TOUR-DU-PIN (LA). F. LA TOUR-DU-PIN
tour-de-roussillon, tour située à 2 kil. S de Perpignan (Pyrénées-Orientales), près du Tet, sur l’emplacement de l’anc. Ruscino.
tour-s aint-pardoux, ch.-l. de cant. (Puy-de-Dôme), arr. et à 55 kil. O. d’Issoire ; 653 hab.
tour (Ordre de la) et de l’épée, ordre institué en Portugal par Alphonse Y l’Africain. Il n’eut qu’une courte existence, mais fut rétabli par Jean VI au Brésil. Don Pedro II lui a donné un règlement.
TOURA, riv. de la Russie d’Asie (Perm), naît dans l’Oural, coule successivement au N., à l’E., et au S.-E., et se jette dans le Tobol. Cours de 400 kil.
TOURAINE, Turonia , Turonicus pagus , prov. centralede l’anc. France, capit., Tours; bornée au N. par le Maine; au S. par le Poitou et le Berry; à l’E. par l’Orléanais et le Berry ; et à l’O. par l’Anjou et le Poitou. La Loire la divise en deux parties: Haute-Touraine au N., et Basse- Touraine au S. ; elle est encore arrosée par le Cher, la Vienne, la Creuse, la Glaise et l’Indre. Les Romains la placèrent dans la Lyonnaise, puis dans la Lyonnaise 3e. L’Eglise fit de Tours un archevêché. Les baillis de Tours sont mentionnés dans les Olim depuis 1260; la province ressortissait au parlement, à la Chambre des Comptes, et à la cour des Aides de Paris. En 1551 , Tours reçut un présidial, et Châtillon sur-Indre en obtint un en 1639. La ville de Tours devint, en 1577, le siège d’une généralité qui, divisée en 16 élections, s’étendait sur la Touraine, l’Anjou et le Maine. En 1790, la prov. a formé le département d’Indre-et-Loire. — Histoire. Les Turones habitaient, au temps de J. César, le pays auquel ils ont donné leur nom. Tacite les a appelés imbellcs ; pourtant ils avaient secouru Vercingétorix et envoyé 8,000 guerriers an secours d’ Alesia. Sous Tibère, ils prirent part au soulèvement de la Gaule, mais bientôt, sous l’influence de la douceur de leur climat , ils retombèrent dans ce repos qui les a fait qualifier par Sidoine Apollinaire de Relia timentes, « redoutant la guerre.» En 412-413, Ataulph , frère d’Alaric, abandonnant l’Italie, envahit le midi de la Gaule; les Visigoths assiégeant Tours furent chassés, en 428, par les habitants aidés des Romaius ; mais, en 480, les Tarons durent subir la domination du roi Euric. En 507, la victoire de Vouillé les soumit à Clovis; à la mort du conquérant, 511, la Touraine échut en partage au roi d’Orléans, Clodomir, puis, en 524, à son frère Clotaire, roi de Soissons. Caribert, roi de Paris, 561, Sigebert, roi d’Austrasie, 567,
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Chilpéric Ier, 576, Clotaire II, son fils, 584, l’Austrasien Childebert II, 585, Théodoric II, fils de celui-ci, 595, Dagobert Ier, fils de Clotaire II, 622, possédèrent successivement la Touraine. En même temps, Tours était administré par des évêques illustres : au ive siècle, S1 Martin ; au v', S1 Perpet ; puis, de 573 à 593, Grégoire de Tours. Depuis Dagobert , la Touraine fit toujours partie du royaume de Neustrie. En 800 , Charlemagne la comprit dans le royaume d’Aquitaine donné à Louis le Débonnaire ; mais, en 806, au partage de Thionville, il l’en détacha. Après Charlemagne, et dans le Xe siècle, elle fut dévastée par les Normands. A cette même époque, en 941, Thibaut le Tricheur, rendit indépendant le comté de Tours, établi dès 524. Thibaut eut pour successeurs ses fils et petits-fils Eudes Ier, Thibaut II, et Eudes II, 978-1004. Celui-ci devint comte de Champagne et de Brie à la mort d’Etienne Ier, et l’histoire du comté de Tours se confondit avec celle de ces deux provinces. Son héritier, Thibaut III, perdit contre Geoffroy II, dit Martel, comte et duc d’Anjou, la bataille de Nouy, en 1045, où il fut fait prisonnier. Geoffroy s’empara de la ville de Tours et se la fit céder avec la Touraine pour la rançon de Thibaut. En 1203, cette province fut prise par Philippe-Auguste à Jean-sans-Terre, et réunie à la couronne. En 1346, Philippe de Valois la donna en apanage à son 2e fils Philippe, déjà duc d'Orléans. En 1360, Jean le Bon érigea le comté en duché pour son 4e fils Philippe, et , trois ans après, donnant à celui-ci la Bourgogne, reporta la Touraine au dauphin Charles. En 1384, Louis d’Anjou, roi de Sicile, en fut investi; deux ans après, Charles VI donna la Touraine à son frère Louis, depuis duc d’Orléans. En 1423, Charles VII accorda le duché de Touraine en douaire à sa femme Marie d’Anjou; un an après, il en fit don au comte de Douglas, à la réserve des châteaux de Chinon et de Loches, et les descendants de cette famille ont conservé le titre de ducs de Touraine jusqu’à Jacques VI, comte de Douglas. Eléonore d’Autriche, femme de François 1er, 1547, et Marie Stuart, 1558, ont possédé à titre de douaire la Touraine ; en 1576, François, duc d’Alençon, l’obtint, et en fut le dernier titulaire apanagiste. — Le beau climat de la Touraine, la position de sa capitale, la célébrité prolongée de cette Jérusalem de l'Occident, donnèrent une grande importance à la province. Dans les commencements de son règne, Charles VII y fixa son séjour; c’est à Chinon qu’en 1429 il reçut Jeanne d’Arc. En 1435, on ratifia à Tours le traité d’Arras. C’est au Plessis-lez-Tours que Louis XI mourut, en 1483; en 1545, François Ier érigea la Touraine en grand-gouvernement, et des ordonnances de Charles VII, Louis XI, Charles VIII et Louis XII y favorisèrent l’extension de l’industrie. Au xvie siècle, les guerres de religion entravèrent cet essor ; depuis les prédications de Gerbaut et de l’Epine , 1552, un grand nombre de Tourangeaux avaient embrassé la Reformation ; en 1562, les calvinistes, maîtres de la ville, profanèi ent et pillèrent les églises de Sl-Martin, de S'-Gatien, les abbayes de Marmoutiers et de Beaumont, et poussèrent la fureur jusqu’à exhumer les restes de François de Paule, pour les brûler. Henri IV, avant d’être maitre de Paris, transféra son parlement à Tours, 1539. La révocation de l'édit de Nantes porta à cette ville un coup terrible; elle est restée importante encore, mais recherchée surtout et aimée pour son doux climat au milieu de ses riches campagnes, le jardin de la France. — L’agriculture s’est beaucoup ressentie, en Touraine, de l’indolence naturelle aux habitants; mais la nature a suffi pour faire le pays riche en gras pâturages, en grains, en céréales, en vignobles. L’industrie est loin d’être florissante comme au temps de Richelieu , où Tours occupait 60,000 ouvriers en soieries; le commerce des grains, vins, eaux-de-vie, pruneaux, chanvres, y est très-actif. Près de Tours se trouvent les Caves Gouttières, grottes curieuses par leurs concrétions calcaires. V. le P. Martin Marteau, le Paradis délicieux de la Touraine, 1660; l’abbé Bourassé , la Touraine, histoire et monuments, Tours, 1855, in -fol., figures. J.
TOURAN, nom donné par les anc. Mèdes aux pays situés au N.-E. du leur, et à TE. de la mer Caspienne. C’est à peu près auj. le Turkestan indépendant. V. Suppl.
touran-chah, sultan d’ Egypte. V. mélik-el-moadham.
touran-ciiah, roi d’Ormuz, 1513-22, fut mis sur le trône par Reiz-Noureddin , qui devint son ministre, dut céder aux menaces d’Albuquerque en 1514, et signer un traité avantageux aux Portugais, et fut assassiné par Mir- Aschraf, gouverneur du Lahsa.
TOURAXE, v. de Cochinchine. V. Toüron.
TOURBET ou TOURBOUT, v. de la Perse (Khoraçan) à 150 kil. S.-E. de Nichapour; 18,000 hab.
TOURCOING ou TURCOING, ch.-l. de canton (Nord), arr. et à 13 kil. N.-E. de Lille, à peu de distance de la frontière de Belgique ; 38,262 hab. Collège. Ville manufacturière importante dès le xne siècle, elle fut dévastée par des incendies en 1477, 1607 et 1711. Nombreuses fabriques de tissus de laine et de coton , linge de table, nouveautés, tapis, savon; filatures de laine, de coton , de lin. Brasseries, teintureries, tanneries, distilleries, raffineries de sucre.
TOUR-ET-TAXIS, ancienne maison princière, originaire du Milanais. Martin 1er délia Torre, m. en 1 147, en est regardé comme la tige. Lamoral Ier, 1313, prit le nom de seigneur de Tasso ou Tassis d’après le mont Tasse, dans le Bergamasque. Son arrière-petit-fils Roger 1er se rendit en Allemagne, fut créé chevalier par l’empereur Frédéric III, 1450, et fonda la première poste aux chevaux en Tyrol. Créés princes de l’Empire par Léopold Ier, les princes de Tour-et-Taxis reçurent en 1734 l’administration des postes en fief. Après la dissolution de l’Empire, la plupart des Etats allemands rachetèrent le monopole postal des princes de Tour-et-Taxis contre un dédommagement en argent ou en biens-fonds. La ligne aînée réside à Ratisbonne. Il y a une ligne cadette en Bohême. E. S.
TOURFAN, volcan de la chaîne des monts Thianchan.
TOURGOUTS. V. Torgouts.
TOURIXSK, v. de Sibérie, gvt et à 125 kil. O. de Tobolslc ; 4,000 hab.
T O U R K M A N T C H AI ou TURKMANTCI1 AI , vge de Perse (Aderbaidjan), près de Tauris; célèbre par un traité conclu , le 22 févr. 1828, entre les Perses et les Fuisses. La Russie obtenait les provinces d’Erivan et de Naktchivan; la succession du roi de Perse, Feth- Ali-Chah, était assurée à son fils Abbas-Mirza.
TOURLA VILLE, brg (Manche), arr. et à 6 kil. E. de Cherbourg; 1,211 hab. Colbert y avait fondé en 1665 une manufacture de glaces, qui n’est plus en activité. Vestiges d'un camp romain.
TOURMALET, passage des Pyrénées, près de Barèges, à 2,177 mèt. de hauteur.
TOURMENTES (Cap des), anc. nom du cap de Bonne- Espérance.
TOURMOUZ, v. du Turkestan indépendant (Boukharie), sur le Tourmouz (affluent du Djihoun), à 380 kil. S.-E. de Boukhara. Prise par Gengis-Khan, en 1221.
TOURNAN, ch.-l. de cant. (Seine-et-Marne ), arr. et à 27 kil. N. de Melun ; 1,708 hab. On y remarque le château de ( ombreux, et celui d’Armainvilliers qui appartint au due de Penthièvre.
TOURNA VOS ou TOURNOVO, v. de la Turquie d’Europe (Janina), sur le Xeragi, à 19 kil. N.- O. de Larisse; 6,000 hab. Evêché grec. Fabriques d’étoffes légères en soie et en coton, dites bourres de Grèce.
TOURNAY ou TOURNAI, en flamand Dnornick, anc. Turnacum ou Turris Nerviorum, v. forte de Belgique (Hainaut), sur l’Escaut, à 68 kil. S. -O. de Bruxelles, 40 de Mons, à 24 kil. O. de Lille; 31,500 hab. Evêché, fondé en 484. Séminaire, bibliothèque. Tournay, divisée en Ville- Vieille et Ville-Neuve, est bien bâtie, avec de beaux quais et de belles promenades; on y remarque l’église Notre- Dame, très-belle cathédrale en pierre bleue du pays, avec deux absides et cinq clochers; le palais épiscopal, l’hotelde-ville, les moulins construits par Vauhan,la citadelle, etc. C’est l’un des grands centres manufacturiers de la Belgique; filatures de laine peignée et de lin; étoiles à pantalons, bonneterie, fils de laine et de coton, rubans, couvertures, tapis, dentelles, cuirs; poteries, faïence, chocolat; chaux liydraulique renommée, etc. Aux environs est un magnifique château du prince de Ligne. — Anc. capitale des Nerviens, dans la Belgique IIe, Tournay était Tune des villes les plus importantes de cette partie de la Gaule. Prise au commencement du Ve siècle par les Vandales, elle tomba, peu après, en 439, au pouvoir de Clodion, chef des Francs. Les Normands la pillèrent en 880. Elle devint, sous Charles le Chauve, partie du comté de Flandre, mais fut de nouveau réunie à la France, sous Philippe le Bel, qui la fortifia. Occupée en 1513 par Henri VIII d’Angleterre, elle fut rachetée en 1518 par François 1er, qui se la vit enlever en 1521 par le comte d’Egmont, général de Charles -Quint. Elle appartint à l’Espagne et aux Pays-Bas jusqu’en 1667, époque où Louis XIV la reprit. Incorporée cette fois encore à la France, elle lui fut ravie de nouveau en 1709 par Eugène et Marlborough. Les Français la reprirent en 1745, eu 1792, et en 1794. Elle devint alors, et jusqu’en 1814, un ch.-l. d’arrond. du département de Jemmapes.
tourna y, ch.-l. de canton (Hautes-Pyrénées), arr. et à
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18kiIom. S.-E. de Tarbes, sur l’Arros; 1,093 habitants. '
TOURNEBR1DE, espèce d’auberge ou de cabaret, établi près d’un important château , à la campagne, pour recevoir les domestiques et les équipages des personnes qui viennent visi er les propriétaires châtelains. Le Tournebride parait avoir été inventé du temps de Louis XIV, par les seigneurs qui ne voulaient pas se charger de l’hospitalité dispendieuse de la suite de leurs invités; une lettre de Mmede Sévigné, du 5 novembre 1680, fait voir qu’alors cette mode n’était pas encore générale parmi la riche noblesse.
TOURNEFORT (Joseph Pitton de), célèbre botaniste, né à Aix (Provence) en 1656, m. en 1708, étudia chez les Jésuites de sa ville natale, montra de bonne heure le goût le plus vif pour l’histoire naturelle, entra au séminaire malgré lui , et, devenu libre par la mort de son père, 1 677, se mit à parcourir le Dauphiné et la Savoie. En 1679, il alla suivre les cours de l’école de médecine de Montpellier. Puis, il visita, en herborisant, le Roussillon et la Catalogne. Appelé à Paris en 1683, il remplaça Fagon comme professeur de botanique au Jardin du Roi, augmenta les richesses de cet établissement , attira à ses cours et à ses herborisations une foule d’étudiants français et étrangers, et fut chargé en 1688 de former des collections en Espagne, en Portugal, en Angleterre et en Hollande. Il refusa la chaire de botanique à l’université de Leyde, devint membre de l’Académie des Sciences en 1692, se fit recevoir docteur en médecine en 1698, fut encore envoyé par Louis XIV dans le Levant en 1700, visita l’ile de Candie, l’Archipel, Constantinople, les côtes méridionales de la mer Noire, l’Arménie, la Géorgie, l’Asie-Mineure, et, à son retour en France, où il rapportait 1,356 plantes nouvelles, obtint la chaire de médecine au Collège de France. On lui doit: Eléments de botanique, ou Méthode' pour connaître les plantes, Paris, 1694, 3 vol. in-8°, traduits pa,r lui-même en latin sous le titre d' Instituliones rei hefbariæ , 1700, 3 vol. in-4°; De optimd methodo instituendâ in rem herbariam , 1697, broch., in-8°; Histoire des plantes qui naissent aux environs de Paris, avec leur usage dans la médecine, 1698, in-12; Voyage du Levant , 2 vol. in-4°, ou 3 vol. in-8°, livre plein d’intérêt et d érudition, et qui est un des monuments scientifiques les plus remarquables de ce temps; Traité de la matière médicale, publié par Bernier, 1717, 2 vol. in-12; des Mémoires, dans la collection de l’Académie des Sciences. Tournefort a rendu les plus grands services: il a donné une classification des plantes résultant de l’examen de leurs différentes parties, selon leur importance relative, dans l’ordre suivant : fleurs, fruits, feuilles, racines, tiges, saveur et port de la plante. La plupart des genres qu’il a établis ont été conservés par Linné. V. son Eloge par Fontenelle. B.
TOURNELLE (La). F. Parlement.
TOURNEM1NE ( René-Joseph ), savant jésuite, né à Rennes en 1661, d’une anc. famille, m. en 1739, professa avec éclat les humanités, la philosophie et la théologie, dirigea le Journal de Trévoux de 1702 à 1736, enrichit ce recueil d’une foule d’ Analyses et de Dissertations, qui furent alors très-remarquées, et remplit les fonctions de critique avec une rare impartialité. On a de lui : des Tables chronologiques, dans la Bible de Duhamel, 170b; des Réflexions sur l’athéisme , à la suite du Traite de l'existence de Dieu par Fénelon; une bonne édition des Commentaires de Ménochius sur l'Ecriture sainte, 1719,2 vol. in-fol.; une édition de V Histoire des Juifs de Prideaux, 1729. Il eut une vive discussion avec Leibniz sur l’origine des Francs, qu’il disait issus d’une colonie de Gaulois. B.
TOURNOIS, jeux militaires au moyen âge. C’étaient des joutes pacifiques, et cependant souvent meurtrières, des simulacres de combats à la lance entre deux chevaliers armés de toutes pièces. Bien que plusieurs pays en aient revendiqué l’invention , les tournois paraissent avoir été partout un produit spontané de la féodalité et de la chevalerie. On choisissait d’ordinaire un terrain voisin d’un château seigneurial : la lice où combattaient les chevaliers était une enceinte en forme d’ovale allongé , dont les côtés présentaient des estrades pourles spectateurs ; à une extrémité se trouvait une barrière en fer, par laquelle or: pénétrait dans la lice ; à l’autre , le tribunal des juges du combat. Il y eut des tournois à armes courtoises, c.-à-d. où le ter des armes était émoussé, et des tournois à outrance, ces derniers fréquemment mortels. Certains chevaliers faisaient publier à l’avance des lettres de défi contre tout venant. En France, les règles des tournois furent données par Geoffroy de Preuilly, chevalier de Touraine, vers la fin du XIe siècle. De bonne heure, les papes tentèrent , mais en vain, d'empêcher ces combats meurtriers. Le dernier combat de ce genre fut celui où Montgomery blessa mor-
tellement le roi Henri II , en 1559. Aux tournois succédèrent les carrousels. B.
tournois (livre). V. livre.
TOURNON (François de), prélat français, né en 1489 à Tournon (Vivarais), d’une ancienne et noble famille, m. en 1562, fut nommé archevêque d’Embrun à l'âge de 28 ans. Il alla en Espagne négocier le traité de Madrid, 1526, revint avec François 1er, dont il avait la confiance, prit part au traité de Cambrai en 1529, fut chargé d’amener d’Espagne Eléonore de Portugal , sœur de Charles-Quint , fit la cérémonie du mariage de cette princésse avec François 1er, et reçut , comme récompense de ses services , l’archevêché de Bourges, l’abbaye de S^Germain-des-Prés, et le cardinalat. Député à Rome pour suspendre l’excommunication dont le pape menaçait Henri VIII d’Angleterre, puis à Londres pour engager ce monarque à ne pas rompre avec le Saint-Siège , il fut également malheureux dans ces deux négociations. En 1536 , il concerta avec Anne de Montmorency la défense de la Provence contre Charles- Quint. En 1538, il signa la paix de Nice. Après la disgrâce de Montmorency , il eut la plus grande influence dans 1 Etat, augmenta la bibliothèque royale, protégea les gens de lettres et les savants, fonda le collège de Tournon, mais déploya une grande rigueur contre les Vaudois. A l’avènement de Henri II, les Guises l’éloignèrent, en lui faisant donner l’ambassade de Rome, où on le retint 8 ans. A son retour, promu à l’archevêché de Lyon , il se tint dans son diocèse, pour ne pas subir la loi de Diane de Poitiers, et y poursuivit avec ardeur les calvinistes. Envoyé de nouveau en Italie pour entraîner Paul IV dans la guerre contre Charles-Quint , il resta à Rome après sa mission , fut nommé évêque d’Ostie et doyen du Sacré-( ’ollége par Pie IV, retourna en France après la mort de Henri II, contribua à y faire recevoir les Jésuites, et figura aux Etats-Généraux de 1560, puis au Colloque de Poissy, 1561.
tournon (Charles-Thomas maillard de), cardinal, né à Turin en 1668, m. à Macao en 1710, fut légat du pape Clément XI aux Indes et à la Chine , 1701 , avec la mission d’interdire aux nouveaux chrétiens les usages contraires à la pureté de la foi catholique. Arrêté en 1707 par ordre de Khang-hi , empereur de la Chine , maltraité par les Portugais chargés de le garder, il mourut en prison. Ses Mémoires , en italien , ont été publiés par le cardinal Passionei , Rome , 1762, 8 vol. in-8°.
tournon ( Philippe-Camille-Casimir de Simiane , comte de), de la famille du cardinal, né & Avignon en 1778, m. en 1833, fut auditeur au conseil d’Etat dès 1806, et préfet du département de Home pendant le 1er Empire français, 1809-1814. Il devint, sous la Restauration, préfet de la Gironde, puis du Rhône, conseiller d’Etat, et pair de France en 1824. Il a publié : Eludes statistiques sur Home et la partie occidentale des Etals romains, Paris, 1831,2 vol., et atlas in-8°. C’est, en partie, l’histoire de l’administration de ce pays pendant l’occupation française ; en partie , une description du pays écrite souvent en style très-pittoresque.
tournon, Tornomagus , s.-préf. (Ardèche), à 30 kil. N.-N.-E. de Privas , port sur la rive dr. du Rhône; 4,069 hab. Tribunal de lre instance, lycée, bibliothèque. La ville et le territoire de Tournon furent possédés par les seigneurs du même nom jusqu’en 1644 , puis par les mai • sons de Montmorency, de Ventadour, et de Rohan-Soubise. Le château, qui sert maintenant de prison, s’élève sur un rocher au pied d’une montagne escarpée qui domine la ville, et d’où l’on découvre une partie du cours du Rhône, de celui de l’Isère, et les sommets des Alpes. L'église Sl- Julien est d'un beau style ogival. Deux ponts suspendus font communiquer Tournon à la petite ville de Tain, située sur la rive opposée du Rhône. A 4 kil. de la ville se trouvent les ruines d’un pont romain. Comm. de soie, vin de l'Ermitage et autres, bois de construction.
touknon-d’agenais, ch.-l. de canton i Lot-et-Garonne), arr. et à 25 kil. E. de Villeneuve- d’Agen , sur le Baudusson; 588 hab. Fabr. de serges. Anc. baronnie des comtes d’ Armagnac.
tournon-s aint-martin, ch.-l. de canton (Indre), arr. et â 14 kil. N. -O. du Blanc, près de la rive dr. de la Creuse ; 583 hab. Carrières de pierres de taille. Préparation de fromages de chèvre.
TOUKNOVO. V. Tournavos.
TOURNUS, Tinurlium caslrum, ch.-l. de canton ( Saôneet-I.oirei , sur la Saône, arr. et à 32 kil. N. de Mâcon; 4,352 hab. On y remarque l’église de S'-Philibert, anc. abbaye fondée au IXe siècle, avec une crypte. Tribunal de commerce. Fabr. de broderies sur tulle, chapeaux, couvertures de coton, soieries, eaux-de-vie. Comm. de soies, vins, pierres. Exploitation de marbre, sucrerie. Patrie de
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Greuze. Deux conciles furent tenus dans cette ville, en 949 et 115.
TOURON (Antoine) , dominicain, né en 1688 dans le diocèse de Castres , m. en 1775, consacra toute sa vie à la controverse et à l’histoire. On a de lui : Vie de St Thomas d'Aquin, Paris, 1737 , in-4° ; Vie de St Dominique , 1739, in-4° ; Histoire des hommes illustres de l'ordre de Sl-Uominique , j 1743-49, 6 vol. in-4°; De la Providence , 1752 , in-12 , traité historique et dogmatique; Histoire générale de l’Amérique, 1768-70, 14 vol. in-12, etc.
TOURON , TURON, TOURANE , en chinois ITan ou Koun-Han , v. de l’empire d’Annam (Cochinehine) ,| beau port sur la haie de son nom, dans la mer de Chine, à 102 kil. S.-E. de Hué. Fortifiée à l'européenne par des Français. La France, a qui elle avait été cédée en 1787, la occupée de 1858 (1er sept.) à 1860.
TUURÜUKH ANSJv , v. de la Russie d'Asie (Sibérie), gouvernement et à 850 kil. N. d’Iénisséisk , sur la rive g. de l’Iénisséi et à son confluent avec le Touroukhan; 1,000 hab. Comm. de pelleteries. — Fondée en 1622 sur l’empla- j cernent de l’ancienne Mangaseia.
TOUItOUVRE, ch.-l. de canton (Orne), arr. et à 13 kil. N.-E. de Mortagne; 597 hab. Verrerie.
TOURREIL ( Jacques de ) , littérateur, né à Toulouse en 1656 , d’un procureur-général au parlement de cette ville, m. en 1715, obtint deux prix d’éloquence à l’Académie Française en 1681 et 1683, traduisit les Philippiques , les Olynthiennes et autres discours de Démosthène, travail où l’on ne retrouve guère la physionomie des originaux , et devint membre de l’Académie des Inscriptions. Ses OEuvres ont été publiées à Paris, 1721, 2 vol. in-4° ou
TOURS , anc. Cæsarodunum et Turones. ch.-l. du département d’Indre-et- Loire , et autrefois capitale de la Touraine , sur la rive g. de la Loire , à 236 kil. S.-O. de Paris par chemin de fer; par 47» 23’ 47” lat. N. et 1° 38’ 35” long. O. ; 42,450 hab. Archevêché. Ch.-l. de la 18e division militaire, et de la 7e légion de gendarmerie. Succursale de la Banque de France. Direction des subsistances militaires. Trib. de lre instance et de commerce. Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie, lycée, école de dessin, bibliothèque, musée de tableaux, jardin botanique, cabinet d’antiquités et d’histoire naturelle. Société d’agriculture , sciences , arts et belles-lettres. Société archéologique. La ville, grande, assez bien percée, et dans une situation admirable , est traversée par une magnifique rue, à l’extrémité de laquelle est une statue en marbre de Descartes, et aboutissant au pont de la Loire, qui est un des plus beaux de l’Europe (435 mèt. de long sur 14 rnèt. 00 de large). On y remarque : la cathédrale de Sl-Gatien, bel édifice en style gothique, renfermant les tombeaux en marbre des enfants de Charles VIII ; l’abbaye de Sl-Julien; les églises de Sl-Pierre-des-Corps , St-fymphorien , Notre- Dame-la- Riche , et S'-Saturnin ; le palais archiépiscopal, le nouveau palais de justice, avec l’hôtel de la gendarmerie à droite, et le pénitencier à gauche, la chancellerie de Louis XI, la fontaine du Grand-Marché, l’hospice général, l’hôtel- de-ville, l'hôtel de la préfecture, la tour de Guise, le Mail. L’église de St-Martin, desservie par un chapitre dont le roi était abbé, et contenant le tombeau du saint, a été démolie en 1793; deux des tours de cette église, dites de Charlemagne et de St Martin ou de T Horloge, existent encore. Fabr. d’étoffes de soie, passementerie, bonneterie, rubans, draps, tapis, faïence, poterie vernissée; tanneries et amidonueries renommées, cireries, teintureries; grande imprimerie et librairie religieuse. Comm. actif de vins, laines, chanvre, grains, bougie, cuirs, pruneaux secs, etc. — Tours, capitale des Turones avant J. César, ch.-l. de la 3e Lyonnaise sous les Romains, fut prise par les Wisigoths en 428. Clovis les en chassa en 507 . Entre Tours et Poitiers eut lieu, en 732, la grande bataille dans laquelle Charles -Martel défit les Sarrasins. Après avoir appartenu aux comtes d’Anjou, qui devinrent rois d’Angleterre, Tours fut conquise par Philippe-Auguste en 1204. Des Etats-Généraux s’y tinrent en 1470. 1484, et 1506. La monnaie battue à Tours était plus faible en matière que celle de Paris; la livre tournois pesait 1/ 5e de moins que la livre parisis. Ce fut aux environs de Tours que Henri IV fit planter les x>remiers mûriers pour acclimater le vers à soie en France. Tours est la patrie de Gabrielle d’Estrées , Boucieaut , Ilapin, Grécourt, Destouches, Dutens, Bouilly, II. Balzac. B.
TOCRTELLE (Etienne), médecin, né à Besançon en 1756, m. en 1801, alla suivre les cours des écoles de Montpellier et de Paris , obtint en 1788 une chaire à l’université de Besançon, fut ensuite médecin principal de l’armée du Rhin , professeur à l’école de Strasbourg , 1794-98,
et médecin en chef de l’hôpital militaire de Besançon. On a de lui : Eléments d'hygiène, Strasbourg, 1797, 2 vol. in-8“; Eléments de médecine théorique et pratique, ibid. , 1799,
3 vol. in-8°; Eléments de matière médicale , Paris, 1802, in-8“; Histoire philosophique de la médecine, ibid., 1804, 2 vol. in-8°.
TOURTERON . ch.-l. de canton (Ardennes) , arr. et à 23 kil. N. -O. de Vouziers; 495 hab.
TOURTOL’KAI, v. de la Turquie d’Europe (Bulgarie); 8,000 hab. Entrepôt de sel importé de la Valachie.
TOURV1LLE (Anne-Hilarion de Cotentin, comte de), célèbre marin, né eu 1642, ;ï Paris, d’une ancienne famille de Normandie, m. en 1701, était fils d’un marécbal-decamp, qui le destina à la marine. Il entra dans l’ordre de Malte à 14 ans , fit avec distinction plusieurs campagnes contre les Barbaresques, et avait acquis une telle renommée par son courage, que Louis XIV voulut le voir et le nomma capitaine de vaisseau dès 1667. lourville prit part à l’expédition de Candie en 1669, servit sous le comte d’Estrées dans les guerres de 167 L à 1673 , notamment au combat de South-Bay, puis sous le chevalier de Valbelle envoyé en 1675 au secours des Messinois révoltés contre l’Espagne , mérita le grade de chef d'escadre en 1676 par sa brillante conduite à la bataille d’Agousta gagnée par Duquesne sur Ruyter, et, l'année suivante, commanda l’avant-garde de la flotte du marquis de Vivonne à la journée de Palerme. Après la paix de Nimègue, il prit part aux expéditions de Duquesne contre Alger et Tripoli , 1682, puis au bombardement de Gênes, 1683, et fut promu au rang de lieutenant-général des armées navales. En 1688, il retourna bombarder Alger, et fut créé vice-amiral des mers du Levant. En 1689, il reçut le commandement d’une escadre de 20 vaisseaux chargée de soutenir Jacques II d’Angleterre , et, en 1690 , captura deux convois considérables, près de l’ile de Wight et dans la baie de Tingmouth ( Devon). 11 devait, avec la flotte de Brest, se réunir à la flotte de Toulon, que commandait d’Estrées , et faire un vigoureux effort pour réparer les échecs de Jacques II : mais d’Estrées n’arriva pas ; lourville , provoqué par l’amiral anglais Russel en vue de La Hogue , livra bataille, malgré lui et sur l’ordre exprès de Louis XIV, avec 44 navires contre 88, fut vaincu après une lutte héroïque de 12 heures et malgré d admirables dispositions, et sut encore mettre à couvert dans les ports voisins les vaisseaux qui avaient pris part à cette bataille, 1692. Nommé maréchal de France en 1693 , il prit sa revanche à la hauteur du cap St-Vincent (Portugal! a la tête d’une escadre de 71 vaisseaux, et, en cette seule campagne, fit perdre aux ennemis plus de 80 bâtiments et environ 36 millions. La paix de Ryswick, en 1697, lui donna le repos que réclamait sa santé altérée. On a sous son nom des Mémoires, 1743 et 1758, 3 vol. in-12, œuvre mauvaise d’un abbé Magon. Mais le P. Lhoste, aumônier de sa flotte, rédigea par son ordre et sous ses yeux un Traité de la lactique navale. S.
TOUS, v. et riv. d’Asie. V. Thotjs.
TOUS-LES-SAINTS (Baie de), en espagnor Bahia-de- Todos-os-Santos , baie formée par l’Atlantique sur la côte du Brésil (Bahia); par 13“ lat. S., et 41“ long. O.; 35 kil. sur 28. Sur le bord E., se trouve la ville de Bahia. — baie du Mexique, sur la côte de la Nouvelle -Californie; par 31“ 47’ lat. N., et 118“ 47’ long. O.
TOUSSAINT (François- Vincent), littérateur, né à Paris vers 1715, m. en 1772, abandonna le barreau pour les lettres, rédigea les articles de jurisprudence dans les deux premiers vol. de l'Encyclopédie, publia, en 1748, un livre des Mœurs, exposition d’une morale naturelle, indépendante de toute croyance religieuse, le compléta, en 1662, par des Eclaircissements, que le Parlement fit brûler, s’enfuit à Bruxelles, où il rédigea., sous l’influence de l’Autriuhe, une Gazette française, puis à Berlin, où Frédéric II, qu’il avait naguère attaqué avec violence , lui donna la chaire de rhétorique et de logique à l’Ecole militaire, 1764, s’aliéna bientôt l'esprit du roi, et mourut dans l’oubli.
Toussaint I Fête de la), instituée en l'honneur de tous les suints, en 731, par le pape Grégoire 111, qui consacra, dans la basilique de St-Pierre, une chapelle en l’honneur de tous les saints, dont la fête fut toujours célébrée à Rome depuis cette époque. La Toussaint fut introduite en France par Grégoire IV, en 835. Elle se célèbre le 1er novembre. Un concile du xi“ siècle lui donna une vigile, et Sixte IV, en 1480, lui établit une octave. Les Grecs la célèbrent le dimanche après la Pentecôte. C’est l’une des
4 grandes fêtes reconnues en France par le Concordat. Odilon , abbé de Cluny, eut le premier l’idée, vers le commencement du xi* siècle , d’ajouter à cette fête des