‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 577 sur 864 · THRACE. V. GLADIATEURS · texte numérisé non relu

THRACE. V. GLADIATEURS

THRACIDES, nom donné aux familles qui gouvernaient à Delphes.

THRASÊAS (Lucius Pcetus), sénateur romain et sectateur de la philosophie stoïcienne, né à Padoue vers le commencement du ier siècle, parcourut d’abord la carrière des honneurs militaires, et mérita par ses vertus l’estime publique. Gendre de Pcetus et d’Arria, il s’efforça eu vain de détourner celle-ci de mourir avec son époux compromis dans la conspiration de Scribonius contre Claude. Il protesta contre la tyrannie de Néron, en s’abstenant presque complètement de prendre part aux délibérations du sénat, et en refusant d’entendre jusqu’ au bout la lettre apologétique rédigée par Sénèque au nom de l’empereur, et adressée au sénat, après le meurtre d’Agrippine. Il sauva de la mort Antistius, contre qui l’on proposait de remettre en vigueur la loi de,lèse-majesté, et fit abolir l’usage où étaient les provinces de décerner des actions de grâces aux proconsuls et aux préteurs. Dénoncé par Capito Cossutianus comme ayant refusé d’assister à l’apothéose de Poppée, le sénat le condamna à mort, et il se fit ouvrir les veines, en 66. B.

THRASYBULE, général athénien, commandait l’infanterie pesamment armée à Samos, 411 av. J.-C., quand il excita les soldats à se révolter contre les Quatre - Cents et à rappeler de l’exil Alcibiade. Il prit part à la victoire de Cyzique sur les Péloponésiens en 410, essuya un échec devant Ephèse en 403, soumit la côte de la Thrace et l’île de Thasos, assista au combat des îles Arginuses en 406, et fut un de ceux que l’on chargea de rendre les derniers devoirs aux morts. Exilé par les Trente tyrans, 404, il se retira à Thèbes, réunit quelques bannis, parvint à s’emparer de la forteresse de Philé, d’où il repoussa ensuite Critias, et, marchant sur Athènes, remporta un avantage à Munychie, et renversa les Trente, 403. Les Dix , qui succédèrent à ces tyrans , durent bientôt être chassés ; Thrasybule fit rendre une loi d’amnistie, et rétablit la constitution de Solon. En 395, il entraîna ses concitoyens dans l’alliance de Thèbes contre Sparte. Mis à la tête d’une flotte envoyée en Asie-Mineure, il parcourut la côte d’Ionie, s’assura de la Thrace, bloqua Méthymne, et alla imposer une forte contribution à Aspende en Cilicie. Ses soldats ayant pillé cette ville, les habitants l’attaquèrent de nuit, et le tuèrent, en 390. Sa Vie a été écrite par Cornélius Népos. B.

THRASYLLE de Phlionte , musicien compositeur cité par Plutarque, était partisan systématique et exclusif de l’ancienne musique, et opposé à l’emploi du genre chromatique.

thrasylle , musicien spéculatif du Ier siècle de notre ère, était en même temps philosophe platonicien. Théon de Smyrne et Porphyre nous ont conservé quelques fragments de ses ouvrages grecs sur la musique. Pythagoricien en même temps que platonicien, et adonné aux superstitions astrologiques , il fut en faveur , à titre de philosophe, près d’Auguste, et plus tard, à titre d’astrologue, près de Tibère, et il fit un bon usage de son influence. Il avait distribué les Dialogues de Platon en tétralogies. Ses ouvrages grecs sur la philosophie, l’astronomie et l'astrologie, sont perdus. — Son fils Thrasylle, astrologue, prédit à Néron qu’il serait empereur. H. M.

thrasylle de JVlendes, confondu à tort avec le platonicien Thrasylle, écrivit des ouvrages d’histoire et de géographie. Les fragments qui nous en restent sont empreints d’une superstition ridicule. On ne peut préciser son époque. Ses fragments se trouvent dans le t. 3 des Historicorum arœcorum fragmenta de la Bibliothèque grecque -latine de Firmin Didot. H. M.

TIISENG-TSEU, disciple de Confucius, né .vers 505 av. J.-C., à Wou (royaume de Lou), est auteur de deux ouvrages célèbres : le Tai-hio ou Livre de la grande science ,

THU

TIIU

sorte de traité de politique et de morale ; et lliao-King ou de l'Obéissance filiale. Noël a donné une traduction du 1er vol. dans ses Libri classici sex; le P. Cibot en a composé une paraphrase en français. Le 2e est aussi dans la collection de Noël.

TI-IRASYMÈNE (Lac). V. Trasimène.

TH RIES , Thriœ, nom de trois nymphes qui élevèrent Apollon sur le Parnasse, et auxquelles on attribuait l’invention de la divination par les sorts.

THRON1UM, anc. v. de la Grèce (Locride Epicnémidienne), près du Boagrius. — v. de l’Abantide, en Epire.

THSIN-CHI-HOA N G -TI ou HOUANG-TCHING, 1er empereur de la Chine de la dynastie des Thsin, 247-210 av. J.-C., trouva l’Empire partagé en 7 royaumes indépendants, sema la division entre les princes qui les gouvernaient, les laissa s’affaiblir dans des guerres funestes, et les réunit sous sa domination. Il construisit partout de beaux édifices, des canaux, des routes, et extermina la plus grande partie des Hiong-Nou (Huns). Il fit, dit-on, brûler beaucoup de livres historiques et ceux de Confucius, pour imposer silence aux grands de la Chine, qui y cherchaient des faits et des lois à l’appui de leurs plaintes et de leurs réclamations.

THSOUNG-LING (Monts), partie occidentale des monts Kouen - loun , se rattache aux monts Bolor. Ses sommets élevés sont couverts de neiges éternelles.

THSOUNG-NING , île de Chine (Kiang-sou), près de la côte, à l’entrée de l’estuaire de l’Yang-tsé Kiang; 60 kil. sur 15. Immenses salines. 3

THUANUS, nom latinisé de De Thou.

THUCYDIDE, fils d’Olorus, célèbre historien grec, né près d’Athènes vers l’année 471 av. J.-C., d’une famille riche et considérable, m. vers 395. Placé, pendant la guerre du Péloponèse. à la tête d’un corps de troupes, il tint pour quelque temps en respect celles de Brasidas en Chalcidique ; mais ce dernier ayant surpris Amphipolis, Athènes se vengea sur Thucydide d’un revers qu’il n’avait pu prévenir, et le bannit en 423. Pendant son exil, qui dura 20 années, il rassembla à loisir, chez les différents peuples qui prirent part à la lutte , des matériaux pour l’histoire de la guerre du Péloponèse , et n’épargna ni soins ni dépenses pour connaître non - seulement les causes qui la produisirent , mais encore les intérêts particuliers qui la prolongèrent : d’ailleurs il fut lui-même té moin de la plupart des événements qu’il avait à décrire. Quoiqu’il ait survécu de plusieurs années à la fin de cette guerre, il n’eut pas le temps de terminer son ouvrage, qui s’arrête à la victoire de Thrasybule près de Sestos, au milieu de l’été de 411. Encore tout le viix® et dernier livre, commençant à la défection de Chio, d’Erythrée et de Milet après le désastre des Athéniens en Sicile, ressemble-t-il à une esquisse, tant il est froid, décoloré, indigne de tout ce qui précède. Thucydide se distingue généralement, comme écrivain, par l'élévation de la pensée et du style , par la vigueur et la brièveté , quelquefois excessive, de l’expression. Les discours et les plaidoyers, presque tous pleins d’une logique admirable, abondent dans son ouvrage, au point d’en former presque la 5e partie : mais ce genre était fort goûté alors des Athéniens ; et c’est là, d’ailleurs, qu’il peint les personnages, caractérise les peuples et les gouvernements, prépare ou achève ses récits, explique les causes ou les résultats des faits. Considéré comme historien et comme philosophe , Thucydide est exact, positif, curieux de la vérité, ennemi des fictions, et veut que ses récits soient comme autant de leçons pratiques : aussi s’attache-t-il à expliquer avec gravité les affaires humaines, à peindre avec force les passions, les erreurs, les préjugés, les vices, les crimes, aussi bien que les grands actes de dévouement et les traits de magnanimité , sans descendre toutefois jusqu’à l’anecdote, qu’il semble s’être interdite sévèrement. L’ensemble de son ouvrage serait bien plus intéressant, si le lecteur n’était refroidi par la division sèche et monotone des événements de la guerre en périodes régulières de six mois, désignées sous les noms d’c(és et CL'hivers. Thucydide a été l’objet de nombreux commentaires dans l’antiquité : les plus importants ne nous sont pas pai-venus, et les Scholies que nous possédons ont rarement un caractère sérieux. Les principales éditions modei’nes de Thucydide sont celles d’Hudson, Oxford, 1696, in-fol. ; de Duker, Amsterdam, 1731, in-fol.; de Gail , avec un commentaire volumineux et substantiel, Paris, 1807, 10 vol.in-8»; deBekker, Oxford, 1824; de Goeller, Leipzig, 1836; de Poppo, ibid. , 1821-40, 11 vol. in-8°; de M. Hase, dans la Dibliolhèque grecquelatine de Didot, gr. in-8°. Il a été traduit en français par Lévesque, 1795, 4 vol. in-8°, avec des notes souvent fort

bonnes, traduction fidèle, élégante, souvent trop timide; par M. Amb. Firmin Didot, Paris, 1833, 4 vol. in-8», où le traducteur a serré le texte de très-près ; parM. Zévort, Paris, 1854, 2 vol. in-12. V. Bétant, Lexicon Thucydideum , 1855, 2 vol. in-8°; Heimann, de Thurydidis orationibus, Berlin, 1833, in-8°; Wuttke, de Thucydide , Breslau, 1839, in-8°; Ilausdôrffer, de Artis historirœ apud Grœcos incre mentis àtque Thucydide, Eutin, 1846, in-4° ; Salomon, de Thucydide et lier odolo, Berlin, 1851, in-4°; Jules Girard, Essai sur Thucydide, Paris, 1860, in-12. P — r.

THUEYTS, ch.-l. de cant. (Ardèche), arr. et à 26 kil. N.-O. de Largentière, sur l’Ardèche; 853 hab. Eaux minérales.

THUGUT (le baron François), homme d’État, né à Lintz en 1736, m. en 1818, était fils d’un administrateur d’une caisse des finances de la guerre, étudia chez les jésuites, fut élève à l’Académie orientale de Vienne; passa, en 1755, comme jeune de langue, à l’internonciature de Constantinople, et, en 1758, devint interprète à Esseg, sur la frontière autrichienne-turque, puis à Constantinople en 1762 ; passa secrétaire aulique à la chancellerie d’État de Vienne, 1763; chargé d’affaires à Constantinople, 1769; enfin, l’année suivante, internonce et ministre plénipotentiaire à la même résidence. Il montra de l’habileté au congrès de Bucharest, 1772, fut nommé baron en 1774, obtint en 1775, la cession de la Bukowine par la Turquie; élevé au l'ang de conseiller intime, il vint passer 4 ans à Paris, comme simple particulier. Rappelé dans son pays, il fut successivement ambassadeur à Varsovie, 1780, à Naples, 1787, ministre plénipotentiaire en Moldavie et Valacliie, près des armées de Saxe-Cobourg et de Souwarow, 1789; chargé d’une mission en France, 1791, directeur de la chancellerie d’État , 1793, sous le prince de Kaunitz, qu’il remplaça en 1794. Une des conditions secrètes du traité de Campo-Formio, 1797, fut son renvoi; François II lui rendit le ministère des affaires étrangères en 1799, et le sacrifia de nouveau lors de la paix de Lunéville, 1801. B.

THUILLIER (Dom Vincent), bénédictin de la congrégation de St-Maur, né à Coucy, près de Laon, en 1685, m. en 1735, fut sous-prieur de son ordre. On a de lui : une Histoire de la constitution Unigenitus , en manuscrit; une version latine du Traité contre Celse par Origène, insérée dans l’édition du P. de La Rue ; une traduction française de Polybe , imprimée avec les Commentaires de Folard (V- ce mot)-, et une édition des Œuvres posthumes de Mabillon et Ruinart, Paris, 1724, 3 vol. in-4°. B.

tiiuillier (J.-L.), botaniste, né en 1757, m. en 1822, fut d’abord jardinier au Jardin des Plantes de Paris ; habile à préparer des herbiers, il fut nommé professeur de botanique rurale, lors de la création des Écoles centrales. Il a publié une Flore des environs de Paris, 1790.

THUIN , v. de Belgique (Hainaut), surlaSambre, à 16 kil. S.- O. de Charleroi; 8,000 hab. Fabr. de draps communs et de lainages. — Fondée au x° siècle, cette villa fut prise par Charles le Téméraire en 1466, vainement assiégée par le maréchal de Lorges en 1654, et enlevée par Marceau aux Autrichiens en 1793.

THUIR, ch.-l. de cant. (Pyrénées -Orientales), sur le Tet, arr. et à 13 kil. S.-O. de Perpignan ; 2,093 hab. Fabr. d’huile, eaux-de-vie, poterie. Elève d’abeilles.

THUISTON , dieu des Gaulois et des Germains , analogue à Pluton, était fils de Tuis ou la Terre.

TI1ULDEN (Théodore Van-), peintre hollandais de naissance et rtamand de manière, né à Bois-le-Duc en 1607, m. en 1676, fut un des meilleurs élèves de Rubens, qui l’employa pour exécuter la célèbre galerie du Luxembourg. Jordaens eut aussi recours à son pinceau, et lui fit retracer les forges de Vulcain, dans la Maison-au- Bois, près de La Haye. Les tableaux religieux de Van Thulden sont très-remarquables : le Martyre de St Adrien, dans l’église Sl-Michel à Gand, produit une impression terrible. On distingue encore : Jésus recevant sa mère dans le ciel, peint pour les Jésuites de Bruges. Van Thulden exécuta aussi une foule de morceaux comiques, noces, danse* de paysans, réunions villageoises et kermesses. Steenwyck, Peter Neefs et d’autres artistes le chargèrent d’étoffer leurs compositions. A Paris, dans l’église des Mathurins, il retraça 24 épisodes de la vie du fondateur, qu’il grava ensuite. A. M.

TI4ULÉ, nom donné par les anciens à la terre la plus reculée qu’ils connussent vers le septentrion. Pythéas, qui en parle le 1er, n’a pas déterminé si c’était une île ou un continent; il la place à 6 jours de navigation au N. de la Bretagne : mais comme il orientait mal cette île, dont il regardait l’extrémité orientale, le cap Cantium ( pointe

— 2627 — THU

THU

do Kent), comme la pointe septentrionale, les six jours de ! navigation ont pu le conduire aux îles Shetland, où les critiques modernes s’accordent à placer Thulé. Des erreurs commises dans la mesure des stades ont fait penser que Thulé était l’Islande même, ou encore les côtes du ■Jutland ou de la Norvège, où l’on trouve des cantons appelés Thy ou Thyland,et Thclemark. C. P.

thulé australe , la plus méridionale des îles comprises sous le nom de Terres de Sandwich, découverte par Cook en 1773. Elle est par 59» 20’ lat. S. et 29» 30’ long. O. C. P.

THUMMEL (Maurice -Auguste de), littérateur allemand, né en 1733 à Schœnfeld, près de Leipzig , m. en 1317, étudia à Leipzig sous Gellert, et devint ministre du duc de Saxe-Cobourg, 1708-83. On a de lui : Wilhelmine , ou le Pédant marié, 1764, poëme héroï-comique en prose, d'une plaisanterie fine et d’un style excellent; i Inoculation de l'amour, 1771, conte en vers; Voyage dans les provinces méridionales de la France, 1791-1805, 10 vol.; des poésies lyriques, etc. Ses Œuvres complètes ont été réunies à Leipzig, 1821 et 1832, 6 vol.

THUN ouTHOUNÉ, v. de Suisse (Berne), sur l’Aar, près de la rive N. du lac de son nom, à 26 kil. S.-S.-E. de Berne; 6,000 hab. Ecole militaire fédérale; bibliothèque, archives, bel hôpital. Ancien et nouveau château.

thun (Lac de), en Suisse (Berne) ; 18 kil. sur 4. 11 communique par l’Aar, qui le traverse, avec celui de Brienz. Navigation et pêche actives; superf., 48 kilom. carrés.

THUNBERG (Charles-Pierre), voyageur et botaniste suédois, né à Carlscrona, m. en 1798, fut élève de Linné. Envoyé au Japon en 1772 par la Compagnie hollandaise pour étudier les productions du pays, il visita ensuite Ceylan, et, à son retour, fut nommé professeur de botanique à Upsal. On a de lui : Flora japonica, 1784; Voyage au Japon, trad. en français par Langlès, 1796.

THUNjMANN (Jean), historien et philologue suédois, né en Sudermanie en 1746, d’un ministre protestant, m. en 1778, fut professeur à l’université de Halle. Il a publié : Recherches sur l histoire ancienne de quelques peuples du Nord, Berlin, 1772; Recherches sur l'histoire des peuples de l'Europe orientale, Leipzig, 1774, in-8»; sur T Ancienne littérature poétique du Nord, Halle, 1775; sur la Découverte de l'Amérique, 1776.

THUR, riv. de Suisse, naît dans le canton de SMjiall, arrose celui de Thurgovie, auquel elle donne son nom, puis celui de Zurich, et se jette dans le Rhin, rive g., au S. de Schaffliouse , après avoir reçu la Sitter et la Murg ; cours de 110 kil.

thuk, riv. de Hongrie, arrose les comitats de Szathmar et d'Ugocs, et se jette dans la Théiss ; cours de 140 kil.

THURGOVIE, en allemand Thurgau, un des 22 cantons de la Suisse, entre le gr.-duché de Bade au N., les cantons de Zurich à l’O., de Sl-Gall au S., et le lac de Constance au N.-E. ; 988 kil. carrés ; 90,080 hab., dont 67,861 protestants. Ch. -h, Frauenfeld. Climat doux et sain. Sol montagneux en quelques endroits, mais généralement fertile; traversé de l’E. àl’O. par la Thur, qui lui donne son nom. Elève de bétail, principalement de moutons. Récolte de vins. Fabr. de toiles, mousselines, soieries. — La Thurgovie, habitée au temps des Romains par les Tigurins, devint, au moyen âge, un landgraviat possédé d’abord par la maison de Zælu-ingen, puis par les comtes de Kybourg. Soumise par les Suisses en 1460, elle forme un canton indépendant depuis 1798. C’est le 17e par ordre d'admission dans la Confédération, le 12e par son étendue, le 11» par sa population. On y parle allemand. La constitution de 1831, révisée en 1837, a donné le pouvoir souverain â un grand-conseil de 100 membres, élus pour 2 ans par le peuple, et le pouvoir exécutif et administratif à un petit-conseil de 9 membres, choisis pour 3 ans par le grand-conseil. B.

THURINGE , royaume fondé par les Thuringiens ( Tliuringi ou Dorinyi ) , peuplade germanique , vers 426 , au centre de la Germanie, dans l’ancien pays des Cattes et des Ilermundures; entre l’Elbe, la Saale et les monts de Bohème à l’E., le Danube au S., les sources de la Lippe vers l’O., et les Saxons au N. Il comprenait à peu près, dans l’Allemagne actuelle, le S. du Hanovre, la Saxe prussienne, les Etats de Brunswick, Anhalt, Hesse, Schwarzbourg, Reuss, les duchés de Saxe, et le N.-E. de la Bavière. Schcindingen et Erfurt en étaient les villes principales. Le roi le plus connu est Bazin, près duquel se retira Childérik, roi des Franks. L’uu des fils de Bazin, Hetmanfried, à l’excitation de sa femme qui voulait être seule reine des Thuringiens, tua son frère Berther, et,

pour écraser l’autre, Baderik, implora l’aide de Théodorik ou Thierry, fils de Clovis et roi de Metz, 528. Mais ayant refusé au roi Frank le prix de son secours, il fut attaqué par lui, battu sur l’Unstrutt, précipité des murailles de Tolbiac, et la Thuringe partagée entre les Franks et les Saxons : à ceux-ci, le pays au N. de l’Unstrutt et du Harz ou Thuringe septentrionale , qui s’ajouta à la partie de leur pays appelée Ostphalie ; le reste , Thuringe méridionale ou proprement Thuringe, demeura aux Franks ostrasiens. — La Thuringe fit dès lors partie de l’empire frank, et, quoique annexée au pays appelé proprement France orientale et plus tard Franconie, elle eut le titre de duché sous les derniers Mérovingiens, 630-717. Sous Charlemagne, elle n’est plus qu’un comté, et sa partie méridionale, entre le Mayn supérieur, le Danube et les monts de Bohême, est jointe, sous le nom de Nordgau, à la Bavière. Lors du démembrement de l’Empire en 843, la Thuringe fit partie du royaume de Germanie , et on la voit annexée de nouveau, avec le titre de duché, à la France rhénane et orientale ou Franconie, 849-911. Ensuite, sous les empereurs saxons et franconiens, elle tut divisée entre plusieurs comtes dépendant d’un margrave, qui relevait lui-même du duc de Saxe. L’un de ces comtes, Louis le Barbu, vers 1025, ayant acquis de grands biens dans la Thuringe et la Hesse, son petit-fils Louis III fut nommé par l’empereur Lothaire de Saxe, dont il avait favorisé l’élection, landgrave ou comte provincial de Hesse et de Thuringe. Les descendants directs de Louis III restèrent maîtres du landgraviat jusqu’à Henri Rasp ou Raspon, anticésar opposé, en 1246, à Frédéric II, et mort en 1247 sans enfants. Le pays fut alors séparé entre deux bran ches issues des landgraves par les femmes : la Hesse passa à la maison de Brabant; le landgraviat de Thuringe, aux margraves de Misnie et de Lusace, et, à l’extinction du dernier, Frédéric IV le Pacifique, en 1439, à la maison électorale de Saxe, dans les Etats de laquelle il forma une province particulière , qui est proprement la Thuringe moderne. Cette Thuringe fut séparée, dès 1451, de l’électorat, en faveur d’une branche cadette, réunie en 1482, et, dans le partage fait en 1483 entre les deux branches Ernestine et Albertine de la maison de Saxe, elle resta à la première avec l’électorat ; mais lorsque la dignité électorale eut été transférée avec Maurice, 1547, à la ligne Albertine, la Thuringe fut séparée (transaction de Naumbourg, 1554) entre les deux branches. La partie méridionale, la plus considérable, laissée à la branche Ernestine, se sépara entre plusieurs branches qui y fondèrent les principautés encore existantes de Saxe-Weimar-Eisenach, Saxe-Cobourg-Gotha, Saxe-Altenbourg. Le Nord, sous le nom de Cercle de Thuringe, resta à la maison électorale, et était divisé, à la fin du xvme siècle, eu 13 bailliages : Tensstœdt, Pforta, Tautenbourg, Treffurt, Weissenfels, Freyburg, Eckartsberga , Sangerhausen , Saxenbourg, Weissensée, Wendelstein, Sittichenbach, et Langensalza. Cette dernière ville était la capitale de la Thuringe. Les traités de 1814 et 1815 enlevèrent au roi de Saxe cette partie de son royaume , et la donnèrent à la Prusse, dans les Etats de laquelle (avec l’Eichsfeld et Erfurt, domaines Thuringiens de l’Electorat de Mayence donnés à la Prusse en 1803, ainsi que les villes impériales de l’anc. Thuringe, Nordhausen et Mulhausen) elle forme toute la régence d’Erfurt et le S.- O. de celle de Mersebourg dans la province de Saxe. C. P.

THUR1NGERWALD, c.-à-d. Forêt de Thuringe, chaîne de montagnes boisées de l’anc. Thuringe, auj. dans les duchés de Saxe, la Hesse -Cassel et la principauté de Schwarzbourg -Rudolstadt, se rattache par le N.- O. à l’Eichsfeld, tenant lui-même au Harz, et par le S.-E. au Frankenwald; 80 kil. de long. Ses points culminants, le Schneekopf et le Behrberg, ont environ 1,000 mètres d’altitude.

THURIUM, auj. Torre Brodognato, v. de l’Italie ancienne (Lucanie), sur la frontière du Brutium ; bâtie, l’an 444 av. J.-C., par une colonie athénienne, près des ruines de Sybaris. Attaquée par les Lucaniens en 286, elle implora le secours de Rome, qui la délivra en 282, et dont elle accepta la domination. En 194, elle reçut une colonie romaine, et prit le nom de Copiæ.

THURLES, brg et paroisse d’Irlande, sur la Suir, dans le comté et à 124 kil. S.- O. de Tipperary; 4,788 hab. Evêché et collège catholiques. Ruines d’un vieux château et d’un anc. monastère.

THURLOE (John), homme d’Etat anglais, né dans le comté d’Essex en 1616, m. en 1668, suivit d’abord la carrière du barreau, fut secrétaire des commissaires du Parlement au traité d’Uxbridge, devint receveur des amendca

Page 1