‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 548 sur 864 · T AL · texte numérisé non relu

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■et 151® 50' long. O.; 6,000 hab. (30,000 au temps de Cook). Ch.-l., Papéiti. Elle est formée de deux presqu’îles entourées d’un récif de corail. Climat délicieux. Productions naturelles ou cultivées; cocotiers, palmiers, bananiers, arbres à pain, canne à sucre, café, coton, manioc, igname, indigo, sorgho, tabac, ricin ; bois de construction, d’ébénisterie, de teinture. Le centre est montagneux : l’Orohéna s’élève à 2,237 mèt., l’Aoraï à 2,130, le Pitohiti il 2,060. — Visitée par Quiros en 1606, Wallis en 1767, Bougainville en 1768, Cook en 1768 et 1776, elle a reçu, depuis 1815, le protestantisme, apporté par des missionnaires anglais. En 1822, l’Angleterre offrit en vain son protectorat. En 1843, l’amiral français Dupetit-Thouars prit possession de Taïti; il fut désavoué, et la France ne garda qu’un protectorat. On y imprime un journal français, le Messager de Tutti. — Depuis 1793, Vile est gouvernée monarchiquement : son premier roi fut Pomaré Ier, 179.3- 1803; le second, Pomaré II, son fils, 1803-21; il a laissé le pouvoir à sa fille, qui gouverne auj. sous le nom de reine Pomaré. B.

taïti (Archipel de) ou de la société, groupe d’iles de la Polynésie, à l’O de l’archipel Pomotou, entre 15° 52’ et 17o 4b- ]at. s., 150» 8’ et 156» 30’ long. O.; 2,200 kil. carr. environ ; 10,000 hab. Les principales îles sont : Taïti , Eiméo, Raiatca, Huahine, Borabora, Tethuroa. Climat chaud, mais tempéré. Sol fertile. Quelques bancs d’huitres à perles. — Le nom d’Iles de la Société fut douné par Cook à cet archipel , en l’honneur de la Société royale de Londres.

TAI-TSOU, empereur de la Chine, chassa les Mongols ■en 1368, et fonda la dynastie indigène des Mings.

TAI-TSOUNG, nom que les Chinois donnent à Oktaï { V . ce mot).

TAJO, nom espagnol du Tage.

TAKIMA, royaume de la Guinée supérieure, entre ceux ■des Ashantees au S., dont il est tributaire, de Soko au N., et de Coranza au S.-E. ; capitale, Takima, à 160 kil. N. ■de Coumassie.

TAKROUR, nom que les indigènes d’Afrique donnent au Soudan.

TALANTI. V. Atalanti.

TALAO. V. Scalea.

TALAPOINS, nom des prêtres dans le royaume deSiam, Pégu et le Laos.

TALASSIUS. V. Tiialassius.

TALAVERA-DE-LA-RE1NA, Elbora, Tolabrica, v. d’Espagne (Nouvelle-Castille), prov. et à 65 kil. O. de Tolède, sur la rive dr. du Tage. Fabr. de soieries. Cette ville fut conquise sur les Maures en 1082. Le 27 juillet 1809, il s’y livra une sanglante bataille entre l’armée anglo-espagnole, commandée par Wellington, et les Français, qui se retirèrent, bien que la victoire fût indécise. Patrie de Mariana. Pop. de la commune : 9,383 hab.

ta l a vek a-la-re al, anc. Dippo, v. d’Espagne (Estramadure), prov. et à 13 kil. E. de Badajoz, près de la Guadiana; 2,500 hab.

TALBERT (François-Xavier), prédicateur et littérateur, né à Besançon en 1728, m. àLemberg (Gallicie) en 1803, concourut en 1754 pour la question de l'Origine de l’inégalité parmi les hommes , proposée par l’Académie de Dijon, et remporta le prix sur J. -J. Rousseau. Plus tard, il se distingua comme sermonnaire à Paris, à Versailles, et à Lunéville, où le roi Stanislas lui fit l’accueil le plus flatteur. Outre ses Sermons , Talbert a laissé des Eloges médiocres de Louis XV, Montaigne, Bossuet, Masullon , d’Amboise , L’Hôpital, couronnés oar diverses Académies.

TALBOT (Jean), l«r comte de Shrewsbury, surnommé l’Achille de V Angleterre, né vers 1373 à Blechmore (Shropshire), d’une famille originaire du pays de Caux, m. en 1453, fut d’abord nommé lord-lieutenant d’Irlande en 1414, et prit le rebelle Donald-Mac-Murghe. Envoyé en France en 1417 , il servit successivement sous les comtes do Warwick, de Salisbury, et de Suffolk, contribua à la prise de Domfront et de Rouen, à la délivrance du Mans, au siège d’Orléans, et succéda à Suffolk dans le commandement en chef après le désastre de Jargeau, 1429. Battu et fait prisonnier à Patay, 1430, par Xaintrailles, qui le renvoya sans rançon, il eut bientôt l’occasion d’user de la même générosité à l’cgard de cet officier. Malgré l’épuisement des finances de l’Angleterre, il lutta sans trop de désavantage contre Charles VII, qui lui prit enfin Pontoise en 1441. Cette même année, il reçut le titre factice de maréchal de France, puis, en 1442, la dignité de comte de Shrevvsbury, et, en 1446, le titre de comte de Wexford et de Waterford. Livré comme otage par le duc de Somerset

après la prise de Rouen, 1449, et bientôt remis en liberté, il fit un voyage en Italie, reparut en Guyenne en 1452, et perdit la victoire et la vie à Castillon.

talbot (Richard), comte, puis duc de Tyrconnel, né vers 1630, m. en 1691. Zélé partisan de Charles Ier, il servit, dès l’âge de 15 ans, dans les troupes irlandaises qui défendirent la cause des Stuarts. Après la mort de Cromwell, il se dévoua à Charles II. Quand Jacques II dut se réfugier en France, ce fut lui qu’il laissa pour vice-roi d’Irlande. Talbot mourut au milieu de ses préparatifs pour défendre ce pays contre Guillaume d’Orange.

talbot (Charles), comte, puis duc de Shrevvsbury, né en 1660, m. en 1717, fut chambellan de Jacques II, abandonna ce prince pour le prince d’Orange (Guillaume III), secrétaire d’Etat de 1689 à 1690, puis de 1694 à la fin du règne de Guillaume, qui le créa duc en 1694. Sous la reine Anne, il fut membre du conseil privé, ambassadeur en France, vice-roi d’Irlande, et lord-trésorier.

TALCA ou SAINT-AUGUSTIN, v. du Chili, ch.-l. de la prov. de son nom, à 200 kil. S. de Santiago; 1,500 hab. Aux environs, mines d’or et de pierres précieuses. Victoire du général espagnol Osorio sur les Chiliens, en 1818.

TALCAHUANO, v. du Chili, à 12 kil. N.- O. de La Conception, à laquelle elle sert de port sur l’océan Pacifique; 5,000 hab. Elle fut submergée par la mer daus un tremblement de terre en 1835.

TALCOPAN. V. Tacuba.

TALENT, v. d’Afrique, capitale de l’Etat de Sidi-Hescham, dans le pays de Sous, à 110 kil. S.- O. de Ta roudant.

talent, monnaie de cuivre de l’anc. Egypte, du temps des Ptolémées. 11 valait une mine d’argent. — Poids d’Athènes, valant 60 mines-, ou 6,000 drachmes, ou 26 lcilog. 107. — Monnaie d’Athènes, valant 60 mines, ou environ 5,560 fr. Il y avait aussi le talent d’or, valant 10 talents d’argent. — Le talent d’Egine ou de Corinthe était de 100 mines. On croit que le talent euboïque valait 56 mines. Le talent babylonien valait, comme poids, 30 kilog. 837 grammes, et, comme monnaie, 6,416 fr. Les Hébreux eurent aussi un talent, de 3,000 sicles (environ 6,000 fr.).

TALIATA ou TANATIS , anc. v. de Mésie, sur le Danube ; auj. Tatalia.

TALICHAH ou TALICHINSK, division administrative de la Russie d’Asie, dans la Transcaucasie (gvt de Chamaki), à l’O. de la mer Caspienne et sur les confins de la Perse; 10,000 kil. carr.; 30,000 hab. Ch.-l., Aslarah. Culture de la canne à sucre, de la soie, du coton, et du tabac,

TALIDJS, peuple persan, répandu dans le Mazendéran et le Ghilan, compte environ 15,000 têtes.

TALION (du latin talis, tel, semblable), loi par laquelle on punissait un coupable en lui infligeant le même préjudice qu’il avait causé à autrui. Elle a existé chez les Hébreux : Moïse décide qu’on doit payer œil pour œil, dent pour dent, bras pour bras, etc. Il en est parlé dans la loi romaine des Douze-Tables. On en trouve aussi des vestiges dans certaines chartes de Communes au moyen âge et dans les Etablissements de Louis IX. Le talion disparut peu à peu, à mesure que les mœurs devinrent moins grossières ; toutefois les Codes modernes s’en rapprochent , en proportionnant, autant que possible, le châtiment à la gravité de la faute. Le talion existe dans la loi de Mahomet.

TALLAHASSEE , v. des Etats-Unis , capitale de la Floride, sur l’Appalachicola, à 1,660 kil. S.- S.- O. de Washington ; par 30° 28 lat. N. et 86» 56’ long. O. 4,590 hab.

TALLARD (Camille de la Baume, duc de Hostun, comte de), né en 1652, d’une anc. famille du Dauphiné, m. en 1728, fit ses premières armes sous Coudé, en Hollande, et sous Turenne, en Alsace, devint brigadier en 1677, maréchal de camp en 1687, commanda un corps d armée sur le Rhin en 1690, fut élevé au grade de lieutenant-général en 1693, et, nommé ambassadeur en Angleterre, signa avec Guillaume III les deux traités qui partageaient à l’avance la succession espagnole, 1698-1700. Maréchal de France en 1703, il gagna une belle victoire à Spire sur le prince de Liesse, mais fut défait par sa faute, avec Marsin, àHochstædten Bavière, 1704, et fait prisonnier. Après sept ans de captivité, il revint en France, fut nommé duc et pair, 1712, prit parti pour le jésuite Le Tellier contre le cardinal de Noailles, entra dans le conseil de régence par le crédit du maréchal de Villeroy, 1717, et devint ministre d’Etat, 1726. Ce fut un négociateur habile, un bon officier, mais un general médiocre. 11 avait cté élu, en 1723, membre honoraire de l’Académie française. G.

tallard, ch.-l. de cant. (H.-Alpes), arr, et à 13 kiL

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S. de Gap, sur la rive dr. de la Durance; 916 habitants. ti TALLEMANT DES RÉAUX (L’abbé François), littérateur, né à La Rochelle en 1620, m. en 1693, fut abbé du Val-Chrétien, aumônier de Louis XIV, et membre de l’Académie française en 1651. Il a publié des traductions de Plutarque, Paris, 1663-65, 8 vol. in— 12, et de l' Histoire de la République de Venise de Nani, Paris, 1679.

TALI.EMANT des reaux (Gédéon), frère du précédent, né à La Rochelle en 1589, m. en 1657, entra dans l’administration, fut maître des requêtes, et intendant de province. 11 est auteur de Mémoires publiés sous le titre d’ Historiettes , par MM. Monmerqué et J. Taschereau, Paris, 1835, 6 vol. in-8°, 2e édit, plus complète, 1840,

10 vol. in-12. Tallemant est l’anecdotier de la ville, à l’époque de Mazarin, et pendant la minorité de Louis XIV, On ne peut ajouter foi à tout ce qu’il dit, et il médit avec délices. Sa langue est bonne, familière, d’une grande propriété d’acceptions, et pleine d’idiotismes.

tallemant (L’abbé Paul), cousin des précédents, né à Paris en 1642, m. en 1712, composa, à l’âge de 18 ans, un opuscule en vers et en prose, Voyage à Vile d’ Amour, Paris, 1663, entra, à 24 ans, à l’Académie française , et fut longtemps secrétaire de l'Académie des Inscriptions. Par ses Harangues, ses Panégyriques et ses Compliments , autant que par la protection de Colbert, il obtint des pensions et des bénéfices. En 1698, il publia des Remarques et décisions grammaticales de l'Académie française, et, en 1702, une Histoire de Louis XIV par les médailles.

TALLEYRAND, surnom pris au xne siècle par Guillaume, descendant des comtes de Périgord.

talleyrand-périgord (Hélie de) , né en 1301 d’Hélie Vil, comte de Périgord, m. en 1364, fut nommé évêque de Limoges dès 1324. Créé cardinal peu d’années après, il contribua par son influence à l’élection de quatre papes , Benoit XII, Clément VI, Innocent VI, Urbain V, et fit dire de lui qu’il avait mieux aimé faire des papes que de l’être. Il fit nommer l’empereur Charles IV à la place de Louis de Bavière, et alla solliciter à Londres la liberté de Jean le Bon. Fort instruit pour son temps, il fut l’ami de Pétrarque et le protecteur des lettres. J. T.

tallev rand (Henri de ) , comte de Chalais , né en 1599, m. en 1626 , fut élevé avec Louis XIII , devint son favori , et montra de la bravoure aux sièges de Montpellier et de Montauban. L’amour qu’il éprouva pour la duchesse de Chevreuse lui fit partager la haine de cette dame pour Richelieu. Celui-ci l'accusa de conspiration contre le roi lui-même, le fit arrêter à Nautes, juger et décapiter. J. T.

talleyrand-périgord ( Alexandre-Angélique de), né à Paris en 1736, m. en 1821 , embrassa l’état ecclésiastique , fut nommé aumônier du roi , grand-vicaire de Verdun, et, en 1766, coadjuteur de l’archevêque de Reims, auquel il succéda en 1777. Fort estimé dans son diocèse ,

11 fut député à l’Assemblée des notables, 1 787 . et aux Etats-

Généraux , 1789, lutta contre les innovations , protesta contre la Constitution civile du clergé, et se hâta d’émigrer. Conseiller de Louis XVIII à Mittau , il devint en 1808 son grand -aumônier, fut inscrit le premier sur la liste des pairs de France en 1814 , et obtint en 1817 le chapeau de cardinal et l’archevêché de Paris. J. T.

talleyrand-périgord ! Charles-Maurice de ) , célèbre diplomate, neveu du précédent, né à Paris en 1758, m. en 1838 , rendu boiteux par une chute à l’âge d’un an , fut destiné à l’Eglise, quoique l’aîné de sa branche. Relégué loin de ses parents, il perfectionna l’esprit et la patience qu’il tenait de la nature, et qui, jointe à une extrême réserve, devaient lui donner le premier rang parmi les hommes politiques de son époque. Il entra dans le monde sous le nom d'abbé de Périgord, fut nommé , en 1780, aux importantes fonctions d’agent-général du clergé de France, et, en 1788, évêque d'Autun. Membre de l’Assemblée des notables et des Etats-Généraux, il fut un des évêques qui se réunirent au Tiers-Etat avec la majorité du bas clergé, et fit une foule de motions libérales, particulièrement celle de la mise des biens du clergé à la disposition de la Nation (oct. 1789). Après avoir provoqué la Fédération patriotique qui réunit dans le Champ-de-Mars les députés de toute la France, le 14 juillet 1790, il officia dans cette solennité sur l’autel de la patrie, et bénit les drapeaux. Il présenta à l’Assemblée constituante un vaste plan d’éducation publique, qui embrassait son objet, son organisation, ses méthodes; puis la loi de l’enregistrement encore en vigueur dans ses principales bases; se prononça pour la Constitution civile du clergé, et sacra les évêques assermentés, donna ensuite sa démission de son évêché, et rentra dans la vie civile. Pendant l’Assemblée législative, 1792, Louis XVI l’envoya, sans caractère officiel, à

Londres, pour établir une alliance nationale, mais il ne put y réussir. Après le 10 août, il se fit donner une mission secrète en Angleterre par le conseil exécutif, et fut décrété d’accusation par la Convention (nov. 1792) à la suite de la découverte des papiers de l’armoire de fer. En 1794, il reçut du ministre Pitt l’ordre de quitter Londres ; il se réfugia en Amérique, y refit sa fortune dans le commerce, revint en 1796, et obtint du Directoire, .par le crédit de Mme de Staël, le ministère des relations extérieures en 1797. Il était destitué depuis six mois, lorsqu’il s’associa au coup d’Etat du 18 brumaire ; nommé ministre des relations extérieures du nouveau gouvernement, il prit part à toutes les grandes transactions politiques du Consulat (traités de Lunéville et d’Amiens), et, pour prix de la négociation du Concordat, fut relevé de ses vœux par le pape. En 1804, Napoléon Ier le nomma grand chambellan. En 1806, il reçut la principauté de Bénévent en Italie. L'année suivante, après le traité de Tilsitt, ayant en vain conseillé l’alliance anglaise, il renonça au ministère, mais fut nommé vice -grand- électeur , avec 500,000 fr. de traitement. Il assista à l’entrevue d’Erfurt entre Napoléon et Alexandre. La guerre d’Espagne, qu'il avait conseillée, lui présageant la chute de l’Empire, il fit une sourde opposition , et fut privé de sa charge de grand chambellan en 1810. Au moment des succès de la coalition contre la France, en 1814, il intrigua en faveur des Bourbons, excita les souverains étrangers contre Napoléon, et après la déchéance de l’Empereur, devint chef du gouvernement provisoire (1er avril 1814). A l’arrivée de Louis XVIII (3 mai), il fut nommé ministre des affaires étrangères. En 1815, envoyé au congrès de Vienne, il y posa et fit accepter le principe de la légitimité, obtint une grande influence, fut surpris par le retour de l’ile d’Elbe , prit part à la déclaration des souverains alliés contre Napoléon, et provoqua l’entrée des étrangers en France. Président du ministère de Louis XVIII après Waterloo, la répulsion de la Chambre des députés, la haine et le mépris de la famille royale, obligèrent le roi à le renvoyer, mais il le nomma grand chambellan. Talleyrand resta pair de France, fit de l’opposition dans les salons par une verve intarissable de bons mots, à la tribune par d’excellents discours, et, après la révolution de Juillet 1830, accepta les fonctions d’ambassadeur en Angleterre. Son dernier acte diplomatique fut le traité de la Quadruple alliance (22 avril 1834), unissant la France, l’Angleterre, l’Espagne et le Portugal, pour soutenir leurs intérêts constitutionnels contre les puissances du Nord, Depuis son retour, il vécut dans la retraite, et n’en sortit que pour prononcer, eu 1838, l’Eloge du comte Reinhard à l’Académie des Sciences morales et politiques, dont il était membre, ainsi que de l’Académie des Inscriptions. On ne peut nier, avec M. Mignet, son panégyriste, qu’il n’ait été « l’un des restes les plus brillants de l’ancien esprit français, l’une des plus grandes renommées de la Révolution », mais aussi qu’il n’ait en quelque sorte autorisé par son funeste exemple la versatilité politique. Le prince de Talleyrand a laissé des Mémoires, qui ne doivent être publiés qu’en 1868. J. T.

TALL1EN (Jean-Lambert), né à Paris en 1766, m. en 1820, était fils d’un maître d’hôtel du marquis de Bercy, qui lui fit faire des études. Tour à tour clerc de procureur, commis dans des bureaux de commerce et de finances , prote à l’imprimerie du Moniteur , il se mit, vers la fin de l’Assemblée constituante, à afficher dans Paris des placards républicains, fréquenta le club des Jacobins, fut secrétaire-greffier de la Commune depuis le 10 août 1792, entra à la Convention comme représentant du département de Seine-et-Oise, se signala par sa violence dans le procès de Louis XVI, voulait même interdire au malheureux roi le droit de se choisir des conseils , poursuivit avec le même acharnement les Girondius , fit partie du Comité de sûreté générale, et se déclara le défenseur de Marat et de Rossignol devant ^Assemblée. Eu 1794, on l’envoya à Bordeaux pour y établir le règne de la Terreur; après quelques mesures violentes, le proconsul revint peu à peu à la modération, par l’influence que prit sur lui Mnle de Fontenay (MIIe Cabarrus), alors détenue comme aristocrate, qu’il fit mettre en liberté , et qu'il épousa bientôt. Rappelé à Paris comme suspect, il se mit à la tête des ennemis de Robespierre, l’attaqua dans la Convention, le 9 thermidor, et menaçant de le poignarder, le fit décréter d'accusation. Nommé membre du Comité de salut public, il appuya de toutes ses forces la réaction thermidorienne, provoqua la mise en accusation de Fouquier-Tinville, de Carrier, de Lebon, combattit la loi du maximum , et demanda la suppression de tous les comités

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