RUG
RUEDA (Lope de) , poëte espagnol , né à Séville vers 1500, ns. en 1567 àCordoue, était batteur d'or. 11 réunit quelques amis , et parcourut le pays avec eux , composant et jouant des comédies. Quatre de ces pièces ont été publiées, Valence, 1567, in-8®. Rueda est un des créateurs de l'art dramatique en Espagne.
rueda-dei.-amirante , v. d'Espagne ( Valladolid ) , à 23 kil S.-E. de Léon ; 3,000 hab.
Ru ed a -me di N a v. d Espagne , prov. et à 31 kil. S. -O. de Valladolid ; 4,321 hab.
RUE1L ou RUEL, brg (Seine-et-Oise) , arr. et à 11 kil. N.-E. <le Versailles, à 17 kil. O. de Paris, prés de la Seine; 4,965 hab. C’est peut-être l’anc. Botalgensis,m\e des résidences des rois Francs; Charles le Chauve en fit présent à l’abbaye de Sl-Denis, 870. Richelieu y fit construire, vers 1635, un château encore existant, où fut condamné le maréchal de Marillac, et où la cour se retira en 1648 pendant la Fronde. L’église renferme, depuis 1814, le tombeau de l’impératrice Joséphine; la reine Hortense y a été aussi inhumée en 1837. Le domaine de la Malmaison, où Joséphine se retira après son divorce, et où elle mourut , dépend de cette commuue.
RUELLE, vge t Charente) , arr. et à 7 kil. N.-E. d’Angoulême , sur la Touvre; 1,635 hab. Fonderie impériale de canons pour la marine, créée en 1750 par le marquis de Montalembert , occupée par le gouvernement de 1755 à 1772, et achetée en 1774 par le comte d’Artois, qui l’échangea, deux ans après, avec Louis XVI , contre des forêts.
RUELLES, nom donné, pendant le xvne siècle, aux alcôves dans lesquelles on plaçait les lits. C’était là que les Précieuses recevaient les beaux-esprits ; Telles étaient assises sur leur lit.
RUF (Chanoines réguliers de SAINT-), ordre fondé en 1038, et dont le chef-d’ordre était une abbaye près d’Avignon. Cette abbaye ayant été détruite au milieu du xne siècle, le chef-lieu fut transféré dans l'ile d’Eparviére, en face de Valence.
RUFFACIi. F. Rouffach.
RUFFEC, s.-préf. (Charente), à 43 kil. N. d’Angoulême, près de la Charente; 2,963 hab. Trib. de lee instance, collège. Ruines d'un anc. château. Relie église eu style roman-fleuri. i)i-ti I leries, fahr. de kirsch renommé. Tanneries. Connu, de truffes, terrines de perdreaux et de foie gras, grains, marrons, bétail, fromages. Il s’y tint des conc.les en 1258, 1304 et 1327. Anc. baronnie, érigée en vicomté, puis en marquisat eu 1588, et cédée eu 1763 à la famille de Broglie.
RUET’l (Antoine de), historien, né à Marseille en 1607, m. en 1689, fut, en 1651, conseiller d’Etat. Un a de lui : Histoire Je Marseille , 1642, in-fol. , et , avec augmentations, 1696, 2 vol. in-fol.; Histoire des comtes Je Provence , Aix, 1655, in-fol.; Histoire des généraux des galères , insérée par le P. Anselme dans T Histoire des grands -officiers de la couronne.
Ruffi I Louis-Antoine de ) , fils du précédent , né à Marseille en 1657 , m. en 1724 , fournit au P. Lelong des notes et des renseignements pour la Bibliothèque historique de la France, et à Sainte-Marthe pour la G allia chrisliana. On a de lui : Dissertations historiques et critiques sur l'origine des comtes Je Provence, du Venaissin, de Forculquier, et des vicomtes de Marseille , 1712, in-4®.
RUFFO |l)on Fabricio) , comte de Caslelcicala , né à Naples en 1745, m. en 1 832 , s’attacha au ministre napolitain Aeton, qui l’envoya en mission eu Angleterre, devint, de 1795 à 1798, chef du tribunal d’inquisition politique, suivit la cour de Naples à Palerme en 1799, remplaça Acton comme ministre , fit déclarer la guerre à la France après la bataille d’Aboukir, prit le poste d’ambassadeur à Londres après la paix d’Amiens, et à Paris en 1815. Il y mourut du choléra.
RUFFO ( Denis-Fabricio) , dit le général-cardinal , né à Naples en 1744. d’une illustre famille, m. en 1827 , fut trésorier général de Pie VI , qui le créa cardinal, bien qu’il ne fût que diacre. Mais ayant perdu la faveur du pape , il revint dans sa patrie, où il se déclara l’adversaire d'Acton ; à la tête d’une armée ramassée à la hâte, il souleva la Calabre contre les Français en 1799, leur reprit Naples avec laide des Russes, des Turcs, et des Anglais, et, malgré son esprit naturel de modération , laissa exercer les plus cruelles vengeances. 11 fut disgracié pour s’être opposé eu 1805 à une nouvelle guerre contre la France , et ne rentra en faveur qu’en 1821.
RUFFO i Louis) , parent du précédent , cardinal et archevêque de Naples, né à St-Onuphre en 1750, m. en 1832, fit de 1 opposition au roi Joseph Bonaparte , soutint un
instant la constitution de 1820 , puis se déclara pour la politique absolutiste de Ferdinand 1er.
RUFIN , ministre de Théodose Ier et d’Arcadius. C’était un Gallo-Romain , né vers 350 à Elusa , Aquitaine) , m. en 395 ; il se fit un nom comme jurisconsulte, et sut gagner la faveur de Théodose Ier, qui le porta en 386 à la préfecture d'Orient, et en 390 au ministère des offices. Ce fut lui qui conseilla le massacre de Thessalonique en 390. En 392, il fit périr Tatien, préfet du prétoire, et s’empara de sa charge. En 394 , lorsque Théodose marcha contre Eugène , Rufin resta à Constantinople avec un pouvoir absolu. Eu 395, il prit la tutelle d’Arcadius, mais trouva dans Stilicon un rival qui aspirait à diriger les deux Empires d'Orient et d’Oceident. Rufin succomba dans cette lutte, assassiné par le Goth Gainas, à l’instigation de Stilicon. Il est resté, dans l’histoire, chargé des invectives du poëte Claudien , créature de Stilicon. S.
RUFIN, Tgrnnnius ou Torannius Riifinus , prêtre, né à Concordia ( Frioul | vers 360, m. en 410, fit une partie de ses études avec S1 Jérôme dans un couvent d’Aquilée, alla le rejoindre en Orient en 374 , fut enveloppé dans la persécution des catholiques par les Ariens , fonda, sous Théodose le Grand , un couvent surle mont des Oliviers à Jérusalem , se brouilla avec S1 Jérôme pour des dissentiments théologiques , et vint résider à Rome, puis en Sicile. On a de lui , entre autres ouvrages , des traductions latines de V Histoire ecclésiastique d’Eusèbe, Utrecht, 1474, in-fol., et des Homélies de S1 Basile, d’Origène, etc., Venise, 1500- 1503, in-fol.
RUFUS, c.-à-d. roux, surnom de plusieurs familles de l'anc. P orne, telles que les Rutilius , les Minucius , les Curtius.
RUFUS (Musonius). V. MUSONIUS.
RUFUS (Rutilius). F. RUTILIUS.
RUFUS, d’Ephèse, médecin grec, vivait probablement sous le règne de Trajan. 11 avait écrit un poëine sur la médecine, dont il reste quelques fragments dans l’édition de Dioseoride des Aide. Nous avons de lui un traité des maladies des reins , et un traité d’anatomie , où les descriptions sont faites d’après l’étude du corps du singe ; Rufus reconnaît deux ordres de nerfs , ceux de mouvement et ceux de sentiment; il estle premier qui ait décrit le ohiasma des nerfs optiques. Ses œuvres ont été publiées en grec par Jacques Goupyl , Paris, 1554, in-8»; en latin par Crasso , Venise, 1552, in-4». Henri Estienne les a reproduites dans ses Medici principes , Paris , 1567 , in-fol. Il y a une édition grecque-latine de W. Rinch, Londres, 1726, in-4®. C.-J. Matthæi en a publié nne autre; Moscou, 1806, in-8®. MM. Littré, 1844, et Daremberg, 1846, ont trouvé de nouveaux fragments. D — G.
rufus festus , appelé aussi Sextus Rufus , historien latin , qui Horissait Van 370 de J.-C. , est qualifié de personnage consulaire; mais on n’a aucun renseignement sur sa vie. Il a laissé : De lustorid romand libellus , ou Breviarium rerum gestarum poputi romani , commençant à l’origine de Rome et allantjusqu’à Jovien ; c’est un précis des victoires des Romains, et un tableau des provinces de l'Empire, faible imitation d’Eutrope et de Florus, etqui n’est exempt ni d’erreurs, ni d’anachronismes; De regionibus urbis Bomœ, catalogue très-incomplet des édifices et des principales localités de Rome. La meilleure édition du Breviarium eut celle de Guill. Münnich , Hanovre, 1815, in-8®; M. A. Dubois en a donné une traduction, Paris, 1843, in-8°, dans la Bibliothèque laline-française de Panckoucke, 2e série. F. D.-G. Molier, Disserlatio de Sexto Rufo , Altdorf, 1687, in— 1®.
RUGELEY. F. Rudgeley.
RUGBY, brg et paroisse d’Angleterre (Warivîck), à 45 kil. E.-S.- E. de Birmingham, sur l’Avon ; 3,500 hab. Ecole classique renommée.
RUGEN , Bugia, ile des Etats prussiens , dans la Baltique, à l’O. de l’embouchure de l’Oder, séparée de la côte de la prov. de Poméranie par un détroit de 2 à 3 kil. de large; 935 kil. carrés; 55 kil. sur 42; 35,000 hab. Ch.-l. Bergen. Côtes très - découpées , d’accès difficile, et sans bons ports. Le sol rappelle celui de la Scandinavie : on y trouve des lacs, des bois de hêtres et de sapins, des tertres funèbres que le peuple appelle tombeaux des Huns . On y trouve beaucoup d'antiquités germaniques. — Rugeu fut le berceau des Rugiens, et le siège principal du culte d'Ilertha et de Svantovit. Ses habitants, redoutables par leur intrépidité et leurs pirateries, furent écrasés au XIIe siècle par les Danois et les Poméraniens réunis, et ce fut alors seulement que 'VValdemar 1er, roi de Danemark, put y faire triompher le christianisme Rugeu passa aux ducs de Poméranie en 1478, aux Suédois en 1648.