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!es conseils du souverain , et d’y donner leur avis. A l’extinction de la maison de Bourgogne , la grande-maîtrise , que les ducs s’étaient réservée, passa à la maison d’Autriche ; Charles Quint la transmit à son fils Philippe II. Quand la maison de Bourbon arriva au trône d’Espagne, elle continua de conférer l’ordre de la Toison d’or; mais les empereurs d’Allemagne se saisirent en même temps de cette prérogative. L’insigne est une toison d’or, suspendue à un collier d’or, ornementé de briquets en forme de B pour signifier Bourgogne, et de cailloux d’où jaillissent des étincelles. Habituellement, la décoration se porte suspendue à un ruban rouge. V. Reiffenberg, Histoire de l'ordre delà Toison d’or , Bruxelles, 1830, in-4°. B.
toison D’on (Jean lefebvre, dit). V. lefebvre.
TOKAT, anc. Berisa, v. de la Turquie d’Asie, eyalet et à 90 lcilom. N. -N. -O. de Sivas; environ 45,000 hab. (100,000 selon d’autres). Archevêché arménien. C’est l’une des villes les plus commerçantes de l’Asie-Mineure, et le rendez-vous de nombreuses caravanes. Fabrication d’objets en cuivre, maroquins, soieries et tapis dits de Smyrne.
TOKAY ou TOKAJ, brg de Hongrie (Zemplin), au confluent du Bodrog et de la Theiss, au pied de la montagne de son nom, à 37 kil. S. d’Ujhély ; 4,000 hab. C’est sur les divers coteaux de l’Hégyallya, qui l’environnent, que l’on récolte les célèbres vins de liqueur de Tokay, les meilleurs de l’Europe ; les premiers sont ceux de Suinte- Thérèse et de Szarwach , et de Mèzes-Male , à Tokay même. On a naturalisé le plant de Tokay dans le Dauphiné et en Provence.
TOKTAMOUICH, descendant de Gengis-Khan, excita la jalousie d’Ourouch, khan du Kaptchak, à la cour duquel il vivait, et qui voulut le poignarder; il prit la fuite , tenta de détrôner Katamouich en 1375, fut vaincu, se réfugia à Samarkand auprès de Tamerlan qui lui fournit des secours, remporta une victoire décisive à la Khalka en 1380 , et soumit tout le Kaptchak ; en 1382, il pénétra en Russie, brûla Moscou , Vladimir, Mojaïsk , et imposa un tribut au prince russe Dmitri III, 1385. Il attaqua ensuite les Perses , dévasta Tauris et l’Aderbaïdjan , osa provoquer Tamerlan lui-même , 1387 , essuya une défaite sur les bords de l’Oural, 1390, fut chassé du Kaptchak, 1395, et, après de vains efforts pour y rentrer, fut tué en 1406 , dans la Sibérie , où il s’était réfugié.
TOLAND (John) , fameux incrédule anglais, né de parents catholiques prés de Londonderry (Irlande) , m. en 1722, abandonna sa religion pour se faire presbytérien, et, dès 1696 , fit paraître le Christianisme sans mystères , ouvrage dont le scandale fut tel , qu’il dut fuir (le Londres et de Dublin. Deux ans après , il donna une Vie de Millon , où l’authenticité du Nouveau-Testament était vivement attaquée. On a de lui encore : Nazarenus , ou le Christianisme judaïque , païen et mahométan , 1718; Pantheislicon , 1720; OEuvres posthumes , 1726 , 2 vol. in-8°. Toland ne respecte pas plus les principes de la morale naturelle que les vérités révélées; il enseigne une soi’te de panthéisme , et ce mot est de son invention.
TOLBIAC, Tolbiacum , auj. Zulptch,x. de Gaule (Germanie IIe). Victoire de Clovis sur les Alémans , 495 , et de Thierri II sur Théodebert II , 612.
TOLÈDE , en espagnol Toledo , anc. Toletum , ville d’Espagne ( Nouv. -Castille ), capitale de la province de son nom, sur la rive g. du 'Page , à 61 kil. S.- O. de Madrid ; par 39“ 52’ 24” lat. N. et 6° 19’ 30” long. O. ; 17,680 hab. Archevêché , dont le titulaire est primat du royaume. Cette ville est auj. triste et dépeuplée ; mais ses monuments rappellent toujours son ancienne splendeur. Les plus remarquables sont : la cathédrale , le palais de l’archevêque , l’hôtel-deville,et l’Aleazar, magnifique palais et forteresse, ruiné en partie dans les dernières guerres. Le clergé possédait à Tolède de grandes richesses ; on y comptait 13 églises , 20 sanctuaires , 35 couvents , et de nombreux établissements de bienfaisance. Son Université a été supprimée en 1845. Un collège militaire y a été fondé en 1808 , et, après diverses vicissitudes , rétabli en 1849. Fabr. d’armes blanches renommées , et de beaux ornements d’église. L’origine de Tolède est obscure; colonie romaine, elle fut, sous les Goths , la capitale de l’Espagne et le siège de 17 conciles. Toujours florissante sous les Maures, elle donna son nom, de 1031 à 1085, à un petit royaume indépendant. Conquise par Alphonse VI , roi de Castille et Léon , elle devint la capitale de la Castille , puis , jusqu’en 1560 , de toute l’Espagne; elle eut alors 200,000 hab. Patrie de SlIldefonse , d’Aben-Esra , du jésuite Lacerda, de Louise Sigée, de Garcilaso de la Vega , etc. — La province ou intendance de Tolède, entre celles de Cuenca àl’E., de Ciudad-Réal au
| S. de Madrid au N., celles d’Avila et de Cacérès à l’O., a 323,755 hab. Sol montagneux au S., arrosé par le Togo, et assez fertile. Elève de bétail, d’abeilles, et de vers a soie; superf., 14,167 kil. carrés.
Tolède (Pedro ou Pierre del , général espagnol, né en 1484 à Alba-de-Tormès (Castille), m. en 1553, fut page de Ferdinand le Catholique , servit avec distinction en Navarre contre Jean d’Albret en 1512, fut nommé par Charles- Quint, 1532, vice-roi de Naples, chassa de ce pays les Juifs, y établit l’Inquisition en 1547, dut la supprimer après une insurrection , et mourut en 1553.
Tolède ( Pedro de ) , connétable de Castille , de la même famille que le précédent , se signala contre les Turcs à la tête des galères napolitaines , fit une descente heureuse en Morée , 1595 , devint le confident de Philippe III , et fut envoyé comme ambassadeur en France , 16Ü8 , dans le but de détacher Henri IV de l’alliance des Provinces-Unies.
tolède (François de), de la maison d’Orepeza, fut viceroi du Pérou de 1566 à 1581, et s’enrichit par mille violences. Rappelé par Philippe III , dépouillé de sa fortune mal acquise , jeté en prison , il y mourut de chagrin.
tolède ( Alvarez de). V. albe (le duc d’|.
tolède ( J.-B.) , architecte du xvxe siècle , fut architecte du roi d’Espagne Philippe II , et bâtit l’Escurial.
TOLENTINO, v. du royaume d’Italie, près du Cliienti, dans la province et à 19 kil. S. -O. de Macerata; 10,896 hab. Jadis évêché , uni à celui de Macerata en 1586. Tanneries ; fabr. de faïence. Bonaparte et Pie VI y signèrent, le 19 février 1797 , un traité par lequel le pape abandonnait ses prétentions sur le ComtaLVenaissin , reconnaissait la république Cisalpine , et lui abandonnait la Romagne et les territoires de Bologne et de Ferrare. Murat y perdit, le 3 mai 1815, une bataille contre les Autrichiens.
TOLET (François), savant jésuite , né à Cordoue en 1532, dans une humble condition, m. à Rome en 1596, était professeur de philosophie à 15 ans. Prédicateur des papes Pie V, Grégoire XIII , Sixte V et Urbain VII , théologien ordinaire de Grégoire XIV, d’innocent IX et de Clément VIII, il accompagna le cardinal Commendon dans sa légation d’Allemagne , s’y montra habile négociateur, et reçut le cardinalat en 1593. Il contribua, 2 ans après, malgré les intrigues de l’Espagne, à faire lever l’excommunication qui avait été lancée sur Henri IV. On a de lui : Commentarii et annotaliones in Lucam , Rome , 1600 , in-fol. ; Summa conscientiœ , 1618 , ouvrage traduit en français sous le titre d’ Instruction des prêtres , et dont Bossuet recommandait la lecture. B.
TOLETUM , v. d’Hispanie (Tarraconaise ), chez les Carpétans; auj. Tolède.
TOLFA (La) , brg des Etats de l’Église, à 16 kil. E. de Civita-Vecchia; 2,300 hab. Exploit, d’alun.
TOLHUYS, vge du royaume de Hollande ( Gueldre ) , sur le Rhin, un peu au-dessus du fort de Schenk. C’est là que Louis XIV effectua , en 1672 , le passage du Rhin célébré par Boileau.
TOLIMA, montagne de la Nouvelle-Grenade, dans la chaîne des Andes, à 150 kil. O. de Bogota ; 5,584 mèt. de hauteur.
TÜL1STOBOIENS, Tolisloboii , peuple gaulois de la Ga- Iatie, au S. -O. ; capitale, Amorium. Auj. Sev riliissar.
TOLLENON, Tolleno, machine de siège des anc. Romains, pour escalader les murailles d’une ville ennemie. Elle se composait d’une longue poutre horizontale fixée d’une manière mobile au sommet d’un mât, et se manœuvrant à bascule. On plantait le mât très-près de la muraille assiégée , on attachait à l’une des extrémités de la poutre un grand coffre ou une corbeille où se plaçaient 3 ou 4 soldats; puis, à l’aide de cordages et de moufles, on abaissait jusqu’à terre l’extrémité opposée; le coffre était ainsi élevé jusqu’à la hauteur- de la muraille, sur laquelle les soldats s’élancaient aussitôt. C. D — y.
TOLLIUS (Jacques), savant philologue, né vers 1630 à Utrecht, m. en 1696 , fut successivement médecin , secrétaire du grand-pensionnaire Heinsius, qui le renvoya pour avoir abusé de sa confiance, recteur du gymnase de Gouda, professeur d’humanités à Duisbourg, 1679 , puis, en 1687, inspecteur de mines en Allemagne et en Italie au nom de l’électeur de Brandebourg , qu’il força également à le remercier de ses services , enfin maître d’école en Hollande, où il mourut dans la misère. Il gâta les connaissances réelles qu’il avait en médecine, en chimie et en minéralogie , par son goût extravagant pour l’alchimie. On a dç lui : Epistolœ ilinerariœ , in-4°, Amsterdam, 1700 ou 1714; de bonnes éditions de Longin, Utrecht, 1694, in-4° ; d.lusone , Amsterdam, 1669 ou 1671, in-4°, faisant partie des Variorum; et des traductions latines de divers ouvrages.