‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 579 sur 864 · THURY-HARCOT7RT. V. HARCOURT · texte numérisé non relu

THURY-HARCOT7RT. V. HARCOURT

TI1USIS. V. Tusis.

THWA1TE, terminaison de plusieurs noms géographiques de l’Europe du Nord, signifiait, dans les langues Scandinaves , une terre isolée.

THYADES (du grec thuein , immoler), surnom des Bacchantes, parce que, dans les sacrifices à Bacchus , elles étaient saisies de tels transports , qu’elles massacraient souvent ceux qui se présentaient à leurs regards.

THYAMIS , auj. Calamas, riv. de l’Epire , affluent de la mer Ionienne.

THYAT1RE, Thyatira , auj. Ak-Hissar, anc. ville d’Asie-

Mineure (Lydie, au N.) , près de la Mysie, sir le Lycus. Ce fut une des premières villes qui comptèrent des chrétiens.

THYESTE. V. Athée.

THY’MBKÉE , Thymbrium , Thyharra, lieu de Phrygie, au S.-E. d’ipsus, célèbre par une victoire de Cyrus sur Crésus , 548 av. J.-C. — v. de Troade, fameuse par son temple d’Apollon , dans lequel Achille fut tué par Pâris.

THYMBRIS, auj. Piusek , riv. de Phrygie, affluent du Sangarius.

THYMÉLÉ , nom donné, chez les anc. Grecs , à une sorte d’estrade placée au milieu et en avant de la scène ; là étaient les musiciens, qui guidaient les évolutions du chœur.

THYNES, Thyni, peuple thrace, qui s’établit en Asie- Mineure, et donna son nom à la Bitliynie. Il y avait, sur les bords du Pont-Euxin, une ville de Thynias (auj. Ainada).

TIIYREouTHYRlUM, anc. ville deMessénie, au S.-E. de Messène , célèbre par une bataille entre les Spartiates et les Argiens, 554 av. J.-C:

THYRÉE , Thyrea, anc. ville d’Argolide. dans la Cynu rie , très-importante, à en juger par ses ruines actuelles. Le couvent de Loukou occupe son emplacement.

THYRSAGÈTES ou THYSSAGÈTES , anc. peuple du Tanaïs.

THYRSE, javelot entouré de feuilles de vigne et de lierre, que les poètes donnaient pour sceptre à Bacchus, et que portaient les Bacchantes dans les fêtes de ce dieu.

TIARE , coiffure chez les anciens. V. Mitre.

tiare, Triregnum, coiffure particulièrement affectée à N. S. P. le Pape , revêtu de ses habits pontificaux. C’est un haut bonnet rond, ceint de trois couronnes d’or, l'une au-dessus de l’autre, et enrichies de pierreries ; il se termine en pointe portant un petit globe surmonté d’une croix; par derrière, deux larges rubans tombent sur les épaules. La Tiare est l’emblème de la triple dignité de père, de roi, et de pontife vicaire de J.-C. Une tradition parle d’une couronne ornée que Clovis aurait envoyée au Pape en 510: ce serait la lre, et c’est Hormisdas, 514-523, qui l’aurait mise sur la mitre primitive; suivant toute vraisemblance, la 2® couronne existait sous Nicolas II, 1058- 61, bien qu’on l’attribue à Boniface "VIII , 1297; enfin il est certain que la 3® se trouve déjà du temps de Clément V, 1305-14, et ne doit pas, comme on l’a dit, son origine à Jean XXII, 1316-24, ou à Urbain V, 1362-70.

T1ARET , poste militaire d’Algérie, prov. et à 220 kil, S. d’Oran; 375 hab. Etabli par les Français en 1843.

TIBALDO , peintre. V. Pellegrini.

TIBARËNES , Tibareni, anc. peuple de l’Asie-Mineure (Pont), près de Thémiscyre; v. princip. : Polémonium.

TIBB1NGTON. V. Tir ton.

T1BBOUS, peuple berbère, répandu dans le S. du Fezzan et à l’E. du Sahara. Ils sont musulmans, mais très ignorants sur leur religion ; ils servent de guides aux caravanes , ou les pillent , et sont constamment en guerre avec les Touariks. Leurs principales oasis sont celles d’Aghadez , de Bilma, et de Gonda.

TIBÈRE, Tiberius Claudius Nero , 2e empereur romain, de Tan 767 à 790 de Rome, 14 à 37 ap. J.-C., né Tan 711 de la ville, 42 av. J.-C., était fils de Tibérius Néron et de Livie, qui divorça pour épouser Octave. Il s’était de bonne heure distingué en Espagne contre les Cantabres et dans les Alpes, avait donné un roi à l’Arménie , gouverné la Gaule, et réduit les Pannoniens révoltés, 11 av. J.-C. Après la mort de son frère Drusus, 9, il acheva, par une victoire sur les Sicambres, 8, la défaite des Germains, et transporta 40,000 Barbares sur la rive gauche du Rhin. Il fut alors nommé consul, puis tribun, 6, et épousa Julie, fille d’Auguste. Mécontent de ce que ce prince avait adopté les 2 fils aînés d’Agrippa, Caïus et Lucius, il se retira à Rhodes , et y vécut 7 ans dans une sorte d’exil. Après la mort des fils d’Agrippa, Auguste le fit revenir (2 ap. J.-C.), l’adopta, et l’associa à la puissance tvibunitienne. Tibère dut lui-même adopter Germanicus, fils de Drusus. Enfin, en Tan 13 , Auguste le prit pour collègue , et le désigna comme son héritier. A la mort d’Auguste, 14, tout en s’assurant du pouvoir, Tibère feignit de ne céder qu'aux instances du sénat, mais se hâta de se faire reconnaître par les légions. Deux révoltes eurent lieu : Tune, en Pannonie, fut facilement apaisée par Drusus , son fils, et par Séjan ; l'autre, sur le Rhin , où Germanicus calma les légions. Tibère, délivré de toute crainte, gouverna alors en paix, et montra une modération qu’on ne peut méconnaître. Refusant les honneurs, repoussant les flatteries, il se montrait plein de déférence pour le sénat ; il mit de Tordre et de l’économie dans les finances , se préoccupa

TIB

TIB

.moins de donner des jeux au peuple que de prévenir ’a disette, maintint les armées dans une discipline rigoureuse, et traita les provinces avec ménagement. Les grands s’enhardirent bientôt: une conspiration se forma; mais Libon, qui en était le chef, se voyant découvert, se donna la mort. Ce procès montra au grand jour l’avilissement de l’aristocratie romaine , et la honte du sénat , qui donnait l’exemple de toutes les bassesses. Tibère avait fait mettre à mort Posthume , le seul survivant des fils d’Agrippa : bientôt il laissa I’ison empoisonner Germanicus, 19, pour qui l’armée montrait trop d’affection. Pison lui-même, ramené à Home et traduit devant le sénat, se tua pour éviter une condamnation. Tibère ne se montrait point encore cruel, et il acquitta plusieurs accusés de lèse-majesté. En 21 , il adoucit les rigueurs de la loi Papia-Poppea. 11 limita le droit d’asile , mais il n’encourageait point encore les délateurs. Il maintint la bonne administration dans les provinces, par sa sévérité contre les agents du pouvoir, qu'il choisissait avec le plus grand soin. Les révoltes de Florus et de Sacrovir en Gaule, la guerre de Tacfarinas en Afrique, ne l’inquiétèrent qu’un instant. Vers l’an 23, Tibère commença à se laisser dominer par un favori, le seul qu’il ait eu, Séjan, préfet du prétoire. Séjan fait empoisonner Drusus, arme contre Agrippine, veuve de Germanicus, la haine invétérée de Livie, excité Tibère contre ies concussionnaires, c.-à-d. contre l’aristocratie, et en même temps contre les républicains. Créinutius Cordus , accusé pour avoir appelé Cassius et Brutus les derniers Romains, se laisse mourir de faim. Après ce premier crime, Tibère quitta Itome, et se retira dans l’ile de Caprée, 26 de J.-C. Aigri par l’âge et les maladies, il crut alors ses jours menacés. Il fit périr Sabinus, le partisan le plus zélé d’Agrippine. Dès lors, les délateurs pullulèrent. Nul ne fut à l’abri de l’espionnage et de l’accusation. La terreur régna dans Rome. L’influence croissante de Séjan alarma bientôt Tibère, qui le fit arrêter en plein sénat. Le peuple, après avoir encensé le favori tout-puissant, mit en pièces son cadavre, en 31. L’aristocratie expia son alliance avec Séjan : Tibère frappa tous les amis du coupable , et enveloppa dans le même arrêt de mort tous les prisonniers détenus pour la conspiration de Séjan. La cruauté de l’empereur ne connut plus de frein : il est possible encore que Macron, -successeur de Séjan, ait abusé souvent de la faiblesse du vieux prince. L’administration conserva cependant le même caractère de fermeté et de bon sens qu’auparavant : la discipline dans l’armée , l’ordre dans la ville , furent maintenus avec énergie. En même temps Tibère rétablissait le crédit en Italie, combattait l’usure, et pourvoyait de son mieux à la subsistance du peuple. 11 succomba enfin à la débauche : un jour qu’il tomba en léthargie , Macron le crut mort , et proclama Caligula ; mais apprenant que l’empereur revenait à la vie, il se hâta d’accourir, et l’étouffa sous des coussins. Tibère avait écrit des poèmes grecs et latins, et des Mémoires dont Domitien fit plus tard sa lecture favorite : il ne nous en reste rien. F — t.

Tibère il ou tibère Constantin, empereur d’Orient, 578-582. Né en Thrace, d’une famille obscure, il suivit de bonne heure la carrière des armes , devint capitaine des gardes de Justin II, et lui succéda. Sophie, veuve de Justin II, avait aidé à son élévation, espérant l’épouser. Déçue dans son attente, elle conspira. Tibère II se contenta de la mettre hors d’état de lui nuire. Il montra des vertus sur le trône; c’est le Titus du Bas-Empire. 11 défendit l’Empire contre les Perses; mais les Avares lui prirent Sirmium. Il se choisit pour successeur un brave général , Maurice , à qui il donna sa fille aînée, et mourut peu après, au milieu d’universels regrets. S.

tibèue m, empereur grec, 698-705. I! se nommait Absimare, et commandait un corps de troupes sous le patrice Jean, chargé par Léonce de reprendre Carthage aux Arabes. Proclamé empereur par l’armée en révolte, il prit le nom de Tibère, et renversa Léonce. Il fut mis à mort par Justinien II, sur qui Léonce avait usurpé, et qui parvint à rentrer dans Constantinople. S.

TIBERIACUM, nom latin de Bergiieim.

TIBÉRIADE, Tiberias, auj: Tabarièh, v. de Palestine (Galilée) , dans l’anc. tribu de Zabulon , sur la côte O. du lac de son nom. Fondée, l’an 17 de J.-C., par le tétrarque Ilérode Antipas , qui lui donna le nom de l’empereur Tibère et en fit sa capitale, elle fut ensuite abandonnée par Hérode Agrippa II , qui lui préféra Séphoris. Après la destruction de Jérusalem, en 70, les plus grands docteurs juifs y établirent une Académie célèbre , qui publia la Mischna (K. Talmud). Sous Constantin, elle devint siège d’évêché. Les juifs et les chrétiens en furent expulsés par

les Arabes, en 638. Prés de là, Saladin défit Guy de Lusignan, roi de Jérusalem, en 1187. B.

tibèriade ( lac de), auj. Tabarièh, dit aussi lac de Ge'néscirelk et mer de Galilée, en hébreu mer de Kinnéreth, lac de Palestine (Galilée) , entre la tribu de Nephtali à 10. et la demi-tribu orientale de Manassé à l’E. Il a environ 23 lcil. de long, sur 5 de large, et 50 de tour; sa forme est à peu près elliptique. Son niveau est à 236 mèt. au-dessous de la Méditerranée. Le Jourdain le traverse du N. au S. La pêche y était très-productive. Sur ses bords s’élevaient les villes de Tibériade, Tarichée, Bethsaïde, Capharnaiim. C’est auprès du lac de Tibériade que Jésus- Christ fit la plupart de ses miracles. B.

TIBERIS, auj. Tibre, riv. de l’Italie ancienne, sortait des Apennins près des confins de l’Ombrie méridionale, séparait l’Etrurie de l'Ombrie, du pays des Sabins et du Latium, recevait le Clanis, le Nar, l’Anio, et l’ Allia. Appelé primitivement Albula, il prit, dit-on, son nom plus récent d’un roi Tibérinus, qui s’y noya. Sur ses bords , près de Rome, Constantin défit Maxence, qui périt dans ses eaux, en 312.

TIBET. V. Thibet.

TIBISCUS, nom anc. de la Theiss et de Temesvar.

TIBRE, anc. Tiberis, en italien Tevere, riv. d'Italie, sort des Apennins en Toscane, à 9 kil. N. de Pieve-San-Stefano, qu’il arrose, coule au S., entre dans les Etats de l’Eglise, reçoit à droite la Chiana, à gauche la Néra, le Teverone, et l’Aja, passe à Rome, puis à Ostie, au-dessous de laquello il se jette dans la mer Tyrrhénienne par deux bouches; cours de 370 kil. Ses eaux sont jaunâtres, malsaines, et rapides ; il est sujet à des crues fréquentes, et quelquefois très-considérables. B.

tibue (Ile du). V. Ile.

tibre (Département du), ou département de Rome, formé d’une partie du S.- O. des Etats de. l’eglise, et réuni à la France, pendant le 1er empire français, 1809 à 1814; entre ceux de l’Ombrone et du Trasimène au N., le royaume de Naples à l’E. et au S. , la mer Tyrrhénienne au S. -O. ; ch.-l., Rome; s.-préf.: Frosinone, Ricti, Tivoli, Velletri, et Viterbe. B.

TIBULA, nom anc. de Longo-Sardo.

TIBULLÉ, Albius Tibullue , poète latin, né à Rome vers l’an 709 de la ville, 44 av. J.-C. , m. en 18 ou 19 av. J.-C. Il était d’une famille équestre, riche, mais en partie ruinée par les proscriptions; cependant, il conservait encore de la fortune. Nous avons de lui 4 livres d' Elégies ; on conteste le 3e et le 4e ; la lre pièce du 4e, adressée à son protecteur Messala, semble indigne de lui. Le grand mérite de Tibulle, c’est le naturel, la douceur, la délicatesse, et l’harmonie. Sa tendresse est vraie, pleine d’abandon et de mélancolie, un peu efféminée. Il n’y a rien de Romain dans Tibulle ; il aime la paix, non , comme Horace, par amour de l’ordre, mais par haine de l’épée; il aime la campagne, moins pour elle-même que comme un joli fond à des tableaux voluptueux. Oirlui a reproché de la monotonie; mais c’est un peu le défaut du genre. Les principales éditions de Tibulle sont celles de Muret, 1554; de Broukhusius , 1708 ; de Heyne, Leipzig, 1777 ; de Voss, Heidelberg, 1811; de Bach, Leipzig, 1819; de Golbéry, dans la Bibliothèque latine de Lemaire; de Dissen, Gcettingue, 1835. Il a été traduit en prose française par Pezay, 1771; par Longchamps, 1776; par Pastoret, 1783 ; par Mirabeau et Lachabeaussière, 1796; par M. Valatour, dans la Bibliothèque latine-française de Panckoucke, 1836; en vers par Mollevaut, 1806; par Carondet-Potelle, 1807; par S'-Geniez, 1814. T. Dieterich, de Tibulli amoribus, Marbourg, 1844, iu-8°; Spohn, de Tibulli vitâ et carminibus, Leipzig, 1819, in-8°. D — r.

TIBUR, auj. Tivoli, v. de l’Italie ancienne (Latium), sur l’Anio, à 28 kil. N.-E. de Rome. Les Romains la soumirent dès le temps dé Tarquin le Superbe; les riches y possédaient des maisons de campagne. Une voie, dite Tiburtine, y conduisait. On faisait venir son nom de Tiburnus ou Tiburtus , petit-fils du devin Amphiaraüs, et chef d’une colonie argienne. Tibur était un municipe ; il y avait un temple d’Hercule , sur l’emplacement duquel s'élève auj. une église, et un temple de Vesta, dit temple de la Sibylle, et dont les restes dominent encore la chute de l’Anio. Horace, qui avait près de là une maison, sur le mont Lucretile , a chanté les sites délicieux de Tibur. — On trouvait aux environs des carrières de belle pierre calcaire, propre à bâtir, dite pierre de Tibur. C’est la pierre dite auj. Travertin. , B.

TIBURCE (S‘), martyr avec Valérien et Maxime, au ne ou me siècle. Fête, le 14 avril. — Martyr à Rome en 286; fête, le 11 août.

TIE

TIE

TICAL, monnaie des Indes. Il vaut, en or, 26 fr. ; en argent, 3 fr.

T1CHFIELD, brg et paroisse d’Angleterre (Hampshire), à 12 kil. E.-S.-E. de Southampton, 5 O. de Fareham, sur une riv. de son nom et près de son embouchure dans le havre de Southampton; 3,800 hab. Château qui servit d’asile à Charles Ier.

TICINUM, v. de la Gaule Cisalpine, chez les Insubres; auj. Pavie.

TICINUS, nom latin du Tessin.

TICKELL (Thomas), poète anglais, né en 1681 , à Bridekirk (Cumberland), m. en 1740, entra dans la carrière des lettres sous les auspices d’Addison, travailla au Spectateur et au Mentor, publications périodiques, et devint, en 1724 , secrétaire des lords-juges d’Irlande. Il écrivit une traduction en vers du 1er livre de l'Iliade, qu’Addison eut le tort de préférer à celle de Pope.

TIDJANI (le cheikh EL-), auteur arabe d’un intéressant Voyage dans la régence de Tunis pendant les années 1306 à 1309 av. J.-C., traduit en français par A. Rousseau, Paris, 1853, in-8».

TIDOR, île de la Malaisie néerlandaise, une des Moluques, au S. de Ternate, à 12 kil. de Gilolo; 11,000 hab. Capitale , Tidor (5,000 hab.), résidence d’un sultan vassal des Hollandais. Sol fertile. Il y a un pic de 1,260 mèt. de hauteur. — Découverte par les Espagnols en 152] , occupée par les Portugais en 1527, et par les Hollandais en 1607.

TIECK (Louis), littérateur et poëte allemand, né à Berlin en 1773, m. en 1853 , fit ses études aux universités de Halle, de Gœttingue, et d’Erlangen. A 22 ans, il publia son premier roman, Abdallah, 1795. Après quelques essais en ce genre , il arbora dans les Voyages de Sternbold, 1798, le drapeau du romantisme allemand, et, dans sa prédilection pour le moyen âge , mit en drames le conte de Barbe bleue et celui des Quatre fils Aymon. Geneviève de Brabant, 1800, est regardée comme le chef-d'œuvre dramatique de Tieclc ; cependant le style en est souvent prétentieux, et l’action surchargée d’épisodes inutiles. Dans le Chat botté et le Prince Zerbino, comédies satiriques, 1799, 1800, Tieck se moquait des pédants et des poètes vulgaires. En 1802 , il entreprit avec son ami A. -G. Schlegel la publication de l’Almanach des Muses , et , en 1803 , publia les Minnelieder ou Chants d’amour du temps des empereurs de la maison de Souabe. Après quelques années de repos et d’études , il reprit son œuvre d’exhumation littéraire , et fit paraître le Vieux Théâtre anglais , puis le Vieux Théâtre allemand, 1814. En 1818, il fit un voyage à Londres; à son retour, il publia , sous le titre de Shakspeare's Vorschule , la suite du Vieux Théâtre anglais , et compléta la traduction de Shakspeare commencée par Schlegel. Déjà, en 1799 , il avait fait paraître une remarquable traduction de Don Quichotte. Il continuait d’ailleurs à adapter à la scène les vieux contes populaires, et publiait un recueil de ses Poésies lyriques , 1821. Il revint ensuite au roman : mais , abandonnant le genre fantastique , il s’en tint à la réalité historique et à l’observation du monde. La Révolte des Cérennes, 1826 , la Mort du poëte (Camoëns) , le Sabbat des sorcières , le Jeune menuisier, sont les productions les plus importantes de Tieck dans cette troisième manière , où le sentiment et la fantaisie cèdent la place à l’ironie et à la critique. Eu 1819 , il s’était fixé à Dresde , et y prit part à la rédaction de V Abendzeitung (journal du soir } , où il se chargea surtout des articles de critique théâtrale, qui furent réunis plus tard dans les Dramaturgische Blœtter, Breslau , 1826. En 1840, il publia Victoria Accorombona , roman remarquable, où l’auteur s’inspire à la fois de Mrae de Staël et de George Sand. Nommé conseiller de cour en 1842, Tieck habita depuis cette époque Berlin, et s’occupa de faire représenter sur le théâtre de Potsdam l'Antigone et autres tragédies de Sophocle. On a traduit en français Sternbold , 1822 ; des Contes d’artistes, 1832; le Sabbat des sorcières, 1833; des Contes lunatiques, 1834. F — T.

tieck (Frédéric-Christian), sculpteur, frère du précédent,, né à Berlin en 1776 , m. en 1851 , eut pour maître Schadow, et vint compléter ses études en France sous David , de 1798 à 1801 . 11 fit aussi deux voyages en Italie, 1805 et 1812 , et devint professeur à l’Académie des beauxarts de Berlin. Parmi scs œuvres, on remarque : les sculptures du théâtre et de la cathédrale de Berlin; le monument de la reine Louise de Prusse ; les bustes de Wolf, Voss, Goethe, Lessing , Herder, Biirger, Erasme, Grotius, Wallenstein, Bernard de Saxe-Weimar, etc.

TIEDEMANN (Dietrich), philosophe éclectique, né près de Brême en 1745, m. en 1803, fut instituteur de deux jeunes Russes, puis enseigna, avec un grand succès , les

langues anciennes au collège Carolin de Cassel , la philosophie et le grec à l’université de Marbourg. Ses principes furent d’abord ceux de l’école de Wolf; il adopta ensuite la doctrine de Locke. On a de lui, entre autres ouvrages: Dialogorum Platonis argumenta exposita et illustrata , Deux- Ponts, 1786, in-8°; Recherches sur l'origine des langues, en allemand, Riga, 1772, in-8° ; Système de la philosophie stoïcienne, Leipzig, 1776, 3 v. in-8°; Recherches sur l'homme, ibid., 1778, 3 vol. in-8° ; Esprit de la philosophie spéculative depuis Thaïes jusqu’à Berkeley, Marbourg, 1787-97,6 vol. in-8°, etc. C’est son meilleur ouvrage ; il y a analysé avec beaucoup de lucidité la philosophie spéculative des Pères de l’Eglise et des scolastiques du moyen âge.

TIEDGE (Christophe-Auguste), poëte allemand, né en 1752 à Gardelegen (Marche de Prusse), m. en 1841, commença à se faire connaître par des épitres en vers. Puis, il donna successivement : Urania, 1801, poëme didactique dont le succès fut grand et mérité ; Frauenspiegel, 1806, poëme qui n’est pas sans analogie avec le Mérite des femmes de Legouvé ; Elégies et poésies mêlées, 1803 et 1814, où l’on trouve des morceaux comparables à ce que l’Allemagne a produit de plus beau en ce genre ; l'Echo, ou Alexis et Ida, 1812, et Anne et Robert, 1815, romans lyriques; Monuments du temps, 1814, recueil de chants patriotiques, etc. Ses Œuvres complètes ont été publiées à Halle, 1823- 1829, 8 vol.

TIEL, v. de Hollande. V. Thiel.

TIEN , dieu des Chinois, est le Ciel suprême et universel, ou le Soleil.

T1ENE, v. du royaume d’Italie (Vénétie), dans la province et à 40 kil. N.-N.-O. de Vicence; 5,000 hab. Soieries et draps.

TIENEN, nom hollandais de Tiklemoxt.

TIEN-TSIN, v. de Chine. V. Thian-Tsin.

T2ÉPOLO ( Jacopo), doge de Venise, 1229-49, prit part à la guerre des Guelfes contre Ferrare. Pendant son administration , le conseil des Pregadi fut organisé , et on créa les 5 Correcteurs du serment et les 2 Inquisiteurs du doge défunt. Il abdiqua dans un âge fort avancé.

tiépolo (Lorenzo), doge de Venise de 1268 à 1275.

tiépolo (Bajamonte), conspirateur vénitien, voulut, en 1310, renverser l’aristocratie établie peu d’années auparavant, tuer le doge Pierre Gradenigo, dissoudre le Grand- Conseil, et le remplacer par une élection annuelle, suivant l’ancien usage. Le complot fut révélé la veille du jour où il devait éclater; le doge se mit en défense, repoussa les conjurés qui furent défaits sur la place publique, et Tiépolo, dont la tête était mise à prix, sortit du territoire de la république, et mourut dans l’exil.

TIERCE, la 2e des heures canoniales, ainsi nommée parce qu’on la disait à la 3e heure selon la manière de compter des anciens, c.-à-d. à 9 heures du matin.

TIERCEL1NS. Y. Tiers-Ordre.

TIERS CONSOLIDÉ, nom donné en 1797 à la dette publique de France, contractée en partie par la monarchie avant 1789, en partie par l’Assemblée constituante, pour rembourser les offices , les emprunts des corporations supprimées, et les anticipations de l’Etat. Cette dette était de près de 3 milliards. Le Directoire, ne pouvant subvenir au payement des intérêts, le suspendit quelque temps, puis, en vendémiaire an vi (1797), fit rendre une loi qui réduisit le capital à un tiers, de la manière suivante : on remboursa les deux tiers , en donnant aux créanciers des bous qui pouvaient servir à l’acquisition des biens nationaux , et qui constituèrent ce que l’on appela la dette publique mobilisée; on porta l’autre tiers au grand-livre de la dette publique , sous le titre de tiers consolidé. Ce fut, dans le fait, une banqueroute déguisée ; car les bons do la dette mobilisée, ayant le même gage que Jes assignats et les mandats territoriaux , subirent la même dépréciation : ils perdirent 70 et 80 pour cent dès qu’ils parurent sur la place , et bientôt n’eurent plus aucun cours. Les intérêts du tiers consolidé furent d’abord payés en argent; mais bientôt,, la pénurie des finances obligea le Directoire à substituer à l’argent des bons d’arrérages, qui étaient reçus seulement en acquittement des contributions. Au moment de l’établissement du Tiers consolidé, la rente, cotée sous le titre d 'Inscriptions, était tombée entre 7 et 10 fr., représentant 100 fr. à 5 p. 100 d’intérêts. La conversion ne la releva pas, et à la fin de 1797, le tiers consolidé ne valait que 6, 8, puis 7 et 6 fr. L’année suivante, le cours moyen fut de 17 fr., après avoir atteint 25 fr., puis être retombé à 14. La moyenne de 1799 fut de 10 fr. Le 18 brumaire lui fut favorable, et à la fin de l’année il valait 20 fr. Cette progession se suivit, et la cote fut : 30 fr. en 1800; 52 en 1801; 56 en 1802; enfin de 1802 à

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