LÉON DE CARACAS. V. CARACAS
LÉON ( SAINT-POL DE). V. POL-DE-LEON (SAINT-). LÉON 1er, dit le Thrace, l'Ancien ou le Grand, empereur d’Orient , 457-474 , fut élevé à l’empire , après la mort de Marcien, par le crédit du patrice Aspar, qui, l’ayant eu pour intendant, pensait s’en faire une créature. Léon, fatigué de ses exigences, le fit massacrer sous ses yeux, 471. H fut, du reste, zélé pour la foi orthodoxe, exclut des charges quiconque n’en faisait pas profession, et renouvela les dispositions prises par Marcien contre les eutychéens. Il retira des mains de Genséric, roi des Vandales, Eudoxie, veuve de l’empereur d’Occident Valentinien IH. S.
léon il le Jeune, empereur d’Orient, 474, petit-fils du précédent par sa mère Ariadne , femme de Zénon l’Isaurien , lui succéda , à l’âge de 4 ans , avec Zénon pour collègue ; mais il ne survécut que dix mois à son aïeul. S.
LÉON ni l’Isaurien, empereur grec, 717-741, était né en Isaurie d’une famille obscure , fit son chemin dans la milice, et parvint aux premiers grades sous Anastase IL I. succéda à Théodose III, et soutint contre les Arabes le troisième siège de Constantinople, 717-718. Ce fut lui qui, le premier, déclara la guerre au culte des images, en 726. Excommunié par les papes Grégoire II et Grégoire IH , il
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vit les iles de l’Archipel et l’exarchat de Ravenne en Italie se révolter contre lui, et envoya inutilement contre les rebelles une flotte, qui fit naufrage dans la mer Adriatique.
LÉON iv le Khazare, empereur d’Orient, 775-780. Ce surnom lui vint de sa mère , qui était fille d’un khan des Khazares. Il succéda à son père Constantin Ccpronyme, épousa la célèbre Irène, et mourut lorsqu’il allait reprendre la lutte contre les partisans du culte des Images. S.
LÉON v l’Arménien, empereur grec, 813-820. Il avait pris la place de Michel Rhangabé ; Michel le Bègue le renversa à son tour. Il avait repoussé les Bulgares pour longtemps ; mais, à l'intérieur, ce fut un violent iconoclaste et un rude persécuteur des moines. S.
LÉON vi le Sage ou le Philosophe, empereur d’Orient, 886-911, succéda, à l’âge de 19 ans, à son père Basile Ier, et, bien qu’associé à son plus jeune frère Alexandi'e, s’occupa seul du gouvernement. 11 déposa une 2e fois Photius, 886, qu’il regardait comme son ennemi, s’attira les armes de Siméon, roi des Bulgares, éprouva de sanglants revers, 889 , et excita contre ce prince les Hongrois , mais sans succès. Ce fut sous son règne que les Russes parurent pour la première fois devant Constantinople, 906-911. Il ne put tenir tête aux Sarrasins d’Asie et d’Afrique , qui vinrent saccager Thessalonique en 904. Léon acheva le recueil des Basiliques ( V. ce mot) commencé par son père , et qui a été publié par Fabrot, 1647. Il a aussi laissé un Traité de Tactique, publié par Meursius, Leyde, 1612, et traduit en français par M. de Maizeroy, 2 vol. in-8°; et seize Prédictions, publiées par Rutgers. Léon VI s’était fait excommunier par le patriarche de Constantinople pour un 4e mariage, dont il eut Constantin VII, 905. S.
LÉON I, prince arménien de la dynastie des Roupéniens, 1123-44, succéda à son frère Théodose Ier, et fit avec succès la guerre aux Grecs. Baudouin , comte d’Antioche , paya cher la perfidie qu’il avait montrée en l’arrêtant dans un festin : Léon lui enleva un grand nombre de villes, jusqu’à ce que les Latins effrayés l’eussent apaisé par des présents. L’empereur grec, Jean II Comnène, inonda l’Arménie de ses troupes, s’empara de Léon par trahison, et l’emmena à I Constantinople , avec ses deux fils Roupen et Thoros , 1137. C— a.
LÉON il, dit le Grand, 1er roi arménien de la dynastie des Roupéniens, 1.185-1219, succéda à son frère Roupen II, rebâtit la ville de Sis, y établit sa résidence, construisit des hôpitaux et des églises, aida l’empereur Frédéric Ier Barberousse dans la conquête de la Terre-Sainte, et, avec l’assentiment de Henri VI, successeur de ce prince, et du pape Célestin III, fut couronné roi de toute l’Arménie, 1198. Le calife de Bagdad et l’empereur d’Orient Alexis l’Ange l’en félicitèrent par de riches présents. Léon épousa la fille de Gui de Lusignan, roi de Chypre. C — A.
LÉON m, roi d’Arménie, 1269-89, succéda à son père Hétoum Ier, établit sa résidence à Tarse, l’embellit, bâtit des églises, des écoles et des hôpitaux, répara les dommages causés par des Sarrasins, les battit, et les expulsa complètement.
léon iv, roi d’Arménie, ÎSOS-ISOS , fils de Thoros III, succéda à son oncle Hétoum II, et fut tué par Bilarghou, général mongol.
léon v, roi d’Arménie, 1320-42, succéda à son père Oschin à l’âge de 12 ans, et vit son royaume continuellement désolé par les discordes civiles et par les invasions impunies des Mamelouks, des Tatares et des Turcomans.
léon vi de Lusignan, roi d’Arménie, 1365-93, né d’une mère arménienne , et proche parent de Pierre , roi de Chypre , envoya contre les Mamelouks , en Cilicie, soir connétable Libarid, qui fut tué, et paya, pour obtenir la paix, une forte somme d’argent. Comme il députa des ambassadeurs en Europe pour armer les princes chrétiens, les Mamelouks recommencèrent la guerre. Sis, capi- ! taie de l’Arménie, fut brûlée, 1371 ; Léon, vaincu et blessé, se réfugia dans des montagnes inaccessibles, où il se tint longtemps caché. On le crut mort; mais il revint dans Tarse en 1373, au moment où sa femme Marie, parente de S1 Louis, allait épouser Othon, duc de Brunswick, qui devait être couronné roi d’Arménie. Les Mameluks revinrent en 1374, dévastèrent le pays, et contraignirent Léon à se renfermer dans la forteresse de Gaban, où, après 9 mois de résistance, il dut capituler, 1375. Au mépris des conventions, il fut enchaîné avec toute sa famille, et conduit au Caire. Il écrivit de sa prison au pape et à Jean Ier, roi de Castille, lequel finit par obtenir sa délivrance, 1382. Léon se rendit à Jérusalem, y laissa la reine, alla à Rome, en Castille, en France, et mourut à Paris. Il fut enterré dans l’église des Célestins, où l’on voit encore son tombeau. Son buste est au Musée de
I Versailles. Avec lui s’éteignit la dynastie des Roupéniens. C — A.
léon Ier (saint), le Grand, pape de 440 à 461, né à I Rome ou en Toscane, expulsa de Rome les manichéens, condamna les erreurs des nestoriens, des eutychéens, d°s priscillianistes et des pélagiens, approuva les actes du j concile de Chalcédoine tenu en 451, excepté celui qui donj nait au siège de Constantinople la prééminence sur ceux d’Antioche et d’Alexandrie, alla au-devant d’Attila , roi des Huns , qui envahissait l’Italie en 452 , le dissuada de marcher sur Rome, mais ne put empêcher Genséric, roi des Vandales, de piller cette ville, en 455. Fête, le 11 | avril à Rome, le 10 novembre à Paris. Les Œuvres de . S1 Léon, comprenant 96 sermons, 141 lettres, un traité sur la vocation des Gentils, et un code des anciens canons,
J ont été publiées par le P. Quesnel, 1675, 2 vol. in-4°, et par le P. Cacciari, Rome, 1751-53-55, 3 vol. in-fol. Les sermons ont été trad. en franç. par l’abbé de Bellegarde, Paris, 1701. B.
LÉON il (saint), pape de 682 à 683, Sicilien, traduisit du grec en latin les Actes du 6e concile œcuménique, soutint avec fermeté ses droits contre l'exarque de Ravenne, veilla à la discipline de l’Eglise, perfectionna le chant grégorien, composa quelques hymnes, et institua l’aspersion de l’eau bénite sur le peuple. Fête, le 28 juin. B.
LÉON ni, pape de 795 à 816 , Romain, succéda à Adrien Ier, fut assailli, au milieu d’une procession en 799, par une bande de conjurés , que dirigeaient Pascal et Campule, neveux de son prédécesseur, endura toutes sortes d’outrages, fut enfermé dans le monastère de Sl-Etienne, s’en échappa, trouva un asile en France auprès de Charlemagne, qui lui fournit une escorte pour rentrer en maître dans Rome, et, en 800, sacra le roi frank empereur d’Occident. Une nouvelle conspiration fut étouffée en 815. On a de Léon III treize Lettres, insérées dans les Collections des conciles. L ’Enchiridion contra omnia mundi pericula , imprimé sous son nom, Rome, 1525 , et Lyon, 1601, 1633, est un ouvrage apocryphe. B.
léon iv, pape de 847 à 855, Romain, défendit les Etats de l'Eglise contre les Sarrasins, fit réparer l’église St-Pierre dévastée par ces barbares, et entoura de murs tout un quartier, qui a gardé le nom de cité Léonine. C’est après sa mort qu’on a placé la fable de la papesse Jeanne.
LÉON v, pape en 903, né à Ardée, ne régna que 40 jours, et mourut de chagrin dans la prison où l’avaient jeté quelques séditieux.
LÉON vi, pape de 928 à 929, était Romain. léon vu, pape de 936 à 939, Romain, se déclara contre le mariage des prêtres.
léon vin, pape de 963 à 965, élu au concile de Rome par l’autorité de l’empereur Othon le Grand , du vivant même de Jean XII , fut chassé par ce rival , revint après qu’il fut mort, mais eut à lutter contre un autre compétiteur, Benoît V. Léon VIII est regardé comme intrus.
LÉON ix (saint) , nommé d’abord Brunon , né à Dachsbourg'd’un comte alsacien, en 1002, m. en 1054, était évêque de Toul , lorsque l’empereur Henri III , son cousin , le choisit pour succéder au pape Damase II, 1048. D’après le conseil d’Hildebrand, prieur de Cluny (Grégoire VII), qu’il nomma cardinal peu après, il se fit élire, en arrivant à Rome , par le clergé et le peuple , 1049 , pour montrer que le choix impérial, qui tendait à remplacer l’élection canonique, ne pouvait en tenir lieu, et n’était qu’une sorte de recommandation. Sa suzeraineté temporelle fut notablement agrandie. En échange de nombreux domaines que le saint-siège possédait en Allemagne, Henri HI lui donna le duché de Bénévent, qui toutefois resta à ses princes comme feudataires , 1052. Battu , l’année suivante , à Civitata par le normand Robert Guiscard, qui, en empiétant sur ce duché, était devenu l’ennemi du saint-siège, il accepta l’hommage que ses vainqueurs lui offraient , en échange de l’investiture des conquêtes faites par eux dans la Fouille, et à faire en Calabre et en Sicile, 1054. Mais en même temps sa suprématie spirituelle s’amoindrissait par la séparation définitive de l’Eglise grecque, alors dirigée par le patriarche Michel Cérularius. Fête, le 19avril. R.
léon x ( Jean de Médicis), 2e fils de Laurent le Magnifique, né à Florence en 1475, cardinal à 13 ans, succéda à Jules II en 1513. Il fut tout à la fois un pape zélé, un souverain habile, et l’un des plus ardents promoteurs du mouvement littéraire et artistique de l’Italie au xvie siècle. Tandis qu’il cherchait, comme pape, à réformer l’Eglise par les décrets du concile de Latran, 1512-17, qu’il se réjouissait d’avoir, en 1516, remplacé en France la Pragmatique-Sanction par le Concordat ( V. ces mots), et fait conclure à Cambrai, contre les Turcs , un traité d'alliance entre les quatre grau-
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des puissances de l’Europe, 1517, la prédication des indulgences , dont le produit devait servir à terminer la basilique de St-Pierre, devint en Allemagne, en 1517, l’occasion de la révolution religieuse opérée par Luther : elle allait séparer du saint-siège une partie de l’Europe, et ce fut en vain que Léon X condamna, en 1520, les hérésies du réformateur. Comme souverain, au milieu des rivalités entre les Espagnols , maîtres de Naples, et les Français, toujours avides du Milanais , et malgré la fidélité souvent douteuse des feudataires du saint-siège ( V. Urbin et Rovère), il sut conserver sans perte sa souveraineté temporelle , et l’augmenta même de Modène , qu’il acheta , en 1514, à l’empereur Maximilien. D’abord hostile à Louis XII, comme il l'avait été sous Jules II, il conclut à Malines, 1513 , avec les ennemis de la France, une ligue nouvelle , dont François Ier le punit, après Marignan, en lui imposant un traité qui lui enlevait Parme et Plaisance, 1515. En 1519, il essaya en vain de faire échouer les prétentions des rois de France et d’Espagne à la couronne impériale, comme également dangereuses pour la liberté de l’Europe, l’indépendance du saint-siège et le repos de l’Italie. Reprenant alors la politique de Jules II, qui était de chasser les étrangers , les barbares , les uns par les autres , il offrit sans succès à F rançois Ier d’attaquer en commun le royaume de Naples. Repoussé par la France, il se rattacha à la cause de l’empereur, dont le rapprochaient naturellement le désir de réprimer en Allemagne la réformation religieuse et celui de recouvrer Parme et Plaisance, contribua aux revers des Français dans le Milanais, et mourut au milieu du bonheur que lui apporta la nouvelle de la reprise de ces deux villes, 1521. Digne enfant des Médicis, élevé au milieu des savants les plus célèbres , des Chalcondyle, des Marsile Ficin, des Pic de La Mirandole, des Politien , il mérita , par son amour pour les lettres et les arts, l’honneur de donner son nom à cette époque brillante où l’Italie offrait, au-dessous de Machiavel, de Guichardin et de l’Arioste , des littérateurs comme Berni , Bibbiena, Paul Jove, Sannazar, Vida, Sadolet, Bembo, et, au-dessous de Bramante, de Michel-Ange et de Raphaël, des artistes comme Bandinelli, Jules Romain, Léonard de Vinci, le Titien, André del Sarto et le Corrège. — L’histoire de Léon X, écrite en latin par Fabroni, Pise, 1797, en anglais par Roscoe, Londres, 4 vol. in-4°, 1805, trad. par Henry, Paris, 4 vol. in-8°, 1813, l’a été en français par M. Audin, Paris, 2 vol. in-8°, 1844, et 2 vol. in-18, 1850. Tous s’accordent à reconnaître en lui, sinon une vio austère, du moins une pureté exemplaire de mœurs, et à rejeter les accusations scandaleuses et sans fondement dont on a voulu flétrir sa mémoire. R.
LÉON xi ( Alexandre-Octavien de Médicis), fut pape 27 jours, en 1605.
léon xn ( Annibal della genga), né à la Genga près Spolète en 1760, pape de 1823 à 1829, détruisit les bandes de voleurs des environs de Rome, et s’efforça, sans grand succès, d’arrêter dans ses Etats l’extension toujours croissante des sociétés secrètes, que son encyclique de 1825 dénonçait au monde chrétien. Tout en diminuant les impôts, il améliora la situation du trésor, et releva le crédit. M. Artaud de Montor a écrit son Histoire, Paris, 2 vol. m-8°, 184.3. R.
léon , antipape sous le nom de Grégoire VI, fut, après la mort du pape Sergius IV, 1012, le compétiteur de Benoit VIII, l’expulsa de Rome, mais fut chassé à son tour par l’empereur Henri IL
léon (Ponce de). V. ponce.
léon le diacre, historien du xe siècle, né à Caloé (Ionie) , étudia à Constantinople, suivit l’empereur Basile II dans une guerre contre les Bulgares, et écrivit une histoire des événements dont il fut le témoin, de 959 à 975. Cet ouvrage, complément de la Byzantine, a été publié par M. Hase, Paris, 1819, in-fol.
léon le grammairien , un des auteurs de l’Histoire byzantine, a écrit, au commencement du xie siècle, sous le titre de Clironographia , l’histoire des empereurs d’Orient, de 813 à 949. Ce livre a été publié, avec trad. latine, à la suite de Théophane, Paris , 1655, in-fol., et traduit en français par le président Cousin.
LEON de marsi , moine du Mont-Cassin au xn« siècle, cardinal et évêque d'Ostie, composa les Chroniques du mont Cassin, en 3 livres, auxquels Pierre Diacre en ajouta plus tard un 4e, qui conduit l’histoire de ce couvent jusqu’en 1138. Ces chroniques ont été publiées à Paris, 1603 et 1668, in-fol., avec celle d’Aimoin, et dans le recueil de Muratori.
léon d’orviéto, moine du xni* siècle, a laissé 2 Chroniques, l’une des papes, qui se termine en 1314, l’autre
des empereurs, qui ne va que jusqu’à 1308. J. Lami les a insérées dans ses Deliciæ eruditorum, 1737.
léon l’africain ( Jean ) , géographe arabe du xvie siècle, né à Grenade , fut élevé à Fez, visita, soit comme chargé d’ambassades, soit comme voyageur, une grande partie de l’Afrique septentrionale, l’Arabie , la Syrie , la Perse, l’Arménie, etc., fut pris à son retour par des corsaires chrétiens, 1517, présenté au pape Léon X, qui lui fit embrasser la religion chrétienne, et enseigna l’arahe à Rome. Il écrivit en arabe une Description de l'Afrique, et en donna lui-même une traduction italienne, insérée dans le Recueil de voyages de Ramusio. Cet ouvrage, que l’on estime encore maintenant, a été traduit en latin par Florius , Anvers , 1556 , et en français dans le Recueil de voyages de Temporal, Lyon, 1556. Léon l’Africain a aussi laissé un Vocabulaire arabe et espagnol, resté en manuscrit à la bibliothèque de l’Escurial.
LÉON de modène , célèbre rabbin, né vers >574, m. en 1654, a laissé, entre autres ouvrages : Biblia rabbinica, Venise, 1610, 4 vol. in-fol.; Dictionnaire hébreu-italien, Padoue, 1640, in-4°; Histoire de la Pâque , en italien, Venise, 1609, in-fol. ; Histoire des rites hébraïques, en italien, Paris, 1637, trad. en français, 1674, 1681, in-12.