‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 472 sur 864 · SC Y · texte numérisé non relu

SC Y

SCY

4 fi*. 70 c. eu Sardaigne; 7 fr. 07 c. en Piémont; 5 fr. 10 c. en Sicile; 6 fr. 70 c. à Venise.

SCULTENNA, riv. d’Etrurie; auj. rcinaro.

SCULTERI ou SELTER1, peuple gaulois qui faisait partie des Salyes. Son nom se retrouve dans celui de Sterel ou Esterel , au N. d’Antibes.

SCULTET (Jean), chirurgien, né en 1595 à Ulm , m. en 1045, fils d’un simple batelier, étudia à Padoue sous Marchettis et Spigel , et pratiqua la chirurgie dans sa ville natale. Il a perfectionné les instruments de chirurgie. Son nom est resté attaché à un appareil employé encore aujourd’hui par beaucoup de chirurgiens pour les fractures des membres, appareil assez compliqué et dont l’utilité est fort contestée. On a de Scultet un ouvrage dans lequel il décrit les instruments de chirurgie employés de son temps, et dont un grand nombre sont abandonnés maintenant: Armamentarium chirurgicum , Ulm, 165.3, in-fol., traduit en français par Deboze, sous le titre d Arsenal de chirurgie , Lyon, 1675, in-4°. D— g.

SCURCULA ou SCRUCCULA, Excubiœ, br" du royaume d’Italie , dans la province et à 30 kilomèt. S. d’Aquila ; 3,045 hab. Victoire, dite aussi de Tagliacozzo, remportée par Charles d’Anjou sur Conradin, en 1268.

SCUTA RI, anc. Scodra, en turc Shodar, v. forte de la Turquie d’Europe (Roumélie), au confluent de la Bojana et du Drinassi, à l’extrémité S. du lac de son nom (ànc. Labeatis palus), à 750 kil. O.-N.-O. de Constantinople, à 28 kil. de la mer; 20,000 hab. Ch.-l. d’eyalet; évêché catholique. Elle occupe un immense espace; mais ses maisons sont isolées. Château-fort, résidence du pacha. Fabr. d armes et de coton. Comm. important. Exportation de laine, soie, peaux de cordouan, de moutons, agneaux, lièvres; cire, graine de lin, bois de teinture. Prise par Mahomet II en 1479. — L’eyalet de Scutari, situé sur la frontière de la Dalmatie , a 250 kil. sur 220, et environ

600.000 hab., belliqueux et difficilement gouvernés par la Porte, contre laquelle ils se révoltèrent en 1831.

scutari, en turc Isltudar , anc. Chrysopolis , v. de la Turquie d’Asie (Khodawendiguiar) en face de Constantinople, à 2 kil. E. de la Pointe du Sérail; pop. variant de

30.000 à 60,000 hab. Elle est magnifiquement située, bâtie en amphithéâtre, avec de belles mosquées, des jardins superbes, des bains et des bazars remarquables. C’est le séjour de plaisance du sultan, qui y a un château, et des Turcs de distinction, qui aiment aussi à être enterrés dans ses cimetières, les plus beaux de l’Empire. Les caravanes partant pour la Perse et l’Arménie, ou pour le pèlerinage de La Mecque, s’y donnent rendez-vous. A l’O. de la ville, on voit sur un rocher le Kis-Kalessie ou Tour de Léandre.

SCUTUM, grand bouclier quadrangulaire convexe, à l’usage de la grosse infanterie légionnaire des anc. Romains. Il était long de 4 pieds et large de 2 1/2 |1®,18 et 0m,74), composé de 2 planches de bois blanc, léger, recouvertes par une toile puis par un cuir de veau, et renforcé sur les bords par une bande de fer. Le Scutum ne devint en usage dans les armées romaines qu’après l’an 349 de la ville ; auparavant, l’infanterie n’avait que de petites parmes (V. Parme). C. D— t.

SCYLACEUM ou SCYLACIUM, auj. Squillace, v. de l’anc. Brutium, à TE., sur le golfe Scylacique, avait été fondée par les Athéniens. Patrie de Cassiodore.

SCYLAX, navigateur grec, né à Caryande (Carie), fut chargé par Darius Ier de reconnaître le cours de l’Indus depuis Caspatyrus dans la Pactyice (pays de Kachmir) jusqu’à son embouchure. Arrivé à ce point, il continua sa route vers l’O., et reconnut les côtes méridionales et occidentales de l’Arabie jusqu’au fond du golfe Arabique. Cette navigation, qui avait duré 30 mois, est la lre tentative que firent les Grecs pour pénétrer dans l’extrême Orient, et elle ouvrit la route à Néarque, et plus tard à Hippalus. On a, sous le nom de Scylax, un Périple , description sommaire des côtes de la Méditerranée, de la Propontide, du Pont- Euxin et du Palus-Méotide, ainsi que des côtes Libyques hors du détroit de Gadés jusqu’à l’ile de Cerné. Ce Périple, d’une sécheresse extrême, ne contient que les noms des peuples et des pays rangés l’un après l’autre, et ceux de quelques villes intérieures et maritimes, dont la mention est rarement accompagnée d’un détail historique; il est terminé par deux morceaux fort courts, qui paraissent des hors-d’œuvre : l’un est l’énoncé des distances d’une ile à l’autre, depuis Rhodes jusqu’à l’Eubée et Cythère ; l’autre contient les noms des îles de la Méditerranée dans Tordre de leur grandeur. Ce Périple n’est pas d’un seul auteur ; c’est une compilation, faite sans art, de matériaux d’époques très-différentes. Ainsi, la description de l’Asie-Mineure ne présente aucune indication postérieure à 409 ; l’Egypte et

la côte d’Afrique jusqu’aux Colonnes d’Hercule, aucune postérieure à 450, tandis que les indications relatives à la Grèce se placent entre 363 et 345, et la description des côtes Libyques au-delà du détroit est prise dans le Périple d’Hannon. Le Périple de Scylax a été publié dans les recueils des Petits géographes d’Hœschell, 1600; d’Isaac Vossius, Amsterdam, 1639; d’Hudson, Oxford, 1698; de Weigel, Leipzig, 1807; et de J. -F. Gail, 1826; par E. Miller, Paris, 1839; Ch. Muller, 1855, dans la collection grecque de Didot; B. Fabricius, Dresde, 1848. V. les articles de Letronne sur Scylax dans le Journal des Savants, 1826 ; et M. D’ Avezac , Grands et petits géographes grecs et latins, 1856, dans les Nouvelles Annales des voyages. C. P.

SCYLITZËS (Jean), historien byzantin, né en Thrace au xie siècle, occupa plusieurs dignités à Constantinople, et parvint à celle de curopalate ou gouverneur du palais. Il continua l’Histoire de Théophane, en grec, de 811 à 1081. Un abréviateur, Jean Cedrenus, inséra presque tout cet ouvrage dans sa Chronique. T. Byzantine.

SCYLLA , nymphe sicilienne , fut aimée de Glaucus , dieu marin. La magicienne Circé la métamorphosa par jalousie en un monstre horrible; Scylla désespérée se jeta dans la mer qui a gardé son nom sur la côte d’Italie , et où ses cris effrayaient les mariniers. Elle fit périr les vaisseaux d’Ulysse pour se venger de Circé. En face de l’écueil de Scylla, sur la côte de Sicile, se trouve l’écueil de Charybde ( V. ce mot ) , également redouté des anciens, d’où le proverbe : ■< Tomber de Oharybde en Scylla. »

scylla , fille de Nisus ( V. ce mot).

scylla ou scyllæum, auj. Siglio, ancienne ville du Brutium , près du rocher de même nom. Fondée, dit-on, par Anaxilas, tyran de Rhegium.

SCYMNUS , de Chio, géographe du 1er siècle av. J.-C., est l’auteur supposé d’une Périégèse ou description géographique, en vers ïambiques grecs , des côtes septentrionales de la Méditerranée. Ce petit poëme se compose de deux parties distinctes, trouvées dans deux manuscrits différents : Tune, de 742 vers , souvent défectueux, conduit le lecteur depuis les Colonnes d’Hercule , le long des rivages d’Europe , jusqu’au pied du mont Hémus en Thrace , sur le Pont-Euxin ; l’autre, de 238 vers , continue le périple de cette mer. Ces fragments étaient attribués par les premiers éditeurs à Marcien d’Héraclée , puis à Scymnus , d’après deux citations faites par Etienne de Byzance. Meineke a démontré que ces citations étaient sans valeur. Si l’auteur demeure inconnu , l’époque du poëme est déterminée par la dédicace qui en est faite au dernier roi de Bithynie, Nicomèdein, qui régna de 91 à 76 av. J.-C. Il a été publié dans les différents recueils des Peils géograpliesde Hœschell, 1600; Hudson, 1698; et Gail, 1826; par Miller, 1839; Letronne, 1840; B. Fabricius, 1846; Meineke, 1846; Ch. Muller, 1855 , dans la Collection grecque de Didot. V. M. d’ Avezac, Grands et Petits géographes grecs et latins , 1856. C. P.

SCYPHIOS , nom du cheval que Neptune fit naître en frappant le sol avec son trident , lors de sa dispute avec Minerve pour donner un nom à la ville de Cécrops.

SCYRON , fameux brigand de l’Attique , fils d’Eaque et beau-frère de Télamon, dépouillait les passants sur la route d’Athènes à Mégare , les précipitait dans la mer, et les laissait dévorer par des tortues , qu’il engraissait ainsi pour rendre leur chair plus délicate. Thésée le tua.

SCYROS, auj. Skyro, île de l’Archipel, au N.-E. de l’Eubée , avec une ville du même nom , fut habitée primitivement par des Pélasges , des Cariens et des Dolopes. Elle est célèbre dans les temps héroïques par le séjour d’Achille, que sa mère avait caché parmi les filles de Lycomède , et par la mort de Thésée , dont les restes fnrent ensuite rapportés par Cimon à Athènes. Conquise par ce général en 469, et soumise aux Athéniens qui, après l’avoir perdue à 1a. suite de la guerre du Péloponèse, la recouvrèrent à la paix d’Antaloidas, en 387, elle fut de nouveau perdue pour eux après la guerre Lamiaque , et passa aux rois de Macédoine , à qui Rome l’enleva en 196 pour la rendre aux Athéniens. Au moyen âge, elle fit partie du duché de Naxos, puis de l’Empire ottoman, et, depuis 1821, du royaume de Grèce (nome d'Eubée). Elle produit du blé, de l’orge, surtout du vin ; elle est abondamment pourvue de bois , lentisques, myrtes, lauriers-roses. On y trouve de nombreux troupeaux de moutons, beaucoup de gibier, et toutes ses roches donnent des fontaines d’une eau excellente; 65 kil. car. ; 2,000 hab. C. P.

SCYTALE (du grec skulalè, fouet de cuir), bande de cuir ou de parchemin, employée par les magistrats de Sparte pour correspondre avec les généraux d’armée. Ils la roulaient autour d’un bâton, de manière qu’il n’y eût

SCY

SCY

aucun vide, écrivaient ensuite dans le sens de la longueur du rouleau, et l’envoyaient couverte de caractères. Le général avait un bâton semblable, autour duquel il appliquait la baude, et retrouvait ainsi l’ordre naturel des lignes et des signes.

SCYTHES, nom donné par les anciens aux populations qui ont occupé le N.-E. de l’Europe et le N.-O. de l’Asie, depuis les temps historiques jusqu’au vne siècle de J.-C., bien que, durant cet intervalle, elles aient appartenu à des races différentes. Le nom de Scythes, pas plus que celui de Saces, qui leur était donné par les Perses, n’était point leur nom national; Hérodote dit qu’ils s’appelaient eux-mêmes Scolotes. Selon Justin, ils disputaient aux Egyptiens l’honneur d’être le plus ancien peuple de la terre, et avaient soumis l’Asie à un tribut, longtemps avant Niuus, roi d’Assyrie; mais, au témoignage d’Hérodote, ils ne s’attribuaient que mille ans d’existence antérieurement à Darius Ier. Diodore de Sicile nous les montre d'abord très-peu nombreux, et occupant un territoire assez restreint sur les bords de l’Iaxarte, puis soumettant toutes les tribus jusqu’au Tanaïs et au Palus-Méotide à l’O., jusqu'au Caucase au S. Ces Scythes primitifs étaient vraisemblablement de l’ace Arienne on Indo-Germanique, et de famille Iranienne, ainsi que les Mèdes, les Baetriens et les Parthes. Vers 625, ils franchirent le Tanaïs, envahirent le pays des Cimmériens, et, en les poursuivant, passèrent le Caucase, et entrèrent en Médie. Ils trouvèrent le roi des Mèdes , Cyaxare Ier, assiégeant Ninivë, lui firent éprouver une déroute complète, et enlevèrent aux Mèdes. pendant vingt-huit ans, l’Empire de l’Asie. Ils ne s’arrêtèrent qu’aux frontières de l’Egypte , d’où le roi Psammétique les écarta par des présents. Leur domination fut signalée par d’effroyables violences, et les Mèdes ne se délivrèrent de ces sauvages conquérants qu’en les invitant à des festins et en profitant de leur ivresse pour les massacrer. Les survivants repassèrent le Caucase, s’établirent dans le pays abandonné par les Cimmériens, et, pendant tout le vie siècle, se répandirent au N. du Pont-Euxin, dans le S. de la Russie d’Europe actuelle, pendant qu’en Asie d’autres Scythes, les Massagètes, résistaient victorieusement à Cyrus. A cette époque, suivant Hérodote, la Scythie s’étendait de l’Ister ( Danube ) et de son affluent le Tariantos ( Aluta) à l’O., jusqu’au Tanaïs à l’E., et depuis le Pont-Euxin et le Palus-Méotide au S., jusqu’à une distance de 20 jours de marche au N. , c.-à-d. jusqu’aux sources du Dnieper, du Boug, et du Dniester. Les peuplades scythiques mentionnées par Hérodote sont : 1° au N. de la colonie grecque d’Olbia, située à l’embouchure de l’Hypanis dans le liman du Borysthène, les Callipides, mélange de Grecs et de Scythes ( gouv. russe de Kherson ) ; 2» au N. des Callipides, les Alazons, à l’endroit où le Tyras et l’Hypanis se rapprochent le plus l’un de l’autre (gouv. de Podolie); 3° au N.-O. des précédents, les" Scythes laboureurs (Arotères), entre l’Hypanis et le Borysthène (gouv. de Kiev) ; 4° à l’E. du Borysthène et au N. de l’Hylée, les Scythes agriculteurs (Georgoi), appelés par les Grecs Borysthénites, et qui se nommaient eux -mêmes Olbiopolites (les citoyens riches), dans les gouv. de Poltava et de Tchernigov ; 5» à l’E. des Borysthénites, les Scythes nomades, qui semblent avoir occupé les gouv. d’Iélcatérinoslav et de Tcharkov ; 6» les Scythes royaux, tribu dominante, occupant le N. de la Chersonèse Taurique et les bords du Palus - Méotide jusqu’au Tanaïs, c.-à-d. une partie des gouvernements de Tauride, d’Iékatérinoslav, et des Cosaques du Don; 7° les Scythes déserteurs , qui , pour fuir le joug des Scythes Royaux , s’étaient retirés vers l’E. , au pied de l’Oural , dans le gouvernement actuel de Perm. D’autres peuples étaient soumis aux Scythes, et, pendant la guerre, entraient volontairement ou forcément dans leur alliance. Tels étaient: au S. de la Chersonèse, les Taures, débris sans doute des anciens Cimmériens; à l’O. , les Tyrites, Grecs établis sur le cours inférieur du Tyras, et les Neures , errant au N. des sources du Boug et du Dniester, c.-à-d. dans la Volhynie et la Gallicie orientale; au N. , les Androphages et les Mélanchlènes (gouvernements de Smolensk et de Toula) ; à l’E. , les Budins , dans les gouvernements actuels de Pensa, Simbirsk , et Kazan ; le Thyssagètes et les Jyrques , peuples chasseurs (gouvernements deWiatka et de Perm) ; au S.- O. , les Sarmales, séparés des Scythes par le Tanaïs (gouvernements d’Astrakhan et de Saratov). Ces peuples orientaux paraissent de race Tschoude ou Finnoise. On a voulu s’appuyer de quelques coutumes rapportées par Hérodote pour démontrer l’origine Tartare des Scythes : telles sont la vie nomade, l’adoration du dieu de la guerre sous la forme d’un sabre, l’usage de suspendre à la selle de

leurs chevaux les chevelures des ennemis, de boire dans leur crâne orné en forme de coupe, de se faire des blessures volontaires à la mort de leur roi, sur la tombe duquel ils immolaient un grand nombre de ses serviteurs. Mais la vie nomade est plutôt le caractère distinctif des peuplades qui entourent les Scythes que des Scolotes euxmêmes : car sur les sept peuples qu’Hérodote désigne comme étant proprement de race scythique, un seul est appelé nomade ; les Callipides, les Alazons, les Scythes, laboureurs et agriculteurs, cultivent la terre. Quant aux coutumes, la plupart sont communes à tous les peuples barbares, ou se retrouvent parmi d’autres populations Ariennes, aussi bien que chez les peuples Tartares-Fiunois.

— Telles étaient les nations auxquelles Darius déclara la guerre, 513, sous prétexte de venger l’injure faite aux Mèdes par les Scythes, lors de la défaite de Cyaxare. Les Scythes adoptèrent une tactique qui devait leur donner la victoire : c’était de fuir vers le Nord sur leurs chariots, en détruisant tout sur leur passage, et en entraînant dans les profondeurs des forêts et des marécages un ennemi sans cesse harcelé par une nombreuse cavalerie légère, et épuisé par les fatigues et le manque de vivres. D’une armée de 700,000 hommes à qui Darius avait fait passer le Bosphore de Thrace , il ne ramena que 80,000 combattants. Au Ve siècle, on voit des tribus de race Slave, les Roxolans et les Bastarnes, occuper les parties méridionales et occidentales de la Scythie sur les bords du Tanaïs et de la Haute -Vistule , presser les Scythes au S. et à l’O. , comme déjà les tribus finnoises les pressaient à l’E. et au N. Leur Empire se maintient cependant jusqu’au Ier siècle de l’ère chrétienne. Ils résistèrent à Alexandre, et anéantirent même un de ses corps d’armée commandé par Zopyrien. Enhardis par la faiblesse de ses successeurs, les Scythes d’Asie attaquèrent les Etats formés du démembrement de son Empire. C’est ainsi que les Tochariens, dont le nom est resté au Tocharistan, attaquèrent, vers 126, la Bactriane, mirent fin à ce royaume , et plus tard dominèrent sur la partie de l’Inde conquise par les Gréco-Bactriens. Leurs princes laissèrent aux Grecs de la Bactriane leur langue , leurs mœurs et leurs arts ; subissant eux-mêmes l’influence de la civilisation grecque, ils adoptèrent leurs mœurs, et prirent sur leurs monnaies les titres des rois Gréco-Bactriens.

— Pendant que les Scythes d’Asie fondaient , au 11e et au ier siècle av. J.-C., de nouveaux royaumes , ceux d’Europt menaçaient les colonies grecques de la Chersonèse Taurique et l’Etat du Bosphore Cimmérien, qui appelèrent à leur secours Mithridate. Ce roi de Pont asservit les Scythes, pendant que ses généraux battaient la tribu Slave des Roxolans accourue au secours de ses maîtres, 118. A partir de cette époque , les Scythes ne paraissent plus en Europe comme nation indépendante. Pendant le 1er siècle de l’ère chrétienne, Strabon ne connaît plus entre lister et le Tanaïs , c. -à-dire dans toute l’étendue de l’ancienne Scythie d’Hérodote, que des Gètes, des Sarmates, les Bastarnes et les Roxolans ; Pomponius Mêla étend l’empire des Sarmates des limites de la Germanie aux confins de l’Asie, et ne connaît des Scythes qu’aux extrémités de l’Europe septentrionale ; enfin , dit Pline , <• le nom de Scythes a fait partout place à celui des Germains et des Sarmates , et cette antique dénomination ne s’applique plus qu’aux peuplades les plus éloignées , à celles qui sont presque inconnues au reste du monde » ; il ne parle des Scythes demeurés encore dans leur ancienne patrie, que comme d’une race •• abâtardie, et d’origine servile. » Les Scythes d’Europe demeurèrent esclaves dans le S. , ou, refoulés au N. , ils se mêlèrent aux peuplades finnoises ; de là est venue l’opinion qui représente tous les Scythes , même ceux d’Hérodote , comme des Finnois , tandis que ce nom ne peut s’appliquer qu’aux Scythes dégénérés du Ier et du ixe siècle de l’ère chrétienne. — Ptolémée rejette entièrement les Scythes de l’Europe orientale, tout entière occupée par les Sarmates, et ne connaît que la Scythie Asiatique , divisée par lui en Scythie en-deçà , et Scythie au-delà de l’Imaüs. La Scythie en-deçà de l'Imaüs était bornée à l’O. par le Rha (Volga) , au S. par la Caspienne et l’Oxus, à l’E. par l’Imaüs, au N. par des terres incoraïues: elle comprenait la partie de la Russie d’Europe située entre le Volga et les monts Ourals, la Sibérie occidentale , et la partie du Turkestan au N. du lac Aral. Les principaux peuples que connaît Ptolémée sont : au N. , les Alauni , nom générique donné à une foule de tribus ; le6 Syèbes , au centre ; les Tectosaces , près de l’Imaüs ; les Hhobosci , aux sources du Rha oriental (Kama ) ; les Iaxartes , sur les bords de l’Iaxarte ; les Ariaces , entre le cours inférieur de l’Iaxarte et de l’Oxus ; et, à l’embouchure de

SÉB

SÉB

l’Oxus , les Rhibii. La Scythie au-delà de l’Imaüs était bornée à l’O. par ces montagnes , au N. par des terres inconnues , à l’E. par la Sérique , au S. parla partie de l’Inde dont la séparent les monts Emodes ; elle comprenait l’O. du Turkestan Chinois, la Dzoungarie , et l’O. de la Mongolie. Ptolémée cite parmi ses peuplades : les A bii au N. , les Scythes Hippophayes , les habitants des pays appelés Auzacitis et Casia (pays de Kaschgar?), les Scythes Cathœ , dans le pays actuel de Khotan , ou , plus loin , vers le Cathay. A ces deux Scythies Asiatiques , il faut joindre le pays appelé Indo-Scylhie , et comprenant , sur la rive gauche du cours inférieur de l’Indus , les royaumes fondés par les Scythes Tochariens à la suite de la conquête de la Bactriane. Cet Etat Scythe ( parties orientales de l’Afghanistan et du Béloutchistan, parties occidentales du Moultan et du Sindhy j, existait encore du temps de Ptolémée, qui le divise en deux parties : Abiria au N., et Pattalè ne au S. dans le Delta de l’Indus. Quant à l’ethnographie des peuples de ces deux Scythies Asiatiques , elle est très-obscure. Si les noms des Alauni et des Tectosaces, et l’Etat d’Indo-Scythie , rappellent les premiers Scythes de race Arienne , il est probable qu’un grand nombre des peuples cités par Ptolémée dans les deux Scythies appartiennent à des familles tout à fait différentes , surtout aux variétés Turque et Mongole de la race Tartaro -Finnoise. C’est en effet de ces contrées centrales de l’Asie que partent les Barbares de toutes races qui envahirent, depuis le 111e jusqu’au vie siècle de notre ère , les deux empires d’Occident et d’Orient; et les écrivains Byzantins, considérant , non pas la variété de l’espèce humaine à laquelle chacune de ces nations appartenait, mais le pays d’où elles étaient ou semblaient être venues, confondirent sous le nom général de Scythes, parce qu’ils venaient de l’extrémité de l’Orient où était la Scythie de Ptolémée, des peuples de race tout à fait différente , comme les Huns , les Bulgares , les Avares ; ainsi se transmit jusqu’à nos jours cette opinion erronée qui identifiait les Scythes de toutes les époques avec les populations nommées de nos jours Tschoudes et Tartares. C. P.

SCYTHIE (PETITE-), nom donné : 1° à la plus grande partie de la Chersonèse Taurique, et au pays situé plus au N. jusqu’au Borysthène (gouv. russe de Tauride); 2° à une partie de la Thrace entre le Pont-Euxin à l’E., le Danube au N. et à l’O., et l’Hémus au S. (auj. la Dobroudcha) , laquelle forma , sous l’empire romain , une prov. de Scythie, comprise dans la préfecture d’Orient et le diocèse de Thrace. C. P.

SCYTHIQUE (Chersonèse), nom donné quelquefois à la Chersonèse Taurique.

scythiqde (Océan), nom donné pendant quelque temps, chez les Anciens, à l’océan Glacial arctique. Ils appelaient golfe scylhique un golfe de la mer Caspienne, à l’E. (le Karaboghas actuel ? )

SCYTHOPOLIS, primitivement Bethsan, v. de Palestine, en Samarie, au S.-E., fondée, dit-on, par les Scythes qui envahirent la Syrie; auj. Bisan.

SCYTHO-TAURES. V. Tauro-Scythes.

SDILI , nom moderne de Délos ( V. ce mol).

SEAFORD, brg et paroisse d’Angleterre (Sussex), port sur la Manche, à 18 lui. S.-E. de Brighton, à 5 ldi. de l’embouchure de l’Ouse; 1,100 hab. Un des Cinq Ports. Bains de mer.

SEAPOYS. V. Cipayes.

SÉBA (Albert), pharmacien, né en 1665 à Eetzel (Ost- Frise|, m. en 1736, exerça sa profession à Amsterdam et sur des vaisseaux de commerce, fit plusieurs voyages dans l’Inde, et forma deux collections d’histoire naturelle, dont l’une fut achetée par Pierre le Grand, et l’autre dispersée après sa mort ; il parut une description de cette dernière sous ce titre : Locupletissimi rerum naturalium thesauri accurala descriplio et iconibus artificiosissimis expressio... Amsterdam, 1734-35-61-65, 4 vol. in-fol., et 449 pl. Tout le mérite de cet ouvrage consiste dans les planches ; le texte est rempli d’erreurs. Une nouvelle édition des planches, que possède le Muséum d’histoire naturelle de Paris, fut donnée, en 1827 et années suivantes, par Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Audouin, etc., en 45 livr. in-fol. ; mais le texte nouveau qui devait les accompagner n’a pas paru. V. P. -A. Cap, Etudes biographiques pour servir à l'étude des sciences, Paris, 1856, in-12.

SÉBASTE, auj. Sivas , anc. v. d’Asie-Mineure (Cappadoce), près de l’Halys. Ce fut dans l’origine, un fort nommé Cabira. Elle fit partie du Pont, puis fut le ch.-l. de l’Arménie Ire ; agrandie par Pompée, qui l’appela Diospolis, elle reçut de Pythodoris, reine de Pont, le nom de Sébaste (c.-à-d. Auguste), en l’honneur de l’empereur Auguste.

sébaste, nom que porta Samarie.

sébaste ou séba stopolis , v. de Cilicie, dans une petite île, sur la mer Intérieure.

SÉBAS1IANI DE LA PORTA (le comte Horace), maréchal de France, né en 1775 à la Porta, près de Bastia (Corse ) , m. en 1851 , fut élevé par un de ses oncles, qui était prêtre, et destiné à l’état ecclésiastique ; il quitta le petit collet à la Révolution, et suivit la carrière des armes. D’abord secrétaire du général Raphaël Casablanca , puis attaché à l’armée d’Italie, il eut un avancement rapide, fut nommé chef de bataillon après la victoire d’Arcole et colonel sur le champ de bataille de Vérone, seconda avec son régiment le coup d’Etat du 18 brumaire, combattit à Marengo, posa avec Marmont les bases de l’armistice de Trévise, et, après le traité d’Amiens, reçut une mission en Orient. 11 réussit à négocier la paix à Constantinople, et fut ensuite envoyé auprès de Djezzar, pacha d’Acre, et dans les Etats Barbaresques , 1803 , pour gagner des partisans à la France et préparer les voies à une attaque de l’Inde par l’armée d’Egypte. Sur ces entrefaites, l’Angleterre ayant rompu la paix d’Amiens , Sébastiani fit la campagne de 1805 comme général de brigade, mérita, par sa conduite à Ulm, à Austerlitz où il fut blessé, à Vienne où il entra le premier, et dans une foule d’autres combats, le grade de général de division, et, au mois de mai 18 6, fut envoyé à Constantinople en qualité d’ambassadeur. Les intrigues des étrangers avaient fait proscrire les Français ; il ramena l’esprit du sultan Sélim, et le décida à déclarer la guerre aux Russes. L’Angleterre, alarmée, ordonna à sa flotte de franchir les Dardanelles, d’exiger le renvoi de l’ambassadeur français et la conclusion d’une quadruple alliance entre la Turquie, l’Angleterre, la Russie, et la Prusse. Sélim allait céder, et les Musulmans étaient fanatisés contre les Français, qui leur attiraient la guerre avec l’Angleterre; Sébastiani répondit qu’aucun danger ne l’effrayait, releva le courage du sultan, qui lui laissa tout à la fois diriger les négociations avec l’amiral anglais et organiser la défense de la ville et du Bosphore, et contraignit la flotte anglaise à repasser honteusement les Dardanelles, fév. 1807. C'est l’épisode le plus glorieux de la vie de Sébastiani. Récompensé par le grand cordon de la Légion d’honneur, appelé au commandement du 4e corps de l’armée d’Espagne, 1809, il força le passage de la Guadiana, fut victorieux à Ciudad-Real, à Santa-Cruz, à Almonacid, enleva les retranchements d’Ocana, prit Grenade et Malaga, remporta un nouvel avantage à Baza, 1810, mais demanda son rappel pour cause de mésintelligence avec le roi Joseph Bonaparte, 1811. Nommé général en chef d’un camp établi à Boulogne, il demanda à faire la campagne de Russie, fut placé à l’avant-garde, prit part aux batailles de Smolensk et de la Moskowa, et entra un des premiers dans Moscou. En 1813, il fut blessé à Leipzig, et n’en contribua pas moins 12 jours après, à la victoire de Hanau. Pendant la compagne de France, il commanda trois régiments de cavalerie de la garde impériale, et se trouva aux combats de Reims et d’Arcis-sur-Aube, où il tint tête à toute la cavalerie ennemie, et à celui deSl-Dizier. Le département de l’Aisne le députa à la Chambre pendant les Cent -Jours. Après Waterloo, il fut un des commissaires désignés pour traiter de la paix avec les souverains alliés, mais ne put rien obtenir eu faveur de Napoléon. Député de la Corse, en 1819, il siégea à l’extrême gauche. Les électeurs de Vervins le nommèrent à leur tour, 1826, en remplacement du général Foy. En 1829, il fut rapporteur des lois départementale et communale, qui amenèrent la retraite du ministère Martignac. Un des champions du libéralisme pendant six ans, il se trouva surpris par la révolution de 1830, fit partie de la commission chargée de reviser la Charte de 1814, accepta du roi Louis-Philippe le ministère de la marine, et, bientôt après, celui des affaires étrangères, abandonna son portefeuille pour raison de santé en 1833, prit l’ambassade de Naples, puis, de 1835 à 1839, celle de Londres, où il suivit les négociations relatives à la constitution du royaume de Belgique, au droit de visite, à la pacification de l’Orient, et fut nommé maréchal de France en 1840. Ses derniers jours furent empoisonnés par la perte de sa fille, la duchesse de Praslin, qu’assassina son mari. B.

SÉBASTIEN (Saint), né à Narbonne vers 250, était officier, et attaché à la maison de Dioclétien. Sou zèle pour secourir les chrétiens pendant la persécution trahit sa foi ; il fut tué dans le cirque à coups de bâton, en 288. Fête, le 20 janvier.

Sébastien , frère de Jovin, prit, comme lui, le titre d’empereur en Gaule, 412, et fut mis à mort, l’année suivante, par Ataulf, roi des Wisigoths.

SÊB

SEB

Sébastien , roi de Portugal, né en 1554, m. en 1578, [ succéda à son aïeul Jean 111, en 1557. Après une régence exercée par sa grand’mère Catherine, sœur de Charles- , Quint, puis, 1562, par le cardinal Henri, son oncle, 3e fils d’Emmanuel le Fortuné, il entra en possession du trône à 14 ans. Une piété ardente, mal dirigée par les conseillers Jésuites dont il s’entourait, un fougueux amour de la gloire, qui ne laissait place à aucune autre passion , le poussèrent à une expédition fatale, à laquelle le perfide Philippe II, son oncle maternel, tout en le détournant peut-être en apparence , l’encouragea encore par une feinte admiration et l’envoi du casque de Charles-Quint et de quelques troupes espagnoles. Appelé par Muley-Hamed, à qui son frère Muley-Abd-el-Mélek avait enlevé le Maroc, il partit avec une petite armée, et livra à Alcazar-Kébir une sanglante bataille, où, après s’être conduit en général imprudent et incapable, et en soldat héroïque , il disparut dans la mêlée : presque toute son armée était exterminée ou prisonnière, et un page reconnut son cadavre parmi les morts. Plusieurs faux Sébastien se montrèrent dans la suite en Portugal. R.

Sébastien del piombo (Sébastien dilüciano, dit Fra), peintre, né à Venise en 1485, m. en 1547, fut élève de G. Bellini, et peignit à Venise plusieurs beaux tableaux qui le firent appeler à Rome par Agostino Chigi. 11 excella dans le portrait, et dessina avec une grande perfection les têtes et les mains ; son coloris est fort beau. 11 imitait le Giorgion. On dit que Michel -Ange, avec qui il était lié , lui fournit les dessins de la plupart de ses tableaux. Eu 1531, le pape Clément VII le nomma scelleur delà chancellerie (d’où son nom del Piombo, du plomb), et les revenus de cette place lui firent abandonner la grande peinture, par paresse. Les principaux ouvrages de Sébastien sont : la Résurrection de Lazare , qu’il peignit pour Clément VII , alors cardinal ; le portrait de Daccio Sandinelli, des Anges préparant le lit de l'enfant Jésus, et la Visitation de la Vierge. Ce dernier tableau est au musée du Louvre. B.

Sebastien (le P.), mécanicien. V. truciiet.

Sébastien ( saint-), v. très-forte d’Espagne, ch.-l. du Guipuzcoa et de la prov. de son nom, sur un îlot du golfe de Biscaye uni au continent par un pont de bois, à 64 kil. E.-N.-E. de Bilbao, 62 N.- O. de Pampelune , et 81 de Bayonne; par 42® 19’ 17” lat. N., et 4® 20’ 52”- long. O.; 14,110 hab. Pm t Je commerce encore considérable, bien que déchu depuis la séparation des colonies espagnoles de l’Amérique; importation de denrées coloniales, de produits manufacturés en Angleterre et en France; exportation de fer, vins, réglisse. Le mouvement commercial a été de plus de 19 millions de'fr. en 1858. Tanneries; fabr. de toiles, liqueurs estimées. — Avant le ix" siècle, cette ville s’appelait lzurun. Les Français, qui la prirent en 1719 et en 1808, y soutinrent, en 1813, un siège mémorable contre les Anglo-Espagnols. B.

Sébastien (saint-), ville des Canaries, ch.-l. de l’ile Gomera, sur la côte E.; par 28° G’ lat. N., et 19® 26’ long. O.; 2.34 v hab.

Sebastien (saint-), v. du Mexique, départ, de Cinaloa) , à 155 kil. N.-E. de Mazatlan; 4,000 hab. Pêche active.

Sébastien (saint-), v. de la république de Vénézuéla, à 124 kil. S.- S.- O. de Caracas ; 5,000 hab.

Sebastien (saint-), île du Brésil ( prov. de S*-Paul), séparée de la côte par un détroit de 5 kil. ; par 23® 50’ lat. S., et 47® 22’ long. O.; 30 kil. sur 12 ; 3,000 hab. Elle contient une petite ville de même nom.

SÉBASTIEN (SAINT-), V. du Brésil. V. RIO-JANEIRO.

sébastien-de los-reyes (saint-). V. reyes.

SEBASTOCRATOR , c.-à-d. auguste souverain , titre du Bas-Empire, imaginé par Alexis Ier Comnène pour son frère Isaac, et supérieur à celui de César, qui existait antérieurement. Plus tard, il devint inférieur au titre de Despote.

SEBASTOBOL ou SËVASTOPOL, v. et anc. port militaire de la Crimée, à l’extrémité S.- O. , de cette péninsule, dans le district de Simféropol, par 44® 36’ 51” lat. N., et 31® 11’ 9” long. E. , sur une vaste rade qui s’enfonce de TO. à l’E. dans les terres entre des falaises de 14 à 25 mètres de hauteur, et au fond de laquelle se jette la Tchernaia; à 2,107 kil. de Sl-Pétersbourg , et 1,422 de Moscou; 49,000 hab. (en 1854), la plupart de population flottante. La rade, large de 1,200 à 1,600 mètres, et longue de 5,612 mètres, est peu abritée ; les vents la rendent pénible et quelquefois dangereuse. L’entrée, large de 850 mètres, en était défendue à gauche par les forts Constantin et Catherine, à droite par les forts de la Quarantaine

et d’Alexandre. Le côté N. de la rade est le plateau de Belbek, au bas duquel sont les forts ou batteries de Sicvemaia, de Soukhaya, de Panioto, de Golandya, et que domine le fort du Nord. Sur le côté S., entre la baie de l’Artillerie, abandonnée à la marine marchande, et celle de l’Arsenal ou du Sud , qui formait le port militaire , la ville s’élevait en amphithéâtre jusqu'au plateau de la Chersonèse. On y remarquait -. un magnifique escalier de débarcadère, en porphyre ; un vaste bâtiment , dit Cercle de la Noblesse; la cathédrale de S1- Michel; le théâtre; la bibliothèque de la ville et de la marine ; l’église de St-Pierre et S1- Paul, copie littérale et réduite de la Madeleine de Paris; les bâtiments immenses de l’Amirauté; l’arsenal; de grandes casernes ; de belles promenades. Le port militaire, situé à 1,550 mètres de l’entrée de la rade, et dont l’entrée, large de 400 mètres, était fermée par une chaîne sous -marine, et commandée par les forts S1- Nicolas et Paul , s’enfonce dans la direction du S. jusqu’à 2,150 mèt. ; il a 450 mètres de largeur moyenne; il pouvait recevoir 15 ou 16 vaisseaux de haut-bord. Entre ce port et la baie du Carénage ou de Kilinebane, située plus à l’E., était le faubourg de Karabelnaia, contenant le bagne , les magasins militaires et maritimes, les hôpitaux, et le bassin de radoub (avec 6 cales superbes en granit), tous ouvrages exécutés sur les plans de l’ingénieur anglais John Upton. — Sébastopol fut fondé en 1786 par la tzarine Catherine II, près du village d’Akhtiar (c.-à-d. la roche blanche ). Son nom est grec et signifie ville Auguste ou de l’ Empereur. La Russie voulut en faire un arsenal et une forteresse avancée contre Constantinople. L’empereur Nicolas Ier fit beaucoup pour le développement de Sébastopol : il l’avait rendue à peu près imprenable par mer, mais l’avait peu fortifiée du côté de la terre. Pendant la guerre de 1854- 55, une armée franco - anglaise vint assiéger la ville par terre, pendant qu’une flotte combinée des mêmes nations la bloquait par mer. Les Busses, ayant, au début, une garnison plus nombreuse que l'armée assiégeante, et qui se renouvelait aisément, improvisèrent de formidables fortifications, hérissées de toute l’artillerie de leur flotte. Mais malgré une résistance intrépide et très-habilement dirigée par les princes Menschikoff et Gortchakoff, et par le général du génie Todtleben, la ville succomba, le 8 septembre 1855, après un an de siège qui exigea des travaux d’une difficulté inouïe ; elle fut prise par un assaut prodigieux, donné, en plein jour, à tous les ouvrages, et concentré sur un point culminant, dit la Tour Malakoff. , par où l’on pénétra dans la place. La flotte russe de la mer Noire se trouva anéantie, la ville incendiée, et les alliés restèrent maîtres de 4,200 pièces d’artillerie.

SEBASTOPOLIS , v. du Pont, à l’O., sur l’Iris ; auj. Tourlcal. — v. de Colchide. V. Dioscurias. — v. de Cilïcie. V. Sébaste. — v. d’Eolide. V. Myrine.

SEBEK-TEGHYN , prince turc , avait été d’abord esclave , et était devenu le gendre d’ Alp - Teghyn , émir de Gazna et général des armées de Nouh-le-Samanide. Emir à son tour en 976 , il se rendit indépendant, conquit une partie du Turkestan, puis le pays de Peiehaiver dans l’Inde, et mourut à Balkh en 997. 11 fut le père du fameux Mahmoud le Gaznévide.

SEBENICO , en slave Sibenik, v. forte des Etats autrichiens (Dalmatie) , à 66 kil. S.-E. de Zara, port à l’embouchure de la Kerkah dans l’Adriatique ; 7,000 hab. Evêché catholique suffragant de Zara ; évêché grec. Belle cathédrale. Comm. de vin et de rosoglio. Armements pour la pêche du corail. — République avant le xe siècle, cette ville se soumit aux Vénitiens en 991 ; les Hongrois l’occupèrent momentanément au xv® siècle. Elle fut vainement assiégée par les Turcs en 1538 et en 1648. L’Autriche la possède depuis le traité de Campo-Formio, 1797. Patrie du peintre Schiavone.

SÉBENNYTE , Sebennylus, ville de l’Egypte ancienne (Delta), sur le Nil, près de l’endroit où il se divise en plusieurs branches. Elle donnait son nom à la branche Sébennylique, partie septentrionale de la branche Atarbéchique ( V. Nil).

SEBILAH ou CHELLAH, Salla ou Mansalla au moyen âge, v. du Maroc, à 160 kil. O. de Fez. Une des villes saintes des Maures.

SEBINUS laces, nom anc. du lac d’IsEO.

SEBNITZ , v. du royaume de Saxe, à 10 kil. E. d’Hohnstein ; 3,400 hab. Fabr. de toiles, soieries, cotons, draps.

SEBOIM, v. de la terre de Chanaan , dans la vallée de Siddim. Elle fut détruite par le feu du ciel, en même temps que Sodome, Gomorrhe et Adarua.

SEBONCOURT, vge (Aisne), arr, et à 20 kil. N.-E. de

Page 1