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de la Grèce, la Scythie, et même la Macédoine. Depuis les guerres médiques, il est restreint au pays borné à l’E.
Par le Pont-Euxin et le Bosphore de Thi'ace, au S. par la ropontide, l’Hellespont et la mer de Thrace, partie septentrionale de la mer Egée, à l’O. par le Strymon jusqu’au règne de Philippe , père d’Alexandre, par le Nestos seulement et le mont Seomios après les conquêtes de Philippe, au N. par le Danube. Enfin à l’époque romaine, il ne désigne plus que le pays au S. de l’Hœmus et du Danube , le N. étant appelé du nom particulier de Mœsie. — Les premiers peuples appelés Thraces par les Grecs aux temps héroïques semblent appartenir à la race des Pélasges; au moins les accompagnent-ils dans leurs invasions, et leur caractère est également celui d’un peuple civilisateur; ainsi les deux peuples envahissent concurremment la Béotie , d’où ils chassent momentanément les Cadméens, et l’on retrouve dans la Béotie et la Phocide le culte des Muses, particulier aux Thraces Piériens, qui avaient transporté dans le centre de la Grèce les noms des lieux principaux de leur patrie, l’Hélicon , la grotte Libéthrienne, etc. Ces Thraces paraissent avoir donné à la mythologie grecque la forme qu’elle a dans les poèmes homériques; Orphée, Musée, Thamyris, exercèrent une grande influence sur la religion et la noésie. Ce qui fait Eupposer encore qu’ils étaient de race Pérasgique, c’est que, dans Homère, ils vont au secours de Troie, et que beaucoup de leurs tribus émigrèrent d’Europe en Asie-Mineure sous les noms de Mysiens, Phrygiens ou Bryges, Bithyniens, Mariandyniens, peuples chez lesquels on trouve les mœurs des Pélasges. Lâ population de la Thrace après l’âge héroïque dut subir de grandes révolutions; car ces premiers peuples semblent n’avoir que le nom de commun avec les Thraces barbares qui occupaient le pays à l’époque des guerres Médiques, et qui y avaient été poussés, sans doute, par les mouvements des Scythes. A l’époque des guerres Médiques, la Thrace était divisée en un grand nombre de cantons, dans chacun desquels résidait une tribu particulière : entre le Strymon et le Nestos, les Mœsi, Edones, Suiti, Odomantes, Edonites; entre le Nestos et l’Hèbre, les Devthelètes, Besses, Transes , BUtoniens, Odryses ; entre l’Hèbre et le Pont-Euxin, les Sellètes , Thynes , Saméens, Astes; at. N., entre l’Hœmus et le Danube, les Gèles, Trères , Mysiens et Emballes. Les côtes étaient au pouvoir des colonies grecques : Arhphipolis, Abdère, Enos sur la mer de Thrace ; Cardie, Eléonte, Callipolis, Pactye dans la Chersonèse; Héraclée, Bisanthe, Périnthe, Byzance sur la Propontide; Salmydessos, Apollonie, Mesembria, Odessos, Tomes , Islros, sur le Pont - Euxin. La plupart de ces villes, gouvernées par des tyrans, furent soumises par les Perses, au temps de Darius Ier, ainsi que les peuplades Thraces les plus voisines de la mer. Mais les Odryses, restés indépendants dans leurs montagnes, soumirent, pendant le v« siècle, presque toute la Thrace, à la faveur des guerres Médiques qui affaiblissaient les Perses, puis de la guerre du Péloponése qui divisa les Grecs. Dépouillés des cantons entre le Strymon et le Nestos par Philippe, 343, ils virent, tout en conservant leurs rois particuliers et leurs lois, le reste du pays passer sous la souveraineté Macédonienne. Dans le démembrement de l’empire d’Alexandre, la Thrace proprement dite forma, sous Lysimaque, un royaume particulier, qui s’augmenta en 301, après la bataille d’Ipsus, de la moitié de l’ Asie-Mineure, fut détruit par Séleucus à la bataille de Cyropédion, 282, ajouté à l’empire des Séleucides pour en être bientôt détaché à la mort de Séleucus, 281, et réuni à celui de Macédoine pour être ravagé peu après par des tribus celtiques, qui y fondèrent, sur le Bas-Danube, en 275, l’Etat de Thylis, détruit en 220 par les Odryses. Les Romains laissèrent subsister l’indépendance de la Thrace après la chute de la Macédoine, bien que les Odryses eussent fourni des secours à Persée: mais le pays entre l’Hœmus et le Danube, attaqué dès le temps de la guerre de Jugurtha, fut réduit en province romaine à la fin du règne d’Auguste sous le nom de Mœsie , et la soumission en fut achevée par Tibère. La Thrace proprement dite continua de former un Etat autonome ; mais, dès le règne de Tibère , des révoltes y amenèrent l’intervention romaine, et, en 46, sous Claude, à la mort du dernier roi Rhœmétalcès, le pays fut réduit en province. La Thrace paraît d’abord avoir été rattachée administrativement à la Mœsie, et régie par un procurateur dépendant du gouverneui de cette province : Vespasien en fit une province distincte. A la fin du n« siècle, dans la lutte entre Sévère et Pescennius, le nom de Thraces apparaît au pluriel, et indique un démembrement dont l’époque est inconnue ; enfin au milieu du ni0 siècle Y Histoire Auguste, au milieu du iv* les
Actes des conciles, nous la montrent divisée en 4 provinces : Thrace propre, ch.-l. Philippopolis; Hémimont , ch.-l. Andriuople ; Bhodope, ch.-l. Abdère; Europe, ch.-l. Héraclée. Le diocèse de Thrace, appartenant à la préfecture et à l’empire d’Orient , était composé de ces quatre provinces, et de deux autres plus septentrionales, comprenant toute l’ancienne Thrace de l’Hœmus à Lister : la Mésie seconde, ch.-l. Marcianopolis , et la Scythie, ch.-l. Tomes. Cette division fut ensuite remplacée par le Thème de Thrace ou d’Europe ( V. Thèmes). Auj. la Thrace jusqu’au Balkan forme à peu près, dans l’empire turc, l’eyalet d’Edrené (Andriuople), l’anc. Roumélie; du Balkan au Danube, l’eyalet de Silistrie (Bulgarie orientale). C. P.
thrace (Bosphore de). V. Bosphore.
thrace (Chersonèse de). V. chersonèse.