‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 622 sur 864 · URB · texte numérisé non relu

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URÏ

eus comme pontife légitime et librement élu , et annoncé comme tel dans toutes leurs lettres. Mais sa ferme résolution de rester en Italie fut une première cause de mécontentement pour des prélats qui regrettaient Avignon , où six d’entre eux étaient même restés; sa sévérité prématurée et imprudente, ses attaques violentes et publiques contre leur licence et leur simonie, changèrent les murmures en haines violentes : 15 d’entre eux quittèrent Home, présentèrent comme une cause de nullité des violences qui, loin d’amener l’élection d’Urbain, avaient eu pour but de l’empêcher, nommèrent l’antipape Robert de Genève (Clément VII), et jetèrent ainsi la chrétienté dans un schisme qui la désola pendant 3/4 de siècle : c’est le grand schisme d' Occident. Clément fut reconnu par la F rance, i’Ecosse, les trois royaumes espagnols et la Sicile, la reine de Naples, la Savoie, la Lorraine, et alla résider à Avignon ; Urbain conserva dans son obédience la plus grande partie de l’Italie, l’Angleterre, le Portugal, l’Allemagne, la Hongrie, la Bohême, la Pologne, et les Etats du nord. Pour punir Jeanne Ire de Naples, vassale du Saint-Siège, d’avoir, malgré son peuple, reconnu Clément VII , il la déposa, et donna le trône, 1381, à l’ambitieux Charles de Durazzo, son cousin, adopté par elle en 1375. En vain Jeanne, cherchant un soutien en France, reconnut pour son héritier universel le frère de Charles V, Louis (Ier) d’Anjou, qui reçut en outre de l’antipape l’investiture d’une partie des Etats de l’Eglise (Romagne, Marche d’Ancône, duché de Spolète), sous le nom de royaume d’ Adria : elle fut vaincue et mise à mort par Charles, 1382. .Mais l’intervention altière d’Urbain dans l’administration du royaume de Naples amena bientôt des luttes nouvelles, au milieu desquelles il se souilla d’un acte de barbarie, en faisant torturer, puis étrangler plusieurs cardinaux, accusés d’ur.e conspiration. A la mort de Charles de Durazzo, 1386, qui , déposé à son tour, n’en avait pas moins conservé la couronne, il déclara le royaume dévolu au Saint- Siège, voulut l’enlever au jeune Ladislas, en entreprit la conquête, et mourut en 1389, sans laisser après lui de regrets. R.

urbain vu f J.-B. Castagna ), Romain, fut pape 13 jours, en 1590.

urbain vin ( Maffeo Barberini), né à Florence en 1568, pape de 1623 à 1614. D’abord en lutte avec la France, quand Richelieu reprit et rendit aux Grisons les villes de la Valteline, occupées provisoirement par les troupes pontificales, 1624-26, il s’en rapprocha bientôt, ne montra plus que de l’éloignement pour la maison d’Autriche, et, en 1628, excita lui-même le cardinal à protéger les droits du duc français Charles de Nevers à la succession de Mantoue, contre le prétendant que soutenaient les Espagnols. Il fortifia les places et agrandit les domaines de l’Eglise, en y rattachant le duché d’Urbin, que le dernier des La Rovère rendit au Saint-Siège en 1626. Les Barberini , neveux tout-puissants du pape, le poussèrent en outre, 1641, à confisquer le petit duché de Castro, comme garantie des dettes énormes que les Farnèse contractaient à Rome et ne payaient pas : de là une petite guerre, où Urbain prétendit reprendre même Parme et Plaisance au duc Odoardo, que soutenait une grande partie de l’Italie : le seul résultat fut, en laissant aux Farnèse toutes leurs possessions, d’épuiser les Etats et les finances du Saint-Siège, 1641-44. Urbain VIII mourut peu après. Il avait, en 1642, par la bulle In eminenli, condamné le fameux livre de Jansénius, paru en 1640. — Ce pape, ami des lettres et savant helléniste, a laissé des poésies latines et italiennes, publiées à Paris, 1642. R.

urbain (saint-), vge (Haute-Marne), près de la Marne, arr. et à 25 le il. S. -O. de Vassy ; 950 hab. Bons vins. Jadis abbaye, fondée en 877 par Charles le Chauve, et qui renfermait le corps de S1 Urbain, pape martyr.

URBANIA, Urbinum Meluurense , v. du roy. d’Italie, prov. do Pesaro-Urbino , sur le Métauro, à 11 lui. S.-O. d'Urbin ; 4,367 hab. Evêché.

URBANISTES. V. Franciscains.

URB1GENES, Urbigenœ , un des quatre grands peuples de l’anc. Helvétie, entre Aventicum et le lac Léman ; capitale, Urba.

URB1N, anc. Urbinum Ilorlense, en italien Urbino, v. du roy. d’Italie, clj.-l. d’arr. de la prov. de Pesaro-Urbino , et jadis capit. du duché d’Urbin, sur le Métauro, à 284 kilom. N. de Rome; 15,095 hab. Archevêché; université fondée en 1671 , supprimée depuis, et restaurée en 1826. Académie, dite des Assourdis ( Assurdilorum ou Obsurdestentium). Palais ducal remarquable. Fabr. d’aiguilles. Comm. de blé et de soie. Urbin fut, sous Napoléon 1er, ch.-l. d’arr. du départ, du Métauro. Patrie de Raphaël,

du Bramante, du Baroccio, do Polydore Virgile, du pape Clément XL — L’arrondissement d’Urbin, formé du Sud de l’ancien duché d’Urbin, près de la frontière de Toscane , entre les provinces d’Ômbrie au S. et d’Ancône au N., a 102,945 hab. Sol montagneux^

urbin (Duché d’), ancien Etat de l’Italie, entre la Romagne au N., l’Adriatique à l’E., et la Marche d’Ancôna au S., remontait aux premières années du xme siècle. Borné d’abord à la seule ville d'Urbin, il s’agrandit beaucoup au xive siècle, et comprit Pesaro, Sinigaglia, Fossombrone, Urbania, Bobbio, Pergola, Macerata, et même Fano. Possédé par les Moutefeltro jusqu’en 1502, puis, après l’usurpation de César Borgia, 1502-1508, par la maison de la Rovère, dont la dynastie fut interrompue par Laurent de Médicis, 1516-19, et par le pape Léon X, 1519-21, il fut légué au Saint-Siège en 1631, et forma une partie de la délégat. d’Urbin et Pesaro jusqu’en 1860.

URBINUM, nom de deux villes de l’Italie ancienne ( Ombrie), chez les Sénons : Urbinum Hortense, auj. Urbin; et Urbinum Melaurense, auj. Urbania.

URCINIUM , nom latin d’ Ajaccio.

URDINGEN. V. Verdingen. .

URDOS, vge (Basses-Pyrénées), arr. et à 40 kil. S. d’Oloron , sur la frontière d’Espagne ; 560 hab. Ré '«rament fortifié.

URFÉ (Anne d’), poëte, né dans le Forez en 1555, d’une très-ancienne famille alliée aux maisons de Lascaris et de Savoie, épousa, vers 1575, Diane de Château-Morand , la plus riche héritière de sa province, fit annuler en 1598 ce mariage, qui n’avait pas été heureux, bien que contracté par une inclination mutuelle, et entra dans les ordres. 11 avait été bailli , puis lieutenant-général du Forez, et membre du conseil d’Etat sous Henri IV. Il a laissé un recueil de 150 sonnets, intitulé Diane; 5 seulement ont été publiés par Duverdier dans sa Bibliothèque françoise. B.

urfe (Honoré d’), romancier, frère du précédent, né à Marseille en 1568 , m. en 1625, signala sa valeur dans les guerres de la Ligue, mena habilement quelques négociations en Savoie et à Venise, et épousa Diane de Château-Morand, séparée de son frère, afin de ne pas laisser sortir de sa maison les grands biens qu’elle y avait apportés. Bientôt dégoûté de cette femme, qui vivait constamment entourée de chiens, il se retira aux environs de Nice, et y composa l 'Astrée, roman pastoral, mêlé de prose et de vers, qui lui a valu sa réputation. Il est en 5 parties, dont la lre parut en 1610 ; Baro, secrétaire de d’Urfé, a composé la 5e partie, sur les manuscrits de l’auteur, ou d’après sa propre imagination. Les meilleures éditions de 1 ’Astrêt sont celles de Paris, 1637, et de Rouen, 1647, 5 vol. in-8°. Les bergers du Lignon remplaçaient les héros de la chevalerie, dont on était fatigué, et purent passer alors pour une création originale ; d’ailleurs, à une époque de troubles civils, les esprits durent trouver beaucoup de charme dans cette description , même fausse et maniérée , des plaisirs calmes et simples de la campagne. L’engouement des contemporains pour l 'Astrée, qui , sous le voile d’une ingénieuse allégorie, oflrait le tableau de la société contemporaine , fut partagé par quelques bons esprits de l’âge suivant, Segrais , Pellisson, La Fontaine, etc. D’Urfé a encore publié : le Si reine, petit poëme pastoral, envers de 8 syllabes, Paris, 1611, in-8°; la Sylvanire ou la Morte vive , pastorale en 5 actes et en vers blancs, 1625; et des Epitres morales , Paris, 1594, petits traités de philosophie et de morale, remarquables surtout par le style. V. Au g. Bernard, les d'Urfé, Paris, 1839, in-8»; N. Bonafous, Etudes sur l’ Astrée et sur Honoré d’Urfé, Paris, 1846, in-8°. B.

URGAB , URGUB ou OURGOUB, vallée de la Turquie d’Asie ( Asie-Mineure), dans l’eyalet de Bozoq au S.-O. de Kaisariéh. On y voit d’innombrables cônes de pierre ponce, où les Anciens avaient creusé des sépultures, dont plusieurs sont encore ornées de peintures bien conservées. Ces sépultures sont, pour la plupart, habitées aujourd’hui.

URGEL ou SEU D’URGEL, Orgelum, Urgela, v. d’Espagne (Catalogne), dans la prov. de Lérida, sur la Sègre et au pied des Pyrénées, à 45 kil. S.-O. de Puycerda; 5,000 hab. Place de guerre. Evêché, comprenant la république d’Andorre, dont l’évêque d’Urgel partage avec le gouvernement français la suzeraineté. Urgel, jadis ch.-l. de comté, faisait partie de la Marche d’Espagne, puis du marquisat de Barcelone. Les Français la prirent en 1704, 1809 et 1323.

URI , l’un des 22 cantons de la Suisse , et le 4e, entre ceux de Schwytzau N., d’Unterwald, de Berne, et du Valais à l’O. , du Tessin au S. , des Grisons, et de Claris à l’E.; par 46» 31'-47* lat. N., et 6° 3'-C° 37" long. E.-

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