RES
autres. Ils ne peuvent occuper aucune autre fonction salariée; ceux de lre classe assistent à l’assemblée générale du Conseil. — L’institution des Maîtres des requêtes est une des plus vieilles de l’anc. monarchie française. A l’époque où le latin était encore très-usité dans les actes, on les appelait magistri libellorum supplicum; en effet, ils étaient alors chargés de recevoir les plaintes et requêtes adressées au roi, et de lui en faire le rapport. Quand les rois ne pouvaient rendre la justice eux-mêmes, ils déléguaient des Maîtres des requetes choisis parmi des jurisconsultes; ils les envoyaient en province faire des tournées appelées chevauchées, parce que, dans ce temps, on voyageait à cheval, et n'en gardaient qu’un petit nombre auprès d eux. Vers le milieu du xive siècle, il y avait 8 Maîtres des requêtes; plus tard, on en créa jusqu'à 60 et même 88 ; mais alors ils ne servaient que par quartier. Ce service, partie sédentaire, partie ambulant, était encore en pleine vigueur sous Louis Xlll.Le roi choisissait habituellement dans ce corps les intendants des provinces, et les juges dos commissions extraordinaires. Louis XIV rendit les Maîtres des requêtes encore plus utiles : il leur fit exercer tour à tour les chevauchées ; les fonctions de rapporteurs au conseil du roi, pendant 3 mois; celles de juges au tribunal des requêtes de l’hôtel, pendant 3 autres mois'; enfin, celles de rapporteurs au sceau, où ils formaient près du chancelier une espèce de conseil consultatif. Les Maîtres des requêtes pouvaient siéger, au nombre de 4, à la grand’chambre du parlement de Paris, où ils prenaient rang immédiatement après les présidents. Cette institution fut supprimée en 1791 ; la loi qui rétablit le Conseil d’Etat, en 1799, les réinstitua aussi, mais avec des attributions moins complexes et moins impor- * tantes, telles que celles qu’ils ont aujourd'hui.
requêtes (Chambre des|. V. parlement.
REQUIN (Achille-Pierre), médecin, né à Lyon en 1803, m. en 1854, fut reçu docteur en 1829, professa l’hygiène et la physiologie à l’Athénée de Paris de 1829 à 1832, montra un grand dévouement pendant le choléra de Vaucluse en 1835, devint médecin de la Pitié, professeur de pathologie interne à la Faculté de médecine en 1851, et membre de l’Académie de médecine en 1853. Outre des travaux dans divers recueils, on lui doit : Eléments de pathologie médicale , Paris, 1843-52, 3 vol. in-8°.
requin l Baie du ). V. chiens marins (Baie des).
REQU1NT | Droit de). V. Quint.
REQUISITION , levée d’hommes ordonnée par décret de la Convention, le 23 août 1793, qui, dès ce jour, jusqu’à ce que l’étranger fût chassé de France, mit en réquisition permanente pour le service des armées, tous les citoyens français non mariés, denuis 18 ans jusqu’à 25. Cette levée, suivant les rapports officiels du temps, aurait produit 1,400,000 hommes; mais d’autres rapports faits, au Conseil des Anciens, en novembre 1799, n'accusent que 350,000 à 400,000 hommes sous les armes, en évaluant à moins de 50,000 hommes les réquisitiouuaires rentrés dans leurs foyers.
KEQIJ1STA, ch— 1. de cant. (Aveyron), arr. et à 50 kil. S. de Rodez; 698 hab.
RESCRIT, Rescnptum, décision des empereurs romains, par lettre adressée aux gouverneurs de province, ou même à de simples citoyens, sur des matières de jurisprudence ou d’administration, non prévues ou mal expliquées dans l’Edit perpétuel ! V . ce mot ). Adrien introduisit l’usage des vescrits; ces décisions n’avaient pas force de loi , mais elles .prenaient l’autorité des réponses des jurisconsultes : Justinien, les considérant comme telles, en a inséré plusieurs dans son Code. C. D — y.
RESENA, auj. Ras-el-Afn, v. de Mésopotamie, sur le Chaboras. Gordien 111 y battit Sapor, en 243.
RESENDE (Garcia de), auteur d’un Cancione.ro portugais, publié en 1516, et très-rare aujourd’hui. Dans ce recueil de chants populaires, analogues à ceux de nos troubadours, figurent 3t>0 poètes environ.
Resende (Lucius-André de) , dominicain portugais , né à Evora en 1498, m. en 1573, gouverneur des enfants de Jean 111, a laissé des poésies latines, un traité de Verborum conjugatione, Lisbonne, 1550, in-4°, et deux ouvrages érudits, de Antiquitatibus Lusilaniu q et Deliciw Lusitanorum,
RESEN1US | Pierre), professeur de morale et de jurisprudence à Copenhague, né en 1625, m. en 1688, a laissé: une édition de I ’Edda, en islandais, danois et latin, Copenhague, 1665-73, 4 parties in-4°, dont Mallet a donné une traduction française; Inscript ionts hafnienses, tatinœ , danicœ et germanicce, 1668, in-4° ; Jus aulicum reyum Norwagorum et Danorum, 1673, in-4°: la Chronique de Erédèric II. roi de Danemark , en danois, 1680, in-fol.; Jura antiqua civilatvm
Daniip , 1683, in-12; Recueil des lois civiles et ecclésiastiques de Christian II, roi de Danemark, en danois, 1681, in-4°.
RÉSERVE, faculté qu’autrefois le pape prétendait avoir de retenir à sa collation les bénéfices ecclésiastiques, au préjudice des collateurs ordinaires. Clément IV est le premier qui ait introduit les Réserves. Le concile de Bâle en 1431, la Pragmatique-Sanction de Bourges eu 1438, et le Concordat de 1516, les supprimèrent. — Dans l'Empire d’Allemagne, on appelait Réserves certains droits particuliers à l’empereur : par exemple, en matière ecclésiastique, le droit de nominér aux premiers bénéfices vacants après son avènement, de convoquer un concile, etc.; en matière politique, le droit de légitimer les bâtards, de réhabiliter, de donner des dispenses d’âge, des privilèges, des titres et dignités, d’établir des tribunaux, d’envoyer et recevoir des ambassadeurs au nom de l'Empire, etc.
RESINA, ano. Ret.na, vge du royaume d’Italie, à 7 kil. S.-E. de Naples, sur le golfe de Naples, et contigu à l’ortici, couvre ir e partie de l’antique Hercnlanum ; 3,320 bah. On y remarque le beau palais de la Raconte, appartenant au prince de Salerue.
KES1NAZ, v. des Etats autrichiens (Transylvanie) , à 13 kil. S.-O. d’Hermanstadt ; 5,000 hab. Evêchés grec et vainque. Connu, de bestiaux et de bois.
RESSONS SUR-MATZ, ch.-l. de cant. (Oise), arr. et à 16 kil. N.- N.- O. de Compïègne; 742 hab.
RESTAURANT, RESTAURATEUR. Un Restaurant est un établissement où le public trouve, pour son argent, à déjeùuer, à diuer, et même à souper. Les aliments sont en préparation perpétuelle, et y sont servis immédiatement. Au xvie siècle, on appelait restaurant un aliment ou un liquide qui avait la propriété de réparer les forces, et spécialement des bouillons succulents et des consommés; on les faisait en distillant de la viande de boucherie, delà volaille, mêlées avec de l’orge, inondé, de la cannelle, de la coriandre, des raisins de Damas, et des roses sèches. Eu 1765, un nommé Boulanger eut l’idée d’établir un débit public de restaurants ; il l'ouvrit à Paris, rue des Poulies , et mit sur sa porte la devise suivante, espèce de parodie des inscriptions publiques, dans un temps où elles étaient toutes en latin : Venile ad me, qui stomacho laboratis , et ego restaurabo vos; •• Venez à moi, vous qui avez mal à l’estomac, et je vous restaurerai. » Boulanger accompagnait ses restaurants de volailles au gros sel, et d’œufs frais, et le tout était servi à la minute, sur de petites tables de marbre. Sou succès fit élever beaucoup d’autres établissements du même genre, que l’on appela vulgairement des Restaurants, et qui finirent par remplacer les cabarets. Le mot Restaurateur est beaucoup plus moderne; le Dictionnaire de Trévoux, de 177 L, ne donne pas encore l’acception de restaurateur comme chef de restaurant. Auj. le nombre des Restaurants est très-cousidérable ; il y en a, à Paris , de tous les degrés, depuis ceux qui sont le rendez-vons des plus riches gastronomes, jusqu’à ceux où l’étudiant et l’ouvrier trouvent des repas à des prix modérés, et quelquefois fabuleusement bas, comme un dîner à 50 centimes, par exemple. C. D — v
RESTAURATION, nom donne au rétablissement de la maison de Bourbon en 1814 et 1815, et a sou histoire jusqu’à la révolution de juillet 1830. On distingue la lre Restauration, du 5 avril 1814 au 20 mars 1815; et la 2e Restauration, du 24 juin 1815 jusqu’en 1836. Cette période est remplie par les règnes de Louis XVIII et de Charles X. — On donne aussi le nom de Restauration au rétablissement desStuarts sur le trône d'Angleterre, 1660, et à la période qui embrasse les régnes de Charles II et de Jacques IL
RESTAUT (Pierre), grammairien, né à Beauvais en 1696, m. en 1764, professa au collège Louis-le-Graud, se fit ensuite recevoir avocat au parlement et aux conseils du roi, et donna, en 1730, une Grammaire française, à laquelle il ajouta, en 1732, un Traité de versification française. Ce fut le premier ouvrage élémentaire pour l’étude de notre langue, et l’Université l’adopta immédiatement comme classique. Restant fit un Abrégé de sa grammaire, en 1732, pour les commençants. Il revit aussi la 4e édition du Traité de l’orthographe française en forme de dictionnaire, Poitiers, 1764, iu-8°, plus connu sous le nom de Dictionnaire de Poitiers, dont l’auteur est le prote Charles Leroy. 1 ■ B.
RESTIF on RÉTIF DE LA BRETONNE (Xicolas- Edme), romancier, dramaturge, pamphlétaire, et toujours mauvais écrivain, souvent bizarre, extravagant, et ennuyeux, né à Sacy près d’Auxerre en 1734, d’une famille de cultivateurs, m. en 1806. Envoyé à Paris vers l’âge de 15 ans, il y fit toutes sortes de métiers, puis entra comme