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temps, il publia: Histoire du stalhoudéral , Paris, 1748 ; Histoire du parlement d' Angleterre , 1748; Anecdotes littéraires , 1750: Anecdotes historiques, militaires et politiques de T Europe, depuis l'élévation de Charles -Quint à i Empire jusqu'à la paix d’Air la-Cliopelle, 1753, 3 vol. in- 12, augmentées et publiées en 1752 sous le titre de Mémoires politiques de l'Europe ; Histoire du divorce de Henri VIII, 1753; ouvrages très-médiocres, à l'exception du dernier. Aidé par Diderot, par Pechméja et d'autres écrivains amis du baron d’Holbach et d’Helvétius, il réd'gea et fit paraître, en 1770, V Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes, 4 vol. in-8°, qui obtint un grand succès, mais à laquelle il ne mit pas d’abord son nom : il ne signa que l’édition de Genève,
1780, 10 vol. in-8° ou 5 vol. in-4°, avec atlas. L’auteur avait amélioré son œuvre : mais le livre manque de méthode; il est plein de hors-d’œuvre, de digressions, de lieux communs contre le despotisme et la religion, de déclamations furibondes qui sont de Diderot; le style en est très inégal, décousu, souvent boursouflé ; mais au milieu de tous ces défauts, on trouve des pages éloquentes et d’un puissant effet oratoire : elles font un singulier contraste avec les détails du commerce et les chiffres de la statistique dont l’ouvrage abonde. Cette Histoire , après avoir circulé impunément pendant 10 ans, fut interdite en 1779 ; l’auteur, décrété d’accusation en 1781, dut quitter la France, et son livre fut brûlé par arrêt du parlement Raynal avait encore publié : Tableau et révolutions des colonies anglaises dans l Amérique septentrionale,
1781, 2 vol. in- 12. En 1788, il put rentrer en France, et, lors de la convocation des Etats Généraux, Marseille le nomma député du tiers-état; mais il commençait à ouvrir les yeux sur le danger des doctrines philosophiques; il prétexta son âge (78 ans) pour refuser le mandat, et fit passer les suffrages sur Malouet, qui, eu 1790, obtint l’annulation de l’arrêt du parlement contre l’auteur de 1 Histoire philosophique. Raynal , voyant la marche des événements, et les tendances des législateurs, adressa, le 31 mai 1791, une Lettre au president de l'Assemblée nationale, dans laquelle, signalant le danger qui résulterait pour la France de l’abaissement du pouvoir royal, il reniait, en fait, les principes qu’il avait suivis toute sa vie. Cette lettre, fort belle et très-bien écrite, produisit une grande sensation, et valut à l’auteur l’animadversion de la plupart des journaux d'alors. Raynal resta en France pendant la crise révolutionnaire. 11 venait, en 1796, d’être nommé membre de l’Institut (classe d’histoire), lorsqu'il mourut à Chaillot. L 'Histoire philosophique des deux Indes, seul ouvrage qui ait réellement fait à Raynal une grande réputation contemporaine, est auj. complètement tombée. Les documents statistiques, qui en faisaient la principale valeur, ont perdu leur exactitude, et, de ce livre volumineux, il ne reste que quelques pages, que l’on attribue généralement à Diderot. Cependant l’esprit de parti ne fit pas seul son succès : le livre, avec tous ses défauts, offrait alors, dans beaucoup de parties, une lecture attachante et amusante; c’est le sentiment de La Harpe, qui dit qu’en 1774 on en avait fait en Europe plus de 40 contrefaçons. En 1826, on a publié nn ouvrage posthume de Raynal: Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans l’Afrique septentrionale, 2 vol. in-8°.
RAYNAUD (Théophile) , savant jésuite , né en 1583 à Sospello (comté de Nice), m. à Lyon en 1663, écrivit un nombre considérable de traités, dont quelques-uns furent mis à l’index par la cour de Rome. 11 avait l’esprit piquant et satirique, une imagination vive, une mémoire prodigieuse. Le plus remarquable de ses ouvrages est : Quccstinnes de malis et bonis libris, Lyon, 1653, in-4°, où il examine s’il est juste ou injuste de censurer et de condamner les livres. L’édition complète de ses OEuvres parut à Lyon, 1665, 19 vol. in-fob; le 20e vol. est de 1669. Il a eu de vifs démêlés avec les Jacobins. C. N.
RAYNOUARD ( François-Just-Marie) , poëte , littérateur, et philologue, né en 1761 à Brignolles (Var), m. en 1836, avocat au parlement d’Aix,fut nommé, en 1791, député suppléant à l’Assemblée législative. S’étant prononcé contre les actes du 31 mai 1793. il fut mis en arrestation, et ne recouvra la liberté qu’après le 9 thermidor. Il reprit alors sa profession d’avocat, puis vint à Paris pour s’y livrer à la littérature. Il s’essaya dans le genre dramatique par une tragédie de Caton d'Utique, en 3 actes, 1791, qui fut peu répandue, remporta à l’Institut, en 1804, un prix pour un poème intitulé Socrate dans le lempte d'Aglaure, et obtint, l’année suivante, un magnifique succès au théâtre avec une tragédie eu 5 actes , les
Templiers. Une nouvelle œuvre, les Etals de Blois, jouée en 1810, fut moins heureuse. Député du Var au Corps législatif depuis 1806, Raynouard fit partie de la commission extraordinaire nommée en 1813 pour présenter un rapport sur l’état de la France. Néanmoins Napoléon Ier, pendant les Cent-Jours, le nomma conseiller de l’Université ; mais il n’accepta pas, et refusa également le ministère de Injustice, que lui offrit Carnot. Membre de l’Académie Française dès 1807, il en devint secrétaire perpétuel en 1817, et fit aussi partie de celle des Inscriptions depuis 1816. On a de lui : Monuments relatifs à la condamnation des chevaliers du Temple et à l'abolition de leur ordre, 1813; Choix de poésies originales des troubadours, 181ô-^4, 6 vol. in 8°; Histoire du droit municipal en France sous la domination romaine et sous les trois dynasties, 1829, 2 vol. in -8°; Lexique roman, ou Dictionnaire de la langue des troubadours, comparée aux autres langues de l’Europe latine , précédé de Nouvelles recherches historiques et philologiques , d’un Résumé de grammaire romane , d’un Nouveau choix de poésies originales des troubadours, et d'extraits de poèmes divers , Paris , 1838-44, 6 vol. gr. in-8°. Tous ces ouvrages sont fort estimés, et dénotent de profondes études et une haute sagacité. B.
RAYNEYAL (Joseph-Mathias Gérard de), diplomate, né en 1736 à Masvaux (H. -Rhin), d’une famille parlementaire d’Alsace, m. en 1812, fut attaché pendant 20 ans au ministère des affaires étrangères, et prit part au traité de commerce conclu avec l’Angleterre en 1786. On lui doit : Institutions au droit de la nature et des gens, Paris, 1803 et 1832.
rayneval (François-Maximilien GÉRARD de), fils du précédent , né à Versailles en 1778, m. en 1836, fut secrétaire d'ambassade à Lisbonne et à Sl-Pétersbourg, accompagna le duc de Vicence aux congrès de Dresde, 1813, et de Châtillon, 1814, reçut de la Restauration le poste de 1er secrétaire d’ambassade et de consul-général à Londres, devint en 1820 sous-secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, et , après avoir été ambassadeur à Berlin , en Suisse, à Vienne et à Madrid , entra à la Chambre des pairs. V. Supplément.
RAZ (Le), Calbium promontorium , cap de France, sur l’océan Atlantique, à l’extrémité O. du département du Finistère, en face de File de Sein ; par 48° 2’ 22” lat. N., et 7° 4’ 12” long. O. La navigation y est dangereuse.
RAZELM , Halmyris, lac de la Turquie d’Europe, au S. et prés de l’embouchure du Danube, communique avec ce fleuve et avec la mer Noire ; 60 lui. sur 50.
RAZÈS (Le), petit pays de l’anc. France (Bas-Languedoc), ch.-l. Limoux ; compris auj. dans le département de l’Aude et le N. -O. de celui des Pyrénées-Orientales. Ce fut un comté, donné par Charles le Chauve, en 871, à Bernard II, comte de Toulouse, et qui, après avoir passé aux comtes de Carcassonne et à Simon de Montfort , revint à la couronne en 1258.
RAZI , médecin arabe. V. Rhazes.
RAZIA , expédition guerrière ( du mot arabe ràsa, faire une incursion, une campagne |. Les Français, en Algérie, appellent razia un combat livré par eux aux tribus, dont ils enlèvent souvent les biens et les troupeaux. Ce mot est devenu synonyme de butin , capture. D.
RAZZ1 (Jean-Antoine), peintre, connu sous le nom d’t'i cavalière Sodoma , né en 1479 à Vergelli près de Sienne, m. en 1554, forma d’habiles élèves, et a laissé, entre autres ouvrages : l'Epiphanie, dans l’église de S1- Augustin à Sienne ; la Flagellation du Christ, dans l’église S‘ François; l' Evanouissement de Ste Catherine de Sienne, fresque dans une des chapelles de S‘-Dominique; le Sacrifice d' Abraham, etc. 11 avait étudié surtout Léonard de Vinci et Michel-Ange, et se recommande par une grande variété d airs de tête, où il est tout à fait original. B.
RÉ ou RHÉ, en latin Cracina , Bea, Beacus, sous la lre République Ile de la République, île de France ( Charente-Infér.) , dans l’océan Atlantique, entre le Pertuis Breton et le Pertuis d’Antioche, à 4 Uil. de la côte, et a 20 Uil. O. de La Rochelle. Superf., 17,000 hect.; 22 Uil. sur 27 ; 66 Uil. de tour ; 18,000 hab. Elle forme deux cantons, dont les ch.-l. sont St-Martin et Ars. Elle est défendue par quatre forts. En 1627, les Anglais, voulant secourir La Rochelle, tentèrent vainement de s’emparer de Ré. Récolte abondante d’orge, d’avoine , de vins rouges. Marais salants, d’où l’on tire 32,000,000 de kilogr. de sel chaque année.
ré (le comte Philippe de), agronome, né à Reggio en 1763, m. en 1817, fut professeur d'agriculture et de botanique à l’université de sa ville natale, recteur de cette université, et membre de la régence de Modène lors de