 hab. Arrosé par un grand nombre de cours d’eau torrentiels, dont les principaux sont : l'Adour, le Gave de Pau, qui commence à la cascade de Gavarnie, l’Arros, la Baise, le Gers et la Neste. Couvert par les montagnes et les vallées pittoresques des Pyrénées. Beaux pâturages et forêts; peu de céréales, vins abondants, lin et châtaignes. Elève de chevaux assez estimés, mulets, volailles. Exploit, de beaux marbres, cuivre, fer, zinc, plomb. Scieries de planches, forges. Coram. de sangsues. Eaux minérales très-célèbres à Barèges, Cauterets, SLSauveur, Bagnèressur-Adour, etc. Ce département forme le uiocèse de Tarbes, et dépend de la cour impériale de Pau.

Pyrénées-orientales, département du S. delà France, ch-l. Perpignan; situé dans les anc. prov. de Roussillon et de Languedoc; entre l’Espagne au S., la Méditerranée à FE., les départements de l’Aude au N., et de l'Ariège à FO. Superf:, 413,558 hect.; pop. ; 189,490 hab. Séparé de l’Espagne par les Pyrénées, du départ, de l’Aude par les Corbières, et traversé par les monts Canigou, contre-tort des Pyrénées Ipoint culminant: 2,785 met. |. Arrosé par trois riv. torrentielles, la Tet, le Tech et la Gly ; plusieurs étangs, dont le principal est celui de Leucate. Sol pierreu: ; peu de céréales; vin ordinaire pour les mélanges, et vins fins ,’e liqueurs (Rivesaltes, Grenache); fruits,

oranges, grenades, oliviers, mûriers. Exploit, de fer, cuivre, plomb, granit, marbre; usines à fer; eomm. d'exportation en vins, laines, eaux-de-vie, fers; pêche de thons, d'anchois, etc. Ce département forme le diocèse de Perpignan, et dépend de la cour impériale de Montpellier.

Pû RGI, v. de Triphylie, près du fleuve Xéda et de la frontière de Messénie; — v. d’Etrurie, servait de port à Cœré. C’était une ville Pélasgique, comme l’indiquent et 1 histoire et les restes de ses murailles gigantesques ; les Pélasges y avaient fondé un temple d llithya (Junon- Lucine), temple très-riche, avant que Denys l’Ancien, tyran de Syracuse, l’eût pillé en allant en Corse, vers 384. Les ruines de ce temple et celles d’un tombeau très-antique se voient avec les murs pélasgiques au village actuel de San-Severo, près de Civita-Vecchia. C. P.

P YKGUTE LÊ, graveur en pierres fines, contemporain d’ Alexandre le Grand. Quelques pierres portent son nom, mais sont contestées; ce sont les têtes d'Alexandre et de Pliocion, et un Hercule assommant l’Hydre.

PYKITZ, anc. Periseum, la Pommern des Wendes, v. des Etats prussiens (Poméranie), à 42 kil.S.-E. de Stettin; 5,406 hab. Grand comm. de grains et de laines

PYRMOXT, v. de la principauté de Waldeck , sur l’Emmer, à 100 kil. N. de Waldeck; 2,600 hab. Château princier. Sources minérales salines, acidulés et ferrugineuses; bains très-fréquentés.

Pû ROMANCIE ou PYROSCOPIE , divination par le moyen du feu, soit en jetant de la poix broyée sur les flammes, soit en examinant le nombre et la direction des pointes que formait la flamme d’un flambeau, etc.

PYRüPHORES, hommes qui, chez les anc. Grecs, marchaient à la tête des armées, tenant des vases remplis de feu. Avant l’usage des trompettes, ils donnaient le signal du coùibat , en lançant contre l'eunemi des torches allumées.

PYRRHA. V. Deucalion.

PYRKH1COXTE, Pyrrhicus, v. de la Laconie, au S., vers les sources du Scyras.

PYRRH1QUE, danse militaire des Grecs, exécutée sur un mode vif, au son des flûtes, avec l’épée et la lance. Elle simulait tous les accidents d’un combat véritable. On en attribuait l'institution à Pyrrhus, fils d’Achille, et elle fut surtout usitée â Sparte et en Crète.

PYRRIION, célèbre philosophe, né â Elis (Péloponèse), florissait vers 340 av. J.-C.; sa vie est peu connue : on sait seulement qu’il voyagea en Asie à la suite de l’expédition d'Alexandre le Grand, et qu’à son retour dans sa patrie, il fut honoré de la dignité de grand-prêtre par ses concitoyens. Sa biographie est pleine de fables , sortes d’épigrammes composées dans l’esprit de sa doctrine; ainsi on raconte que , comme il doutait de l’existence des corps , il ne sortait qu’accompagné de ses disciples, qui le préservaient des conséquences de sa folie. On dit aussi qu'un jour qu'il était en mer, une tempête étant survenue, comme ses compagnons étaient saisis de frayeur, il leur montra un pourceau qui mangeait paisiblement, et leur dit : " Voilà quelle doit être la sécurité du sage. » Quoiqu’il n’ait rien écrit, sa doctrine n’en est pas moins célèbre; il a donné son nom au scepticisme ou système du doute universel. Ce qui le distingue de ses prédécesseurs et des sophistes eu particulier, c’est que lui seul proclama le doute comme véritable conséquence de la diversité et de la contradiction des opinions humaines, tandis que les sophistes niaient l’existence de la vérité , ce qui est encore athrmerquelque chose. L’abstention du jugement (earc^vi), tel est le vrai scepticisme, et c’est celui de Pyrrhon. Aussi le pyrrhonisme est devenu le synonyme de scepticisme. Pyrrhon ne niait rien , n’affirmait rien ; ses maximes étaient : «Je ne définis rien, pas plus ceci que cela. » Dans la pratique, ce système Conduit à l'indifférence absolue; en cela consiste sa sagesse. L'impassibilité, d'où naît l'imperturbabilité , sont les qualités du sage. Ce sont, en effet, les conséquences rigoureuses du système. Le scepticisme a gardé cette forme, et y revient sans cesse. Voilà pourquoi Pyrrhon est devenu le représentant du scepticisme. F. E. Saisset, Ænésidime, Paris, 1840, in-8°. B — d.

PYRRHUS ou NËOPTOLÈME, fils d’Achille et de Déidamie , vint très-jeune au siège de Troie, dans la 10» année de ce siège , parce que , suivant un oracle , sa présence devait décider du sort de la ville. 11 ramena Philoctète de Lemnos, tua devant Troie Eurypyle , fils de Téléphe, institua, en mémoire de ce triomphe, la danse pyrrlnque , entra le premier dans le fameux cheval de bois , massacra Polite et Priam au pied des autels , précipita Astyauax du haut d’une tour, et égorgea l’olyxène sur la tombe d’Achille. 11 eut pour sa part du butin Acdro-

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mnque , dont il fit son esclave, épousa Hermione, alla plus tard fonder un royaume en Epire, et périt à Delphes, assassiné par Oreste, qui avait demandé la main d’Hermione.

PYRRHUS , fils d'Eacide, roi d’Epire, était encore enfant, lorsque son père fut détrôné par les Molosses, 313 av. J.-C. 11 fut élevé à la cour de Glaucias , roi d’illyrie, qui le rétablit dans ses Etats. Chassé par une nouvelle révolte , il se retira auprès de son beau-frère Démétrius Poliorcète. Après la bataille d’ipsus, où, à l’âge de 18 ans , il se signala par son courage, il alla pour Démétrius en ota/e en Egypte, épousa Antigone, fille de Ptolémée, et obtint de son beau-père une flotte et des trésors , avec lesquels il reconquit ses Etats sur Néoptolème, son grandoncle, 295. Il les agrandit aux dépens de la Macédoine, où il intervint comme médiateur entre les deux fils de Cassandre, et s'empara, bientôt après , de ce royaume sur Démétrius, à la faveur de l’enthousiasme que sa valeur brillante excitait parmi les Macédoniens , qui croyaient retrouver en lui Alexandre le Grand, 287. Il partagea cette conquête avec Lysimaque; mais, dépouillé par lui de la moitié de ce pays , il renonça à ses prétentions en faveur de Ptolémée Céraunus, qui lui fournissait des troupes pour une expédition en Italie , où l'appelaient les Tarentins. Vainqueur des Romains à Héraclée, 280, et à Asculum , 279, il alla délivrer Syracuse assiégée par les Carthaginois , et revint en Italie se faire battre à Bénévent par Curius Dentatus, 275. De retour en Epire, il reconquit la Macédoine sur Antigone Gonatas, et, tout en s’annonçant aux Grecs comme un libérateur, chercha à surprendre Sparte, fut repoussé, et alla mourir dans Argos, de la main d’une vieille femme, 272. — Pyrrhus fut le meilleur capitaine de son temps; il aimait la guerre avec passion , et composa des traités de tactique. Le premier, il eut 1 idée de représenter les évolutions militaires au moyen de petites pièces de bois ou de plomb , méthode fl11'- depuis, a été généralement suivie dans l'enseignement militaire purement théorique. O.

PIr THAGORE, philosophe grec, chef de l’école italique, naquit à Sainos entre les années 583 et 572 av. J.-C. Polyerate étant devenu tyran de Samos, il alla se fixer en Italie, vers 532. Antérieurement il avait visité 1 Egypte et diverses parties de la Grèce ; ses voyages en Orient et jusque dans l’Inde paraissent fabuleux. Les renseignements que les anciens nous ont laissés sur lui sont pleins de contradictions. Pour établir dans la Grande- Grèce son influence politique et morale, il parait qu'il appela en aide la religion, qu’il s’adressa à l'imagination par des symboles, et qu’il ne fut pas étranger au rôle de thaumaturge que l’antiquité lui attribue. 11 établit à Crotone un Institut de 300 personnes astreintes à un genre de vie austère ; il encouragea la formation d'instituts semblables dans d’autres villes de la Grande-Grèce et de la Sicile ; il fut opposé aux partis démocratiques et aux démagogues qui aspiraient à la tyrannie ; il fit alliance contre eux avec l’aristocratie dorienne, à condition qu'elle entrerait dans ses vues ; il entreprit de réformer les mœurs et d’épurer les croyances populaires, en même temps qu’il s efforçait d’élever à la science les esprits d’élite, qu’il initiait peu à peu et par degrés à ses doctrines philosophiques. Passionné pour les mathématiques , il leur fit faire de remarquables progrès ; mais il crut y trouver les principes et l’explication de toutes choses. Cette théorie philosophique des nombres et leur application universelle à la théologie, à la cosmologie, à la psychologie et à la morale, furent développées pendant un siècle par son école, avant d’être fixées par l’écriture; de sorte qu'il est impossible d’y faire la part du maître et celle de ses successeurs | V. Pythagoriciens). Pythagore lui -même n écrivit rien : les Vers dorés ne sont pas de lui,- mais probablement de Lysis. On doit à Pythagore, en mathématiques, la découverte de diverses propriétés des nombres, la démonstration de la valeur du carré de l'hypoténuse et de quelques autres théorèmes géométriques ; en physique, la théorie mathématique des sons musicaux , et quelques expériences sur lesquelles elle s’appuie; en astronomie, quelques notions élémenta’res sur les mouvements du soleil, de la lune et des cinq planètes, et un système astronomique qui n est pas celui de Philolaiis, et encore moins celui de Copernic, mais qui était un grand progrès sur les opinions cosmographiques antérieures des Grecs. D'après le témoignage unanime des anciens, Chalcidius excepté, les données fondamentales de ce système sont la sphéricité de la terre , son immobilité complète au centre du monde, la révolution diurne de la sphère des fixes d’orient en occident, et les révolutions d’occident en orient de la lune, du soleil et des cinq planètes, autour de la terre,

dans des cercles plus grands pour ceux de ces corps dont la révolution est de plus longue durée. On ignore s’il avait essayé d’expliquer les stations et les rétrogradations des cinq planètes. Suivant lui, ces huit révolutions produisaient des sons musicaux et une merveilleuse harmonie. Il n'est pas douteux non plus que la doctrine des migrations des âmes ne remonte jusqu’à lui : cette doctrine, originaire de l’Inde , avait probablement été trouvée par lui en Egypte. 1 out en admettant des dieux subalternes, il reconnaissait un Dieu suprême, qu’il identifiait avec l'unité et avec l’âme du monde. Ce fut lui, dit-on, qui, le premier, créa le nom modeste de philosophie , pour remplacer le nom plus prétentieux de sagesse, et qui donna à l’univers le nom de monde (en grec cosmos), pour exprimer l’ordre qui y régne. Les partis démocratiques et les tyrans se coalisèrent contre les institutions de Pythagore, qui périrent au milieu des guerres civiles. 11 parait que ce désastre eut lieu de son vivant : on ne sait s’il y périt, ou s’il y échappa; au milieu des récits contradictoires, ou ignore quand et comment il mourut. V. Diogène de Laèrte, vin, 1-50 ; les Biographies de Pythagore par Porphyre, par Jamblique, et par un anonyme, édition de Kiessling, 1815- 181H, 2 vol. in-8°. H. M.

PYTHAGORICIENS. L’école de Pythagore , dite italique ou pythagoricienne, ou quelquefois mathématique, survécut dans les villes de la Grande-Grèce à la dissolution violente de son Institut ; etle s’y maintint, malgré diverses persécutions, jusqu’au temps d’Aristote. A l’époque de Socrate, Lysis et Philolaiis l’avaient propagée dans la Grèce proprement dite, où elle s’éteignit du temps des premiers Péripatéticiens. Dès le principe , elle avait fait alliance avec la secte des Orphiques et avec les mystères de Cérés et de Bacchus. Son histoire, entourée d’obscurité et de merveilleux, fut, depuis l’époque d’Aristote jusqu’aux derniers temps de l’école néoplatonicienne, l'objet d'un grand nombre de recherches , mais peu critiques pour la plupart. On fabriqua beaucoup d’ouvrages apocryphes sous les noms de Pythagpre et des Pythagoriciens postérieurs. L’opuscule qui nous reste sous le nom d’Oeellus de Lucanie est très-suspect; celui qui porte le nom de Timée de Locres est apocryphe, aussi bien que les Lettres et les Fragments des Pythagoriciens , à l’exception de ceux de Philolaiis , et peut - être d’un petit nombre de ceux d’Archytas. Il faut comparer ces faibles restes authentiques avec les témoignages généralement exacts, mais peu bienveillants, d’Aristote sur les doctrines de cette école. On peut en rapprocher les passages du Phedre, du Gorgias , du Phédon, du Cralyle , et surtout du Timée, où Platon emprunte quelques doctrines aux Pythagoriciens, mais en les transformant. Il ne faut employer qu’avec une grande circonspection les témoignages postérieurs à Aristote. Des divergences s’étaient produites de bonne heure dans l’école pythagoricienne, non-seulement sur les applications,mais sur les principes mêmes. Les disciples d’Hippasus, nommés plus spécialement mathématiciens , étaient hétérodoxes : les Pythagoriciens, en général, considéraient les nombres comme les seuls principes stables et intelligibles, comme les essences immanentes des choses; mais Hippasus et ses sectateurs les considéraient comme des entités supérieures et séparées, dont les essences des choses étaient seulement une imitation. Du reste, tous les Pythagoriciens voyaient dans les nombres, non pas un moyen d'exprimer les lois du monde physique et moral , mais le principe nécessaire de ces lois , que , par conséquent, suivant eux, on pouvait trouver à priori par la considération des nombres et de leurs propriétés. Ils réalisaient cette construction de la science à l’aide d’un symbolisme illusoire. Suivant eux, le pair était le principe de l’indéterminé, du vide, de la matière, du temps et de l’espace ; l’impair était le principe de la détermination , et avait lui-même pour principe l’unité, origine commune du pair et de l’impair. Toutes choses résultaient de l'indéterminé et de la détermination , unis par l’harmonie , qui elle-même était l’octave musicale, résultant de l’union de la quarte et de la quinte. Tel était le point de départ de leuv théorie des nombres musicaux , théorie justifiée par l’expérience, mais appliquée ensuite arbitrairement à l’ordre général de l’univers. C’était sur la considération des nombres 8 et 7 , réalisés musicalement dans l’octochorde et dans l’heptaehorde, que Pythagore avait fondé son système astronomique des huit révolutions célestes , savoir, de la sphère des fixes et des sept planètes tournant autour de la terre immobile au centre du monde. La considération du nombre 4, et, par suite, celle du nombre 10, qui en sort par l’addition des 4 premiers nombres , motiva le système astronomique qui dominait dans l'école

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pythagoricienne à l’époque d’Aristote , et qui avait été celui de Philolaüs et d’Hicétas. La comparaison de l’arithmétique avec la géométrie produisit la théorie pythagoricienne des nombres linéaires , plans et solides , d'où se déduisit la théorie géométrique de l'éther, et des quatre espèces de corpuscules des éléments sublunaires, la théorie des transformations et des mélanges de ces éléments, et par suite toute la physique pythagoricienne, à laquelle Platon a fait de grands emprunts. Les nombres jouaient aussi un grand rôle dans la physiologie et dans la médecine, cultivées avec ardeur par les Pythagoriciens. Sous le nom d'unité, ils entendaient en même temps Dieu, principe du bien, et, sous le nom de dyade indéfinie, la matière, principe du mal. Parmi les Pythagoriciens, les uns faisaient le monde réellement postérieur à la matière et aux nombres éternels ; suivant d’autres, cette postériorité n’était que logique, et le monde était éternel lui-même. Dans le monde , l’ordre et le mouvement étaient produits par une âme, dont l’intelligence était Dieu, l’unité suprême. Le feu pur, ou éther, était le principe divin pénétrant le monde par la chaleur : il enveloppait la surface sphérique du monde, et il résidait en même temps au centre. Ce feu central du monde formait une masse distincte , centre des révolutions de la terre et des autres corps célestes, suivant le système astronomique d’Hicétas et de Philolaüs ; c’était le feu central de la terre immobile, suivant le système de Pythagore, d’une partie des Pythagoriciens et des Orphiques ; c’était le feu central de la terre tournant sur elle-même au centre du monde, suivant le pythagoricien Ecphantus. Les Pythagoriciens reconnaissaient des dieux subalternes, qui étaient des émanations de Pâme du monde, de même que les âmes des hommes et des animaux. Dans ces âmes , ils distinguaient une partie vitale, sensitive et passionnée, et une partie raisonnable : celle-ci était inactive dans les animaux. On ne sait comment ils conciliaient cette division de Pâme avec la métempsycose. Leur morale, symbolisée par les nombres et par diverses pratiques, était pure et élevée : elle avait pour but de faire dominer l’intelligence et l’ordre sur les appétits et les passions. Ils recommandaient , comme moyens auxiliaires, l’emploi de la musique, la méditation silencieuse, la contemplation et l’imitation de l’ordre divin du monde. L’ordre et la hiérarchie étaient aussi les principes de leur politique aristocratique. Pour eux, la vie actuelle était une punition et une épreuve : il était défendu de s’y soustraire par le suicide. Les âmes, dans une série de migrations et d’épreuves , s’élevaient graduellement par la vertu ou s’abaissaient par le vice, et elles pouvaient arriver enfin, soit à la vie parfaite des âmes séparées des corps, soit aux supplices de l’enfer. Tels paraissent avoir été les principaux traits de la doctrine pythagoricienne. Après avoir été pendant des siècles un objet de recherches historiques, elle fut ressuscitée, avec un étrange cortège de superstitions, par Sextius, Sotion, Anaxilas, Thrasylle, Apollonius de Tyane et Moderatus au 1er siècle de notre ère, par Secundus et Nicomaque au 11e. Enfin, elle fut absorbée par le Néoplatonisme. Elle reparut avec lui à la Renaissance. Képler, par quelques spéculations de son Harmonie du monde, se rattache encore au pythagorisme dans ce qu’il a de plus étrange. Boèce attribue aux Pythagoriciens l’usage de Vabacus , espèce de casier où neuf chiffres analogues aux nôtres, avec une valeur de position, exprimaient les nombres. Mais cette invention importante n’a été introduite dans l’arithmétique grecque et romaine que peu de temps avant Boèce, et cc sont les nouveaux Pythagoriciens des premiers siècles de notre ère qui y ont imprimé le cachet de leur secte. L’abacus est probablement d’origine indienne. V. Bœckh , Doctrine du pythagoricien Philolaüs, avec les fragments de son ouvrage , Berlin, 1819, in-8°; les Bers dorés, avec le commentaire d'Hiéroclès, édit, de Needham, Cambridge , 1709 , in-8° ; Gruppe, sur les Fragments d'Archytas et des anciens Pythagoriciens, en allemand, Berlin, 1840, in-8®; Ocellus, sur le Monde, édit. Rudolph, Leipzig, 1801, in-12; le faux Timée de Locres, dans les éditions de Platon ; les Dialogues de Platon mentionnés plus haut; les témoignages d’Aristote sur les Pythagoriciens; les fragments apocryphes des anciens Pythagoriciens et les fragments des Néopythagoriciens, dans le recueil d’Orelli (Opéra veterum græcorum sententiosa et moralia), Leipzig, 1819-1821, 2 vol. in-8°; Brandis, Manuel de l'histoire de la philosophie grecque et romaine, en allemand, Berlin, 1835, in-8°; Krische, de Societatis à Pythrtgora in uroe Crotoniatarum conditœ scopo politico, Gœttingue, 1830, in-4°; Meiners, Histoire des sciences dans la tirece , trad. française de Laveaux , t. 1 et 11 ; les Remarques de Wyttenbach dans sa Dibliotheca critica, 11,

vni, p. 109 et suiv.; Jæcher, de Pytlutgoræ methodo philosophiam docendi, Leipzig, 1741, in-8°; Wendt, de fterum , principiis serundum Pytliagorcos, ibicl., 1827, in-B° ; Beclcmann, de Pylhagoreorum reliquiis, Berlin, 1850, in-8°; M. Chasles, Aperçu historique sur l’origine et le développement des méthodes en géométrie, note 12, Bruxelles, 1837 ; et l’auteur de cet article : Recherches nov telles sur les origines de notre système de numération écrite. ( Revue archéologique, année 1857.) H. M.

PYTHEAS, navigateur et astronome, né â Marseille, flerissait vers le milieu du IVe siècle av. J.-C. Il entreprit un voyage vers l’O. et le N. de l’Europe; nous en avons perdu la relation, qui était consignée dans deux ouvrages : Description de l’Océan, et Voyage autour de la terre, ou Périple. Nous n’avons que des extraits faits par les auteurs anciens, surtout Strabon et Pline. Dès l’antiquité, Pythéas fut traité d’imposteur et comparé à Evehmère par les géographes systématiques , comme Polybe et Strabon, qui ne pouvaient faire concorder ses latitudes septentrionales avec leurs idées préconçues sur le peu d’étendue de la terre habitable vers le N. : au contraire, Dicéarque , Eratosthène, Hipparque, croyaient à la réalité de son voyage, et les découvertes modernes, en permettant de contrôler ses observations et ses mesures, lui donnent raison contre ses détracteurs. Parti de Marseille, il se dirigea au S. vers les colonnes d’Hercule, puis à l’O. vers le Promontoire Sacré (cap S1- Vincent), observa qu’entre ces deux points, vers Gadés, finissaient le flux et le reflux de la mer, c.-à-d. que les marées s’arrêtaient près du détroit, longea les côtes de l’Ibérie et de la Gaule, reconnut qu’entre ces deux pays l’Océan creusait un golfe profond, et que la côte s’avançait ensuite vers l’O. pour former une péninsule terminée par le cap Calbium ou des Ostidamnii (Pointe de Raz), découvrit plusieurs îles, entre autres Usizama (Ouessant) , entra ensuite dans la Manche, longea les côtes méridionales et orientales de l’ile de Bretagne, détermina la latitude de l’extrémité N. de l’ile, en observant que le jour y était, au solstice d’été, de 18 heures, et en plaçant ce lieu à 10,500 stades de Marseille, ce qui correspond à 58° lat. N., se dirigea vers le N., et, après six jours de navigation , arriva à Thulé ( V. ce mot ) , au delà de laquelle il ne put naviguer, repoussé par d’épais brouillards. Dans un deuxième voyage, il reconnut les côtes de l’océan Germanique jusqu’à l’embouchure de l’Elbe , et paraît même avoir pénétré dans l’Archipel danois et la Baltique. D’après Pline, il a connu les îles Basilia ou Rallia , Abalus ou Abalcia, dans le voisinage desquelles habitaient les Guttones. Les Guttones sont sans doute les Goths, qui habitaient alors la Scandinavie, l’Archipel danois et le N. du Danemark; le nom de Baltia rappelle ceux de la Baltique et des Belt. On a cru reconnaître les habitants d’Abalus dans l ile Æbel, située au N. de Fionie. Les détails que donne Pythéas et que Pline nous a conservés sur les peuples riverains de la Baltique, sont conformes à ce que nous ont appris les auteurs des siècles suivants ; mais on ne peut déterminer quel est le fleuve jusqu’auquel il se serait avancé vers PE., et auquel il donna le nom de Tanais. On y a vu l’Oder, la Vistule, et même la Dvina. Pythéas n’était pas moins remarquable comme astronome. En observant, à Marseille, l’ombre d’un gnomon à midi , le jour du solstice, il avait déterminé l'obliquité de l’écliptique et la latitude de Marseille, et cette mesure ne diffère que de 11’ 43” des observations modernes. 11 avait aussi cherché la hauteur du pôle , et remarqué que l’étoile polaire n’était pas au pôle même, mais qu’avec trois autres étoiles voisines elle formait un quadrilatère dont le pôle était le centre. Enfin il avait découvert la cause des marées, en reconnaissant que le flux de la mer était causé par l’élévation de la lune au méridien, et le reflux par son abaissement. Les fragments de Pythéas ont été recueillis et publiés par Anvedson, Upsal, 1824, in-8®, et par Schmeckel, Mersebourg, 1848, in-4®. V. Bougainville, Eclaircissements sur la vie et les ouvrages de Pythéas (dans les Mém. de l’Acad. des Inscript., t. xix) ; J. P. Murray, de Pytlied Massiliensi (dans les Commentarii Societatis Ccetting., 1775, t. iv ; Fuhr, de Pytlied Massiliensi, Darmstadt, 1835, in-8° ; J.Lelewel, Pythéas de Marseille, Paris, 1837, in-8®. C. P.

PYTHIADE , espace de 4 ans révolus depuis une célébration des jeux Pythiques jusqu’à l’autre. Les Pythiades commencèrent Pan 580 av. J.-C.

PYTHIAS, ami de Damon. V. Damon.

PYTHIE, Pythia, prêtresse d’Apollon à Delphes. Dans l’origine, elle devait être vierge; plus tard, on voulut qu’elle eût 50 ans. On la prenait d’ordinaire parmi les pauvres Delphiennes, de la condition la plus obscure, sans édu-

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cation, et d’un esprit très-borné. Pour rendre ses oracles, la Pythie mâchait des feuilles de laurier, et montait sur un trépied placé au-dessus d’une crevasse de la terre, d’où sortaient des vapeurs épaisses d’encens et de parfums. Elle tombait alors dans une agitation violente, qu’on regardait comme produite par l’esprit divin, et les paroles qu’elle prononçait étaient précieusement recueillies par les prêtres du temple, qui ne cessaient de l'entourer, et employaient contre elle les menaces et la violence , quand l’esprit prophétique tardait trop à se manifester en elle. On faisait, avec ces paroles, des réponses en vers assez mauvais et toujours ambigus. Originairement, la Pythie ne rendait des oracles que pendant un mois; dans la suite, elle prophétisa un jourpar mois. Quand l’oracle de Delphes futtrès-acerédité, lenombre des consultants devint si considérable, que les prêtres établirent trois Pythies, qui servaient à tour de rôle.

PYTH1QUES (Jeux), jeux célébrés à Delphes, d’abord tous les neuf ans, puis tous les quatre ans, pour rappeler le combat d’Apollon contre le serpent Python, et la fondation de l’oracle. C’était primitivement une lutte de poésie : les joueurs de flûte y furent ensuite admis; puis les athlètes et les chars. L'hippodrome fut construit sur l’ancien territoire de Crissa. Pindare a conservé dans ses vers le souvenir de ces jeux.

PYTIiO, un des noms de Delphes.

PYTHODORIS, reine de Pont, fille de Pythodore de Tralles, épousa Polémon Ier, roi de Pont, et, après sa mort, Arehélaiis, roi de Cappadoce. Ce pays ayant été réuni à l'Empire par Tibère, elle gouverna le Pont pendant la minorité de son fils Polémon II, et ensuite conjointement avec lui, jusqu’en 38 ap. J.-C., époque où elle mourut. Elle régnait aussi sur la Colchide et le Bosphore Cimmérien. C. P,

PYTHON, serpent ou dragon monstrueux, né des eaus du déluge de Deucalion, et père de la Gorgone, de Géryon, de Cerbère, de l’hydre de Lerne, du vautour qui dévora Prométhée, du Sphinx, avait cent têtes, et, de ses cent bouches , vomissait des flammes. Il habitait sur le Parnasse, près de Delphes (qui en prit le nom de Pytlio) , et fut tué, à coups de flèches, par Apollon, qui, en l’honneur de cette victoire , institua les jeux Pythiques. Il entoura de la peau du monstre le trépied de sou temple à Delphes.

PYTHONISSE , nom employé comme synonyme de Pythie, et appliqué aussi dans l’antiquité aux devineresses ( V. Endor).

PYXUS, v. de Lucanie. V. Policastro.

PYZDRY ou PEISERN, v. de Pologne, sur la Warta, près de la frontière de Prusse, à 35 kil. O. de Ivonin ; 3,000 hab. Draps, cuirs. C’est la dernière ville de Russie du côté de l’Occident.

QUA

QALABCIIËII (EL-), Talmis , vge de Nubie, sur le Nil , à 45 kil. S. d’Assouan ; 1,000 hab. Ruines magnifiques d'un temple du Soleil ou de Sérapis.

QAZWYN. V. Kazbin.

QÉNËH. V. Kénèh.

QOBAYLS. V. Kabyles.

QOUA ou QUA , royaume de la Guinée Supérieure, sur la côte de Calabar, traversé par le Bongo ou Calabar. Habitants sauvages.

QUADES, Quadi, peuple germain, de la famille des Suèves, toujours allié avec les Marcomans , et habitant, depuis que ceux-ci s’étaient établis en Bohême à la place des Boieus, le pays borné à l'E. par le Granuas (Gran) , au S. par le Danube, àl'O. par les monts Gabreta (monts de Moravie ), au N. par les monts Sarmatiques (Karpathes), c.-à-d. la Moravie, la partie de l’Autriche au N. du Danube, et celle de la Hongrie à 10. du Gran. Après la chute de Marbod, roi des Marcomans, ils tombèrent sous l’influence romaine, et reçurent de Tibère, 19 ap. J. C., un roi de leur nation, Yannius; quand ce prince eut été renversé par ses neveux, Vangio et Lido , 50 , les Quades n’en restèrent pas moins alliés des Romains. Sous Marc- Aurèle , ils s’unirent aux Marcomans contre l’Empire, et ravagèrent la Pannonie, 166. Chassés par Marc-Aurèle , ils furent forcés de demander la paix , après une guerre de 10 ans. Ils recommencèrent leurs attaques sous Caraealla, qui leur acheta la paix. Valentinien, en 373. les repoussa d’Aquilée où ils avaient pénétré, et les refoula pour jamais hors de la Pannonie. Dès lors ils disparaissent de l’histoire comme nation particulière, et semblent s’être confondus avec les Suèves ; on trouve des Quades cités au nombre des tribus suéviques qui envahirent l’Espagne au commencement du v® siècle. C. P.

QUADRA-ET-VANCOUVER, île du Grand-Océan boréal, sur la côte N. -O. de l’Amérique septentrionale , par 48° 21’ -50° 54’ lat. N., et 125» 9’-130® 4L’ long. O ; 490 kil. sur 130 ; ch.-l., Victoria. Elle fait partie de la Colombie, est séparée du continent par le golfe de Géorgie à l’E., les détro ts de Johnston et de la Reine-Charlotte au N., celui de Juau-de-Fuca au S., et tire son nom des deux capitaines, l’un espagnol et l’autre anglais, qui s’y réunirent lors de la remise qui en fut faite par les Espagnols aux Anglais ; ceux-ci s’y étaient déjà établis en 1786. Les habitants sont très-sauvages. V. Colombie, au Supplément.

QUADRAGËSIME (du latin Quadrayesimus , quarantième ) , nom donné par les chrétiens au l«r dimanche de Carême , parce que ce jeûne dure 40 jours.

QUADUACÉsi.ME, Quadragesima , impôt de douane chez les anc. Romains, quarantième du prix de la marchandise.

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QUADRANS , monnaie d’airain des anc. Romains. Elle valait un quart d’as , ou 2 centimes 3/4 environ.

QUADRANTAL, nom que l’on donnait quelquefois à l’amphore des anc. Romains, parce qu’elle cubait un pied ( V. AjiniORE).

QUADRAT (Saint), Quadratus , disciple des apôtres, et évêque d'Athènes vers l’an 126 , présenta à l’empereur Adrien, en 131, une Apologie, auj. perdue, du christianisme , mais dont Eusèbe a rapporté un fragment important, quoique très-court. Fête, le 26 mai.

QUADRATUS, c. à-d. carré, surnom donné à Mercure, soit à cause de la forme carrée de quelques-unes de ses statues , soit parce que le nombre 4 lui était consacré, ("était aussi un surnom du dieu Terme.

QUADRIFRONS, c.-à-d. qui a quatre visages, surnom de Janus, qui présidait aux quatre saisons.

QUADR1GAR1US (Q.-Claudius) , historien latin , contemporain de Sylla , florissait vers l'an 80 av. J.-C. Il fut un des premiers, chez les Romains, qui considéra l’histoire comme une composition littéraire : il avait écrit des Annales commençant à la prise de Rome par les Gaulois. Elles existaient encore vers la fin du xne siècle ; on les a perdues depuis, et il n’en reste que des fragments cités par Aulu-Gelle. Havercamp les a réunis et publiés à la suite de son édition de Salluste , Arast. , 1742. D — R.

quadrigarius , cocher de quadrige dans les jeux du cirque chez les anc. Romains.

QUADRIGAT, Quadrigatus, denier d’argent des anc. Romains. On le nommait ainsi de ce qu’il y avait un quadrige au revers.

QUADRIGE, Quadriga.j char attelé de 4 chevaux de front , pour les courses curules dans les jeux du cirque des anc. Romains.

QUADR1GELLENSIS pagus, nom latin du Charolais.

QUADR10 (Franç. -Xavier ) , littérateur italien, né en 1695 à Ponte ( Valteline) , m. en 1756 , entra fort jeune chez les Jésuites, se distingua dans l'enseignement et la prédication, abandonna son ordre, se rendit en Suisse, puis à Paris, où il fut lié avec le cardinal de Tencin et Voltaire , retourna en Italie en 1748 , et obtint du pape Benoît XiV la permission de se retirer chez les Barnabites de Milan. On lui doit , entre autres ouvrages : Délia poesia italiana, Venise, 1734, livre publié sous le nom d’Andrucci; Délia storia e délia rayione d'ogni poesia, dont le premier volume parut à Venise, 1736, et les 6 autres à Milan, 1741-59; ce recueil est généralement préféré à celui de Crescimbeni. B.

QUADR1KÈME, Quadriremis, vaisseau de guerre des anciens, à quatre rangs de rames superposés, deux rangs

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