‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 549 sur 864 · T AM · texte numérisé non relu

T AM

révolutionnaires. Commissaire de la Convention à l’armée de Hoche en Bretagne, il fit fusiller les prisonniers royalistes de Quiberon. Au 13 vendémiaire, on le voit parmi les plus ardents défenseurs de la Convention contre les sections insurgées. Quand la Constitution de l’an v fut appliquée, il fut réélu au Conseil des Cinq-Cents, où il prit part au coup d'Etat du 18 fructidor. En 1798, il accompagna les savants de l’expédition d’Egypte, fut nommé administrateur de l’enregistrement et des domaines nationaux dans ce pays, puis, renvoyé par Menou, il fut pris à son retour par les Anglais. Remis en liberté, il reçut le titre et le traitement de consul à Alicante, tout en résidant à Paris, les perdit à la Restauration, et acheva 6es jours dans l’oubli. B.

tallien (Thérèse cabarruS, Mme), fille d’un banquier et ministre des finances d’Espagne, née à Saragosse vers 1775, m. en 1830, fut mariée fort jeune à Davin de Fontenay, conseiller au parlement de Paris. S’étant séparée de son mari par un divorce, elle adopta d’abord les principes de la Révolution," puis s’en effraya, voulut retourner en Espagne, et fut arrêtée. Tallien, en mission dans la Gironde, apprit qu’elle était en prison; il voulut la voir, la fit mettre en liberté et l’épousa. De retour à Paris, le proconsul fut l’objet des soupçons de Robespierre; sa femme craignit l’échafaud; elle lui inspira du courage, et fut la cause indirecte, mais bien réelle, du 9 thermidor. Elle était très-belle, très-spirituelle, et non moins bonne : elle sauva une foule de victimes, et, par ses services non moins que par les fêtes qu’elle donna, mérita un rang parmi les femmes célèbres. Elle fit prononcer son divorce avec Tallien, et épousa, en 1805, le comte de Caraman, depuis prince de Chimay, vécut à Paris, à Nice et dans son château de Chimay, et mourut au château de Ménars, près de Blois. Napoléon Ier n’avait jamais voulu l’admettre à la cour. J. T.

TALMA (François-Joseph), célèbre tragédien, né à J Paris en 1763, m. en 1826, passa son enfance en Flandre et en Angleterre, où son père était valet de chambre, et fut renvoyé en France, à l’âge de 9 ans, pour y faire ses études. Ses dispositions pour la scène se révélèrent de bonne heure, sur des théâtres de société; ce ne fut néanmoins qu’après avoir pratiqué pendant 18 mois l’état de son père, qu’il se décida pour la carrière du théâtre : il prit des leçons de Molé, de Dugazon, et de Fleury, et débuta avec succès à la Comédie-Française, en 1787, par le rôle de Séide dans Mahomet. On fut frappé de la noble régularité de ses traits, de la grâce de son maintien, de la beauté de son organe, et de la chaleur de sa diction. Deux ans après, il était sociétaire. Il fit une sérieuse étude de l’histoire pour occuper ses loisirs ; il médita de bonne heure la réforme du costume, déjà tentée par Lekain, MIle Clairon, et Mlle Saint Huberti, et voulut le mettre en harmonie avec les temps et les lieux où se passait l’action théâtrale. En 1789, on le vit, dans le petit rôle de Prôculus de la tragédie de Brulus, paraître vêtu de la toge romaine et dans toute la sévérité, du costume antique : ce fut un coup décisif porté à la routine et aux préjugés. Talma adopta avec ardeur les principes de la Révolution ; son talent se développa sous l’influence des idées nouvelles. Le rôle de Charles IX dans la tragédie de M.-J. Chénier fut sa première création : corrigeant par degrés, d’après sa propre expérience et les conseils des critiques, ce qu’il y avait d’abord de trop violent dans sa verve, il arriva à la perfection dans le Manlius de Lafosse, Achille d’ Iphigénie en Aulide , VOEdipe de Voltaire, Auguste de Cinna, Oreste d’Jndromaque et d'Iphigénie en Tauride, Aimer et Joad d’Athalie , Néron de Britannicus, Othello, Hamlet , Abufar de Ducis, Sylla de Jouy, Béguins de Lucien Arnault, Clytemneslre de Soumet, etc. Talma joua aussi la comédie, jusqu’en 1796, mais y montra un talent peu remarquable ; cependant, en 1823, il créa avec une grande supériorité le rôle de Danville dans l’Ecole des Vieillards de C. Delavigne. Napoléon Ier aimait beaucoup Talma, l’admettait dans son intimité. Talma est auteur d’un petit ouvrage fort intéressant, Reflétions sur Lekain et sur l’art théâtral, 1825, in-8°. V. Moreau, Mémoires historiques et littéraires sur Talma, Paris, 3e édit., 1827, in-8°, et notre Dictionnaire des lettres, au mot Tragédien. B.

TALMONT, ch.-l. de cant. (Vendée), arr. et à 13 ldi. E. des Sables-d’Olonne; 980 hab. Jadis titre d’une principauté , qui appartint successivement aux maisons de Thouars, d’Amboise, et de La Trémoille.

TALMUD ou THALMUD, c.-à-d. discipline, recueil de traditions rabbiniques, qui est pour les Israélites comme le eom lément de la Bible. On distingue: 1° le Talmud de J» rusai m, achevé au ne siècle, et peu intelligible pour les

Juifs eux-mêmes; 2° le Talmud de Babylone , plus important, et encore obscur. Celui-ci se divise en deux parties: la Mischna (seconde loi), qui contient le texte, et rédigé en hébreu rabbinique assez pur, vers la fin du ne siècle, par le rabbm Juda le Saint; et la Gemara (définition), sorte de glose ou de commentaire, en hébreu mêlé de chaldéen, commencée au ve siècle par le rabbin Asser, et achevée au vie. Les Talmudistes ou Rabbinistes, qui admettent le Talmud, sont opposés aux Caraïtes, qui s’en tiennent à la lettre de la Bible. Le Talmud a été publié par Bomberg, Venise, 1520, 12 vol. in-fol., et réimprimé à Amsterdam, en 1744.

TALON (Orner), illustre magistrat, né vers 1595 & S1- Quentin, d’une famille de robe originaire d’Irlande, m. en 1652, entra au barreau de Paris en 1613 , et fut nommé avocat - général au parlement en 1631. Comme jurisconsulte , il ti aita avec une clarté et un ordre admirables les questions les plus importantes de notre droit public; comme orateur, il débarrassa l’éloquence d’une affectation ridicule de savoir, pour lui donner un ton simple et grave, un langage pur et de bon goût ; comme homme politique, il montra, pendant la Fronde, un grand attachement à ses devoirs et à la cause royale. Il a laissé des Mémoires estimés, La Haye, 1732, 8 vol. in-12, et des plaidoyers et discours publiés avec ceux de son fils.

talon (Denis) , fils du précédent, né en 1628, m. en 1698, fut d’abord avocat du roi au Châtelet, puis succéda à son père, en 1652, dans la charge d’avocat-général, remplit en 1665 les fonctions de procureur-général aux Grands-Jours d’Auvergne, prit part à la rédaction des Ordonnances de Louis XIV, et fut nommé en 1693 président à mortier. On a publié, par extraits. Plaidoyers et Discours d’Omer et Denis Talon, Paris, 1821, 6 vol. in-8°.

TALTHYBIUS , héraut d’Agamemnon au siège de Troie. Ses descendants fournirent longtemps des hérauts à Sparte.

TAMAGA, riv. de la péninsule Ibérique, naît en Galice, à 40 kil. S.-E. d’Orense , coule au S. , traverse en Portugal les prov. de Tras-os-Montes et du Minho, et tombe dans le Douro , ù 15 kil. S.- O. d’ Amarante ; cours de 160 kil.

TAMAN, v. forte de la Russie d’Europe (Pays des Cosaques de la mer Noire), sur une ile de même nom, que forment le Kouban et ses branches, le Tchernoï et le Protok, port à l’entrée du détroit d’Iénikaléh ou de Taman. L’ile a 80 kil. sur 40, est habitée par des Cosaques, possède des sources de pétrole, et offre de nombreuses traces de l’action des feux volcaniques. On y voit les ruines de Fanagoria et de Tmoutarakan. B.

TAM AR1DA , capitale de l’île de Socotora , sur l’océan Indien. Elle compte 150 maisons dispersées sur un grand espace.

TAMASE ou TAMÈSE, Tamesus , v. de l’anc. Cypre, au pied de l’Olympe. Ses environs délicieux étaient consacrés à Vénus.

TAMATAVE , Toamachine des indigènes, v. et port sur la côte E. de l’ile de Madagascar, capit. du pays des Bétanimènes. Principal marché de la côte, fréquenté par les habitants de Maurice et de la Réunion. Les Français en ont renversé les forts en 1829 et en 1845.

TAMAULIPAS ou TAMAUL1PAN, département de la Rép. du Mexique , entre le département de Matamoras au Nord, les départements du Nouveau Léon et de San-Luis à l’O. et au S. -O., celui de Vera-Cruz au S., et le golfe du Mexique à l’E. ; 740 kil. sur 65 à 170 ; 78,000 kil. carrés; 110,000 hab. Ch.-l., Victoria. Climat chaud et salubre. Mines d’or, d’argent, de fer, et de sel. Belles forêts. Sol fertile, arrosé par le Rio-Tamesi, mais mal cultivé. Beaucoup de chevaux et de porcs sauvages.

Page 1