aux Etats-Unis (20,000,000 d'Anglo- 'axons
5.500.000 Allemands, 1,500,000 Français, 500,000 Espagnols); 3,200,000 dans l’Amérique anglaise |dont près de l,0o0,000 de Français au Canada), et 0,000,000 d’Espagnols et de Portugais dans le Mexique, FAmérique cen- j traie, la Colombie, le Pérou, le Chili, les Ëiats de la l’Iata et le Brésil; en Océanie, 1,200,000 Européens; 500,000 en Afrique. La race Indo-Européenne offre donc une population totale d'environ 435,000,000 d’individus.
îtACis sKMiTiqüE. Contrairement a la race indo-européenne, établie sous les climats les plus divers, ayant pratiqué toutes les religions et tous les gouvernements, parlant des idiomes qui , malgré leurs caractères communs, différent notablement les uns des autres, la race sémitique, infiniment moins nombreuse, offre, dans sa religion monothéiste, ses mœurs et son gouvernement patriarcal, sa langue fixée de bonne heure par l'alphabet et où les dialectes sont à peine sensibles, une merveilleuse homogénéité. Il eu est de même de ses caractères physiques : teint roux ou basané, figure sèche et allongée, corps maigre et nerveux. Les Sémites, que l’on appellerait mieux Syro- Aralies, pour indiquer les limites de leur extension , se renfermèrent, pendant toute l’antiquité, entre le versant méridional des monts d’Arménie et le Taurus au N., les montagnes qui bornent le bassin du Tigre à l’E., la Méditerranée et l’isthme de Suez à l’0.,et les mers qui baignent la péninsule Arabique (golfe Persique, mer Bouge, mer d’Oman) Ils se divisent en trois familles, les Hébreux, les Syriens ou Araméens, les Arabes. — La famille hébraïque comprend les Hébreux proprement dits ou Israélites, les Edomites, les Moabites, les Madianitrs, les Ammonites ; elle habita d’abord le haut bassin du Tigre, puis les plaines de la Mésopotamie, enfin le bassin du Jourdain. — La famille araméenne ou syrienne s’étendait en Syrie et surtout vers l’E. dans les grandes monarchies de Ninive et de Babylone, fondées d'abord par des Cbamites ou Ethiopiens, puis occupées par des Araméens, enfin conquises au vine siècle avant J.-C. par les Chaldéens (Carduques, Kurdes) d’origine persane, dont le nom fut appliqué à un pays et à une race en majorité sémitique. L’araméen, appelé également syriaque ou chaldéen, devint alors le dialecte prépondérant parmi les Sémites, et, mêlé d’hébraisme, futadopté par les Hébreux eux-mêmes comme langue vulgaire après leur retour de la captivité, employé même dans les livres d’Esdras et de Daniel , et dans les premiers livres chrétiens. — La famille arabe soumit, après Mahomet, non-seulement tout l’antique berceau de la race sémitique, mais encore à l’E. la l’erse, la Transoxiane, une partie de l’Hindoustan, à FO. l’Afrique septentrionale, l'Espagne et les grandes îles de la Méditerranée. Mais l'infériorité militaire des Sémites, due à l’esprit d’individualisme et d’isolement que développe la vie nomade, fit tomber le pouvoir tout religieux des califes sous les coups des races persanes, puis des races turques et mongoles en Orient , et de la race latine en Espagne. L’arabe resta la langue sacrée de tout l’Orient musulman, et se mêla aux langues vulgaires des Persans et des Turcs; mais la race sémitique fut ramenée, en Asie, à la péninsule Arabique, à la Syrie, au bassin inférieur du Tigre et de l’Euphrate | IraU-Arabi | , où Arabes et Syriens forment auj. une population d’environ 14,000,000 d'individus, tous musulmans, à l'exception des Maronites du Liban. En Afrique, les Arabes, tout en convertissant à leur religion la plus grande partie des populations cbamites ou éthiopiennes, ne les ont pas absorbées en tant que races, et vivent mêlés à ces peuples dans toute l’Afrique septentrionale, en Egypte, dans le Sahara et le Soudan, au nombre de 10,000,000 environ, divisés en Maures ou Arabes des villes, Bédouins ou Arabes du désert, Fellahs ou cultivateurs en Egypte. On en trouve environ 3,000,000 mêlés aux populations éthiopiennes de l'Abyssinie, répandus sur la côte orientale d'Afrique, et dans les iles Maldives et Laquedives eu face du continent de l'Inde. Si à ces 27,000,000 d’Arabes et de Syriens, on ajoute 4,000,000 de Juifs répandus dans tout le monde entier, on aura 31,000,000 de Sémites auj. existants. A cette race se rattacha ieut autrefois, par la langue seule, les Phéniciens, avec les Carthaginois leurs colons.
kace éthiopienne ou CHASilTE. Elle a pour signes essentiels: le visage d’une couleur foncée, quelquefois presque noire, quoique gardant la régularité de traits qui distingue la race blanche; une religion matérialiste; un polythéisme effréné, adorant même l’animal et la plante;
des cultes licencieux et obscènes; un instinct très-développé de hiérarchie et d'union politique, qui lui permit de fonder les premières grandes monarchies et d'élever des monuments gigantesques qui durent encore aujourd’hui ; un régime de castes, une vie agricole et sédentaire, inconnus aux Sémites, pasteurs et tous égaux dans la tribu; une écriture idéographique dans les hiéroglyphes égyptiens et les cunéiformes de Ninive et de Babylone, système tout opposé à l'alphabet phonétique des Sémites ; le caractère tout pratique de leurs sciences astronomiques et mathématiques Les Chamites se divisent en quatre familles : Ethiopiens, Egyptiens, Chananéens, Libyens. — Les Ethiopiens proprement dits, ou Kuschi tes, célèbres par l’antiquité et la splendeur de leur civilisation à Méroë et à Axoum, sont représentés auj par lesBarabras musulmans de Nubie, les Aby.-sins chrétiens, et les Gallas barbares d’Abyssinie, qui parlent des dialectes arabes (le ghez, l’amharique) mêlés à des débris de leur ancienne langue. Ce même rameau avait pénétré au S. de l’Arabie, et fondé, au milieu des Arabes sémitiques, le royaume de Saba ou d’Yémen; c’est ce qu’attentent les ruines de Mareb et de Sana, ouvrages tout à fait contraires au génie des Sémites qui les attribuent à des races impies de géants, le dialecte himyarite ou ekhili , très-différent de l’arabe, le régime des castes, et d'autres institutions étrangères aux Sémites. Au rameau éthiopien se rattachent encore les premiers Babyloniens, conduits par Nemrod , fils de Chus. Si Babylone, comme Ninive, fut plus tard occupée par des Sémites qui lui imposèrent leur langue, puis par des Chaldéens-Ariens qui la rendirent conquérante, sa religion licencieuse, ses mœurs corrompues, ses monuments gigantesques, les études astronomiques et mathématiques auxquelles se livrèrent ses habitants comme ceux de l'Egypte, montrent que la population éthiopienne y avait conservé ses caractères distinctifs, malgré une double conquête. Enfin les Ethiopiens se sont étendus de l'Euphrate et du Tigre jusqu'à l lndus, dans la Susiane et sur les côtes de la mer Erythrée. — Le rameau égyptien comprend le peuple célèbre qui habitait la vallée inférieure du Nil; le copte, langue de la population chrétienne de l’Egypte actuelle, représente le dialecte chamitique dans lequel sont écrits les hiéroglyphes, comme les Coptes sont eux-mêmes , à côté des Arabes bien plus nombreux, les représentants de l’ancienne race indigène. — Le rameau chananéen, habitant le bassin du Jourdain et de la mer Morte antérieurement à l’arrivée des Hébreux, comprenait le peuple phénicien, qui offre, ainsi qu’à Ninive et Babylone, le phénomène d une famille dont la langue est sémitique, et la religion, le caractère, les traditions, entièrement contraires à celles des Sémites; les Phéniciens sont représentés comme venant du Sud, de la mer Erythrée; ils ont le caractère pratique et industriel des Egyptiens et des Babyloniens, élèvent de grands monuments, cultivent les sciences et les arts, ont une religion grossièrement naturaliste et un culte licencieux ; ils se seront mêlés de bonne heure à des Sémites, et adoptèrent leur langue, mais en leur imposant leurs mœurs et leur religion. Détenus Sémites de langage, les Phéniciens portèrent cette langue dans les iles de la Méditerranée et sur la côte septentrionale de l’Afrique. C’est là que leurs colons, les Carthaginois, étaient devenus aussi, depuis plusieurs siècles, un peuple sémitique. — Les Libyens comprenaient, sur le littoral de la Cyrénaïque et des Syrtes, les Nasamons, les l’sylles, les Maces, etc., et, à l’U. de Carthage, les Numides, les Maures , les Gétules. Les Libyens les plus voisins de Carthage se mêlèrent avec les nouveaux colons, et formèrent un peuple mixte, les Liby- Phéniciens, qui parlaient la langue punique, c.-à-d. un dialecte sémitique, et cela explique la facilité avec laquelle les Arabes, au vu* siècle de notre ère, répandirent dans ce pays leur langue et leur religion. Auj. toute l’Afrique septentrionale est musulmane; mais, à côté de la race et de la langue des Arabes, on retrouve des restes assez nombreux de l'anc. population chamitique : les Berbères et les Kabyles, dans les régences de Tripoli et de Tunis, dans l’Algérie et le Maroc, parlant une langue différente de l’arabe, l’ancien idiome libyque; dans le Sahara, les Tibboos et lesTouariks; les Peuhls, dans la Sénégambie. — A cette race éthiopienne, nous joindrons une population toute particulière de l’Europe, les Ibères, dont la langue n’a aucune analogie avec les idiomes indo-européens ou asiatiques, mais que la tradition rapporte être passés de l'Afrique septentrionale en Espagne. Il semble donc qu'on peut les rattacher aux Chamites, avec lesquels ils présentent quelques caractères physiques et intellectuels communs. Les Ibères occupèrent longtemps l'Espagne sous les noms divers de Lusitaniens, Turditans,
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Orétans, Vascons, Cantabres ; le S. de la Gaule, sous le | nom d’Aquitaius, entre les Pyrénées et la Garonne; sous celui de Ligures, le littoral gaulois, des Pyrénées au Var, et le N.- O. de l'Italie, des Alpes au Pô, à la Trébie et à la Macra ; enfin , sous celui de Sicanes, la côte occidentale de l’Italie, puis la Sicile. Ils finirent par se fondre, dans ces divers pays , avec les nations qui les entouraient , et ne forment plus à l’état de race distincte qu’une population de 855,000 individus, dont 300,000 dans la Navarre, 425,000 dans les provinces basques en Espagne, et 130,000 en franco dans le S.-ü. du départ, des Basses-Pyrénées. Leur langue, qu’ils appellent euskara, est remarquable par la flexibilité de ses mots, la richesse de sa conjugaison , et la facilité presque merve lieuse avec laquelle elle forme des mots composés, llss’appellent eux-mêmes l'.skunldunac. Ce radical eus/c, ausk ou ask, devenu par l’aspiration baslc, vask ou gnsk, a formé les appellations diverses de Biscayens ou Basques, Vascons, Gascons, sous lesquelles ils sont désignés par leurs voisins.
race tartaro-finnoise. Cette race a été aussi appelée Scythique ; mais le nom de Scythes eut un sens très-vague chez les anciens, qui désignaient ainsi des races blondes aux yeux bleus, au visage ovale, et des races jaunes aux pommettes saillantes, aux cheveux noirs et raides. Elle habite presque toute l’Asie septentrionale et centrale, une grande partie de l’Asie-Wineure, le S. et l’E. de la Russie, l'extrême N. de l’Europe, et, par un de ses rameaux, les Madgyars ou Hongrois, le centre même de cette partie du monde. Ceux de ces peuples qui se sont établis en Europe, Finlandais, Hongrois, Turcs- Ottomans, ont perdu, par leur mélange avec des races plus belles, les traits distinctifs de la physionomie tartare : la tête carrée, large et aplatie, le nez camus, les cheveux durs et raides, la bouche largement fendue, les oreilles grandes et éloignées de la face. L’étude des langues a permis de les partager en quatre familles, les Finnois, les Turcs et Tartares, les Mongols, et les Toungouses. — Les Finnois, appelés aussi Ouqres, et, par les Russes, Tschoudes, comprennent : les Hongrois ou Madgyars 14,866,000), qui, au xe siècle, ont remplacé, dans le bassin du Danube et de la Théiss, d’autres populations de même race (Huns du v* siècle, Awares du vu®), les Szeklers ou Sicules de Transylvanie (585,000), tribu hunnique établie dans les Karpathes à l’époque d’Attila, et qui s’y est maintenue; les Esthes et les Lives (1,100,000), dans les gvts russes de Livonie et d'Esthonie , population finnoise à laquelle s’est mêlée une noblesse allemande et russe ; les Finlandais, appelés Fenni par Tacite, Finnar par les Germains, et, parStrabon, Zoumi, appellation qui se rapproche du nom qu’ils se donnent à eux-mêmes (Suomi, habitants des marais), occupant le grand-duché de Finlande (1,539,000), et divisés en Finlandais propres, Caréliens, Ischores, Quœnes, Tawasteins et Bothniens ; les Lapons, au N. de la Suède, de la Norvège et de la Russie (environ 500,000), peuplade finnoise qui paraît abâtardie "“*r son mélange avec des Eskimaux , dont elle se rap- ^oche beaucoup par les caractères physiques ; les Finnois orientaux, dans le N.-E. de la Russie, divisés en Syrjanes (gvt de Vologda) , Permiens et Wogouls (gvt de Perm ) , Votjakes ( gvt de Wiatka) , Tchérémisses ( gvt de Kazan ), Mordwines ( gvts de Pensa et de Simbirsk) , Ostiaks à l’E. de l’Oural, dans la Sibérie occidentale. — Le rameau turc, descendu de l’Altaï, etmélangéavec une autre famille, celle des Mongols , a produit le peuple mixte appelé Tartare, qui, par sa langue, doit être rattaché aux Turcs proprement dits. Ce rameau comprend, en Europe : les Turcs- Ottomans; les Tartares- Nogaïs, dans les gvts russes de Tauride et du Caucase , et dans le Daghestan ; les Tartares de Kazan, divisés en Metchères et Tchouvaches (gvts de Kazan, Simbirsk, et Samara); les Tartares d’Astrakkan et d’Orembourg , dans les gvts de ce nom ; les Baschkirs, vers les sources de l’Oural ; en Asie : les Ottomans, dans toute l’Anatolie ; les Turkomans, répandus dans la Perse et l’Afghanistan, et établis en grand nombre avec les Ouzbecks dans le Turkestan; les Kirghiz-Kaïsacks , errants entre l'Oural et la frontière chinoise ; les Turcs Sibériens, qui s’étendent jusqu’à l lénisei , et comprennent même au-delà les Iakoutes , sur les rives de la Léna. — Le rameau mongol, qui formait la tribu dominante dans les armées d’Attila, de Gengis-Khan , de Tamerlan, présente le même type de laideur qui épouvanta le monde romain et le moyen âge. Ces peuples , enclavés dans l’empire chinois, habitent, au N. de cet empire, la prov. de Mongolie ; leurs principales tribus sont les Mongols proprement dits, les Khalkhas, les Bouriates, les Soyons, les Kalmouks ou Euleutes; une fraction de cette dernière tribu habite en Europe une partie des gvts russes de Sa-
mara et d’Astrakhan, entre le Wolga et l’Oural inférieurs. — Le rameau toungouse occupe presque toute la Sibérie orientale, de l’Iénisséi à la mer d’Okhotsk ; une de ses tribus, les Mandschoux, habite, au N.-E. de l’empire chinois, la province de Mandchourie , et a donné à la Chine la dynastie qui la gouverne depuis deux siècles.
race chinoise. Cette portion de l’espèce humaine, restant obstinément murée dans l’E. de l’ancien continent, offre le spectacle curieux d'une civilisation très-antique, mais demeurée stationnaire, et de langues monosyllabiques, c.-à-d. ne possédant que des radicaux purs, et ne connaissant point le principe organique de la grammaire. Ses caractères physiques sont la peau jaune, l'oeil petit, la paupière relevée vers les coins, et le regard oblique. Elle comprend les Chinois proprement dits, les Tibétains, les Coréens, les Japonais, les Cochinchinois (divisés en Annamites, Siamois et Birmans), les Ceylanais, et, comme branche moins pure, les Tamouls ou habitants du Dekkan, restes de la population qui habitait sans doute toute la presqu’île avant l’invasion des Ariens dans le Nord.
race malaise. Elle occupe, à l'exception de l’Australie et des îles qui en sont les plus voisines, les Archipels répandus dans le Grand-Océan, et, de plus, la presqu’île de Malacca en Asie. Elle existe généralement à côté d’une race de nègres australiens, réfugiée dans les montagnes, et qui parait avoir occupé primitivement ces pays, dont les Malais l’ont en grande partie dépouillée. Les Malais ne sont plus auj. indépendants qu’à Madagascar et dans les parties centrales de Sumatra et de Bornéo ; partout ailleurs, ils sont soumis aux Européens. Ils parlent une langue mêlée d’arabe, depuis qu’avec la religion musulmane une partie de cette race a adopté l’alphabet sémitique. Le centre principal de la race Malaise est dans les îles de la Sonde, les Philippines et les Moluques, où les principaux dialectes sont : le javanais, le tagalog, et le bissago, qui se parle aussi dans la Nouvelle-Zélande; le malgache, dont se servent les Malais de Madagascar: le taitien, parlé dans toute la Micronésie et la Polynésie.
Race américaine. Cette race, appelée aussi Indienne, depuis que Christophe Colomb, découvrant l’Amérique, crut être arrivé aux Indes et nomma les habitants Indiens, avait fondé, avant le xvie siècle, les empires des Aztèques au Mexique, et des Incas au Pérou; une puissante nation, celle des Caraïbes, occupait toutes les Antilles et le N.-E. de l’Amérique du S. Auj., de cette race américaine qui, dans la seule île de Sl-Domingne, comptait près d’un million d’habitants, il reste environ 10,000,000 d’individus, dans un pays qui le cède à peine à l’Asie en étendue et ne lui est pas inférieur en fécondité. Les Caraïbes sont éteints dans les Antilles, et 2,000 Aztèques vivent dans la partie la plus sauvage de l’Amérique centrale. Dans l'Amérique du N., au milieu des établissements anglais de la Nouvelle-Bretagne et aux Etats-Unis, errent les Peaux-Bouges , célèbres dans les guerres du xvne et du xvme siècle, et qui diminuent de plus en plus par les guerres qu’ils se font entre eux ou que leur font les blancs, par l’usage immodéré des liqueurs fortes , enfin par l’épuisement des grands troupeaux dont la chair fait leur seule nourriture. Leurs tribus, trèsnombreuses, et parlant des dialectes que l’on évalue à plus de 20, peuvent se classer en 4 groupes : 1° les Chippeways, au N., entre l’Amérique Russe, le lac Winnipeg et la baie d’Hudson; 2° les Algonquins, au N.-E., entre la baie d’Hudson et les grands lacs, comprenant les restes des Iroquois , Hurons, Miamis, Illinois, Micmacs, Abenaquis, etc.; 3° les Sioux, dans les prairies de 10. et le Haut- Mexique , divisés en Sioux propres, Pawnis, Dachotas, Osages; 4° à l’E. du Mississipi, dans les Etats de Géorgie et d’Alabama, les Chérokées et les Creeks. Dans le Mexique et l’Amérique centrale, vivent les Othomis et les Mosquitos. Les indigènes de l’Amérique du S., qui occupent le centre et le midi de cette partie du continent , sont moins belliqueux que les Indiens du N. Beaucoup ont été convertis au christianisme par les missionnaires, mais défigurent cette religion par des pratiques superstitieuses. Les principales tribus sont : sur la côte O., en allant du N. au S., les Muiscas (Equateur), les Incas ou Quichuas (Pérou), les Aimaras (Bolivie), les Atacamas, les Araucans, les I’uolches (Chili et la Plata ), les Patagons; à l’E., dans la Vénézuela et les Guyanes, les restes des Caraïbes, divisés en Caraïbes propres, Pariagotos, Tamanaques, Aravaques ; dans le Brésil, les Guaranis.
race arctique ou eskimaux. Cette race, qui habite l’extrême Nord de l’Asie et de l’Amérique, a pour caractères physiques une petite taille, la tête large, le nez
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court et plat, l’œil enfoncé, le teint couleur de cuivre gris, les cheveux noirs et raides. Ils vivent presque exclusivement de pèche, mangent le poisson cru, et boivent l’huile de eétaeé, Leurs idiomes sont au nombre de cinq : celui des Tchouktclies, desSamoièdes, etdesKamtchadales, au N. et à l’E. de l’Asie ; des Aléoutiens dans les îles de ce nom, et la presqu’île d’Alaska; des Aglemoutes, dans le reste de l’Amérique Russe; des Eskimaux proprement dits, dans le N. de l’Amérique anglaise ; des Groenlandais, au Groenland.
race nècre on takrourjenne. Cette race , qui habite le Soudan ou Takrour, la Sénégambie et la Guinée, a la peau luisante et d’un noir foncé, les membres vigoureux, l’intelligence relativement développée; qualités qui ont fait choisir les peuples de cette côte pour être livrés à la traite. Les dialectes varient presque de village à village. Parmi les familles de cette race, on distingue : dans la Sénégambie, les Yolofs et les Mandingues; dans la Guinée, les Ashanties, dans l'intérieur du Takrour, les Fellatahs, les nègres du Bambarra, de Tombouctou, du Bornou; dans la région du Nil, ceux du Dar-Four et du Ifordofan. A ces Takrouriens d’Afrique, il faut joindre les 1,000,000 de nègres transplantés en Amérique par la traite, dont 500,000 indépendants dans la partie occidentale de S^Domingue, les autres esclaves aux Etats-Unis, à Cuba et au Brésil , ou affranchis dans les Antilles anglaises et françaises.
race cafre. Dans la plus grande partie de l’Afrique centrale, les noms géographiques démontrent, au milieu de la variété des dialectes, la généralité de la langue Cafre. Cette race, qui erre d’une mer à l’autre, et depuis l’Equateur jusqu’au Tropique du Capricorne, se divise en peuples du Congo à l’ü., d’Oukamba et du Monomotapa à l’E., Cafrcs proprement dits, et Betjouanas, voisins des colonies anglaises de Port-Natal et du Cap. Leur peau, d’un noir moins foncé que celle des nègres du Takrour, a la couleur du bronze.
race hottentote. Cette race se distingue des autres nègres d’Afrique par des caractères physiques permanents et remarquables , le ventre proéminent, et les jambes grêles. Son intelligence est également beaucoup moins développée, et elle parle un idiome particulier, rempli de gloussements et de battements de langue qui produisent des sons semblables à des cris d’oiseaux. Les Hottentots habitent tous le S. de l’Afrique australe, et sont divisés en Boschemans, Ivoranas, Griguas, et Ivarroos. Les missionnaires hollandais et anglais ont essayé de les convertir.
race australienne. Cette race, qui se rapproche , par les caractères physiques, de la précédente, et offre le dernier degré de la laideur et de la stupidité, parait avoir habité, concurremment avec les Malais, toutes les îles de l’Océanie. Elle est principalement répandue auj. dans l’Australie et les grandes îles voisines, et se divise en trois familles : les Nègres Pélagiens, les Endamènes ou Al fouroux, mêlés aux Malais dans les parties centrales de la presqu’île de Malacca, des îles de la Sonde, des Moluques et des Philippines, et habitant seuls, les premiers, la Nouvelle-Bretagne, la Nouvelle-Irlande, les îles Salomon, la Nouvelle-Calédonie, les Nouvelles-Hébrides, les îles Viti, la terre de Yan-Diémen ou Tasmanie ; les seconds, le continent de l’Australie ; et les Papous, qui paraissent un mélange de nègres Pélagiens et de Malais, dans la Nouvelle-Guinée ou Papouasie et l’archipel de la Louisiade. C. P.
RACE ET FAMILLE, gens et familia, droits qui , chez les anc. Romains, désignèrent d’abord, le 1er, la condition des fondateurs de Rome; le 2e, celle des étrangers qui vinrent peupler Vusyle ouvert par Romulus pour augmenter la population de sa ville. En droit privé , les gens de race n’avaient chez eux que des égaux , et perdaient tout pouvoir sur leurs enfants parvenus à l’âge de majorité; en droit politique, seuls ils étaient électeurs et éligibles aux magistratures. — Les citoyens de famille n’avaient chez eux que des esclaves (famuli) , leur femme, leurs enfants, étaient dans cette condition à perpétuité; eux -mêmes ne pouvaient être magistrats, bien qu’ils eussent le droit d’élection. Mais bientôt Romulus rendit commun à tous les citoyens le double droit de race et de famille ; seulement le souvenir s’en perpétua dans les noms de patriciens et de plébéiens | V. ces mots ) , avec quelques inégalités politiques. Les gens de race furent aussi appelés Gentils ( V. ce mot). Plus tard , quand les races se furent multipliées, le mot famille désigna une branche de la Race. C. D — y.
RACHEL, 2e CUe de Laban, fut promise par son père à Jacob, sou cousin, à condition qu’il garderait pendant sept
ans les troupeaux de Laban. Ce temps révolu, Jacob , par une ruse de son oncle , épousa Lia , sœur aînée de Rachel , en croyant épouser celle-ci. Il fut obligé de rester 7 ans encore au service de Laban, pour obtenir celle qu’il aimait. Rachel donna à son mari deux enfants , Joseph et Benjamin. L-h.
RACHGOUN. V. Raschqoun.
RACIIID-BILLAH , 30e calife abbasside, succéda à son père Mostarchid en 1135. Ayant refusé de payer au sultan sedjoukide Maç’oud un tribut annuel que lui avait promis Mostarchid, Maç’oud le chassa de Bagdad. Il fut tué en cherchant à gagner Ispahan , 1136. D.
RACHIMBOURGS (de radia, affaire, procès, ou de redit, droit , justice ; ou bien de reli , grand, puissant), nom donné, chez les F ranks Mérovingiens, aux hommes libres en général (ôont homines des écrivains latins), qui assistaient aux plaids et rendaient la justice. Ils siégeaient au nombre de sept.
RACHOTISou RAKOTIS, quartierde l’ancienne Alexandrie d’Egypte. ( V. ce mot).
RACIBORZ , nom polonais de Ratibor.
RACINE ( Jean), le plus parfait des poètes tragiques de la France, né à La Ferté-Milon, le 21 décembre 1639, m. le 22 avril 1699, était fils d’un contrôleur du grenier à sel. Orphelin de père et de mère dès sa 4e année , recueilli par son aïeul maternel , il fut envoyé au collège de Beauvais , et y resta jusqu’à 16 ans. Sa grand’mère et sa tante, tontes deux religieuses de Port-Royal , le placèrent ensuite près d’elles , dans l’école ouverte par de pieux et savants solitaires à un petit nombre de disciples. Ce fut à Port- Royal qu’il puisa le goût de la littérature classique, et les principes religieux qui ne l’abandonnèrent jamais. Son ardeur pour l’étude, surtout pour celle de la langue grecque, égalait sa docilité envers ses maîtres. Une curiosité inquiète , une activité passionnée d’imagination, lui faisaient chercher des plaisirs littéraires proscrits par les solitaires; on le surprenaitfaisant des vers, et Lancelot jeta deux fois au feu le roman grec des Amours de Tliéagène et de Chariclée, qu’il lisait en cachette. Après un séjour de trois ans à Port-Royal , Racine acheva ses études à Paris , au qollége d’Harcourt, où il fit sa logique. Sa famille aurait voulu qu'il étudiât le droit ou prit les ordres sacrés; mais il ne montra aucune vocation. Son début poétique fut une ode intitulée la Nymphe de la Seine, à l’occasion du mariage de Louis XIV, 1659 ; Chapelain la fit valoir auprès de Colbert, et obtint pour l’auteur une pension de 600 livres. Un séjoui de près d’une année auprès d’un oncle maternel, chanoine à Uzès, qui lui promettait un bénéfice, fut tout aussi impuissant que les sollicitations de sa tante et les prières de ses maîtres à le détourner de la carrière poétique; on a conservé 23 Lettres qu’il écrivit du Languedoc , et où il raconte , avec grâce , esprit et naturel , les ennuis de sa nouvelle vie ; il abandonnait la Somme de S1 Thomas pour l'Arioste ou Sophocle. De retour à Paris, il publia, vers la fin de 1663 , une nouvelle ode , la Renommée aux Muses , pour célébrer l’établissement des trois Académies ( V. Académies) : elle lui fournit l’occasion de se lier avec Boileau, qui devint dés lors son censeur et son meilleur ami. Il venait aussi de connaître Molière , qui l’engagea à sup • primer une tragédie de Tliéugène et Chariclée , essai fort imparfait encore, et qui lui donna le plan de la Thébaide ou les Frères ennemis, jouée en 1664, et assez bien accueillie. En 1665, il fit représenter Alexandre, qui réussit complètement. Cependant rien n’annonçait encore , dans ces deux ouvrages, un poète tragique de premier ordre; on dit même que Corneille, après lecture d'Alexandre, arait conseillé à Racine de ne plus faire de tragédies; les deux premières pièces de Racine sont, en effet, assez médiocres. Mais heureusement il ne céda pas au conseil de Corneille, et trouva enfin sa véritable voie dans le sujet d ’Ai.dromague , qu’il fit jouer avec un grand succès en 1667. La supériorité éclatante de Racine éveilla la jalousie et les cabales des versificateurs qui se croyaient ses rivaux. La comédie des Plaideurs, en 3 actes et en vers, imitée des Guêpes d’Aristophane, et qui est la plus spirituelle et la plus charmante critique des mœurs du palais d'alors, fut d’abord mal accueillie , 1663 , mais sauvée par le bon goût de Louis XIV, qui la trouva excellente. Racine tenta ensuite de rivaliser avec Tacite , dans un sujet d’histoire romaine, et donna Britannicus , 1669, une de ses plus belles tragédies ; néanmoins, elle fut froidement reçue, et Boileau, presque seul, en reconnut les beautés. Henriette d’Angleterre, duchesse d’Orléans, avait le désir de voir représenter sur le théâtre l’histoire de son cœur ; séparée de Louis XIV, qu’elle aimait, elle sollicita Corneille et Racine , à l’insu l’un de l’autre , de traiter le sujet de
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Bérénice et de Titus, où elle retrouvait l’image de ses propres infortunes. Les deux Bérénice furent représentées vers la fin de 1670 : Racine avait su déguiser l’extrême faiblesse du sujet par un style enchanteur et des beautés de détail inimitables; sa pièce fit verser des larmes, et le grand Corneille fut vaincu. Racine était dans toute la force de son génie, lorsqu'il donna coup sur coup trois grandes tragédies : Snjnzet, 1672, sujet tiré de l’histoire ottomane ; Mithridale , 1673, dont le héros est Mithridate Eupator ; Ipliiyénie en Aulide , 1674, imitée d'Euripide, et proclamée par Voltaire l'un des chefs-d’œuvre de la scène française; enfin Phèdre, 1677 , autre imitation d'Euripide. Ces ouvrages valurent au poète de nouveaux succès, mais en même temps d'indignes attaques : Deshoulières et le
duc de Nevers se liguèrent contre lui en faveur de R radon , qui donna aussi une Phèdre sur un autre théâtre; à force de cabales et d'argent, ils firent réussir la mauvaise tragédie de Pradon, et tomber celle de Racine, qui éprouva un dégoût si profond de cette injustice, qu’il abandonna le théâtre. Son âme tendre chercha des consolations dans la religion: il Pliait de se marier: les exemples de sa pieuse compagne, qui poussa l’indifférence des choses mondaines jusqu’à ne jamais vouloir lire les chefs-d'œuvre de son mari, le fortifièrent dans sa résolution. Nommé historiographe du roi , il ne s’occupa plus qu’à remplir ses devoirs de chrétien , à lire la Bible , à visiter les religieux de Port-Royal, à surveiller l’éducation de ses enfants, à jouir du commerce de Boileau, et à préparer les matériaux d’une Histoire du règne de Louis XIV. Ce livre a péri dans un incendie, en 1726, sauf un fragment qui embrasse six années, 1672-1678. Après un silence de 12 ans, Racine, à Ja prière de Mmi! de .Main tenon , composa pour les demoiselles de Sl-Cyr la tragédie d'Lslher, 1689, qui fut jouée devant la cour au milieu des transports de l'admiration universelle. Cet ouvrage, entièrement inspiré de la Bible, était d'un caractère nouveau, non-seulement par son étendue |3 actes), mais parce que Racine y introduisit des chœurs , à la manière de la tragédie grecque. L’année suivante, il reçut du roi l’ordre de composer pour le même théâtre une nouvelle pièce tirée des livres saints, et il fit Athulie , en 5 actes, et aussi avec des chœurs. Ce chefd o uvre de l'esprit humain ■>, ainsi que le nomme Voltaire , fut joué seulement deux fois à Versailles, en 1691, sans théâtre et sans costumes , par les demoiselles de Sl-Cyr : livré au public par l'impression, il fut complètement méconnu , et la pièce n’a été représentée sur le Théâtre- Français qu’en 1716. Racine, nommé trésorier de la généralité de Moulins et gentilhomme ordinaire de la Chambre, comblé de faveurs par Louis XIV, admis même dans sa familiarité, eut le chagrin de lui déplaire par un Mémoire sur la misère du peuple, qu’il rédigea à la sollicitation de M“e de Maintenon , 1697 ; un abcès au foie , dont il souffrait depuis longtemps, s’aggrava; il ne fit plus que lan- 8lyr! et mourut deux ans après. 11 avait été admis à l’Académie Française en 1673. Il fut enterré dans le cimetière de l’ort Royal; après la destruction de cette abbaye, 1711, ses restes lurent transportés dans l’église de Sl-Etienne-du- Mont, à Paris, où ils sont encore. — Le génie de Racine offre un merveilleux équilibre de l’imitation savante et de la création originale : initié, par ses études, à l’intelligence des ehets-d'œuvre de l’antiquité , doué d’une grande force de travail , et d'un goût du beau qui ne se démentit jamais, lié intimement avec Boileau, Molière, et La Fontaine, qu il consultait souvent, il chercha avec ardeur cette perfection suprême qui l’a placé si liant. D’une antre part, 1 influence d un siècle qui vit le triomphe de l’unité dans 1 administration , dans la politique, dans les arts et dans les lettres, le séjour d'une cour élégante et magnifique, 1 usage d une langue ennoblie déjà par de grands écrivains, Communiquèrent à ses œuvres un caractère tout contemporain de grandeur et de politesse. Il faut s’en souvenir pour bien comprendre son théâtre. Avant lui, Corneille, génie hardi, avait pris pour ressort de ses drames l'héroïsme ; Racine ouvrit une voie nouvelle . la tendresse fut son secret et sa force. Acceptant toutes les règles qu’on imposait au théâtre , et toutes celles de l’étiquette de Versailles , il mêla, avec une souplesse étonnante , les délicatesses et les convenances de la cour à la peinture la plus vive des passions. C’est en raison même de cette harmonie de qualités que Racine , devant l'école romantique de nos jours, a paru trop tempéré : on l'a trouvé surtout peu original. Cependant Racine, qu’il s’inspire d'Euripide, de Tacite, ou de l’Ecriture Sainte, apporte toujours dans le sujet qu’il a choisi une conception idéale qui n’appartient qu'à lui; il éclaire d’une lumière inattendue les figures de femme : quaud il agite la conscience de Phèdre, quand il
| fait parler le chaste amour d’Iphigénie, ou le cœur mater - ! nel d’Amlromaque, ces créations païennes se purifient et se transfigurent sous sa plume. La variété de ses pièces est remarquable : tantôt grecques, tantôt romaines, elles nous montrent tour à tour les souffrances de l’amour, comme dans Andromaque , les tableaux de l’histoire et les ressorts de la politique, comme dans Britannicus et Mithridule. Mais où Racine sut être neuf, surtout, c’est dans Estlier et dans Ailialie : affranchi de la mode, des habitudes, de certaines convenances de la scène, et des exigences des comédiens, il conçut un genre de tragédie dont on n’avait pas d'exemple avant lui , et qu’il anima de toute la poésie et de tout l’enthousiasme des livres saints. Le style de | Racine n’est pas seulement d’une élégance singulière ; mais encore, en vers comme en prose, on y trouve un novateur aussi hardi qu’habile : ellipses, rejets, suspensions, dissonances prévues, Racine emploie toutes les ressources du langage, avec tant d’art, qu’il frappe sans choquer. Les chœurs d 'Est lier et d'Athalie sont les plus beaux modèles de poésie lyrique que nous ayons dans notre langue , et nulle comédie j n'est mieux écrite que les Plaideurs , chef-d'œuvre de style en son genre. Mais ce que l’étude de Racine doit surtout nous apprendre, c’est que la force de l’art dramatique est puisée dans le sentiment spiritualiste qui a inspiré la tragédie du xviie siècle : Racine et Corneille, au lieu de chercher l'intérêt violent et la surprise des yeux, s’adressaient à l’âme des spectateurs en peignant l’àme humaine. Outre ses tragédies, Racine a composé; quelques Odes, quelques excellentes Epigranimes , des Cantiques spirituels, 1691; un Abrégé de l'histoire de Port-Royal , 1693; des Discours académiques, et laissé des Lettres familières — Les principales éditions de ses OEuvres complètes sont celles de P. Didot l’aîné, Paris , 1801-1805 , dans les éditions dites du Louvre , 3 vol. in-fol , avec 57 grav. composées par les premiers artistes du temps, véritable chef-d'œuvre de typographie; de Bodoni , Panne , 1813, 3 vol. in-fol. ; de Laharpe, avec un bon commentaire, Paris, 1807 , 7 vol. in-8°; de Geoffroy , avec un commentaire estimé, Paris, 1808, 7 vol. in-8u; d’Aimé Martin, avec un choix de notes de tous les commentateurs, Paris, 1820, 6 vol. in-Ho , et 1825, 7 vol. iu-8°. V. M. Sainte-Beuve , Portraits littéraires: Racine. E. C.
racine (Louis), poëte didactique, fils du précédent, né en 1692 à Paris, m. en 1763. D’abord avocat, il entra ensuite à l’Oratoire. L’Académie des Inscriptions l’admit dans son sein, en 1719. Trois ans plus tard, 1722, il alla occuper une place d’inspecteur des fermes de la Provence, et donna sa démission en 1750. Il se rattache, par ses études et par sou maître, Rollin, à l’école janséniste du xvile s écle; par son talent descriptif, au xvnie. Il composa deux poemes dans ce double esprit : la Grâce, 1722 ou 1726, et la Religion, 1742. Le premier est en 4 chants, et il s’efforce d’y démontrer que la grâce est un don de Jésus-Christ nécessaire à l’homme, mais auquel il peut résister; que ce don est purement gratuit, et sans qu’aucun mérite le précède. Dans la Religion, eu 6 chants, il démontre l’existence de Dieu, la nécessité de la révélation, ses caractères dans la religion chrétienne, et réfute les objections des sophistes et des incrédules. Ces poemes sont remarquables par une versification élégante et correcte, mais on y désirerait plus d’animation, d’invention et de poésie. Racine a composé des Odes sacrées, et des Poésies diverses, qui ont les mêmes qualités; mais l’ardeur lyrique manque aux unes et la verve aux autres; on y trouve néanmoins d'excellents morceaux de poésie didactique. Ou a encore de L. Racine un Traité de la poésie dramatique ancienne et moderne, 1752; des Remarques sur les tragédies de J. Racine, 1751, ouvrages médiocres; des Relierions sur la poésie, qui sont à la fois une défense et un traité de cet art ; enfin une traduction en prose du Paradis perdu de Milton, suivie d’un Discours sur le poème épique, 1755. Cette même année il perdit son fils unique, qui périt dans le tremblement de terre de Lisbonne; alors il cessa (Décrire, et s’enferma avec le souvenir de son illustre père et de ce fils chéri, si profondément regretté. L’amour de la famille avait chez lui une vivacité, qu’on retrouve entière dans des Mémoires qu’il a écrits Sur la vie et les ouvrages de Jean Racine, 1747, 3 vol. iti-12, pages charmantes, qui contiennent néanmoins plusieurs erreurs. La meilleure édition des OEuvres de L. Racine est celle de Lenormant , Paris , 1808 , 6 vol. in-8°. E. C.
racine (L’abbé Bonaventurel, né en 1708 à Chauny, m. en 1755, fut principal du collège de Rabastens, dut renoncer à ses fonctions à cause de son attachement au jansénisme, et devint plus tard chanoine d'Auxerre. On a de lui un Abrégé de l’histoire ecclésiastique , 1748-56, 13
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vol. in-12, où l’on reconnaît les opinions jansénistes, j
RACLE (Léopard), architecte, né à Dijon en 1736, m. en 1791, fut architecte de Voltaire à Ferney, établit près de Versoix, puis à Pont-de-Vàux, une manufacture de faïeuce , dirigea ensuite les travaux du canal de Pont- | de-Vaux, qui joint la Reyssouze à la Saône, et y fit con- | struire un pont de fer, le 1er qu’on ait vu en France. On lui doit aussi le secret de l’enduit dit aryile-marbre. \
RACLHT (Benoitl , né à Ronianèche vers 1778 , m. en 1841, greffier au tribunal civil de Roanne sous le 1er empire français, et du tribunal de commerce depui; 1830, découvrit qu'en échaudant les souches et les échalas ou pouvait préserver la vigne de la pyrale. On lui a élevé un monument à Romaneche.
RACOLEURS («le 1 italien raccogliere , rassembler, recueillir), espèce de recruteurs marrons dans l’anc. mo- | narchie française. Sous le règne de Louis Xlll , et probablement avant, les capitaines chargés de recruter les régiments, faisaient des traités avec des exempts, archers ou autres, pour leur livrer des hommes. Le racolage était un supplément à la milice (F. ce mol), mais un acte illicite, qui se pratiquait d’une manière odieuse : les racoleurs attiraient à eux des étudiants , des ouvriers, des commissionnaires, sous prétexte de leur trouver une condition ou de leur donner de l’ouvrage, puis ils les détenaient de force en des lieux écartés , dans des maisons appelées fours, d’où ils les faisaient sortir, la nuit, pour les livrer, moyennant une prime par tête, aux capitaines recruteurs. En 1695, des soldats, et même des gardesdu- corps du roi racolaient à Paris et aux environs. La police fermait les yeux sur le racolage , qui était une sorte de presse de terre; il avait même, tacitement, une existence officielle, car on en vint là, que les racoleurs étaient des sous-officiers ou des soldats tenus à gages dans les grandes | villes, par les régiments, pour y faire des hommes, comme on disait en argot du métier. En tout temps, la tromperie, i la débauche, la dépravation, l'ivresse, et la violence, furent leurs moyens. Rien n’égalait leur effronterie ; aux jeunes gens ils garantissaient des grades promptement obtenus; ils assuraient à l'élève eu médecine qu’il serait chirurgien ; au séminariste, aumônier, etc. Ces ruses étaient néces saires, parce qu’il fallait, de gré ou de force, que le ra- i eolé signât un engagement. Ceux qui, parmi ces victimes, | avaient quelque ressource, se rachetaient aisément des mains des racoleurs A Paris, le racolage tenait entièrement lieu de la milice, que le gouvernement n’osait y faire tirer, de peur d’émeute. Le quai de la Ferraille était surtout célèbre par les exploits des racoleurs. Ce brigandage toléré dura jusqu’à la Révolution, qui l’abolit de j fait en changeant tous les modes de recrutement en usage jusqu’alors (F. Recrutement). C. D — y.
RACON1GI. V. Racconigi.
RACOW. V. Rakow.
RACZKEVI , brg de Hongrie, dans Vile de Csépel , sur le Danube, eomitat et à 39 kil. S. de Pesth ; 3,800 hab. Beau château de la famille impériale , construit par le prince Eugène de Savoie.
RADAGAISE ou RODOGASTE, chef de Germains, envahit l'Italie avec 200,000 hommes, en saccagea la partie septentrionale, pénétra en Etrurie, fut battu près de I* ésules par Stilicon, général de l’empereur Honorius, tomba entre ses mains, et eut la tête tranchée, en 405.
RADBERT (I’aschase), abbé de Corbie, m. vers 865, se distingua par une vaste érudition. Ses Œuvres ont été recueillies par le P. Sirmond , Paris, 1618, in-fol. On y remarque un Commentaire sur l' Evangile de St Matthieu, 5 livres sur les Lamentations de Jérémie, un livre Sur le sacrement de l' Eucharistie, des Vies de Wala et d’Adalhard , abbés de Corbie, un traité Sur la foi , l’espérance et la charité, etc.
RADCLIFIE (Jean), médecin, né en 1650 à Walcefield (York), m. en 1714, élève de l’université d’Oxford, pratiqua d'abord la médecine dans cette ville, s’établit à Londres en 1684, et se fit une grande réputation par sa science, et par son esprit malin et enjoué. Il a écrit un ouvrage intitulé : Praclical disquisilions , etc., Londres 1718, in -8°. D G ’
radclifee ( Anne) , née ward, romancière, née à Londres en 1764, m. en 1823, épousa le propriétaire et éditeur de la Chronique anglaise, et, se livrant dés lors à la culture des lettres, écrivit des romans ; la terreur, le mystère et le merveilleux en sont les ressorts ordinaires, amènent des situations fortes, effrayantes, qui produisent quelquefois des coups de théâtre à la manière de Shakspeare, et sont inventées avec tant d’art, qu’au dénouaient tout s explique par des moyens naturels. Ces romans lurent traduits en fiançais et dans les principales langues
de 1 Europe. Les principaux sont: les Châteaux d’Alhlin et de Dunbnyne, Lond. , 1789, 2 vol. in-12 : .Iulia ou les Souterrains du château de Mazzini, 2 vol. in-12; la l'orët ou l'Abbaye de St-Clair, 1791, 3 vol. in-12; les Mystères d'Udnlphe, 1794, 4 vol. in-12; l’Italien , ou le Confessionnl des Pénitents noirs, 1795, 3 vol. in-12. Les Mystères d’Udnlphe sont le meilleur des romans de l’auteur, qui jouissait alors d’une telle réputation , que l’éditeur paya le manuscrit 1,000 liv. sterling. Amie Radcliffe publ a aussi un Voyage en Hollande et sur les bords du Rhin, 1794, in-12. On a prétendu sans raison que , sans cesse occupée des visions et des terreurs qu’elle a décrites, elle était devenue folle sur la fin de se- jours.
RADElîERG, v. du royaume de Saxe, à 16 kil. de Dresde, sur la Roder; 3,067 hab. Rubans, passementerie, bonneterie de laine et de soie. Prés de là, eaux ferrugineuses et bains d ’ Augustusbad.
RADEGAST, dieu slave, était représenté la poitrine couverte d’une égide, où était figurée la tète d’un bœuf; il tenait à la main gauche une lance, et son casque était surmonté d'un coq aux ailes éployées. On lui immolait des victimes humaines.
RADEGONDE (Sainte), reine des Francs, née en 519, m. en 589, était fille de Berthaire, roi d’une partie de la Thuringe. Elevée dans le paganisme, elle embrassa ensuite la foi chrétienne, épousa, en 538, le roi Clotaire Ier, qui l'avait emmenée captive en 529, et, six ans après, obtint de ce prince la permission de quitter le monde. Ayant reçu à Noyon la consécration religieuse des mains de Sl-Médard, elle se retira au monastère de Ste-Croix, qu’elle avait fondé à Poitiers, et y passa le reste de ses jours, dans des exercices de piété entremêlés parfois de délassements littéraires. L’Eglise célèbre sa fête le 13 août. Le Testament et la Vie de Slc Radegonde se trouvent dans le recueil des conciles, Poitiers, 1527 ; le P. Monteil a publié, en 1627, une nouvelle Vie de Sle Radegonde; de nos jours, Aug. Thierry a consacré des pages pleines d’intérêt au récit des relations de cette princesse avec le poète Fortunat. D — T — R.
radeconde (sainte-), vge (Charente), arr. et à 15 kil. S.-S.-O. de Barbezieux; 733 hab. Fabr. d'huiles, tanneries.
RADELGISE I«r, prince de Bénévent, 839-851, soutint pendant 10 ans, avec le secours des Sarrasins de Sicile et d'Afrique , une guerre désastreuse contre Siconolfe, frère de son prédécesseur, et contre Landolfe, prince de Capoue. Il ne put garder que les districts situés le long de l’Adriatique.
radei.gise il , prince de Bénévent en 879, fut expulsé par ses sujets en 881, rétabli en 896, et renversé en 900 par Atenolfe, prince de Capoue.
RADL1.LE (Canal de la ) , canal qui fait suite à celui de Beaueaire à Aigues-Mortes; il rejoint le canal latéral à l’étang de Manguio.
RADEMAKER (Gherard), peintre, né à Amsterdam en 1672, m. en 1711, alla se perfectionner à Rome. Ou cite parmi ses tableaux, tous de grandes dimensions, une vue perspective de St-Pierre de Rome, et la Régence d'Amsterdam, peinture allégorique à l'hôtel-de-ville de cette capitale.
RADEPONT, vge (Eure), arr. et à 13 kil. N.-U. des Andelys, sur l'Andelle ; 906 hab. Très-beau parc, au milieu duquel sont des vestiges d’un manoir féodal.
RAD ET (Etienne), général et baron de l’Empire, né dans la Lorraine en 1762, m. en 1825, reçut en 1809 la mission d'enlever le pape Pie VII, conduisit à Cette en 1815 le duc d’Angoulême fait prisonnier, fut inspeeteurgénéral de la gendarmerie et grand-prévôt de l'armée pendant les Cent-Jours, et subit, en 1816, une condamnation à 9 ans de détention pour avoir coopéré au retour de Napoléon P1’. La liberté lui fut rendue en IK18.
raoet (J. -B.), vaudevilliste, né à Dijon en 1*51, m. en 1830, s’occupa d’abord de peinture, puis y renonça pour les lettres, et tut secrétaire-bibliothécaire de la duchesse de Villeroy. Il donna d’abord au théâtre d'Audinot ( Ambigu-Comique) et au Théâtre-Italien (Opéra Comique) quelques pièces qui réussirent. Puis, de 1792 à 1820, il travailla pour le théâtre du Vaudeville, fondé par Barré, son ami. Il composa, soit seul , soit avec Barré, Desfontaines, Gouffé, etc., un très-grand nombre de vaudevilles; on a conservé le souvenir de quelques-uns : Honorine, ou la femme difficile à vivre, 3 actes, 1795; les Deux Edmond, 2 actes, 1811; Gaspard l'avisé, 1 acte, 1811 ; la Maison en loterie, 1 acte, 1820, etc. Son dialogue est fin, spirituel, et ses couplets bien tournés.
RADHI-B1LLAH (Aboul-Abbas-Mohammed-al-l, 20® calife abbasside, succéda à son oncle Ivaher eu 934. 11 aimait
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