‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 471 sur 864 · SCOT I DUNS-). V. DÜNS SCOT · texte numérisé non relu

SCOT I DUNS-). V. DÜNS SCOT

SCOTIE , Scotia, nom que les anciens donnèrent à l’Hibernie, puis à la région septentrionale de l’ile de Bretagne,

et qui venait des Scots [V. ce mot). L’Hibernie fut spécialement appelée Grande Scolie.

SCOTINGORUM fagus, nom ancien du pays de Sco-

DINGÜE.

SCOTISTES. V. Duns Scot.

SCOTLAND , nom anglais de I’Écosse.

SCOTS, Scott, peuple originaire de l’Hibernie, et qui s’établit de bonne heure dans la Calédonie. Ils disputèrent longtemps ce pays aux Pietés, et, après l’avoir subjugué, s’y établirent , particulièrement dans les comtés actuels d’Argyle, de Dumbarton et de Stirling.

SCOTT (Walter), très-célèbre romancier, poète, historien, et critique, né à Edimbourg en 1771, d’un homme de loi , allié au duc de Buccleugh, m. en 1832, fut élevé au grand collège d’Edimbourg, où il fit de médiocres études. Dès ce temps , il aimait à conter, et ses récits captivaient ses camarades. Encore enfant, il eut l’idée d’embrasser la carrière militaire ; mais comme il avait un pied-bot, ses parents s’opposèrent à sa fantaisie , et dirigèrent ses études pour en faire aussi un homme de loi. Il commença par être clerc chez son père, débuta au barreau en 1792 , devint shériff du comté de Selkirk en 1799, puis greffier des sessions à Edimbourg, 1806, poste très-lucratif, et qui lui laissait de nombreux loisirs. Une lecture passionnée des romans de chevalerie, des pièces de théâtre, des contes et des voyages, avait de bonne heure éveillé en lui une imagination active et poétique : l’influence de la poésie allemande, surtout de Bürger et de Gœthe, les sites pittoresques de l’Ecosse, ses légendes, ses ruines et ses monastères, firent le reste. Walter Scott débuta par être poète de lais et de ballades , d’élégies et de chants lyriques ; il écrivit le Lai du dernier ménestrel , 1805 ; Marmion , 1808 ; la Dame du lac, 1810; Rolceby , 1813 ; le Lord des lies, 1815, etc. , ingénieux pastiches, populaires par les traditions qu’ils évoquaient , et par un merveilleux demi-romanesque et demi-bourgeois. Sa poésie, sans être animée du souffle divin, est néanmoins pleine de grâce et de facilité. Il cessa de poétiser, dit -il, quand il s’aperçut que Byron allait s’emparer du sceptre de la poésie. Il se fit prosateur, et créa le roman historique, ou du moins en fournit le modèle; sous sa plume, le roman devint une épopée familière , où il combina , avec une extrême variété d’incidents dramatiques, les circonstances ordinaires de la vie, et un certain héroïsme sans exaltation. C’était rajeunir et idéaliser, par le prestige des événements et des mœurs d’autrefois, la peinture des passions et des caractères, ainsi que les combinaisons usées de la fiction romanesque. Walter Scott eut le génie de cette résurrection des temps passés , par la couleur locale , le dialogue , la science des détails, et l’art de les dramatiser ; on a dit de lui, avec une exagération qui ne manque pas d’une certaine justesse, que ses romans sont quelquefois plus vrais que l’histoire. Cependant , toutes ses œuvres ne sont pas égales , mais toutes sont intéressantes , malgré les longueurs et les trivialités de quelques-unes. Il a composé 27 romans, formant 112 volumes in -12 , et les a publiés dans l’espace de 17 ans. Le premier, Waverley , parut en 1814; parmi les autres, les principaux sont: Guy -Mannering, l’Antiquaire, 1814; les Puritains d’Ecosse, Hob-Roy , la Prison d'Edimbourg, 1818; la Fiancée de Lammermoor, 1819; Ivanhoé, le Monastère, l'Abbé, 1820; le Château de Kenilworlh, 1821; le Pirate, les Aventures de Nigel , 1822; Péveril du Pic, Quentin Durward, 1823; les Eaux de Saint- Ronan , Redgauntelet , 1824; Richard en Palestine, la Jolie fille de Penh, 1825; Robert de Paris, le Château périlleux, 1831 , etc. La vogue de tous ces romans fut immense, et comme en Angleterre on ne loue pas de livres, mais qu’on les achète, la fortune de l’auteur en fut considérablement accrue : il devint plus que millionnaire , et put faire de sa résidence d’Abbotsford un musée et un palais féerique, où il offrait à tout noble visiteur une royale hospitalité. Mais l’adversité finit par atteindre cette destinée jusqu’alors si glorieuse: en 1826 , le libraire de W. Scott fit une faillite considérable , dans laquelle il se trouva compromis pour une somme de 2,000,000 de fr. que des créanciers lui réclamaient ; il reçut ce coup avec une grande force d’âme, promit de désintéresser tout le monde, réforma sa maison , et se remit au travail avec une ardeur toute juvénile. Un de ses premiers labeurs fut une Vie de Napoléon, Londres et Edimbourg, 1827, 9 vol. in-8®, entreprise, dit-on, à l’instigation de Georges IV, et remarquable par de bons documents officiels , mais partiale contre le héros, écrite à la hâte, œuvre d’un conteur plutôt que d’un historien. Cet ouvrage eut un médiocre succès, même en Angleterre; néanmoins, le manuscrit rapporta 350,000 fr. aux créanciers de l’auteur. II donna ensuite

s eu

SCR

plusieurs des romans cités plus haut , une Histoire d'Ecosse , des Biographies littéraires des romanciers célèbres , des Mémoires sur Georges III , une Vie de Molière, une Histoire^de la poésie anglaise, des Lettres sur la démonologie, etc. Il n’était plus jeune quand il se voua à ce travail extraordinaire ; sa santé donna de si sérieuses inquiétudes en 1831 , que les médecins l’envoyèrent en Italie ; il s’y rendit sur un navire que l’Etat mit à sa disposition ; mais il était trop tard : au bout de 6 mois, il se fit ramener à Abbotsford, où il mourut, après avoir acquitté 1,350,000 fr. de dettes. Comme critique, W. Scott n’a guère écrit que des articles de Revues , en assez grand nombre , il n’a été vraiment supérieur que dans le roman , où il se distingue encore par l’art et le tact avec lesquels il a su constamment conserver à ses récits un caractère de décence et de pureté morale, bien qu’il ait eu souvent à peindre des personnages trèsvicieux. W. Scott arriva par ses talents à la plus haute considération ; il était recherché par la plus noble aristocratie d’Angleterre, et, dès 1820, le roi Georges IV lui conféra le titre de baronet. Ses ouvrages ont obtenu un succès européen ; les premières traductions françaises de quelques romans parurent à Paris en 1816, et furent trèsbien accueillies ; à partir de 1821, le goût du public étant prononcé, chaque nouvel ouvrage du romancier écossais paraissait en même temps à Londres , à Edimbourg , et à Paris, en français. La meilleure édition originale est celle que W. Scott revit lui -même, 1829-34, 48 vol. in -12. W. Galignani en a fait à Paris une bonne édition en anglais, avec glossaire des mots écossais, 1827-34, 9 vol. gr. in-8°. Les traductions les plus connues sont celles de Defanconpret, 1830-32, 30 vol. in-8»; d’Albert Montémonc, 1837, 30 vol. in - 8» , etc. V. Lockhart , Mémoires et Correspondance de Walter Scott, 1836, trad. en français, Paris, 5 vol. in-8» ; Washington Irving, Walter Scott et lord Byron, trad. en français, 1835, in-8°; Am. Pichot, Essai sur la vie et les ouvrages de Walter Scott , en tête de la traduction de ses ouvrages poétiques. Gr. L.

SCOTTI (Jules-Clément ), né en 1602 à Plaisance, m. en 1669, entra dans l’ordre des Jésuites, fut professeur de philosophie à Parme et à Ferrare, puis recteur de la maison de Carpi ; mécontent de ses chefs, qui le privèrent de tout emploi pour insubordination à la discipline de l’Ordre, il rentra dans la vie séculière, et publia «outre les Jésuites un pamphlet fameux, la Monarchie des Solipses, en latin, Venise, 1645, in-12, traduit en français par Restaut , Amst., 1721, in-12. Quelques-uns ont attribué à tort ce livre à Inchofer. M. V — i.

SCOTTO (Albert) , un des chefs du parti gibelin à Plaisance en 1290, se fit nommer capitaine - perpétuel de cette ville, aida, en 1302, les Délia Torre de Milan à renverser les Visconti , perdit lui -même le pouvoir à Plaisance en 1303, 1309 et 1312, et mourut en exil à Crème

SCOTUSE, Scolusa, Scnlussa, v. de l’anc. Thessalie, au S.-E. de Larisse, près des collines de Cynos-Céphales. — v. de la Tlirace occidentale, près du Strymon.

SCRIBA, v. des Etats-Unis (New- York), à 280 kil. O. -N. -O. d’Albany, à l’emboueh. de l’Oswégo ; 4,000 hab.

SCRIBES , nom donné , chez les Hébreux , aux assesseurs du Sanhédrin ( V. ce mot) , docteurs de la loi, ses interprètes et ses gardiens. Au temps de Jésus, ils étaient hypocritement attachés à la lettre de la loi , mais infidèles à son esprit.

SCR1BONIEN , Furiusy Camillus Scribonianus , consul l’an 32 de J.-C., commandait les légions de Dalmatie lors de i’avénement de Claude , en 41. Dans une lettre outrageante, il somma ce prince d’abdiquer, et se fit proclamer empereur ; mais abandonné par ses soldats, il s’enfuit dans Pile de Lissa ( Lésina), où il fut égorgé, 42. O.

SCRIBONIUS L ARGUS , médecin, vivait probablement sous le règne de l’empereur Claude. C’était un empirique, élève de Tryphon et d’Apuléius Celsus; il a laissé un ouvrage dans lequel on trouve beaucoup de formules : De Compositions medicamentorum liber, Bâle, 1529, in-8°, publié aussi dans le recueil intitulé : Medicœ artis principes, Venise, 1547, in-fol.; une bonne édition en a été donnée par Bernhold, Strasbourg, 1786, in-8°. D — g.

SCR1N1UM, petit coffret de bois, cylindrique, se fermant avec un couvercle, et ayant de chaque côté une double lanière pour le porter. 11 servait , chez les anc. Romains, à mettre des livres en rouleaux, debout , du côté de leur étiquette; il en contenait 6 ou 7. Le Scrinium était aussi une boîte de travail pour les auteurs, et renfermait des rouleaux de papyrus ou de parchemin , une écritoire, des calames ( V. ce mot), etc. — Sous le Bas-Empire, on appela Scrinium diverses administrations de comptabilité

dans la maison de l’empereur, ce qu’eu termes modernes nous nommons des bureaux. C. D — y.

SCRIVERIUS ( Pierre Schryver, en latin ) , poète, historien et philologue, né en 1576 à Harlem, m. en 1660, vécut à Leyde, et n’accepta aucun emploi, satisfait simplement de suppléer les professeurs. Ses principaux ouvrages sont : Antiquitalum batavicarum tabularium , 1609, in-4° ; Chronique de Hollande , de Zélande, de Frise et d'Utrecht , en hollandais, Amst., 1663, in-4°; Opuscula anecdota, philologica et melrica, recueil édité par Westerhuis, Utrecht, 1738, in- 4°; des éditions de Végèce et des autres tacticiens, Leyde, 1607; de Martial, 1619; de Sénèque le Tragique, 1620; d’Apulée, 1629; Lettres choisies d'Erasme, 1649, etc.

SCRIV1A, rivière du royaume d’Italie, sort des Apennins dans la prov. de Gênes, arrose la prov. d’Alexandrie (arrondissement de Novi et de Tortone), et sejette dans le Pô ; cours de 80 kilomètres.

SCRUPULE, Scripulum , poids des anc. Romains, valant le 24e de l’once, ou 1 gramme 133. Dans les anc. mesures françaises, c’était le tiers d’un gros, ou 24 grains. — Monnaie d’or des anc. Romains, valant 5 deniers, et en francs: 3 fr. 88 c., de l’an 547 à l’an 707 ; 5 fr. 49 c. sous César; 5 fr. 38 c. sous Auguste; 5 fr. 31 c. sous Tibère ; 5 fr. 27 e. sous Claude ; 5 fr. 8 c. sous Néron ; 4 fr. 99 c. de Galba aux Antonins.

SCUDENSIS pagus , nom latin du pays de Scodingde.

SCUDÉRI (Georges de) , poète et romancier, né vers 1601 au Havre, où son père était lieutenant du roi, m. en 1667, servit d’abord dans le régiment des gardes-françaises, et, vers 1630, le quitta pour se livrer aux lettres. Il travailla pour le théâtre, et, de 1631 à 1644, donna 16 pièces, la plupart tragi-comédies, en 5 actes et en vers, dont plusieurs balancèrent la gloire du Cid , et qui sont néanmoins tombées dans le plus juste oubli. Toutefois, comme le Cid éclipsait les pièces des 5 auteurs qui travaillaient sur les plans de Richelieu , Scudéri , dans l’intérêt du cardinal et dans le sien, publia ses Observations sur le Cid, 1637, in-8°, qui donnèrent lieu aux Sentiments de l’Académie. Le mauvais goût qui dépare tout le théâtre de Scudéri , se retrouve encore dans une épopée qu’il intitula : Alaric, ou Borne vaincue, 1654, in-fol., chef-d’œuvre d’emphase et de ridicule. En 1650, il remplaça* Vaugelas à l’Académie Française, et obtint le gouvernement du fort de Notre-Damede-la-Garde. Scudéri avait encore publié des Poésies diverses , où il y a quelques pièces assez agréables , des Harangues, etc. Homme de cœur et d’honneur, mais vaniteux et fanfaron , il se croyait naïvement doué des plus beaux talents du monde. Les premiers romans de sa sœur ( V. l'art, suiv.) parurent sous son nom. — Sa veuve, née Marie-Françoise de Martin-Vast,nécenl631, m. en 1712, est connue par des Lettres fort bien faites, imprimées avec celles de Bussy- Rabutin. J. T.

scudéki (Madeleine de), sœur du précédent, née au Hâvre en 1607, m. en 1701, vint de bonne heure à Paris, et brilla dans la société de l’hôtel de Rambouillet. Aux sentiments élevés de son frère, elle joignit la modestie, et compta des amis nombreux parmi les beaux-esprits et les personnages illustres de son époque. C’était le temps des longs loisirs et des romans prolixes. M11» de Scudéri porta dans ce genre de compositions l’analyse quintessenciée du cœur et des passions, si fort à la mode chez les Précieuses. Elle sut y encadrer une foule de portraits et d’anecdotes que recherchaient les contemporains, et qui firent à l’auteur une réputation colossale ; on ne croyait pas la flatter en l’appelant une Nouvelle Sapho, et la Dixième Muse. Au 1er concours d’éloquence ouvert par l’Académie Française, elle fut couronnée pour un discours médiocre sur la gloire. A 92 ans, elle faisait encore d’assez jolis vers. Ses premiers ouvrages avaient paru sous le nom de son frère; mais elle est bien l’auteur des suivants : Ibrahim, ou l'illustre Bassa, 1641, 4 vol. in-H« ; Arlamène, ou le grand Cyrus, 1650, 10 vol. in-8°; Clelie, histoire romaine, 1656, 10 vol. in-8°; Almahide, ou V Esclave reine, 1660, 8 vol. in-8°; Célinte, 1661, in-8<>; les Femmes illustres, ou les Harangues héroïques, 1665, in-12; Mathilde d'Aguilar, 1669, in-8»; la Promenade de Versailles, ou Histoire de Célanire, 1669, in-8»; Discours de la gloire , 1671, in-12; Conversations sur divers sujets, 1680, 2 vol. in-12; Conversations nouvelles sur divers sujets, 1684, 2 vol. in-12; Conversations morales, 1686, 2 vol. in-12; Nouvelles conversations de morale, 1688, 2 vol. in-12; Entretiens de morale , 1692, 2 vol. in-12. Ces dix derniers volumes sont pour nous bien préférables à ses romans. On lui doit encore des poésies fugitives, où l’on trouve quelques jolies pièces, des fables en vers, des lettres, etc. J. T.

j SCUDO, nom de l’écu en Italie. C’est une monnaie I d’argent, valant: 5 fr. 33 c. dans les États de l’Eglise;

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