kil. sur 1,750; v. principale ; Tobolsk. Population
4.231.000 hab. De la Sibérie dépendent : les îlesKotelnoi ou de la Nouvelle-Sibérie, à l’embouchure de la Léna; les lies des Ours et de la Croix, plus à l’E., dans la mer Glaciale; l’île S1- Laurent, les Kouriles et Saghalien, dans l’océan Oriental. L’intérieur de la Sibérie est peu accidenté : mais le pays est fermé au S. par de vastes systèmes de montagnes (Grand et Petit-Altaï, monts de la Daourie, Stanovoï, etc.). De grands fleuves le traversent dans toute sa longueur du S. au N. :l'Obi, avec son affluent, I’Irtysch, l’Iénisséï, la Léna, la Toungouska, la Khatanga, la Kholima, etc. On y trouve de grands lacs : le liaikal, l’Altanhoor, le Palkacha, l'Alaktougoul. La Sibérie se divise en deux zones bien distinctes : les régions polaires, vastes déserts, couverts de neiges éternelles et de marais glacés, sans autre végétation que des mousses et des lichens ; et les contrées du S., dont le climat est moins rigoureux, Où la culture est développée et productive, où l’on rencontre des villes et une société civilisée. Dans toute la contrée d'ailleurs, l’air est tres-pur ; le ciel , toujours serein en hiver, est très-favorable aux observations astronomiques. La végétation des contrées méridionales est d’une grande richesse; on y trouve d’immenses forêts, où croissent en abondance le cèdre de Sibérie, le saule, le pin, le bouleau, le mélèze, l’arbre à poix, etc. La faune est également très-riche : le renne et le chien de Sibérie sont les espèces les plus utiles. Les plus belles pelleteries vien-
nent de la Sibérie septentrionale, où abondent l’hermine., la zibeline, le renard noir, etc. Dans quelques-unes des îles de l’ocean Arctique, on trouve en grande quantité de l’ivoire provenant d'animaux antédiluviens. Les raines d’or sont nombreuses et abondantes; les plus riches sont celles de l’Altaï, de Nertchinsk, de la Zmeiogorsk, etc.; elles ont donné, en 1851, 25,340 kilog., c.-à-d. plus de 87 millions de francs. La Sibérie produit en outre de l’argent, du cuivre, du fer, des malachites, des pierres précieuses, y compris le diamant. — Outre les Russes, peuple conquérant, la population se compose de peuplades d’origine et de mœurs diverses: les Tatares, anciens possesseurs du soj, auj. peu nombreux; les Iakoutes, appartenant à la même race, tributaires de la Russie et payant leur iassak en pelleteries; les Finnois Vogouls et Ostiaks , les Samoyèdes, les Bouriates, les Toungouses, les Lamoules, les Iougakirs; les Tchoutchis, peuple indépendant; les Boukhares et Turkomans de Taschkend ; les Kalmoucks et Khirghiz-Kaïsaks, tribus nomades; les Cosaques gardiens des frontières. Presque toute la population est groupée autour de Tobolsk, de Tomsk, et d’Irkoutsk. La religion grecque est observée dans les pays du S. et de l’O. ; le chamanisme règne à l’E. et au N. Les Tartares sont restés mahométans. On trouve en outre beaucoup de bouddhistes et même de fétichistes. — La contrée est divisée administrativement en deux parties : 1“ la Sibérie occidentale, chef-lieu, Tobolsk, comprenant les 6 gouvernements de Tobolsk Tom-k, Semipalatinsk des Kirghis de la Sibérie, des Kirghis d’Orenbourg, et du Turkestan jusqu’au Sihoun ; une partie du territoire situé à l’E. de l’Oural et à l'O. de l’ischim dépend des gouvernements européens de Perm et d’Orenbourg (Petite horde des Kirgh's); 2° la Sibérie orientale, ch.-l., Irkoust, comprenant les 6 gouvernera. d’Ienisseïsk, Irkoust, Yakoust, 1 rans- Baikal, Littoral de la Sibérie orient, (districts d’Okhotsk et du Kamtchatka), Prov. de l'Amour; v. pri't ip. : Omsk, Barnaoul, Krasnoiarsk, Neitchinsk, Petropa dovsk, Nikolaievsk. — La société sibérienne est démocratique scu3 un gvt despotique et militaire. Tous les indigènes sont serfs de la couronne; il n’y a pas de noblesse constituées l’autorité des fonctionnaires russes et cosaques est sanc contre-poids. La vénalité de l’administration est presque générale. Le port de toute espèce d’armes est interdit aux indigènes. Néanmoins la condition des paysans des zones tempérées n’est pas malheureuse. L’instruction publique est peu développée : il existe 3 gymnases ou lycées, 71 écoles, 2 institutions particulières, et ces divers établissements sont fréquentés par 4,346 élèves. — La population sibérienne s’accroît avec rapidité La Sibérie sert au gouvernement russe de lieu d’exil ; le flux constant des déportés répand dans le pays des germes d’industrie. Tous les nobles exilés sont dégradés, et deviennent artisans, industriels, ou cultivateurs. Les convicts sont dirigés par bandes, la nuit, sans chaînes ni fers, sur des routes désignées, où des postes de Cosaques sont placés de distance en distance. Les plus criminels sont employés aux travaux des mines de l’Oural ; les autres sont distribués dans les districts, où ils trouvent à exercer leur industrie. Le nombre des condamnés politiques l’emporte de beaucoup sur celui des criminels. — Le climat rigoureux du pays et l’état d’asservissement des habitants leur donnent une gravité qui dégénère souvent en mélancolie; sans vivacité dans le caractère, ils se divertissent avec une sorte d’emportement sombre et violent. Ordinairement sobres, ils mangent, pendant les jours de fête, avec une gloutonnerie effrayante. Us ont la passion de 1 eau-de-vie. Leur nourriture ordinaire se compose de graisse et de lait aigri. Ils ont pris l’habitude de boire de l’huile rance avec les indigènes. Au reste, les populations sibériennes sont d’une nature vigoureuse; elles ont de l’aptitude pour l’industrie et le commerce. La Sibérie n’a d'autre commerce que celui des fourrures; mais elle sert d’intermédiaire aux relations commerciales de la Russie avec la Chine. Le commerce entre Moscou et la Chine se fait au moyen de deux fleuves, lTénisséï et l’Obi, et ce transit verse annuellement en Sibérie de 2 à 3 millions de roubles. Les produits des deux Empires s’échangent entre deux villages situés sur la frontière, Kiatcha en Russie, et Masmatschin en Chine. Le seul commerce des fourrures à Kiakhta s’est élevé jusqu’à 7 millions de roubles. Plus des trois quarts des fourrures recueillies en Sibérie sont employées dans le pays, ou dirigées vers Nijni-Novogorod et Moscou. On paie à Iakoutsk une peau de martre de 40 I à 50 roubles.
Histoire. — Jusqu’au xvi« siècle, les tzars moscovites ‘ ne possédèrent en Sibérie que quelques-unes des contrées
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limitrophes. Le pays était occupé par les Tatares , qui avaient fondé, en 1242, un khanat, dont le ch.-l. était Sibir, sur l’Irtysch. En 1580 , quand les Cosaques du Don eurent été soumis par les Russes, 4 ermalc, un de leurs chefs, s’enfuit en Sibérie avec 5,000 cavaliers, qui se trouvèrent réduits à 500 au bout d’un an. Néanmoins il attaqua le khan de Sibérie , Kutchun , le vainquit , s’empara de Sibir, et vit bientôt les Tatares venir de tous côtés se ranger sous sou autorité. Il fit part de ses succès au tzar, qui le nomma prince de Sibir et lui promit l’envoi d'une armée. La mort d’Yermak, 1584, obligeait déjà les Cosaques à la retraite, lorsqu’ils reçurent ce renfort ; ils reprirent Sibir, puis ('abandonnèrent pour Tobolsk , où fut bâtie la première église chrétienne, 1587. Un vaivode y fut établi , et des forteresses s’élevèrent pour protéger la conquête. La Russie a tourné depuis cette époque tous ses efforts vers les plateaux de l'Asie centrale. Les khanats de Khiva, de Kokhand, et de Boukharie, situés entre la Chine, la l’erse, l’Inde et la Sibérie, sont les étapes des caravanes entre l’Inde et la Russie. Les négociants de Samarkand servent d’intermédiaires au commerce de la Perse et de l’Inde avec l’Europe , et prospèrent en dépit de la rapacité des guerriers maîtres du pays , et des dangers que courent les caravanes au milieu des tribus pillardes et nomades du désert. F — T.
Sibérie (nouvelle-), ou archipel Ltailchov, groupe d’iles de l’océan Glacial arctique, sur la côte N. de la Sibérie; par71°-74° lat. N., et 131°-153° long. E.; 49,000 kil. carrés. Il y a 3 îles principales : Kotelnoi, Fadevskoï, Atrikanskoi. Froid extrême et climat glacé; souvent la mer est gelée entre l’archipel et le continent; il n’y a pas d’habitants, mais des fossiles nombreux et des bois pétrifiés. Ces îles n’ont été découvertes qu’au commencement du xviu« siècle.
SIBÎLET (Thomas), poëte, né à Paris vers 1512, m. vers 1589, était avocat au parlement, et, pendant les troubles de la Ligue, fut emprisonné avec L’Estoile, son ami, comme attaché à la cause royale. On a de lui un Art poétique français pour l'instruction des jeunes étudiants, Lyon, 1548, in-8°, ouvrage curieux comme résumé des principes de l’école de Marot, au moment où commençait celle de Ronsard. B.
SIBIR ou 1SKER, anc. v. d’Asie, sur l’Irtysch, à 24 kil. N. du lieu où Tobolsk fut bâti depuis. On croit qu’elle a donné son nom à la Sibérie.
S1BOUR ( Marie-Dominique- Auguste ) , prélat français, né en 1792, à Sl-l’aul-Trois-Châteaux (diocèse de Valence), m. en 1857, termina ses études au séminaire de Sl-Sulpice à Paris, fut professeur au petit séminaire de la rue Sl-Victor, puis vicaire dans les paroisses des Missions- Etrangères et de Sl-Sulpice, chanoine de l’église de Nimes, et évêque de Digne en 1840. Animé d’idées libérales, i( publia des Institutions diocésaines, en 2 vol. , où il réclame particulièrement pour les chapitres une plus grande participation au gouvernement des diocèses, et, pour le clergé inférieur, des garanties d’indépendance. Elevé à l’archevêché de Paris en 1848, après la mort de Mgr Affre, il s’appliqua au développement des études religieuses, encouragea l’école ecclésiastique des Carmes , établit des conférences publiques et périodiques sur la théologie, multiplia les églises et les écoles chrétiennes dans les quartiers les plus populeux et les moins riches ; s’appliquant à concilier la science et la religion, à rapprocher le prêtre et les gens du monde, il établit la Fête des écoles, qui fut comme un rendez-vous donné aux esprits d’élite et aux hommes de foi. Il a été assassiné dans l'église S*-Etienne-du-Mont,où il ouvrait la neuvaine de Sle-Geneviève, par un prêtre nommé Verger, récemment interdit.
SIB'illORP (John), botaniste, né en 1758 à Oxford, d’un professeur de botanique de cette ville, m. en 1796, visita la 1 rance et la Suisse, succéda à la chaire de son père en 1781, voyagea, de 1787 à 1794, à Constantinople et dans tout le Levant , et rapporta en Angleterre de riches collections. Il a publié : Flora Oioniensis , Oxford, 1794, in-8°. Il légua à l’université d’Oxford une rente de 200 livres sterling, pour faire éditer une Flora grœca, 10 vol. in-fol., avec (,000 fig. coloriées, et servir ensuite au traitement d’un professeur d’économie rurale.
S1BUSATES, tribu de la Gaule (Aquitaine), dans le pays des Tarbelles, où est auj. Saubusse (Landes). »
SIBà LLE, fille d’Amaury 1er, roi de Jérusalem, épousa Guillaume Longut-Epée, marquis de Montferrat, et en eut un fils, qui fut reconnu roi de Jérusalem en 1185. Cet enfant étant mort peu de temps après , elle se maria en secondes noces avec Guy de Lusignan, et partagea le trône avec lui, 1186.
SIBYLLES , nom donné par les Grecs et les Romains à des femmes qu’ils croyaient inspirées de l’esprit prophétique. Platon est le premier qui ait parlé de la Sibylle d’Erythrée en Ionie. Solin et Ausone en comptent trois : celles d’Erythrée, de Sardes, et de Cumes (en Italie). D’autres auteurs parlent des Sibylles de Delphes, de Salmos, de Claros, d’Ancyre, de Tibur, etc. La plus célèbre est celle de Cumes, désignée par les différents noms d’LIérophile, Démophile, Daphné, Manto, Amalphée, etc. Selon la tradition, une sibylle de Cumes vendit à Tarquin l'Ancien les Livres sibyllins ( V. l’art, suiv.).
SIBYLLINS (Oracles ou Livres), Oracula Sibyllina, ou Libri Sibyllini, recueil d’oracles conservés dans l’ancienne Rome, et que l’on croyait contenir les destinées de l’Empire. La sibylle d’Erythrée les avait composés ( V . Sibylles), et, étant très-vieille, les vendit à Tarquin le Superbe pour 30U philippes d’or (8,000 fr.?|. Ils formaient trois livres, que Tarquin fit enfermer dans un caveau du temple de Jupiter-Capitolin, et dont il confia la garde à trois patriciens; plus tard, un collège de 10, puis de 15 prêtres, en fut chargé ( V. Quindécemvirs). On consultait ces livres dans les cas de calamité publique, et seulement sur un ordre du sénat. Les oracles étaient écrits en vers grecs, obscurs, ambigus, où les prêtres savaient trouver des prescriptions pour toutes les circonstances. Ces livres périrent î’an 670 de Rome, dans l'incendie du Capitole; mais le sénat les avait trouvés si utiles au gouvernement, qu’il en fit composer un autre recueil, qu’on alla chercher en Italie, eu Grèce, et en Afrique. Auguste fit transporter les Livres Sibyllins au mont Palatin , dans le temple d’Apollon , le dieu des oracles. Us subsistèrent jusqu'à l’an 389 de J.-C., époque où Stilicon les brûla par ordre de Théodose. — Il existe un recueil d’Oracles sibyllins en 8 livres, contenant, en vers grecs, des prédictions sur l’établissement de la religion chrétienne ; les termes en sont très-clairs : mais on reconnaît généralement que des chrétiens du ne siècle ont fabriqué ces oracles. On en a diverses éditions , par Bétuléius (Birken), 1545; Castalio (Chateillonl , 1555; Opsopœus, Paris, 1599 ; Servatius Gallæus, Amsterdam, 1609; par M. Alexandre, avec de nouveaux fragments donnés par Angelo Mai en 1817 et 1828, un commentaire, et une traduction en vers latins, Paris, 1841-56, 2 volumes in-8°. C. D — Y.
S1CAMBRES, Sicambri , peuple de la Germanie septentrionale, habitait d’abord au N. de la Lippe et sur la rive dr. du Rhin , et s’étendit ensuite vers l’E. jusqu’au Visurgis (Wéser|. Drusus le soumit, et en transporta une partie dans la Gaule Belgique. Au ni* siècle, les Sicambres entrèrent dans la confédération des Franks.
SICAN1E, Sicania, nom primitif de la Sicile, venant des Siennes, peuple Ibérien, qui émigra de l’Espagne (Tarraconaise), et passa en Italie et de là en Sicile.
S1CANUS. V. Sicoris.
SICARD (Claude) , missionnaire jésuite, né à Aubagne en 1677 , m. en 1726, alla prêcher en Syrie, 1706 , puis au Caire, étudia le génie et les monuments des peuples chez lesquels il exerça son ministère , et fut enlevé par la peste au Caire, où il était allé porter aux pestiférés les secours de la religion. Ses observations sur les monuments de l'Egypte ont été publiées dans les Lettres édifiantes.
sicard (l’abbé Roch-Ambroise cucurron ) , célèbre instituteur des sourds-muets, né au Fousseret, prés de Toulouse, en 1742, m. en 1822, reçut les ordres à Toulouse, et devint vicaire-général à Bordeaux. M. de Cicé, archevêque de cette ville, voulant établir une école de sourds-muets, envoya l’abbé Sicard à Paris, pour apprendre la méthode de l’abbé de l’Epée. Cette mission eut un plein succès, et Sicard revint en 1786 fonder l’école de Bordeaux. Sa réputation devint si éclatante comme instituteur, que, l’abbé de l’Epée étant mort en 1789, il fut appelé à lui succéder, apres un concours ouvert devant les commissaires de l’Académie Française , et dans lequel il y eut trois prétendants, 1790. Ayant été mis en arrestation après le 10 août 1792, ses élèves vinrent présenter une pétition à l’Assemblée législative pour obtenir sa liberté ; mais la Commune de Paris s’y opposa, et fit transférer Sicard à l’Abbaye, où il échappa presque miraculeusement aux massacres de septembre. Il professa avec beaucoup de succès, en 1795, la grammaire générale à l’Ecole normale, fut proscrit par le Directoire au 18 fructidor comme rédacteur des Annales catholiques , et ne reprit ses fonctions auprès des sourdsmuets qu’après le 18 Brumaire Ses livres servent encore de guide aux instituteurs en Europe et en Amérique; i ce sont : Eléments de grammaire générale , appliquée à la
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langue française , 1799, 2 vol. in-8°, 2e édit., 1808, ouvrage qui le fit entrer à l’Académie Française ; Mémoire sur l’arl d'instruire les sourds-muets de naissance , 1789, in-8°; Catéchisme à l'usage des sourds-muets de naissance, 1796, in -8°; Cours d’instruction d'un sourd-muet de naissance, 1800, in -8°; Journée chrétienne d'un sourd-muet, 1805, in-12; Théorie des signes pour l'instruction des sourdsmuets, 1808.
SICCA VENEREA , anc. v. de Numidie, à l’E., près du Bagradas, à l’E. de Madaure et au N. de Zama. Marius y battit Jugurtha, en 109 av. J.-C. C’est auj. El-Kef, dans le S.- O. de la régence de Tunis.
SICELEG, v. de Palestine, dans le pays des Philistins, fut donnée par le roi de Geth à David, qui y chercha un asile contre les persécutions de Saül.
SICHÉE ou SICHARBAS, mari de Didon ( V. ce mot).
SICHEM, v. de Palestine, dans la tribu d’Ephvaïm, puis dans la Samarie, au S. de Samarie, au milieu d’une vallée très-fertile formée par le mont Garizim et le mont Hébal. C’était une des villes lévitiques. Les fils de Jacob en tuèrent tous les habitants, pour venger une insulte faite à leur sœur Dina. Détruite par Abimélech, fils de Gédéon, à la suite d’une révolte, elle fut rebâtie par Jéroboam, et devint le siège de l’assemblée à la suite de laquelle eut lieu le schisme des dix tribus d’Israël. Capitale du royaume d’Israël avant Thirsa et Samarie, elle fut encore, sous les rois de Perse, le centre du culte des Samaritains. Vespasien en fit une colonie romaine sous le nom de F lu via Neapolis. C’est auj. Nnplouse.
SICILE, Trinacria , Sicania , Sicilia des anciens, la plus gçande des îles de la Méditerranée, à la pointe de l’Italie, dont elle est séparée par le détroit de Messine; entre 36° 40' et 38° 18' lat. N., 10° 8' et 13° 20' long. E.; 300 kil. de l’E. à l’O., sur une largeur de 50 à 190 ; 27,018 kil. earr. 2,391,802 liab. Capitale, Palerme. Les montagnes y paraissent être un prolongement des Apennins ; elles se composent de trois petites chaînes qui se réunissent au centre, et donnent à l’ile une forme triangulaire ; chaque angle est terminé par un cap : Boéo à l’O. , Passaro au S.-E. , Faro au N.- E. [Lilybœum , Pacliynum , Pelorum des anciens). Sur la côte orientale , et à peu de distance de la mer, est le volcan de l’Etna ou Monte-Gibello. Les rivières sont nombreuses, mais de peu d’importance; ce sont la Giaretta, le Salso, le Platani , le Caltabellota, le Termini, le Fiume- Grande. La Sicile jouit d’un climat admirable et d’une grande salubrité, bien que la chaleur y soit souvent extrême. Le sol est d’une fécondité admirable , et l’île était appelée autrefois le G renier du peuple romain ; mais elle est auj. fort mal cultivée , et plus de la moitié des terres est abandonnée. Les montagnes élevées du N.- E. présentent une végétation à peu près identique à celle des Apennins sur la côte voisine de Calabre. Au S. se trouvent les productions tropicales de la flore africaine , les cactus , les agaves, les palmiers (ceux-ci en petit nombre, parce qu’ils ont été détruits en haine de l’islamisme | ; les dattes ont peine à mûrir. La canne à sucre, importée jadis parles Sarrasins, a presque entièrement disparu. Les abeilles du mont Hybla étaient célèbres dès les temps anciens. Les principales productions sont d’excellent froment, du riz, du safran, des vins (entre autres, ceux de Syracuse et deMarsala, vendus en Angleterre comme Xérès et Malaga; 210,000 hectol. par an), de l’huile d’olive, etc, On y récolte aussi du coton, beaucoup de soie et de miel. Elève de bestiaux, chevaux, mulets, ânes, buffles. Les productions minérales sont : le soufre, très-abondant (en Î859, on en a exporté 1,740,860 quintaux, valant plus de 26 millions de fr.), le fer, le cuivre, le plomb, l’alun, le porphyre, le sel (1 12,000 tonnes par an), le marbre. Sources d’eaux minérales et thermales. La Sicile a peu de routes ; l’industrie y est presque nulle, et le commerce peu développé, malgré le grand nombre et la sûreté de ses ports. Les capitalistes anglais ont envahi la culture des vignes et le commerce des soufres. Le climat est salubre, quoique très-chaud, et soumis souvent à l’influence du Sirocco d’Afrique.
Histoire. La Mythologie plaçait en Sicile le séjour des Cyclopcs et des Lestrygons. Ces traditions effrayantes, jointes aux brigandages des pirates tyrrhéniens, écartèrent longtemps les Grecs de la Sicile. Seulement, vers la fin du vin6 siècle avant J.-C., l’Athénien Théoclés, à la tête d’une colonie de Chalcidiens, fonda, sur la côte orientale, Naxos et Léontium, 735. La Sicile était alors occupée par 4 populations différentes : les Sicanes, tribu ibérienne; les Sicules, tribu pélasgique venue d’Italie; les Phéniciens, épars sur la côte; les Elymiens, tribu barbare qui se disait d’origine troyenne. En 734, Archias, exilé de Corinthe, fonda Syracuse, qui donna elle-même naissance à Acræ,
: 664 , Casméné , 644 , Camarine , 599. Des Mégariens fondèrent Sélinonte , 628, et des Crétois bâtirent Gela, qui fonda à son tour Agrigente , 582. En même temps , des habitants de Cumes et de Chalcis fondaient, sur la côte septentrionale, Zancle ou Messine, métropole d’Himéra. Chaque ville se donna un tyran, pour échapper aux excès de la démagogie qui régnait partout : Panœtius régna à Léontium, Simicus à Centurippe, Scytès et Anaxilas à Zancle , Pythagoras à Sélinonte , Térillus à Himéra, Phalaris, Alcmène, Alcandre, et Théron à Agrigente, Cléandre, Hippocrate, et Gélon à Géla. La prépondérance en Sicile appartint d’abord à Agrigente et à "Géla. Gélon, appelé par les riches de Syracuse contre le peuple , s’empara de la moitié de la ville , y transporta le siège de sa puissance, conquit Naxos, Zancle, Léontium, et défit, dans une bataille sanglante, une armée carthaginoise qui assiégeait Hiinéra. Syracuse devint, grâce à lui, la capitale de la Sicile. Il laissa le trône à son frère Hiéron , qui , plein de goût pour les lettres , attirait à Syracuse Pindare , Simonide , Eschyle. La tyrannie de Thrasybule amena une révolution en 465. Thrasybule fut chassé , et le gouvernement démocratique établi dans toutes les cités. C’est vers ce temps qu’eut lieu l’expédition des Athéniens en Sicile, triste et fameux épisode de la guerre du Péloponèse. Invoquée par les Léontins contre les Spartiates , Athènes, sur l’avis d’Alcibiade , fit partir 20 galères pour la Sicile, puis profita d’une querelle entre Egeste et Sélinonte pour prendre le parti des Egestains et envoyer une flotte de 134 trirèmes sous la conduite de Nicias , Lamachus et Alcibiade. Alcibiade s’empara de Catane et de Naxos ; mais, rappelé pour répondre à une accusation de sacrilège, il laissa le commandement au faible Nicias, qui vint trop tard assiéger Syracuse. Le Lacédémonien Gylippe arriva à temps pour empêcher la ville d’être prise. Une nouvelle flotte athénienne fut amenée par Démosthène. Vaincus sur terre et sur mer, Nicias et Démosthène voulurent lever le siège; mais une éclipse les effraya; ils perdirent 27 jours , éprouvèrent revers sur revers , et furent obligés de se rendre à discrétion, 413. Ce triomphe semble marquer l’apogée de la puissance de Syracuse. Le peuple voulut alors une constitution démocratique. Elle fut rédigée par Dioclès , 412 ; mais , dans l’O. de l’ile , les progrès des Carthaginois , 409-406 , secondés par les querelles de Sélinonte et d’Egeste, excitèrent des désordres funestes à la liberté. Denys l’Ancien , tyran de Syracuse , de 405 à 368, affranchit du moins presque entièrement la Sicile, et conquit la Grande-Grèce ; mais son fils et successeur, Denys le Jeune, fut détrôné par Dion, 357, que remplaça son assassin Callipe, 354, puis le frère de Denys, Hipparinus , 353-351 , enfin son général Nypsius. Denys revint alors, 347, et fut de nouveau détrôné par Timoléon, 343 , qui rétablit l’ordre et la démocratie , battit les Carthaginois , et mourut en 337 , après avoir abdiqué. Les guerres de Syracuse avec Agrigente, et l’usurpation de Sosistrate dans Syracuse , de 337 à 317 , préparèrent la tyrannie d’Agathocle, 317. Opprimée après lui par Icétas, 289-290 , par Tynion et Sosistrate , par Pyrrhus même , qu’elle avait appelé contre les Carthaginois et les mercenaires Mamertins, Syracuse proclama roi lliéron, 269-215. Battu par les Romains au commencement de la lre guerre Punique, ce prince resta 50 ans leur allié ; mais, après la guerre, toute la Sicile carthaginoise fut réduite en province romaine, 241. Le successeur et petit-fils d’Hiéron, Hiéronyme , orgueilleux et cruel, périt assassiné , 214 ; la faction démocratique se déclara pour Annibal, et souleva soixante-six villes de la Sicile. Syracuse, assiégée par Marcellus , succomba malgré le génie d’Archimède , 212, et, deux ans après, toute la Sicile forma la première province romaine. Elle conserva , il est vrai , ses lois et ses magistrats ; mais un préteur romain y résida , et elle dut acquitter annuellement un tribut eu argent et en blé. Deux révoltes d’esclaves, 134 et 106, les concussions de Verrès, 71, la défaite de Sextus Pompée à Nauloque, 36, sont, jusqu’à l’avénement d’Auguste, les faits les plus saillants de l’histoire de la Sicile, qui se confond avec celle de Rome même. Le préteur, armé de tous les pouvoirs politiques, militaires et judiciaires, résidait à Syracuse. Deux questeurs, résidant l’un dans la partie orientale, l’autre dans la partie occidentale de l’ile , étaient chargés de la perception des impôts. Chaque ville conservait d’ailleurs son organisation municipale , avec des magistrats de noms différents : hiéropoles à Géla, amphipoles à Syracuse, quinqueprimi à Argyre , decemprimi à Centurippe. L’impôt fourni par la Sicile était considérable : 9 millions de sesterces (1,800,000 francs), pour un tiers de l’ile seulement. Elle était soumise à un code spécial, la loi Rupilia. — Envahie au rnoyo»
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âge par les Vandales, 440 , puis parles Goths, 493, elle fut reprise par Bélisaire, 535, et rattachée à l’empire d’Orient. Au siècle suivant , les Musulmans dirigèrent vers la Sicile plusieurs expéditions, qui n’eurent qu’un succès momentané. Mais la dynastie des Aglabites s’empara de File en 827. Ces nouveaux possesseurs la partagèrent, suivant la division géographique du pays, en 3 Vais, dont les districts étaient administrés par des cadis. Ils importèrent en Sicile le coton , la canne à sucre , le frêne, le pistachier, et donnèrent un grand essor à l’industrie et au commerce. LesFatimites succédèrent aux Aglabites en 917 , et restèrent maîtres de la Sicile jusqu’au XIe siècle. De 1058 à 1090 , ils furent chassés à leur tour par les Normands , dont le chef, Roger, fut le 1er grand-comte de Sicile. En 1130, la Sicile fut réunie au comté de Pouille et au prineipat de Capoue. Pour se soustraire à la tyrannie de Charles d’Anjou, elle se donna à Pierre d’Aragon après le massacre des Vêpres siciliennes, 1282, et elle obéit à une dynastie aragonaise; ce fut une période de dissensions intestines. Après une réunion momentanée au royaume de Naples sous Alphonse Ier, 1435-58, et une nouvelle séparation sous Jean d’Aragon, la Sicile et Naples furent de nouveau réunies par Ferdinand le Catholique, 1504, que le choix des barons appela au trône. Dès lors l’histoire de l’ile se confond avec celle du royaume dont elle fait partie ( V. l'art, suiv.). En 1713 , la Sicile fut donnée à la maison de Savoie; en 1720, on l’échangea contre la Sardaigne, qui appartenait à l’Autriche. Cette puissance dut y renon cer en 1738 , le traité de Vienne reconstituant le royaume des Deux-Siciles en faveur d’une branche cadette des Bourbons d’Espagne. En 1806, la famille royale, chassée de Naples par une invasion française , se réfugia dans la Sicile, que les Anglais vinrent défendre contre les Français. L’île eut alors une constitution, qui fut abolie en 1815. Encore à demi féodale, et jusqu’alors décentralisée, elle avait possédé, dans cette constitution inspirée par l’Angleterre, une charte appropriée aux goûts de ses habitants. Les Anglais ont travaillé depuis lors à entretenir la reconnaissance des Siciliens, qui goûtent peu, d’ailleurs les principes d'égalité civile et de centralisation laissés par la domination française dans le reste des États napolitains. L’insurrection de Messine, 1848, a été vigoureusement réprimée; celle de Païenne en 1860 a réussi, I et l’île entière, conquise par Garibaldi, a été annexée aux États sardes. Elle est divisée en sept provinces , ou ; intendances, qui portent les noms de leurs chefs-lieux : Palerme Messine , Catane, Noto (Syracuse jusqu’en 1837), Caltanisetla , Girgenti , et Trapani, toutes subdivisées en arrondissements. F t.
SICILES (Royaume des DEUX-), anc. Etat de l’Europe méridionale, formé parla réunion du royaume de Naples (V. ce mol ) et de l’île de Sicile (F. ce mol), que sépare le détroit ou phare de Messine; de là les dénominations d’Etats en deçà du Phare, et d’Etats au delà du Phare. L’ensemble du royaume était borné au N. et à l'E. par la mer Adriatique, au S. par la mer Ionienne, à l’O. par la mer Tyrrhénienne et les Etats de l’Eglise. Son territoire comprenait 111,776 kil. carr., et 9,283,686 hab. Capitale, Naples. Le gouvernement était monarchique absolu. Le roi gouvernait avec un ministère, assisté d’une Consulte d’Etat pour les domaines en deçà du Phare; un lieutenantgénéral le représentait en Sicile, et était assisté lui-même de directeurs et d’une Consulte. Le ministère n’était composé que de 4 ministres, dont un particulier pour les affaires de Sicile. Toutes les grandes administrations centrales avaient des directeurs-généraux et un état-major considérable d’employés, et étaient distinctes pour les Etats de terre-ferme et pour la Sicile. Il en était de même dans toutes les branches de l’organisation administrative, qui était double pour les deux parties de l’Etat. — Le royaume était divisé en 22 provinces ou intendances, dont 15 pour le continent et 7 pour la Sicile. Ces provinces étaient partagées elles-mêmes en 77 districts, 718 arrondissements, et 2,210 communes, dirigés par des intendants et sous-intendants, et des syndics. — Le département de la justice était ainsi organisé : il y avait 2 Cours suprêmes de justice, l’une à Naples, et l’autre à Païenne; et 7 Cours d’appel : 4 sur le continent, Naples, Aquila, Trani Catanzaro; 3 en Sicile, Païenne, Messine, Catane. En outré un tribunal de lre instance siégeait dans chaque chef-lieu de province, un tribunal de police dans chaque district, un concilialore ou juge-de-paix dans chaque commune. — Le clergé et les ordres religieux, en général, possédaient beaucoup de biens. Il y avait près de 100,000 ecclésiastiques de tout ordre, dont 23 archevêques et 77 évêques. L’instruc- i t.on publique était confiée au clergé. Il y avait 4 univer- ^
sites, dont 3 en Sicile (Païenne, Catane, Messine), 8 académies, 1 collège royal dans chaque province , et 1 séminaire dans chaque diocèse. — L’armée active comprenait, avec les régiments suisses capitulés, les corps sédentaires, l’intendance, les troupes de garnison, les invalides, et les compagnies d’armes et de dotation, 56,375 hommes sur le pied de paix, et 103,264 hommes sur le pied de guerre. Il n’y avait pas d’exemption du service, mais on pouvait acheter un remplaçant. La durée du service était de 5 ans pour l’infanterie, de 8 pour la cavalerie. — Le personnel de la marine se composait de : 1 vice-amiral, 5 contre-amiraux, 9 brigadiers, 25 capitaines de vaisseau ou de frégate, 1 régiment d’infanterie de marine de 12 compagnies, 1 corps d’artillerie de 14 compagnies, 2 compagnies sédentaires, 1 corps du génie, 1 corps de matelots, etc. Son matériel comprenait 2 vaisseaux de ligne de 80 canons, 5 frégates à voiles, 14 frégates à vapeur, 6 corvettes, 5 bricks, 1 goélette, 14 petits bâtiments à vapeur. Le nombre des marins Relevait à 4,860. — Le budget de l’Etat restait secret ; cependant on évalue les recettes à 27 ou 28,000,000 de ducats. La dette publique s’élevait à 101,754,000 ducats pour la terre-ferme, et 20,138,000 ducats pour la Sicile; en tout, 121,872,000 ducats. — L’industrie et le commerce sont dans un état peu florissant. Les voies de communication manquent à l’intérieur; la population afflue sur les côtes et dans les villes, au préjudice de l’agriculture. Aussi le paupérisme est-il proportionnellement plus grand qu’en aucun autre Etat de l’Europe. Le mouvement commercial de la partie continentale du royaume s’élevait, annuellement, de 121 à 161 millions de francs, importation et exportation réunies. La France est un des Etats qui avaient la plus grande part dans ce mouvement. On récolte annuellement à Agosta , Trapani, Marsala, 857,000 quintaux métrique.^ de sel marin, dont 515,000 sont exportés. Le total des ventes de soufres siciliens s’élève à plus de 26 millions de francs depuis la maladie de l’oidium sur la vigne.
Histoire. Au xie siècle, Guillaume Bras-de-Fer, Drogon et Ilumfroi, fils de Tanerède de Hauteville, pauvre gentilhomme du Cotentin , étant venus chercher fortune en Italie, parvinrent à s’emparer d’Amalfi, et en firent le centre d’une petite république normande, divisée en 12 comtés, 1043. Guillaume, l’ainé des trois frères, obtint, comme le premier des 12 comtes, le duché de la Pouille, dont le pape Léon IX, prisonnier des Normands après la bataille de Civitella, 1053, donna ensuite l’investiture à Humfroi. Robert Guiscard, comte de Pouille après Humfroi, et maître des deux Calabres, s’allia avec le Saint- Siège, et, tandis que son frère Roger soumettait la Sicile, acheva la conquête de l’Italie méridionale , enleva aux Lombards Salerne et Bénévent, 1078, et aux empereurs grecs Tarente et Otrante, 1080. Après la dynastie des princes normands, qui , depuis 1130, avaient réuni la Sicile et le midi de l’Italie, le mariage de Constance, fille de Roger II, avec Henri YI, fils de Frédéric Barberousse, plaça les deux régions sous le pouvoir des empereurs d’Allemagne, qui avaient toujours conservé d’ailleurs des prétentions comme suzerains des derniers ducs lombards. Api-ès la mort de Frédéric II, le pape en donna l’investiture à Charles d’Anjou, qui se débarrassa de Manfred et de Conradin, et demeura à peu prés paisible possesseur du royaume : mais les dernières années de son règne furent attristées par le massacre des Vêpres siciliennes, 1282. Les exploits maritimes de Roger de Loria, amiral de Pierre III d’Aragon, à qui la Sicile s’était donnée, forcèrent Charles d’Anjou à se contenter du royaume de Naples. Chartes II épuisa vainement ses ressources pour reconquérir la Sicile; Frédéric d’Aragon, proclamé roi par les Siciliens, lui imposa le traité de 1300, par lequel la Sicile fut irrévocablement perdue pour la maison d'Anjou. Robert le Sage, 1309-1343, échoua de même dans ses tentatives : mais il maintint en Italie la supériorité des Guelfes. Le mariage de sa petite-fille Jeanne avec André de Hongrie devait confondre les droits des deux branches de Hongrie et de Naples. Mais le règne de Jeanne ne fut qu'une épouvantable série de désordres et de crimes. Sa mort , 1382, ouvrit une lutte désastreuse entre Louis Ier, chef de la 2e maisou d’Anjou, son fils d’adoption , et Charles de Duras, son héritier naturel. Charles se maintint sur le trône contre son rival, qui vint mourir dans les plaines de Ban, 1384. Lui-même périt assassiné en Hongrie, 1386, laissant un fils, Ladislas, à peine âgé de 10 ans. Détrôné par la faction angevine, qui proclama Louis II d’Anjou, 1389, rétabli 10 ans après, puis proclamé roi de Hongrie, 1403, Ladislas écrasa F-
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chefs angevins. Jeanne II, sa sœur, lui succéda, 1414. Après avoir adopté successivement Alphonse V d’Aragon et Louis III d’Anjou , elle disposa de la couronne en faveur du prince René, frère de Louis III. Mais, après une guerre de quelques années, René, trahi par ses amis, sans Etats, sans armées, fut chassé par Alphonse, 1442, qui reçut du pape Eugène IV l’investiture de son nouveau royaume, et réunit les deux parties de l’anc. monarchie. Une nouvelle séparation eut lieu à sa mort, 1458. 11 laissa le royaume de Naples à Ferdinand, son fils naturel, tige de la ligne bâtarde d’Aragon , tandis que la ligne légitime gardait la Sicile. Ce fut sous Alphonse, fils de Ferdinand, qu’eut lieu l’expédition de Charles VIII contre Naples. Comme ce prince, Louis XII parvint à s’établir un instant dans le royaume de Naples; mais la trahison l’en chassa, comme elle l’en avait rendu maître. Ferdinand le Catholique reçut du pape l’investiture de ce royaume, qui se trouva réuni à la monarchie espagnole, 1504. Les tentatives de François Ier sur le royaume de Naples furent infructueuses. Charles-Quint reçut à son tour l’investiture. Il accorda aux nobles des titres magnifiques, mais ruineux, éleva la bourgeoisie au même rang que la noblesse, et confia plusieurs des emplois administratifs à des Espagnols. Les impôts toujours croissants servaient à acquitter les dettes de l’Espagne ou à solder ses armées. Opprimé et ruiné, le peuple se souleva à la voix du pêcheur Masaniello, 1647 ; mais le vice-roi le fit assassiner, et , après 4 années de luttes et de succès divers, le peuple, vaincu , fut soumis à un joug plus pesant que jamais, 1652. Dans la guerre de la succession d’Espagne, Naples prit parti pour Philippe V ; mais les Impériaux s’emparèrent , en 1707, du royaume de Naples, et le traité d’Utrecht le donna à la maison d’Autriche, tandis que Victor-Amédce, duc de Savoie, obtenait la Sicile. En 1720, l’Autriche échangea la Sardaigne contre la Sicile; cette île et Naples se trouvèrent de nouveau réunies. Elles formèrent, en 1734, sous le nom de Deux-Siciles, un Etat indépendant entre les mains d’une branche puînée des Bourbons d’Espagne , qui, appelée au trône en 1759, les céda à une autre branche. Depuis le xne siècle, la qualification de royaume appartenant primitivement à la Sicile et non au midi de l’Italie, et Palerme étant considérée comme la capitale de toute la monarchie, les princes des dynasties normande et souabe avaient toujours porté le titre de rois ie Sicile; ce fut aussi ce titre que prirent, depuis les Vêpres siciliennes, les Angevins de Naples et les Aragonais de Sicile, les uns pour indiquer 'qu’ils n’avaient pas renoncé à la Sicile, les autres parce qu’ils en étaient les maîtres. De là vint, au xve siècle, lors du triomphe d’Alphonse Ier, la dénomination de roi des Deux-Siciles , remplacée sous Ferdinand le Catholique par celle de roi de la Sicile enrleçà et au-delà du Phare, mais définitivement adoptée depuis 1734. Transformé un moment en République Parthénopéenne par la conquête française, 1799, la partie continentale du royaume retomba bientôt sous la domination des Bourbons, puis passa sous celle de Joseph Bonaparte, 1806. Joachim Murat lui succéda à Naples en 1808 , pendant que Ferdinand IV se maintenait en Sicile. Les traités de 1815 rétablirent le roy. des Deux-Siciles au profit de Ferdinand IV, qui prit alors le titre de Ferdinand Ier. En 1820, une insurrection éclata et fut promptement calmée par l’intervention des armées autrichiennes. François 1er, 1825-1830, Ferdinand II, 1830-1859, et François II, le dernier roi, conservèrent la politique absolutiste. La révolte de la Sicile en 1860, et la conquête de Naples, par Garibaldi , mirent fin au roy. des Deux-Siciles, réuni auj. au roy. d'Italie. V. Italie, au Supplément.