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RÉT
compositeur dans une imprimerie. Il débuta dans la car- , riére de romancier en 1767 , obtint quelques succès, et, comme il avait un orgueil démesuré, se crut uu génie et le premier écrivain du siècle. Il écrivit sur toutes sortes j de sujets , y compris les réformes politiques, l’éducation des princes, et celle du genre humain. Il avait une imagination désordonnée, et quelquefois composait typographiquement des pages entières sans les avoir écrites. Dénué de goût, n’ayant ni frein ni retenue d’aucun genre, pas même pour la langue, où il fabriquait des mots pour ses idées, il fut d'une fécondité prodigieuse : il se vantait, en 1791, d’avoir livré à la presse 1,632 histoires. Ses œuvres forment plus de 200 volumes , parmi lesquels on se rappelle à peine quelques romans, et ce qu’il appelait des tableaux de mœurs, tels que : le Paysan perverti, 1776,
4 vol. in -12, son meilleur ouvrage, où, au milieu d’un vrai chaos, ou trouve des morceaux empreints de sensibilité et d’une heureuse imagination; ta Vie rie mon père, 1779, 2 vol. in-12; les Nuits de Paris, 1787, 4 vol. in-12; la Philosophie de M. Nicolas, 1796, 3 vol. in-12, etc.
RESTOUT (Jean), peintre, né à Rouen en 1692, m. en 1768, était neveu de Jouvenet, dont il suivit les leçons. Ses principaux ouvrages, où il a quelquefois outré les défauts de son maître, c.-à-d. un dessin maniéré, une touche vague, une couleur terne, mais où il a aussi déployé une imagination féconde et un talent remarquable , sont : St Paul imposant les mains à Ananie, vaste composition ; la Présentation de la Vierge; la Confiance d' Alexandre dans son médecin Philippe, au Grand-Trianon ; Flore et Bacclius , au château de Fontainebleau; le plafond de la rotonde de l'ancienne bibliothèque Stc-Geneviéve à Paris, auj. lycée Napoléon. B.
RETENTURA , troisième partie d’un camp romain du temps d’Adrien ; elle était comprise entre la voie Quintana et la porte Décumane ( V . Castramétation ).
RETFORD , brg et paroisse d’Angleterre , comté et à 45 lui. N.-N.-E. de Nottingham, sur l'Idle et le canal de Chesterfi.’ld ; 38,000 hab. Maison de travail pour les indigents. Fabr. de chapeaux, soulie"s, toile à voiles, etc.
RET11EL, s.-préf. (Ardennes), à 50 kil. S. -O. de Mézières, sur la rive droite de l'Aisne; 6,966 hab. Tribunal de lre instance, collège. Hôpital; hospice pour les vieillards et les enfants trouvés. Filatures de laine; fabr. de châles-cachemires, tissus mérinos, flanelles , mousselineslainp, bon icterie; construction de machines. Cette ville, ancienne capitale du Réthelois, s’éleva près d’un fort romain [Castrvm Retectinn). Elle devint un ch.-l. de comté, et fut érigée en duché par Henri III en faveur de Charles de Gonzague , duc de Nevers, en 1581. Mazarin l’acheta et la fit ériger en duché-pairie. Le 15 décembre 1650, le maréchal du Plessis-Praslin battit, près de Rethel, Turenne, alors lié aux Espagnols. En 1654, la ville se rendit aux Espagnols, commandés par le prince de Condé ; Tureime, revenu dans le parti de la cour, la reprit en 1659.
RETHELOIS, petit pays de l'ane. France (Champagne), ch.-l. Rethel. 11 comprenait le Poreien, et correspond auj. au S -O. du département des Ardennes. 11 appartint à l’abbaye de S1 -Rend, et fut administré par des avoués, qui s’en rendirent propriétaires et prirent le titre de comtes. Le 1er comte fut Manassès, 974, dont les héritiers mâles s’éteignirent à la fin du xnie siècle. Ee Réthelois échut alors à Louis de Crécy, comte de Flandre. En 1384, il passa à la maison de Bourgogne, dont les branches s’en disputèrent longtemps la possession. Des mariages le portèrent dans la maison de Clèves, puis dans celle de Gonzague; Charles de Gonzague, duc de Mantoue , le vendit, en 1659, à Mazarin, qui le légua par testament au mari d’Hortense Maneini. S — l.
RETHIERS ou RETIERS V. Riietiers.
RETIaIRE. V. Gladiateur.
RE OCULAIRE , Reliculatum o pus, maçonnerie en usage chez les anc. Romains, et composée de petits moellons carrés, posés d’angle les uns au-dessus des autres, de sorte que la paroi d’un mur ainsi construit imitait les mailles d’un réseau (réticulum) , d’où son nom. C. D — Y.
RÉTICULE, petit sac en filet ou en étoffe, à l’usage des dames françaises vers le temps du Directoire et pendant le 1er empire français. Il leur servait à mettre leur mouchoir, et quelque petit ouvrage de main, et se portait au bras , pendu à de longs rubans qui servaient à le fermer. Des plaisants, estropiant le nom de ce sac , l'appelèrent un ridicule, et ce nom lui resta beaucoup mieux que son nom véritable. En 1811, après la naissance du fils de Napoléon 1er, les dames donnèrent à ce sae le nom assez bizarre de petit roi de Rome. C. D — y.
RÉTIF DE LA BRETONNE. V. Restit.
RETIMO, anc. Rilhymna, v. forte de la Turquie d'Europe, dans l'ile de Candie, petit port sur la côte N., à 80 kil. S.- O de Candie; 8,000 hab. Ch.-l. de livah ; évêché grec. Connu, d’huile. Les Turcs, qui la dévastèrent en 1572, n’en devinrent les maîtres qu’eu 1647.
RET1NA, anc. v. de Campanie, qui était, pour ainsi dire, le port d’Hereulanum, et qui fut engloutie avec cette ville, dans l’éruption du Vésuve de Tan 79. C’est auj. le vge de Résina.
RETOURNAC, vge (Haute-Loire), arr. et à 13 kil. N -O. d'Issengcnux, sur la rive g. de la Loire; 802 hab.
RETRAIT, droit qu’avait le seigneur féodal de reprendre, dans le délai de 40 jours, le fief vendu par son vassal , en remboursant le prix à l’acquéreur.
RETRAITE DES DIX MILLE. V. Dix mille.
RETZ , Ratidlencis pagus, petit pays de l’ane. France (Bretagne méridionale); ch.-l. Machecoul; villes principales : Ponde, Paimbœuf. 11 fit partie de l’Aquitaine, puis du Poitou, appartint à la maison de Laval, fut érigé en duché-pairie en faveur d'Albert de Gondi en 1581, et passa, en 1676, dans la maison de Villeroy. 11 fait auj. partie du département de la Loire-Inférieure.
retz (Gilles de laval, maréchal de). V. laval.
retz (Albert de gondi, maréchal de). V. gondi.
retz (Pierre de gondi, cardinal de), frère du maréchal Albert de Gondi, né à Lyon en 1533, m. en 1616, embrassa l’état ecclésiastique au sortir de ses éludes, et dut à Catherine de Médiois une fortune rapide : évêque de Laugres en 1565, de Paris en 1570, chancelier et grand aumônier d’Elisabeth d’Autriche (femme de Charles IX), administrateur des revenus de cette reine après 1574, il remplit eneore diverses missions auprès du Saint-Siège sous Henri III et Henri IV, qui l’honoraient d’une estime toute particulière, et fut fait cardinal par Sixte-Quint, en
retz (Jean-François-Paul de gondi , cardinal de), petit-ueveu du précédent, et fils de Philippe-Emmanuel de Gondi, général des galères sous Louis XIII , né à Montmirail en 1614, m. en 1678, fut destiné à l’épiscopat, pour conserver dans sa famille l'archevêché de Paris. Quoique élevé par S1 Vincent de-Paul , le jeune Gomli fut entraîné par ses passions, se mit difficilement aux études théologiques, et s'occupa simultanément d’étudier les factions des républiques anciennes. A 18 ans, il publia la Ton» juration du comte de Fitsyue , traduite en partie de Mascardi, et où Ton trouve une hardiesse d’opinions qui effraya Richelieu, et une certaine maturité de style. Au retour d’un voyage d’Italie, à 22 ans, il prêcha son premier sermon devant la cour, et se trouva bientôt parmi les ennemis de Richelieu. Nommé coadjuteur de l’archevêque de Paris, Jean-François de Gondi, son oncle, en 1643, il prêcha l’Avent dans une des paroisses de Paris, commença de devenir populaire, et augmenta sa popularité par d'abondantes largesses, répandues eu aumônes. Mazarin en prit ombrage, et Gondi se mêla aux mille intrigues de la Fronde; au début des troubles, il voulut servir d'abord les intérêts d’Anne d’Autriche ; mais en ayant été mal accueilli , il se jeta parmi les ennemis de la cour, et put , pendant quelque temps, disposer des destinées de Paris et de la France. Nommé cardinal malgré Mazarin , il connut l’inconstance de la popularité : après avoir joué tous les partis, il fut mis à la Bastille, 1652, sans que le peuple intervînt en sa faveur, et n’ohünt sa translation au château de Nantes qu’en renonçant à l’archevêché de Paris. Il s’échappa, alla en Espagne, puis à Rome, où il contribua à l'élection d’Alexandre VII, parcourut la Hollande et les Pays-Bas, revint en France après la mort de Mazarin . reçut le titre d’abbé de St-Denis eu échange de son archevêché, et, pour dernier acte de sa vie politique, fut envoyé à Rome pour siéger au conclave où fut élu Clément IX. A son retour, en 1675, il paya ses dettes (plus de 4 millions de notie monnaie), se retira à Saint-Mihiel , er revint édifier le monde par ses actes de piété et de bienfaisance dans Paris même, témoin de sa jeunesse orageuse : il y mourut. Le cardinal de Retz, esprit fin, génie brillant, mais n’ayant en politique ni vue, ni esprit de conduite, ni but déterminé, serait auj. assez obscur, s’il n’avait laissé, sur sa vie et les événements de sou temps, des Mémoires qui sont un des chefs-d'œuvre de notre langue, pour l’intérêt du récit , le feu des peintures et l’appréciation des événements. « Ils sont écrits, dit Voltaire, avec un air do grandeur, une impétuosité de génie, et une inégalité, qui ; sont l’image de sa conduite. » La lre édition parut à j Nancy eu 1717, 3 vol. in-12. On les a souvent réimprimés i eu les faisant suivre de ceux de Guy-Joly et de la duchesse I de Nemours. Ils sont insérés dans les collections de Mé-