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kilog. — En 1609 , Troïtzka fut bloqué pendant

16 mois par les Polonais; une paix entre la Russie et la Pologne y fut conclue en 1619. Ce fut là que Pierre le Grand, poursuivi par les Strélitz, chercha un asile. En 1764, lors de la sécularisation des biens des monastères, Troïtzka avait 107,000 serfs. Autrefois les tzars, avant la cérémonie de leur couronnement, venaient s’y recueillir et prier pendant trois jours. B.

TROJA, nom ancien de Troie.

troja, anc. Æcœ, v. du royaume d’Italie, dans la prov. et à 81 kil. S -O. de Foggia; 9,299 hab. Evêché. 11 s’y tint un concile sous Urbain II.

TROKI, v. de la Russie d’Europe, gvt et à 26 kil. S.- O. de Wilna ; 4,000 hab. Ch.-l. de district, fondé par Gedimin en 1321, et capitale delà Lithuanie avant Wilna.

TROLL (Gustave), archevêque d’Upsal,né vers la fin du XVe siècle, d’une des familles les plus puissantes du royaume, m. en 1535, fut nommé archevêque par l’influence de Stéiton Sture, administrateur de la Suède, néanmoins se déclara contre lui, l’excommunia, ainsi que ses partisans, et appela Christian 11, roi de Danemark ; mais il fut déposé par les Etats, vit son château rasé, et dut prendre la fuite. De retour après la mort de Sténon, il sacra Christian II en 1520, gouverna la Suède en l’absence de ce prince, ne put comprimer l’insurrection de Gustave Wasa

en 1523, et suivit encore les Danois dans leur retraite. Plus tard, il voulut tenter la fortune en Norvège, et y fut tué prés de Malmd. B.

TROLLHATTA, brg de Suède, dans le lân et à 24 kil. S. de Wenersborg, donne son nom à un canal latéral à la Gotha, creusé de 1794 à 1800.

TROMBETAS, riv. du Brésil (Para), coule au S., et se jette dans l’Amazone près d’Obidos ; cours de 5b0 kil.

TRÛMP (Martin), marin hollandais, né à La Brille en 1597, m. en 1653, servit sur mer dès l’enfance, fut pris à l’âge de onze ans par un corsaire anglais, qui l’employa comme mousse pendant deux ans, et, de retour dans sa pa trie, obtint un avancement rapide, malgré de nombreuses injustices. Lieutenant-amiral en 1637, il gagna sur les Espagnols la bataille des Dunes, 1639, avec des forces inférieures à celles de son ennemi , fit deux belles campagnes, 1651-52, contre les amiraux anglais Blake et Deane, qu’il combattit sur les côtes d’Angleterre, à Portland , Nieuport, Dunkerque, etc., et fut tué à l’affaire de Catwick.

tromp (Corneille), fils du précédent, né à Rotterdam en 1629, m. en 1691, se forma sous son père, fut capitaine dès l’âge de 21 ans, prit part aux batailles que Van Galen livra aux Anglais à Porto-Longone, 1652, et à Livourne, 1653, se fit remarquer encore dans la campagne de 1656, châtia les pirates algériens en 1662, devint lieutenant-général en 1665, et conçut de la jalousie contre Ruyter, à qui il dut presque aussitôt abandonner le commandement de la flotte hollandaise. Sur les plaintes de ce rival , qu’il laissa plusieurs fois exposé au péril , il fut privé de son grade. Après le meurtre des frères De Witt, 1672, la maison d'Orange, à laquelle il s’était dévoué, le réconcilia avec Ruyter. Il tenta en vain , en 1674, d’opérer une descente sur les côtes de France. Deux ans après, on le chargea de défendre le Danemark contre les Suédois, et il remplit cette mission avec succès. A son retour, il fut nommé lieutenant-amiral-général des Provinces-Unies. Il venait de recevoir le commandement de la flotte destinée à agir contre la France, lorsqu’il mourut. B.

TROMPETTE (Château) ou TROPEYTE, château érigé à Bordeaux, avec le fort du Hâ, pour maintenir la ville dans l’obéissance, après la réunion de la Guyenne à la couronne sous Charles VII. Il dominait la ville et commandait la rade. Il disparut lors des travaux de Vauban. Il était sur l’emplacement actuel des Quinconces.

TROMPETTES (Fête des), solennité des Hébreux, instituée, selon les uns, en mémoire du tonnerre que l’on entendit sur le Sinaï, quand Dieu y donna sa loi, et, selon d’autres, pour rappeler la délivrance d’Isaac , à la place duquel Abraham immola un bélier. On la célébrait en septembre.

TROMSOE, v. de Norvège, ch.-l. du Finmark, à 900 kil. N. -N.-E. de Drontheim , sur la côte E. de l’ile de son nom, par 69» 40’ lat. N., et 16» 28’ long. E.; 1.500 hab. Evêché. Port de commerce, protégé contre les vents d’O. par l’ile de Kvalo. — L’ile de Tromsoe, sur la côte N.-O. de Norvège, a 7 kil. sur 2, et 3,000 hab.

TRONCHET (François-Denis), né à Paris en 1726, m. en 1806, avocat médiocre au parlement de Paris, mais jurisconsulte sagace et profond, fut bâtonnier de l’ordre, député aux Etats-Généraux de 1789, prit une part active aux réformes faites par l’Assemblée, et fit rejeter le jury en matière civile par des considérations pleines de justesse. Louis XVI le choisit pour un de ses défenseurs. 11 fut député auConseil des Anciens, puis, sous le Consulat, Dr président du tribunal de cassation, et chargé de rédiger un projet de code civil avec Portalis, Maleville et Bigot de Préameneu. Imbu des principes du droit coutumier, il contribua à les faire admettre, de préférence à ceux du droit romain soutenus par les légistes du midi. En 1801, Bonaparte le nomma sénateur, avec la sénatorerie d’Amiens. Ed. T.

TRONCHIENNES , en flamand Drongen, brg de Belgique (Flandre orientale ), sur la Lys, à 4 kil. O. de Gand; 4,800 hab. Filature de coton , fabr. de garance ( dans une anc. abbaye de Prémontrés), chantiers de construction.

TRONCHIN (Théodore), médecin, né à Genève en 1709, m. en 1781, étudia à Cambridge, puis à Leyde sous Boerhaave, exerça son art à Amsterdam , où il épousa une petite-fille de Jean de Witt, retourna à Genève en 1750, et se fixa enfin à Paris, avec le titre de 1er médecin du duc d’Orléans. Il popularisa l’inoculation en France, et se fit un nom par sa charité envers les pauvres. Il a donné quelques articles de médecine à l'Encyclopédie. i

tronchin (Jean-Robert), jurisconsulte, parent du précédent, né à Genève eu 1711, m. en 1793, fut procureurgénéral dans sa ville natale. Lors des poursuites dirigées-

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contre l’Emile et le Contrat social de J.-J. Rousseau, il défendit la conduite du gouvernement cantonal dans des Lettres écrites de la campagne, auxquelles Rousseau répondit par ses fameuses Lettres de la montagne.

TROND (SAINT-), en flamand Sl-Truyen,\. de Belgique | Limbourg ) , à 15 lui. S. -O. de Hasselt; 10,000 hab. Petit séminaire; école normale primaire. Fabr. de dentelles et de tabac; tanneries, distilleries, brasseries, huileries. — Cette ville, capitale de la Hesbaye, tire son nom de S1 Trudon, qui y fonda une abbaye en 657. Elle fut prise par Charles le Téméraire en 1467, par les Français en 1704.

TRONDHJEM, nom danois de Drontiieim.

TRONQUIÈRE (La), cli.-l. de cant. (Lot), arr. et à 27 kil. N. de Figeac; 254 hab.

TRONSON DU COUDRAY (Guillaume-Alexandre), avocat, né à Reims en 1750, m. en 1798, eut des succès éclatants au barreau de sa ville natale, puis à Paris. Ennemi de la Révolution, il s’offrit , avec une courageuse persistance, cumme défenseur de Louis XVI ; il ne put être accepté, mais il prêta son talent à la reine Marie-Antoinette et à de nombreuses victimes du tribunal révolutionnaire. Membre du Conseil des Anciens, il se déclara ouvertement contre le Directoire et fut déporté à Cayenne, où il mourut. B.

TRONTO, anc. Truentus , riv. d’Italie, naît dans le Nord de la prov. d’Aquila; puis il coule au N., passe à Amatrice, et entre dans la prov. d’As oli, où il se jette dans 1 Adriatique ; cours de 100 kil. Il a donné son nom, sous Napoléon Ier, à un département italien; c'n.-l., Fermo.

TKOOST (Corneille), peintre, né à Amsterdam en 1697, m. en 1750, réussit également bien dans la peinture historique, la peinture de genre et le portrait. Sa composition est spirituelle, sa touche légère et facile, sa couleur délicate et transparente.

TROPEA, ville du royaume d’Italie (Province de Catanzaro), près de la baie de Sle-Eufémie, à 22 kilomèt. O. -N. -O. deMileto; 5,904 hab. Evêché. Belle cathédrale. Fabr. de soieries, couvertures de laine, toiles, canevas. Tanneries. Pêche de corail et de poisson. Le nom de cette ville signifie Trophée; les uns attribuent la fondation de la ville à Scipton l’Africain, qui l’appela ainsi en mémoire de ses succès en Afrique ; selon d’autres, elle fut bâtie par Sextus Pompée, e î mémoire d’une victoire sur Octave.

TROPEZ (SAINT-), ch.-l. de cant. ( Var), port sur le golfe de Grimaud, à 50 kil. S.-E. de Draguignan; 3,011 hab. Défendu par une citadelle. Trib. de commerce. Ecole d’hydrographie. Climat doux et salubre. Pêche de thon, anchois, sardines, corail. Construction de navires. Récolte de vins , oranges , miel , liège , marron? , olives. Bains de mer. — Sl-Tropez occupe peut-être l’emplacement de l’antique Heruclea Caccabaria , ruinée complètement aux vme, IXe et xive siècles, il fut repeuplé en 1470 par une petite colonie génoise; en 1592, il résista à une attaque du duc de Savoie. Patrie du général Allard.

TROPHÉE, Trophœum, c’était proprement, chez les anc. Romains, un monument de fuite (du grec tropè, fuite). On l’érigeait sur le champ de bataille, quand l’ennemi s’était dérobé, par la fuite aux suites de sa défaite. Il se composait d’une tour ou d’une pyramide en pierre , sur laquelle le vainqueur gravait son nom et le sommaire de ses exploits. Les historiens citent les trophées de Sylla, en Béotie; de Scipion, de Pompée, de César, sur les Pyrénées; ceux d’Auguste sur les Alpes, etc. Les consuls Domitius, Ænobarbus et Fabius Maximus, à la suite de la défaite des Arvernes et des Allobroges, l’an 632 de Rome, 121 av. J.-C., imaginèrent de couronner un trophée de monceaux d’armes des vaincus ; ce fut le 1er exemple de ce genre, et l’on a imité ces groupes d’armures sur les monuments d’art et dans la numismatique, comme figure symbolique de trophée. C. D — y.

TROPHIME ( Saint), disciple de S1 Paul, était d’Ephèse et païen. C’est le patron d’Arles. Fête, le 29 décembre.

TROPHONIUS. V. Agamède.

trophonius (Antre de), grotte voisine de Lébadée, où Trophonius avait péri. Apollon avait accordé à cet habile architecte, qui avait élevé son temple à Delphes, de rendre des oracles dans cette grotte. On n’y entrait que de nuit , par une ouverture très-étroite, où l’on descendait au moyen de petites échelles. Alors on trouvait une autre petite caverne, dont l’entrée était fort basse; on se couchait à terre, puis on se trouvait tout à coup entraîné au fond du souterrain : c’était là que l’avenir se déclarait. Ceux dont les prêtres soupçonnaient la foi, étaient, dit-on, mis à mort, et rejetés de l’antre par une autre issue. La plupart de ceux qui avaient consulté Trophonius revenaient

sombres et soucieux, tant les épreuves étaient effrayantes-

TROPIQUES, nom de deux cercles de la sphère, passant par les points solsticiaux, et parallèles à l’équateur, dont ils sont éloignés de 23» 28’ 30”. Ils servent de limite & l’écliptique, et c’est dans l’intervalle de ces deux cercles, appelé zone torride, que s’effectue le mouvement annuel apparent du soleil autour de la terre. Le Tropique de l’hémisphère septentrional, qui passe par le 1er point de la constellation du Cancer, et que le soleil atteint le 20 ou le 21 juin, est dit Tropique du Cancer; celui de l’hémisphère méridional, qui passe par le 1er point de la constellation du Capricorne, et que le soleil atteint le 20 ou le 21 décembre, est dit Tropique du Capricorne. Leur nom vient du grec tropè (action détourner), parce que le soleil, après avoir atteint le Tropique, semble retourner sur ses pas.

TROPPAU, v. forte des Etats autrichiens, située sur l’Oppa, près de la frontière de Prusse; 13,861 hab. Ch.-l. du gouvt (F. Silésie) et de cercle. Gymnase. École pour les fils de militaires ; bibliothèque, cabinet d’histoire naturelle, musée d’antiquités nationales. Ville bien bâtie, où l’on remarque un château des princes de Lichtenstein. Fabr. de draps, toiles, savon, papeterie; tanneries. 11 s’y tint, d’octobre à décembre 1820, un congrès pour mettre fin à la révolution napolitaine. — Le cercle de Troppau; dans l’O. de la Silésie, a 2,755 kil. carrés, 135 kil. sur 24, et 250,000 hab. Sol peu fertile; beaucoup de montagnes, où l’on trouve du fer, du marbre et des ardoises. Elève de moutons et de chevaux.

TROS,fils d’Erichthoniuset d’Astyoché, régna sur Troie, qui prit son nom, et fit la guerre à Tantale, roi de Phrygie. Il eut, de Callirlioé, Ilus, Assaracus, et Ganymède.

TROSSULES, Trossuli, surnom donné aux chevaliers de l’anc. Rome, pour avoir pris Trossula, ville d’Etrurie, sans le secours de l’infanterie. Longtemps après , quand les descendants de ces hommes intrépides cessèrent de servir dans l’armée, le surnom de Trossules leur fut appliqué comme un reproche ou comme une raillerie, et par antiphrase : il désigna les élégants, les oisifs, qui ne savaient que faire les beaux sur les promenades de Rome.

TROTTI (Jean - Baptiste) , peintre, né à Crémone en 1555, m. après 1602, eut un style riant et un coloris éclatant, et donna à ses têtes une beauté ravissante. Ses œuvres les plus connues sont : la Décollation de St Jean, à S'-Dominique de Crémone ; Ste Marie égyptienne repoussée du Temple, dans l’église S‘-Pierre de la même ville; deux tableaux de la Conception de la Vierge, aux églises S ^François et St-Augustin de Plaisance. B.

TROUBADOURS (du provençal troubar, trouver, inventer), nom donné aux poètes du midi de la France aux XIe, xne et xme siècles, à ceux qui employèrent la langue d’Oc. Ils ont cultivé particulièrement deux genres : 1» la poésie lyrique , à laquelle appartiennent les canzones, les tensons, les plaints, etc.; 2e la poésie satirique, dont les œuvres sont désignées par le nom de sirventes. Les troubadours allaient de château en château, récitant leurs vers avec accompagnement de quelque instrument , ou se faisaient suivre d’un jongleur ( V. ce mot ) qui les chantait. De temps à autre, ils soutenaient, dans des jeux-partis, des luttes poétiques l<*s uns contre les autres devant des Cours d'amour ( V. ce mot). Parmi les troubadours , on cite Guillaume IX d’Aquitaine, Richard Cœur-de-Lion, roi d’Angleterre, Bertrand de Born, Bernard de Ventadour, Sordello de Mantoue, Pierre Vidal, Pierre Cardinal, Geoffroy Rudel, Arnaud Daniel, etc. La guerre des Albigeois, en portant atteinte à l’indépendance du Midi, frappa du même coup la poésie provençale, que les Jeux Floraux [V. ce mol), créés au commencement du xive siècle, ne purent ranimer, V. Millot, Hist. des troubadours, 1774, 3 vol. in-12. B.

TROUBLES (Conseil des). V. Conseil.

TROUVÈRES , c.-à-d. inventeurs, nom donné aux poètes du nord de la France, du xie afe xve siècle, à ceux qui se servirent de la langue d’Oi'i. Le genre qu’ils ont le plus cultivé est la poésie héroïque ou épique, et leurs œuvres forment des cycles de romans chevaleresques (V. Cycle). Ils écrivirent aussi des romans allégoriques, satiriques et moraux ( le Roman de la Rose, le Roman du Renaî t , le Dolopathos, le Castoiement, la, Bible Guyol, etc. ), une quantité considérable de fabliaux, contes, lais, ballades, chansons, etc. La langue des Trouvères , qui a surtout contribué à former le français moderne, est beaucoup moins harmonieuse et moins châtiée que celle des Troubadours; leurs poèmes offrent aussi bien plus de choses fastidieuses. La littérature des Trouvères a surtout fleuri dans la monarchie anglo - normande. Les noms les plus connus sont ceux d’Auboin de Sézanne, Huon de Villeneuve, Jean Bodel Alexandre de Bernay , Lambert li Cors , Chrestiens de

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Troyes, Robert Wace, Marie de France, Rutebœuf, Guillaume de Lorris, Jean de Meung, Thibaut de Champagne, etc. V. l’abbé De La Rue, Essais historiques sur les bardes, les jongleurs et les trouvères normands et anglo-normands, Caen, 1834, 3 vol. in-4c. B.

TROUVILLE-SUR-MER, vge (Calvados), arr. et à 12 kil. N.-E. de Pont-l’Evêque, sur la rive dr. et à l’embouchure de la Toucques dans la Manche, avec un petit port; 4,739 hab. Bains de mer très-fréquentés. Bêche des huîtres et du hareng.

TROWBRIDGE, v. et paroisse d’Angleterre (Wilts), surlaWare, à 34 kil. N. -O. de Salisbury, 14 S.-E. de Bath; 12,000 hab. Fabr. de draps et lainages.

TROY, v. des Etats-Unis (New-York), à 11 kil. N. d’Albany, sur la rive g. de l’Hudson; 39,200 hab., et, avec West-Troy sur l’autre rive, 48,053. Arsenal. Ville manufacturière de 1er ordre , fonderies, usines à fer, fabr. de wagons, filât, de laine, coton; minoteries, papeteries, etc.

TROYEN (Jeu). V. Troïen.

TROYES, Augustobona, Civilas Tricassium, Trecœ, ch.-l. du départ de l’Aube, à 167 kil. E. -S.-E. de Paris, sur la rive g. de la Seine, par le chem. de fer de Mulhouse; par 48° 18' 3" lat. N., et 1° 44' 41" long. E. ; 35,678 hab. Evêché suffragant de Sens. Ch.-l. du 8e arrond. forestier. Trib. de lre inst.ct de commerce, lycée, école normale primaire, école de dessin, bibliothèque, cabinet d’histoire naturelle et d’antiquités, musée de tableaux. Société d’agriculture, sciences, arts et lettres. Succursale de la Banque de France. Ville presque entièrement construite en bois; on y remarque la belle cathédrale de S‘-Pierre, commencée au xme siècle, achevée au xvie, l’ancienne collégiale <le SMJrbain, l’église gothique de Sl-Pantaléon, celles de Ste- Madeleine, avec un beau jubé du xvie siècle, de Sl-Jean, et de SGRemi, où est un Christ deGirardon. On remarque aussi l’hôtel-de-ville , dont la façade est due à Mansard, l’évêché, la préfecture, la belle promenade du Mail, la halle au blé, dont la charpente est un chef-d’œuvre, les boucheries, l’hôpital. Fabr. de bonneterie de coton, tricots, toiles, basins, coutils, piqués; filât, de laine et de coton; teintureries, tanneries, etc. Charcuterie renommée. Connu, de grains, bois, vins, etc. — - Troyes, ancienne cité gauloise, capitale des Tricasses , fut comprise par les Romains dans la Gaule celtique, puis dans la 4e Lyonnaise. Au ve siècle, S* Loup, un de ses premiers évêques, obtint d’Attila qu’il l’épargnât. Mais les Normands la saccagèrent en 889. Rétablie bientôt, elle devint la capitale du comté de Champagne, et reçut, en 1230, de Thibaut IV le Chansonnier, une charte de commune, et de grands privilèges pour son commerce et son industrie. Mais ses libertés lui furent peu à peu retirées ; la guerre anéantit presque son commerce ; elle tomba au pouvoir de Jean -sans- Peur en 1415, et Isabeau de Bavière y transféra le Parlement de Paris en 1420. Charles VII, conduit par Jeanne d’Arc, y entra en 1429. Louis XI lui octroya une nouvelle charte de commune. Les troupes d’Henri IV, repoussées en 1590, y entrèrent en 1595. Le Parlement d'e Paris y fut exilé pendant l’année 1787. En 1814, Troyes, placée au milieu des opérations stratégiques, fut occupée plusieurs fois par les souverains alliés et par Napoléon Ier, et souffrit beaucoup. Patrie du trouvère Chrestien, du pape Urbain IV, du chancelier Juvénal des Ursins, des deux Pithou, du poète Passerat, de Grosley, Mathieu Molé, Girardon, Mignard, Laveaux, Simart.

troyes (Traité de), le 21 mai 1420, entre le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, et les Anglais. Henri V d’Angleterre y était reconnu régent de France jusqu’à la mort de Charles VI, dont il épousait la fille Catherine, et auquel il devait succéder comme roi de France. Le Dauphin (plus tard Charles VII) était déclaré illégitime par sa mère Isabeau de Bavière.

TRUANDS, c.-à-d. vagabonds , gueux, nom des habitués de la Cour des miracles (K. ce mot).

TRUBAU. V. Tribau.

TRUBIA, vge d’Espagne (Asturies), prov. et à 12 kil. S. d’Oviédo, au confluent du Trubia et du Nalon. Grand établissement royal pour la fonte des canons et la fabrication d’armes et munitions de guerre, fondé en 1794, et rétabli en 1844.

TRUBLET (Nicolas-Charles-Joseph), compilateur non dépourvu de goût, mais esprit infécond et écrivain maniéré, né à S'-Malo en 1697, m. en 1770, fut arehiprêtre et chanoine de cette ville, trésorier de l’église de Nantes, et membre de l’Académie française en 1761. On a de lui : Essais de littérature et de morale, 1736, in-12, ouvrage estimable; Panégyrique des saints, 1755, in-12; Mémoires sur la vie et les ouvrages de Lamotte et de Fontenelle, 1761, in-12.

Voltaire, qu’il avait critiqué, l’a peint en raccourci dans les trois vers si connus de sa satire le Pauvre Diable :

Au peu d’esprit que le bonhomme avait,

L’esprit d’autrui par supplément servait;

Il compilait, compilait, compilait.

Néanmoins Trublet a eu sur les opinions et les mœurs dominantes du monde, sur l’esprit du jour, des vues qui démêlaient plus distinctement qu’on ne l’avait fait encore, ce qui s’y trouve de faux et de dangereux. « Il serait facile , dit Suard , d’extraire de ses observations et de ses maximes un recueil, petit à la vérité, qu’on jugerait formé, non de l’esprit de l’abbé Trublet, mais de celui de La Rochefoucauld ou de La Bruvère. »

TRUCCIA. V. Droizy.

TRUCHSESS DE WALDBOURG (Gebhard), prélat allemand, de la famille de Waldbourg, dans laquelle la charge de maître d’hôtel (truclisess) de l’Empire était héréditaire, m. en 1601 , devint archevêque-élêeteur de Cologne en 1577. S’étant épris d’Agnès de Mansfeld, chanoinesse de Gueriehen, il l’épousa en 1582, embrassa le luthéranisme , voulut l’imposer à son diocèse , et prétendit séculariser l’électorat. La ville et le chapitre se déclarèrent contre lui , le pape l’excommunia , et Ernest , électeur de Bavière, aidé des Espagnols, le chassa de l’électoi’at, 1583. Il se réfugia à Bonn, d’où il fut encore expulsé, puis en Hollande, où il fit la campagne de 1586 sous les ordres du comte de Leicester, et enfin à Strasbourg, où il mourut misérable.

TRUCHTERSHEIM , ch.-l. de canton (Bas-Rhin), arr. et à 20 kil. N.- O. de Strasbourg ; 693 hab.

TRUDAINE. V. Supplément. *

TRUENTUS, nom ancien du xronto.

TRUGENHOFEN , vge de Wurtemberg (Iaxt) , près de Neresheim ; 300 hab. Beau château des princes de Touret-Taxis.

TRUGUET (Laurent-Jean-François), marin français, né en 1752 à Toulon , m. à Paris en 1839. I ils d’un chef d’escadre , directeur du port de Toulon , il entra dans la marine à 15 ans, et fit toute la guerre de 1778-83 sous D’Estaing, de Grasse , etc. De 1784 à 1789, il commanda une corvette dans le Bosphore , et fit l’hydrographie des Dardanelles et de la mer de Marmara. Pour aider à la réforme de la marine chez les Turcs , il rédigea un Traité pratique de manœuvre et de tactique , qui est encoi'e en usage dans le Levant. On le chargea ensuite de négocier un traité de commerce avec le bey de Tunis. Contre-amiral en 1791, il commanda, l’année suivante, les forces de toute la Méditerranée, seconda les opérations de l’armée de terre contre le Piémont, contribua à la prise de Nice , châtia la trahison d’Oneille , mais échoua contre Cagliari par suite de l’insubordination de ses troupes. Appelé à Paris en 1793 pour rédiger des plans de campagne , il fut incarcéré comme suspect jusqu’à la chute de Robespierre. Vice-amiral en 1794, ministre de la marine de 1795 à 1797, il la réorganisa selon la loi de brumaire an iv, et arma, de concert avec le général Hoche, une flotte destinée à agir en Irlande. £1 fut ambassadeur en Espagne après le 18 fructidor, tomba en disgrâce par suite de sourdes intrigues , se retira en Hollande , revint après le 1 8 brumaire , refusa le portefeuille de la marine que lui offrait le premier consul Bonaparte , et , en 1802 , a ccepta le commandement des escadres de France et d’Espagne réunies à Cadix. Destitué pour refus d’adhésion à l’Empire, il fut investi, en 1808, de la haute administration de la marine en Hollande , et sauva la flotte du Texel en 1813. Après les Cent-Jours, Brest lui fut confié , et il le préserva des étrangers. On ie nomma pair en 1819 , et amiral en 1831. V. son Éloge , prononcé à la Chambre des pairs, en 1840, par l’amiral Roussin.

TRUJILLO ou TRUXILLO , anc. Tunis Julia , Castra Julia, ou Scalobis , v. d’Espagne ( Estramadure ) , dans la province et à 45 kil. E. de Cacérès; 7,500 hab. Collège. Fabr. de cuirs et de toiles. On y remarque les palais San- Carlos et de la Conquista, l’église SGMartin , et la maison de Pizarre , qui y est né , ainsi que Garcia de Parédés et Orellana. — Cette ville fut prise sur les Maures en 1233.

Trujillo ou truxillo, v. de l’Amérique centrale (Honduras), ch.-l. de la prov, de son nom , près de la baie de Truxillo, dans la mer clés Antilles, sur laquelle elle a un port , à 355 kil. N. -O. de Comayagua, par 15» 51’ lat. N et 88» 28’ long. O. ; 4,000 hab. Fondée par Las Casas en 1524 , prise et détruite par les Hollandais en 1643 , elle a eu peine à se relever depuis.

TRUJILLO ou truxillo , v. de la république de Vénézuéla, ch.-l. de la province de son nom, à 240 kil. S.-E. de Maracaibo , par 9° lat. N. et 72° 35’ long. E. ; 8,000 hab.

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