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ou 4,200 fantassins. Depuis la bataille de Cannes

jusqu'à Marius, elle fut de 5,000, et quelquefois de 6,000 eu 6,100 fantassins et 300 cavaliers, et conserva cet effectif jusqu’au temps île Valentinien II ; la cavalerie, seulement, en fut portée à 720 hommes. Constantin, redoutant la puissance des soldats, réduisit la légion à 1,000 ou 1,500 hommes. Une légion avait un numéro d’ordre et un nom, tel que la Ravissante, la Victorieuse, la Martiale, etc., et un tribun la co i mandait. C. D — y.

LÉGION FULMINANTE. V. MÉLTTENE.

légion i>’ il on n euh, ordre institué, le 19 mai 1802, par le 1er consul Bonaparte, pour récompenser les services militaires et civils. L’insigne est une étoile à 5 rayons doubles émaillés de blanc, et surmontée d'une couronne impériale. Le centre, entouré d’une couronne de chêne et de laurier, offre d’un côté, sur un petit médaillon d'or, la figure de Napoléon 1er, et de l’autre une aigle tenant la foudre, avec cette devise: Honneur et patrie. La Restauration remplaça l’image de Napoléon parcelle de Henri IV, et l'aigle par 3 fleurs de lis. Sous Louis-Philippe, deux drapeaux tricolores furent substitués aux fleurs de lis. La forme primitive delà croix a été rétablie après 1848. Dans l’origine, la Légion se composait de 16 cohortes ; un grandchancelier, pour tout l'ordre, résidait à Paris; chaque cohorte avait, en outre, son chancelier et son chef lieu. 11 n’y eut d’abord que 4 degrés hiérarchiques : légionnaire , officier, commandant , et grand- officier . Chaque cohorte compta 7 grands-officiers, 20 commandants, 30 officiers, et 350 légionnaires. La Légion comprit 6,512 membres. A l’institution de l’Empire, il fut créé un 5l grade supérieur à tous, celui de grand-cordon ou grand-aigle. Puis , les légionnaires changèrent leur nom en celui de chevaliers , et le nombre de tous les dignitaires fut successivemi ut augmenté. On ne devenait membre de la Légion d’honneur qu'après 25 années de services, sauf les actions d’éclat en temps de guerre et les cas exceptionnels à spécifier par ordonnances ; il fallait rester 4 ans dans le grade de légionnaire pour passer à celui d’officier, 2 ans dans le grade d’officier pour passer à celui de commandant, 3 ans dans le grade de commandant pour passer à celui de grand-officier, et 5 ans dans le grade de grand-officier pour obtenir celui de grand-cordon. En 1829, on réduisit à 20 ans, en faveur «les militaires, le temps de service exigé pour être légionnaire. Un traitement fut affecté par Napoléon Ier a chaque grade : 20,000 fr. au grand-cordon,

5.000 au grand-officier, 2,000 au commandant, 1,000 à l’officier, et 250 au chevalier; une dotation en domaines nationaux ou en biens situés à l’étranger fut destinée à servir ces traitements. Les événements de 1814 et de 1815 ayant "tilevé à la Légion d’honneur la plupart de ses propriétés, on réduisit de moitié le traitement de tous les membres, et oji n’en accorda plus aux nouveaux nommés ; on excepta toutefois de cette disposition les sous-officiers et les soldats. Louis XVIII , par ordonnance du 9 juillet 1814, changea les commandants en commandeurs, et les grands-cordons en grand'— croix ; il fixa le nombre des grand’-croix à 80, celui des grands-officiers à 160, celui des commandeurs à 400 , celui des officiers à 2,000 ; le

nombre des chevaliers fut illimité. D’après un décret de Napoléon III (16 mars 1852), le temps obligatoire à passer dans chaque grade pour monter au grade supérieur se trouve rétabli comme dans l’origine; le nombre des chevaliers de l’ordre est illimité; il peut y avoir 4,000 officiers, 1,000 commandeurs. 200 grands - officiers et 80 grand’-croix. Les réceptions se font, pour les chevaliers, les offi iers et les commandeurs, par un délégué du grandchancelier d’un grade au moins égal à celui du récipiendaire; les grands-officiers et les grand’.-croix sont reçus par l'Empereur, ou le grand-chancelier, ou tel autre haut fonctionnaire délégué par Sa Majesté, et d’un grade égal au moins au récipiendaire. Les membres des armées de terre ou de mer doivent être reçus à la parade. Les étrangers sont admis dans l’ordre, mais sans réception, et ne figurent pas dans les cadres. Le traitement a été rétabli pour tous les légionnaires militaires, et fixé ainsi : chevalier, 250 fr. ; officier, 500 fr. ; commandeur, 1,000 fr. ; grand-officier, 2,000 fr. ; grand’-croix, 3,000 fr. 11 est incessible et insaisissable; mais si un légionnaire ne remplit pas envers sa femme ou ses enfants les obligations résultant des cliap. 5 et 6 du Code Napoléon, le ministre de la guerre peut autoriser une retenue d’un tiers sur le traitement. La qualité de membre de la Légion d’honneur se perd par la naturalisation en pays étranger, ou l’acceptation, non autorisée, de fonctions conférées par un gouvernement étranger, enfin, par l’une des causes qui suspendent les droits de citoyen français. Aucune peine infamante ne peut être exécutée contre un légionnaire avant qu’il n’ait été dégradé. — Dans tous les grades, la croix est suspendue à un ruban rouge de soie moirée. Les chevaliers et les officiers militaires l’attachent sur la poitrine, à gauche; les civils la mettent à la boutonnière de l’habit. Les chevaliers ont une croix d’argent et un ruban simple ; les officiers, une croix d’or, et une rosette sur le ruban. Les commandeurs portent la croix on sautoir avec un ruban un peu plus large ; les grands-officiers portent la croix en or à la boutonnière, et, au côté droit de l’habit, une plaque en argent où sont répétés les insignes de la décoration; les grand’-croix, outre une plaque un peu plus grande au côté gauche de l’habit, portent un large ruban de l'épaule droite au côté gauche, au bas duquel est suspendue l’aigle de la Légion. — Les soldats en service sont tenus de rendre les honneurs aux membres de l’ordre : ils doivent porter l’arme aux cbevalie-s et aux officiers, et la présenter aux autres grades. Tous les légionnaires ont droit aux honneurs funèbres militaires. V. de Chambéret, Manuel du légionnaire , ou Itecueil des principaux décre s, lois, elc., relatifs à la Légion d’honneur, 1854, in-8°; Mazas, Histoire de la Légion d'honneur, 1854, in-8°. B. et C. D — y.

légion d’honneur (Maisons d’éducation des filles de la), nommées aussi : Maisons impérial: s Napoléon. Quelques jours après la bataille d’Austerlitz, le 15 décembre 1805. Napoléon Ier décréta qu’il serait fondé 3 maisons J pour les filles des membres de la Légion d'honneur. Un décret, du 2 mai 1806, qui ne fut jamais exécuté, ordonna rétablissement d'une de ces maisons au château de Chambord. Cependant, à la fiu de 1806, on établit une maison au château d'Ecouen, qui comptait, au commencement de 1808, 250 élèves, filles de légionnaires officiers-généraux, officiers supérieurs, et légionnaires de l'ordre civil. Un décret du 29 mars 1809 fixa à 300 le nombre des élèves dans cette maison, et ordonna qu’une 2e serait établie pour 300 élèves aussi, dans l’ancien et magnifique couvent des Bénédictins de Saint-Denis (Seine|. Cette dernière ne fut ouverte que vers le milieu de 1811. Le même décret fixa le prix de pension à 1000 fr. par an, et ordonna que dans chaque maison 50 élèves seraient à pensiou entière, 150 à demi- pension , et le reste aux frais de la Légion d'honneur. Les éleves à titre gratuit ou semi-gratuit devaient être filles ou sœurs de légionnaires; et les pensionnaires, sœurs, nièces, ou cousines-germaines. On payait 4<>0 fr. de trousseau en entrant ; aucune élève ne pouvait rester dans la maison après 18 ans accomplis. Beudant toute la durée du 1er Empire, les maisons d'Ecouen et de Saint-Denis furent au complet, et la dernière eut jusqu’à 500 éleves. Une ordonnance royale, du 19 juillet 1814, supprima la maisou d'Ecouen, et la réunit A celle de Saint Denis, qui existe encore en pleine prospérité, et dont nous allons dire l’organisation. — Mots on impériale Napoléon, à Saint- Denis. * C’est un établissement unique en France, et qui fut d’abord destiné à recevoir des filles d’officiers supérieurs; mais depuis 1830 on y admet des filles de militaires jusqu’au grade de capitaine, inclusivement, et des filles de légionnaires de l’ordre civil. L'éducation

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comprend l'instruction morale et religieuse, la langue et la littérature françaises , l’arithmétique l’histoire et la géographie anciennes et modernes , des notions des sciences physiques et naturelles, la langue anglaise, le dessin, la musique, les travaux d'aig'uille, et les soins du ménage. Le cours d'études est divisé en 13 classes ou sections, et le programme de chaque section embrasse un semestre. La 13e section est une classe de perfectionnement , où l'on repasse toutes les études des cours précédents. Le personnel de la maison est séculier; il se compose d’une surintendante; de 5 dames dignitaires, faisant les fonctions d’inspectrice, de directrice des études, d’économe , de dépositaire de la lingerie et de la roberie , et de directrice des infirmeries; de 12 dames de lre classe, et de 32 de 2e classe, dont les unes sont institutrices, maîtresses de dessin ou de musique, et les autres sont surveillantes; de 20 novices ou aspirantes dames; et de 10 à 20 postulantes, ou aspirantes novices. Toutes ces personnes vivent dans le célibat ou sont veuves , et habitent dans la maison. Il y a 3 aumôniers et 2 médecins, qui logent au dehors. La maison est sous la haute direction du grand-chancelier de la Légion d’honneur, et administrée par la surintendante, assistée des dames dignitaires réunies en conseil. Les dames ont un costume uniforme, qui est une robe d’escot noir et un chapeau noir. L’insigne de leur grade est une croix de vermeil et d’émail , à 4 branches, surmontée de la couronne impériale, et suspendue au ruban rouge de la Légion d’honneur; la surintendante la porte en bandoulière , de droite à gauche , et les dignitaires en sautoir, avec un large ruban ; les dames l’attachent à gauche , sur la poitrine , celles de lre classe avec la rosette de la Légion d’honneur , les autres avec le ruhan uui. Les élèves ont pour costume une robe d’escot noir, un chapeau de paille noire et blanche avec rubans noirs, des souliers de peau noire, des bas gris; l’hiver, une pèlerine noire ; enfin une ceinture de couleur qui, pour chaque classe , est différenciée ainsi , à commencer par les plus petites classes : I. vert liseré de blanc;— 2. vert uni; — 3. violet liséré de blanc; — 4. violet uni ; — 5. aurore liseré île blanc; — 6. aurore uni; — 7. bleu liseré de blanc; — B. bleu nui ; — 9. nacarat liseré de blanc; — 10. nacarat uni; — 11. blanc liseré de rose; — 12. blanc uni; — 13. toutes les couleurs précédentes réunies. — Les élèves sont admises à l’âge de B à 10 ans; à 12 ans , il faut une autorisation spéciale. A 18 ans, elles doivent quitter la maison, à moins qu’elles n’y soient agréées comme postulantes. Mme la baronne Daumesnil , veuve du général Daumesuil , est aujourd’hui surintendairte de la maison impériale de Sl-Denis. l’ar décret du 18 uov. 1855, les maisons d’éducation de la Légion d’honneur ont pris le nom de Maisons impériales Napoléon , et ont été placées sous le patronage de l’Impératrice. C. D — Y.

légion d’honneur ( Maisons d’éducation , succursales de la). Un décret impérial, du 2 septembre 1810, ordonna la fondation de 3 maisons pour les orphelines de la Légion d’honneur, et un décret du 15 fév. suiv. leur assigna , pour lieu d'établissement, 1° la maison dite de Corberon , à Paris, rue Barbette; 2° la maison des Barbeaux, près de Fontainebleau ; 3° la maison des Loges, dans la forêt de S'-üermaiu. Une ordonnance royale du 19 juillet 1814 supprima ces maisons. Celles de la rue Barbette et des Loges ont été rétablies depuis. En 1851 , on a transféré la première au château d’Ecouen. Les élèves de ces maisons sont filles ou parentes de légionnaires , et toutes à titre gratuit. L’éducation qu’elles reçoivent est un peu inférieure à celle de la maison deSl-Denis, et donnée par des sœurs de l’ordre de Sl-Augustin. C. D. — y.

légions départementales, corps institués, au nombre de 86 ( un par département) , en vertu d’une ordonnance du 3 août 1815, pour ■ remplacer les troupes impériales licenciées. Chaque légion , d’un effectif de 1 ,687 hommes , dont 103 officiers , devait se composer de 2 bataillons d’infanterie de ligne (chacun de B compagnies, dont une de grenad ers et une de voltigeurs) , d’un bataillon de chasseurs â pied (8 compagnies) , de 3 cadres de compagnies de dépôt, d’une compagnie d’éclaireurs à cheval , et d’une compagnie d’artillerie. Les compagnies d’éclaireurs et d’artillerie ne furent pas organisées. L’infanterie de ligne avait l’habit blanc, les revers aux couleurs distinctives de chaque légion; les chasseurs portaient l'habit vert. Une ordonnance du 8 avril 1818 réduisit l’effectif de chaque légion à 5.36 hommes, dont 60 officiers, et me conserva qu’un bataillon actif et le cadre du second. Par ordonnance du 19 février 1819, les légions furent portées à 94, et réparties de la manière suivante :

8 départements eurent 2 légions de 3 bataillons,

3 — — 1 — de 4 —

48 — — 1 — de 3 —

27 — — 1 — de 2 —

Dix départements de la dernière catégorie formèrent 10 légions d’infanterie légère. Chaque bataillon des légions eut une compagnie de carabiniers et une de voltigeurs. Enfin une ordonnance du 23 octobre 1820 rendit aux légions le nom de régiments.

légions provinciales, corps d’infanterie organisés en 1532 par François Ier. I! y en avait sept, de 6,000 hommes chacun, et ils portaient le nom des provinces suivantes : 1° Bretagne; 2° Normandie ; 3° Picardie ; 4° Bourgogne, Champagne et Nivernais; 5° Dauphiné, Provence, Lyonnais et Auvergne ; 68 Languedoc ; 7° Guyenne. Us subsistèrent jusqu’à Charles IX, qui organisa les régiments.

LÉGION THÉBAINE. V. THEBAINE.

LÉGISLATIF (Corps). V. Corps Législatif.

LÉGITIMISTES, nom donné en France, depuis 1830, aux partisans de la branche aînée des Bourbons.

LEGISLATIVE (Assemblée). V. Assemblée.

LEGNANO ou PORTO-LEGNANO, v. forte du roy. d’Italie (Vénétie!, sur 1 Adige, à 35 kil. S.-E. de Vérone; 10,795 hab. Prise en 1796 par les Français.

LEGNANO, Leoniacum, v. du roy. d’Italie, sur l’Olonia, province et à 24 kil. N. -O. de Milan ; 6,000 hab. Victoire des Italiens sur Frédéric Barberousse en 1176.

LEGOB1EN (Charles) , jésuite, né à Sl-AlaIo en 1653, m. à Paris en 1708, procureur des missions de la Chine, a laissé : Lettres sur les progrès de la religion à la Chine, Paris, 1697, in-8°; Histoire de l'édit de l\r..pereur de la Chine en faveur de la religion chrétienne , ibid. , 1698 , in-12 ; Eclaircissements sur les honneurs que les Chinois rei ident à Confucius et aux morts , ibid. , 1698 , in-12 ; Histoire des iles Marianne s, ibid., 1700, 1701, in-12; Lettres de quelques missionnaires écrites de la Chine et des Indes orientales , 1702, in-12 ; Lettres édifiantes , recueil célèbre , dont il a publié les 8 premiers volumes.

LEGONIDEC (Jean-François), savant linguiste , né au Conquet en 1775, m. en 1838, contribua à la formation de l’Académie celtique , et publia : Grammaire nello-bretonne , Paris, 1807; Dictionnaire celto-breton , Angoulême,

LEGOUVÉ (Gabriel-Marie-Jean-Baptiste), poëte, né à Paris en 1764, m. en 1811 , fils d’un avocat distingué, débuta par des tragédies , où de beaux vers et quelques situations pathétiques compensaient en partie la faiblesse de la composition : la Mort d’Abel , 1792, pièce en .3 actes, imitée de Gesner et de Klopstock ; Epicharis et Néron, 1793, allusion courageuse à la tyrannie de Robespierre ; Etéocle , 1799 ; enfin la Mort d’ Henri IV, 1806. Aujourd’hui sa gloire n’est plus guère attachée qu’à quelques opuscules descriptifs et didactiques, où le charme du style se joint à une imagination gracieuse et mélancolique : la Sépulture, les Souvenirs, la Mélancolie , 1798, et surtout le Mérité des Femmes , 1801 , jolie épître plutôt que poème, qui a eu jusqu’à 50 éditions. Legouvé fut appelé à l'Institut en 1798 , dirigea le Mercure de France , de 1807 à 1810, et suppléa Delille pendant plusieurs années dans la chaire de poésie latine au Collège de France. Il eut le talent de former à la déclamation Mlle Duchesnois. Ses Œuvres complètes ont été publiées en 1826, Paris, 3 vol. in-8°. — Son fils Ernest Legocvé, né en 1807, s’est aussi livré à la culture des lettres, et a donné au Théâtre-Français, soit seul, soit en collaboration , plusieurs ouvrages très-favorablement accueillis du public , tels que : Louise de Lignerolles, drame en 5 actes en prose , 1838 ; Gucrrero ou la Trahison, tragédie en 5 actes, 1845; Ad tienne Lecouvreur, comédiedrame , en 5 actes en prose , 1849 ; les Contes de la reine de Navarre , comédie en 5 actes en prose , 1850; Par droit de conquête, comédie en 3 actes en prose, 1855. etc. On doit encore à M. E. Legouvé un joli roman, Edith de Falsen, 1 vol. in-12, 1841; et l’ Histoire morale des femmes , reproduction d’un cours fait au Collège de France, 1 vol. in-8», Paris, 1848. Il a été reçu à l’Académie Française en 1855. G. L.

LEGRAD , brg de Hongrie (Szalad), à 16 kil. N. de Kopreinitz, sur la rivedr. de la Drave, vis-à-vis l’embouch. de la Mur; 2,400 hab. Coutellerie renommée.

LEGRAND (Jacques) , Jacobus Magnas, religieux augustin, né à Toulouse vers le milieu du xive siècle , m. vers 1422, professa la philosophie et la théologie à Padoue, puis vint à Paris, où il acquit une grande réputation comme prédicateur. En 1405 , en présence d’isabeau de Bavière , il osa blâmer dans un sermon les dérèglements

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de cette reine. Après l'assassinat de Charles d’Orléans, il fut chargé par les Armagnacs d’aller demander l’appui des Anglais contre Jean-sans-Peur. On a de lui : le Livre des bonnes moeurs, 1478, in-fol. de 51 feuillets; Sophologium , ex antiquorum poetarum, oratorum sententiis colleclum, Paris, 1475 , in-fol. , ouvrage dont il a fait lui-même une traduction française , ï Archiloge Sophie , en ms. à la bibliothèque impériale de Paris.

Legrand (Antoine) , religieux franciscain , né à Douai, fut un sectateur enthousiaste de Descartes , dont il propagea la doctrine. Il a écrit : Physica, Amsterdam, 1664, in-4® ; PhUosophia velerum è mente Renali Descartes, Lond. , 1671, in-12 ; Institulio philosophiœ secundùm principia Renati Descartes , ibid. , 1672, in-8°; Historia naturœ variis experimentis et ratiociniis elucidala , ibid. , 1673 , in-8°; Dissert, de carentiâ sensûs in brutis , Leyde , 1675, in-8°; Apologiapro R. Bescartes , Lond. , 1679, in-8°; Historia sacra , à mundi exordio ad Constanlini magni imperium reducta , ibid. , 1685, in-8®.

Legrand ( Jacques-Gu illaume ) , architecte , élève de Clérisseau , né à Paris en 1743 , m. à Sl-Denis en 1807 , construisit, avec Molinos, le théâtre Feydeau, la halle aux draps , à Paris , édifices auj. détruits, et l’hôtel Marbeuf. On lui doit : Parallèle de l’architecture ancienne et moderne , Paris, 1799, in-4°; le texte des Antiquités de la France, de Clérisseau, 1804, 2 vol. in-fol. ; Galerie antique, Paris, 1806, in-fol.; Essai sur l'histoire de l’architecture 1809 et 1810, 1 vol. in-fol.

Legrand d’aussy (Pierre- Jean-Baptiste) , né à Amiens en 1737 , m. en 1800, fut élevé chez les Jésuites , entra dans leur ordre, et professa la rhétorique à Caen. Lorsque la société de Jésus fut dissoute , il vint à Paris , fut associé aux recherches de Lacurne de Sainte-Palaye et du marquis de Paulmy sur les antiquités delà France , et devint en 1795 membre de l’Institut , et conservateur des manuscrits de la bibliothèque nationale. Il a publié : Fabliaux ou contes des xtie et xme siècles , Paris , 1779 , 3 vol. in-8°, réimpr. avec augmentations par Renouard , 1829, 5 vol. in-8®; Histoire de la vie privée des Français, 1782, 3 vol. in-8®, rééditée par Roquefort en 1815, ouvrage inachevé, et qui ne traite que de la nourriture; Vie d’Apollonius de Tyane , 1808 , 2 vol. in-8® ; plusieurs Mémoires dans le recueil de l’Académie des Inscriptions ; des analyses de vieux poètes français dans les Notices des manuscrits de la bibliothèque du roi. B.

LEGRAS (Louise de Marillac , dame) , née en 1591, m. en 1660, était fille de Louis de Marillac, frère du garde des sceaux et du maréchal de ce nom. Mariée à un secrétaire de Marie de Médicis , veuve en 1625 , elle se consacra au service des malades et des enfants trouvés, et eut une part importante à la création des établissements de charité qui signalèrent la vie de S1 Vincent de Paul. Elle fonda avec lui les Sœurs de la charité ou Soeurs grises, et se mit à la tête de cette congrégation.

LEGRAVEREND (Jean-Marie -Emmanuel ) , jurisconsulte , né à Rennes en 1776, m. en 1827 , fut chef de division des affaires criminelles au ministère de la justice. On a de lui : Traité de la législation criminelle en France, 1816-1823, continué et complété, jusqu’en 1830, par M. Duvergier, 2 vol. in-4®, livre bien fait, mais où l’auteur ne s’est occupé que de la procédure et a négligé la pénalité ; des Lacunes et des besoins de la législation française en matière politique et en matière criminelle, 1824, 2 vol. in-8®. Cet ouvrage est le complément du précédent , et purement théorique ; il est rempli de vues sages , et qui dénotent une profonde instruction. .

LEGRIS-DUVAL , prêtre, né à Landerneau en 1765, m. en 1819 , s’offrit à la Commune de Paris pour assister Louis XVI à ses derniers moments , forma de nombreuses associations charitables et philanthropiques sous la République et l’Empire, refusa l’épiscopat lors de la Restauration , et travailla au rétablissement des jésuites. On a de lui : le Mentor chrétien, 1797 , 1 vol. in-12; et des Sermons, 1820 , 2 vol. in-12.

LEGROS (Pierre), sculpteur, né à Paris en 1656, m. en 1719, remporta à 20 ans le grand prix de sculpture, et passa presque toute sa vie en Italie , où se trouvent la plupart de ses productions. Il ressentit l’influence du mauvais goût qui commençait à s’introduire dans les arts , et, au lieu de s’arrêter à la pureté et à la correction des modèles antiques , il voulut y ajouter trop de grâce. Son exécution est pourtant savante et délicate. Ses meilleurs ouvrages sont : la statue de St Dominique, l’un des chefsd œuvre de St-Pierre de Rome; le Mausolée de Pie IV, à Sle-Marie-Majeure ; une statue en pied et le tombeau du cardinal Casanata , à S*-Jean de Latrau ; St Ignace et trois

anges , groupe en argent dans l’église de Jésus ; le tombeau du cardinal A Idobrandini, à St-Pierre-ès-Licns ; les statues de St Thomas , de St Barthélemy, à S1- Jean de Latran ; Ste Thérèse, aux Carmélites de Turin; la statue du Silence , dans le jardin des Tuileries. Legros fit aussi quelques copies de l’antique pour le château et le jardin de Versailles. B.

LÉGUÉ (le). V. Brieuc (Saint-).

LÉGUEVIN , ch.-l. de cant. ( Haute-Garonne ) , arr. et à 18 ldi. O. de Toulouse; 570 hab.

LE HENNUYER. V. Henndyer (le).

LEI ou LEH, v. de Chine. V. Ladak.

LEIBITZ, en hongrois Laibicz, brg de Hongrie (Zips), à 2 kil. S. de Kæsmarkt; 3,000 hab. Culture du lin; fabr. de toiles, draps communs, tabac. Source sulfureuse et bains.

LEIBNIZ ( Godefroy-Guillaume ) , né à Leipsick en 1646, m. en 1716, un des plus grands génies qui aient existé et l’esprit le plus universel des temps modernes; à la fois philosophe, théologien , mathématicien , physicien , jurisconsulte, historien , philologue, il cultiva et perfectionna presque toutes les branches des connaissances humaines. L’histoire de ses travaux et de ses découvertes, ainsi que de ses relations avec les savants et les hommes les plus éminents de son siècle, offre un haut intérêt. Leibniz, ayant terminé ses études à 15 ans, se partagea entre les mathématiques, la philosophie et le droit , sans négliger la philologie , la physique , l’histoire et les autres sciences. Il étudia les anciens, surtout Platon et Aristote, et les pythagoriciens ; il passa ensuite aux modernes. A 21 ans, il se présenta pour être reçu docteur. Repoussé comme trop jeune à Leipsick, il obtient son titre à Altdorf, se fait agréger à une société d’alchimistes à Nuremberg, puis s’attache au baron de Boinebourg, qui le conduit à Francfort. Là , il publie deux écrits relatifs à l’étude du droit (Nouvelle méthode pour l'étude du droit, 1667 ; Réforme du corps du droit, précédée d’une dissertation remarquable sur 1 e style philosophique), puis deux Mémoires de physique générale : l'un sur le mouvement abstrait, l’autre sur le mouvement concret , qu’il adressa à l’Académie des sciences de Paris. En 1672, il se rendit à Paris, où il étudia les mathématiques sous la direction de Huyghens, et, l’année suivante, à Londres, fut nommé membre de la Société royale, et revint à Paris, où il séjourna jusqu’en 1677. Il retourna à Londres, visita la Hollande, et vint se fixer à Hanovre, où il fut nommé conservateur de la bibliothèque par la protection du duc Fr. de Brunswick. On est étonné de la prodigieuse activité que déploie son esprit à cette époque, et qui se manifeste par une foule de projets, d’entreprises et de découvertes. Il annonce à la fois un Are combinaloria, analogue à l’Art de Raymond Lulle et de Kireher, une Géométrie mécanique, un Nouveau Code de procédure, une Théologie naturelle, et les bases d’un Système des monades. Il demeura six années consécutives à Hanovre, occupé surtout de physique et de mathématiques. Il prit part à la fondation des Acta erudilorum de Leipsick, 1683, recueil conçu sur le modèle du Journal des Savants. Chargé, en même temps, d’écrire l’histoire de la maison de Brunswick, il publia des documents qui contribuèrent à élever le duc Ernest-Auguste à la dignité d’électeur de l’Empire. Il fit paraître aussi la Protogœa, 1693, esquisse sur les révolutions du globe, où il devine les bases de la géologie. Il faut ajouter un Recueil diplomatique du droit des gens, en latin, 1698 , 2 vol. in-4®, et un exposé de sa doctrine sur les Substances et la vraie nature des choses dans les Acta de Leipsick, et de son système de V Harmonie préétablie dans le Journal des Savants. En 1699, l’Académie des sciences de Paris le nomma associé étranger. Un peu plus tard , il fonda l’Académie des sciences de Berlin, dont il fut nommé , le premier, président , 1700. En 1707, il commença la publication des Scriptores rerum Brunsvicensium , dont il donna 3 vol. in-fol. En 1711 , il eut une entrevue à Torgau avec Pierre le Grand, qui le consulta sur divers projets de civilisation, et le gratifia d’un titre honorifique et d’une pension. La même année , il reçut des titres de noblesse et aussi une pension de Vempereur Charles IV, pour la part qu’il prit à la paix d’Utrecht.

A la mort de François Ier, il se l’endit à Vienne pour y fonder une Académie ; la peste, qui régnait en cette ville, l’empêcha d’exécuter son dessein. Il retourne à la cour de Hanovre, publie une Théodicée, une Monadologie et de Nouveaux essais sur l entéhdement humain. La publication de sa correspondance avec Clarke date aussi des dernières années de sa vie. — Les principaux traits de son caractère furent la bienveillance et l’urbanité, la dignité des mœurs, le désintéressement , l’amour de la gloire exempt de toute envie, le désir de concilier toutes les opinions et tous les

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intérêts. H prit part à tous les travaux scientifiques de son siècle et aux affaires de la vie publique, littéraire et reli- \ gieuse. Il entretint une correspondance suivie avec tous les savants et les hommes distingués de l’époque. On sait qu’il essaya de s’entendre avec Bossuet sur le moyen de réunir les églises chrétiennes, et que ce projet avorta. Sa vast? intelligence était servie par une mémoire prodigieuse ; son érudition était immense, et ne nuisait en rien à l’originalité de son esprit , à son génie essentiellement inventeur. La découverte du calcul infinitésimal , qu’il fit concurremment avec Newton, n’est qu'un des nombreux exemples de la fécondité et de la force de son génie. Il émit aussi les premières notions du calcul intégral. Voici sa méthode et son système. — I. Méthode. Leibniz admet une double méthode, 1° une méthode de certitude ou de démonstration et de vérification de la vérité, méthode négative ; elle repose sur le principe de contradiction , en vertu duquel est réputé faux tout ce qui implique contradiction , et sur le principe de la raison suffisante, qui rend compte de toute vérité non immédiate ; 2® une méthode positive ou logique supérieure, dont la logique ordinaire n’est qu’une préparation, et qui repose sur une psychologie rationnelle, ou sur la connaissance de la raison et des idées. La connaissance a deux sources, d’où découlent les vérités contingentes d’une part, de l’autre les vérités nécessaires ou rationnelles; toutes deux ont leur principe dans la raison divine. Il faut donc revenir aux premières idées par l'analyse, qui est l’instrument de toute science. Les premières notions, qui sont les plus simples, coordonnées par la raison , sont les lois des choses et les règles de l’entendement ; elles se correspondent dans la nature et la raison humaine ; leur lien est la raison divine; la science est leur interprétation. Ce système a de l’affinité avec le platonisme. Toutefois, Leibniz est réaliste en même temps qu’idéaliste; pour lui, tout ee qui est possible est réel , et la sensation enveloppe la connaissance ; par là, il se rapproche d’Aristote. L’esprit est inné à lui-même, inné à la nature, comme tous deux sont nés de Dieu. Dieu est la lumière du monde; nous voyons tout en Dieu : le Verbe divin , l’esprit universel est présent en nous, et c’est lui qui nous éclaire. Ce système, qui échappe au panthéisme, achève le mouvement cartésien ; il développe la pensée de Descartes, de Fénelon et de Malebranche.^- II. Le Système métaphysique de Leibniz est appelé Système des monades et de l’harmonie préétablie. Selon Leibniz, tontes les substances sont simples et indivisibles ( monades veut dire substances simples). A l’opposé de Descartes qui considère les substances comme passives, Leibniz les proclame essentiellement actives; toute substance est douée de force, d'activité, de mouvement spontané ; de sorte qu’entre l’âme ou l’esprit et l’atome matériel la différence n’est pas dans la substance, mais dans les attributs divers. Toutes les substances sont , comme telles, de même nature, simples et actives ; mais elles revêtent des qualités distinctes, à mesure qu’on s’élève du corps inorganique à la plante, à l’animal , à l’homme et aux esprits supérieurs, en parcourant la chaîne des êtres qui aboutit à Dieu , la monade suprême d’où sont sorties toutes les monades créées, qui est leur lien et leur principe. Cette partie du système n’offre rien que de raisonnable, et elle a l’avantage d'aplanir plusieurs des grandes difficultés de la science philosophique. Il n’en est pas de même de l'harmonie préétablie, qui n’est qu’une hypothèse imaginée pour expliquer la communication des substances, comme les causes occasionnelles de Malebranche, et qui succombe sous les mêmes objections. Leibniz suppose que Dieu a établi, dès l’origine, des lois invariables d’après lesquelles tous les êtres se meuvent et accomplissent leurs actes sans exercer les uns sur les autres aucune influence ; tout s’accomplit dans l’univers en vertu d’une harmonie intérieure qui règle d’avance tous les mouvements des êtres. C’est ainsi que se produisent les mouvements correspondants de l’âme et du corps, comme ceux de deux horloges montées de même et qui s’accordent parfaitement. L’âme est ainsi entièrement libre, mais sa liberté n’est qu’une spontanéité intelligente. Le développement de ces principes fournit à l’auteur l’occasion d’exposer une foule de vues élevées et ingénieuses et de grandes vérités qui restent indépendantes du système. — Leibniz partage le monde en deux : le monde des corps ou de la nature, et le monde des esprits ou de la grdce; entre le règne de la nature et celui de la grâce, il y a harmonie ; tout ce qui se passe dans l’un concourt aux événements de l’autre. La nature est pleine de miracles, de merveilles d’intelligence ; mais Dieu n’est pas seulement géomètre, l’architecte du monde des corps, il est le monarque des esprits. Il a tout réglé d’après sa sagesse, sa bonté et sa justice. C’est ainsi que

Leibniz arrive à des vues élevées sur le gouvernement du monde moral , sur la Providence, et à ce qu’on appelle son optimisme. Cet optimisme, souvent mal compris, et qui diffère de l’optimisme vulgaire, le seul qui puisse être tourné en ridicule,- aboutit à une justification des desseins de Dieu sur le monde et à la démonstration sensible de ses attributs ; c’est l’âme et le fondement de la Théodicée. Il est exposé dans les Essais de théodicée. Dans son livre intitulé Nouveaux essais sur l 'entendement , Leibniz réfute et corrige Locke sur les principes et les conséquences du sensualisme. Ses idées sur le droit naturel ne sont pas moins remarquables : il proclame l’origine divine du droit ; la justice, qui est une bienveillance intelligente, a son principe en Dieu, qui est l’auteur de tout droit, non par sa volonté arbitraire, mais comme étant la raison éternelle. Au-dessus de la société civile, il y a donc une société divine dont nous faisons partie, la cité de Dieu, où les principes de la justice trouvent leur application et leur réalité. — Il n’existe aucune édition complète des œuvres de Leibniz; la collection de Dutens , Genève, 1768, 6 vol. in-4°, est imparfaite. Ses écrits philosophiques ont été recueillis par Raspe, Amsterdam, in-4°, 1765; et par Erdmann , in-4°, Berlin, 1839-40; les OEuvres choisies de Leibniz ont été données par A. Jacques, 2 vol. in-12, Paris, 1842. La Correspondance mathématique et philosophique avec Bernouilli, en latin, parut à Genève, 1745, 2 vol. in-4®. Consultez l’article de Maine de Biran dans la Biographie universelle de Michaud, celui du Dictionnaire des sciences philosophiques; M. Damiron, Histoire de la philosophie au xvne siècle ; l’Esprit de Leibniz par l’abbé Emery, ou Choix de ses pensées sur la religion et la morale, Lyon , 1772, 2 vol in-8®, réimprimés en 1803 sous le titre de Pensées de Leibniz. Guhrauer a publié les écrits de Leibniz en langue allemande, Berlin , 1838-40, 2 vol. in-8®, et une Vit de ce philosophe, en allemand, Breslau, 1842. On doit à M. Foucher de Careil des Lettres et opuscules inédits de Leibniz, Paris, 1854, 1 vol. in-8®. B — D.

LEICESTER (de Leir, anc. nom de la Soar, et ceaster, fort ) , Balœ Coritanorum des Romains, v. d’Angleterre, sur la Soar, à la jonction des canaux de l’Union et de Leicester, sur la grande ligne de navigation du Trent à la Tamise, à 153 kil. N.-N.-O. de Londres, par le chemin de fer central; 68,052 hab. Capitale du comté de son nom ; siège des assises du comté. Ruines romaines et de l’abbaye de Ste-Marie-des-Prés , fondée en 1143, et où mourut le cardinal Wolsey. Filatures et manufactures de laine et de coton ; bonneterie, bas, flanelle, gants; teintureries, corderies, etc. Succursale de la Banque d’Angleterre. — Leicester , capit. des Coritani , fut , sous les Romains, une de leurs stations, et, au temps de l’Heptarchie, une ville très-florissante. — Le comté de Leicester, long de 65 kil. sur 35 de large, est compris entre ceux de Nottingham au N., de Lincoln et de Rutland à l’E., de Northampton au S., de Warwick au S.-O., de Stafford à l’O., et de Derby au N.-O. ; 237,402 hab. Culture en grand des pâturages pour l’élève des chevaux , des porcs , et surtout des moutons. Industrie très-active, principalement des lainages; 10 mines de charbon. Il comprend 216 paroisses; v. princip.: Loughboro’, Hinekley, Market Arboro’, Ashby de la Zouch, Melton Mowbray. Il donne le titre de comte à la famille Coke.

leicester (Comtes de). V. coke, dudlet, montfort, sidxey.

LEIDRADE, archevêque de Lyon, né à Nuremberg vers 736, m. en 816 dans l’abbaye de Soissons, fut un des Missi dominici de Charlemagne, fonda deux écoles dans son diocèse, et combattit les doctrines de Félix et d’Elipand. On a de lui 4 Lettres , et un Traité sur le Baptême imprimé dans les Analecla de Mabillon.

LEIGH , v. d’Angleterre (Laneastre) , à 17 kil. O. de Manchester, avec lequel elle communique par un bras du canal deBridgewater; 22,229 hab. dans la paroisse. Houillères, pierres à chaux ; fabr. importantes d’étoffes de laine et de coton. Fromages estimés.

LEIGHLIN (OLD-), Lechlinia, vge du S.-E. de l’Irlande (Leinster), comté et à 12 kil. S. de Carlow; 140 hab. Evêché fondé en 632, auj. évêché anglican de Leighlin, Ferns et Ossory. L’évêque réside depuis 1833 à Kilkenuy. Vénérable cathédrale, bâtie en 1185.

LEIGHTON-BUZZARD, v. d’Angleterre, sur l’Ouse et sur le canal de Grande-Jonction, station du chemin de fer de Londres à Birmingham , dans le comté et à 26 kilom. S.-S. -O. de Bedford, et à 61 N.-O. de Londres ; 6,053 hab. dans la paroisse. Tulles et tresses de paille.

LEIGNÉ-SUR-USSEAU, ch.-l. de cant. (Vienne), arr. et à 14 kil. N.-O. de Châtellerault; 63 hab.

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LEINE, riv. d’Allemagne, naît dans le Harz, au mont 'O u ; i (Saxe prussienne), passe à Heiligenstadt, Gœttingue, Hanovre, et se jette dans l’Aller, rive g.; elle reçoit l lnn.rste. Cours de 250 kil.

LEININGEN. V. Linaxge.

LEINSTER, Lagenia, une des quatre grandes provinces <1 Irlande, auS.-E., longue de 250 kil. sur 100 de large, vitre l’Ulster au N., la mer d’Irlande à l’E. , le canal Saint- ‘ ;eorge au S., le Munster et le Connaught à l’O.; 1,439,596 liuJb. Ch.-l., Dublin; elle comprend les 12 comtés de C’arlow , Dublin , Kildare , Kilkenny , Iving’s , Long ford , Louth, Meath, Queen’s, West-Meath, Wexford, Wicklow. Le S. formait l’ane. roy. de Lcinster, et le N. celui de Meath. Donne le titre de duc à la famille Fitzgerald, dont le chef est premier pair d’Irlande.

LEIPA ( BŒHM1SCH-), v. des Etats autrichiens ( Bohème), à 35 kil. E.-N.-E. de Leitmeritz ; 5,800 hab. Gymnase d’Augustins. Fabr. de lainages; polissage des glaces.

LEIPNICK, v. des Etats autrichiens (Moravie), à 13 kil. N. -O. de Prérau; 5,300 hab. Fabr.de draps. Château des princes de Dietrichstein.

LEIPZIG ou LEIPS1CK, Lipsia, v. du royaume de Saxe, au confluent de la Parde, de la Pleisse et d’un des bras de l’Elster, ch.-l. du cercle de son nom, par 51° 20’ 20” lat. N. et 10» 2’ 25” long. E., à 115 kil. O.-N.-O. de Dresde, 220 «le Berlin, 1,040 de Paris ; 78,495 hab. Chemins de fer pour Dresde, Magdebourg, Berlin, Nuremberg, Hanovre, Breslau , etc. Consistoire réformé ; cour d’appel civile et criminelle, et tribunaux inférieurs; administration des ports du royaume et loterie royale. Université renommée, érigée en 1409, à laquelle sont annexés une riche bibliothèque, un amphithéâtre d’anatomie, un jardin botanique, un séminaire philologique , etc. Académie des Beaux-Arts; haute école normale, séminaire théologique, 2 gymnases ; écoles de commerce, d’industrie, des sourds-muets; sociétés littéraires et scientifiques ; 5 bibliothèques publiques ; muséum d’histoire naturelle, galerie de tableaux. On y remarque le château de Pleissenbourg avec observatoire, la grande place, la bourse des libraires , l’hôtel de ville , la halle aux draps, les églises Saint-Nicolas et Saint-Thomas, l’arsenal, l’Augusteum, occupé par l’Université, etc. Au N.- O. de la ville est le beau parc du Rosenthal. Ville plus commerçante que manufacturière, surtout célèbre par trois grandes •foires, de trois semaines chacune, qui s’y tiennent au 1er janvier, à Pâques, et à la St-Miehel ; elles sont fréquentées par plus de 20,000 négociants d’Europe , d’Asie et d’Amérique. La foire de Pâques est consacrée à la librairie. On évalue à 240 millions de fr. le montant des opérations des foires. Fabr. de toiles cirées, pianos, cigares, produits chimiques, machines; nombreuses typographies. — Leipsick (autrefois Lipzk , mot slave qui signifie tilleul, à cause des plantations qui l’entouraient) est une ville ancienne, et plus d’une fois célèbre dans les annales allemandes ; champ de bataille des Suédois victorieux et des Impériaux en 1631 et 1642, prise par les Prussiens en 1745, par Ferdinand de Brunswick en 1756, et par les Français en 1806, elle fut, en 1813 (16-18 octobre), le théâtred’une bataille gigantesque, dite par les Allemands bataille des nations, où les Français, accablés enfin sous le nombre et trahis par les Saxons, leurs alliés, qui se tournèrent contre eux au plus fort du combat, durent battre eu retraite. Patrie de Leibniz et de Thomasius son maître, de Mencke, le fondateur des Acta Erudilorum , de Fabricius, dumathématicien Kaestner, et de T eller, célèbre théologien protestant.

Leipzig (Cercle de), division administrative du royaume de Saxe, au N. -O., entre les Etats prussiens au N. et à l’O., les cercles de Zwickau au S., de Dresde à l’E. ; cli.-l., Leipzig. Superf., 345,870 hect. Pop., 506,294 hab.

LEIRIA, v. forte de Portugal ( Estramadure ) , à 115 kil. N.-N.-E. de Lisbonne, près de la rive dr. du Liz; 2,500 hab. Evêché suffragant de Lisbonne. Palais du roi Denis. Superbe verrerie, à Marinha-Grande, qui fournit aux besoins de la plus grande partie du Portugal et de ses colonies.

leiria, v. d'Espagne. V. Liria.

LE1SSÈGUES (Coreutin-Urbain de), vice-amiral, né en 1758 à Hanvec (Finistère) , m. en 1832, reprit la Guadeloupe au nom du Directoire, rétablit, pendant le Consulat, la prépondérance du pavillon français ou les relations commerciales et politiques à Alger, Tunis, Constantinople, Alexandrie, et, sous l’Empire, pourvut à la défense de Venise, ainsi qu’à l’approvisionnement de Corfou. B.

LEISSNIG, v. du royaume de Saxe, sur la rive g. de la Mulde, à 44 kil. E.-S.-E. de Leipzig; 5,770 hab. Draps, pipes de terre.

LEITH , jadis Inverleilli, v. d’Ecosse , comté et à 3 kil. N. d’Edimbourg , à qui elle sert de port à l’embouchure

duLeith dans le golfe de Forth; 37,700 hab. Douane. Bains de mer. Gymnase ; bibliothèque. Commerce maritime trèsimportant. En 1854. le mouvement du port, entrée et sortie, a été de 1,479 navires jaugeant 207,131 tonneaux.

Ce port avait 34 bâtiments à vapeur. La valeur annuelle des exportations est de 14 à 15 millions de fr. Immenses chantiers de construction. Expédition pour la pêche de la baleine et du hareng. Verreries, savonneries, corderies, manuf. de toiles à voile et de papier, raffineries de sucre et de sel ; fabr. d’ancres. On y remarque la bourse , la douane, les docks, la jetée. Elle fut brûlée par une flotte anglaise en 1544 ; en 1551, les Français , venus au secours de Marie de Lorraine, s’en emparèrent. Elle est auj. gouvernée par un prévôt, 4 baillis et IC conseillers; elle grandit rapidement, et ses faubourgs joindront bientôt ceux d’Edimbourg.

LE1THA, riv. d’Autriche, formée dans le cercle de Wienerwald, près et au S. de Neustadt, parla réunion du Schwarzau et du Pitten , a un cours de 130 kil. à l’E.- N.-E. , puis à l’E.-S.-E. , entre en Hongrie, où elle baigne Neusiedel et Altenbourg, près de laquelle elle se jette dans un bras du Danube.

LE1TMERITZ ou LEUTMERITZ , v. forte des États autrichiens (Bohême) , sur l’Elbe, ch.-l. de cercle, à 53 kil. N -N.-O. de Prague ; 6,000 hab. Evêché suffragant de Prague , érigé en 1665 ; tribunal criminel ; séminaire ; gymnase impérial, fondé en 1547. Douane. On remarque le palais épiscopal et l’hôtel— de— ville. Comm. de grains, vins et fruits. Pèche de saumons. — Le cercle de Leitmeritz, entre ceux de Saatz a l’O., Prague au S., Bunzluu à l’E., est séparé de la Saxe au N. par l’Erzgebirge, et arrosé par l’Elbe; 312,930 hect., 98 kil. sur 35; 411,391 hab. LE1TOM1SCHL, v. de Bohême. V. Leutohiisciil. LE1TR1M, comté du N.-O. de l’Irlande (Connaught); ch.-l., Carricl:; entre ceux de Sligo et de Roscommon à l’O., de Donegal au N., de Fermauagh à l’E,, et de LongfordauS.-E. Superf., 168,000 hect., 90 kil. sur 22; pop., 104,615 hab. Sol montagneux. Rivières : Shannon, Bonnet, Blackwater ; lacs Allen, Melvin, Gill. Pays pauvre, excepté dans les vallées.

leitrim , brg d’Irlande (Leitrim) , à 5 leil. N. de Carrick. Autrefois plus important.

LEJAY ( Guy-Michel ) , né à Paris en 1588 , m. en 1674, fut avocat au parlement , entra ensuite dans les ordres , et mourut doyen de Vézelay. Il a été l’éditeur d’une Bible polyglotte en 7 langues ( hébraïque , samaritaine , chaldéenne , grecque, syriaque, latine, arabe), 1628-45, 9 tomes en 10 vol. ; elle est d’une belle exécution typographique , mais fourmille de fautes.

lejay (Gabriel -François), jésuite, né à Paris en 1657 ou 1662, m. en 1734, professa la rhétorique au collège Louis-le-Grand , et compta Voltaire au nombre de ses él èves. On a de lui une traduction des Antiquités romaines de Denys d’Halicarnasse , avec notes historiques, critiques et géographiques, Paris, 1723, 2 vol. in-4° ; Bibliotheca rhetorum, prœcepta et exempta complectens quœ tam ad oraloriam facullatem quam ad poeticam pertinent, 1725 , 2 vol. in-4°, rééditée par Amar, 1809-13 , 3 vol. in-8°.

LEJEUNE (Jean), oratorien, né à Poligny en 1592, d’un conseiller au parlement de Dole , m. eu 1672 , eut de grands succès comme prédicateur. 11 s’attachait à détruire les vices plutôt qu’à traiter du dogme. On a de lui des Sermons, Toulouse, 1662 et suiv., 10 vol. in-8°, réimprimés sous le titre de Missionnaire de l'Oratoire, Lyon 1825-27, 15 vol. in-8°.

LEKAIN (Heuri-Louis), célèbre’ tragédien, né à Paris, en 1728, d’un orfèvre, m. en 1778, étudia au collège Mazarin , et fut poussé par une vocation irrésistible vers lo théâtre, d’où une taille courte et pesante, une figure commune, et un organe voilé, semblaient devoir l’éloigner. Par l’étude, il corrigea ou fit oublier ses défauts. Accueilli par Voltaire, il obtint un ordre de début au Théâtre- Français eu 1750. Vendôme, Zamore, Orosmane, Manlius, leCid, Rhadamiste, Oreste, Néron, Mahomet, furent ses principaux rôles ; il apporta à la scène une sensibilité forte et profonde, un rare talent à s’identifier avec les per sonnages , une science parfaite de la déclamation et du costume. D’abord lent et cadencé, il s’animait par degrés, et, dans l’expression des passions fortes, il s’élevait jusqu’au sublime. On a publié, sous le nom de Mémoires de Lekain, 1801, in-8°, le récit, écrit par lui-même, de ses premières relations avec Voltaire.

LE LABOUREUR (Jean), historien, né à Montmorency en 1623, m. en 1675, aumônier du roi et prieur de Juigné, a laissé : Tombeaux des personnes illustres , avec leurs éloges , généalogies, armes et devises, Paris, 1612, in-foL; Histoire

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du maréchal de Guébriant, 1656, in-fol. ; Histoire de la pairie et du parlement de Paris, Lond., 1740, in-12, etc. On lui doit encore une édition des Mémoires de Castelnau, 1659, 2 vol. in-fol. , et une Histoire de Charles VI , traduite du latin des religieux de S‘-Denis, 1663 , 2 vol. in-fol.

LELAND (John), antiquaire, né à Londres au commencement du xvie siècle , m. en 1552, étudia à Cambridge et à Oxford , embrassa l’état ecclésiastique , et abandonna ensuite la religion romaine pour plaire au roi Henri VIII. On a de lui : Principum ac illustrium aliquot et erudilorum in Anglia virorum encomia, Lond. , 1589, in-4°; Commentaria de scriptoribus britannicis , Oxford , 1709, 2 vol. in-8°; Itinerary of England , ibid. , 1710 , 9 vol. in-8°; Collectanea de rebus britannicis , ibid., 1715, 6 vol. in-8°.

LELAND (John), théologien anglais, né en 1691 à Wigan (Lancastre), m. en 1766, ministre presbytérien à Dublin, a défendu la religion chrétienne contre Tindal, Morgan , Dodwell , Bolingbroke , par des écrits pleins de savoir et de modération. Le principal est intitulé : Avantages et nécessité de la révélation chrétienne, 1760, 2 vol. in-4°, trad. en français sous le titre de Démonstration évangélique , 1768, 4 vol. in-12.

leland (Thomas) , né à Dublin en 1722, m. en 1785, a laissé : Histoire de Philippe, père d’Alexandre, Dublin, 1758, 2 vol. in-4°, en anglais; Histoire d'Irlande depuis l'invasion de Henri II, 1773, 3 vol. in-4°, trad. en franç. , 1779, 7 vol. in-12; une traduction anglaise de Démosthène, 1756:61-70 , 3 vol. in-4°.

LÉLÈGES , un des peuples primitifs de la Grèce. En Asie Mineure, Hérodote et Strabon les montrent mêlés aux Cariens , et occupant les îles de la mer Egée et la portion de la côte qui devint plus tard l’Ionie. Ils se répandent dans le Péloponèse, où nous trouvons un Lélex à Mégare , un autre en Laconie , un 3e en Messénie. Dans Homère , ils sont les auxiliaires de Priam contre les Hellènes ; ils habitent une ville nommée Pédase , comme en Messénie. En6n ils furent les premiers habitants de Samos, et y fondèrent , dit-on , le temple le plus ancien d’Héra , déesse pélasgique. Tous ces indices portent à considérer les Lélèges comme une tribu de Pélasges. Dans le N. de la Grèce , sur la côte d’Acarnanie et dans les îles voisines , ils se montrent à nous , d’après Aristote et Denys d’Halicarnasse , comme une race hellénique pure , aidant Deucalion à chasser les Pélasges de la Thessalie, et appartenant à la même famille que les Locriens, c.- à- d. à la race éolienne. Selon les plus grandes probabilités, on doit les considérer, et c’est l’avis de Strabon , comme une race mixte , alliée aux Pélasges et aux Hellènes , sortie originairement des premiers, et ayant reçu, à l’invasion hellénique, des chefs de cette nation, comme les Locriens , auxquels Aristote les compare. C. P.

LELEX. V. Lélèges.

LELIO. V. Riccoboni.

LÉLIUS. V. Lælius.

LELONG (Jacques), savant oratorien , né à Paris en 1665 , m en 1721 , fut, dans son enfance , clerc de l’ordre de Malte. Revenu en France, il professa les mathématiques au collège de Juilly. On a de cet infatigable érudit : Bibliotheca sacra, réimpr. en 1723 par le P. Desmolets, in-fol. ; Discours sur les principales éditions des Bibles polyglottes, 171.3 ; Bibliothèque historique de la France , Paris, 1719 , in-fol. , que Fevret de Fontet te réédita en 1768, 5 vol. in-fol., en se servant d’un ms. du P. Lelong, qui avait rassemblé de nouveaux matériaux pour une nouvelle édition. Il avait aussi préparé des matériaux pour un Recueil des historiens de France , recueil que dom Bouquet a commencé , et que l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres continue.

LELORRAIN (Robert) , sculpteur, né à Paris en 1666 , m. en 1743 , élève de Girardon , remporta le grand prix en 1689 , et alla en Italie , où il subit la funeste influence de l’école du Bernin. Reçu à l’Académie en 1701 , il y fut nommé professeur, 1717 , et recteur, 1737. Ses œuvres sont empreintes de manière et d’afféterie; elles manquent de correction et de pureté. On a de lui : un Faune, exécuté pour la cascade de Marty; une Vierge, pour la paroisse du roi à Marly; un Bacchus, dans le jardin de Versailles, et dans la chapelle du même palais , le bas-relief de Jésus devant Cafphe; St Emilien , aux Invalides ; le Christ sur la croix, à la chartreuse de Mortefontaine ; plusieurs figures et caryatides , dans le palais de Saverne , etc. B lelorrain ( Louis-Joseph ) , peintre et graveur à l'eauforte, né à Paris en 1715, m. à S‘-Pétersbourg en 1760, fut reçu académicien en 1756. La plupart de ses tableaux sont en Russie. Il a gravé le Jugement de Salomon, Esther devant Assuérus, et la Mort de Cléopâtre, d’après De Troy. LELY { Pierre Van der Faes, dit le chevalier), peintre,

né en 1618 à Soest (Westphalie) , m. à Londres en 1680, s’essaya d’abord dans le paysage, puis adopta le portrait. Nommé peintre de Charles Iee d’Angleterre, il fit le dernier portrait de ce prince dans la prison de Hampton-Court. Il reproduisit aussi les traits de Cromwell , et fut peintre de Charles II en 1668. Il cherchait à imiter Van-Dyck; on estime son dessin et son coloris , mais on lui reproche un peu de manière dans les poses et dans les airs de tête.

LEMAIRE (Jean), dit de Belges, historien et poète, né vers 1473 à Belges (Bavay en Hainaut), m. vers 1520, ou, selon d’autres, en 1547, fut clerc des finances du roi de France et du duc de Bourbon, passa au service de Marguerite d’Autriche en 1503, fut chargé par Louis XII de diverses missions à Venise et à Rome, et écrivit en faveur de ce prince contre le pape Jules IL On a de lui : le Temple d’honneur et de vertus, en prose et en vers, Paris, 1503 ; la Légende des Vénitiens, 1509, in-8°; la Légende du Désiré, 1509, in-8°; Traits singuliers, 1525, in-8°; Traité de la différence des schismes et des conciles, Lyon, 1511, in-4° ; Promptuaire des conciles de l’Eglise, Paris, 1512, in-1 6 ; Trois livres des illustrations des Gaules, 1512, in-fol.; la Couronne margaritique, Lyon, 1549, in-fol., etc.

lemaire (Jacques), navigateur hollandais, né à Amsterdam , découvrit en 1616, avec le pilote Schouten , le détroit qui porte son nom , au S. de l'Amérique, doubla le cap Horn , parcourut ensuite le grand Océan , visita la Nouvelle-Guinée, relâcha à Batavia, et mourut en retournant en Europe. La relation de son voyage parut à Amsterdam , 1617, in-4°, et fut, dès l’année suivante, traduite en français.

lemaire ( Nicolas-Eloi), humaniste et philologue, né en 1767 à Triancourt (Meuse), m. à Paris en 1832, fit ses premières études au couvent de Beaulieu , près de Triancourt , passa au collège de Ste-Ménéhould, et de là au collège Sle-Barbe, à Paris, et professa la rhétorique dès l’âge de 21 ans. A la Révolution , il embrassa avec ardeur les idées nouvelles, et devint juge-suppléant au tribunal civil du 6e arrondissement de Paris. L’Empire exerça sur son tsprit la même influence que la Révolution ; mais il était revenu aux lettres, sa prédilection durable. Il suppléa Delille et Legouvé au Collège de France, fut nommé professeur de poésie latine à la Faculté des Lettres de Paris, en 1811, et doyen de la même Faculté en 1825. Professeur, il sut attirer à ses cours une foule choisie, que captivait la facilité, l’éclat, la verve de sa parole, et son intarissable admiration pour les classiques anciens.il se rallia à la Restauration , et fut chargé par Louis XVHI de publier une collection des classiques latins, qui parut sous, le titre de : Bibliolheca classica latina, site collectio auctorum classicorum latinorum , cum notis et indicibus, 152 vol. in-8°, Paris, 1818 et suiv. Cette vaste publication remplit le reste de sa vie, et ne fut achevée que par ses neveux, qui la complétèrent en donnant Lucrèce, 2 vol. in-8°, que Louis XVIII, par scrupule, avait exclu de sa liste. La Bibliothèque latine de Lemaire a rendu de grands services, et peut en rendre encore; mais, comme toutes les grandes collections, elle a des parties très-inégalement estimables ; l’ensemble offre peu d’originalité ; c’est une assez bonne publication variorum , où l’abondance diffuse des commentaires écrase souvent un texte qui n’est pas toujours le plus pur ; il y a un luxe d'excursus, auxquels l’érudition française ne s’est pas habituée. Du reste, la part réelle de Lemaire n’est pas très-grande dans la publication entière; néanmoins, cette collection, telle qu’elle est, et dont la beauté typographique est remarquable, a une certaine importance dans les lettres, et datera dans l’histoire des études en France ; elle a été la plus haute expression de cette protection , sans portée sérieuse, que Louis XVIII affectait d’accorder aux lettres anciennes. On a encore de Lemaire des poésies latines, qu’il excellait à composer (poème sur l’heureuse grossesse de l’impératrice Marie-Louise; épitres, inscriptions, vers en l’honneur de Ste-Barbe, etc.), ainsi que des fragments de ses leçons. Ils ajoutent peu à sa réputation. Lemaire, homme d’esprit , d’imagination , de convictions changeantes, d’une érudition plus vaste que réglée, d’ailleurs bienfaisant et du plus agréable commerce, mérite uno place moins grande qu’on ne la lui a faite dans l’estime des hommes d’étude. — Il a laissé deux neveux de son nom ,

| qui font honneur à l’enseignement dans l’Académie de | Paris. M — L.

lemaire (Détroit de), détroit de l’océan Atlantique austral, à l’extrémité S. de l’Amérique, sépare la Terre des Etats à l’E., de la Terre de Feu à l’O. Découvert par le hollandais Lemaire en 1616.

LEMAISTRE (Jean), avocat-général au parlement de I Paris, fut nommé président, en 1591, par le duc de Mayenne

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