‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 593 sur 864 · TOOKE ( HORNE-). V. 1IORNE-TOOKE · texte numérisé non relu

TOOKE ( HORNE-). V. 1IORNE-TOOKE

TOOLEN ou THOLEN, v. forte du royaume de Hollande ( Brabant septentrional), dans une île de même nom formée par la Meuse à son embouchure, à 10 kil. N.- O. de Berg-op-Zoom ; 2,000 hab.

TOPAL-OSMAN, c.-à-d. Osman le Boiteux , grand-vizir de l’empire ottoman , fut pris dans sa jeunesse par un corsaire , conduit à Malte , et acheté par un Marseillais, qui lui rendit la liberté et le reconduisit au Caire. 11 se distingua dans la guerre de Morée en 1715, parvint de grade en grade jusqu’au vizirat en 1731, battit Nadir à Koridjan, reprit Hamadan et Tauris, et, par la paix de Kazbin, obtint pour la Turquie la Géorgie persane. Disgracié par les intrigues de la sultane Validé , il reçut néanmoins le commandement des frontières turques dû côté de la Perse, 1733, obtint d’abord des succès contre Thahmas-Kouli-Khan , puis , l’ayant attaqué avec des forces inférieures, fut battu à Adkerbend, où il périt. Dans son administration intérieure, il avait fait refleurir le commerce, et tenté, avec l’aide du français Bonneval, d’introduire parmi les troupes ottomanes la discipline et les manœuvres des armées européennes. C’était un homme du plus noble caractère, et doué de talents supérieurs.

TOPAYOS , riv. du Brésil , se forme par la réunion de l’Arinos et du Juruena, coule au N., à travers les prov. de Matto-Grosso et de Para, arrose Pinhel et Aveiro, reçoit l’Azevedo, le Barras, le Chacuruina, le Camarare, et se jette dans l’Amazone à Alter-do-Chao ; cours de 1,000 kil. environ.

TOPES , du sanscrit stupa, monceau. Ce mot, populaire dans le Pendjab et l’Afghanistan , désigne les mausolées bouddhiques en forme de coupole , élevé* primitivement sur le modèle des huit édifices consacrés bâtis dans l'Inde sur les reliques de Çâkya. Le général Ventura a, le premier de nos jours, ouvert un de ces topes. Masson les a très-bien décrits dans l 'Ariana antiqua. MM. Prinsep, Lassen, Raoul-Rochette, Wilson, etc., ont exactement expliqué les médailles trouvées dans ces monuments. Les Topes de l’Inde centrale et les Dagobs de Oeylan, du Pégu et d’Ava, sont évidemment de même nature. Ces temples indiens , dont parle déjà Clément d’Alexandrie, sont en pierres de taille : dans le ciment qui les relie, entrent du lait, de l’huile, du vermillon, des gommes et des essences précieuses.

TÔPFFER (Rodolphe) , né à Genève en 1799, m. en 1846, fils d’un peintre, se livra à la peinture et aux lettres, devint instituteur, chef d’un pensionnat, et remplit, depuis 1832, la chaire de belles-lettres de l’Académie de sa ville natale. 11 est des plus goûtes parmi le petit nombre d’étrangers qui ont écrit en français. Romancier- moraliste, plein de naturel dans ses bons accès d 'humour, trouvant l’originalité dans la liberté qu'il a prise de se faire une langue à son gré et que M. Sainte-Beuve appelle composite, Tcpffer eut l’ambition, comme on l’a dit, de servir le sentiment et la moralité populaire dans ce cadre parlant de la littérature en estampes. Pendant des années, il guida ses élèves à travers les divers cantons de la Suisse, au temps des vacances, et, l’hiver, il écrivit et illustra les récits de ces excursions, recueillis sous le titre de

Voyages en zigzag, Paris, 1844, gr. in-8«. Il crayonna une foule d’albums : M. Vieux-Bois, M. Jabot, le Docteur Festus, M. Cryptogame, M. Crépin, etc. Les ouvrages qui lui ont valu sa réputation, et qui sont les plus connus en France par des éditions faites à Paris même, sont : Nouvelles genevoises, in- 12; le Presbytère , in -12; Réflexions et menus propos d’un peintre genevois, 1847, 2 vol. in-12; Rosa et Gertrude, in-12. J T

TOPHA1L. V. Thophaïl.

TOPIIET, lieu de Palestine, dans la vallée d’Hennon. Les Israélites y élevèrent un autel à Moloch, et, à l’exemple des Phéniciens, firent passer leurs enfants par le feu. avant de les offrir au dieu.

TOP1NAMBARAS , riv. du Brésil (Para), se détache de la Madeira, et, après un cours de 200 kil., rejoint le Mauhe (bras de l’Amazone). Il forme ainsi comme une grande île de 190 kil. sur 40.

TOP1NAMBOUS ou TUP1NAMBAS , peuple indigène du Brésil, originaire de la province de Pernambouc , habite auj. dans une ile de l’Amazone ( V . l’art, precedent), et est réduit à un petit nombre d’individus. En 1550 , on vit des Topinambous exécuter des danses à Rouen , lors de l’entrée de Henri II et de Catherine de Médicis. V. Ferd. Denis, une Fête brésilienne célébrée à Rouen en 1550, Paris, 1850, in-8°.

TOP1NO-LEBRUN (François-Jean-Baptiste), peintre d’histoire, né à Marseille en 1769, m. en 1802, se lia avec le peintre David, qui l’admit au nombre de ses élèves à Paris, et dont il partagea l’exaltation républicaine. Juré au tribunal révolutionnaire en 1793 , il vota , malgré la douceur naturelle de son caractère, un grand nombre de condamnations, entre autres celles des Girondins, de Danton, de Desmoulins. Cependant, comme il fit absoudre quelques accusés, il parut trop modéré à Robespierre, fut incarcéré, pour être traduit lui-même devant l’affreux tribunal, et ne dut la vie qu'à l’événement du 9 thermidor. Il se déclara au 13 vendémiaire pour la Convention, et, l’année suivante, 1796, fut impliqué dans la conspiration de Babeuf. Ennemi du gouvernement consulaire, il se trouva compromis dans le complot d’Aréna contre le 1er consul Bonaparte, fut condamné à mort, et exécuté. On ne cite qu’un tableau important de Topino-Lebrun, la Mort de Caius Gracchus. B.

TOPOLIAS ou TOPOGLIA (Lac). V. Copaïs.

TOPSHAM, brg d’Angleterre (Devon), sur l'estuaire de l’Exe, à 6 kil. S.-E. d’Exeter, dont il est considéré comme le port; 3,800 hab. Chantiers de construction, corderies; fabr. de toile à voiles, ancres, chaînes-câbles.

TOR (EL-), v. d’Arabie (Hedjaz|, sur le golfe de Suez, à peu de distance du Djebel-Tor ou Sinaï. La plupart de ses habitants chrétiens l’ont abandonnée , pour se soustraire aux vexations des Arabes.

TORBAY, baie et port d’Angleterre, dans la Manche, sur la côte du Devonshire. Lieu de réunion des forces maritimes anglaises. Guillaume III y débarqua en 1688.

TORCELLO, v. du royaume d Italie (Vénétie , dans un îlot et à 11 kil. N.-N.-E. de Venise. Autrefois plus importante. On y remarque la belle église de Ste-Marie, dite le Dôme (du XIe siècle), le baptistère et la jolie chapelle de Santa-Fosca, du même temps. Climat malsain.

TORCY (Jean-Baptiste Colbert, marquis de), neveu de l'illustre Colbert, fils de Colbert de Croissy, et gendre d’Arnauld de Pomponne, né en 1665, m. en 1746. Préparé à la science de la diplomatie par de nombreux voyages dans les pays et les cours de l’Europe, il remplaça son père, comme secrétaire d’Etat des affaires étrangères, à l’âge de 31 ans, occupa avec distinction cette charge jusqu'à la mort de Louis XIV, et contribua par son habileté à l’heureuse conclusion du traité d’Utrecht, 1713. 11 joignit, dit Voltaire, la dextérité à la probité , ne donna jamais de promesse qu'il ne tint, fut aimé et respecté des étrangers. Il a laissé des Mémoires , 1756 , très - précieux pour l’histoire depuis le traité de Ryswick jusqu’à celui d’Utrecht, 2 vol. in-8°, collection Petitot. G.

TORDENSKIOLD (JeanWESSEL, dit), c.-à-d. la Foudre- Bouclier, illustre marin danois, né en 1691 à Drontheim (Norvège), m. en 1720, fut d’abord apprenti barbier, entra, en 1704, à l’école de navigation de ( ’openhngue, obtint successivement un bâtiment corsaire et une frégate avec le titre de lieutenant, fut nommé capitaine, en 1714, poui sa bravoure dans la guerre contre les Suédois , puis, en

1715, adjudant-général et inspecteur des troupes danoises, captura toute une escadre dans le port de Dinelika en

1716, reçut, en 1717,1a direction des armements, et, en 1718, le grade de vice-amiral, prit Marstrand et Carlsteiu en 1719, et périt dans un duel à Hanovre. Le nom de

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Tordenskiold lui avait été donné par le roi, comme récompense de ses services et de sa valeur : « Vous êtes la foudre qui écrase les Suédois, lui dit-il , et le bouclier qui couvre la marine de mon royaume. » B.

TORDESILLAS , Turris Sillæ, ville d’Espagne (Vieille- Castille), prov. et à 35 kil. O.-S.-O. de Valladolid, sur une élévation prés du Douro; 4,000 hab. En 1495, un traité y fut conclu entre l’Espagne et le Portugal ; il fixait à 370 lieues O. des Açores et du Cap-Vert la ligne de démarcation entre les possessions à découvrir des deux pays, toute terre découverte à l’E. devant appartenir au Portugal, et à l’O. à l’Espagne.

tordesillas (Ant. de) , historien. V. herrera. TORELL1 (Guido), capitaine italien , d’une famille qui avait régné à Ferrare de 1113 à 1310, apprit le métier de la guerre sous Carmagnola, servit successivement Jean- Marie Visconti, duc de Milan, et Jeanne II, reine de Naples, réconcilia François Sforza avec Philippe-Marie Visconti . fut gouverneur de la Valteline , du Brcseian et du Bergamasque , et mourut en 1449. B.

T orelli iLelio), en latin 7 aurellus , jurisconsulte, né à Fano en 1489, m en 1576, fut podestat de Fossombrone et premier magistrat de Fano, chassa de cette ville Scanderheg Comnène, qui en avait obtenu du Saint-Siège la souveraineté , reçut de Clément Vil le gouvernement de Bénévent, alla s’établir à Florence , et y devint auditeur de la Rote, podestat, chancelier, et secrétaire du grandduc Cesme Ier. Ses fonctions ne le firent jamais renoncer à l’étude , et Cosme le chargea de publier une édition des Pandectes florentines , Florence , 1553,3 vol. in-fol., d’après le manuscrit trouvé à Amalfi en 1137. B

torelli (Jacques), architecte - machiniste , de la famille du précédent , né à Fano en 1608, m. en 1678, s’acquit une grande réputation à Venise par le jeu des décorations de théâtre qu’il imagina de faire mouvoir toutes ensemble à l’aide de contre-poids , fut appelé à Paris par Louis XIV, monta l’opéra d’Andromède de Corneille en 1650, et contribua à son succès , retourna en Italie en 1662, et bâtit le théâtre de Fano.

TORENO (José -Maria Queypo de Llano Ruiz de Sarayia, comte de), né à Oviédo en 1786, d'une famille noble et riche, m. en 1843, porta d’abord le nom de vicomte de Matarrosa, souleva sa ville natale contre les Français en 1808, alla au nom de la junte des Asturies demander le secours de l’Angleterre, fut élu , à son retour, député aux Cortès, 1811, bien qu’il n’eût pas l’âge légal pour siéger, provoqua dans cette assemblée l’abolition des droits féodaux, de l’Inquisition et des ordres religieux, dut quitter l’Espagne après le rétablissement de Ferdinand Vil, y rentra à la faveur de la révolution de 1820 , s’enfuit de nouveau en 1823, et vint résider à Paris. Il profita de l’amnistie de 1833 , et se prononça en faveur de la reine Isabelle après la mort de Ferdinand; appelé, en 1834, par la égente Christine, au ministère des finances, puis à la pré* sidence du conseil avec le portefeuille des affaires étrangères, il reconnut la dette étrangère, limita le pouvoir des municipalités, supprima les Jésuites, mais se vit bientôt débordé par les exaltés, et donna sa démission en 1835. Il retourna vivre à Paris. On a de lui une Histoire du soulèvement, de la guerre et de la révolution d'Espagne , ouvrage distin gué, écrit pendant son exil , et traduit eu français par L. Viardot. Paris , 1835-38 , 5 vol. in-8°. B.

TORFÉE (Thormodur), en latin Torfæus, savant danois , né en Islande en 1636, m. en 1719, étudia à Skalholt, fut employé officiellement â Copenhague , où Frédéric III examinait et suivait son travail, à recueillir et à traduire des manuscrits islandais , devint successivement antiquaire et historiographe royal. Ses principaux ouvrages , sources précieuses , sont: Historia rerum norwegicarum , 4 vol. in-fol., 1711; Trifolium hisloricum , seu de tribus potentissimis Daniæ regibus, 1707, in-4° ; Sériés dijnastarum et regum Daniæ, 1702, in-4°; Grœnlandia antigua, 1706, in-8°; Historia Vinlandiœ anliguæ, 1705, in-8° ; Orcades, seu rerum Orcadicarum historia, 1715, in-fol. Il a surtout étudié, classé et comparé avec fruit les Sagas islandaises.

TORGAU , v. forte des Etats prussiens ( Saxe) , â 75 kil. N.-E. de Mersebourg , sur la rive g. de l’Elbe; 9,000 hab. Gymnase. Fahr. de draps et d’étoffes de laine , brasseries, tisserauderies. Comm. de blé, bois, chaux. On y remarque ie tombeau de Catherine Bore , femme de Luther. — En 1525, les luthériens conclurent àTorgau une ligue ; en 1530, ils y arrêtèrent les articles qui servirent de base à la Confession d’Augsbourg ; en 1574, ils y rédigèrent une confession de foi, dite Livre de Torgau, contre les Cryptocalvinistes. Près de là, Frédéric II gagna une bataille sur les Autrichiens, en 1760.

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TORGOUTS, peuplade mongole, soumise aux Chinois depuis 1770, et répandue dans la Dzoungarie et le Khoukhounoor.

rORIBIO ou TURIBE (Saint) , archevêque de Lima en 1581 , né en 1538 en Espagne, m. en 1606, envoyé au Pérou par Philippe II , se signala par son admirable charité pour les Indiens , en convertit un grand nombre , fonda des églises , des séminaires , des hôpitaux. 11 fut canonisé par Benoit XIII en 1726. Fête , le 23 mars.

TORIES (au singulier, tory), terme de mépris et d’injure donné, vers 1648, aux Irlandais révoltés contre le Long- Parlement, et qui semble dérivé de l’irlandais loree (donnemoi), mot par lequel les voleurs abordent les passants. On étendit bientôt la dénomination de tories à tous les royalistes. Perdant peu à peu son sens injurieux, elle désigna le parti conservateur, tous les hommes attachés à la royauté, à l’anglicanisme , à la grande propriété territoriale, et opposés aux innovations, P. Whigs.

TORIGN1, Augustura, ch.-l. de canton (Manche), arr. et à 14 kil. S.-E. de S‘-Lô, sur la Vire ; 1,984 hab. Restes d’un château des comtes de Matignon. Le marbre de Torigni est une importante inscription romaine de correspondance administrative. Commerce de volailles.

TORINO, nom italien de Turin.

TORJOK, v. de la Russie d’Europe, gouvernement et à 70 kil. O. -N. -O. de Tver, sur la Tvertza; 14,215 hab. Fabrique de maroquins, blanchisseries de cire.

TORMÈS, riv. d’Espagne, prend sa source dans la Sierra-de-G redos (province d’Avila), coule au N., puis à l’O., arrose les provinces d’Avila, de Salamanque, et de Zamora, passe à Alba, et se jette dans le Dourô, à 22 kil. S.-O. de Miranda; cours de 200 kil.

TORNA, brg de Hongrie, ch.-l. du comitat de son nom, à 304 kil. N.-E. de Rude; 1,800 hab. — Le comitat de Torna (cercle en deçà de la Théiss), entre ceux de Zips au N., de Gcemœr à l'O., de Borsod au S., et d'Ahaujvar à l’E., a 603 kil. carrés, et 40,J00 hab. Sol montueux. Récolte de céréales et de vin. Elève de moutons et de pores. Réuni au comitat d’Abaujvar de 1853 a 1860.

TORNÉA, riv. de Suède (Botnie septentrionale), sort des monts du Norrland, traverse le lac de Tornéa, reçoit le Muonio et le Lainio, sépare la Russie de la Suède, et se jette dans le golfe de Botnie; cours de 460 kil., au S.-E., puis à l’E.

tornéa, v. de la Russie d’Europe (Finlande), à l’embouchure de la rivière de son nom dans le golfe de Botnie ; 700 hab. Ou y voit une pyramide élevée en souvenir des expériences qu’y fit Maupertuis pour déterminer la figure de la terre, en 1736-37. Près de là est le mont Avasana, du haut duquel, à l’époque de la S'-Jean, le 24 juin, on peut voir le soleil à minuit.

TORNIÈL ou TORNIELLI (Augustin), savant annaliste , né en 1543 à Barengo (pays de Novare), in. en 1622, entra dans la congrégation des Barnabites, dont il fut trois fois général , refusa les évêchés de Mantoue et de Casai, et fut très-lié avec Baronius et S1 Charles Borromée. On a de lui : Annales sacri et profani, ab orbe condito ad eumdem Ckrisli passione redemptum , Milan, 1610, et Anvers, 1620,

2 vol. in-fol. Cet ouvrage est une espèce de commentaire des livres historiques de l’Ancien Testament. TORNODURUM , nom latin de Tonnerre.

TORNOMAGUS, nom latin de Tournon.

TORO, anc. Octodurum, v. d’Espagne (Vieille-Castille), dans la province de Zamora , près de la rive dr. du Douro, dans une belle et fertile plaine, à 50 kil. N. -E. de Salamanque. Population de la commune : 8,700 hab. Evêché. On remarque un pont de 22 arches , et le palais des ducs de Bervvick. — Détruite par les Maures , cette ville fut rétablie en 904. En 1505, Ferdinand le Catholique y assembla les Cortès, et y promulgua les Lois dites de Toro, qui furent la base de la législation municipale en Espagne. Toro fut ch.-l. de province jusqu’en 1833.

toro, v. du royaume d’Italie, prov. et à 12 kil. E. de Campobasso; 2,213 hab. Bons vins.

TORODUS (Les), tribu dominante dans le Fouta (Sénégal) ; elle comprend les Sélobé, les Lao, les Bossciabé, les Tiouballo, etc.

TORONE, auj. Toron, anc. ville de Macédoine, sur le golfe de son nom (Toronaïcus sinus), formé par la mer Egée au S. de la Chaleidique.

TORONTHAL, division administrative des Etats autrichiens, et comitat de Hongrie, autrefois cercle de Nagy- Becskérek dans la Woïwodie, entre les cercles de Témeswar à l’E., de Bacs-Bodrog à l’O., de Bekes-Czanad et de Czongrad au N., et les Confins militaires du Banat au S.;

1 6,841 kil. carrés; 389,692 hab. Ch.-l., Nagy-Becshérek.

TOR

TOR

Sol plat et fertile ; beaucoup de marais. Récolte de blé, riz, tabac, vins.

TORONTO, autrefois York, v. de l’Amérique anglaise, capitale du Haut-Canada depuis 1849; à 775 kil. S.-O. de Québec; 1,200 hab. en 1817 ; 00,000 en 1862. Evêché anglican. Bon pott, avec vastes magasins, sur la côte N. -O. du lac Ontario. Fonderies de fer, distilleries, brasseries, tanneries, corderies; fabr. de savon, toiles cirées, ébénisterie. Banque. Exportation de blé, farines, laines, fourrures, bois de construction, etc. — Fondée en 1793.

TOROPETZ, v. de la Russie d’Europe, gvt et à 240 kil. S.-E. de Pskov, sur la Toropa (affluent de la Dwina); 12,000 hab Commerce de chanvre, lin, grains.

TORQUEMADA (Jean de), savant théologien, né à Valladolid en 1388, m. en 1468, entra dans les Dominicains, devint prieur de son ordre à Valladolid et à Tolède, reçut du pape Eugène IV la dignité de maître du sacré palais, fut son théologien au concile de Bâle, accepta une mission en France pour engager Charles Vil à faire la paix avec les Anglais, fut élevé au cardinalat pendant cette légation , puis fut évêque de Palestrina sous Calixte III, de Sabine sous Pie II. On a de lui : Ejrposilio brevis et utilis super loto psalterio , Rome , 1470 ; Conuncntarii in Decretum Gratiani , Lyon, 1519, 6 vol. in-fol. B.

torques; a da ( Thomas de) , de la famille du précédent, né à Valladolid vers 1420, m. en 1498, entra dans l’ordre de Sl-Dominique , fut institué par le pape Sixte IV, en 1482, inquisiteur-général en Espagne, et, loin de remplir les intentions du pontife, qui voulait modérer la persécution contre les hérétiques, déploya uue excessive rigueur. Chef de la Suprême ( V. Inquisition ), il établit 4 tribunaux subalternes, à Séville, Cordoue, Jaën , et Ciudad- Réal, promulgua en 1483 le code des inquisiteurs, prononça une foule de confiscations, dont Ferdinand le Catholique était fort avide, et poussa ce prince à expulser les J uifs et les Maures relaps. 11 multiplia les auto-da-fé au point que le pape Alexandre VI dut intervenir, et donner à Torquemada 4 collègues chargés de contenir son zèle. Ce fut à lui que l’Inquisition dut la réputation de terreur qu’elle eut en Espagne seulement.

torquemada, provincial des Augustins, est auteur de la Monarchie indienne, Séville, 1615, et Madrid, 1723, 3 vol. in-fol., ouvrage curieux sur l’histoire du Mexique avant la conquête espagnole, malgré trop de citations des Ecritures ou de l’histoire profane et des fautes de chronologie.

torquemada, Turris Cremata , v. d’Espagne (Vieille Castille), prov. et à 22 kil. E.-N.-E. de Palencia, sur la Pisuerga : 2,900 hab. Beau pont de 26 arches.

TORRE (les Della) ou TORRIANI, illustre famille italienne, originaire de Valsanina, au pied des Alpes milanaises, joua un grand rôle dans le parti des Guelfes, et eut une autorité presque souveraine à Milan de 1242 à 1312. Ses principaux membres furent :

torre (Pagano della I, seigneur de Valsanina, prit soin des blessés de Milan après la défaite de Cortenova, 1237, fut choisi pour chef de la République en 1242, et garda le pouvoir jusqu’à sa mort , 1256.

torre (Martino delua), neveu du précédent, lui succéda comme podestat de Milan en 1256, fut nommé seigneur de Lodi en 1259, de Novare en 1263, et mourut la même année au commencement d’une guerre contre la noblesse et l’archevêque de Milan.

torre ( Filippo della). frère du précédent, lui succéda à Milan en 1263, étendit l'autorité de sa maison sur Côme, Verceil et Bergame, et mourut en 1265.

torre iNapolcone della ), neveu du précédent, et son successeur dans la seigneurie de Milan, 1265-78, seconda l'expédition de Charles d’Anjou contre Naples, soumit Brescia, mais perdit Verceil. 11 eut des querelles très-vives avec l’archevêque de Milan, extermina à Lodi la famille des Vestarini, 1269, causa par ses violences une révolte de Côme, 1271, fut pris par Othon Visconti à Desio, 1277, et mourut dans une cage de fer à Monte-Baradello. 11 avait été reconnu comme vicaire impérial à Milan par Rodolphe de Habsbourg.

torre (Guido della), neveu du précédent, fut pris avec lui à Desio en 1277, s’échappa en 1278, et, avec le secours d’un autre oncle, patriarche d’Aquilée, fit une guerre de partisans en Lombardie. Il parvint à rentrer comme simple particulier à Milan en 1303, ressaisit peu à peu l’autorité, accepta aussi la seigneurie de Plaisance en 1306, fut reconnu vicaire impérial par Fleuri Vil, et, chasse par les Gibelins, 1311, alla mourir à Crémone,

torre Jean-Maris della), physicien, né à Rome en

1713, m. en 1782, professa au séminaire archiépiscopal de Naples, et fut directeur de la bibliothèque du roi Charles III , de l’imprimerie royale et du musée d’antiquités. Il eut le courage, jusqu’alors sans exemple, de descendre plusieurs fois dans le cratère du Vésuve. On a da lui : Scienza della nalura generale e parlieolare , Naples, 1774, 3 vol. in-4° ; Instilutiones pliysicœ, 1753, in-8u ; Elementa phrysices, 1767, 9 vol. in-8°; Stona e (rnomeni del Ve suvio, 1755, in-4°, avec un Supplément , 1759, in-4°, trad. en français par l’abbé Péton , Paris, 1760, in-R°, etc. torre, Turris , riv. d’Italie, affluent de l’Isonzo. torre - dell’ - annunziata , v. du royaume d’Italie, port sur la côte E. du golfe et dans la prov. de Naples, à 20 kil. S.-E. de Naples, au pied du Vésuve; 15,180 hab. Sources minérales ; fabrique royale de poudre et d’armes. Pêche active et commerce de grains.

torre-di-camarina, anc. Camarine , v. de Sicile, sur la côte S., au N. du cap Scalambri.

torre-del-greco, v. du royaume d'Italie, sur le golfe, dans la prov. et à 11 kil. S.-E. de Naples, au pied du Vésuve; 21,732 hab. Il y a une église et plusieurs villas remarquables. Les éruptions du Vésuve, et surtout celle du 15 juin 1794, l’ont beaucoup fait souffrir. Fabr. de macaroni ; vins renommés.

torre-don-jimeno, Tosibia, ville d’Espagne (Andalousie), prov. et à 17 kil. O. de Jaën; 7,800 hab. Fabriques de toiles; commerce d’huile et de vin.

torre-di-mare, anc. Métaponle ville du roy. d’Italie (Potenza), à 45 kil. S.-E. de Matera.

torre-di-polluce, anc. Sélinonle, brg de Sicile, sur la côte S.-O., au S. de Pilier;’.

torre pellice, v. du royaume d’Italie (prov. de Turin), à 16 kil. S.-O. de Pignerol; 3,329 hab.

TORRELAGUNA, v. d'Espagne (Nouvelle- Castille), près du Jarama, à 9 kil. O. d’L'eeda; 2,600 hab. Patrie de Ximénès.

TORREMAGGIORE, v. du roy. d’Italie (Foggia), à 7 kil. O. de San-Severo ; 6,888 liab.

TORREMUZZA (Gabriel Lancellotto Castello, prince de), numismate et antiquaire, né à Palerme en 1727, m. en 1792, consacra sa vie à l'étude de la numismatique et des antiquités, particulièrement à celles de la Sicile. Il a publié, entre autres ouvrages estimés : le Antiche iscrizioni di Palermo, raccolte e spiegate, 1762, in-fol.; Siciliœ populorum et urbium regumque quoque et tyrannorum numismata , 1767, in-fol.; Siciliœ et objacentium insularum velerum inscriptionum nova collectio, 1769, in-fol.; Siciliœ populorum et urbium, regum quoque et tyrannorum veteres nummi, Saracenorum epocham antécédentes, 1781, in-fol., 107 pi., etc.

TOKRENT1NUS (Hermann van Bekk, dit), grammairien , né à Zwoll vers 1450, m. vers 1520, entra dans la congrégation des Clercs de la vie commune, et professa la rhétorique à Groningue en 1.490. Le plus connu de ses ouvrages est l’ Elucidarius carminum et historiarum , Haguenau, 1510, in-4°, le premier essai connu d’un dictionnaire historique. C — s.

TORKÈ3 (Louis da Motta Feo das), amiral portugais, né à Lisbonne en 1769, m. en 1822, fit ses première» armes sur la flotte qui se rendit à Naples en 1792 et qui se réunit à celle de l’amiral anglais Howe pour croiser su» les côtes de France, commanda en 1797-98 les batteries flottantes destinées à défendre l’entrée du Tage, et alla bientôt gouverner une partie du Brésil. De retour en Portugal en 1605, on le chargea de combattre les corsaire* d’Alger et de Tunis; en 1808, lors de l’invasion de son pays par les Français, il commanda trois légions. Viceamiral au Brésil en 1811, capitaine-général au royaume d’Angola de 1816 à 1820, employé dans les conseils de l’amirauté en 1821, il mourut, l'année suivante, du chagrin que lui causa la révolution des Cortès. B.

torrès ou endeavour (Détroit de), dans l’océan Equinoxial, entre la Papouasie et l’Australie; 150 kil. de long. Il est parsemé d’ilots et de récifs. Découvert en 1606 par Luis de Torrès, traversé par Cook en 1770, exploré par les corvettes françaises l'Astrolabe et la Zélée, en 1840.

TORRES-NOVAS, v. de Portugal (Estramadure), près du Tage, à 22 kil. N.-E. de Santarem; 4,300 hab.

TORRES-VEDRAS, v. de Portugal (Estramadure), à 50 kil. N. de Lisbonne; 1,200 hab. Wellington, pressé par les Français, s’y retrancha en 1810, et y exécuta les fameuses lignes de Torres-Vedras.

TÜRRICELLI (Evangelista), célèbre physicien, né en 1608 à Faenza, m. en 1647, étudia chez les Jésuites de sa ville natale, se lia à Rome avec Castelli, disciple de Galilée, et se fit connaître uar des recherches sur le mouvement

TOR

TOS

des corps pesants et par la solution de quelques problèmes sur la cycloïde. 11 était en relation avec Roberval, Fermât, Mersenne, etc. C’est à lui qu’est due la découverte du baromètre, en 1643. 11 ferma les yeux à Galilée, et lui succéda dans sa chaire de mathématiques à Florence. Ses ouvrages ont été réunis sous le titre d’Opcro geometrica, Florence, 1644, in-4°. On a de lui encore un Travail sur le cours de la Chiana, Florence, 1768, in-4°, et une Lettre à Roberval, dans les Mémoires de l’Académie des sciences de Paris, t. III. V.

TORRIGIANO (Pierre), sculpteur florentin, né vers 1472, m. en 1522, florissait à Rome au temps de Michel- Ange. Appelé en Angleterre, il y travailla au monument de Marguerite, mère de Henri VII, et à celui de ce prince lui-même. Il se rendit ensuite en Espagne, et fit, pour la chapelle royale de Grenade, deux chefs-d’œuvre, la Charité et un Ecce Homo. On cite également les statues de S1 Jérôme et de S1 Léon, qu’il exécuta pour le couvent des Hiéror.ymites de Séville. La fin de Torrigiano fut déplorable : ayant brisé de colère une statue de la Ste-Vierge, qu’un grand seigneur ne voulait lui payer que 30 ducats, il fut jeté en prison par ordre de l’Inquisition, et se laissa mourir de faim dans la crainte du bûcher. B.

TORRINGTON, brg et paroisse d’Angleterre (Devon), sur la Torridge, à 48 kil. N. d’Exeter; 3,500 liab. Fabr. de ganterie, serge, couvertures de laine.

TORROX, v. d’Espagne, province et à 20 kil. S.-E. de Malaga, sur la Méditerranée ; 6,300 hab.

TÛRSELL1NO, dit en français Turselin (Horace), jésuite et historien, né en 1545 à Rome, m. en 1599, professa pendant 20 ans les belles-lettres dans sa ville natale, et devint directeur du séminaire de son Ordre. Il fut en dernier lieu recteur à Florence et à Lorette. Il a traduit en latin les Lettres de François Xavier et de quelques autres missionnaires. Son Epilome historiarum a mundo conâilo ad annvm 1598, in-12, Rome, 1598, continué par le P. Ch. Caraffa et ensuite par le P. Briet, fut condamné au feu par le Parlement, en 1761, comme renfermant des maximes pernicieuses. C. N.

TORSELLO. V. Sanuto.

TORSTENSON (Léonard, comte de), général suédois, né en 1595 au château de Forstena, d’une illustre famille, m. en 1654, fist d’ahord page de Gustave- Adolphe, qui l’emmena dans sa campagne de Livonie. Un jour, chargé de porter un ordre à un officier-général pour profiter d’un mouvement que le roi voyait faire aux ennemis, il prit sur lui, en voyant ceux-ci changer leur manœuvre, de donner un autre ordre ; Gustave-Adolphe devina ses talents, lui donna une enseigne aux gardes, puis une compagnie, et un régiment. Dans la guerre de Trente-Ans, Torstenson contribua aux victoires de Leipzig, 1631, et du Lech, 1632, fut pris au combat de Nuremberg, et échangé après la bat fille de I.utzen, reçut en 1634 le titre de grand-maître de l’artillerie, servit avec distinction sous Bernard de Saxe -Weimar, puis sous Banner, auquel il succéda dans le commandement en chef, en 1642, et, bien que paralytique et toujours porté en litière, battit les Impériaux à Breitenfeld. Après une invasion en Bohême et en Moravie, 1643, il fit une admirable retraite devant des forces supérieures, déjoua le plan de Gallas qui voulait l’enfermer dans le Holstein, se porta contre les Danois alliés de l’Autriche, qu’il défit à Iuterbock, et auxquels il enleva en quelques mois le Slesvig et le Jutland, 1644, et, à son retour, défit de nouveau l’armée impériale à Jancowitz, 1645. Obligé par ses infirmités de prendre sa retraite, il reçut de la reine Christine le titre de comte, le don de terres considérables, et le gouvernement de la Vestrogothie. Il essaya de détourner Christine de son projet d’abdiquer. Un Eloge de Torstenson a été écrit par le roi Gustave III. B.

TORTELLI (Jean), en latin Torlellius Aretinus , grammairien, né à Arezzo vers 1400, m. en 1466, fut archiprêtre de la cathédrale de sa ville natale , sous-diacre de l'église romaine sous Eugène IV, puis secrétaire et bibliothécaire de Xicolas V. On a de lui : de Poteslate litterarum, seu de orthographia, Rome, 1471, in-fol.

TORTOLA, une des îles Vierges (Petites Antilles); 93 kil. carrés; 28 kil. sur 10; 7,000 hab. Ch.-l., Roud-town. Comm. de sucre et de rhum. Elle appartient aux Anglais.

TORTONE, anc. Derloua, ville du roy. d'Italie, ch.-l. de l’arrondiss. de son nom, sur la ïcrivia , à 26 kil. E. d’Alexandrie; 13,318 hab. Evêché suffragant de Gênes. Trib. de lre instance. Collège royal, séminaire. Fabr. de soieries. Commerce de vins et de grains. Fondée par les Gaulois, cette ville devint une colonie florissante sous la domination romaine. Détruite par Frédéric Barberousse,

elle se releva et s’érigea en république, bientôt soumise par les ducs de Savoie. Prise par le marquis de Maillebois pour la France, en 1734, elle lui fut enlevée par le duc de Modène en 1745; les Français la reprirent en 1796, la démantelèrent, et, l’ayant perdue en 1799, l’acquirent de nouveau après la bataille de Marengo. Sous l’Empire, elle | devint ch.-l. d’arrondissement du départ, de Marengo. —

| L’arrond. de Tortone, subdivision de la prov. d’Alexandrie, i a 73,059 hect., 48 kil. sur 18, et 60,000 hab. Sol très-fertile en grains, légumes, etc. Elève de chevaux de bes- | tiaux. Fabr. de toiles.

j T’ORTOSE, anc. Dertosa, v. forte d’Espagne (Catalogne), dans la prov. et â70 kil. S.-E. de Tarragone, à 150 kil. S.- O. de Barcelone, 410 N.-E. de Madrid, port sur la rive g. de l’Ebre, à 40 kil. de son embouchure; 24,700 hab. Evêché suffragant de Tarragone. Jadis Université. Ville mal bâtie, où l’on remarque la cathédrale gothique, les palais épiscopal et Vall-Cabra. Fabr. de soieries, porcelaines, papier, savons, eaux-de-vie. Comm. de poisson (une digue construite dans l’Ebre empêche le poisson de remonter). Aux environs, mines de fer, plomb, mercure, houille, alun ; carrières de marbre, albâtre et jaspe ; salines et eaux minérales. — Municipe sous les Romains, prise ensuite par les Goths et les Maures, et à ceux-ci par îe comte de Barcelone en 1141 , par les Français en 1649 et 1811.

tortose, Orthosia, v. de la Turquie d’Asie (Syrie, eyalet de Saïda), à 62 kil. N. de Tripoli. Murs taillés dans le roc. Aux environs sont des cavernes qui ont servi de sépultures.

TORTUE (La), en espagnol Torluga, île de la mer et de l’archipel des Antilles, près de la côte N. -O. d’Haiti, dont elle dépend ; 32 kil. sur 9 ; 5,000 hab. Ch.-l., Tayona. Sol montagneux. Elle fut longtemps un repaire de flibustiers, et ensuite le premier établissement français à Sl-Domingue.

tortue, Tesludo, manœuvre militaire et machine de siège chez les anciens, particulièrement chez les Romains. La manœuvre était pratiquée par la grosse infanterie, armée du scutum (F. ce mot). On y recourait en plaine, quand on était cerné par des forces supérieures; les troupes légères rentraient au centre, et les autres les enveloppaient: le 1er rang mettait un genou en terre et tenait son scutum devant soi ; le 2e rang élevait le sien sur sa tête, les autres rangs faisaient de même, de sorte que le corps entier se trouvait abrité des traits que l’ennemi lui lançait. Si l’ennemi s’approchait, les premiers rangs se levaient tout à coup, et le chargeaient. On faisait aussi la tortue en marchant à l’ennemi rangé en bataille ou défendant le passage d’un fleuve. On la faisait encore dans les sièges , pour s’approcher des portes ou des murailles et les détruire, ou bien pour aller à l’escalade ; dans ce dernier cas, les soldats arrivaient jusqu’au pied de la muraille, le scutum sur la tête ; les premiers rangs se tenaient debout, les deuxièmes s’inclinaient, les troisièmes mettaient un genou en terre, et , sur ce plan incliné, d’autres soldats s’élançaient pour débusquer l’assiégé de sa muraille, quand elle n’était pas très-haute, et l’escalader. — Comme machine, la Tortue était une galerie mobile en forte charpente et en planches, sous laquelle on abritait les mineurs, ou le bélier qui battait la muraille en brèche. On couvrait cette Tortue de gazon ou de peaux fraîchement écorchées, afin que l’ennemi ne pût pas l’incendier. C. D— y.

TORTURA , Dor ou Napheth dans l’Ecriture, port de Syrie, à 22 kil. S. d’Acre, au pied du mont Carmel.

TORTURE. V. Question.

TORY (Geoffroy), en latin Torinus, libraire et graveur, ,né vers 1480 à Bourges, m. en 1536 ou 1550, a traduit en français quelques opuscules de Lucien et de Plutarque, et publié un Art et science de la vraie proportion des lettres attiques, Paris, 1529 et 1549. V. une Notice sur Tory par Aug. Bernard, Paris, 1856, in-8°.

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