‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 438 sur 864 · RUM · texte numérisé non relu

RUM

Les Français la prirent en 1807 , et la donnèrent au Danemark, qui la céda à la Prusse en 1814, en échange de Lauenbourg. Une statue colossale y a été élevée en 1855 au grand-électeur. B.

RUGKNWAI.DE, v. murée des Etats prussiens (Poméranie), à 31 Uil. N.-N.-E. de Kœslin, petit port sur la rive dr. de la Wipper et à 4 kil. de la mer; 5,000 hab. Bureau de douanes. Fabr. de toiles et lainages, tanneries. Pêche du saumon.

RUGGIER1 (Cosme), astrologue florentin, confident et auxiliaire dévoué de Catherine de Médicis, fut amené par elle à la cour de France, et reçut l’abbaye de S* -Malié (Basse-Bretagne). Accusé de complicité dans la conspiration de La Môle et Coconas contre Charles IX, 1574, il fut condamné aux galères, mais obtint sa grâce par le crédit de la reine-mère. Poursuivi sous Henri IV' pour un motif semblable, il sut encore se faire absoudre. De 1604 à 1615, année de sa mort, il publia des almanachs, qui eurent beaucoup de vogue. Ce fut pour lui que Catherine fit construire par Bullant un observatoire, dont le seul reste est la colonne astrologique de la Halle au blé , à Paris. M. V — i.

RUGIA , nom latin de Rugen.

RUG1ENS, Rugii , tribu germanique , semblent avoir habité primitivement l’ile de Rugen et les bords de l’Oder. Chassés par les Goths, ils formèrent, de 450 à 487, un Etat nommé le Rugiland sur le Danube (Moravie et partie N. de l’Autriche). Vaincus par les Hérules vers 487, ils se réfugièrent chez les Ostrogoths; leur pays reçut les Hérules eux-mêmes, chassés d’Italie en 493, puis les Lombards avant 500.

RUGILAND. V. Rugiens.

RUGLES, ch.-l. de cant. (Eure), arrondissem. et à 50 kil. S. -O. d’Evreux, sur la Rille; 1,436 hab. Importante fabrication d’épingles, aiguilles, clous, fil de fer, articles de quincaillerie; fonderie, laminoir et tréfilerie de cuivre.

RUHE, c.-à-d. lieu de repos en allemand : Car/sKUHE, repos de Charles.

RUHLA, v. d’Allemagne, à 9 kil. S.-S.-E. d’Eisenach, est divisée, par une rivière de son nom, en deux parties, dont l’une appartient au grand-duché de Saxe-Weimar (2,500 hab.), et l’autre au duché de Saxe-Cobourg-Gotha (1,500 hab ). Quincaillerie.

RUHNKENIUS (David Ruhneken, en latin), célèbre philologue et critique, né en 1723 à Stolpe ( Poméranie ultérieure), m. en 1798, étudia le droit, l’histoire, l’éloquence et les antiquités à Wittemberg, apprit la langue grecque à Leyde sous Hemsterhuys, qui le prit pour adjoint de 1757 à 1761, succéda à Oudendorp, en 1761, dans la chaire d’éloquence et d’histoire, et fut nommé conservateur de la bibliothèque de l’Académie en 1774. C’était un homme de sagacité, d’esprit, de jugement, et d’une immense érudition; il écrivait très-purement en latin. On a de lui : Epislolœ criticœ in Homeridarum hymnos , Leyde , 1749 et 1781 ; Timœi sophistæ leiicon v ocum platonicarum , ibid., 1754, in-8® ; Hisloria crilica orutorum grœcorum , 1768, in-8°; un bel Eloge d1 Hemsterhuys , 1768; des éditions de Rutilius Lupus , 1768, de Veltcius Pulerculus, 1779, 2 vol. in-8°, et de V llymne à Cerès, 1782, in - 8° ; de Vitâ et scriptis Longini, 1766, in-8°; une édition des OEuvres de Muret, 1789, 4 vol. in- 8°; Opuscula oratorio., pliilologica, crilica, P797 et 1823, 2 vol. in-8°. V. sa Vie par Wyttenbach, Leyde , 1799 , in-8°.

RUHR, riv. des Etats prussiens, affluent de la Meuse. V. Roek.

Ruhr , riv. des Etats prussiens, naît en Westphalie, coule au N. -O., reçoit la Lenne, la Mcehne, la Wolni, et se jc-lte dans le Rhin à Ruhrort ; cours de 200 Uil.

RUHRUltT, v. des Etats prussiens (prov. du Rhin), au confluent de la Ruhr et du Rhin, à 25 kil. N. de Dusseldorf; 3,500 hab. Construction de bateaux. Houille aux environs.

RU1NART (Thierry Dom), bénédictin, né à Reims en 1657, m. en 1709, prit l’habit religieux en 1674, et fut le collaborateur de Mabillon. Il a publié seul : Acta primorum martyrum sincera et selecta..., Paris, 1689, in-4®, trad. en français par Drouet de Maupertuy , 1708 , et où il réfute les opinions Je Dodwell sur le petit nombre des martyrs ; Historia persecutionis vandalicœ..., 1694, in-8° ; une édition de Grégoire de Tours et Frédégnire, 1699, in-fol, avec une très-bonne préface sur les deux auteurs; Apologie de la mission de Saint - M aur . . . , 1702, in-8° ; Vie de Mabillon, 1709, in-12. etc.

RUINES, cb.-l. de cant. (Cantal), arr. et à 15 kil. S.-E. de S‘-Flour; 220 hab. Scieries de planches de sapin.

RU1SCH (Rachel ), peintre de fleurs, née à Amsterdam

en 1664, m. en 1750, apprit son art dans l’atelier de Guillaume van Aalst, et, en 1695, épousa le portraitiste Jurriaan Pool. Elle tenait le pinceau d’une main ferme, dessinait vivement, et imaginait de riches combinaisons : sa couleur est à la fois brillante et douce. A. M.

RU1SDAEL (Jacques), paysagiste hollandais, né à Harlem vers 1636, m. er. 1681, obtint le titre de docteur en médecine, et exerça quelque temps cette profession. La peinture, dont il n’avait d’abord fait qu’un amusement, devint sa passion dominante, et il s’y livra exclusivement. Il ne parait pas avoir eu de maître ; toutefois , comme il était l’ami de Berchem, l’exemple et les conseils de cet artiste ne lui furent sans doute pas inutiles. Adrien van de Velde, Philippe Wouverman et Lingelbach, qui ont étoffé plusieurs de ses tableaux , durent aussi exercer quelque influence sur lui. Son style n’en est pas moins complètement original. Aucun paysagiste néerlandais n’eut une âme plus poétique, ne sut mieux rendre la nature en général , les chutes d’eau, les forêts sauvages , et la mélancolie de certains sites, éclairés par une funèbre lumière. On ne peut douter qu’il ait vu l’Allemagne, la Suisse ou la Norvège. Le Louvre possède six tableaux de sa main, entre autres le Coup de vent. On admire à Dresde une Chasse au cerf. A. M.

RUIZ (Jean). V. Hita ( l’archiprêtre de).

RULI11ËRE ( Claude-Carloman de), historien et poëte, né en 1735 à Bondy près de Paris, m. en 1791, fit de brillantes études au collège Louis-le-Grand, entra de bonne heure au service, fut quelque temps aide-de-camp du maréchal de Richelieu en Guyenne, puis secrétaire et ami du baron de Breteuil, qui l’emmena dans son ambassade à Sl-Pétersbourg en 1760. Il y vit la révolution de 1762, qu’il retraça plus tard. De retour en France, 1765, il fixa ses souvenirs sur le papier, mais ne les publia point. En 1768,on le chargea d’écrire, pour l’instruction du Dauphin (Louis XVI une histoire des troubles de la Pologne, travail qui lui valut en 1771 une pension de 6,000 livres, et pour lequel il puisa dans les dépôts des affaires étrangères, et visita en 1776 l’Allemagne , la Prusse et la Pologne. En 1787, il entra à l’Académie française. On a de lui : Eclaircissements historiques sur les causes de la révocation de l'édit de Nantes, et sur l'étal des protestants en France depuis le commencement du règne de Louis XIV jusqu'à nos jours, 1788, 2 vol. in-8°; Anecdotes sur la révolution de Russie en 1762, Paris, 1797, in-8°, ouvrage très-curieux, écrit d’un style orné, mais rapide et plein de mouvement; Histoire de l'anarchie de Pologne et du démembrement de celle république , 1807, 4 vol. in-8°, et 1809, avec notice sur l’auteur par Daunou; c’est l’ouvrage capital de Rulhière, et il porte l’empreinte d’un talent quelquefois très -éclatant. Il devait avoir 15 li v. , et cc nduire jusqu’au démembrement de 1772-73; l’auteur n’a fini que les 11 premiers liv., des parties considérables des 12e et 13e, qui vont jusqu'à la fin de 1770, et de longs sommaires des 14e et 15e. " Rulhière a écrit, dit Chénier, en véritable historien, qui sait coordonner habilement toutes les parties d’un vaste ensemble... Dans les meilleures parties, il approche quelquefois de Thucydide, dont il retrace les formes heureuses. •• On peut ajouter qu’il fut un historien honnête et consciencieux, et qu’il refusa des offres brillantes pour supprimer ses Anecdotes sur la Révolution de Russie, et adoucir certains traits de son histoire de Bologne; seulement, en n’acceptant rien, il promit que ce dernier ouvrage ne paraîtrait qu’après la mort de Catherine II, et tint parole. On a encore de lui des Poésies diverses, parmi lesquelles on ne remarque guère que VEpitre sur les Disputes. Les OEuvres de Rulhière ont été publiées par Auguis sous le titre d’ OEuvres et OEuvres posthumes, Paris, 1819, 6 vol. in-8®. B.

RULLUS ( P.-Servilius), tribun du peuple, né l’an 699 de Rome, 63 av. J.-C., proposa une loi agraire, qui investissait pour cinq ans d’un pouvoir absolu des commissaires chargés de vendre toutes les terres du domaine public dans les provinces, et d’acheter avec cet argent, en Italie , des champs pour les distribuer aux pauvre? . Cicéron, alors cûnsul, attaqua cette loi dans quatre discours, dont trois nous sont restés, et la fit rejeter.

RUM ou RUMN (Ile), une des Hébrides,au S.deSkye; 20 kil. sur 10; ch.-l. Kinloch.

RUMBEKE, v. de Belgique (Flandre occid.), à 13 kil. N.-E. de Courtrai; 6,800 luth. Fabr. de tabac, chicorée, huile, toiles.

RUMBOURG, v. des Etats autrichiens fBohême), à 56 kil. N.-N.-E. de Leitineritz; 3,500 hab. Fabr. de utiles, d’ouvrages en ivoire, etc.

RUMFORD (Benjamin Thomson", comte de), physicien

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RUP

et philanthrope, né en 1753 à Rumford ou Concord (New- Hampshire) , m. en 1814, prit part, dans les rangs de l’armée anglaise, à la guerre des Etats-Unis, fut chargé d’aller porter à Londres la nouvelle de la perte de Boston, reçut un poste de sous-secrétaire d’Etat en 1780, et, deux ans après, retourna combattre les iusurgés. Puis il entra au service de la Bavière, où il introduisit des améliorations importantes dans l’armée et l’administration, et devint lieutenant-général, ministre de la guerre, directeur de la police. C’est là qu’il commença à appliquer ses connaissances scientifiques au soulagement des malheureux. Ses recherches sur le pouvoir nutritif de diverses substances alimentaires, et sur les moyens d’économiser le combustible en produisant le plus de chaleur possible, furent utilisées par lui dans la fondation d’un établissement de soupes économiques et de foyers qui portent son nom. Rumford a fait des expériences sur la conductibilité ; il a donné à la physique un thermoscope, et un calorimètre qu’il a employé pour mesurer la chaleur développée dans la combustion de diverses substances. lia publié divers Mémoires sur la chaleur , Paris, 1804; — sur la combustion , 1812; des Essais politiques, économiques et philosophiques , Genève , 1799-1806,4 vol. in-8u. Fixé en France depuis 1802, il y épousa la veuve de Lavoisier en 1804. 11 était membre de la Société royale de Londres, et associé étranger de l’Institut de France. Son Eloge a été prononcé par Cuvier. V.

RUM1GNY, cli.-l. de cant. (Ardennes), arr. et à 25 kil. S.-O. de Rocroi; 706 hab. Patrie de Lacaille.

RIJMILLY, cli.-l. de cant. (Iltc-Savoie), arr. et à 16 kil. O. -S.-O. d’Annecy ; 3,305 hab. Démantelée par Louis Xlll en 1630. Tanneries; comm. de grains, vins.

RUM1NAL (Figuier). V Figuier.

RU.MMEL ou OUED-ROUMEL (rivière de sable), Oued- El-Kebir dans son cours inférieur, anc. Ampsayas , riv. d’Algérie (Constantine), sort du Grand-Atlas, au-dessus de Constautine, qu’elle arrose, passe à Milah, et se jette dans la Méditerranée au cap Boujarone, à l’E. de Bougie; cours de 150 kil. Elle était, dans l’antiquité, la limite de la Nnmidic et de la Mauritanie.

RUMMELSBURG, v. des Etats prussiens (Poméranie), à 53 kil. de Kœslin ; 3,300 hab. Draps et lainages.

RUMP (Le). V. Parlement-croupion.

RUNAMO , rocher de Suède, dans la province de Bléking. Finn Magnusen y a déchiffré, en 1834, une célébré inscription en caractères runiques.

RUNES (du gothique runâ, secret), caractères d’écriture jadis employés dans les pays Scandinaves ( Danemark, Suède, Norvège) et dans l’Allemagne septentrionale, antérieurs à J -C. selon les uns, et, selon les autres, ne datant que du IXe siècle del’ère chrétienne. Les prêtres s’en réservèrent la connaissance. On en fit aussi usage dans les opérations de magie et de sorcellerie. L’alphabet runique n'a que 16 caractères.

RÛNDJËT-SINGII, roi de Lahore, né en 1782, m. en 1839, commença de régner sur les Seikhs en 1799, montra une grande intrépidité et beaucoup d’adresse dans sa conduite, parvint à affranchir de toute domination étrangère le Pendjab, le Moultan, le Kaclunir, le Peyehawer et une partie de l’Afghanistan. Dans ses idées de conquêtes, il conçut l’idée d’avoir un corps d'armée organisé à l’européenne, et y parvint surtout avec l’aide des généraux français Allard et Ventura. Rundjet fut actif, prudent, doué d’un esprit plein de ressources, mais était dissimulé, rapace, et cruel.

RUNN. V. Rinn.

RUNNYMEAD, vge d’Angleterre (Surrey), à 8 kil. S.-O. de Windsor. Jean-sans-Terre y eut avec ses barons une conférence, à la suite de laquelle il signa la Grande Charte, en 1215.

RUOTS1NSALMI , appelé aussi Kotka et Svenslisund, place de guerre de la Russie d’Europe (Finlandel, à l'embouchure de la Kymmene, à 42 kil. O. de Friedrikshamn. Elle se compose de 19 ouvrages détachés.

RUPEL, riv. de Belgique ( Anvers), ferméé à Rumpst, à 7 kil. N.-E. de Malines, par la réunion de la Dyle et de la Nèthe, se jette dans l’Escaut, en face de Ilupelmonde, à 13 kil. S.-O. d’Anvers. Cours de 15 kil.

RUPELLA, nom latinisé de La Rochelle.

RUPELMONDE, v. de Belgique (Flandre orient.), sur la rive g. de l’Escaut, vis-à-vis l’embouchure du Rupel, à 14 kil. N.-E. de Termonde; 2,800 hab. Port sûr et commode. Ruinesd’un château-fort qui servait de prison d’Etat et de dépôt d'archives, aux souverains de la Flandre. On pense que Mereator y est né.

RUPEN. V. Roupen.

RUPERT (Robert de Bavière, dit le prince), né en

1619, m. en 1682, fils de l’électeur palatin Frédéric V, et d’Elisabeth, fille aînée de Jacques Ier d’Angleterre, défendit la cause de son oncle Charles I« contre le Long- Parlement , fut créé pair et chevalier de la Jarretière, eut part à la bataille d’Edge-Hill , 1642, fit lever le siège d’York, 1644, perdit les batailles de Marston-Moor, 1644, et de Naseby, 1645, rendit Bristol à Fairfax, essaya en vain, après la mort du roi, de soulever l'Irlande, fut comblé d’honneurs par Charles II à la Restauration, commanda, sous le duc d’York, la flotte anglaise dans la guerre contre la Hollande, et fut nommé amiral avec Monk en 1666. Membre du conseil privé en 1679, il ne s’occupa plus que de sciences physiques et de mécanique. On lui attribue l’invention de la gravure à l'aquatinte.

RUPPIN ( ALT-), v. des Etats prussiens ( Brandebourg), à 81 kil. N. -O. de Berlin, sur la rive N. du lac de son nom; 1,200 hab. Château de Rheinsberg.

ruppin (neu-), v. murée des Etats prussiens (Brandebourg), à 79 kil. N. -O. de Berlin, sur la rive O. du lac de son nom : 10,000 hab. Gymnase évangélique. Maison d’aliénés. Fabr. de draps, lainages, chicorée, tabac, cuirs. — Fondée en 1194.

RUPRECHTSAU ou ROBERTSAU, hameau de France (Bas- Rhin ), dépendant de Strasbourg, dans une île formée par l’Hl et le Rhin. Des obélisques y ont été élevés en l’honneur de Kléber et de Desaix.

R1JPT, brg (Vosges), arr. et à 13 kil. S.-S.-E. de Remiremont; 1,770 hab. Filature de coton. Environs trèspittoresques.

RURA, nom latin de la roer.

RUREMONDE, en flamand Roermunde, v. forte du roy. de Hollande (Limbourg), au confluent de la Roer et de la Meuse, à 45 kil. N.-E. de Maestricht; 8,850 hab. Jadis évêché, érigé en 1561 par Pie VI, réuni à celui de Liège en 1801 ; collège. Fabr. de draps, toiles, pipes, papier, etc. — Erigée en ville par Othon III, comte de Gueldre, vers 1290 ; prise par le prince d’Orange en 1572, par les Hollandais en 1632, elle fut chaque fois rendue à l’Espagne. Reprise par les Hollandais en 1702, ils la cédèrent en 1716 aux Impériaux, qui la démantelèrent et en firent le ch.-l. de la Gueldre autrichienne. Les Français s’eu emparèrent en 1792 et 1793, et la comprirent jusqu’en 1814 dans le départ, de la Meuse-Inférieure, où elle était ch.-l. d’arrondissement. Patrie du géographe Mereator, que d’autres font naître à Rupelmonde.

RUR1K, fondateur de la monarchie russe, était un chef de Warégues. Appelé, avec ses frères Sinéous et Trouwor, par des Slaves qui occupaient quelques provinces au S. du golfe de Finlande, il reçut d’eux le pouvoir souverain en 862, donna au pays le nom de Russie, et prit le titre de grand-duc. Rurilt régnait à Novogorod, Sinéous à Biélo- Ozero, et Trouwor à Izborsk. Sinéous et Trouwor étant morts deux ans après, Rurik s’empara de leurs Etats, régna seul pendant 15 ans, et mourut en 879, laissant à Oleg la tutelle de son fils Igor. Pl.

RUSA , nom latin de la Reuss.

RUSAD1R. V. Melilla.

RUSCELLI (Jérôme), critique italien, né à Viterbe vers le commencement du xvie siècle, m. en 1566, fondateur de l’Académie dello Sdegno à Rome, a laissé, entre autres ouvrages : Del modo di comporre in versi net/a linyua italiana, Venise, 1559, in-8° ; une traduction italienne de la Géographie de Ptolémée, ibid. , 1561, in-4" ; Commentât i délia linyua italiana, ibid., 1576, in-4°. «

RUSC1NO, nom anc. du Tet.

ruscino. v. de la Gaule (Narbonaise Ire), chez les Surdons, reçut , après la conquête romaine, une colonie et les privilèges de ville latine. Auj. Casteill- Roussillon.

RUSELLANS, peuple étrusque, dont la capitale était Russe! iœ (auj. llosella).

RUSH (Benjamin), célèbre médecin, né en 1745 à Bristol (Pensylvanie), d’une famille de quakers, ni. en 1813, prit le grade de docteur à Edimbourg eu 1768, enseigna avec éclat à l’université de Philadelphie, fut représentant de sa province au Congrès où fut proclamée l'indépendance des Etats-Unis en 1776 , et nommé en 1777 chirurgien-général de l’hôpital militaire central. On a de lui : An laquxnj inlo lhe effecls of public punishments upon criminals and upon society , Philadelphie, 1787, in-8°; Medical inquiries and observations, ibid., 1789-1800, 5 vol. in-8°; An Inquiry inlo lhe effects of spirituous liquors on lhe human body, ibid., 1790, in-8» ; Essays lilternry , moral and philosophical, ibid., 1798, in-8°; A Treatese upon lhe diseases of lhe mind , ibid., 1812, in-8°, etc.

RUSHWORTH (John), né vers 1607 dans le Northumberland, m. en 1690, fut adjoint du secrétaire-greffier de

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la Chambre des communes en 1640, secrétaire de Fairfax, et membre du parlement sous Richard Cromwell en 1678-79. Un a de lui une importante compilation : Hislorical collections of private passages in siale, iceiylUy malien in law , and remarkable proceedings in parlitnnenl , 7 vol. in-tol. en 4 parties, qui parurent en 1659, 1680, 1692 et 1701, et réimpr. avec un 8e vol. en 1721.

RUS1CADA, v. de Numidie, à l’emplacement où est auj. Philippeville ( V. ce mol).

RUSSEL (William), 5* comte de Bedford, né en 1614, m. en 1700, fut membre du Long-Parlemeut en 1640, se déclara contre Charles Ier, sauva l’année parlementaire à Edge-Hill, où il commandait la réserve de la cavalerie, entra an service du roi après avoir vainement parlé de paix dans la Chambre-Haute, mais, offensé par les courtisans, revint à son ancien parti , et fut incarcéré pétulant quelque temps par ordre du parlement. Il ne prit aucune part aux affaires jusqu’en 1660. Lors du couronnement de Charles 11 , en 1661 , ce fut lui qui porta le sceptre de S1 Edouard. Sous Uuillaume 111 , il fut nommé successivement membre du conseil privé, lord-lieutenant du comté deMiddlesex, marquis de Tavistock, et duc de Bedford.

rcsskl { William), fils du précédent, né en 1639, m. en 1683, étudia à Cambridge, compléta son éducation par des voyages sur le continent , fut nommé membre de la Chambre des communes dès 1661, mais y garda longtemps le silence. A la tête de l’opposition qui renversa le misérable ministère dit de la Cabul ( V. ce mol ), puis adversaire de lord Danby, il crut à la conspiration papiste dénoncée par Titus Unies, et proposa le bill d'exclusion , 1680, contre le duc d’York, frère du roi , pour l’éloigner de tous les conseils et de toutes les affaires publiques. Charles 11 ayant résolu de gouverner sans parlement, des complots se formèrent contre sa vie : Russe! y fut odieusement impliqué, et, après un procès hâté, où l’on viola tontes les formes de la justice, périt sur l’échafaud. Sous Guillaume III , un acte du parlement cassa la condamnation de Russel , et la Chambre des pairs proclama son innocence. — On a publié des Lettres très- remarquables de lady Russel à son mari, Londres, 1853, 2 vol. in-12. B.

Rijssel ( Edward ), parent du précédent , né en 1651, m. en 1727, fut gentilhomme de la chambre du duc d’York (Jacques II |, seconda la révolution de 1688, entra au Conseil privé sous Guillaume 111, et reçut le commandement de la Hotte chargée de s’opposer au retour de Jacques II.

Il gagna sur l'ourville la bataille de la lingue, 1692. Nommé amiral ett chef dans les mers fermées et dans la Méditerranée, il délivra Barcelone, assiégée par les Français, mais bombarda inutilement I’alamos. Lu 1697, on le créa pair d’Angleterre, baron de Shiugey, vicomte de BarHour, et comte d’Oxford. Sous la reine Anne, accusé devant le parlement d’avoir reçu des dons exorbitants de la couronne, et de s’être rendu coupable de détournement dans les approvisionnements de la Hotte, il n’eu fut pas moins mis à la tête de l'Amirauté par le crédit de Marlhorongh, dont il partagea ensuite la disgrâce. B.

russel I William), littérateur, né en 1746 dans le comté de Mid-l.othian (Ecosse), m. en 1791, a laissé, entre autres ouvrages: Histoire d'Amérique , l.ond., 1779, in -K- ; Histoire de l'Europe moderne, 1779-84, 5 vol. in-8'1, continuée par Coûte depuis 1763 jusqu'à la paix d'Amiens; Histoire de l' Europe ancienne, 1793, 2 vol. iu-8°.

RUSSE1.LÆ. V. Rusellans.

RUSSEY, eh.-l. de cant. (Doubs), arr. et à 50 kil. S. de Montbéliard: 407 hab.

RUSSIE ( Empire de), le plus vaste Etat du globe, s’étend en Europe et dans l’Asie septentr., de 15° 10' long. E. à 172° long U., et de 38° 40’ à 81» lut. N.; 5,186 kil. du N. au S., depuis les confins de la Laponie norvégienne jusqu’à ceux de la l’erse ; 15,375 kil. de l'U. à TE., depuis la frontière extérieure du royaume de Pologne jus- j qu’au Kamtchatka Superf., 19,149,075 kil. carrés, dont 5,523,595 en Europe, 13,625,480 dans l’Asie septentr. et centrale. C’c»t un territoire 4 fois plus va-te que l’Empire romain sous Auguste, et beaucoup plus étendu que les Etats réunis de France , d'Angleterre, d'Autriche et de Prusse Considéré dans son ensemble, cet Empire est borné, au N., par l’océan Glacial Arctique; au N.- U., par la Tornéa , qui le sépare des royaumes de Norvège et de Suède; à TU , par la mer Baltique, par la Prusse, la province autrichienne de Galicie, et la Moldavie; au S., par la mer Noire, la Turquie d’Asie, la Perse, le Turkestan, et les annexes (Dzoungarie, pays des Khalkas, Daou rie) de l'Empire chinois ; à TE., par le Grand-Océan lavée ses golfes, la mer d'Ukhotsk et la mer de Kamtchatka), et le détroit de Behring, qui le sépare de l’Amérique du N.

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Dans ces vastes limites, il comprend les pays connus sous les noms de Russie d’Europe, Finlande, Laponie, Pologne, Géorgie et Circassie, Sibérie. Il possède en outre: dans l’océan Glacial , les îles Kalgouef, Waigatz, la Nouvelle-Zemble, la Nouvelle-Sibérie, et tontes les îles situées au N. de la Russie d’Asie; dans la Baltique, les îles Œsel, Dago, l’archipel d’Alatid; dans la mer de Behring, un certain nombre d’iles de l’archipel des Kouriles, et toute l’tle de Tarrakai. La capitale de l’Empire est Sl- Pétersbourg. La population totale est évaluée à 75,000,000 d’habitants, dont 69 millions en Europe.

Mers. — La mer Glaciale s’étend au N. le long de l’Empire russe. Les côtes septentrionales de la Russie d'Europe sont très-découpées, alternativement basses et élevées; la mer Blanche forme les golfes de Mézen , d’Arkhangel , de l’Unéga et de Kqndalaskaia. A l’O. , la mer Baltique forme les golfes de Bothnie, de Finlande, et de Livonie; entre ces deux derniers s’avance TEsthonie. Ce littoral offre des points pittoresques , surtout sur les côtes de la Finlande, bordées d’une ceinture de rochers à pic. La mer Noire baigne la Russie au S., et communique avec la mer d’Azov par le détroit de d’Iénikalèh ; entre les bouches du Dniéper et du Don, s'avance la presqu’ile quadrangulaire de Crimée; la mer Caspienne sépare la Russie du Tnrkestan : la navigation de cette mer est la propriété des Russes; enfin la mer d’Aral, dans les steppes des Khirgiz.

Fleuves et lacs. — La Russie est dotée de la plus magnifique navigation fluviale Les fleuves qui la sillonnent sont les plus grands de l’Europe. Sur ce sol sans relief et sans pentes rapides , ils ont un cours généralement lent et sinueux, et s’élargissent considérablement vers leur embouchure. Tous sont navigables; couverts d’embarcations pétulant l'été, ils deviennent, pendant l’hiver, de véritables routes de glace, sur lesquelles glissent et se croisent les voitures et les traîneaux. Les principaux sont : l'Amour, l’Obi, la Ivara, la Petchora, le Mézen, la Dwina du Nord, l’Onéga, la Léna, Tlénisséi, affluents de la mer Glaciale ; la Tornéa, la Neva, la Narva. la Dwina du Sud, le Niémen, affluents de la mer Baltique (l’embouchure du dernier appartient à la Prusse, et il n’aboutit à la mer sur le territoire russe qu’à l'aide du canal-de la Windau); l’Oural, le Volga, le Térek, qui se jettent dans la mer Caspienne; le Konban, le Don, le Dniéper ( affluents : Bérézina, Pripetz), le Boug, le Dniester, affluent à la mer Noire. La riv. du Pruth n’est russe que dans son cours moyen 1856). — Uutre ces fleuves et leur> nombreux muent-, la Russie possède un nombre infini de lacs, qui, fournissant a ! alimentation des canaux, multiplient encore les voies navigables.

Le plus grand, dans la Russie d’Europe, est le Ladoga, prés de Sl-Pétersbourg. Un remarque ensuite : l'Onega, dans le gouv. d’Olonetz; les lacs réunis de Peipous et Pskov en Livonie; l’ilmen et le Biclo-Oséro (Novogorod) ; le Séligher, tout parsemé d’iles; l'Imandra, en Laponie; l'Enara et le Saima, aux deux extrémités de la Finlande ; le l’eno, berceau du Volga; le Dwinetz, d’où découle la Dwina du Sud, le Baikal, dans le gouv. d’Irkoustk. Les marais et les tourbières ne sont guère moins nombreux : le grand marais de Pinsk en Lithuanie paraît n’être lui-même que le reste d'un vaste lac.

Montagnes. — La Russie d’Europe renferme peu de montagnes : les seules qui soient dignes de ce nom se trouvent sur ses frontières méridionales; ainsi, la chaîne du Caucase (T. ce mrt|, le Tchadyr-dagh sur la cote S.-E. de la Crimée, les monts Ourals ou Poyas, qui séparent la Russie d’Europe et la Russie d’Asie. La ligne de partage des eaux de l’Europe, qui traverse la Russie du N.-E. au S.-O., n’y est marquée que par îles ondula» tion» confuses et peu saillantes. Elle prend naissance dans les Durais, comprend les monts Chemokonski ( 300 mèt. ), qui sont comme le dernier gradin de la grande j chaîne asiatique, les Uvalli, collines basses et tortueuses, qui la continuent jusqu’au lac Onéga , puis, descendant vers le S., atteint le plateau de Waldaï (250 mèt ), audelà duquel elle se confond quelque temps avec les plaines, se relève peu à peu en se dirigeant vers le S.-O., et va se rattacher à la chaîne des Karpathes. Les monts Olonetz, qui se détachent de la ligne de partage entre les lacs Ladoga et Onéga, forment un plateau de 200 mèt., hérissé de petites collines granitiques, traversent la Finlande, et s’unissent aux Dofrines, après avoir atteint graduellement une altitude assez considérable. Du plateau de Waldaï part une longue suite d’ondulations, qui, sous les noms de Jépivanof, Boglowi, collines du V ilga , Irgeni, Rvnpeski, Bechtau, séparent les eaux dt la Caspienne de celles de la mer Noire.

Aspect général et régions naturelles. — Malgré sa vasto

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étendue, la Russie d’Europe est, en général, peu variée d’aspect, et n’offïe presque partout que d’immenses plaines monotones et tristes. Près d’un tiers du pays consiste en forêts impénétrables, lacs, marais, et terres stériles. Le sol est sans relief et souvent sans végétation. Les faibles hauteurs que nous avons indiquées partagent cependant la Russie en 5 régions naturelles assez tranchées et parallèles entre elles du N. au S. : 1° la région du N., qui comprend les provinces Baltiques, entre les Uvalli et la mer Glaciale; ce n'est qu’une plaine inclinée, couverte de forêts, de marais, de tourbières, et de déserts glacés; on y sème et moissonne en 60 jours; point de villes, point de routes; à peine 4’habitants par 10 kil. carrés; la Laponie ( V. ce mol) présente à peu près les mêmes caractères; la Finlande ( V. ce mot | est plus marécageuse, et renferme un grand nombre de vastes lacs; 2® le versant de la mer Baltique, succession de collines, de tourbières et de lacs, au milieu de vastes plaines hérissées de rochers de granit; l’air y est humide et malsain, le climat plus rigoureux qu’il n’est ailleurs à cette latitude. Des forêts ■d’arbres conifères couvrent çà et là le pays, où le lin est cultivé avec succès, et où l’industrie est relativement tio- \ rissante. Le bassin de la Duna, cependant, offre un pays 1 plat, boisé, marécageux, misérable, où , à l’exception des villes situées sur le cours du fleuve, on ne rencontre | que des cabanes isolées, et une population chétive, qui végète au milieu de maigres pâturages ; 3° le plateau : central, terrain calcaire , pays froid, peu fertile, bien peuplé ; c’est la région industrielle par excellence ; 4® le versant de la mer Caspienne , vastes plaines froides et peu fertiles, souvent imprégnées de sel : 5® le versant de la mer Noire, divisé lui-même en 2 étages ou régions bien distinctes : la région des terres noires ( Tschernozem) ou des céréales , haute plaine bien arrosée , traversée de collines boisées, pittoresque en certains points, d’une fertilité prodigieuse, abondant en bestiaux, salubre, bien peuplée; et la région des steppes, séparée de la précédente par un escarpement, et ne présentant que des plaines immenses, arides, sans culture et sans routes.

Climat. — La température d’un pays aussi vaste présente une grande variété selon les lieux. Le climat est cependant partout plus rigoureux que ne le comporte la latitude. Les contrées méridionales, qui se trouvent sous le parallèle de Naples, sont loin de jouir du même ciel. On a établi la division suivante : région de la glace, jusqu’au 70® degré de latitude; marécages et mousses, jusqu’au 65® ; bois et fourrages, jusqu’au-delà du 60® ; au 55e, commence la culture de l’orge; au 50®, seigle et lin; au 45®, froment et fruits ; au 40®, maïs et vigne ; le reste forme la région, fort restreinte d’ailleurs, de l’olivier, du cotonnier et de la soie.

Productions naturelles. — La faune russe possède quelques espèces qui manquent à l’Europe occidentale, telles que l’yak ou bœuf grognant, le buffle, le bison, le cheval sauvage , et plusieurs races de moutons particulières. Quelques-unes tendent à disparaître : la martre zibeline, l’hermine, le renard noir. La zoologie de ces contrées est d’ailleurs peu connue. Les chevaux sont petits, mais agiles et robustes. On trouve les chameaux au S., les rennes au N. ; les bœufs et les moutons sont médiocres. Les ours blancs, les phoques, les morses, abondent sur les côtes septentrionales. On rencontre quelquefois le tigre dans le Caucase. Le gibier de grosse et de petite race est abondant. Les fleuves sont poissonneux; la pêche est trèsproductive, et d’une grande ressource pour les habitants, que la religion oblige à de longues abstinences. — La grande richesse végétale de la Russie est le blé ; les céréales de toute sorte abondent, surtout dans l’Ukraine ; la Courlande et la Livonie fournissent du chanvre et un lin vivace magnifique. D’immenses forêts donnent de superbes bois de construction et tous les produits résineux nécessaires à la marine Bien que diminuées par un gaspillage énorme, elles co wrent encore plus de 190 millions d’hectares. La forêt Vulkonskienne (gvt de Novogorod) est une des plus grandes que l’on connaisse; celle de Bialvèje (Grodno) a 160,000 hect. Ou les trouve surtout nombreuses et étendues dans les gouvernements de Vologda, Olonetz, Perm, Kazan, etc. Le houblon croit dans le N. ; la vigne réussit très-bien sur les bords de la mer Noire. La flore de la Russie d’Europe n’oflVe d’ailleurs rien de particulier. — Les métaux précieux sont rares dans la Russie d'Europe; mais il y a en Sibérie des mines d’une grande richesse. La production de l’or en Russie pendant l’année 1855 s'est élevée à 29,810 kilogr. ; celle de l’argent, à 18,000 kilog. environ. Les mines de fer sont très - abondantes ; les principales se trouvent dans les gouvernements de l’Ou-

ral ; Perm, Orenbourg, Viatka , fournissent plus des 4/5 de la production totale, qui est de 160,000,000 kilog.

( 1858). Cette exploitation est encore insuffisante. On parcourt souvent de longues distances sans trouver de chevaux ferrés, et les roues des voitures ne le sont pas davantage. Le gvt d’Irkoutsk renferme une belle mine d’étain. Le sel s’exploite surtout près des lacs salés (lac, lelton, gvt Saratkov) : les salines de Solikamsk (Perm) donnent de beaux produits, sel gemme à Uetzk, dans les steppes d’Orenbourg. La Russie a peu de carrières : on bâtit en briques et surtout en bois; on pave avec des cailloux. Les argiles à poterie ne manquent pas. La houillo est peu exploitée (Iékatérinoslav, Toula, Kalouga).

Ethnographie et population. — La population de la Russie se compose de 112 peuplades, appartenant à sept race3 pvincipahs : 1° la race Slave, qui domine (55,200,000); elle habite le centre de la Russie d’Europe, et comprend : les Grands-Russes, au centre et au N.; les Petits-Russes ou Malo- Russes (Petits-Russes, Russniaques et Cosaque.-.); les Polonais, mêlés de Lithuaniens, à l’E. ; les Serbes, Bulgares, et autres Slaves; à l’E., sont les Lettes ou Lithuaniens

(2. 500. 000) . composés des Lithuaniens, des Lettes, des, Coures, et des Samoyiliens, au S. de la Livonie, la Courlande, la Russie-Rouge, etc.; 2° la race Finnoise (Tclwudes des Russes) compte 3,000,000 d'âmes, habite le N. de la Russie d’Europe et une grande partie de la Sibérie, et comprend une vingtaine de peuplades diverses, entre autres les Osliaks, les Mordwines, les Tchérémisses, les Permiens , et les Sumoyèdes; 3° la race Allemande , qui ne se compose guère que de la noblesse de Livonie, d'Esthonie, et de Courlande (600,000 âmes); 4° la race Turque, improprement nommée Tarlare ou Tutare (2,400,000 âmes), comprenant les Nogaïs en Crimée, les Tatnrs de Kazan, les Metsche'ries (gvt de Simbirsk), les Baschkirs (gvts d’Orenbourg et de Perm), les Kumicks (embouchuredu Térek), les Kirghiz-Kaizaks (steppes à l’E. de l’Oural), les Iakoutes sur la Léna, les Barabinzes en Sibérie, les Turkomans ou Trouchmènes dans le Caucase ; 5® les Caucasiens (2,500,000), comprenant les Arméniens, les Géorgiens, les Tclierkesses , les Abazes , les Lezghiz, les Tchetcliens, les Kistes , les Ossètes, les Kabardiens ; 6® la race Juive (1,500,000); 7® la race Mongole ou Mandchoue,

(600.000) , comprenant les Mongols et les Bouriètes de Sibérie, les Kalmoucks du Bas-Volga, les Mandehoux-Toungouses de la Sibérie orientale et ceux du Territoire de l’Amour récemment conquis sur la Chine au N. de ce fleuve.

La populat. de l’Empire russe s’accroît avec une grande rapidité, ainsi qu’on en peut juger par le tableau suivant :

, 14,000,000 hab.

, 50,000,000 hab,

La Russie d’Europe a en moyenne 12 hab. par kil. carré. La population n’est pas seulement beaucoup plus faible, elle est aussi plus inégalement répartie qu’en aucun lieu de l’Europe. Le gvt le plus peuplé est celui de Moscou (46 hab. par kil. carré); les moins peuplés sont ceux d’Astrakhan, d’Olonetz, d’Arkhangel (4 hab. par 10 kil.). La population des villes forme un peu plus du

12® de la population totale. — Sous le rapport des éléments qui la composent , la population se divise ainsi qu’il suit :

Clergé. Prêtres grecs orthodoxes 510,000

— Prêtres dissidents (grecs-unis, catholiques, etc.) 35,000

Noblesse 250,000

Etrangers de toutes classes 40,000

Populations obligées au service militaire (Cosaques, Baschkirs, Metschérièques) 2,000,000

Habitants des villes ( bourgeois, marchands,

artisans) 3,200,000

Paysans ( moujiks) :

Serfs de la couronne (anciens) 23,000,000

Serfs des nobles (anciens) 24,000,000

Armée (soldats, marins, cantonistes, et leurs

familles) 1,300,000

Peuples nomades (Kalmoucks, Ivirghiz, Turcs,

Tatars) 520,000

Dans ce tableau ne sont pas comprises les provinces caucasiennes, la Pologne, la Grande-Principauté de Finlande.

Noblesse. — La noblesse possède presque exclusivement des propriétés territoriales; avant l’abolition du servage

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(en 1861), elle disposait à sa volonté des paysans, imposait des taxes sur ses serfs, leur infligeait des peines corporelles, excepté la mort, les vendait ou les cédait il son gré, mais avec la partie du terrain auquel était attaché le serf vendu ou cédé. Chaque serf devait à son seigneur trois joins de corvée par semaine; les quatre autres jours, il pouvait les employer à mettre en produit la portion de terrain dont les fruits lui étaient abandonnés pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Un noble, quel que soit le crime qu'il commette, ne peut jamais descendre au rang de serf. Dégradé du titre de noblesse, il reste exempt des peines corporelles, des taxes pour sa personne et pour ses biens; il n’est pas même, dans ce cas, responsable des charges publiques que le souverain impose à ses sujets. Les titres de noblesse sont ceux de prince, comte, et baron. La noblesse simple est héréditaire ou personnelle. La dernière ne jouit pas de tous les privilèges de la première. Les nobles peuvent établir, dans leurs propriétés, des manufactures, des usines, etc., sans payer aucune redevance à la couronne. Tous les trois ans, les nobles s’assemblèrent, jusqu’en 1865, au ch.-l. de leurs gouvts respectifs, sur la convocation des autorités, pour entendre les propositions ou les ordres du monarque, pour élire les membres nobles des tribunaux, et pour choisir leur maréchal de noblesse distridoriale et leur maréchal de noblesse gouvernementale. Tout noble doit à l’Etat un service personnel , sous peine de déchéance de noblesse, si trois générations se passent sans que cette condition soit remplie. C’est là une mesure prise par l'empereur Nicolas 1er. Dans chaque chef-lieu de gouvernement, il est tenu un livre généalogique, où la noblesse est divisée en 8 classes, égales en droits. Une personne parvenue, dans le service civil , au rang de conseiller d’Ltat actuel 15e classe |, et, dans le service militaire, au grade de colonel 6« classe |, devient noble par ce seul fait, et transmet sa noblesse à ses enfants. Une personne qui n’atteint que des rangs inférieurs aux susmentionnés n'acquiert que la noblesse personnelle ; ses enfants ne sont pas reçus dans les écoles de la noblesse, mais on les reçoit aux universités et aux gymnases, où ils trouvent des facilités plus grandes pour parvenir eux-mêmes à la noblesse héréditaire.

Bourgeoisie. — Les bourgeois ou habitants des villes forment plusieurs catégories, qui ont des privilèges plus ou moins étendus. Ces catégories sont : 1° les roturiers ( rnznolchinnlsi |, ayant rempli un emploi dans les services militaires ou civils; 2° les négociants des trois Guildes, où, sans égard au rang, on classe tous ceux qui font le commerce et qui paient l’impôt suivant leur capital; 3° le corps des métiers ; 4° les particuliers étrangers à une ville, mais qui y sont domiciliés; 5° les habitants ' mecli- Icltané | domicilies dans une ville et y gagnant leur vie par le travail. Les 2 dernières catégories, ainsi que les marchands de la 3e guilde, ne sont pas exempts des punitions corporelles.

Paysans. — Les paysans se divisaient, avant 1861, en 3 catégories principales : 1° les paysans libres, jouissant de la liberté civile des mechtchané, mais à des degrés différents. On distinguait : les colons ou fermiers étrangers, classe alimentée par l’émigration étrangère; les Odnodvortzi , possesseurs de biens-fonds ruraux sans redevance féodale, mais payant la capitation ( obrolo , tenus au service militaire, et entièrement à la disposition de la couronne; les U'olnirllébnpuchtsi , qu'on ne pouvait priver de leur liberté individuelle, exemptés de la dîme, mais attachés à la glèbe; 2° les paysans de la couronne, payant l’obrok par chaque tête mâle, et soumis, dans quelques districts, aux corvées ; 3° les paysans des seigneurs, presque à la discrétion de ces derniers, quoiqu’il y eût des lois réglant les rapports des maîtres et des serviteurs. Le servage a été aboli le 18 février 1861. V. Russie, au Supplément.

Religions. — Toutes les religions sont à peu près tolérées en Russie; mais la liberté des cultes n’est pas reconnue en droit, et n’existe pas réellement. La population, au point de vue religieux, est ainsi divisée :

Grecs orthodoxes ou Gréco-lîusses.

Grecs-unis ou Grecs catholiques.. .

Catholiques romains

Arméniens

Luthériens

Calvinistes

Juifs

Musulmans

Bouddhistes

Chamanistes

L’église russe ne diffère de l’église grecque qu’en quelques points secondaires de discipline. L’empereur en est le chef suprême, depuis Pierre le Grand, qui abolit le patriarcat de Moscou en 1721 ■ il nomme les dignitaires et règle la discipline. Le saint-synode, dont l’institution date de 1723 , siège à Saint-Pétersbourg; il est composé de métropolitains, d’arehevêques , de deux protopresviters, dont un confes-eur de l’empereur, d’un procureurgénéral, de secrétaires, de protocolistes, etc. 1. dirige les affaires spirituelles de l’Empire et les affaires financières de l'Eglise ; son autorité s'étend sur tous les prélats, comptoirs synodaux et consistoires, sur les prêtres et sur les églises; il a la haute surveillance des ouvrages ou traités religieux, et de la censure ecclésiastique II jouit aussi d’une juridiction très-étendue en matière civile, et notamment dans toutes les causes matrimoniales. Mais ce saint-synoden'est, en réalité, qu’une administration séculière, un rouage administratif, un agent souverain du pouvoir temporel pour tout ce qui regarde l’Eglise. Le procureur supiême qui le dirige représente l’empereur; il transmet les ordres de Sa Majesté; les dignitaires du synode ne font que les consacrer et obéir. — Au-dessous du synode sont les évêques, dont les sièges, diocèses ou éparchies, ont été divisés eu 3 ordres légalement superposés dans une hiérarchie plus apparente que réelle : les métropolitains, les archevêques et les évêques. Les métropoles sont au nombre de 4 : Kiew , Novogorod-et-Saint-Pétersbourg, Moscou, et Lithuanie. Il y a 26 archevêques, et 39 évêques, dont 1 1 sutfragants. Mais tous ces évêques sont égaux devant le synode ; tous sont soumis au même pouvoir absolu, et leur pouvoir, comme leur hiérarchie, n’a rien de réel. Au-dessous d’eux sont les prêtres inférieurs, archimandrites et igoumènes, supérieurs et prieurs de couvents.

Ce clergé inférieur se divise en deux classes : le clergé séculier ou cler<ié blanc , comprenant les desservants des paroisses des villes et des campagnes, les curés, les diacres, les sacristains, et le clergé régulier ou clergé noir, qui se compose des moines. Tous les religieux appartiennent au même ordre , et obéissent à la même règle , celle de S* Basile, la seule autorisée dans l’Empire. Il y a 2 sortes de couvents reconnus par l'Etat : les couvents ordinaires ou salariés, et les couvents extraordinaires, qui ne vivent que des dons volontaires des fidèles II y a de plus 4 lavres et 7 stavmpigies ou couvents supérieurs, ün compte 463 couvents d’hommes et 118 de femmes, renfermant plus de 10,000 moines ou religieuses. Les couvents offrent auj. la partie la plus saine et la plus éclairée du clergé russe. On y trouve souvent une solide instruction , et une véritable érudition théologique. Les évêques et les moines se distinguent par un haut degré de civilisation, des manières nobles, une urbanité pleine d’élégai ce, une grande activité d’esprit, et beaucoup de zèle et de sollicitude pour les fonctions pastorales. Le haut clergé actuel compte dans son sein des prédicateurs de beaucoup dotaient, et plusieurs d’une grande éloquence ; leurs sermons ont supporté avec succès l'épreuve de l’impression et sont toujours lus et recherchés. On cite, entre autres, ceux du métropolitain Philarète, de Moscou, et de l’archevêque Innocent, de Kief. M. de Stourdza les a traduits en français ( Homélies, par le R. P. Innocent, Paris, 1846 ; Oraisons, etc., par Mgr Philarète. ibid., 1849). Le célibat est imposé au clergé noir; c'est dans son sein que l’on choisit les évêques et tous les autres dignitaires ecclésiastiques. Le prêtre séculier est marié et obligé au mariage; s’il devient veuf, il ne peut plus se remarier. Le clergé jouit d’un certain nombre de privilèges, tels que l’exemption des taxes , des punitions corporelles, et du service militaire; mais le prêtre russe ne jouit pas de la considération des hautes classes, et il n’a aucune autorité morale sur les masses. Sans biens, n’ayant qu’une faible subvention de l’Etat, il est réduitaux offrandes volontaires et aux quêtes.

En 1837, le produit de toutes les branches de revenus du clergé s’est élevé à 8,175,052 fr., c.-à-d. à 77 fr. par tête; mais cette moyenne ne s’appliquait pas à toutes les éparchies: dans certains diocèses, elle était au-dessous de 50 fr.; pour quelques autres, elle tombait à 14 et à 11 fr. De cette position précaire résultent ces conséquences tristes, c’est que le clergé manque partout en Rus.-ie; dans certaines éparchies, il y a jusqu’à 4,530 fidèles pour un prêtre et une paroisse, sur une étendue de 50 milles carrés, car les églises ne manquent pas moins que les prêtres. Puis sa dégradation est extrême : la statistique, que dressait autrefois le synode, des prêtres dégradé.- par l’autorité diocésaine ou par le synode, montre que, de 1836 à 1839, 15,443 ecclésiastiques ont été condamnés.

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non pour des fautes légères, mais pour des crimes infamants; c’est le sixième de tous les prêtres de Russie. Le gouvernement a dû suspendre la publication de ces statistiques. Une autre conséquence de cet état d avilissement, c’est la multiplication des sectes religieuses ; les plus importantes sont : les Starorers on vieux croyants, attaches aux vieilles traditions de l’église grecque ; les Skaptzt ou eunuques; les Mahknni et. les Dourlwhorzi. mystiques communistes etc. Les sectes se recrutent surtout parmi les marchands elles anc. serfs. Le tiers au moins de l’anc. population serve de l’Empire, c.-â-d 15 mil ions de sujets, sont affiliés à ces sectes, qui rêvent, à des points de vue divers, le renversement de l’ég'ise officielle. — L église catholique romaine n’a qu’un archevêque pour tout 1 Empire ; elle compte, depuis 1301, 7 évêchés: Mohilev, Wilua, Toultscha ou Samogitie , l.outsk-et Jitomir, Miuslc, Kamiuietsk, et Tiraspol; 1,110 paroisses, 340 succursales, 1,404 chapelles, (il monastères d’hommes, 51 couvents de femmes.

— Le clergé arménien a 019 églises, 310 chapelles , 40 évêques. Les églises luthériennes et réformées sont au nombre de 574. Les Juifs ont 610 synagogues, et les Mahométans 5. -96 mnsnuéns.

Gouvernement , administration centrale. Le gouvernement est monarchique absolu. Le trône est héréditaire de mâle en mâle, les femmes n’y sont appelées que dans le cas d’extinction de la branche masculine. Le souverain se nomme tzar ou empereur; on l’appelle aussi autocrate (jamoderjetz), pour marquer la plénitude de sa puissance. L’autorité du tzar, en effet, s’exerce sans contrôle : elle n’est ni définie, ni limitée par aucune loi fondamentale. Les privilèges des citoyens et ceux des castes , classes, catégories ou tribus, sont la seule barrière opposée au pouvoir de la couronne, et encore cette barrière s’abaisse, non-seulement devant la volonté de l’empereur, mais encore devant le caprice des fonctionnaires publics. La double qualité de chef politique et de pontife suprême donne d’ailleurs au tzar une autorité morale toute particulière. Dans la personne de l'empereur réside le pouvoir législatif. Le sénat dirigeant, les ministres, les magistrats provinciaux, peuvent faire des ordonnances, mais elles doivent être revêtues de la sanction impériale. Le tzar est la source de tous las titres, de toutes les dignités, aussi bien que de tous les pouvoirs exécutifs, qu’il confère à son gré à un conseil de l'Empire, au cabinet , au sénat dirigeant, et aux ministères. — Le conseil de l’Empire a la direction suprême de 1 Empire, et exerce une haute inspection sur toutes les branches de l’administration. 11 se compose des ministres, des grands-ducs ayant atteint leur majorité, et d’un nombre illimité de hauts fonctionnaires civils et militaires, appelés à y siéger par la confiance du souverain. — Au cabinet de l’empereur appartient le soin de ses affaires privées : il reçoit les pétitions, examine les dépêches, vérifie les comptes, prend connaissance du produit des mines, et annule parfois les décisions du sénat. Une section du cabinet f ime la police secrète de l’Empire. Le cabinet de l’empereur a pour chef direct et immédiat le ministre de la cour impériale. — Le sénat dirigeant est divisé en 1 1 départements dont 6 à S'-Pétersbourg, 3 à Moscou et 2 à Varsovie : ils ont chacun leur mission par.iculière. C'est l'empereur qui en choisit les membres, et qui détermine leur nombre. Il y a 2 classes de sénateurs : les sénateurs au service actif, appelés à siéger constamment dans l’un des 1 1 départements, et lesséuateurs honoraires, exemptés du service, ayant cependant la faculté d’assis er aux séances, dans tous les départements, mais sans voix délibérative. Le sénat publie les lois et ukases du monarque, veille à leur exécution, décide les questions controversées de législation, iionm e à de nombreux emp'ois civils dans les gouvernements, et est enfin le tr bunal suprême de l’Empire. Le cabinet de l’empereur seul modifie les jugements du sénat. Le fonctionnaire le plus éminent de ce corps est le procureur général, qui, entie autres dni s, a celui de s'opposer â l'exécution d’iuie décision pri e par un département. 11 doit, dans ce cas, convoquer le sénat entier, pour prononcer sur l’affaire en litige. J.e sénat a la garde des archives de l'Empire. C’est de lui que dépendent le trésorier impérial, la chambre des hérauts d’armes, le bureau du maître général des requè.es, et différents bureaux et chancelleries. — Après le sénat, vient le saiiit-sj node, cour suprême spirituelle de l’église ortho- , doxe gréco-russe ( V . plus haut). — Dix ministères se partagent l'administration de l’Empire; ce sont : les ministères de la cour, des affaires étrangères, de la justice, des apanages, de la guerre, de la marine, de l’instruction publique, des finances, et des domaines de la couroune, de l’intérieur. En outre, les postes, les pouts et chaussées et

ies voies de communication, la cour des comptes, sont gérés par des directeurs généraux, jouissant des mêmes droits et des mêmes privilèges que les ministres.

Administration provinciale Toute la Russie e*t div’sée en t'4 gouvts ( 68 en Europe, 16 pour les pays d’Atie), lesquels se subdivisent, suivaut l'étendue de leur territoire, eu plusieurs cercles ou districts (ouyézde)-, chaque cercle contient de 3 à 400,000 hab. mâles. Les gouvernements, dont plusieurs sont groupés sous l’autorité d’un même chef militaire, présentent d’énormes disproportions sous le rapport de leur étendue territoriale. Ceux de la Sibérie sont immenses ; celui d’Arkliaugel est à lui seul aussi vaste que tout l’empire d’Autriche ; la Courlande et l’Estlionie, les plus petits de tous, égalent l'étendue moyeune de 4 ou 5 des départements français.

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