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tels que ceux de Chiusi, de Montepulciano, de Massaciuccoli, de Sesto ou Bieutina. De Piombitio à Orbitello, s’étendent, le long de la côte, les marécages bas et malsains, appelés Maiemmes. Le reste du pays, fertile, bien cultivé, mérite son surnom de Jardin de l’Italie; climat très-doux et très - salubre ; agriculture fort avancée; vignobles donnant des vins de liqueurs. L’industrie manufacturière et le commerce sont aussi florissants. Les principaux articles importés de l’étranger sont les céréales (1,680,000 sacs), le coton brut et manufacturé, les bestiaux, les denrées coloniales, le vin depuis quelques années, l’huile, et les spiritueux. La Toscane exporte les chapeaux de paille, la soie grège et travaillée, le papier, le bois de construction et les combustibles, les viandes fraîches et salées, les fleurs, fruits et fourrages, l’huile d’olive, les pâtes d’Italie, les essences, la parfumerie, etc. Les importations s’élevèrent, en 1855, à 75,742,000 fr. , et les exportât ons à
58.500.000 fr. environ. La Toscane renferme de grandes richesses minérales ; mais le manque de capitaux et d'esprit d’association en a jusqu’à présent restreint l’exploitation. Les mines les plus importantes sont celles de Monte-Catini (cuivre, 1,125,000 kilog.), du Bettino Iplomb argentifère: 1,400,000 kilog. de plomb par an), de Castel- Azzara, Giano et Serravezza (mercure; produit total,
12.000 kilog.), d’Orbitello (antimoine; 200 tonnes de minerai brut), de Peretta (soufre : 4 à 500,000 tonnes) , de Pile d’Elbe (fer, 3,850,000 kilog.). Les lagons de Vol terra fournissent une immense quantité de borax. Les marbres de Carrare donnent lieu à une exploitation qui s’étend annuellement à 42,000 tonnes. Outre les marbres en bloc, Carrare expédie chaque année de 150 à
200.000 tables, carreaux, statuettes, cheminées, objets d’ornements, etc. La marine marchande compte 863 bâtiments, jaugeant 59,023 tonneaux. La religion catholique domine presque exclusivement en Toscane; on y compte environ 7,000 juifs. Le pays est divisé en 4 archevêchés (Florence, Pise, Lucques, Sienne), et 17 évêchés. On comptait, en 1835, 133 couvents d’hommes et 69 de femmes. — Les Toscans sont, de tous les peuples d’Italie, les plus policés, les plus affables, les plus industrieux. Nulle part les lettres, les sciences et les arts ne sont cultivés avec autant d’ardeur et de succès que dans ce pays, qui a vu naître Dante, Pétrarque, Boccace, Galilée, Machiavel, Giotto, Cimabué, Léonard de Vinci , Michel-Ange. L’instruction y est trèsrépandue, et les établissements d’enseignement public suffisamment nombreux : il y a des universités à Florence, Pise et Sienne. Le dialecte toscan est le plus pur de tous les dialectes italiens. — Le gouvernement, après avoir été constitutionnel en 1848-9, est redevenu absolu de 1849 à 1859 sous l’influence toute-puissante de l’Autriche. — Les recettes générales pour 1858 ont été de 32,650.884 fr., et les dépenses de 32,649,428 fr. L’effectif de l’armée s’élevait à 17,205 hommes. — Sous le rapport administratif, la Toscane était divisée en 7 départements ou préfectures ( Compartiment! ); Florence, Arezzo, Sienne, Grossetto, Pise, Lucques, Pistoia; et en deux gouvernements : Livourne et l’ile d’Elbe.
Histoire. Le nom de Toscane dérive de Tusci, nom latin des anciens habitants de l’Etrurie ( V. Etrurie). Le pays forma, au ive siècle, sous le nom de Tuscie, une prov. du diocèse d’Italie, et, plus tard, du diocèse de Rome. Il eut des ducs particuliers sous les rois lombards. Après la division de l’Italie en Marches par Louis le Débonnaire, ils prirent tantôt le titre de ducs, tantôt celui de comtes et de marquis, et rendirent bientôt leur pouvoir héréditaire. Ils ont eu , au xe siècle, beaucoup d'influence sur l’élection des papes. La grande-comtesse Mathilde, issue de la maison d’Este, laissa, en mourant, la Toscane aux Guelfes, qui , en 1 160, la cédèrent à Frédéric Itr de Hohenstauffen. Mais les villes de Toscane, Pise, Lucques, Sienne, Pistoie, Prato, Arezzo, Volterra, etc., suivant l’exemple des cités lombardes, s’affranchirent du joug impérial au xme siècle, et s'érigèrent en républiques. Les querelles des Guelfes et des Gibelins, qui agitaient alors jusqu’aux moindres villes de l’Italie, se mêlèrent aux révolutions populaires de la Toscane, et firent naître, au Sein des jeunes républiques, et d’une république à l’autre, de funestes rivalités. Pise ( V. Pise) succomba à ses dissensions intestines. Continuellement divisées entre elles, toutes les villes finirent par être soumises par Florence, qui atteignit, sous les Médicis, un haut degré de splendeur. Les derniers princes de cette famille, abandonnant le pays à l’influence de l’Espagne, faillirent amener sa ruine. En 1569, la Toscane fut érigée en grand-duché. A l’extinction des Médicis, dans la personne de Jean-Gaston , 1737, la couronne de Toscane fut donnée au duc François de Lorraine, époux de
Marie-Thérèse d’Autriche, et la Toscane fut dès lors réservée aux cadets de la maison d’Autriche. Léopold, son second fils, devenu empereur en 1790, céda à son tour la Toscane à son 2e fils, Ferdinand 111. Les Français occupèrent la Toscane en 1796, et, à la paix de Lunéville, 1801, Ferdinand reçut, en échange, le Salzbourg et le Wurzbourg. La Toscane forma alors le royaume d’Etrurie; mais en 1807 Napoléon 1er l’annexa à son Empire, et en forma les trois départements de l’Arno, de la Méditerranée, et de l’Ombrone. Ferdinand fut réintégré dans sa souveraineté en 1814. Le congrès de Vienne y ajouta le petit Etat des Présides, l’ile d’Elbe, et la suzeraineté de Piombino. En 1847, la Toscane a pris possession du duché de Lucques, et reçut en 1848 (15 fév.) un gvt constitutionnel, aboli le 21 sept. 1849. Le pays fut occupé jusqu’en 1855 par les Autrichiens. En 1859 (27 avril) une révolution força le grand-duc de s’enfuir, et, en 1860, la Toscane fut annexée au roy. d’Italie (F. Italie, au Supplém.).