LAI
LAL
volution, il fut^ommé, en 1793, administrateur des subsistances du district de la Réole, et en 1795 membre de l'administration de la Gironde, rentra bientôt au barreau, fit partie du Corps législatif depuis 1808 , y montra une rare indépendance, rédigea, le 28 décembre 1813, un rapport, devenu célèbre, qui soulevait des questions intérieures alors qu’il fallait soutenir l’honneur national , accueillit avec sympathie la Restauration, présida la Chambre des députés de 1814 , se retira en Hollande pendant les Cent-Jours, fut membre de l’Académie Française en 1816, ministre de l’intérieur de 1816 à 1818, provoqua la dissolution de la Chambre introuvable, fit adopter une loi électorale plus libérale, fut nommé président du conseil de l’instruction publique, mais refusa, puis pair de France en 1823, et se rallia au gouvernement de 1830. C’était un orateur chaleureux et brillant, mais visant trop à l’effet. C’est lui qui a dit le mot célèbre : Les rois s’en vont, B.
LAINEZ ou LAYNEZ (Jacques), 2e général des Jésuites, né en 1512 à Almançario ( Castille ), m. en 1565 à Rome, s’associa de bonne heure à Ignace de Loyola, organisa avec lui le plan de la Compagnie de Jésus, fut député par Paul III au concile de Trente, refusa de Paul IV la dignité de cardinal, et succéda à Ignace dans la charge de général en 1558. Il prit part au colloque de Poissy, 1561.
LAINEZ (Etiennel , acteur lyrique , né en 1752 à Vaugirard, près de Paris, m. en 1822, débuta à l’Opéra en 1774, se retira en 1817, et se ruina en dirigeant le théâtre de Lyon. Ce fut lui qui créa les rôles de ténor dans la plupart des opéras de Gluck et de Sacchini. Il avait un talent très-dramatique, plein d’âme et de chaleur.
LAIRD , nom donné, chez les Ecossais, au propriétaire d’une terre, d’un bien. 11 est purement honorifique, et ne confère pas la noblesse.
LA1RE (François-Xavier), bibliographe, né en 1738 à Vadans (Franche-Comté), m. en 1801, entra dans l'ordre des Minimes , professa la philosophie au collège d’Arbois, visita plusieurs fois l’Italie, et fut r.ommé successivement bibliothécaire du prince de Salm-Salm, et de Loménie de Bricnne. Léopold II voulut l’attirer à Vienne, et Pie VI lui offrit la place de bibliothétaire du Vatican, qu’il refusa. Il fut nommé plus tard bibliothécaire du départ, de l'Yonne. On a de lui : Specimen liistoricum lypographiœ romanæ xv sœculi, Rome, 1778, in-8°; Dissertations sur l'origine et les progrès de ï imprimerie en Franche- Comté pendant le XVe siècle , Dole , 1785, in-8°; Sérié dell’ edizioni Aldine, Pise, 1790, Venise, 1799, et Florence, 1800, in-12 ; Index librorum ab invenld typopraphid usque ad annum 1500, Sens, 1791, 2 vol. in-8°. C — 8.
LAIRESSE ( Gérard de ), peintre, né à Liège en 1640, m. en 1711 , étudia aussi les langues anciennes, l’histoire et la musique. A 15 ans, il peignait déjà de bons portraits. Plusieurs morceaux d’histoire, qu’il exécuta pour l'électeur de Cologne et l’électeur de Brandebourg, commencèrent sa réputation. Liège ne lui fournissant pas de travaux suffisants, il alla vivre à Bois-le-Duc, puis à Utrecht, toujours poursuivi par le besoin. Un marchand de tableaux l’appela enfin à Amsterdam, où il trouva la fortune. Devenu aveugle par excès de travail, il composa et dicta à ses fils des Principes du dessin , en français, Amst., 1719 et 1729, in-fol., et des Leçons de peinture pour les jeunes gens qui veulent s’instruire dans l’art sans maître, 1720, en hollandais, trad. en français, Paris, 1787, 2 vol. iu-4°. Wallon d’origine, l.airesse subit l’influence du goût français : on l’a surnommé le Poussin de la Belgique. On retrouve chez lui l’invention spirituelle, le contour prudent, la couleur froide et argentine des Lesueur, des Greuze et de toute l’école parisienne. 11 avait une grande prédilection pour les sujets tires de la Fable et de l’histoire ancienne. A. M.
LAIS, célèbre courtisane grecque, née à Hyccara vers 420 av. J.-C., fut amenée captive par les Athéniens lors de leur expédition en Sicile, puis transportée à Corinthe, où la réputation de son esprit et de sa beauté attira les plus illustres des Grecs. Les Corinthiens lui érigèrent un monument, que Pausanias a décrit. — Une autre Lais, qui vivait 50 on 60 ans plus tard, passe pour la fille de la première et d’Alcibiade.
lais ou lays (François), célèbre chanteur, né en 1758 à La Barthe, près Bagnères (Hautes-Pyrénées), m. en 1831, fut attaché à l’Opéra de 1779 à 1822. Doué d’une voix de baryton admirable , il devint l’objet constant de la faveur du public , bien que sa vocalisation <’ût lourde , et qu’il n’ait jamais su égaliser les registres de sa voix. Il fut professeur au Conservatoire de musique de Paris. Ses principaux rôles étaient ceux du marchand dans la Caravane du Caire, du consul dans le Triomphe de Trajan , et de Clnna dans la Vestale.
laïs , ville de Palestine. V. Dan.
LAISSAC , ch.-l. de cant. (Aveyron), arr. et à 46 kil. N. -O. de Milhau, près de l’Aveyron; 870 hab. Poterie.
LAITRE. V. Val-d’Ajol.
LAÏUS , roi de Thèbes, fils de Lahdacus, ne lui succéda qu’après la mort des deux usurpateurs Lycus et Amphion. II épousa Jocaste , et en eut un fils , Œdipe , qui le tua fatalement | V. (Edite).
LAKANAL (Joseph) , né en 1762 à Serres ( Ariége), m. en 1845, entra dans les Doctrinaires, enseigna la philosophie à Moulins, adhéra, en 1791, à la Constitution civile du clergé, et fut député de l’Ariége à la Convention en 1792. 11 y vota la mort de Louis XVI , sans appel ni sursis. Président du comité de l’instruction publique, il fit conserver le Jardin du Roi, que l’on réorganisa sous le nom de Muséum d’histoire naturelle, concourut à la création de l’Ecole normale, de l’Institut, des écoles centrales et des écoles primaires, à l’adoption de la télégraphie aérienne. Il rédigea le rapport sur les honneurs à rendre à Marat, et alla jusqu’à proposer de démolir le ‘Palais- Royal, souvenir de la monarchie, pour élever sur ses ruines la statue de la Liberté. Après la journée du 13 vendémiaire, il demanda le désarmement de la milice parisienne, qui n’avait pas secondé la Convention, l'expulsion de ceux qui n’habitaient point Paris avant 1789 , et la formation d’une garde pour l’Assemblée. En 1795, il entra au conseil des Cinq-Cents. Deux ans après, il fut envoyé comme commissaire par le Directoire dans plusieurs départements récemment réunis au territoire français. Après le 18 brumaire, il ne conserva qu’une chaire à l’Ecole centrale de la rue S1- Antoine (auj. lycée Charlemagne). En 1816, banni comme régicide, et rayé de la liste de l’Institut, dont il faisait partie depuis la fondation, il passa aux Etats-Unis , devint président de l’université de la Louisiane , puis se fit planteur dans l’Alabama , sur les bords de la Mobile. L’Académie des Sciences morales et politiques ayant été rétablie en 1832, il revint en France pour y réclamer sa place , qui lui fut rendue en 1834. On a de lui : Exposé sommaire des travaux de J. Lakanal , Paris, 1838, in-8®. V. son Eloge par M. Mignet, Paris, 1857. B.
LAKCHMI, déesse indienne de l’abondance, femme de Vichnou, naquit des flots d’un océan de lait. On la représente, sur les monnaies, la tête couverte d’une mitre, et tenant un enfant qu’elle allaite, ou une fleur de lotos. Le manglier et le lotos lui sont consaciés. Dans plusieurs pagodes, un feu brûle continuellement en son honneur.
LAKEN. V. Laeken.
LAXISTES , nom donné, vers la fin du xviii® siècle, à certains poètes anglais (Coleridge, Southey , Wordsworth, etc.) , qui ont surtout décrit les paysages de leur pays où les lacs abondent.
LAKNAOUTY, v. de l’Hindoustan. V. Gode.
LAKNAU, en anglais Lucknow, v. de l’Hindoustan anglais, anc. cap. de l’Aoude, 300 kil. S.-E. d’Agra, 880 N. -O. de Calcutta, sur la rive dr. du Goumly, par 26° 51' lat. N., et 78° 35' long. E.; 200,000 hab. On y remarque quelques mosquées, le palais du roi, les deux ponts du Goumty, et, aux environs, la magnifique résidence de Constancia . Bibliothèque très-précieuse en mss. persans, arabes et hindous. Arsenal. Manuf. de coton, soie, cuir, salpêtre. Elle fut capitale de l’État depuis 1775. V. Oode.
LALA , femme peintre, célèbre dans l’antiquité, née a Cyzique (Mysie) , florissait à Rome vers l’an 80 av. J.-C. Elle peignit à l’encaustique et sur ivoire, et excella surtout dans les portraits de femmes.
LALAIN (Jacques de), surnommé le Bon chevalier, né vers 1421 dans le château de Lalain, d’une famille noble, m. en 1453, fut l’un des chevaliers les plus accomplis de son siècle , après avoir brillé aux cours de Clèves et de Bourgogne, il parcourut l’Espagne, le Portugal, l’Angleterre, se mesurant avec les plus valeureux champions, sans trouver de vainqueur. Il fit deux voyages en Terre- Sainte, fut reçu chevalier de la Toison-d’Or, s’attacha de nouveau au duc de Bourgogne, le suivit contre les Gantois révoltés, se signala au combat de Rupelmonde, et fut tué au siège du fort de Pouckes. George Châtelain a écrit l'Histoire de Jacques de Lalain, Bruxelles, 1634, in-4°.
lalain ou lalaing, vge (Nord) , sur la Scarpe , arr. et à 7 kil. E.-N.-E. de Douai; 1,991 hab. Jadis titre d’un duché.
LALAND, île de Danemark. V. Laaland.
LALANDE ( Michel-Richard de), surintendant de la musique de Louis XIV et de Louis XV, né à Paris, en 1647, m. en 1726, fut le plus habile compositeur français de son temps dans le genre religieux. On a de lui 20 livres de motets ; il a écrit aussi la musique de Melicerte, pasto-
LAL
LAL
raie comique de Molière, et le ballet des Eléments, dont Moi avait fait les paroles.
lalande | Joseph - Jérôme lefrançais de), illustre astronome, né à Bourg (Ain) le 11 juillet 1732, m. à Paris le 4 avril 1807, fit ses études chez les Jésuites, et commença dans les pratiques de la dévotion une vie qui devait finir par l'athéisme. Il alla étudier le droit à Paris, et se fit recevoir avocat. Là, il fut mis en rapport avec Delisle, Messier et Lemonnier ; ce dernier réussit à le faire agréer pour aller à Berlin faire les observations astronomiques qui devaient correspondre avec celles que Lacaille allait effectuer au Cap. En 1753, il entra à l’Académie des sciences. Il remplaça Maraldi à la rédaction de la Connaissance des temps, dont il publia les volumes de 1760 à 1775; il en reprit la direction en 1794, et la conserva jusqu’en 1807 ; la forme qu’il lui a donnée a été conservée. Il sue céda à Delisle au Collège de France, et y enseigna l’astronomie avec beaucoup de talent pendant 46 ans ; il y a fait un très-grand nombre d’élèves. *< S’il n’est à tous égards, a dit Delambre, qu’un astronome de 2e ordre, il a été le premier de tous comme professeur. Plus qu’aucun autre il a su répandre l’instruction et le goût de la science. Par ses travaux, par son autorité, par son crédit et ses sollicitations, et par la correspondance la plus étendue, il chercha sans cesse à faire le bien de l’astronomie ; il voulut la servir même après sa mort par la fondation d’une médaille que l’Institut décerne annuellement à l’auteur de l'Observation la plus intéressante ou du Mémoire le plus utile aux progrès de l’astronomie. Ses méthodes de calcul sont abandonnées, mais après avoir longtemps servi. » Pendant que Lalande était à Berlin, il publia dans les Acta eruditorum : D. Delalande , astronomi reyii , de observationibus suis Berolinensibus , ad parallaxin Lunœ deficiendam, epistola, 1752. Pour l’intelligence des explications de la Connaissance des temps, il a écrit l'Exposition du calcul astronomique, 1762. En 1764 parut son Traité d’astronomie, 2 vol. in-4°, ouvrage très-complet et qui obtint un grand succès. Il a aussi donné : Réflexions sur les comètes qui peuvent approcher de la terre, 1773 ; Réflexions sur les éclipses de soleil, 1778; Abrégé de navigation historique, théorique et pratique, avec des tables horaires calculées par M™ Lalande sa nièce, 1793; Abrégé d'astronomie ; Astronomie des dames, 1795; Catalogue de mille étoiles circumpolaires, 1796; Mémoire sur la hauteur de Paris au-dessus du niveau de la mer, 1796 ; Histoire céleste française, 1801 ; Bibliographie astronomique, 1802. Lalande a continué l'Histoire des mathématiques de Montücla, les Ephémérides de Lacaille, et publié un très-grand nombre de Mémoires. 11 s’est beaucoup occupé de gnomonique ( V . l’art. Cadran dans le Dictionn. de Mathématiques de T Encyclopédie méthodique). Le premier, il fit connaître le platine en France. On lui doit encore un loyage en Italie, en 1765-66, Paris 1768, 8 vol. in-12; 1786, 9 vol. in-12, ouvrage estimé. V.
LALAS1DE, contrée de l’anc. Cilicie-Trachée, auN.-O.; ▼ . principale : Homonada.
LALBENQUE, ch.-l, de cant. (Lot), arr. et à 18 kil. S.-S.-E. de Cahors; 600 hab. Fabr. de tresses de chapeaux de paille.
LALÈTANS, Laletani , peuple d’Hispanie (Tarraconaise), au N.-E., sur les bords de la Méditerranée, entre les embnuch. de la Blanda et du Kubricatus. Gh.-l. Barcino.
LALINDE, ch.-l. de cant. (Dordogne), arr. et à 24 kil. E. de Bergerac; 823 hab.
LAL1TA-PATAM , v. de l’Hindoustan (Népaul), près de la rive g. du Bogmotty, à 3 kil. S. de Catmandou; 24,000 hab. Fabr. de toiles de coton, articles en cuivre et en laiton.
LALLA-MAGHRNIA , poste militaire français (Algérie), à 164 kil. S.- O. d’Oran, près de la frontière du Maroc, à 8 kil. de la ville marocaine d’Ourchda. Un traité de délimitation entre l’Algérie et le Maroc y fut signé en 1845.
LALLEMAND (Charles-François, baron), né à Metz en 1774, m en 1839, était maréchal de camp dans l’artillerie en 1815 ; au retour de l’ile d’Elbe, il se déclara pour Napoléon, fut nommé général de division, et assista à la bataiiic de Waterloo. Mis en jugement avec d’autres officiers et condamné à mort par contumace à la seconde Restauration, il passa en Amérique, où il tenta, en 1818, de fonder au Texas, pour les réfugiés ou proscrits politiques français, une espèce de colonie sous le nom de Champ d' Asile. Ses essais ayant été infructueux, il alla aux Etats-Unis, rentra en France après 1830, et fut créé pair en 1833.
Lallemand ( Charles-François ), médecin et chirurgien, né à Metz en 1790, m. en 1854, servit dans la chi-
rurgie militaire avant de suivre à Paris les leçons de Dupuytren et de Récamier. Il devint professeur de clinique chirurgicale à la Faculté de Montpellier, 1819, puis membre de l’Institut. Ce fut un praticien des plus habiles, un observateur plein de sagacité, un esprit éminemment philosophique, un écrivain plein de charme. Il a donné une vive impulsion à la méthode de Pravaz. Son principal ouvrage est intitulé : Recherches anatomico-patholoyiques sur l’encéphale et ses dépendances, 1820-23 , 2 vol. in-8». Il s’est occupé d’une manière spéciale des maladies des organes génito-urinaires.
LALLEMANT (Richard Conteray), imprimeur, né en 1726 à Rouen, m. en 1807, fut juge-syndic du commerce, échevin, puis maire de Rouen. Louis XV lui fit expédier des lettres de noblesse. Il s’attacha à ne reproduire que des ouvrages estimables. Outre d’excellentes éditions do classiques, on remarque comme sortis de ses presses : le Petit apparat royal, ou Nouveau Dictionnaire universel, français et latin, 1760, in-8° ; l’Ecole de la chasse aux chiens courants, par Verrier de la Conterie, précédée de la Bibliothèque des théreulicographes, 1763, in-8°.
LALLI (Jean-Baptiste), poète burlesque et jurisconsulte italien, né en 1572 à Norcia (Ombria), m. en 1637. Il a laissé, entre autres ouvrages : l’Eneide travestita, in-12, Rome, 1651 ; Il Tito, ovvero la Gerusalemme desolata, poème sérieux; Moscheïde, ovvero Domiliano Moschicida, c -à d. Moschéide, ou Domitien massacreur de mouches. Ses poésies ont été recueillies et imprimées à Milan, 16.30, 2 part. in-12, sous le titre d 'Opéré poeliche del dotlor G. B. Lalli. On a aussi de lui un livre de jurisprudence estimé, intitulé Viridarium praticabilium materiarum, 3 vol. C. N.
LALLOUETTE (Jean-Franç.), compositeur de musique sacrée, né en 1653, m en 1728, élève de Lulli, fut maître de musique à l’église St-Germain-l’Auxerrois et à Notre- Dame de Paris. On a gravé de lui un Miserere et plusieurs motets estimés.
LALLY (Thomas- Arthur, comte de), baron de Tollendal en Irlande, né en 1702, à Romans (Dauphiné), m. en 1766, était fils de sir Gérard Lally, qui avait suivi en France Jacques II. Il entra fort jeune au service, dans un régiment commandé par son père. Doué d’une activité, d’un coup d’œil et d une force remarquables, il devint rapidement un des meilleurs officiers d’état-major. Chargé d’une mission à St-Pétersbourg en 1738, il eu rapporta au cardinal de Fleury deux Mémoires, chefs-d’œuvre de finesse et d’habileté. Il se distingua à Fontenoy, 1745, où, à la tête de sa brigade irlandaise, il décida la victoire, et fut fait brigadier sur le champ de bataille par Louis XV. La même année, il alla en Angleterre soutenir la cause du prince Charles-Edouard, et ne put rentrer en France qu’à travers mille périls. En 1756, il accepta le commandement d’une expédition contre les Anglais dans les Indes. Nommé gouverneur-général des établissements français, il ne put partir qu’avec des ressources insuffisantes. Dès son arrivée, il rencontra de l’opposition aux réformes les plus nécessaires. Néanmoins la côte de Coromandel fut conquise, et les Anglais assiégés dans Madras. Mais Lally, n’étant pas secondé par le chef d’escadre d’Aché, sans argent pour payer ses soldats mutinés, fut contraint de lever le siège. Bientôt, attaqué lui-même dans Pondichéry, abandonné par la flotte, à bout de forces et de sacrifices, il dut, après 9 mois de résistance, se rendre avec 700 hommes aux 22,000 du général anglais Coote, appuyés' d’une escadre de 14 vaisseaux, 1761. Conduit en Angleterre et relâché sur parole pour venir répondre aux calomnies de ses ennemis, il se constitua prisonniet^à la Bastille, et v resta 19 mois sans être interrogé. Accusé enfin de trahison et de concussion par ceux-là même qui avaient causé sa ruine, Lally-Tollendal, après un procès inique, sans avoir pu obtenir de défenseur, fut condamné à mort par la grand chambre du Parlement de Paris, et mené au supplice, un bâillon à la bouche. Cet arrêt, révisé à la sollic tation du fils de Lally par ordre de Louis XVI, fut cassé à l’unanimité par le parlement en 1778, et la mémoire du comte réhabilitée. F. de Saint-Priest, Études diplomatiques et littéraires, Paris, 1850, 2 vol. in-8".
lally-tollendal ( Trophime-Gérard , marquis de), fils du précédent, né à Paris en 1751, m en 1830, se rendit d’abord célèbre par les efforts qu’il fit pendant dix ans pour faire réhabiliter la mémoire de son père. Député de la noblesse de Paris aux Etats-Généraux de 1789, il fut partisan des réformes modérées, et se prononça pour une monarchie tempérée par deux chambres, avec le veto absolu du roi. Après les journées des 5 et 6 octobre, il désespéra de la monarchie, et se retira à Coppet | Suisse | avec Mounier. Là il écrivit Q. Capilolinus aux Romains, 1790, in-8",
LAM
LAM
critique des actes de l’Assemblée constituante. Il rentra en France en 1792, dans le dessein de combattre les Jacobins, fut arrêté après le 10 août et enfermé à l’Abbaye , mais eut le bonheur de s’en échapper. Réfugié en Angleterre, il demanda à la Convention d être l’avocat de Louis XVI. Il revint sous le Consulat, vécut loin des affaires jusqu'à la Restauration, et fut alors créé pair de France, 1815. Dévoué à la monarchie, mais éclairé sur ses véritables intérêts, il essaya d’en prévenir les fautes, et siégea avec l’opposition libérale. On a de lui : Mémoires pour la réhabilitation de son père; Lettres à Edmond Burke, 1791; Plaidoyer pour Louis XVI, 1795; Mémoire au roi de Prusse pour réclamer la liberté de La Fayette, 1795; le Comte de Straf]ord, tragédie en 5 actes et en vers, 1795, qui ne fut point représentée ; Essai sur la vie de Strofford, Londres, 1795, et Paris, 1814, in-8°; Défense des émigrés français, 1797 et 1825, 2 vol. in-8°; Observations sur la nature de la propriété littéraire, 1826, in-8°, etc. Lally-Tollendal était membre de l'Académie Française depuis 1816.
LAROUBËRE (Simon de), né à Toulouse en 1642, m. en 1729, fut accrédité en 1678 comme résident français auprès de la république de Strasbourg, et prépara l’exécution des projets de Louvois sur cette ville. Il fut ensuite secrétaire d’ambassade en Suisse, et, en 1687, envoyé extraordinaire à Siam. A son retour, on le chargea d’une mission secrète en Espagne, pour travailler à détacher de l’alliance anglaise le cabinet de Madrid : arrêté comme suspect, il ne recouvra qu’avec peine sa liberté. Admis à l’Académie française en 1693 par le crédit de Pontchartrain, à celle des Inscriptions en 1694, il se retira, peu de temps après, à Toulouse, où il rétablit les Jeux floraux. On a de lui : du Royaume de Siam, Paris, 1691, 2 vol. in-12; Traité de l'origine des Jeux floraux, Toulouse, 1715, in-8°.
Laloubère, vge (Hautes-Pyrénées), arr. et à 3 kil. S. de Tarbes, 1,100 hab. Château avec beau parc et belles eaux. Grand cirque, où ont lieu des courses régionales de chevaux.
LA LUZERNE (César-Henri, comte de), né à Paris en 1737, d’une anc. maison de Normandie, m. en 1799, était neveu de Malesherbes. Il entra de bonne heure au service, devint lieutenant-général, gouverneur des Iles-sous-le-Vent en 1786, ministre de la marine en 1787, donna sa démission en 1791, et émigra d’abord en Angleterre, puis en Autriche. lia traduit de Xénophon la Retraite des dix mille, 1786, 2 vol. in-8°, et la Constitution des Athéniens, Londres, 1793, in-0».
la luzerne (Anne-César de), frère du précédent, né à Paris en 1741, m. à Londres en 1791, servit sous le duc de Broglie, son parent, parvint au grade de major général de la cavalerie, et fut nommé colonel général des grenadiers de France. Entrant ensuite dans la diplomatie, il fut envoyé extraordinaire près de l’électeur de Bavière en 1776, ministre de France aux Etats-Unis en 1778, et ambassadeur eu Angleterre en 1788.
la luzerne ( César-Guillaume, cardinal de), frère des précédents, né à Paris en 1738, m. en 1821, fut nommé évêque de Latigreseo 1770. 11 fit partie de l’Assemblée des notables et de l’Assemblée constituante. Epouvanté par les journées des 5 et 6 oct. 1789, il se retira dans son diocèse, qu’il quitta en 1791 pour émigrer. Pair de France à la Restauration, il obtint encore le chapeau de cardinal en 1817. C’était un ecclésiastique fort instruit. Il a laissé : Dissertations sur la liberté; — la Loi naturelle; — la Spiritualité de i dîne ; — l'Existence de Dieu, 1808; Considérations sur divers points de morale chrétienne, 1811; Oraisons funèbres de Charles-Emmanuel, roi de Sardaigne , 1773; — de Louis XV, 1774; Explication des Evangiles , 4 vol. in-12, etc. OEuv. complet., Petit-Montrouge, 1856, 6 vol. gr. in-8o.
LAMA, nom des prêtres chez les Thibétains et les Mongols bouddhistes. Un Dalai-Lama ou Grand-Lama, exerce le pouvoir spirituel et temporel au Thibet, sous la suzeraineté de la Chine, et est regardé comme une incarnation de la divinité sur la terre ; il réside à H’iassa, presque invisible au fond d’un temple , et y reçoit les honneurs divins. De Lama est venu Lamisme, nom par lequel on désigne une des formes du bouddhisme.
lama, v. d’Hispauie (Lusitanie); auj. Lamégo.
lama, ch.-l. de cant. (Corse), arr. et à 50 kil. S. -O. de Bastia ; 445 hab. Huile d’olive très-estimée.
LAMACHUS, général athénien, commanda, avec Alcibiade et Nicias, l’expédition dirigée contre la Sicile, 415 av. J.-C. Défié à un combat singulier par Callicrate, général syracusain, il porta à son ennemi un coup mortel; mais, blessé le premier, il expira en même temps que lui. O.
LAMALLE. V. Delamalle etDuREAU de Lamalle.
| LAMANDE (François-Laurent), né à Dinan, en 1735, m. en 1819, ingénieur distingué, a fait exécuter des travaux importants aux ports de Dieppe, Féeamp, Honfleur, et surtout à ceux du Havre et des Sables-d’Olonne. — Lamandé (Mandé), fils du précédent, né aux Sables-d’Olonne en 1777, m. en 1837, fut aussi un ingénieur de beaucoup de talent; il a construit à Paris le pont d’Austerlitz, en fer fondu, alors que ce genre de construction était peu connu, pont qui a été cintré en pierre en 1855, et le beau pont d'Iéna, tout en pierre, à l’extrémité N. du Champ-de-Mars.
LA MAR (PUERTO-DE-) V. Puerto-de-la-mar.
LAMARCHE. V. Delamarche et Marche (la).
LAMARCK (Jean-Baptiste-Pierre-Antoine de Monet de), célèbre naturaliste, né en 1744 à Bazantin (lffcardie), m. à Paris en 1829, servit d’abord comme volontaire dans les guerres d’Allemagne, vint à Paris à la suite d’un accident qui l’obligeait à quitter le service, et se livra tout d’abord avec passion à l’étude de la botanique. En 1778, il fit paraître une Flore française, 3 vol., remarquable par l’introduction de la méthode dichotomique dans la science, et pour la rédaction et la publication de laquelle il fut aidé par Haüy et Buffon. En 1779, il entra à l’Académie des sciences ; mais, malgré cette distinction honorifique et le succès de sa Flore, il vivait dans une situation très-précaire; après un voyage qu’il fit en Hollande, en Hongrie et en Allemagne pendant les années 1781-82, avec le titre de botaniste du roi, il fut obligé de travailler pour les libraires qui publiaient l’Encyclopédie méthodique, et il en rédigea tonte la partie botanique, 2 vol., 1783-86. En 1788,
11 fut nommé botaniste du Cabinet du Roi. En 1793, lorsque la Convention réorganisa le Muséum, Lamarck, le dernier venu des professeurs, dut accepter la dernière des
12 chaires nouvellement créées, celle des insectes et des vers. Il était presque étranger à cette étude; malgré son âge, il se mit au travail ; de botaniste distingué, il se fit zoologiste illustre ; il avait publié la Flore française, il donna le Système des animaux sans vertèbres, 1 vol. in-8°, 1801, et la Philosophie zoologique, 2 vol. in-8°, 1809. Le premier de ces ouvrages, œuvre linnéenne, présentait pour la première fois méthodiquement classés dans leur ensemble tous les groupes inférieurs du règne animal; il fut le poi\it de départ de la grande Histoire naturelle des animaux sans vertèbres, publiée en 7 vol. in-8°, de 1815 à 1822. La Philosophie zoologique n’eut point le succès du livre sur les animaux sans vertèbres, et cependant c’était une œuvre de premier mérite, où tous les grands problèmes de la science se trouvaient abordés de front, sinon résolus. Etranger à l’anatomie, écrivain fort médiocre, Lamarck était doué d’une rare vigueur d’esprit et d’un sentiment instinctif pour les idées de coordination, et personne plus que lui n'a contribué à étendre les horizons de l'histoire naturelle. Malheureusement il fut mal apprécié par ses contemporains, et toujours il vécut pauvre et presque obscur. De bonne heure les infirmités étaient venues l’atteiudre ; à peine était-il entré à l’Institut, en 1796, que déjà sa vue îffaiblie lui rendait nécessaire le concours de Latreille, et il finit par devenir complètement aveugle, sans pour cela renoncer à ses travaux. Outre les ouvrages déjà cités, Lamarck a publié ; Recherches sur les causes des principaux faits physiques, 2 vol. in-8°, Paris, 1794 ; Mémoires de Phy sique et d'Histoire naturelle, 1 vol. in-8°, 1797 ; Hydréologie, 1 vol. in-8°, 1802; une série d' Annuaires météorologiques , 1800-10, dont l’objet fut mal compris par Napoléon Ier, et que l'auteur fut obligé d’interrompre ; Histoire naturelle des végétaux classés par familles, 1802 et 1826 ; Recherches sur l'organisation des corps vivants, 1802; Elirait du cours de zoologie du Muséum, 1 vol. in-8°, 1812; Mémoire sur les fossiles des environs de Paris, 1 vol. in-4°, 1823, qui traite seulement des coquilles fossiles, une des études favorites de Lamarck ; Système analytique des connaissances positives ,
1 vol. in-8°, 1830. M — u.
la marck (Maison de). V. marck (la).
LAMARQUE (F'rançois), né dans le Périgord en 1756, fut envoyé à l’Assemblée législative en 1791, demanda, l’un des premiers, la déchéance de Louis XVI dans la journée du 10 août 1792, prit place parmi les montagnards de la Convention, vota la mort du roi sans appel ni sursis, défendit le duc d’Orléans contre Robespierre et Buzot, fut un des quatre commissaires envoyés pour arrêter Dumouriez, demeura prisonnier des Autrichiens avec ses collègues jusqu’à la fin de 1795, puis entra au conseil des Cinq-Cents, seconda le coup d’Etat du 18 fructidor, fut frappé à son tour au 22 floréal, et obtint l’ambassade de Suède. Réintègre au conseil en 1799, il devint, après le 18 brumaire, préfet du Tarn, entra en 1804 à la Cour de cassation, dont
— 1525 — LAM
LAM
il cessa de faire partie à la Restauration, et fut au nombre des bannis de 181b. B.
Lamarque (Maximilien, comte), néàSl-Sever (Landes) en 1772 , m. en 1832, entra au service comme simple soldat en 1791 , et devint bientôt capitaine de grenadiers dans le corps dit Colonne infernale , commandé par La Tour-d’Auvergne. On admira son audace à la prise de Fontarabie en Espagne. Il était général de brigade à Hobenlinden , 1801 , et soutint sa réputation dans les grandes guerres du 1er Empire. Il contribua à la prise de Gaëte , 180b , réduisit les insurgés calabrois, 1807, fut nommé général de division et chef d’état-major du roi Joseph, et, sous le règne de Joachim Murat , prit le fort et l’île de Capri sur les Anglais, 1808, fait d’armes d’une difficulté extraordinaire. A la bataille de Wagram, 1809, il eut 4 chevaux tués sous lui. Dans la guerre d'Espagne, ses ennemis rendaient justice à son humanité. La lre Restauration n’eut pas ses sympathies ; un homme de la cour lui disant que le nouveau régime le ferait jouir du repos : ** Nous n’appelons pas cela du repos, répondit Lamarque , c’est une halte dans la boue. » Au retour de l’ile d’Elbe, Napoléon lui donna le commandement de Paris , et l’envoya dans la Vendée , dont il fut bientôt appelé le pacificateur. A la 2e Restauration, il fut exilé. Rappelé en 1818, il se fit élire député des Landes en 1828, et remarquer parmi les plus énergiques orateurs d’une opposition que ne satisfit point la Révolution de Juillet 1830. On lui avait donné le commandement supérieur de la Vendée ; on le lui retira. Alors il combattit le ministère pour son système de paix à tout prix, et lutta avec talent sur le terrain de la politique étrangère. Son caractère et la bonne foi de ses opinions l’avaient rendu singulièrement populaire , lorsqu’il mourut du choléra. Ses funérailles furent une occasion ou un prétexte de troubles, les 5 et 6 juin 1832. V. juin 1832 (Journées de |. Lamarque a publié divers écrits de circonstance : Nécessité d’une armée permanente, 1820; De l’esprit militaire en F rance , 1826, etc. Depuis sa mort, on a donné ses Souvenirs , Mémoires et Lettres, Paris, 3 vol. in-8°, 1835. J. T.
LAMARRE (Nicolas de) , né en 1639 à Noisy-le-Grand près Paris, m. en 1723, commissaire au Châtelet, est connu par un Traité de la police, 1725, 2 vol. in-fol. , ouvrage rempli de détails instructifs , réimprimé avec 2 autres vol. en 1732-38, et refondu dans le Dictionnaire de police de Desessarts. G.
LA MART1N1ÈRE (Ant.-Aug. Bruzen de), compilateur et géographe, né à Dieppe en 1662, m. en 1746, était neveu de Fhébraisant Richard Simon. Secrétaire français près du duc de Meklembourg , 1709, il se fixa ensuite à La Haye. Le noi d’Espagne le nomma son premier géographe, et le roi de Naples lui fit une pension. On a de lui : Dictionnaire géographique, historique et critique, La Haye, 1726- 1730 , «10 vol. in-fol. , et Paris , 1768 , 6 vol. in-fol. ; Essai sur l'origine et les progrès de la géographie , Amsterdam, 1722; Histoire de Pologne sous Auguste II, 1733; Histoire de Frédéric Guillaume, roi de Prusse , 1741 ; Introduction générale à l’étude des sciences et des belles-lettres , La Haye, 1731, in-8°; Etat politique de l’Europe, ibid., 1742-49, 13 vol. in-12. La Marti nière a édité la Géographie de Clavier, 1729; les Lettres de Richard Simon, 1730, etc.
la martiniere (P.-Martin), voyageur, né à Rouen, servit le roi de Danemark , fit partie , en 1753 , d’un voyage de découverte au N. de l’Europe , et en publia la relation, Paris, 1671.
LAMB (Charles) , écrivain humoristique anglais, né à Londres en 1775, m. en 1834, occupa un emploi dans les bureaux de la Compagnie des Indes. Ses Œuvres complètes ont été publiées à Londres en 1842, 1 vol. grand in-8°, avec une Notice par Talfourd; on y remarque : Rosamund Gray , la Vieille aveugle Marguerite , les Contes tirés de Shakspeare, les Essai d’Elia, etc.
lamb (William). V. Melbourne (lord).
LAMBACH, Ovilabis, Lambacum , brg des Etats autrichiens I Haute-Autriche ) , sur la rive g. de la Traun, à 14 kil. S.-O. de Wels; 1,300 hab. Riche abbaye de bénédictins, avec belle église, bibliothèque, archives, collections d’histoire naturelle et d’objets d’art. — Ravagée par un incendie en 1809. Près de là, succès des Français sur les Russes en 1805.
LAMBÆSA ou LAMBESSA. anc. v. de Nunfidie, dont les ruines se trouvent au point que les Arabes appellent Tezzoulet, à 100 kil. S. E. de Constantine , 10 de Bathna. Une colonie d’insurgés de juin 1848 y fut établie en 1850.
LAMBALLE (Marie-Thérése-Louise de Savoie-Cari- GNAN , princesse de ), née à Turin en 1749 , m. en 1792, épousa le fils du duc de Penthièvre, Louis-Alex. -Jos,-
Stanislas de Bourbon, prince de Lamballe , fut présentée en 1767 à la cour de France , et devint veuve après 15 mois de mariage. Les grâces de sa personne et la douceur de son caractère lui avaient gagné tous les cœurs; la reine Marie-Antoinette lui confia la surintendance de sa maison, et se l’attacha par les liens de l’amitié la plus dévouée. Cette amitié perdit la princesse. Au 10 août 1792 , elle ne quitta point la reine, et voulut partager sa captivité. Un ordre de la Commune sépara bientôt les Jeux amies. On transféra M”' de Lamballe à la Force, où, le 3 septembre, des juges iniques la livrèrent aux égorgeurs. Son corps fut l’objet d’affreuses profanations ; sa tête et son cœur, placés au bout d’une pique , après avoir été promenés dans les rues de Paris, furent portés au Temple, sous les fenêtres de la reine. En 1826, Mme C. Hyde, marquise G. -B. Solari, a publié, d’après les papiers et les entretiens de Mrae de Lamballe , des Mémoires relatifs à la famille royale de France , 2 vol. in-8°. J. T.
lamballe, ch. -1. de cant. (Côtes-du-Nord), arr. et à 24 kil. E.-S.-E. de S1- Brieuc , sur le Gouessant; 4,138 hab. Entourée de murailles , et divisée en haute et basse ville; d’un ancien château fort, il ne reste que la chapelle et une tour carrée. On remarque les églises de Notre-Dame et de Sl-Jean. Dépôt d’étalons. Comm. de grains, bestiaux, chevaux, cidre, miel, parchemin. Collège. César la désigne comme capitale des Ambiliates; elle devint, en 1317, le ch.-l. du duché de Penthièvre.
LAMBAYÈQUE, v. du Pérou, sur la rive g. de la rivière de ce nom, à 8 kil. de son embouchure dans le Grand-Océan; 8,000 hab. Fabr. de couvertures de laine, cotonnades, savon.
LAMBECIUS (Pierre), savant bibliographe allemand, né à Hambourg en 1628 , m. en 1680 , fut nommé professeur d’histoire dans sa ville natale en 1652 , puis recteur de Y Ecole illustre en 1659. Forcé de partir pour avoir abjuré le luthéranisme, il se fixa à Vienne, où l’empereur Léopold Ier le nomma son historiographe et son bibliothécaire. On a de lui : Origines liamburgenses , Hambourg , 1652-1661 , 2 vol. in-4°, et 1706, in-fol.; Prodromus hisloriæ litterariœ, 1659, in-fol. , et 1710, in-fol.; Commentarii de bibliothecâ Cœsareâ Vindobonensi , Vienne, 1665-1679, 8 vol. in-fol., catalogue malheureusement inachevé.
LAMBERT (Saint), évêque de Maëstricht en 668, né vers 640 dans le pays de Liège , m. en 708 , fut le conseiller de Childéric II, roi d’Austrasie. A la mort de ce prince, chassé et dépouillé par Ebroïn , il se retira au monastère de Stavelo, mais reprit ses premières fonctions en 681. Il convertit au christianisme les habitants de la Zélande, et périt assassiné à Liège par Dodon , beau-frère de Pépin d’Héristal S1 Hubert fit déposer le corps du saint dans une chapelle bâtie au lieu où il avait péri , et transporta à Liège le siège épiscopal en 720. Fête, le 17 septembre.
Lambert, fils de Gui, duc de Spolète, qui disputait l’Italie à Bérenger, duc de Frioul , fut associé à la couronne dès 891 , et succéda à son père en 894. Il s’unit avec son rival contre un prétendant étranger, Arnulf , roi de Germanie, et tous deux se partagèrent l’Italie, 896. Il mourut d’une chute de cheval dans la forêt de Marengo, 898. G.
Lambert, marquis et duc de Toscane, fils d’Adalbert II le Riche, 929-931. Son frère utérin , Hugues, roi d’Italie, pour lui enlever la Toscane , attaqua la légitimité de sa naissance. Lambert en appela au jugement de Dieu, et tua le champion qui lui fut opposé. 11 n’échappa point cependant au ressentiment de Hugues, qui lui fit crever les yeux et le dépouilla de son duché , 931. Il vécut encore quelques années. G.
Lambert , chroniqueur allemand , né à Aschaffenbourg vers le commencement du xie siècle, prit l’habit de S1 Benoît en 1058 , et fit un pèlerinage à Jérusalem. Il a publié une Chronique qui s’étend depuis Adam jusqu’à l’année 1077 ; elle a été continuée jusqu’en 1472 par un moine d’Erfurt ; mais cette suite est loin d’être estimée comme la Chronique de Lambert , qui est d’une exactitude et d’une élégance de style remarquables. Mélanchthon la découvrit et la fit publier, Tubingue, 1525, in-8°. La meilleure édition est celle de Krause, Halle, 1797. V. Piderit, de Lamberto Schafnaburgensi, Hersfeld, 1828.
LAMBERT BEGGH. V. BEGUINAGES.
lambert-li-CORS ( c.-à-d. le Court ou le Petit) , poëte français du xu® siècle, né à Châteaudun ou A Dinan, commença le célèbre roman d 'Alexandre, continué par Alexandre de Bernay.
Lambert (John), général anglais , était avocat quand éclata la Révolution de 1648. Adoptant avec ardeur ses principes, il prit du service dans l’armée parlementaire, se distingua aux batailles de Marston-Moor et de Naseby , et
LAM
LAM
devint l’officier le plus célèbre par son audace et ses talents après Cromwell. Sur sa proposition , ce dernier fut nommé protecteur; mais Lambert s’opposa à ce qu’il reçût le titre de roi. Pendant le règne de Cromwell , Lambert se retira prudemment des affaires; après sa mort, il rentra i.'ans la vie publique, devint le chef des mécontents et le protecteur du Rump-parlemenl , qui, voyant bientôt qu’il s’était donné un maître, voulut lui ôter le commandement. Lambert cassa le parlement , et marcha contre Monl< , qui venait d’Ecosse, pour le défendre , disait-on. Abandonné de son armée, qui passa à son rival, Lambert fut arrêté, enfermé à la Tour de Londres , s’en échappa, et il reformait son armée quand il fut arrêté de nouveau. Mis en jugement après la Restauration , il fut déclaré coupable de haute trahison, 1662, gracié de la peine de mort, et relégué à l’ile de Guernesey, où il mourut dans l’oubli en 1692.
Lambert (Michel), musicien, né en 1610 à Vivonne, près de Poitiers, m. à Paris en 1696, fut protégé par le cardinal de Richelieu. Il a laissé des Motets, des Leçons pour les Ténèbres, des cantates et des chansons sur des paroles de Benserade, Boisrobert, Perrin et Quinault. Son gendre Lulli le fit oublier.
Lambert (Anne -Thérèse de marguenat de cour- CELLES, marquise de) , née à Paris en 1647, m. en 1733, resta veuve, en 1686, avec un fils et une fille en bas âge, fit leur éducation avec autant d’intelligence que de zèle, et ouvrit sa maison aux gens de lettres. Saint-Aulaire, Fontenelle, Lamotte-Houdar, furent au nombre de ses amis intimes. Quoiqu’elle craignit plus que tout au monde la réputation de femme-auteur, elle fit paraître deux ouvrages dont elle avait, fait des lectures confidentielles : Avis d'une mère à son fils ; Avis d'une mère à sa fille, ouvrages excellents, où les grâces et la simplicité d’un style pur relèvent encore la finesse des observations, le mérite des sentiments les plus nobles et de la plus haute raison. Ses œuvres, réunies en 1748, 2 vol. in-12, et 1813, 2 vol. in-18, renferment, outre ses Iris : Traité de l'amitié, Traité de la vieillesse, Réflexions sur le goût, sur les femmes, sur les richesses, etc.; des Lettres, des Portraits, etc. Fontenelle a écrit sa Vie. J. T.
Lambert (Claude-François) , compilateur, membre de la société de Jésus, né à Dole vers 1700, m. en 1765, a laissé : Recueil d’observations curieuses sur les mœurs, les ooutumes, les iris et les sciences des différents peuples de l’Asie, de l’Afrique et de P Amérique , Paris, 1749, 4 vol. in-12 ; Histoire générale, civile, naturelle, politique et religieuse de tous les peuples du monde, ibid. , 1750 et suiv., 15 vol. in-12 ; Histoire littéraire du règne de Louis XIV, ibid., 1751, 3 vol. in-4°; Histoire de Henri II , ibid., 1752, 2 vol. in-12; Bibliothèque de physique et d’histoire naturelle, 1756, 6 vol. in-12; Abrégé de T Histoire de l’Empire, Londres, 1757, 2 vol. in-12.
Lambert ( Jean-Henri), mathématicien, né à Mulhouse en 1728 , m. à Berlin en 1777 , appartenait à une famille protestante expatriée à la suite de la révocation de l’édit de Nantes. Il ne dut qu’à lui-même son immense savoir. Chargé de l’éducation des petits-fils du comte de Salis, il profita des voyages qu’il fit avec eux pour faire des recherches dans les bildiothèques et visiter les établissements scientifiques. En 1764 , il devint membre de l’Académie de Berlin. Lambert n’a été qu’un mathématicien de second ordre; dans les éléments, il s’est occupé des nombres premiers, -de la théorie des parallèles, de la trigonométrie; il a prouvé l’incommensurabilité du rapport de la circonférence au diamètre, travail repris par Legendre. Un travail de Lambert a donné naissance à la série à laquelle Lagrange a attaché son nom. Il a perfectionné les méthodes géodésiques. En astronomie, les orbites des comètes ont été l’objet de son étude ; il y a trouvé un théorème simple qui porte son nom. En mécanique, il s’est occupé des moteurs, a publié des Mémoires sur le frottement, l’hydraulique, etc. Ses principaux écrits, sont ; Perspective libre, Zurich, 1759, in- 8°; Pliotometria, sive de gradibus luminis, Augsbourg, 1760, 1 vol. in-8°; Insigniores orbitœ cometarum proprielates, Augsbourg, 1761, in-8°; Lettres cosmologiques (en allem.), 1761, trad. en français par d'Arquier, Amst., 1801, in-8°; Novum organon, Leipzig, 1763, 2 vol. in-8° ; Echelles logarithmiques , 1761 ; Supplémenta tabularum logarithmicarum, Berlin, 1770; Hygrométrie , Augsbourg, 1770, in-4° ; Pyrométrie , Berlin, 1779, in-4°; Beylrœge zur mathemalik , Berlin , 1765 à 1772,4 vol. in-8», recueil de Mémoires sur diverses parties des mathématiques ; on y trouve la Logique algébrique. V.
LAMBESC (Charles-Eugène de Lorraine, duc d’Elbeuf , prince de) , en qui s'est éteinte la branche mâle de la maison de Lorraine., né en 1751, m. en 1825, parent de
la reine Marie-Antoinette , et colonel-propriétaire du régiment Royal-Allemand , se montra hostile à la Révolution française. On prétendit qu’il avait chargé brutalement les citoyens près des Tuileries , le 12 juillet 1789. Accusé par le comité des recherches de l'Assemblée constituante, il fut acquitté par le Châtelet, et se retira en Autriche, où il parviut au grade de feld-maréchal dans les armées qui combattirent contre la France. Chevalier des ordres du roi de France, il continua de vivre à Vienne, où il mourut. J. T.
lambesc, ch.-l. de cant. (Bouches-du-Rhône), arr. et à 21 kil. N. -O. d’Aix; 2.278 hab. Ane. titre de principauté. Siège des assemblées de la Provence de 1644 à 1786. Fabr. d’huiles, soude, tuiles.
LAMBESSA. V. Lambæsa.
LAMBETH , paroisse d’Angleterre (Surrey). à l’extrémité O. de Londres, dont elle fait partie, sur la rive dr. de la Tamise; 298,032 hab. Avant le xvie siècle, les rois d’Angleterre y résidèrent souvent. Palais des archevêques de Cantorbéry, avec une riche bibliothèque.
LAMBEZELLEC, petite v. (Finistère), arr. et à 4 kil. N. de Brest; 3,416 hab. Industrie considérable: capotes, chapeaux vernis , ris de haubans ; huileries , minoteries. Exploit, de granit.
LAMBIN (Denis) , philologue, né vers 1516 à Montreuil-sur-Mer, m. en 1572, enseigna au collège d'Amiens, visita l’Italie , et fut professeur de grec au Collège de France en 1561. Lent dans son travail et dans son style, il a donné naissance au mot lambiner. On a de lui : des traductions latines de quelques harangues d’Eschine et de Démosthène, de la Politique et de la Morale d’Aristote ; des éditions de Lucrèce, Paris, 1563, 1565, 1570, avec des corrections prétendues qui défigurent le texte ; d’autres de Cicéron, 1566 et 1585; A’ Horace, Lyon, 1561; de Démosthène, Paris, 1570; de Piaule, Paris, 1576; de Corn. Népos, Paris, 1569. D — r.
LAMBINET (Pierre), bibliographe, né à Tourne (Ardennes) en 1742, m. à Mézières en 1813, entra, en 1776, dans l’ordre des Prémontrés, puis en partit et se retira à Bruxelles. Il est auteur de Recherches historiques , littéraires et critiques sur l’origine de l’imprimerie, Bruxelles, 1798, réimprimé à Paris, 1818,2vol. in-8°, ouvrage très-estimé. C — s.
LAMBRECHTS (Charles-Joseph-Mathieu), magistrat français, né en 1753 à S'-Trond (Belgique), ni. en 1823, professa le droit à Louvain. Après la réunion de la Belgique à la France , il occupa plusieurs postes élevés, et remplaça Merlin de Douai au ministère de la justice. Sénateur, il vota contre l’Empire en 1804, et proposa dans le même corps l’acte de déchéance de Napoléon le 2 avril 1814. Il parut à la Chambre des députés en 1819. En mourant, il a légué 12.000 fr. pour la fondation d’un hospice destiné aux aveugles protestants.
LAMBREQUINS. V. Blason.
LAMBTON. V. Ddrhham (comte de).
LAMECH , patriarche , fils de Mathusalem et père do Noé , vécut, selon la Bible , 777 ans ( de 4090 à 3313 av. J.-C.).
lamech, descendant de Caïn, a le premier donné l’exemple de la polygamie , en épousant Ada et Stella. Il eut, de l’une, Jabel, le plus ancien pasteur nomade, et Jubal , inventeur des instruments de musique; de l’autre , Tubal-Cain, qui imagina de forger le fer, et Noéma, qui inventa le tissage de la toile.
LAMÊGO , Lama , v. de Portugal (Beira ) , sur le Balsamao, à 129 kil. N.- N.- E. de Coimbre ; 9,000 hab. Evêché suffragant de Lisbonne; séminaire. Vins renommés. Siège des Cortès de 1 144 pour la confirmation de l’élection d’Alphonse Ier, et la rédaction d’une constitution. En 1828, don Miguel , régent pour dona Maria y fit assembler les Etats pour se faire nommer roi.
LA MEII.LERAIE. V. Meilleraie (la).
LAMENNAIS (Hugues-Félicité-Robert, abbé de), écrivain catholique , philosophe réformateur, journaliste révolutionnaire , né le 19 juin 1782 à SLMa!o , m. le 27 février 1854. Son père était armateur. Lamennais eut une enfance difficile , une éducation étrange, personnelle, où les maîtres ne pouvaient rien, où l'intelligence solitaire faisait tout à elle seule. A 12 ans, il avait lu J.- J. Rousseau, Nicole, Tite- Live, Plutarque; il dévora tout entière la bibliothèque d’un vieil oncle; religieux avec un mélange d’exaltation et d’inquiétude , il voulut de bonne heure se satisfaire sur ses convictions , et ne fit sa lrc communion qu’à 22 ans. Il refusa de rester dans le commerce, accepta une place de professeur de mathématiques au collège de Sl-Malo, et vint, après la mort de son père , se retirer à La Chesnaie, petite propriété près de Dinan , pour y travailler avec son frère .
LAM
LAM
devenu prêtre, à une traduction du Guide spirituel , de Louis de Blois ; il songeait à entrer dans l’Eglise , et publia en 1808 , à l’occasion du Concordat , son 1er ouvrage : Réflexions sur l’étal de l’Eglise en F rance pendant le xvm* siècle, et sur sa situation actuelle. La lre édition, sans nom d’auteur, fut saisie et supprimée par la police impériale ; le livre était trop ultramontain ; la papauté trouvait un auxiliaire tellement puissant , qu’il en paraissait dangereux. En 1811 , Lamennais fut tonsuré, professa les mathématiques au petit séminaire de SLMalo , écrivit, en 1812, avec son frère , un livre sur l’ Institution des évêques , vint à Paris en 1814 , y attaqua violemment l’Université de l’Empire , se réfugia à Londres pendant les Cent-Jours , et fut maître d’études dans l’institution que l’abbé Caron avait établie prés de cette ville pour les jeunes émigrés. De retour à Paris, en 1815, il s’installa aux Feuillantines, demeura quelque temps à St-Sulpice , supporta mal la règle de cet établissement, se fit ordonner prêtre à Rennes en 1816, à 34 ans, et fit paraître de 1817 à 1823, d’abord sans nom d’auteur, un livre qui a fondé sa réputation , l’Essai sur l'indifférence en matière de religion, suivi, dés 1821, d'une Défense des volume - publiés. Un 1er volume donné seul parut l’œuvre d’un Bossuet nouveau ; l’auteur, s’attaquant aux diverses catégories d'indifférents, essaie, par une nouvelle théorie de la certitude, de démontrer radicalement le christianisme. Toute dissidence avec le pape est un schisme coupable. Il ne voit de salut que dans la foi, l’autorité, le dogme rigide. La tolérance religieuse est une sorte d’hérésie, et l’église gallicane un protestantisme plus pernicieux que celui de Luther et de Calvin. Ce livre , commencé par inspiration, grandit avec les développements de la pensée de l’auteur et les attaques de ses ennemis; il en parut cinq volumes au lieu de deux. Vers 1820, Lamennais fut mêlé à un commerce de librairie catholique, et fournit des traductions , des préfaces , et quelques morceaux originaux à la Bibliothèque des dames chrétiennes. Trompé par un associé, et presque ruiné, il vécut plus retiré que jamais , et sa vie n’eut plus guère d’autres événements que ses écrits. Un article publié , en 1823, dans Je journal le Drapeau blanc , contre le grand-maître de l’Université , lui attira un 1er procès. Le succès de l’Essai sur l’indifférence avait créé une revue , le Conservateur, où Lamennais s’était associé MM. de Bonald, de Châteaubriand, de Villèle, etc. Mais son indomptable ténacité lui fit des ennemis dans ce parti qui ne pouvait lui arracher aucun engagement. Il travailla encore au Mémorial catholique , au Défenseur, à la Quotidienne , combattant, dans tous ses écrits , la liberté au nom de l’autorité , le scepticisme au nom de l’intolérance , et l’esprit libéral au nom de l’absolutisme. Mais déjà le clergé s’inquiétait de ce défenseur excessif qui semblait vouloir se substituer à lui; l’Eglise de France s’éleva la lre contre Lamennais ; Rome s’apprêtait à parler à son tour. La Révolution de 1830 trouva Lamennais déjà bien transformé; il jugeait l’Eglise au-dessous de sa mission , et l’autorité ecclésiastique faible vis-à-vis des pouvoirs temporels ; cherchant alors un point d’appui hors de ces deux autorités, il choisit le peuple. Dans le journal l’Avenir, qu’il fonda avec MM. de Montalembert, Lacordaire, Gerbet, etc. , il s’agissait d’opérer la conciliation des idées libérales avec le catholicisme. Traduits devant les assises , les rédacteurs furent acquittés. Mais la lutte commença plus sérieuse avec la cour de Rome : seize propositions tirées des divers numéros de l’Avenir furent censurées par l’autorité ecclésiastique; on négocia pour faire rentrer Lamennais dans le giron de l’Eglise ; il partit pour Rome après avoir suspendu la publication de l’Avenir. Accueilli par le pape Grégoire XVI avec une faveur apparente , il n’obtint de vive voix ni censure ni approbation; il s’arrêta à Frascati pour y attendre la décision du pape , et y composa un opuscule Sur les maux de l’Eglise, qui annonce déjà l’insoumission. Il revenait en France, quand une lettre encyclique l’atteignit à Munich , sept. 1832. Il parut s’humilier , et reçut même du pape une lettre de félicitation ; mais cette lettre arrivait trop tard : un nouveau changement s’était fait dans l’esprit de Lamennais; il publiait les Paroles d’un croyant , éclatant démenti donné à sa soumission : dès ce moment il était républicain , il se séparait de tous ses amis et de l’Eglise. Quelques fragments avaient paru dans la Revue des Deux Mondes et la Revue de Paris en 1834 ; la même année le livre entier fut publié , et huit éditions, quelquesunes à plus de 10,000 exemplaires, furent épuisées en un an. Ce livre étrange, éerit en versets, est l’évangile fantastique de la sédition ; les peintures les plus douces et les plus ravissantes s’y trouvent mêlées à de terribles et menaçantes visions , ce qui fit dire à un évêque : « que c’était l’Apo-
calypse du démon. » Lamennais, saisi de ce malaise inconnu dont il parlait si éloquemment, dès 1824, dans ses Réflexions sur l’Imitation de J.-C., transportait définitivement dans le domaine politique cette rébellion qui s’agitait dans sa pensée : jamais on n’avait dépensé contre les choses établies tant de sarcasme, une éloquence aussi sombre et aussi courroucée. Une lettre encyclique du pape condamna ce livre. Lamennais irrité par la résistance ne s’arrêta plus dans cette voie; les écrits, les articles de revues se succédèrent. En 1837 il publia, sous le titre d’ Affaires de Rome, l’histoire de ses démêlés et de sa rupture avec l’Eglise; il se présenta comme l’ennemi personnel du pape et de la papauté; il s’attaquait à l’édifice entier du catholicisme, et s’était fait de sa pensée un Vatican d’ou il foudroyait les pontifes et les rois. Le Livre du peuple , second appel aux ressentiments démocratiques, reportait de nouveau le débat dans la politique ; il eut sept éditions la même année , 1838 , et souleva une polémique ardente. Un autre livre, le Pays et le Gouvernement , amena Lamennais devant la justice pour la 4° fois , et le fit condamner à la prison. 11 n’en publia pas moins , en 1839 , le livre de l’Esclavage moderne, prêta sa collaboration au journal de M. Louis Blanc, la Revue du progrès politique, social et littéraire, réunit, sous le titre de Conseils au peuple, ses nombreux articles , et fit paraître , en 1841 , des Discussions critiques et pensées diverses sur la religion et la philosophie. La même année, il donna les 3 premiers volumes d’une Esquisse d'une philosophie, où il essayait, non sans grandeur, d’édifier enfin une doctrine; en 1843, il publia Amschaspands et Darvands, satire amère du règne de Louis-Philippe sous forme de dialogue entre les génies du bien et du mal, de la cosmogonie persane. Lamennais avait donné, en 1824, une traduction de l’Imitation de J.-C.; il fit imprimer, en 1846, dans des dispositions bien différentes, une traduction des Evangiles, avec notes et réflexions. La Révolution de février 1848 parut un instant donner raison aux prévisions de Lamennais. Il fut nommé à l’Assemblée constituante, où il ne prit point la parole ît siégea parmi les Montagnards, publia un projet de Constitution de la république française, fonda un journal, le Peuple constituant , qui se fit remarquer par l’âpreté de sa rédaction , et qui cessa de paraître faute d’un cautionnement, et travailla enfin au journal la Réforme. Les événements politiques assombrirent les dernières années de Lamennais. Cherchant pour son intelligence un travail conforme nux dispositions où elle était alors, il traduisit la Divine comédie du Dante. Ce livre n’a paru que dans ses OEuvres posthumes, 1855 - 56 , 3 vol. in-8», avec une introduction restée inachevée, où l’auteur exposait ses doctrines religieuses et sociales. Lamennais mourut dans les opinions de la seconde partie de sa vie; un convoi furtif l’emporta au cimetière. — On peut ranger Lamennais parmi les plus grands écrivains du xix® siècle; il rappelle Pascal, Rousseau, de Maistre, de Bonald. Chercheur infatigable , âme ardente , tourmentée , inconséquente , il était préparé par l’excès même de ses lre® convictions à toutes les contradictions et à tous les revirements. Nul n’a écrit de plus éloquentes paroles contre et pour la Révolution , contre et pour le peuple , pour et contre l’Eglise. 11 exagère le mal qu’il attaque , voit dans tout adversaire un ennemi , dans tout abus un crime. Cette intelligence audacieuse, cette imagination emportée, étaient renfermées dans une de ces enveloppes qui prédestinent à la misanthropie, dans un corps malingre et toujours souffrant. Sa vie privée fut d'ailleurs exemplaire; elle resta pure parmi le scandale de tout le reste. On pourrait prendre pour le juger ces mots qui sont de lui : « Nous n’avons à désavouer aucune de nos paroles en tant que sincères; mais nous nous sommes souvent trompé , et même gravement. » M — !..
LAMENTIN (le), v. de l’ile de la Martinique, à 35 kil. N.-E. de Fort-Royal; 9,000 hab. Sur son territoire fertile, mais malsain, sont de nombreuses sucreries.
LAMENTIN (le), brg de l’ile de la Guadeloupe, sur la côte N. de la Grande -Terre, à 8 kil. N.-E, de la Pointe-à- Pitre; 4,000 hab.
LAMETH (Théodore, comte de) , né à Paris en 1756, d’une famille noble de Picardie, m. en 1854, fut enseigne de vaisseau, puis capitaine de cavalerie, servit dans la guerre d’Amérique, fut maréchal de camp en 1791 et député du Jura à l’Assemblée législative, siégea parmi les constitutionnels, se retira en Suisse en 1793, ne revint qu’après le 18 brumaire, se tint à l’écart jusqu’en 1815, fut député de la Somme à la Chambre des Cent-Jours, et, depuis cette époque, disparut de la scène politique. J. T.
lameth (Cliarles-Malo-François, comte de), frère du précédent, né à Paris en 1757, m. en 1832; il fit, soua
LAM
LAM
Rochambeau, la guerre d’Amérique, où il fut blessé, reçut, à son retour, le commandement des cuirassiers du roi, fut député, eu i789, aux Etats-Généraux par l'ordre de la noblesse de la province d’Artois. Après la réunion des ordres, il siégea constamment au côté gauche, se montra l’adversaire des privilèges, vota pour l'abolition de la noblesse et pour la liberté de la presse, et contribua de tout son pouvoir à l’établissement du régime constitutionnel. En 1792, il commanda la division de cavalerie de l’armée du Nord , fut arrêté comme noble après le 10 août, puis relâché, et se réfugia à Hambourg. Rentré en France après le 18 brumaire, il reprit du service en 1809, obtint le grade de lieutenant général en 1814, et fut envoyé à la Chambre des députés, en 1829, par l’arrondissement de Pontoise. 11 fit partie des 221 en 1830, et vota pour l’hérédité de la pairie. J. T.
Lam eth (Alexandre de), frère des précédents, né à Paris en 1780, m. eu 1829, fit avec ses frères la guerre d’Amérique, devint à son retour colonel de cavalerie fut député aux Etats-Généraux de 1789 par la noblesse de Péronne, siégea au côté gauche, et poursuivit ardemment l’abolition de tous les privilèges , surtout de ceux du clergé. Il fit et soutint une foule de motions libérales, et reçut des ovations populaires. En 1792, il servit comme maréchal de camp sous Luckner et sous La Fayette, partagea trois ans la captivité de ce dernier en Autriche, et passa à Londres à la fin de 1795, puis à Hambourg. Napoléon le nomma préfet des Basses-Alpes en 1802, et de Khin-et-Moselle en 1805, de la Roër en 1808, du Pô en 1809, baron de l'Empire, et pair de France en lb’S. Déchu de la pairie sous la Restauration, Lameth fut député de la Seine-Inférieure, de 1819 à 1823, de Seine-et-Oise en 1827 , et l'un des orateurs de l'opposition. Auteur de brochures politiques, d’une Histoire de l’Assemblée constituante, il a travaillé au Logograplie, à la Minerve française, à la Revue encyclopédique, et au Précis des événements militaires, publié par Mathieu Dumas. J. T.
LAMÉTHERIE (J. -Claude de), naturaliste et physicien, né à Clayette ( Maçonnais ) en 1743 , m. en 1817 , fut nommé, en 1800, adjoint à la chaire d’histoire naturelle du Collège de France. On a de lui : Essai sur la philosophie naturelle, Genève, 1778; Vues physiologiques, 1780; Essai sur l'air pur, 1785 ; Théorie de la Terre, 1791 ; Leçons de minèraloqie données au Collège de France , 1812 ; de l’Homme considéré moralement, 1802 ; Considérations sur les êtres organisés, 1804 ; Sur la nature des êtres existants, 1805. 11 a de plus rédigé , depuis 1785 jusqu’à sa mort , le Journal de physique.
LAMETTRIE (Julien Offroy de), médecin et philosophe, né à SLMalo en 1709, m. à Berlin en 1751, étudia la médecine à Paris, puis à Leyde, 1733, sous Boerhaave; rappelé à Paris, 1742, il devint médecin des gardes-françaises. Peu d’années apres, il publia une Histoire naturelle de l’âme, La Haye, 1745, ouvrage matérialiste, qui souleva contre lui les gens sensés, et lui fit perdre sa place. L’année suivante, il fit, sous le titre de Politique du médecin Machiavel , ou le Chemin de la fortune ouvert aux médecins , in- 12 , une espèce de libelle contre les médecins , qui fut condamné au feu par le parlement. Alors il se réfugia à Leyde, où il publia l’ Homme-Machine , 1748, in-12 ; il professe ouvertement dans cet ouvrage la doctrine matérialiste, et aurait couru risque de l’échafaud, sans une prompte fuite. Le roi de Prusse Frédéric il lui offrit un asile à Berlin, et le nomma membre de son Académie. Laniettrie donna alors T Homme-plante , Potsdam, 1748; sur l’Origine des animaux, Berlin, 1750; Vérms métaphysique, ou de l’Origine de l'âme, ibid . , 1751. A ses derniers moments, il abjura, dit-on, ses erreurs, et donna de son repentir des preuves non équivoques. Outre ses OEuvres philosophiques , publiées en 1 vol. in-4°, Londres ( Berlin ) , 1751, en 2 vol. in-8°, on a encore les Charlatans démasqués, ou Pluton vengeur de la Société de médecine, comédie satirique (Hollande), 1772, in-8°; Lettres sur l'art de conserver la santé et de prolonger la vie, 1738, in-12 ; Observations sur la médecine pratique , 1743, in-12, etc. C. N.
LAM1 ( Dum François), bénédictin, né à Montreau près de Chartres en 1836, m. en 1711, possédait au plus haut degré le talent de la conversation et de la discussion, et eut des polémiques célèbres avec l’abbé de Rancé, Bossuet, Nicole, Arnaud, Malehranche et Leibnitz. On a de lui : la Connaissance de soi-mén le, 1694-1698, et 1700, 6 vol. in-12, ouvrage auquel il doit en partie sa réputation ; Lettres theologiques et morales, 1708, in-12; Réfutation du système de Sptuosa, 1696, in-12; l lncrédule amené à la religion par la ruisnn, 1710, in-12, livre estimé et rare, etc.
Lajhi (Bernard ), oratorien, né au Mans en 1645, m. en
1716, professa les belles-lettres à Vendôme et à Juilly, la philosophie à Saumur et à Angers. Son zèle pour la philosophie de Descartes le fit éloigner de cette dernière ville; il fut grand-vicaire à Grenoble, et vint à Paris au séminaire de S'-Magloire, en 1684. On a de lui : l’Art de parler, Paris, 1670, in-16; Nouvelles réflexions sur l'art poétique, ibid., 1668, in-16; Traité de mécanique, 1679, in-12; Entretiens sur les sciences , Grenoble , 1683 , in-12 ; Eléments de géométrie, Paris, 1684; Apparalus Riblirus , Grenoble, 1687, in-fol.; Démonstration de la vérité et de la sainteté de la morale chrétienne, Paris, 1706 à 1711, 5 vol. in-12; Harmonia sive concordia quatuor Evangelislarum , Paris, 1689, in-12; de Tabr.rnaculo fœderis, de sancla civitate et de templo ejus, ibid., 1720, in-fol., ouvrage orné de très-belles planches, qui lui coûta 30 ans de travail.
i.ami (Jean), savant italien, né en 1697 à Santa-Croce près de Pise, m. en 1770, professa l’histoire ecclésiastique à Florence. Il rédigea, depuis 1740 jusqu’à sa mort, les Nouvelles littéraires, feuille périodique, remarquable par le style et l'impartialité. On a de lui : de Eruditione apostolorum, Florence, 1738, in-8°, et 1766, 2 vol. in-4°; Deliciœ eruditorum , seu veterum opusculorum collectanea, 1736-69, 18 vol. in-8°, recueil qui contient plusieurs documents précieux de la bibliothèque Riccardiana ; uue volumineuse Correspondance , etc.
LAMLA, auj. Zeiloun, v. de l’anc. Grèce (Thessalie), dans la Phthiotide, près du Sperchius et du golfe de son
nom. V. Zkitoun.
LAMIAQUE (Guerre), nom donné à une guerre qui s’alluma, après la mort d’Alexandre le Grand, 323 av. J.-C., entre la Macédoine et la Grèce, et dont les événements se passèrent autour de Lamia. Hypéride et Démosthène avaient poussé les Athéniens et les autres Grecs à prendre les armes pour leur délivrance contre Antipater. Ce général, battu par Léosthène, chef des troupes coalisées, fut assiégé dans Lamia; Léonat perdit une bataille et la vie en voulant le délivrer. Mais Léosthène étant mort d'une blessure reçue dans une escarmouche, les Grecs furent vaincus par Arrtipater et Cratère à Cra-
non, 322. Antipater imposa aux Athéniens une constitu-
tion aristocratique, et une garnison macédonienne dans Munychie. La guerre Lamiaque entraîna aussi la mort d'Hypéride et de Démosthène ( V. ces noms}. B.
LAMIES , fantômes horribles, à figure de femme, qui, selon la croyance des anciens, arrachaient les enfants du sein de leurs mères pour les dévorer, ou se cachaient dans les buissons, près des grands chemins, pour se jeter sur les passants. D’autres traditions leur donnent des formes enchanteresses et des voix séduisantes, à l’aide desquelles elles attiraient des jeunes gens.
LAMISME. V. Lama.
LAMNÉE. V. Binda.
LAMOIGNON (Guillaume Ier de), d’une ancienne famille du Nivernais, né à Paris en 1617, m. en 1677, fut conseiller au parlement de Paris, 1635, maître des requêtes au conseil d’Etat, 1644, et l5r président au parlement, 1658. Louis XIV, en le nommant à ce dernier poste, lui adressa ces glorieuses paroles : *< Si j'avais connu un plus homme de bien que vous, et un plus digne sujet, je l’aurais choisi. » Chargé de diriger le procès de Fouquet, Lamoignon , qui était brouillé avec le surintendant, résista aux dispositions pleines de partialité introduites par Colbert dans cette cause, offrit au roi sa démission , et finit par céder au chancelier Séguier la présidence de la chambre. Ce fut chez lui que se tinrent les conférences célèbres d’où sont sortis les Arrêtés de Lamoignon. Le rêve de ce magistrat était de donner à la France un code de législation complète et uniforme. La mort seule l’empêcha de parvenir aux fonctions de chancelier, que lui destinait l’opinion publique. Ami éclairé des lettres, il décida Boileau à composer le Lutrin, où il est désigné sous le nom d’ A risle. L — h.
Lamoignon ( Chrétien-François Ier de) , marquis de Basville , fils aîué du précédent, né à Paris en 1644, m. en 1709, conseiller au parlement en 1666, puis maître des requêtes, avocat général, et enfin président à mortier en 1690, était lié avec Bourdaloue, Boileau, Racine, Regnard. Il fut membre de l’Académie des Inscriptions. Ce fut à lui que Boileau adressa sa 6e épitre. B.
Lamoignon de basville ( Nicolas de), frère du précédent, né en 1648, m. en 1724, fut d’abord avocat distingué, puis conseiller au parlement en 1670, maître des requêtes en 1675, suivit ensuite la carrière administrative, et occupa successivement les intendances de Montauban , de Pau , de Poitiers et de Montpellier. Dans cette deruière ville, il acquit une triste célébrité, après la révocation de
LAM
LAM
l’édit de Nantes, et pendant la guerre des Cévennes, par les cruautés qu’il exerça contre les protestants. Il composa, par ordre du roi et pour l’instruction du duc de Bourgogne, des Mémoires pour servir o l’histoire du Lanrjuedoc , qui ont été imprimés à Amsterdam (Marseille), 1734. B.
Lamoignon (Guillaume II de), fils de Chrétien-François, seigneur de Maleslierbes, né à Paris en 1683, m. en 1772, fut successivement avocat général, président du parlement de Paris, 1er président de la cour des aides, enfin chancelier de France en 1750, mais sans avoir les sceaux de l’Etat. Pour complaire au parlement , il révoqua le privilège de V Encyclopédie , et s’attira ainsi la haine des philosophes. Les intrigues amenèrent son éloignement de la cour en 1763, mais il ne donna sa démission qu’en 1768, et vécut dans la retraite. Il fut le père du célèbre Lamoignon de Malesherbes. V. Ma lesh crises. L — iî.
Lamoignon (Chrétien François II de), arrière-petit-fils de Chrétien-François 1er, né en 1735 à Paris, m. en 1789, fut président à mortier du parlement de Paris en 1758, et partagea l’exil de cette compagnie en 1771. Il prit part à la Correspondance, sorte de satire contre le parlement Maupeou. Nommé garde des sceaux, en 1787, il dut se rallier à la cour, et, changeant alors de rôle, contribua à l’exil du parlement à Troyes. Associé d’abord à tous les actes de l’archevêque de Sens, Loménie de Brienne, alors principal ministre, en particulier aux édits du timbre et de la subvention territoriale, il se brouilla ensuite avec lui, et donna sa démission après un an de charge. L — il.
LA MONNOYE (Bernard de), littérateur, né en 1641 à Dijon , m. en 1728. Fils d’un pâtissier, il étudia aux Jésuites de Dijon , fit son droit à Orléans, et acheta une charge de conseiller-correcteur en la Chambre des comptes de Dijon. Poète dès le collège, il débuta par des épigrammes. On lui attribue la chanson de M. de La Palisse. Il fut couronné par l’Académie Française, en 1671, pour un poème intitulé : le Duel aboli. Il a fait de nombreux travaux de critique et de philologie, qui, bien qu’un peu super ficiels, le tirent connaître en Italie, en Hollande, en Aile magne. Il entra à l’Académie Française en 1713. Il donna, en 1715, un Menagiana, et, en 1722, un Segraisiana. Ruiné par le système de Law, en 1720, il vendit, pour vivre, ses jetons de l’Académie. Quelques secours honorables ne lui manquèrent pas. La Monnoye est connu surtout par des Noei borguignon, noëls en patois bourguignon, publiés en 1700, 1701, 1706, avec un Glossaire savant et badin à la fois, 1720. Ch. Nodier a dit de ces noëls : « La charmante naïveté et surtout la hardiesse de certains traits, d’uue causticité peu commune, Battaient les opinions des incrédules», et rendirent un e Apologie nécessaire. On ne lit plus guère ses autres poésies. Rigoley de Juvigny a publié les OEuvres choisies de La Monnoye, Dijon , 1770, 3 vol. in-8°. LAMORAL. V. Eomont,
LA MOTHE-ACHARD, ch.-l. de cant. (Vendée), arr. et à 17 kil. N.-E. des Sables-d’Olonne, sur l’Auzance; 594 hab. Ane. château.