SALINS (CHATEAU-). V. CHATEAU-SALINS
SALIQUE (Loi), collection de coutumes judiciaires suivies chez les Francs Saliens. Les plus anciens textes, qui passent pour avoir été rédigés avant l’établissement des Francs en Gaule, ou tout au moins avant leur conversion au christianisme, ne contiennent que 65 titres; dans les plus récents, le nombre varie de 68 à 400. Les rédactions les plus célèbres sont celles qui portent les noms de Clovis, de Dagobert (la lre qui nous soit parvenue), et de Charlemagne. Des cinq textes recueillis par Pardessus, quatre sont en latin mêlé de mots germaniques, un seul en latin sans mélange de mots barbares ; tous paraissent avoir été rédigés depuis le vne siècle. La loi salique fait quelques allusions incomplètes à des institutions politiques, renferme un assez grand nombre d’articles relatifs au droit civil, mais surtout comprend une multitude d’articles relatifs au droit pénal; elle entre dans les plus minutieux détails sur les vols, violences, blessures et meurtres, tous crimes contre lesquels il n’est d’autre sanction que la mort (les cas sont très-rares), le Wehrgeld et le- Fredum. La valeur de la composition varie suivant l’ori-
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gine et le rang des personnes. Il est question, dans la loi salique, des Epreuves judiciaires ou Ordalies, de Conjurateurs chargés d’attester la vérité ou la fausseté des assertions des parties, enfin de formes symboliques , communes à toutes les lois barbares. Elle semble avoir régi les Francs de la Neustrie, concurremment avec la loi romaine, jusqu’à l’époque du démembrement de l’Empire de Charlemagne. Le souvenir ne s’en perdit jamais complètement, et une interprétation forcée de l’article sur la part des femmes dans les successions a donné naissance à la fameuse loi salique sur l’exclusion des femmes de la succession au trône, loi fondamentale de la monarchie française depuis le xive siècle. Philippe le Long la fit invoquer, en 1316, pour succéder à Louis X, au préjudice de la fille de ce prince. A. C.
SALIS (Ulysse, baron de), d’une anc. famille du pays des Grisons, né en 1594, m. en 1674, entra au service de Venise, se fit remarquer au siège de Gradiska, obtint le grade de colonel pendant les troubles de la Valteline, conduisit une compagnie des gardes-suisses au siège de La Rochelle, fut employé dans la Valteline sous le duc de Rohan, passa ensuite à l’armée des Pays-Bas , reçut le brevet de maréchal-de-eamp et le gouvernement de Coni, prit part aux sièges de Nice et de Tortone, et obtint sa retraite en 1643. Il a laissé des Mémoires (manuscrits), qui l’ont fait appeler par Haller le Polybe des Grisons. B.
salis ( Charles-Ulysse de), né en 1726, dans le canton des Grisons, m. en 1800, eut plusieurs emplois publics dans sa patrie, entre autres celui de chargé d’affaires de France, fit arrêter, en 1792, l’ambassadeur français Sémonville, et le livra aux Autrichiens. Quand les Français furent maîtres de la Suisse, on confisqua ses biens, et on le condamna à mort; il s’enfuit à Vienne. Il a laissé : Mémoires pour servir à l'histoire de la science naturelle et de l’économie domestique des Deux-Siciles, Zurich, 1790,2 vol. in-8° ; Fragments de l'histoire politique de la Valteline, 1792, 4 vol. in-8° ; Voyage en diverses provinces du royaume de Naples, 1793, livre où il s’occupe beaucoup d’agriculture et d'histoire naturelle; Archives hislorico-statisliques pour les Grisons, 1799, 3 vol. in-8°; Galerie des malades souffrant de nostalgie, 2e édit., 1804, 3 vol. in-8° ; OEuvres posthumes, Winterthur, 1803-04, 2 vol. in-8°. B.
SAL1SBURGUM, nom latin de Salzbourg.
SALISBURY ou NEW-SARLTM, cité-comté d’Angleterre, capitale du comté de Wilts, sur l’Avon, à 34 ldi. O. de Winchester, 150 O.- S.- O. de Londres, sur le chemin de fer du S. -O.; 11,626 hab. Entourée de murs et bien bâtie; ruisseaux d’eau vive dans la plupart des rues. Evêché. Belle cathédrale, de 1283 , avec de curieux tombeaux, dans la partie de la ville appelée la Close. Ecole de sages-femmes. Les manufactures de lainages et la coutellerie de cette ville ont décliné. Un canal l’unit à Southampton. — Fondée en 1217, lors du déplacement du siège épiscopal, primitivement à Old-Sarum, à 3 kil. au N. Plusieurs parlements y furent tenus aux xme et xive siècles. A 15 kil. N.- N. -O. est le temple druidique de Stonehenge.
salisbury, brg des Etats-Unis (Massachusetts), à 57 kil. N.-E. de Boston, sur la Merrimack; 3,000 hab. Construction de navires. — brg des Etats-Unis (Connecticut), à 40 kil. N. -O. de Litchfield; 2,600 hab. Usines à fer.
salisbury (Jean de), Johannes Sarisberiensis, moine anglais, né à Salisbury vers 1110, m. en 1180, suivit en France les leçons d’Abélard, prit les ordres à son retour en Angleterre, fut quelque temps attaché à l’église de Cantorbéry, fit un voyage en Italie, où les papes Eugène III et Adrien IV l’accueillirent avec distinction, devint ensuite secrétaire de Thomas Becket, dont il partagea l’exil sur le continent, remplit quelque temps les mêmes fonctions auprès d’Alexandre III , qui était venu aussi chercher un asile en France, et devint évêque de Chartres en 1176. Ses ouvrages dénotent une grande érudition; les principaux sont : Polycruticus, sire de nugis curalium et vesliyiis pliilosophorum lib. vm, Cologne, 1475, trad. en français par Mézeray, sous le titre de Vanités de la cour, 1640, in-4°; Metaloyicus, Paris, 1610, traitant de l’utilité des lettres et des arts; Vita sancti Anselmi , insérée dans VAnglia sacra de Warton; Vie de St Thomas de Cantorbéry ; 302 Lettres, Paris, 1611, in-4°. B.
SALIVAHANA. V. Vicramaditya.
SALLA. V. Sebilah.
SALLANCHES. V. Sallenciie.
SALLE (La). V. La Salle.
SALLE (Jacques-Antoine), jurisconsulte, né à Paris en 1712, m. en 1778, a écrit des ouvrages estimés : l’Esprit des ordonnances de Louis AF, Paris, 1754, 3 vol. in-12; l’Esprit des ordonnances de Louis XIV, 1758, 2 vol. in-4°;
Traité des fonctions des commissaires du Châtelet, 1760, 2 vol. in-4°; Nouveau code des curés , 1780, 4 vol. in-12.
SALLENCHE ou SALLANCHES, ch.-l. de cant. (Haute- Savoie), arrondiss. et à 40 kil. S.-E. de Bonneville, près de l’Arve; 1,600 hab. Brûlée en 1519, 1768 et 1840.
SALLENGKE (Albert-Henri de), littérateur', né à La Haye en 1694, d’une famille de réfugiés protestants français, m. en 1733, fut avocat de la cour de Hollande, conseiller du prince d’Orange, commissaire des finances des Etats-Généraux, fit deux voyages en France, après le traité d’Utrecht et en 17 17, et fut reçu à la Société royale de Londres. On a de lui: Eloge de l'ivresse, 1714, in-12, badinage agréable souvent réimprimé; Histoire de P. de Monlmaur, 1715, 2 vol. in-8°; Mémoires de littérature , 1715- 17, 4 part, en 2 vol. in-12, que continua Desmolets; une édition des Poésies de La Monnoye, 1716, in-12; Discours sur la vie et les ouvrages de Méziriac, dans les Commentaires de cet auteur sur Ovide, 1716, 2 vol. in-8°; Novus thésaurus antiquitatum Romanarum, Amsterdam, 1716, 3 vol. in-fol., faisant suite et servant de complément au recueil de Grævius; Essai d’une histoire des Provinces-Unies pour Paru née 1621, in-4°, 1728. Il eut part au Journal de La Haye, 1613-22, et au Chef-d’œuvre d’un inconnu de Saint- Hyacinthe. B.
SALLES (Jean-Baptiste), né en Lorraine vers 1760, m. en 1794, était médecin à Vézelize, lorsqu’il fut envoyé par le tiers-état de Nancy aux Etats - Généraux de 1789. Zélé partisan des sociétés jacobines, unissant aux idées démocratiques le respect de la royauté, il défendit l’inviolabilité de Louis XVI apres son retour de Varennes. Député à la Convention, il déclara le roi coupable, mais proposa le pi’emier l’appel au peuple, vota pour la détention jusqu’à la paix, et enfin pour le sursis à l’exécution. Proscrit au 31 mai comme Girondin, mis hors la loi le 8 juillet, il erra dans plusieurs départements, fut arrêté à Bordeaux le 19 juin 1794, et décapité le lendemain. J. P.
salles, vge (Gironde), arr. et à 40 kil. N. -O. de Bordeaux; 3,759 hab.
salles-sur-l’hers, ch.-l. de cant. (Aude), arr. et à 22 kil. O. -S. -O. de C’astclnaudary ; 624 hab.
SALLES-COM I AUX OU SA LLLS— LA-SOURCE, Vge (Avey-
ron), arr. et à 15 kil. N.-N-O. de Rliodez; 2,518 hab. Il y a plusieurs belles cascades et une superbe grotte. Filature de laine, minoterie.
salles-cukan, ch.-l. de cant. (Aveyron), arr. et à 34 kil. N. -O. de Milhau; 1,238 hab.
SALLIER (Claude), philologue, né en 1685 à Saulieu (Bourgogne), m. en 1761, fit de bonnes études classiques à Dijon, embrassa l’état ecclésiastique, vint à Peïss, où il fit l’éducation du fils de la comtesse de Rupelmonde , apprit l’hébreu, le syriaque, l’italien, l’espagnol et l’anglais, fut admis à l’Académie des Inscriptions en 1715, à l’Académie Française en 1739, obtint la chaire d hébreu au Collège de France dès 1719, et fut encore, en 1721, garde des manuscrits de la Bibliothèque du roi, dont il rédigea, avec Boudot, le catalogue des livres imprimés. Il était membre de l’Académie de Berlin et de la Société royale de Londres. On a de lui, dans le recueil des Mémoires de l’Académie des Inscriptions ; des Remarques ou Corrections sur des tragédies de Sophocle et d’Eschyle, sur des opuscules de Plutarque et certains passages de Plat»n , Euripide, Longin, Suidas, Cicéron, etc.; des traductions de quelques Odes de Pindare , et de plusieurs écrits de Platon ; des Recherches historiques et biographiques sur plusieurs personnages anciens et modernes. B.
SALUES. V. Salies.
SALLO (Denis de), conseiller au parlement de Pans, né à Paris en 1626, m. en 1669, est le fondateur du Journatdes Savants. Sa critique décente et raisonnée ne laissa pas que de soulever contre lui les auteurs. On lui proposa de se soumettre à la censure ; sur son refus , on lui retira son privilège. Le journal fut repris, à cette condition, par l’abbé Gallois, et, après celui-ci, continué par Laroque, le président Cousin , etc. Sallo fut dédommagé par un em ploi dans les finances, que lui donna Colbert. 11 était humain et bienfaisant , et la bonté de son cœur égalait son savoir. C. N.
SALLUSTE, Catus Crispus Salluslius, historien latin, né à Amiternum, dans le pays des Sabins, l’an 668 de Rome, 85 av. J.-C., m. l’an 718, était d’une famille plébéienne; il reçut une belle éducation , qui ne développa en lui que le germe des talents et non celui des vertus. 11 passa sa jeunesse à Rome au milieu des prodigalités et de la licence , fut questeur et tribun du peuple, servit les fureurs de Clodius, se laissa surprendre en adultère avec Fausta, femme de Milon, et fut exclu du sénat, l’an 704,
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par les censeurs, sous le prétexte de cette aventure scandaleuse, mais en réalité à cause de ses opinions démagogiques. Ce fut alors que, condamné au repos, il chercha une occupation dans la culture des lettres , et écrivit la Conjuration de Catilina. Une année après, il devint un des agents de César, qui l’employa en Afrique , comme propréteur, puis le nomma, en 45, proconsul de Numidie, où il commit les plus affreuses exactions. De retour à Rome, ses anciens administrés l’y accusèrent de concussion. Il fut acquitté, malgré l’évidence des faits, mais par l’influence de César, auquel il abandonna des sommes considérables. Après la mort de César, Salluste se retira dans une riche maison, accompagnée de magnifiques jardins, sur le mont Quirinal, et se livra exclusivement aux lettres. Ce fut là qu’il écrivit, l’an 709, la Guerre de Jugurlha, dont il avait conçu le projet et commencé les études sur les lieux mêmes pendant son proconsulat de Numidie. Peu après, il entreprit la composition d’une Histoire de Kome depuis la mort de Sylla, ouvrage perdu, et dont il ne reste que des fragments. Les anciens plaçaient Salluste parmi les quatre grands historiens , quelquefois à leur tête. L’histoire, pour lui, est, avant tout, une composi tion littéraire ; aussi est-il surtout remarquable par les qualités de l’écrivain, vigueur du style, verve du récit, expression des portraits et des personnages. Mais les faits, surtout dans la Conjuration de Catilina, ne sont pas toujours clairs ; on a peine à comprendre le sens, la portée" du complot, et comment il a failli réussir. Dans la Guerre de Jugurlha, ouvrage bien supérieur au précédent, les lieux sont décrits d’une façon vague, mais les manœuvres sont bien expliquées. Les discours de Salluste sont un modèle d’élocjuence serrée et concise : il imite beaucoup Caton , dont il reproduit des mots et des tours avec quelque affectation. On lui attribue aussi deux Lettres ù César, sur le gouvernement de l’Etat ; elles renferment de belles idées, mais beaucoup de flatteries. Les principales éditions de Salluste sont celles de Rome, 1470 ; d’Elzevir, Amsterdam, 1034; Cum notis varinrum, Amst., 1674 et 1690, in-H°; Ad usum Deljihini , 1679, in-4°; de Cortius, Leipzig, 1724, in-4° ; d’Havercamp, Amst., 1742,2 vol. in-4° ; de Barbou, Paris, 1744 et 1761; de Deux-Ponts, 1779; de Kuhnhardt, Leipzig, 1809, 2 vol. in-8® ; de O.-M. Müller, Zullichau, 1821, in-8®; de Gerlach, Bâle, 1823- 1831, 3 vol. in-4°; de Burnouf, dans la Bibliothèque latine de Lemaire, Paris, 1821; de Planche , 1825; de Frotscher, Leipzig, 1825, in-8»; de Kritzius, Leipzig, 1828-34, 2 vol. in -H», etc. Les principales traductions françaises sont celles de Dotteville, de Beauzée, de Mollevaut, de Billecoq (Catilina seul), de Dureau de la Malle, 1808; de Durozuir, dans la Bibliothèque latine- française de Panckouclte, 1833-35, 2 vol. in-8"; de M. Parisot, 1837-38, 2 vol. in-12; de M. Gomont, 1855, 2 vol. in 8°; de M. Croizet, 1850, in-12; de M. Moucourt, 1855, 1 vol. gr. in - 18 ; cette dernière est une des plus remarquables. V. Briegleb , De Brevilate Sallustii , Cobourg, 1774, in-4®, et De in /euio philosophico Sallustii, ibid., 1779. D — R.
salluste , Serundus Salluslius Promotus, philosophe, né vers le commencement du iv® siècle, fut préfet des Gaules «ous Constance, obtint l’amitié de Julien, qu’il suivit en Orient, devint son collègue au consulat en 363, et, après la mort de cet empereur, refusa la couronne que lui offraient les soldats. Un lui attribue le traité grec des Dieux et du Monde , publié, avec une version latine d’Allatius et des notes d’Ilolstenius, par Gabr. Naudé, Rome, 1638, et parJ.-C. Orelli, Zurich, 1821, et trad. en français par Formey, Berlin, 1748, in-8®. B.
salluste , le dernier philosophe cynique, né à Emèse (Syrie), avait été élève de Proclus. Quelques uns lui ont attribué , sans raison , le traité des Dieux ( V. l’art, précédent).
SALLUVIENS. V. Salves.
SAI.M , nom de deux comtés d’Allemagne, autrefois indépendants : le Haut-Saint ( Ober-Salm ), dans les Vosges, sur les frontières de l’Alsace et de la Lorraine , ch.-l. Sénones ; — et le Bas-Salm ( Nieder-Salm | , dans les Pays- Bas, sur les frontières des provinces de Liège et de Luxembourg, ch.-l. Saint, sur une rivière de même nom, à 40 kil. S.-E. de Liège, 10 S. de Stavelot, et 46 N.-N.-E. de Neutchâteau ; 3,000 liait. Importantes carrières d’ardoises et de pierres à aiguiser. — La maison de Salm, qui possédait, outre les deux comtés de ce nom, plusieurs autres domaines sur la rive g. du Rhin, remonte au IXe siècle. En 1040, elle forma deux lignes : la ligne aînée de Haut -Salm, dont la branche directe s'éteignit au xvi i° siècle, et dont une branche collatérale forma les maisons de Salm -Salua, de Salm - Kyrbourg , et de Salm-
Horstmar ( depuis 1816 ) ; et la ligne cadette de Bas-Salm, dont la branche directe s’éteignit en 1413, et dont la branche collatérale de Reifferscheid forma, à partir de 1629, les maisons de Salm-Reitferscheid, Salm-Ivrautheim, Salm-Hainspach , Salm-Raitz , et Salm-Dyck. Tous les princes de Salm ont été médiatisés en 1802 et en 1810 : ceux de Salm-Salm, de Salm-Kyrbourg, et de Salm-Horstmar, dépendent de la Prusse ; ceux de Salm- Reifferscheid, de Salm-Krautheim, et de Salm-Dyck, relèvent du Wurtemberg et du grand-duché de Bade.
Salm-Kyrbourg | Charles-Théodore-Othon, prince de), m. en 1710 , eut le grade de général dans les armées de l’Autriche, fut chargé de l’éducation du prince Joseph, fils de l’empereur Léopold 1er, arriva au poste de premier ministre, et y renonça pour achever ses jours au milieu des exercices de la piété.
salm-kykbourg (Frédéric de), né à Limbourg en 1746, m. en 1794, fixa sa résidence à Paris, on l’hôtel qu’il fit bâtir est devenu le palais de la Légion d’honneur. En 1787, s’étant fait donner, par le ministre de Galonné, le brevet de maréchal de camp et le capital d’un traitement de 40,000 livres, il alla se présenter, comme un agent de la France, aux Hollandais insurgés, et laissa prendre Utrecht par les Prussiens. De retour en France, il se jeta dans le parti de la Révolution, prit du service dans la garde nationale parisienne, et n’en périt pas moins sur l’échafaud.
SALM-DYCK (Joseph, prince de), né en 1773 au château de Dyck, près de Neuss, se vit enlever ses Etats par le traité de Lunéville en 1802. 11 a fondé à Dyck un jardin botanique.
salm-dyck (Constance de théis, princesse de), femme du précédent, née en 1767 à Nantes, sa. en 1845. Son père, littérateur instruit, dirigea son éducation. Elle montra beaucoup de goût, non-seulement pour la poésie, mais pour les langues et les sciences exactes. A 18 ans, elle composa la jolie romance Bouton de Rose ( musique de Pradher). Mariée avec M. Pipelet de Leury, 1789, elle se fixa à Paris. Son opéra de Sapho, joué en 1794, avec musique de Martini, eut plus de 100 représentations: Camille, drame en vers, 1800, n’obtint aucun succès. Il n’en fut pas de même des épitres en vers ( Epitre aux femmes, Epitrcs à Sophie, etc.), et des Eloges de Sedaine, de Lalande, etc., qu’elle lut dans les sociétés littéraires dont elle faisait partie. M.-J. Chénier l’appelait la Muse de la Raison; on l’a surnommée encore le Boileau des femmes; épithètes fort justes, car ses poésies brillent moins par le sentiment que par l’élévation, la noblesse des idées, et par une sage philosophie. Elle épousa en secondes noces, 1802, le prince de Salm-Dyck, mariage brillant qui n’altéra point son caractère simple ni sa passion pour l’étude. Elle composa alors plusieurs épitres, Epitre aux souverains absolus, 1808, Mes soixante ans , 1833, Vingt-quatre heures d'une femme sensible, 1825. Ses œuvres ont été réunies en 4 vol. in-8®, Paris, 1842. Une 2e édition des Pensées de Mme de Salm, ouvrage très -remarquable et qu’elle a travaillé toute sa vie, a paru en 1846, avec préface par M. de Pongerville. Elle se proposait de publier sa Correspondance et des Mémoires sur sa vie ; ces ouvrages sont restés inédits. G. D.
SALMACIS, naïade de Carie, obtint des dieux de ne faire qu’un avec Hermaphrodite (F. ce moi).
SALMANASAR, roi d’Assyrie ou de Ninive, 730-712 av. J.-C., fils et successeur de Téglath-Phalazar, prit Samarie, renversa le royaume hébreu d’Israël, envoya la plus grande partie du peuple Juif en captivité sur les bords du Tigre, le remplaça en Palestine par des colonies du centre de l’Asie, dont le mélange avec les anciens habitants forma le peuple samaritain, mais ne put soumettre Tyr. Son fils Sennachérib le remplaça.
SALMANT1CA , v. d’Hispanie (Lusitanie) , chez les Vettons; au,). Salamanque.
SALMAS1US, nom latinisé de Saumaise.
SALMERON (Alphonse), l’un des fondateurs de la Société de Jésus, né à Tolède en 1515, m. en 1585, fit de fortes études à l’Université d’Alcala, acheva ses cours de philosophie et de théologie à Paris, et s’y lia avec Ignace de Loyola , qui le choisit pour un de ses coopéra b :urs ; il parcourut l’Italie, l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas et la France, signalant partout son talent pour la controverse, et combattant les novateurs, fut nonce apostolique en Irlande, l’un des orateurs du Saint-Mége au concile de Trente, et supérieur de son ordre. On a de lui des commentaires estimés sur le Nouveau - Testament, Madrid, 1547-1602, 16 tomes en 8 vol. in- fol.
SALMON (Jean!, poëte, surnommé Maigret, en latin Macrinus, né à Loudun en 1490, rn. en 1557, fut précepteur des enfants du duc René de Savoie, et valet de cham-