‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 57 sur 864 · LEFEBVRE DE VILLEBRDNE. V. VILLEBRUNE · texte numérisé non relu

LEFEBVRE DE VILLEBRDNE. V. VILLEBRUNE

LEFÈVRE (Jean), astronome, né à Lisieux dans le XVIIe siècle, m. en 1706, était fils d’un tisserand, et fut tisserand lui-même. Il se passionna pour l’astronomie , à la lecture d’un livre qui en traitait, et y fît de tels progrès, qu’il devint membre de l’Académie des Sciences. Mais, ayant accusé Lahire, son rival, de lui avoir dérobé ses tables astronomiques, il fut exclu de l’Académie par le crédit de Pontchartrain. On a de lui : les Ephémérides calculées sur le méridien de Paris, pour les années 1684, 1685 ; la Connaissance des temps , ouvrage périodique, de 1681 à 1701. ^ C. N.

lefÈvre ( TANNEGUY-) , en latin Tanaquillus Faber, savant philologue, né à Caen en 1615, m. en 1672, fut élève des jésuites à La Flèche. Le cardinal de Richelieu lui donna l’inspection de l’imprimerie du Louvre , avec un traitement de 2,000 livres. Après la mort de Richelieu, il résigna ses fonctions, et embrassa le protestantisme. Il professa les humanités à Saumur en 1672. Il est le père de la célèbre Mme Dacier. On lui doit des éditions estimées de Longin , Elien , Lucrèce , Phèdre , Térence , Anacréon , Sapho, Aristophane, et des Vies des poêles grecs, Saumur, 1665, in-12. C. N.

LEFÈVRE (Mlle). V. DACIER (Mme).

le fèvre (Nicolas), chimiste du xvne siècle, fut l’un des premiers membres de l'Académie des Sciences de Paris, fondée en 1666. Il créa l’enseignement de la chimie en France et en Angleterre. Elève de l’Académie protestante de Sedan, il fut nommé démonstrateur de chimie au Jardin des Plantes de |Paris. Bientôt Jacques II l’appela en Angleterre, et lui confia le laboratoire de S^Jaïues, établi à l’occasion de la création de la Société royale de Londres. Il a écrit un Traité de chimie raisonnée qui témoigne d’une méthode claire et précise , et résume bien toute la philosophie chimique de son époque. Il admettait 5 éléments (l’eau, l’esprit, l’huile, le sel, et la terre ), qui lui étaient fournis par la calcination des matières végétales en vase clos; il croyait à un esprit universel, qu’il n’avait jamais vu, et auquel il faisait jouer le rôle de l'oxygène, qui semble s’être confusément révélé à lui; G — R.

lefè vre-gineau (Louis), physicien, né en 1751 à Authe ( Ardennes), m. en 1829, fut nommé, en 1788, professeur de physique expérimentale au Collège de France. Membre de la Commune de Paris pendant la Révolution, il fît les expériences nécessaires pour fixer l’unité de poids. Il entra â l’Institut dès sa création, fut inspecteur géné- . ral des études de l’Université impériale, membre du Corps législatif en 1807 et 1813, député en 1815, et encourut la destitution en 1824, à cause de son opposition politique. U a donné une édition des Infiniment petits de L’Hôpital,

LEFORT (François), général et amiral de Russie, né â | Genève eu 1656, m. en 1699 à Moscou, entra, à l’âge de

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14 ans, dan? un régiment des gardes-suisses en France, passa ensuite au service de la Hollande sous le duc de Courlande, et de là en Russie, où il fut nommé capitaine par le tzar Fédor Alexiévitch. Il fit avec distinction la guerre contre les Turcs, de 1678 à 1681. Il contribua à l’élévation de Pierre le Grand , dont il fut toujours le favori et le conseiller. Instruit dans l’art militaire, dans la politique , dans l’administration , doué d’un caractère ferme , d'un génie entreprenant, et plus âgé de 17 ans que le jeune souverain qui l’avait pris à son service, il lui inspira la plus grande partie des réformes qui changèrent la face de la Russie. Nommé successivement major, lieutenant-général, amiral, il créa une marine, disciplina les Russes à l'allemande, organisa le système financier. Il dit toujours la vérité à son maître, ne craignit pas de lui reprocher ses vices, et après avoir administré toutes les richesses de la Russie, ne laissa pas de quoi subyenir aux frais de ses funérailles. B.

LEFRANC DE POMPIGNAN. F. Pompignan.

LE FRANÇOIS (l’abbé). F. Crozat.

LEGALLOIS ( Julien-Jean-César), médecin, né à Clterneix (Ille-et-Vilaine), on ne sait en quelle année, m. en 1814, étudia d’abord à Caen , puis à Paris, où il suivit les leçons de Bichat, et devint médecin de l’hospice de Bicêtre. Il s’est distingué comme physiologiste expérimentateur; ses recherches sur le système nerveux et les mouvements du cœur l’ont rendu célèbre. On a de lui , entre autres écrits : Expériences sur le principe de la vie, etc. , Paris, 1812, in-8°. D — g.

LËGANÈS (le marquis de), général espagnol, servit dans le Piémont contre les Français, ne put prendre Turin en 1639, mais, chargé de défendre la Catalogne, contraignit le comte d’Harcourt à lever le siège de Lérida en 1646.

leg ânes, brg d’Espagne (Nouv. -Castille), prov. et à 11 kil. S. -O. de Madrid ; 3,000 hab. Savon et chocolat.

LÉGAT, Legalus , magistrat, chez les anc. Romains. C’était proprement un envoyé-lieutenant. Les ambassadeurs étaient les légats du sénat , qui les choisissait dans son sein. Les proconsuls avaient des légats, qui commandaient des corps d’armée; leur nombre se proportionnait à l'importance de la province : César, proconsul dans les Gaules, eut jusqu'à 10 légats. Sous les empereurs, tous les généraux, tous les employés, étaient légats de l’empereur. Auguste eut des légats consulaires, qu’il envoyait gouverner les provinces dites de César (F. Romain (Empire): ils 1 avaient le pouvoir militaire ; des légats propréteurs, gouver- . neurs de provinces (l'outre-mer, investis tout à la fois du i pouvoir civil et militaire; des légats légionnaires , relevant I des précédents, et chefs d’une légion faisant partie d’un corps stationnant dans une province frontière pour la garder et la défendre. — Sous la République, on avait ima giné des légats libres, c.-à-d. honoraires. C’étaient des sénateurs qui , ayant à se rendre dans une province pour leurs affaires privées, obtenaient du sénat le titre de légats, qui leur donnait le droit de jouir des immunités et des honneurs attachés à la légation. Originairement, la durée de ces missions était illimitée, et prêtait à beaucoup d’abus; Cicéron la fit réduire à une année. César constitua les légations libres par une loi, qui en fixa la durée à 5 ans. C. D — y.

légats dü tape , envoyés et représentants du souverain pontife. Il faut distinguer parmi eux : 1° les légats à latere, choisis uniquement parmi les cardinaux, qui, pe-;r remplir leur mission , quittent la place qu’ils occuper ,iabituellement à côté du pape. Ils sont ordinaires, comme ceux qui président aux légations (K. ce mot ) de l'Etat de l’Eglise, ou extraordinaires, et investis de pouvoirs très- I étendus, dans quelque circonstance d’une importance toute spéciale et où de graves intérêts religieux sont en question : c’est ainsi qu’on voit, dès les premiers siècles, des légats présider les conciles; 2® les légats, envoyés ou nonces apostoliques . représentants pontificaux du second rang, ils peuvent être pris en dehors du sacré-collège ; leur mission est temporaire ou permanente. Habituellement ils ne pénètrent plus dans les détails de l’administration ecclésiastique intérieure des pays où ils résident, et ne sont que des personnages diplomatiques, organes des communications nécessaires entre les deux cours : les internonces ou résidents sont des nonces d’un rang inférieur; 3® les légatsnés. Ceux-ci doivent, leur titre de légat , sans autre distinction que des droits honorifiques, à la seule possession d'une dignité ecclésiastique à laquelle ce titre est attaché : ainsi les archevêques de Reims en France, de Tolède en Espagne, de Cologne en Allemagne, de Prague en Bohême, et autrefois de Cantorbéry en Angleterre. En Sicile, le roi lui-même, d’après une bulle d’Urbain II, 1099, confirmée

par Benoit XIII, 1728, a le titre de légat apostolique. R.

LÉGATIONS et DÉLÉGATIONS : noms donnés aux provinces ou gouvernements des Etats de l'Eglise et de la prov. autrichienne de Vénétie. Celle-ci comprenait 9délégâtions, dont 8 pour les anciennes provinces vénitiennes, et 1 pour celle de Mantoue de l’anc. Lombardie I 1860). — Avant novembre 1860, outre le territoire de Rome et la province de Loreto, qu’on appelait commissariat, l'Etat de l’Eglise comprenait 6 légations et 13 délégations, qui n’avaient guère d’autre différence que le nom. Un édit du pape Pie IX a changé alors cette organisation, et partagé tout le pays, moins l’arrondissement de Rome ( Rome, Viterbe, Civita-Vecchia , Orvieto), soumis à un régime spécial , en 4 légations, gouvernées chacune par un cardinal-légat avec un conseil de 4 membres à la nomination dit pape, et divisées en délégations ou provinces qu’administre un délégat, assisté aussi de 4 conseillers, désignés, comme lui , par le souverain. R.

LEG E, brg (Gironde |,arr. et à 50 kil. O. de Bordeaux, n’est séparé des dunes que par un ruisseau. Ce bourg fut autrefois plus considérable ; les sables et la mer ont envahi une partie de son territoire; plusieurs hameaux et un château ont disparu, et il a fallu trois fois déjà rebâtir l'église de Lège ; 472 hab.

LEGÉ, ch.-l. de cant. (Loire-Infér.), arr. et à 40 kil. S. de Nantes; 898 hab.

LÉGENDES , nom donné aux recueils de Vies des saints, parce que ces Vies devaient être lues dans les leçons de Matines et dans les réfectoires des communautés. Quand on n’avait pas les Actes des saints, on en composait de vraisemblables, qu’une bonne foi crédule embellissait de détails merveilleux; c’est ainsi que des personnages historiques sont devenus des personnages légendaires.

LEGENDRE (Louis) , historien , né à Rouen en 1655,

I m. en 1734, chanoine de Paris, a laissé plusieurs ouvrages estimables: Nouvelle histoire d» France jusqu'à lu mort de Louis XIII, Paris, 1718, 2 vol. in-fol., et 17)9, 8 vol. in-12; Mœurs et coutumes des Français, 1712 et 1753, in-12, ouvrage intéressant; Vie du cardinal d Am boise , 1724, 2 vol. in-12; Fie de François de Harlay, 1720, in-4“, en latin.

Legendre (Gilbert-Charles), marquis de S‘-Aubin-sur- Loire, né à Paris en 1688, m. en 1746, a laissé : Traité de T opinion, ou Mémoires pour servir à T histoire de l'esprit humain , Paris, 1733, 6 vol. in-12, ouvrage savant et curieux, mais trop diffus; Antiquités de la maison de France, 1739, in-4°; Antiquités de la nation et de la monarchie française, 1741, in-4°, livre qui manque souvent de critique.

legendre (Louis), né à Paris en 1756, m. en 1797, était boucher à l'époque de la Révolution. Il en adopta les idées avec ardeur, fut, dès l’origine, un fougueux déma- I gogue, décida le peuple à se rendre aux Invalides pour y prendre des armes, et le conduisit ensuite à la prise de la Bastille. Il se lia avec Danton, Desmoulins, Fabre d’Eglantiue, Marat, fut un des principaux acteurs des journées des 5 et 6 octobre, un des fondateurs du club des Cordeliers, un des instigateurs de la pétition du Champ-de-Mars. A la journée du 20 juin 1792 , ce fut lui qui présenta le bonnet rouge à Louis XVI ; il était encore à celle du

10 août. Député à la Convention , il vota la mort du roi sans appel ni sursis, fit partie du Comité de sûreté générale, contribua puissamment à la chute des Girondins, et montra eu toute occasion une éloquence sauvage qui le fit. Surnommer le Paysan du Danube. Vers la fin de la Terreur,

11 abandonna successivement ses anciens amis pour se rap-

procher de Tallien et de Fréron, et, après le 9 thermidor, alla fermer lui-même le club des Jacobins. Président de la Convention , il prononça le décret d’accusation contre Carrier. Sous le Directoire, il fut membre du conseil des Anciens, où il parla encore contre les ex-conventionnels et les émigrés. En mourant, il légua son corps à l'École de médecine. B.

legendre (Adrien-Marie), géomètre, né à Paris en 1752, m. en 1833, professeur de mathématiques à l’Ecole militaire 1774, successeur de Dalembert à l'Académie des Sciences, 1783, de l’Institut, 1795, fit avec Cassini et Méchain la réunion trigonométrique des observatoires de Paris et de Greenwich, simplifia, à cette occasion , la résolution des triangles de la sphère et du sphéroïde, révisa tous les calculs de la méridienne de Barcelone à Dunkerque pour la détermination du mètre, construisit avec Prony des tables centésimales de trigonométrie, établit seul toutes les propriétés des fonctions elliptiques, perfectionna la théorie des intégrales eulériennes, et commença celle des fonctions ultra-elliptiques. 11 fut nommé conseiller de l’Université en 1808. Il a laissé : Mémoire sur les transcendantes elliptiques, 1794; Eléments de géométrie,

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1794, ouvrage très-souvent réimprimé, adopté dans les écoles et traduit dans presque toutes les langues de l’Europe ; Essai sur la théorie des nombres, 1794, in 8°, réimprimé sous le titre de Théorie des nombres , 1H30, 2 vol. in-40; Nouvelle méthode pour déterminer l'orbite des comètes, 1805; Exereictsdu calcul intégral, sur divers ordres transcendantes et sur les quadratures , 1811-1819, 3 vol. in-4°; Traité des fonctions elliptiques et des intégrales eulériennes, 1827-32, 3 vol. in-4°; un grand nombre <le Mémoires dans le recueil de l’Académie des Sciences. Legendre occupa, de son vivant, un des premiers rangs dans la scient e. Ses ouvrages se distinguent par la fécondité et la vigueur de l’invention, et par la lucidité et l’élégance de la rédaction.

LÉGEB-DE-FOURCHERETS (SAINT-), vge (Yonne), arr. et à 18 kil. S.-E. d’A vallon; 1,376 hab. Exploitation de sable micacé, dit poudre d'or, à l’usage des bureaux.

léger -sous- beu vra Y (saint-), ch.-l. de canton (Saône-et-Loire), arr. et à 17 kil. O.-S.-O. d’Autun; 238 bab,

LEGIA, nom latin de la Lys.

LÉGION, legio, l’une des divisions des armées romaines, et composée entièrement de citoyens romains. C’était un corps complet, qui réunissait infanterie pesante et légère, cavalerie, équipage de siège. L’infanterie y formait 10 cohortes; la cavalerie, 10 turmes ou escadrons. On attribue à Romulus la création de la légion; elle fut d’abord de

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