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la Pinka et la Repcze à gauche , la Marczal à droite.
RAAZA, île d’Ecosse, une des Hébrides, à l’E. de Skye; 618 bect. Sol montagneux. Elève de bétail.
RAB A N MAUR, Rabanus Mourus ou Magnentius , né à Mayence en 776, m. en 856, fit ses premières études à l’abbaye de Fulde , alla les compléter sous Alcuin à celle de S'-Martin de Tours, où il professa lui-même la grammaire et la philosophie, fut ordonné prêtre à son retour à Fulde en 814, et y ouvrit une école, qui devint la plus célébré de la Germanie. Elu abbé en 822, il s’était démis de son titre pour aller vivre dans la solitude, lorsque, cinq ans après, en 827, il fut appelé à l’évêché de Mayence. Il tint plusieurs synodes pour remédier aux abus qui s’étaient glissés dans son diocèse, s’interposa entre Louis le Débonnaire et ses fils rebelles, déploya une grande sévérité contre Gotteschalk [V. ce mot) , et fit preuve d’une charité sans bornes pendant une famine qui désola Mayence en 850. Ses Œuvres, publiées à Cologne, 1627, 3 vol. iri-fol., contiennent des Commentaires sur l'Ecriture sainte, des traités de V Institution des clercs et des cérémonies de l’Eglise, le plus utile et le plus intéressant de ses ouvrages, du Calendrier ecclésiastique, de la Vue de Dieu, des Homélies, un livre d’ Etymologies, une Grammaire, un traité de l’Invention des langues, enfin des poésies, parmi lesquelles on distingue le Veni , Creator, etc. Vienne et Munich ont de lui, en manuscrit, un Glossaire théolisque. V, J.-F. Buddæus, de Vita ac doclrina Rabani, Iéna, 1724. B.
ILABASTENS, ch.-l. de cant. (Tarn), arr. et à 19 ldi. S.-O. de Gaillac, sur la rive dr. du Tarn; 3,225 hab. Fabr, de toiles de chanvre, chapeaux, poterie. Comm. de grains. Antiquités gauloises et romaines aux environs.
Rabastens, ch.-l. de cant. (Hautes-Pyrénées), arr. et à 18kil. N.-E. de Tarbes, sur l’Estreux et le canal d’Alario ; 1 ,266 hab.
RABATH, ARBATE ou NOUVEAU-SALÉ, v. forte du' Maroc (Fez), sur la rive g. et à l’emboueh. du Bouregreb dans l’océan Atlantique, vis-à-vis Salé; par 34° 5' lat. N., et 9° 3' long. O. ; 28,000 hab. Chantier de construct. militaire. Gr. entrepôt de commerce. Fabr. de tapis, lainages, cotonnades, maroquin, babouches, etc. Export, de laines, céréales, bestiaux, cire, écorces, planches de thuya, etc.
RABAU 1 (Paul), pasteur de l’Eglise protestante de Nîmes, né à Bédarieux en 1718, m. en 1795, montra un zèle ardent pour sa croyance et un dévouement sans bornes à ses coreligionnaires. Sa tête étant mise à prix, il osa se présenter au marquis de Paulmy. et lui remettre, en se nommant, un Mémoire qu’il adressait au roi en faveur des protestants. Cet acte de courage valut quelque adoucissement à leur sort. D’après les papiers qu’il laissa, M. Ch. Coquerel a composé une Histoire des Eglises du désert, où l’on trouve une correspondance avec les ministres de Louis XVI sur la restitution de l’état civil aux protestants. B.
Rabaut-saint-étienne (Jean-Paul), fils du précédent, né à Nîmes en 1743 , m. en 1793 , fut , comme son père , ministre protestant , et adopta avec ardeur les principes de la Révolution. Député du tiers-état de Nîmes à l’Assemblée constituante, il eut une grande part à l’acte constitutionnel, fit décréter l’établissement d’une seule chambre législative, vota pour le veto suspensif, et s’occupa surtout des lois sur la garde nationale, la gendarmerie, les assignats, etc. Envoyé à la Convention par le département de l’Aube, il combattit la mise en jugement de Louis XVI, vota pour l'appel au peuple, pour la détention jusqu’à la paix et en faveur du sursis, fut membre de la commission girondine des Douze chargée de surveiller le tribunal révolutionnaire , se vit enveloppé dans la proscription de son parti, parvint à se cacher quelque temps, fut découvert, et périt sur l’échafaud, le 5 décembre 1793. On lui doit: Lettres a Bailly sur l’histoire primitive de la Grèce, Paris, 1787 , in-8°; Considérations sur les intérêts du tiersétat, 1788, in-8° ; Précis de l’histoire de la Révolution française, 1791, depuis 1789 jusqu’à la fin de l’Assemblée constituante, etc. B.
rab a ut-pommier ( Jacques-Antoine) , frère du précédent, né à Nîmes en 1744, m. en 1820, ministre protestant, fut député du Gard à la Convention, vota la mort de Louis XVI avec sursis , attaqua la tyrannie des Montagnards, fut un des 73 députés arrêtés par Robespierre et relâchés apres sa chute, devint sous-préfet du Vigan, puis pasteur à Paris en 1803, fut exilé en 1816 comme régicide, et obtint de rentrer en France deux ans après. On prétend qu’il connaissait la vaccine dès 1784, avant que les Anglais eussent rien écrit sur cette découverte. B.
rabaut-dupuis , frère des deux précédents, négociant à Nîmes, fut proscrit, en 1793, comme fédéraliste, parvint à sortir de France, siégea au conseil des Anciens en 1797,
au Corps legislatif en 1799, était président de cette assemblée quand elle vota le consulat à vie en 1802, fut conseiller de préfecture dans le département du Gard en 1803 et mourut en 1808. g ’
RABBA I II-AMMON, v. des Ammonites. V. Ammon.
Raubath-moab , capitale des Moabites, à l’E. de la mer Morte, près de la rive g. de l’Arnon; auj. Rabbah, à 100 kil. S.- E. de Jérusalem.
RABBE (Alphonse), littérateur, né en 1786 à Riez (Basses-Pyrénées), m. en 1830, entra dans l’administration de l’armée d’Espagne sous le l<=r empire français , fut ensuite avocat à Aix , et subit, pour ses opinions libérales, plusieurs emprisonnements sous la Restauration. On a de
lui des Résumés de l'histoire de Russie , — du Portugal , de
l'Espagne, et une Histoire d'Alexandre I*r, empereur de Russie, 1826. Il commença , en 1829 , la Diograjthie des contemporains, avec Boisjolin et Sainte-Preuve, Paris, 4 vol. in 8®, et 1 vol. de Supplément, 1834.
RABBIN (en arabe rabb , seigneur), titre donné par les Juifs aux savants, et surtout à ceux qui sont versés dans la connaissance et l’interprétation de la loi. On appelle rabbinique , ou hébreu moderne, la langue établie par les rabbins d’Espagne, et qui fut bientôt étudiée en Italie, en France , et en Allemagne. Les caractères de l’écriture rabbinique sont beaucoup plus arrondis et plus cursifs que ceux de 1 ancien hébreu ; on y rencontre aussi plusieurs abréviations. D,
RABB1NISTES. V. Tat.mud.
RABDOMANCIE , divination au moyen de baguettes, pour découvrir, soit les sources d’eau, soit des trésors enfouis, soit des mines de métaux précieux.
RABELAIS (François), né à Seully, près de Chinon, en 148.3, m. en 1553, était fils d’un apothicaire ou d'un hôtelier. Il entra chez les Cordeliers à Fontenay-le-Comte, fut ordonné prêtre, étudia les langues avec ardeur, eut quelques succès dans la prédication, se brouilla avec ses confrères par des plaisanteries plus qu’inconvenantes, et obtint de Clément VII un induit qui lui permit de passer dans l’ordre de Sl-Benoit à Maillezais ; mais, ne s’accommodant pas mieux là de la vie claustrale, il quitta le couvent sans autorisation, alla étudier la médecine à Montpellier, et s’y fit recevoir docteur en 1531. Il exerça avec succès, édita en latin quelques écrits d’Hippocrate, composa des almanachs , fut député au chancelier Duprat pour réclamer des privilèges universitaires qu’il venait d’abolir, et réussit. En reconnaissance de ce succès, la Faculté décida que désormais tout aspirant au grade de docteur passerait la robe de Rabelais, usage qui s’est perpétué jusqu’à notre siècle. Du Bellay avait étudié chez les moines avec Rabelais; devenu cardinal, et envoyé en ambassade à Rome, il l’emmena avec lui en qualité de médecin. Ce joyeux compagnon se fit remettre par le pape les peines canoniques qu’il avait encourues, tout en jetant le sel de ses bons mots sur ce qu’il voyait. De retour en France, il composa, et commença de publier les Faits et dits du géant Gargantua et de son fils Pantagruel, roman satirique et allégorique en 5 livres, dirigé contre les moines, les princes, les rois, et toute espèce d’autorité politique ou religieuse. L’auteur, qui connaissait le monde ancien par les livres, et le monde contemporain par ses voyages, génie d’une trempe et d'une originalité extraordinaires, se joue de la science et s’attaque aux abus par d'intaris • sables railleries. Lorsqu’il fut vieux, il chercha le repos: son ami le cardinal obtint pour lui une bulle de translation dans l’abbaye de Sl-Maar-des-Fossés, et lui donna, en 1545, la cure de Meudon , qu’il desservit en bon prêtre. Sûr ainsi de l’avenir, Rabelais acheva son roman : il en publia, le 4e livre en 1552, mais après avoir résigné sa cure. Il se retira à Paris, où il mourut dans des sentiments de piété sincère. Au milieu du chaos des fantaisies et des allusions, du bon sens et des folies, des pensées délicates et des obscurités qui foisonnent dans Gargantua et dans Pantagruel, les commentateurs se sont mis inutilement l’esprit à la torture pour les expliquer; ils ont fait de Gargantua François Ier, de Grandgousier Louis XII, de Pantagruel Henri II, de Picrochole Maximilien Sforza, de Gargamelle Anne de Bretagne, de Radebec la reine Claude, de Grande Jument de Gargantua Diane de Poitiers, de Panurge le cardinal de Lorraine, etc. Le jugement de La Bruyère sur Rabelais a été dicté par la raison : ■< Où Rabelais est mauvais, il passe bien loin au delà du pire; c’est le charme de la canaille. Où il est bon, il va jusqu’à l'exquis et à l’excellent, et il peut être un mets des plus délicats. • Rabelais lui-même recommande à ceux qui le lisent, •< d’ouvrir la boite pour en tirer la drogue, et de briser l'os pour en sucer la moelle, n Si Rabelais est digne d’être étudié,
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c’est surtout sous le rapport philosophique et comme l’un des pères de notre idiome. On a plus de 60 éditions de son roman. La lre connue avec date est celle de Lyon, 1533, in-8°, et ne contient que le 1er livre. Le 4e parut en 1552, et les 4 furent imprimés ensemble en 1553. Le 5e vit le jour aveu les précédents en 1558, Lyon. Parmi les éditions postérieures, on peut citer celles d’Amsterdam, 1711 et 1741, avec remarques de Le Duchat et de La Monnoye, 3 vol. in-4°; de Paris, par De l’Aulnay, 1833, 3 vol. in-8°; l’édition dite Variorum, par Esmangart et Johanneau, Paris, 1823-26, 9 vol. in-8° ; celles du bibliophile Jacob (P. Lacroixl, Paris, 1842, in-12; Burgaud et Rathery, Paris, 1857, 2 vol. iu-18. On doit encore citer de Rabelais le recueil de ses Lettres, 1651 , in-12. J. T.
RA MENER (Gottüeb-Guill. ), satirique allemand, né à Wachau près de Leipzig en 1714, m. en 1771, étudia à Meissen et à Leipzig, et occupa divers emplois dans les finances. Ses Œuvres, réunies à Leipzig, 1777,6 vol. in-8°, et à Stuttgard, 1840, 4 vol. , attestent une grande connaissance des hommes et de leurs travers, mais sans affections haineuses et misanthropiques; il a une richesse d’idées et une variété de tons et de tournures qui l’ont fait comparer à La Bruyère. Quelques-unes de ses œuvres ont été traduites en français : Satires, par Boispréaux ( Dujardin ), Paris, 1754, 2 vol. in-12; ces satires, à l’exception d’une seule, ont été écrites en prose ; Mélanges amusants, récréatifs et satiriques, ibid. , 1776, 4 vol. in-12; Osaureus ou te Nouvel Abélard, comédie, par Cailleau, 1761, in-12; diverses Lettres satiriques, dans le Choix de poésies allemandes par Hubert, t. iv.
RAB1R1US (Caius), chevalier romain, accusé par Labiénus d'avoir assassiné le tribun du peuple Saturninus, l’an 653 de Rome, fut défendu par Cicéron, consul, l’an 690, et sauvé , parce que le préteur qui présidait rompit les comices, sous prétexte d’augures défavorables. Nous avons le plaidoyer de l’orateur Pro Rabirio.
RABiRjus (Caius), poète épique latin, du siècle d’Auguste, que Velléius nomme à côté de Virgile. On croit qu’il avait chanté la bataille d’Actium. On regarde comme faisant partie de ce poème un morceau d’un ouvrage de Bello Acliaco ou Alexandrico , trouvé dans les papyrus d'Herculanum : d’autres ont rapporté, avec moins de vraisemblance, ce fragment à un panégyrique d’Auguste par Varius. Il a été publié par Kreyssig, Sclmeeberg, 1814, et, avec traduction et commentaires italiens, par Montanari, Forli, 1830-34. Rabirius a aussi été rangé parmi les satiriques, sur la seule foi de Fulgence ( De prisco sermone). D—r.
rabirius (C. Postumus), fut accusé de concussion comme détenteur de sommes que le proconsul Gabinius s’était fait donner par le roi d’Egypte Ptolémée Aulète , pour le rétablir sur le trône. Cicéron le défendit, l'an 699 de Rome, et le fit absoudre; nous avons encore son plaidoyer.
rabirius, architecte de Domitien, passa pour un des plus habiles de son temps, bâtit, sur le mont Palatin, la magnifique maison de cet empereur, réédifia peut-être le Capitole, et éleva sans doute beaucoup d’autres monuments.
RABUTIN. V. Bussy.
RACALMUTO, v. de Sicile, à 22 kil. N.-E. de Girgenti ; 9,855 hab. Sel, soufre, mercure, plâtre.
RACAN iHonoréDE Bueil, marquis dej, poète, né à la Roche-Racan (Touraine) en 1589, m. en 1670, donna à la langue poétique une harmonie et une grâce naturelle qu’on ne connaissait pas alors. Fils d’un maréchal-decamp , il le devint lui-même, après avoir débuté comme page d'Henri IV. La rencontre de Malherbe éveilla son talent; il composa des Bergeries et des Odes, où la vérité du sentiment s’empreint souvent d’une teinte mélancolique. Toutefois l’admiration de ses contemporains alla beaucoup trop loin. Racan fit partie de l’Académie française dès sa création, en 1635, et sa harangue de réception fut un ingénieux discours contre les sciences. Sur la fin de sa vie, il paraphrasa les Psaumes ; mais ses Poésies chrétiennes et ses Odes sacrées sont très -faibles. On a de lui encore d’intéressants Mémoires pour la vie de Malherbe, 1651, et des Lettres diverses. Ses OEuvres ont été publiées en 1724, Paris, 2 vol. in-12; et en 1857, annotées par M. T. Deîatsour, 2 vol. in-18. G. L.
RACCA, Nicephonum, v. de la Turquie d’Asie (Al- Djéziréh), dans l'eyalet d’Alep, à 200 kil. S.-S.- O. de Diarbékir , au confl. du Bélès et de l’Euphrate. Fondée par Alexandre le Grand, et embellie par Haroun-al-haschid, qui s’y bâtit un palais, aujourd’hui ruiné.
RACCOMGI, v. du roy. d’Italie, arrond. et à 21 kil.
N.-E. de Saluces; 12,000 hab. Château et pare royal. Collège militaire. Filature et tisseries de soie.
RACE (Cap). V. Terre-Neuve.
RACES HUMAINES. La science ethnographique date seulement de la fin du siècle dernier. Blumenbach et Camper, en se fondant, le premier, sur la conformation du crâne et la couleur de la peau, le second, sur le plus ou moins d’ouverture de l’angle facial, ont groupé les populations du globe en cinq grandes races, appelées : Caucasique ou Blanche, dans l’Europe, le S.-O. de l’Asie et le N. de l’Afrique (peau blanche ou brune; cheveux longs et fins, dont la couleur varie du noir au blond; œil grand et ouvert; nez droit; bouche moyenne; lèvres petites; visage ovale; angle facial ouvert de 85 à 90 degrés); Mongohque ou Jaune, dans tout le reste de l’Asie (peau jaune; cheveux noirs et raides; face large, carrée et aplatie; pommettes saillantes ; nez enfoncé à la racine, et souvent gros à l’extrémité; yeux obliques; lèvres grosses; angle facial de 76 à 85 degrés); Ethiopienne ou Noire, dans la plus grande partie de l’Afrique , en Australie et dans les îles voisines ( teint noir; cheveux crépus et laineux; nez épaté ; lèvres pendantes ; bouche saillante et front fuyant ; angle facial de 61 à 75 degrés) ; Américaine ou Cuivrée, habitant le Nouveau-Continent; Malaise ou Olivâtre, dans la presqu'île de Malacca, les îles de la Sonde, et la partie de l’Océanie à l’E. et au N.-E, de l’Australie, et se rapprochant toutes deux, par leurs caractères physiques, de la race jaune. D’autres, prenant pour bases la linguistique, l’étude des migrations des peuples, et la comparaison de leurs mœurs et de leurs coutumes, sont arrivés à reconnaître 12 races ou variétés dans l’espèce humaine : Indo- Européens, Sémites, Ethiopiens, Tartaro-Finnois , Chinois, Malais, Américains, Eskimaux ou Peuples Arctiques, Nègres ou Tahrouriens, Cafres, Hottentots, Australiens.
race indo-européenne. Cette race, appelée aussi Indo-tiermanique , pour marquer les limites extrêmes de sou développement, ou A vienne, du nom d'Jrias ( les nobles), que se donnaient ses plus anciens peuples, s’étend du Gange à l’Islande , embrassant ainsi , avec la plus grande partie de l’Europe, le S.-O. de l’Asie, à l’exception de l'Arabie, de la Syrie et de l’intérieur de l’Asie-Mineure. Les caractères physiques communs à toutes ses branches sont la figure ovale et régulière , le nez droit , les lèvres minces, les cheveux longs et lisses. La couleur est variable; en général, ceux qui habitent l’Asie et le S. de l’Europe ont les cheveux noirs et le teint basané ; les nations de l’Europe centrale et septentrionale , les yeux bleus et les cheveux châtains ou blonds. Cette race est celle qui a jeté le plus grand éclat historique : belliqueuse, mais éminemment civilisable, elle a porté à leur perfection les lettres, les sciences et les arts. Ses divers idiomes , dont la parenté a été découverte de nos jours, se distinguent par une grande richesse de mots, de flexions grammaticales, et sont aptes à reproduire les opérations les plus délicates de l’entendement. Parmi ces langues, il en est qui ont entre elles des rapports plus étroits qu’avec toutes les autres; par la considération de ces ressemblances, on est arrivé à reconnaître 8 familles de langues , et , par suite , 8 familles de peuples dans la race Indo-Européenne : trois en Asie (familles Indienne, Persane , Caucasienne) , et cinq en Europe [Pélasgo Hellénique , Romane ou Néo-Latine , Germanique , Slave, Celtique). — La famille Indienne (environ 100,000,000 d’individus), dans l’Hindoustan, parlait autrefois le sanscrit et le pracrit; elle est auj. divisée en un grand nombre de peuples parlant différents dialectes plus ou moins mélangés d’arabe depuis la conquête musulmane, l’hindoustani, le bengali, le seikh, le mahratte. — La famille Persane, de l’indus au Tigre, et du golfe Persique à la mer Caspienne et à l’Oxus , comprend : les anciens Perses etMèdes, parlant le zend; les anciens Parthes et les Perses du second Empire, parlant le pehlvi, puis le parsi , mêlés de mots empruntés aux langues sémitiques ; les Persans modernes (environ 12,000,000), dont la langue a été mêlée d’arabe depuis la conquête musulmane ; les Afghans et les Béloutehis (environ 10,000,000) ; les Boukhares, enclavés au milieu des races .turques; les Kurdes, sur le Tigre snp. (1.100,000) — La famille Caucasienne proprement dite comprend les Arméniens, les Géorgiens, lesl.azes, les Mingréliens, etc., 6,000,000. — La famille Pélasgo- Hellénique embrassait, dans l’antiquité, les Pélasges d’Europe et d’Asie-Mineure , et les Hellènes; auj. elle n’est plus représentée , pour le rameau l’élasgique , que par les Albanais ou Arnautes, occupant l’anc. Epire et le S. de l’Illyrie, au nombre d'environ 1,500,000. et parlant une langue mélangée de grec archaïque, de slave et d’italien, mais où le grec domine ; pour le rameau Hellénique , par
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les Hellènes ou Grecs, au nombre de 1,300,000, dans le royaume et les îles Ioniennes , et de 2,000,000 dans la Thessalie, la Macédoine , où l’on compte 700,000 Hellènes de race pure; dans la Koumélie , où, mélangés avec des Bulgares et des Serbes, ils ont formé un peuple mixte appelé Tsinlsars (600,000 individus | et parlant les deux langues slave et grecque; sur le littoral de l’Asie-Mineure, dans les îles de la côte, à Chypre et à Candie. — La famille Romane ou Néo-Latine, originairement représentée par les peuples de l'Italie centrale et méridionale (Latins, Osques , Volsques , Apuliens , Œnotriens I , qui se rattachaient au rameau Pélasgique, s’étendit par les conquêtes des Romains et la diffusion de la langue latine. Lille comprend auj. six peuples : 1° les Italiens, mélange de Latins avec quelques populations Germaniques (Ostrogoths, Lombards, Franlcs), dans la péninsule, le canton suisse du Tésin , le Tyrol italien, et les trois îles de Corse, Sardaigne, et Sicile; au nombre de 26,000,000 , divisés d’après les idiomes en Haut-Italiens (dialectes piémontais, génois, lombard, et vénitien), Italiens-Moyens (dialectes toscan, romain, et corse), et Bas-Italiens (dialectes napolitain , calabrois, sarde , sicilien et maltais mêlé d’arabe) ; 2° les Français, mélange de Gaulois, de Romains et de Germains ( Franks, Burgundes, Normands | ; l’élément latin domine surtout au S. de la Loire , où s’étaient formés, au moyen Age, les divers dialectes de la langue dite romane ou langue d'ne ( provençal , languedocien, limousin ) ; au N., l’élément germanique et les dialectes de la langue d’oïl (français proprement dit dans l'Ile-de-France , normand , picard, bourguignon); anj. ces dialectes sont passés à l’état de patois ; le français est la langue nationale de 33,500,001) individus; de plus, on compte en France
1,500,000 Celtes dans l’O. de la Bretagne, et autant d’Allemands en Alsace; à ces 33,500,000 de Français, il faut joindre 2,472,000 individus de mèn e race et de même| langue, qui, établis dans les contrées voisines, sont étrangers politiquement à notre pays, tels que les M'allons répandus dans le S.-E. de la Belgique (1,827,000), une partie de, habitants des cantons suisses de Berne, de Fribourg et du Valais, ceux de Neuchâtel, de Vaud, de Genève (590,000), enfin, dans le royaume d’Italie, les vallées d’Aoste et des Vaudois (95,000); 3° les Espagnols (15,500,000, non compris les Basques), et les Portugais
(3,568,000), mélange d’Ibères, de Gaulois, de Romains, de Germains (Wisigoths, 8uèves), et d’Arabes; leurs langues sont cependant très-voisines du latin, et celle des Espagnols comprend plusieurs dialectes (catalan, aragonais, castillan, andalous, asturien , galicien); 4° les Rhètes, dans le S. du canton suisse des Grisons, aux j sources du Rhin et de l’inn (45,000 individus environ), parlant la langue rhétique ou roumanche, assez voisine du latin, et qui existe presque avec sa forme actuelle depuis le vin* siècle; 5" les Roumains (8,000,000 d’individus) . descendants des colons établis par Trajan dans la Dacie, et habitant entre le Dniester, les Kaipathes, le bassin supérieur de la Théiss , le Danube inférieur et la mer Noire; ils sont soumis politiquement à trois puissances; la Moldavie et la Vatachie reconnaissent la su zeraineté ottomane; la Bessarabie est une province en partie russe ; la Bukovvine, la Transylvanie, et LE. de la Hongrie sont autrichiennes. Quelques fractions de ce peuple, répandues au S. du Danube, se sont mêlées aux Bulgares, et ont formé un peuple mixte, les Kutzovluques , habitant en Macédoine et en Roumélie , au milieu des Gréco-Slaves. La langue roumaine est restée très-voisine du latin, quoique les Roumains aient adopté l’alphabet e'n'iwi et *il, religion grecque. Ainsi, on compte environ 89,(100,000 d’individus de famille romane ou néo-latine en Europe. — La famille Germanique, dans le centre et le N. de l’Europe (72,460,000 individus), est divisée en 3 rameaux, Allemands proprement dits, Anglo-Saxons, Scandinaves. Le rameau allemand ou teuton s’étend sur l’Europe centrale, des Alpes à la mer du Nord et à la Baltique, et de la Meuse à l’Oder, et comprend 45 Son pen individus. Mais la famille Germanique n’est vraiment pure que du Rhin à l’Elbe : elle est mêlée de Français entre le Rhin et la Meuse, et de Slaves entre l’Elbe et l'Oder. On la divise, d’après les dialectes, en Hauts-Allemands ou Souabes, dans l'Autriche propre, la Styrie et la Carinthie septentrionales , le Tyrol allemand, la Bavière au S. du Danube, la plus giande partie du Wurtemberg et du grand duché de Bade, la Suisse allemande et l’Alsace; Allemands- Moyens ou Franconiens, dans le N. de la Bavière, les petits Etats du centre, et le N. -O. de la Bohême; Bas- Allemands ou Saxons, dans le royaume de Saxe, la Poméranie , le Brandebourg , la Silésie, les petits Etats du N. I
de l’Allemagne, le Holstein et une partie tîuSIeswig, le royaume de Hollande, où le dialecte néerlandais est devenu une langue littéraire, et enfin dans la partie centrale et occidentale de la Belgique, où la population flamande parle un dialecte germanique. Le rameau Anglo-Saxon, mélange des Saxons, Angles, Jutes et Danois, populations germaniques, avec les Celtes romanisés de la Grande- Bretagne, et les Normands francisés qui conquirent l’Angleterre avec Guillaume, forme la nation anglaise, qui s’étend sur la Grande-Bretagne (pays de Galles et Haute- Ecosse exceptés 1 et sur la côte orientale et septentrionale de l’Irlande (20,000,000 d’individus). Le rameau Scandinave, auquel appartenaient les anciens Goths, comprend aujourd’hui environ 6,666,000 individus, dont 1,900,000 dans le D memark , le nord du duché de Slesvig et les îles Feroë, 1,460,000 en Norvège, et 3,300,000 en Suède. — La famille Slave dans le S.-E. et l'E. de I Europe, comprend près de 82,000,000 d’individus, répartis en quatre rameaux : lu le rameau lllyrien ou des Jugo-Slaves (Slaves du Sud), au nombre de 11,864,000, dans le S.-E. de l’Autriche et le N. de la Turquie, divisé, d’après les dialectes, en Slowènes, appelés aussi llires ou Rendes (1,264,000), dans l’istrie, la Carniole, le Littoral, une partie du Frioul, de la Styrie et do la Carinthie; en Croates (800,000). dans la province autrichienne de Croatie et l'O. île la Bosnie; en Serbes (5,300,000), dont 2,600,000 à l’Autriche dans la Dalmatie, l’Esclavonie, le Bannat, et les Contins militaires, et 2,700,000 à la Turquie ou indépendants, dans la Servie, la Bosnie, l'Herzégowine, le Monténégro, le N. de l’Albanie; en Bulgares (4,500,000) , peuple d’origine Tartaro-Finnoise, établi au S. du Dauube an commencement du vne siècle, mêlé si intimement aux Slaves qui habitaient déjà le pays, qu’il adopta leur langue et leurs mœurs en leur imposant son nom, et occupant en Turquie la Bulgarie et le N. de la Macédoine; 2» le rameau Slovaque, au N.-O. de l’Autriche (6,480,000 hommes, subdivisé en Slovaques proprement dits, au N. de la Hongrie
(2.037.000) , descendants des anciens Grands- Moraves, dont l’empire fut détruit en 907 par les Madgyars ou Hongrois; en Moraves, dans la Moravie et la Silésie autrichienne (1,352,000); en TcheUes , dans la Bohême
(2.926.000) ; en Lusaciens, établis en Saxe et en Prusse ( 165,000), restes des Slaves qui occupaient au moyen âge les pays entre l’Elbe et l'Oder, et qui se sont aujourd’hui presque entièrement fondus parmi les Germains; 3° le rameau Leeke ou Polonais (12,247,000 individus), divisé en Bolonais proprement dits, de pure race Slave (8,700,000, dont 4,765,0()0 dans le royaume de Pologne,
1.625.000 dans les provinces de Posen, de Prusse et de Silésie, 2.055,000 à l’Autriche dans le N.-O. de la Gallicie), et en Lettons (3,875,000), peuple d’origine finnoise, mêlé aux Slaves, dont il adopta la langue au moyen âge, et germanisé pat la domination des chevaliers Ëentoniques et celle de la Prusse. Ces Slaves mélangés comprennent : les anciens Prussiens, dans la Prusse oct idemale (1,461 ,000 individus), chez lesquels l’allemand a remplacé la langue slave; en Russie, les Lithuaniens |898,000i, les Szamaites ou Samogitiens (952,000), les Courlandais et les Semigalles
(564.000) ; 4° le rameau russe (51,000,000 d’individus), divisé en Grands-Russes ou Moscovites, dans le centre de l’Empire (33,000,000). Russes-Blancs, dans les gouvernements de Smolensk, Witebsk et Novogorod (3,600,000), Russes-Rouges ou Petits Russes, dits aussi Ruthènes, Ru.-sniaques ou Russines, et dont sortirent les Cosaques (11,200.000 individus dans le S. de la Russie, et 2,940,000 dans la partie E. de la Gallicie autrichienne! —La famille Celtique occupait autrefois toute la Gaule, les iies Britanniques , l'Espagne de moitié avec les Ibères , le N. de l’Italie concurremment avec d’autres Ibères, et plus tard avec les Etrusques. Elle se divisait en deux grands peuples, parlant deux dialectes de la même langue, les Gaels et les Kytnris , Cimmériens ou Cimbres. Anj. cette famille, qui , en Gaule, s’est fondue avec les Romains et les Germains, n’est plus représentée, comme race pure, que par
10.500.000 individus, divisés encore en Gaels et en Ivymris. Le rameau Kymrique comprend en France les Bretons (1,500,0001, parlant le breyzad , dans les départements du Morbihan , du Finistère et une partie des Côtes-du- Nord; et les Gallois, parlant le welsch, dans la principauté de Galles et le comté de Cornouailles en Angleterre. Le rameau Gaélique se partage aussi en deux dialectes, l’erse, parlé par les Irlandais, surtout dans le centre et l’O. de File, et le calédonien, par les Ecossais dans toute la Haute-Ecosse et les îles voisines. — La race Indo-Euro prenne comprend donc environ 388.000.000 d’individus, dont 130,000,000 eu Asie, et 258,000,000 en Europe. Il
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faut y joindre encore les populations de cette race passées dans les autres parties du monde, surtout en Amérique, où l’un peut évaluer les Européens à 36,500,000, dont