‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 628 sur 864 · YAK · texte numérisé non relu

YAK

à la. porte d’un citoyen, qui, appelé en justice, comme témoin, par un autre citoyen, refusait de comparaître.

VAGUS, nom latin du Waag.

VAHABITES. V. ^Vahabites.

VAHAKN, roi d’Arménie, de la dynastie haïganienne, un des héros de la nation, succéda à son père Tigrane Ier, vers 520 av. J.-C. Ses exploits lui firent donner le nom d 'Hercule des Arméniens. Les Ibériens (Géorgiens) lui élevèrent une statue, et lui offrirent des sacrifices : les descendants, appelés de son nom Vâhnouni, se consacrèrent à son service. Les traducteurs de la Bible arménienne ont partout remplacé le nom de Vahakn par celui d’Héraclès (Hercule). Il a régné environ 27 ans. C — A.

VAHALIS, nom latin du Wahal.

VAHÉ, dernier roi arménien de la dynastie haïganienne, régna vers 351 av. J.-C. Il envoya au secours de Darius, roi de Perse, 40,000 fantassins et 7,000 cavaliers. Quand Alexandre le Grand, après la destruction de l’armée de Darius, fondit sur l’Arménie, Vahé vint à sa rencontre, et périt dans le combat, 330 av. J.-C. L’Arménie passa alors sous la domination des Macédoniens. C — a.

VAHL (Martin), naturaliste danois, né en 1749 à Bergen (Norvège), m. en 1804, suivit à Upsal les leçons de Linné, devint professeur de botanique à l’université de Copenhague, et fit de nombreux voyages scientifiques par ordre du gouvernement. On a de lui : Symboles bolanicæ, sive planlarum descriptiones , Copenhague, 1790-94, 3 cahiers in-fol., avec 75 pl.; Eclogœ americanœ, 1796-1807,

3 cahiers in-fol., et 30 pl.; Icônes planlarum americanarum , 1798, in-fol., 30 pl.; Enumeratio planlarum , 1805-1807, 2 vol. in-8®. Vahl a laissé un herbier très-riche.

VAICIAS ou VYASAS, nom de la caste des marchands et artisans dans l’Inde. Cette caste se dit issue de Vaicia, 4e fils de Brahma.

Y AIGATSCH , Khaiodeia des Samoyèdes, île de la Russie d’Europe (Arkhangel) , dans l’océan Glacial arctique, entre la Nouvelle-Zemble et le continent , dont la sépare le détroit de Vaigatsch ; par 68° 30’ lat. N., et 56® long. Iî. ; 90 kil. sur 52. Habitée par quelques familles samoyèdes, qui la vénèrent comme un lieu spécialement destiné aux sacrifices. Les Russes y vont chasser et pêcher pendant l’été.

VAIGIOU, île du Grand-Océan équinoxial (Mélanésie), au N.- O. de la Papouasie, dont le détroit de Gammen la sépare; par 0® 1’ 47” lat. S., et 128® 22’ 40” long. E. Les habitants sont de petite taille, et sujets à la lèpre ; ils dépendent du sultan de Tidor.

VA1HINGEN, v. de Wurtemberg (cercle du Neckar), sur l’Enz, à 25 kil. N.- O. de Stuttgard; 3,200 hab. Ane. château ; bel hôtel-de-ville. Tanneries, moulins à farine, huileries, etc. Les Français brûlèrent cette ville en 1693.

VAI-HOU , dite aussi Ile de Pâques ou de Davis, île de l’Océanie (Polynésie), la plus orientale des Sporades australes habitées, par 27® lat. S., et 112® long. O.; 25 kil. de tour ; 2,000 hab. Plantations de patates, d’ignames et de bananes. Les habitants, vigoureux, alertes, pillards, vivent dans de misérables cases, composées de pieux fichés en terre et rapprochés par le sommet. — Cette île, découverte par Davis en 1686, fut revue par Roggeween, le jour de Pâques 1722. Cook et La Pérousé y virent des statues colossales en pierre ( Anga-labou), élevées sans doute à la mémoire des chefs du pays, et objet de vénération; elles n’existent plus.

VAILLANT (Wallerant), peintre et graveur, né à Lille en 1623, m. en 1677, alla étudier à Anvers sous Quellyn, se borna au portrait, et fut habile dessinateur et bon coloriste. Il est le premier qui ait gravé en manière noire ; ce secret lui avait été confié par le peintre Robert, à la condition de ne pas le divulguer. Il eut 4 frères, qui furent ses élèves: Jean, né à Lille en 1624; Bernard, né en 1625, m. vers 1670, habile portraitiste ; Jacques, qui peignit à la cour de l’électeur de Brandebourg; et André, né en 1629, bon graveur au burin.

vaillant (Jean-Foi), célèbre numismate, né à Beauvais en 1632, m. en 1706, renonça au droit pour la médecine, et exerça cet art dans sa patrie. Le désir d’expliquer quelques monnaies antiques, trouvées par un fermier des j environs, fit naître en lui le goût de la numismatique. Il vint à Paris, et fut distingué par Colbert , qui le chargea d’une mission en Italie, en Sicile, et en Grèce, pour enri- j cliir le cabinet du roi. Vaillant recueillit dans ce voyage un grand nombre de médailles rares. Pris par un corsaire algérien à son second voyage, il ne recouvra la liberté qu’au bout de 4 mois et demi , avala, au moment de tomber au pouvoir d’un autre corsaire, une vingtaine de pièces d’or qu’on lui avait restituées, et aborda heureusement à

Marseille. Bientôt après, il explora l’Egypte et la Perse; puis l’Angleterre et la Hollande, rapportant toujours de nouvelles richesses numismatiques. A l’organisation de l’Académie des Inscriptions, il en avait été nommé membre. Les ouvrages de Vaillant se distinguent par l’exactitude et l’originalité des recherches; mais on reproche beaucoup de barbarismes à sdh langage. Outre des dissertations insérées dans le recueil de l’Académie, il a laissé ; Numismata imperatorum romanorum præstantiora , à Julio Cœsare ad Posthumum et tyrannos, Paris, 1674 et 1694, 2 vol. inA®; Seleucidarum imperium, sive Ilistoria r egutn Syriæ ad /idem numismatum accommodata, 1681, in-4®, et La Haye, 1732, in-fol.; Numismata ærea imperatorum... in coloniis, 1688 et 1697, in-fol.; Numismata imperatorum..., à popuiis romance ditionis cjrœcè loquentibus percussa, 1695, in-4®, et Amsterdam, 1700, in-fol.; Hisloria Ptolemæorum..., ad fidem numismatum accommodata, Amsterdam, 1701, in-fol.; Nummi antiqui familiarum romanarum..., 1703, 2 part, infol.; Arsacidarum imperium, sive regum Parlhorum hisloria. ..; Achæmenidarum imperium, sive regum Ponti, Bosphori et Bilhyniæ historia..., 1725, 2 vol. in-4®. B.

vaillant (Sébastien), botaniste, né à Vigny près de Pontoise en 1669, m. en 1722, était destiné à la musique 1 par son père, organiste des Bénédictins de Pontoise, mais I se lia avec les chirurgiens de l’hospice de cette ville, fut ' reçu aide-chirurgien en 1688, alla exercer à Evreux, puis ! dans les armées, assista à la bataille de Fleurus, vint suivre à Paris les leçons de Tournefort, qui l’employa à son His- | taire des plantes des environs de Paris, et fut secrétaire de Fagon , Dr médecin de Louis XIV. 11 obtint bientôt la direction du Jardin du roi , y fut nommé professeur de botanique, et entra, en 1716, à l’Académie des Sciences. La méthode de classification de Tournefort ne l’avait pas satisfait; il entrevit le système sexuel des plantes qui a fait la réputation de Linné. Son principal ouvrage est le Botanicum parisiense, Leyde et Amsterdam, 1727, in-fol., avec plus de 300 planches, publié aux frais et par les soins de Boerhaave. B.

VAILLY ou WAII.LY, ch.-l. de cant. (Aisne), arr. et à 20 kil. E. de Soissons, sur l’Aisne; 1,614 hab. Autrefois fortifié. Comm. de vins et de vinaigre.

vailly, ch.-l. de cant. (Cher), arr. et à 30 kil. N.-O. de Sancerre; 551 hab.

VAIRAC. V. Vayrac.

VAISE ou VA1ZE, faubourg de Lyon ( V. ce mot).

VAISON, Vasio, ch.-l. de cant. (Vaucluse), arr. et â 25 kil, N.-E. d’Orange, sur un rocher escarpé, au pied duquel coule l’Ouvèze ( là est un quartier dit le village ) ; 2,304 hab. Ane. évêché. Filatures de soie. On remarque un pont romain d’une seule arche (20 mèt. d’ouverture), les restes d’un aqueduc, les ruines d’un théâtre antique dites les Arcades, une antique chapelle, un cloître, et le château de Maraudi. On y a découvert beaucoup d’inscriptions grecques et latines. — Capitale des Voconces au temps des Romains, et patrie de Trogue-Pompée. La ville antique était au village. Plusieurs conciles furent tenus à Vaison au ve et vie siècle.

VAISSELLE DE CAMPANIE, Campana supellex , vaisselle de table à l’usage des gens de condition médiocre, chez les anc. Romains. Elle était en terre rouge ou noire, avec des figures en relief. C. D — y.

VAISSETTE (Dom Joseph), savant bénédictin de la congrégation de S‘-Maur, né en 1685 à Gaillac près d’Alby, m. en 1756, étudia à Toulouse, se fit recevoir avocat , fut pourvu d’une charge de procureur du roi , mais embrassa la vie religieuse pour se livrer en paix à l’étude, et fit profession au monastère de la Daurade, en 1711. Deux ans après, il fut appelé à l’abbaye de S'-Germaindes-Prés à Paris. On a de lui : Dissertation sur l'origine des Français, Paris, 1722, in-12 ; Histoire générale du Languedoc, 1730-45, 5 vol. in-fol., fig., son ouvrage capital, saj vant , judicieux, exact et bien écrit : il commence à l’an | 590 av. J.-C., et finit en 1643. 11 en donna lui-même un j abrégé, 1749, 6 vol. in-12; Géographie historique, ecclésiastique et civile, ou description de toutes les parties de la terre, 1755, 4 vol. in-4®, ou 12 vol. in-12. B.

VAITAHOU , une des îles Marquises, désignée pour la déportation par une loi française de 1850.

VAIVODE. V. Vayvode.

VAKHTANG, roi de Géorgie, 1703-1724, le dernier de la famille des Bagratides, succéda à son oncle Kaï-Khosrou, fut remplacé en 1711 par son frère lesséi pour avoir refusé d’embrasser l’islamisme, abjura le christianisme en 1719 afin de remonter sur le trône, réprima les incursions des Lesghiz, mais ne put résister aux attaques de Nadir- Chah, et alla mourir à Astrakhan. Il est auteur d’une

VAL

VAL

Chronique universelle de Géorgie, dont plusieurs manuscrits existent en Russie, et d’une Description des pays caucasiens, dont Klaproth a inséré quelques fragments dans son Voyage au Caucase.

VAL, VAU , vieux mot français qu’on reconnaît facilement dans Vaucluse, vallée fermée, etc.

VALA ou WALA, fils du comte Bernard et cousin de Charlemagne, fut élevé par les soins de cet empereur, qui le fit intendant de son palais, quitta brusquement la cour pour embrasser la vie monastique, fut élu abbé de Corbie après la mort de son frère Adalhard , et , du fond de son cloître, continua d’exercer, par ses talents et ses vertus, une grande influence sur les affaires publiques. Chargé de veiller sur l’éducation de Lothaire, fils aîné de Louis le Débonnaire , il encouragea son ambition , le poussa à la révolte, et eut part , en 833, à la déposition de Louis, qui , bientôt rétabli sur le trône, le jeta dans une forteresse. Vala mourut à Bobbio en 836. V. A. Himly, Wala et Louis le Débonnaire, Paris, 1849, in-8°. B.

VALACHIE ou VALAQUIE , principauté de l’Europe orientale, tributaire de l’empire ottoman , entre la Moldavie et la Transylvanie au N., la Servie à l’O., la Bulgarie au S. et à l’E.; par 43° 42’-45° 43’ lat. N., et 20°-25° 43' long. E.: 71,q00 kil. carrés, environ; 2,600,000 hab. Capitale, Bukharest. Sol plat au S., couvert par les ramifications des Ivarpathes au N., arrosé par le Danube, qui le limite au S.-O., au S. et à l’E., par l’Aluta, l’Ardjich, la Jalomnitza, le Séreth, et très-fertile en grains, maïs, légumes, tabac, lin , vin , houblon. Climat chaud et humide. Excellents pâturages dans les vallées; élève de beaux chevaux; magnaneries. Belles forêts. Mines très-riches, mais inexploitées, de cuivre, mercure, or; exploitation de soufre, houille, salpêtre, asphalte. L’industrie manufacturière est presque nulle : tous les produits manufacturés viennent de la foire de Leipzig. Export, de céréales, vins, laines, suifs. Le commerce maritime par Ibraïla atteint une valeur de 43 millions de fr. environ. Les Valaqnes sont chrétiens du rit grec, et parlent le roumouni , dialecte mélangé du latin et du slave. — La Valachie, comprise en grande partie dans la Dacie Trajane des Romains, fut envahie par les Goths dans la 2e moitié du 11e siècle, puis successivement occupée par les Huns, les Avares, les Bulgares , les. Petchenègues , et les Outzes. Aux xne et xme siècles, elle obéit à des princes dépendants de Constantinople, et qui , depuis la prise de cette ville par les Croisés, se rattachèrent tantôt à la Hongrie, tantôt à la Pologne. En 1421, les Turcs Ottomans la rendirent tributaire, et, tout en lui laissant ses lois, gardèrent le droit de nommer et de déposer l’hospodar ou chef. En 1716, un Fanariote, Kicolas Mavrocordato, devint hospodar, et, sous ses successeurs, Grecs comme lui, la Valachie recouvra sa richesse et sa force. Le traité de Passarowitz, 1718, avait donné à l’Autriche toute la contrée jusqu’à l’Aluta; celui de Belgrade, 1739, la rendit aux Turcs. Dès 1707, les Valaques avaient noué des relations avec la Russie; dès lors, cette puissance ne cessa de convoiter leur pays ; le traité d’ Andrinople, 1829, les plaça sous le protectorat russe, et ne les obligea plus qu’à un tribut annuel de 2 millions de piastres envers la Turquie ; mais ce protectorat a cessé depuis le traité de Paris, 1856. L’hospodar est nommé à vie, parmi les boyards ou nobles, par une assemblée de leurs députés, et de ceux des villes et des corps enseignants, et il choisit lui-même ses ministres. Une diète de 42 membres, élus pour 5 ans, a le pouvoir législatif. La principauté est divisée en 18 districts, subdivisés en arrondissements. La religion grecque est la religion de l’Etat. Il y a une haute-cour de justice à Bukharest, des cours d’appel à Bukharest et à Krajova, un tribunal de lre instance auch.-l. de chaque district, un archevêché métropolitain, et 3 évêques. Une union douanière a été conclue entre la Valachie et la Moldavie en 1847. En 1859, les deux principautés se sont donné le même prince, Alexandre-Jean 1er (colonel Couza), et ont ainsi formé les Principautés-Unies [V. Moldavie). B.

VALAIS, en allemand Wallis; en latin Vallis Pennina, l’un des 22 cantons de la Suisse, le 20e, entre ceux de Berne et de Vaud au N., d’Uri et du Tessin au N.-E., le roy. d’Italie à l’E. et au S., la France à l’O. ; par 45° 54'- 46° 35' lat. N., et 4° 25'-6° 7' long. E. ; 5,247 kil. carrés ; 1)0,792 hab., catholiques, et des deux races française et tllemande. Ch.-l.,Sion. Il est divisé en 13 petites démocralies, nommées dixains. C’est une longue vallée, entre deux «haines des Alpes et le lac de Genève, et traversée dans toute son étendue par le Rhône. On y remarque les plus hautes montagnes de l’Europe, le Rosa, le Cervin, la Jungfrau, le Grimsel, le Grand-S'-Bernard , le Simplon.

1 On y trouve des mines d’or, d’argent, de fer, de cuivre, de ! cobalt, de houille ; carrières de marbre et de pierres. Vastes forêts et beaux pâturages; gibier abondant. Récolte de céréales, fruits exquis, vins estimés. Les habitants sont exposés au goitre. — Le Valais fut soumis successivement aux Romains, aux Burgondes et aux Francs, fit partie du royaume de Bourgogne transjurane , puis du royaume d’Arles, et se partagea plus tard en Bas -Valais, qui ap partint aux comtes de Savoie, et Haut-Valais, qui se réunit, en 1553, à la Confédération helvétique. Il s’en sépara en 1801, pour former une république sous la protection de la -France. De 1810 à 1814, il devint le département français du Simplon. Des troubles graves y ont éclaté en 1844 et en 1847. Le Valais est le 20e canton de la Confédération par ordre d’admission, le 3e par son étendue, le 10® par sa population. Le pouvoir législatif est exercé par un Grand - Conseil , composé de l’évêque de Sion , d’un autre membre du clergé, et de députés des dixains nommés pour 2 ans. Ce Conseil nomme les députés à la Diète fédérale, et les plus hauts fonctionnaires. Un conseil d’Etat de 5 membres, choisis pour 2 ans parle Grand-Conseil dans son sein ou en dehors, possède le pouvoir exécutif et administratif. Tout citoyen âgé de 18 ans est électeur; l’âge d’éligibilité varie de 21 à 30 ans, suivant les fonctions. B.

VALANG1N. V. Valengin.

VALAQUE. (District régimentaire du Banat), division administrative des États autrichiens (Confins militaires), sur les frontières de la Servie et de la Valachie; 80,000 hab.; v. princip. : Karansebes, Mehadia.

VALARSACE , roi d’Arménie. V. Tigrane II.

VALART (Joseph), savant grammairien et critique, né à Hesdin en 1698, m. en 1781, fut élevé par charité au collège d’Amiens, prit les ordres sacrés, et, après avoir été précepteur dans diverses maisons, devint professeur et préfet des études à l’Ecole militaire de Paris. On lui doit : des éditions d’Ovide, Végèce, Frontin, Horace, Celse, Cornélius Népos, Quinte-Curce, César, etc.; un Abrégé de la grammaire latine, 1736; une Prosodie latine, 1742; une Grammaire française , 1742; une Géographie abrégée, 1743; une Prosodie française, 1749, etc., ouvrages qui eurent du succès dans leur temps.

VALAZË (Charles-Eléonor Dufriche de), né à Alençon en 1751, d’une famille honorable, m. en 1793, suivit quelque temps la carrière des armes , et devint lieutenant au régiment d’Argentan. Puis il s’occupa d’économie politique, de législation et d’agronomie, adressa à l’Académie des Sciences un Mémoire sur les causes de l’élévation des vapeurs de l’atmosphère, et publia un Traité des lois pénales, 1784. Il adopta avec ardeur les principes de la Révolution, fut maire d’une commune voisine d’Alençon, et, en 1792, député de l’Orne à la Convention. Lié avec Vergniaud, il défendit avec courage le parti des Girondins, s’éleva contre Marat et la Commune de Paris, fit le rapport dans 1 eprocès de Louis XVI, vota en cette occasion pour l’appel au peuple, pour la mort et pour le sursis, protesta contre les violences du 31 mai , fut arrêté le 2 juin, condamné le 3t) octobre par le tribunal révolutionnaire, et se poignarda en entendant son arrêt. B.

VALBENOITE , vge (Loire), arr. et à 2 kil. S.-E. de SLEtienne, sur le Furens ; 6,040 hab. Il y eut une riche abbaye de l’ordre de Cîteaux, fondée au XIIe siècle. Forges, aciéries, soies teintes.

VALBONNAIS, ch.-l. de cant. (Isère), arr. et à 51 kil, S.-E. de Grenoble ; 531 hab.

VALCABRÈRE, Vallis Caprariœ, vge (Hte-Garonne), arr. et à 16 kil. S.-O. de S'-Gaudens; 300 hab. Eglise remarquable de Sl-Just.

VALCARÈS, étang salé (Bouches-du-Rhône), couvre près de la moitié de l’île de la Camargue.

VALCKENAER (Louis-Gaspard), illustre philologue, né en 1715 à Leeuwarden (Frise), m. en 1785, étudia à Franeker et à Leyde, fut co-recteur au gymnase de Campen , professeur de langue grecque , puis d’antiquités grecques à Franeker, 1741, et passa, en 1766, à l’université de Leyde, où il joignit à la chaire de langues et d’antiquités grecques celle d’histoire hollandaise. On a de lui des éditions estimées des Phéniciennes d’Euripide, Franeker, 1755, in-4°, et de VHippolyte du même poète, Leyde, 1768, in-4°, avec des scolies et des observations critiques; de Dix idylles de Théocrile, Leyde, 1773, in-8° ; des Elégies de Callimaque, ibid. , 1799, in-8°; de V Hymne à Apxllon , ibid., 1787, in-8° ; du traité d’Ammonius de Vocabulorum differentid , 1739, in-4°, etc. Il a encore laissé : de Rilibus in jurando à veleribus Hebræis maxime ac Grœcis observatis. Franeker, 1735, in-4°; Specimina academica, ibid., 1737, in-4°; Diatribe de Aristobulo èo4<xo philosopho, Leyde, 1806,

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in-4°. Opuscula philologica, crilica et oraloria, 1809. Lettres éditées avec celles de Ruhnkenius, 1802, 2 vol. in-8°. B.

TARDAI, v. de la Russie d’Europe, sur le lac Valdaï, dans le gouvernement et à 134 k il. S.-E. de Novogorod ; 3,000 hab. Fabr. de cloches et clochettes.

valdaï (Plateau de), montagnes peu élevées, formant, dans le gvt russe de Novogorod, la limite entre le bassin de la mer Baltique et celui de la mer Noire; le point culminant , le Popova-Gora, n’a que 285 mètres de hauteur. Ces monts sont très-boisés. Les principales rivières de la Russie, le Volga, l’Oka, le Don, le Dnieper, le Niémen, la Duna, l’Onëga, la Dvina, y prennent leur source.

VAL-D’AJOL (Le), ou LAITRE, brg (Vosges), arr. et à 16 kil. S. -O. de Remiremont; 985 hab. Fabr. de kirchenwasser estimé, chapeaux de paille, etc.; filatures de coton, tissage de calicot, scieries de planches.

VAL-DE-GRACE, église, et hôpital militaire, situés à Paris, à l’extrémité S. de la rue S1- Jacques. C’était, avant la Révolution, un couvent de Bénédictines sous le vocable de Val-de-Grâce de Notre-Dame-de-la Crèche. Anne d’Autriehe l’éleva en acquittement d’un vœu fait par elle pour obtenir la naissance d’un fils. Les travaux furent commencés en 1645, les cloîtres terminés en 1662, et l’église finie en 1665. A la suppression des ordres monastiques, en 1790, le couvent devint magasin des hôpitaux militaires, puis, sous le 1er Empire, hôpital militaire pour la garnison du département de la Seine , destination qu’il a conservée. 11 peut recevoir 1,500 lits. L’église a été rendue au culte en 1826, sous l’invocation de Jésus et de Marie. — Le. Val-de-Grâce s’élève dans une vaste cour, séparée de la rue par une belle grille qui en occupe la largeur, sur un développement de 75 mèt. environ. A droite, à gauche, et en retour, sont les bâtiments du cloître. Le portail de l'cglise, dans l’axe central de cette cour, s’élève sur 16 marches, et se compose d’une ordonnance de 4 grandes colonnes corinthiennes avec un fronton, puis d’une 2e, ordre composite, de 4 colonnes aussi, mais engagées, et supportant un fronton brisé. Au-dessus une tour, percée de 16 grandes fenêtres à chambranles , est couronnée d’un dôme de 16“,89 de diamètre, dont le dessin rappelle, en de beaucoup moins grandes proportions, celui de : S'- Pierre de Rome; c’est, après ceux de Sle-Geneviève et des Invalides, le plus haut de Paris : il est à 40%28 du sol. Aux 4 coins de la masse carrée où commence la tour, sont 4 petits campaniles coiffés d’une coupole à la turque. L’église se divise en 3 nefs; celle du centre est de 3 arcades avec pieds-droits ornés de pilastres corinthiens cannelés. La coupole intérieure du dôme a été peinte par Mignard, et représente la gloire des bienheureux. François Mansard a fait les plans du Val -de-Grâce, mais ne l’éleva qu’à quelques pieds de terre ; il a été achevé par Le Muet et Gabriel Le Duc. C. D — y.

VALDEMAR I”, le Grand , roi de Danemark, 1157-82, né en 1131, huit jours après le meurtre de son père Canut par Magnus, fils du roi Nicolas. Il soutint d’abord Suénon Grathe contre Canut V, puis s’allia à ce dernier, 1154, vainquit Sucnon à Grathe, et lui succéda. Pendant toute sa vie, il lutta contre les pirates vénèdes de Rugen ; allié aux princes d’Allemagne, et de concert avec Absalon, évêque de Roskild, il abattit l’idole de Svantevit, abolit le culte de Hertha, et convertit ces barbares, 1168 ; la prise de Julin ou Jomsborg en Poméranie acheva de délivrer le Danemark. Valdemar se montra ferme aussi envers Frédéric Barberousse , refusa l’hommage à l’assemblée de Lons-le-Saunier, et fortifia le Danewirk; mais il donna à l’empereur l’appui d’une flotte puissante contre Lubeck. Valdemar laissa en mourant l’ordre et la prospérité rétablis. Les codes qu’il fit rédiger, la loi de Scanie et la loi de Sélande, sont encore en vigueur. Ses deux fils, Canut VI et Faldemar, régnèrent après lui ; sa fille Ingeburge épousa Philippe- Auguste, roi de France. A. G.

valdemar il, le Victorieux, 2e fils du précédent, fut d’abord duc de Slesvig, aida Canut VI, son frère, contre le comte de Holstein , et soumit Lubeck. Reconnu roi de Danemark et des Slaves , après Canut , 1202-41 , il prit Lauenbourg, reçut un tribut du roi de Norvège et l’hommage du duc de Poméranie orientale, reprit Dantzick , bâti par son père, et fonda Stralsund pendant sa croisade eu Esthonie, 1218. Sa bannière, perdue à la bataille de Volmar, fut remplacée, dit la tradition , par le Dannebrog, étendard tombé du ciel. A l’intérieur, il révisa les lois, publia le code de Jutland, 1240, et fit faire un recensement dont nous avons encore une grande partie ( Liber census Daniœ). La fin de ce règne si glorieux jusque-là fut remplie de malheurs : pris avec son fils pendant son sommeil par Henri , comte de Schwerin , il promit une rançon

VAL

énorme et la cession de la Nordalbingie, 1225, protesta, une fois libre, attaqua Henri , et , trahi par les Dithmarses, perdit , par le traité de 1229, le Holstein, le Mecklembourg et la Poméranie. En 1234, un revers à Lubeck ruina sa flotte. Avant de mourir, il donna à son 3e fils, Abel, le duché de Slesvig; au 4«, Christophe, les îles de Lolland et de Falster; à un fils naturel la Blékingie, à un autre le Halland septentrional. Son 1er fils, Valdemar III, qu’il avait associé à sa couronne , était mort ; il engagea les Etats à nommer roi son 2e fils, Eric, déjà duc de Slesvig. A. G.

valdemar iv, roi de Danemark, succéda à son père Christophe II, 1340-76, après une anarchie de 6 années; il vendit sagement à la Suède, en 1343, les possessions danoises à l’E. du Sund, aux chevaliers Porte-Glaives, en 1347, l’Esthonie, et racheta ses domaines engagés. En 1360, il recouvra la Scanie et la Blékingie, grâce aux troubles de la Suède, et fit payer cher en 1349 son intervention en Allemagne pour son beau-frère Louis de Brandebourg contre Charles IV. Malgré une ligue de la Suède, de la Norvège, des comtes de Holstein, du duc de Mecklembourg , et surtout des villes hanséatiques contre lui , il quitta, après quelques hostilités, le Danemark, 1363, et alla en Pologne , à Prague , à Avignon , chercher des appuis. De retour après 10 mois, il combattit Albert de Mecklembourg, roi de Suède, et vint inutilement demander l’appui de l’empereur Charles IV, pendant que la paix de Stralsund, 1370, donnait des avantages à ses ennemis. Toujours impuissant contre la noblesse, il invoqua contre elle Grégoire XI; mais il mourut à son château favori de Gurre, près d’Elseneur, que son âme, selon la légende, habite encore. A. G.

valdemar, roi de Suède, 1250-88, la lre de la dynastie des Folkungars, gouverna faiblement après la glorieuse tutelle de son père Birger Jarl, et se déshonora par ses débauches. Pendant un pèlerinage à Jérusalem , 1272, il délégua le pouvoir à son frère aîné Magnus, qui ne lui laissa au retour que la Gothie et le Smaland. 11 eut recours aux armes, fut battu, pris, et mourut en prison en 1302. A. G. valdemar ( Marguerite de). F. marguerite. VAL-DE-OL1VAS , brg d’Espagne, prov. et à 44 kil. N.- O. de Cuenca; 1,300 hab. Titre de duché.

VAL-DE-PENAS, v. d’Espagne (Nouv .-Castille), prov. et à 40 kil. S.-E. de Ciudad-Real. On y remarque le palais des marquis de Santa-Cruz. Fabr. de toiles et de savon. Excellents vins. Pop. de la commune : 11,085 hab.

VALDERIÈS, ch.-l. de cant. (Tarn), arr. et à 12 kil. N.-E. d’Albi ; 223 hab.

VAL-DES-ECOLIERS, célèbre abbaye de la Champagne (Bassigny ), près de la rive g. de la Marne, à 4 kil. S. de Chaumont, fut fondée en 1212 sous la règle de Sl-Augustin. Elle passa aux Génovéfains, en 1653.

VALDES LEAL (Jean de), peintre et graveur, né en 1630 à Cordoue, m. en 1691 , eut pour maître Antoine de Castillo. Quoique Murillo et beaucoup d’autres artistes fameux habitassent Séville, Leal y établit sa demeure, et y trouva de l’occupation. Lorsque l’Académie de Séville fut fondée, en 1662, il y remplit les fonctions de majordome, et finit par la présider de 1663 à 1666. En 1672, il retourna dans sa patrie, où il exécuta plusieurs bons tableaux, puis alla séjourner quelque temps à Madrid. Etant revenu habiter Séville, et Murillo étant mort , il fut surchargé de commandes. Leur nombre ne l’effraya point, car il travaillait d’une manière expéditive, visant plutôt à l’effet qu’à la correction et au grand style. Quand il essayait de terminer ses ouvrages, il tombait dans l’afféterie. Cordoue, Séville et Smiaefonse possèdent les meilleurs tableaux qui nous restent de lui. A. M.

VALDIVIA ( Pedro de), capitaine espagnol du xvi® siècle, fit ses premières armes en Italie, accompagna Pizarre au Pérou , contribua à la défaite du parti d’Almagro, fut nommé gouverneur du Chili , dont il acheva la conquête, et où il fonda Santiago, revint au Pérou pour soutenir G onzalo Pizarre contre le fils d’Almagro, se soumit à l’envoyé de Charles-Quint , Pedro de la Gasca, qui venait établir l’au torité du monarque sur tous les conquérants ambitieux, retourna au Chili avec le titre de capitaine-général , bâtit la Conception, Villa-Imperiale, Villarica , Valdivia, et finit par être vaincu , pris et tué par les Araucans, en 1559.

valdivia , v. forte du Chili ; beau port sur la riv. de son nom , à 70 kil. S. -S. -O. de Santiago, par 39° 63’ 20” lat. S., et 75° 53' 39" long. O.; 2,500 hab. Export, de bois de eonstruct. Fondée en 1551 par Valdivia, compagnon de Pizarre; enlevée aux Espagnols par les Chiliens en 1820; ravagée par un tremblement de terre en 1837. valdivia, riv. du Chili, sort du versant O. des Andes,

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coule à l’O. sur 250 Ml., passe à Valdivia, et tombe dans le Grand-Océan.

VALDO (Pierre de Vaux, ou), riche marchand de Lyon, né à Vaux près de cette ville, frappé de la mort subite d’un de ses amis, renonça au monde, distribua ses biens aux pauvres, et forma, dès 1136, la confrérie des Pauvres de Lyon. Valdo expliquait la Bible en langue vulgaire. Bientôt il prétendit que, chaque fidèle devant connaître les Saintes-Ecritures, le ministère des prêtres était inutile. Ses disciples prirent le nom de Vaudois (V. ce nom).,

VALDRADE, sœur de Gontier, archevêque de Lyon, épousa Lothaire II, roi de Lorraine. Ce prince, qui la répudia bientôt, pour prendre Teutberge, fut contraint de la rappeler, par une excommunication du pape Nicolas Ier, en 865.

VALÉE (Sylvain- Charles, comte), né à Brienne-le- Château (Aube) en 1773, m. en 1846, élève du roi à l’Ecole militaire de Brienne, était lieutenant d'artillerie en 1792. Quoique admiré de Moreau sur plusieurs champs de bataille, il ne parvint qu’en 1802 au grade de chef d’escadron. Il "s’était distingué à Eylau et à Friedland, lorsqu'il fut envoyé en Espagne, où il dirigea plusieurs sièges comme général de brigade. Après la prise de Tarragone, nommé général de division, 1811, il rendit de grands services : il ramena d’Espagne l’immense materiel de nos troupes, et fut créé comte en 1814. Pendant les Cent-Jours, Napoléon le chargea de l’armement de Paris. Inspecteur du service central de l’artillerie en 1822, il organisa cette arme, et fut créé pair en 1830. Après la révolution de juillet 1830, il se retira dans le département du Loiret, et s’y livra à l’agriculture. Rappelé à la pairie en 1835, remis en activité en 1837, il partit pour l’Algérie, où il vengea l’échec de nos armes devant Constantine, en forçant cette place. Il fut nommé presque aussitôt maréchal de France, et gouverneur-général de l’Algérie. Il fit occuper Stora, Milah, Sétif, Koléah, Blidah. La campagne de 1840 couronna ses travaux militaires. Remplacé par le général Bugeaud, il rentra en France. Il fut enterré aux Invalides. J. T.

VALENÇA, v. foi'te de Portugal (Minho), à 57 kil. N. de Braga, prés du Minho; 1,800 hab. Jadis titre de marquisat.

VALENÇAY, ch.-l. de cant. (Indre), arr. et à. 40 kil. N.-N.-O. de Châteauroux, sur le Nahon; 1,040 hab. Château et parc magnifiques, avec de belles eaux, bâti au xvi® siècle par la famille d’Etampes, d’après les dessins de Philibert Delorme; il servit de prison d'Etat, de 1808 à 1814, pour Ferdinand VII et les infants d’Espagne, et, de 1840 à 1845, pour Don Carlos, prétendant au trône d’Espagne. Le prince Maurice de Talleyrand, qui le posséda, l’habita souvent.

valençay (Achille d’ÉTAMPES-) , dit le cardinal de Valençay, né à Tours en 1589, m. en 1646, se signala, sur les galères de l’ordre de Malte, à la prise de Sainte-Maure, servit ensuite en Italie et dans les Pays-Bas, où il se fit remarquer par son intrépidité, commanda les troupes du pape Urbain VIII contre le duc de Parme, fit triompher les armes du Saint-Père, et reçut, en 1648, le chapeau de cardinal en récompense de ses services. — Son frère , Léonor d’Etampes-Valençay, fut évêque de Chartres, archevêque de Reims, député du clergé d’Anjou aux Etats- Généraux de 1614, et mourut en 1651. Il eut la réputation d’un bon prédicateur.

VALENCE, en espagnol Valencia, anc. Vofentia Edetanorum, v. forte d’Espagne, ch.-l. de la prov. de son nom, sur la rive dr. du Guadalaviar et à 2 kil. de son embouchure dans la Méditerranée, à 420 kil. E.-S.-E. de Madrid, par chemin de fer; par 39° 28' 45" lat. N., et 2° 44' 46" long. O. ; 107,700 hab. Archevêché; université, fondée en 1209 ; tribunal de commerce; 7 collèges. Ville célèbre par la douceur de son climat, la fertilité de ses campagnes, et généralement bien bâtie. On y remarque une magnifique cathédrale, le palais de justice, le palais épiscopal, la bourse, les promenades du Mail et de VAlameda, etc. Ecole de beaux-arts, fondée par Ferdinand VI ; 2 bibliothèques publiques; jardin botanique; musée de peinture. Académie royale des beaux-arts; Société d’économie et d’agriculture. Filatures de soie. Fabriques de soieries, draps, toiles, papiers; sparterie, tissus de laine et de coton, cuir, gants, éventails, faïence et carreaux vernissés, raffineries de sucre, etc. Manufacture royale de tabacs. Commerce et exportation de vins. — Ancienne ville des Edetani , Valence devint colonie romaine ; sous les Arabes, elle fut comprise dans le califat de Cordoue, puis devint, vers 1031, la capitale d’un petit royaume indépendant. Le Cid s’en empara en 1094, et en garda la souve-

raineté jusqu’à sa mort en 1099; en 1101, elle retomba sous le pouvoir des Maures, auxquels Jacques Ier d’Aragon l’enleva en 1238. C’est la De ville d’Espagne où l’imprimerie ait été établie. Elle prit parti contre Philippe V, et se vit alors dépouillée de ses fueros. L’insurrection de 1808 y fut signalée par d’affreux excès : 3 ou 400 Français, amenés dans cette ville par le commerce, y furent massacrés, et plusieurs nobles espagnols partagèrent leur sort. Le maréchal Moncey l’attaqua vainement en 1808 ; elle fut prise par Suchet en 1812. Patrie des papes Alexandre VI et Célestin III, de Guilhem de Castro, de Hugues de Moncade.

valence ( Royaume de), anc. division du royaume d’Espagne, entre la Méditerranée à l’E., la Catalogne au N., l’ Aragon et la Nouvelle-Castille à l’O., le royaume de Murcie au S., et formant auj. les 3 provinces ou intendances de Valence, Alicante, et Castellon-de-la-Plana, avait pour capitale Valence. Fondé par les Maures, ce royaume, après sa réunion à l’Aragon, puis à l’Espagne, conserva son titre, et garda sa législation particulière jusqu’en 1707. Le sol est généralement montagneux, mais fertile et très-varié ; arrosé par le Guadalaviar, le Xucar, etc. Climat chaud, mais sain. L’agriculture, portée à un haut degré de perfection par les Maures, souffrit beaucoup de leur expulsion sous Philippe II et Philippe III. On y récolte auj. du riz, des légumes, des fruits abondants et délicieux, des oranges très-estimées et qui s’exportent en grande quantité, des vins excellents, du safran, des olives, etc.

valence (Province ou intendance de), division administrative de l'Espagne, dans la capitainerie-générale de Valence-et-Murcie, entre celles d’Albaeète et d’Alicante au S., de Castellon-de-la-Plana au N.-E., la Méditerranée à l’E., la prov. de Téruel au N., et celle de Cuenca àl’O., a 618,108 hab., et 11,271 kil. carrés.

valence, Julia Valentia, ch.-l. du département de la Drôme, à 617 kil. S.-S.-E. de Paris, par le chemin de fer de Lyon, sur la rive g. du Rhône; 13,026 hab. Evêché suffragant d’Avignon; église calviniste; école d’artillerie. Trib. de lre instance et de commerce, collège, bibliothèque, musée, jardin botanique. Société d’agriculture, commerce et arts. On y remarque : la cathédrale, belle et grande église en style roman-byzantin du xie siècle, avec le sarcophage de Pie VI; l’église de Sl-Jean, l'église abbatiale de Sl-Ruf, auj. temple protestant ; la promenade dite Château des Fleurs; le palais de justice; le pont suspendu sur le Rhône. Patrie d’Adhémar de Montlieil, et de Championnet, dont on y voit la statue. Fabr. de gants renommés, toiles, bonneterie, mouchoirs imprimés, vermicelle ; filât, de soie et de coton, teintureries, etc. Coram. de vins du Rhône, huile, soies. — Capitale des Segalauni, colonie romaine sous Auguste, Valence fit partie de la première Viennoise, puis fut soumise par les Bourguignons et les Francs. Il s’y tint des conciles en 374, 584 et 855. Elle fit successivement partie des royaumes de Bourgogne et d’Arles, des comtés de Provence et de Toulouse, et fut ensuite gouvernée par ses évêques, qui furent continuellement en guerre avec les comtes de Valentinois. Le Valentinois ayant été réuni au Dauphiné , les évêques durent prêter hommage au Dauphin (depuis Louis XI I, 1456. François Ier fit élever à Valence de nouvelles fortifications; elle souffrit beaucoup des guerres religieuses du xvi' siècle. Elle eut une Université, fondée en 1454, et où Cujas enseigna.

valence, ch.-l. de canton (Gers), arr. er à 9 kil. S. de Condom, sur la Bayse; 1,194 hab.

valence-en-alei geois , ch.-l. de cant. (Tarn), arr. et à 25 kil. N.-E. d’Albi ; 663 hab.

valence-d’agen, ch.-l. de cant. (Tarn-et-Garonne), arr. et à 25 kil. E. de Moissac; 2,728 hab. Commerce de plumes d’oie, toiles, etc.

valence (Cy rus-Marie- Alexandre de timbrune timbrone, comte de), né à Agen en 1757, d’une anc. famille de Guyenne, m. en 1820, entra au service dans l’artillerie en 1774, passa ensuite comme capitaine dans la cavalerie, reçut, avec le grade de colonel en 1784, le régiment de Chartres ( dragons ) et la place de 1er écuyer du duc d’Orléans, adopta les principes de la Révolution, fut nommé maréchal-de-camp en 1790, servit sous Luckner et Dumouriez, commanda, en qualité de lieutenant-général, la réserve à la bataille de Valmy, prit Charleroi et Namur, fut grièvement blessé à Nerwinde, et fit défection en même temps que Dumouriez. Rentré en France en 1801, il s’attacha à la fortune de Napoléon Ier, fut nommé sénateur en 1805, commanda une division de cavalerie aux armées d’Espagne, d’Allemagne et de Russie, organisa la défense de la Franche-Comté en 1814, signa, comme secrétaire du

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sénat , la déchéance de l’Empereur ; créé pair par Louis XV1I1, en 1814, puis par Napoléon pendant les Cent-Jours , il fut un des commissaires chargés par le gouvernement provisoire, après Waterloo, de négocier un armistice avec les alliés, et, sous la 2e Kestauration, n obtint qu’en 1819 de siéger à la Chambre des pairs. Le comto de Valence était gendre de Mme de Genlis. B.

VALENCIA-DE-ALCANTARA , v. d’Espagne (Estramadure) , dans la prov. de Cacérès , à 40 kil. S.-O. d’Alcantara, sur l’Avid ; place forte, qui appartint à l’ordre d’Alcantara. Fabr. de toiles et de chapeaux, tanneries. Pop. de la commune : 6,880 liab.

valencia-df.-don-juan, v. d’Espagne, dans la prov. et à 35 kil. S. de Léon ; 1,800 hab. Jadis plus importante.

valencia-del-ventoso, ville d’Espagne (Badajoz),à 26 kil. O. de Llerena ; 3,600 hab.

valencia-nueva , v. de la république de V énézuéla, ch.-l. de la prov. de Carabobo, près d’un lac de son nom, à 30 kil. S.-S.-E. de Puerto-Cabello ; 16,000 hab. Aux environs, récolte d’indigo et de coton. — Cette ville fut fondée en 1555 ; elle souffrit beaucoup pendant la guerre de l’indépendance, et fut incendiée en 1814.

VALF.NCIANA, v.\du Mexique, dans le dcp. et près de la ville de Guanaxuato, au milieu des Andes ; 4,000 hab. Hiches mines d’argent,

VALENCIENNES, s.-prëf. (Nord), à 51 kil. S.-E. de Lille, au confluent de l’Escaut et de la Rouelle; 19,064 hab. Place de guerre de lrl! classe; les fortifications et la citadelle sont l’œuvre de Vauban. Direction d’artillerie. Direction et bureau des douanes. Tribunaux de lre instance et de commerce , collège ; Bourse , succursale de la Banque de France; bibliothèque, musée, cabinet d’histoire naturelle. Académie de peinture , sculpture et architecture. On remarque : la place d’Armes , sur laquelle est l’hôtel-de-ville ; la salle de spectacle, l’arsenal, l’hôpital. Ane. fabr. de dentelles renommées , qui ont pris le nom de la ville, batistes, linons, gazes en fil, toiles, bonneterie, broderies, sucre de betterave, chicorée-café, huiles, etc.; imprimeries sur tissus. Hautsfourneaux, forges, laminoirs et fonderies, clouterie, quincaillerie, et taillanderie. Filature et tissage de laine; verreries. Commerce de houille d’Anzin. Patrie de Froissart, à qui l’on a élevé une statue en 1856, sur la place S'-Géry, et de M*1» Duchesnois. — Les rois mérovingiens eurent en ce lieu un palais , autour duquel se forma cette ville ; elle devint la capitale du Hainaut , et obtint de grands privilèges communaux. Elle fut vainement assiégée par Marguerite de Hainaut en 1254, par Louis XI en 1477, par Turenne en 1656 ; mais elle fut prise par Louis XIV en

1677, et assurée à la France par le traité de Nimègue,

1678. Les armées coalisées s’en emparèrent en 1793, malgré une héroïque résistance ; le général Schérer la reprit, le 29 août 1794. Les alliés l’occupèrent encore de 1815 à 1818. On célèbre dans cette ville, depuis 1825, une fête dite des Incas, une des plus remarquables de Flandre; c’est une pompeuse et brillante mascarade d’individus portant le costume des anciens Péruviens ; le grand ILuascar y figure d’ordinaire, ainsi que Christophe Colomb, Cortez, et Pizarre.

Valenciennes ( Pierre-Henri) , peintre de paysages, né à Toulouse en 1750, m. en 1819 , vint suivre à Paris les leçons de Doyen, alla ensuite étudier en Italie les ouvrages du Poussin et de Claude Lorrain, fit partie, à son retour, de l’Académie de peinture, et créa une école d’où sont sortis Bertin et autres excellents paysagistes. Il s’est inspiré du Poussin pour donner au paysage quelque chose du grand style qui rapproche ce genre de l’histoire. Parmi ses œuvres , on distingue : Cicéron découvrant le tombeau d' Archimède, au musée du Louvre ; Philoclète dans Vile de Lemnos ; OEdipe trouvé ! sur le mont Cythéron ; OEdipe devant le temple des Euménides. Il a aussi laissé un Traité de perspective et de l’art du paysage, Paris, 1800 et 1820, in-4®, ouvrage très-distingué. B.

VALENGIN, v. de Suisse, canton et à 5 kil. N.-O. de Neuchâtel ; 585 hab. Ch.-l. d’un comté, réuni à celui de Neuchâtel en 1579, et dont le roi de Prusse fut reconnu souverain par le traité d’Utrecht, 1713.

VAL.ENS (Julius), prit la pourpre sous le règne de l’empereur Décius, en 251, et fut tué quelques jours après.

valens (Publius-Valérius) , l’un des Trente tyrans, neveu du précédent, fut proconsul d’Achaïe sous Gallien, se fit proclamer empereur, vainquit et fit tuer Pison, qui avait pris le même titre en Thessalie, et périt de la main de ses propres soldats, en 261, après un règne de 6 semaines.

valens (Flavius) , empereur romain, 364-78 , né à Ci-

bales en Pannonie en 328 , associé à l’Empire et chargé de l’administration de l’Orient par son frère Valentinien Ier, résida à Constantinople, dont il n’entendait pas la langue. La fermeté de ses ministres, qui l’empêchèrent d’abdiquer, le fit seule triompher du prétendant Procope, 366. Après s’être fait baptiser par Eudoxe, chef des Ariens, il vainquit Sapor II, roi de Perse, battit les Goths au-delà du Danube, 369, puis permit à ce peuple, refoulé par l’arrivée des Iluns en Europe , de s’établir dans la Basse-Mœsie, en se convertissant à l’arianisme. Une révolte de ces Goths, maltraités par les agents romains, le ramena contre eux; battu près d’Andrinople, et blessé, il fut brûlé par eux dans une chaumière où il s’était retiré. A. G.

VALENSOLLE, ch.-l. de cant. (Basses- Alpes), arr. et à 52 kil. S.- O. de Digne ; 2,221 hab. Fabr. de chapeaux; Récolte et commerce d’amandes. Foire importante à la S‘-Jean.

VALENTIA (Pierre de), jurisconsulte espagnol, né à Cordoue en 1554, m. en 1620, fut historiographe de Philippe III. On a de lui, sous le titre à’Academica , sive de Judicio ergà verum, Anvers, 1596, in-8°, un bon commentaire sur les Académiques de Cicéron ; il y discute les di verses opinions relatives à la certitude.

valentia (Grégorio), jésuite espagnol, né à Médina del-Campo en 1551, m. en 1603, professa la théologie à Dillingen, à Ingolstadt, et au Collège romain. Outre des traités de controverse, recueillis à Lyon, 1591, in-fol., il a laissé des Commentaires sur la Somme de St Thomas, ibid., 1591, 4 vol. in-fol.

valentia, ville qui, dit-on, était bâtie sur le mont Palatin, et dont le nom, traduit en grec, devint Rome. Valentia fut le nom secret et sacré de Rome ancienne.

valentia , nom latin de valence.

VALENTIE, Valentia, une des 5 prov. de la Bretagne romaine, et la plus septentrionale, s’étendait entre la mu raille de Septime - Sévère , qui la séparait de la Calédonie au N., et celle d’Adrien au S. Les Selgoves et les Navantes en étaient les peuples principaux. Elle correspond aux comtés actuels de Northumberland , Durham, Cum berland, Westmoreland, et au N. de celui d’York.

VALENTIN (Saint), prêtre italien, souffrit le martyre à Rome en 270, ou à Terni en 306. Fête, le 14 février.

valentin , pape en 827 , né à Rome , ne régna que 40 jours.

valentin, hérésiarque du IIe siècle, né à Phrébon ou Pharbé (Egypte), m. en 161. Habile dans les lettres et les sciences, il brigua, dit-on, l’épiscopat, et, n’ayant pu l’obtenir, se fit le chef d’une secte de gnostiques. II mêla la théorie des idées de Platon et celle des nombres de Pythagore avec la théogonie d’Hésiode et l’Evangile de S‘ Jean, le seul qu’il regardât comme authentique. Outre le monde visible , il admettait un monde invisible , où il plaçait Dieu , espace invisible et lumineux ; de Dieu émanaient 30 Eons, essences divines étemelles, parmi lesquelles figurent le Verbe ou raison, V Esprit, la Vérité , la Vie, T Eglise, etc. Le monde visible, avec ses imperfections, était l’œuvre d’un Démiurge, agent secondaire de Dieu. Valentin eut en Egypte des succès qui le décidèrent à se rendre à Rome ; exclu de l’assemblée des fidèles, excommunié par le pape Hygin , en 143 , il retourna bientôt en Orient. R.

valentin (Basile) , alchimiste célèbre, dont la chronique fait un moine bénédictin, vivant à Erfurt en 1413, et qui aurait découvert l’antimoine (stibium) et une foule d’autres préparations utiles. Il est plus probable que ce personnage n’a jamais existé , et que l’auteur pseudonyme qui se couvre de son nom vivait à une époque plus récente. Deux faits le prouvent : 1° la préparation des caractères d’imprimerie avec un alliage d’antimoine, indiquée dans son principal ouvrage, Currus triumphalis antimonii, 1624 ; 2° l’indication de la maladie syphilitique, qu’il nomme mal français, et qu’il conseille de traiter par les sels de mercure, d’antimoine et de plomb. D'ailleurs, le nom de B. Valentin ne se trouve ni sur la liste provinciale des Bénédictins d’Erfurt , ni sur la liste générale de tous les religieux de cet Ordre, déposée aux archives de Rome. L’édition la plus ancienne de ses Œuvres est de 1602 ; plusieurs traductions françaises du xvne siècle existent en manuscrit à la bibliothèque de l’Arsenal (nos 162-163-164- 165). On distingue dans ces œuvres : de ilicrocosmo, Marbourg, 1609; Azoth, sive Aurélia occulta , Francfort, 1613 où il traite de la pierre philosophale; Practica, unà cum duodecim clovibus, ibid., 1618, traduit en français sous le titre des Douze clefs de la philosophie, traitant de la vraie médecine métallique, 1660. G — jj.

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VALENTIN (Jean de boullongne, dit), peintre, né à Coulommiers en 1601, m. en 1634, se lia en Italie avec le Poussin, trouva un protecteur dans le cardinal Barberini, et suivit principalement l’école du Caravage. Il peignit pour la basilique de St-Pierre de Rome le il lartyre des saints Processe et Martinien. Le musée du Louvre a de lui 7 tableaux. Valentin dessine correctement, et imite avec fidélité la nature; mais il manque de coloris. B.

Valentin (Michel-Bernard), médecin et naturaliste allemand, né à Giessen en 1657, m. en 1726, exerça la médecine à Fribourg, puis occupa une chaire à l’université de sa ville natale. On a de lui : Historia moscœ, Leyde, 1636, in-12; Pendectœ medico-legales, Francfort, 1701, 3 vol. in-4°; Musaeum musœorum, sive Descriplio rerum naturalium , texte allemand, ibid., 1704-14, 3 vol. in-fol. ; Hisloria simplicium, ibid. ,1716, in-fol.; Vtridai ium reformatum, sea Regnum vegelabile, ibid., 1719, in-fol.; Amphitheatrum zootomicum , ibid., 1720, in-fol.; Corpus juris medico-legalis, ibid., 1722, 2 vol. in-fol.; Cynosura materiœ medicœ, Strasbourg, 1726, 3 vol. in-4°, etc.

Valentin (le), château royal du roy. d’Italie, à 1 kil, S.-E. de Turin. Il fut commencé vers 1550, sous la domination française, par René de Birague, président du parlement de Turin.

VALENTINE de Milan, fille de Galéas Visconti, duc de Milan, et d’Isabelle de France, épousa, en 1389, Louis, duc d’Orléans , frère de Charles VI , et lui apporta en dot le comté d’Asti, avec l’expectative du Milanais si la ligne nulle des Visconti venait à s’éteindre. Epouse fidèle d’un mari très-inconstant, elle prodigua à Charles VI, quand il tomba en démence, les soins les plus empressés. Après l’assassinat du duc d’Orléans, 1407, elle alla, toute en deuil, demander vengeance au roi, qui la lui promit; mais, éloignée de Paris par la reine Isabeau, elle se retira à Blois avec ses enfants, et y mourut, en 1408, à l’âge de 38 ans. Ses droits sur le duché de Milan devinrent plus tard un des motifs des guerres entreprises en Italie par Louis XII et François Ier. B.

VALENTINIEN Ier, Flavius Valentinianus , empereur romain, 364-75, né en 321 à Cibales en Pannonie, du comte d’Afrique Gratien, était peu instruit, mais bien doué. Il servit dans les Gaules contre les Perses, et fut proclamé à Nicée, à la mort de Jovien, par l’armée, qui le pressa de se choisir un collègue ; il désigna Valens, son frère, à qui il céda l’Orient. Il vint à Paris en 365, et marcha de là contre les Alémans, qu’il repoussa en 366 et 368 ; il fortifia contre eux la ligne du Rhin, et résida jusqu’en 373 à Trêves, d’où sont datées ses lois sur les devoirs et les honoraires des avocats, et en faveur de la santé comme de l’instruction publique à Rome. On lui dut aussi les Défenseurs dans chaque cité. Chrétien zélé, il réprima les Ariens, mais ne persécuta pas. Sous son règne, le comte Théodose repoussa en Grande-Bretagne une invasion des Pietés, et y forma une 5e province, la Valentie. L’empereur mourut après une heureuse expédition en Illyrie contre les Quades, dans un accès de colère contre leurs députés. Sa sévérité était cruelle; il avait, dit-on, dans des cages, près de sa chambre à coucher, deux ourses qui dévoraient les condamnés. A. G.

Valentinien il, empereur romain, 375-392, fils du précédent, régna avec son frère Gratien; il eut d’abord les préfectures d’Italie et d’Illyrie, fut seul en Occident après la mort de Gratien, 383, ne triompha que par Théodose de l’usurpateur Maxime, qu’il avait laissé maître des Gaules, 388, et fut étranglé à Vienne, en Narbonnaise, par le Frank Arbogast, 392. Simple et bon, il avait aboli les spectacles du cirque, et fait tuer les bêtes destinées à ces jeux. Sa mère Justine avait sans cesse favorisé l’arianisme. A. G.

Valentinien m, empereur romain d’Occident, 424- 455, fils de Constance 111 et de Placidie, né en 419, fut élevé à Constantinople sous les yeux de Théodose le Jeune, laissa le soin des affaires à sa mère, sous l’administration de laquelle le comte Boniface ( V. ce mot ) livra l’Afrique aux Vandales, subit ensuite l’influence d’Aétius, qui lui conserva une partie de la Gaule par la victoire de Châlons sur Attila, 451, laissa ce roi des Huns désoler le N. de l’Italie, 452, sacrifia Aétius à des courtisans jaloux, et fut assassiné par le sénateur Pétrone Maxime, dont il avait Outragé la femme. B.

VALENTINOIS, anc. pays de France (Bas-Dauphiné), à l’E. du Rhône; ch. -h, Valence; v. princip.: Montélimart, Crest, Sl-Marcellin. C’était un comté, qui eut des seigneurs particuliers jusqu’en 1419. Vendu alors au dauphin, fils de Charles VII , qui ne put remplir les conditions du marché, il fut bientôt acquis par le duc de Savoie, qui le

céda à la France en 1446, en échange du Faucigny. En 1498, Louis XII érigea le Valentinois et le Diois en duchépairie pour César Borgia, mais révoqua cette donation en 1504. En 1548, Henri II donna à Diane de Poitiers le titre de duchesse de Valentinois. En 1642, Louis XIII abandonna le duché à Honoré de Grimaldi , prince de Monaco, et cette maison l’a conservé jusqu’en 1789 ; c’est pour cela que les princes de Monaco ont fait partie de la Chambre des pairs.

VALERE (Sainte), Valeria, vierge et martyre du Limousin au ine siècle. Fête, le 10 décembre.

valère (Saint) , Valerius , martyr à Soissons en 287. Fête, le 14 juin.

valère-andré, jurisconsulte et bibliothécaire de l’Académie de Louvain, né à Dessel en 1588, m. vers 1656, a laissé une Bibliothèque belgique (en latin), Louvain, 1623, in-12, augmentée parFoppens, 1739, 2 vol. in-4°, qui contient de courtes notices sur la vie des écrivains des dixsept provinces des Pays-Bas, avec des listes de leurs ouvrages. Cette Bibliothèque est encore estimée. C. N.

valère -maxime, Valerius Maximus , historien latin, contemporain de l’empereur Tibère, paraît avoir appartenu à la famille Valeria. Il porta les armes en Asie, et écrivit dans les dernières années de Tibère, après la chute de Séjan, un ouvrage intitulé : Faclorum dictorumque memorabilium libri IX. C’est un recueil d’anecdotes extraites de divers auteurs; il essaie de les rattacher à un but moral au moyen d’un certain nombre de divisions (de Religions, de patienliâ, etc.). Valère-Maxime est honteusement flatteur; son ouvrage, dont le style, souvent maniéré et prétentieux , ne manque ni de vivacité , ni d’énergie, est rempli de superstitions puériles dans le fond, et ss recommande uniquement par des détails de mœurs et d'antiquités qu’on ne trouve que chez lui. Les principales éditions sont celles Ad usum Delphini, Paris, 1679 ; de Torrenius, Leyde, 1726, in-4° ; de Kapp, Leipzig, 1782; de M. Hase, dans la Bibliothèque latine de Lemaire, Paris, 1822. 11 a été traduit en français par Binet, Paris, 1796, 2 vol. in-8° ; par Peuchot et Allais, Paris, 1822, 2 vol. in-12; par Frémion, dans la Bibliothèque latine-française de Panckoucko, 1837-38, 3 vol. in-8°. D — s.

VALERIANUS PIERUS (Jean -Pierre Bolzani , en latin), philologue et poète latin, né en 1477 â Bellune, m. en 1558, fut d’abord domestique, et ne commença a apprendre à lire qu’à 15 ans. Il étudia ensuite le latin sous Valla, et le grec sous Lascaris. Protégé par le cardinal Bembo, puis par Léon X et Clément VII , il refusa deux fois d’être évêque, et n’accepta que la place de protonotaire apostolique. De ses nombreux ouvrages , le plus connu est : Conlarenus,sive de lilleratorum infclicilale libri II, Venise, 1620, in-8», tableau touchant et simplement écrit des malheurs de plusieurs hommes de lettres. Il a laissé en outre: Pro sacerdotum barbis defensio, Rome, 1531; Castigationes... Virgilianœ lectionis, imprimées dans une édition de Virgile de Paris, 1532, in-fol.; Amorum libri V et alia poem ata, Venise, 1549, in-8°, etc. C. N.

VALÉRIE , Valeria, petite contrée de la Pannonie inférieure, le long fdu Danube, entre le Raab et la Drave, forma une province du diocèse d’Illyrie. — Province de l’Italie ancienne (diocèse de Rome), entre l’Ombrie, le Picénum et la Campanie.

VALÉRIEN, Publias Licinius Valerianus, empereur romain, 253-260, né d’une famille illustre en 190, s’était fait estimer dans tous les grades de l’armée. Décius ayant rétabli la censure en 251, le sénat l’avait désigné pour cette charge : proclamé par les légions de Gaule et de Germanie à la mort de Gallus, il prit pour collègue son fils Gallien , l’envoya contre les Francs en Gaule et en Espagne, et ordonna la 8e persécution contre les chrétiens, 257. Vainqueur des Goths, il ne put atteindre les Scythes, marcha contre Sapor, roi de Perse, fut pris à Edesse, suivit enchaîné le vainqueur, à qui il servait de marchepied pour monter à cheval, et mourut quelques années après. Sa peau, ajoute-t-on, tannée et teinte en rouge, fut suspendue dans un temple de Perse. A. G.

valÉrien (Montj. La plus haute colline des environs de Paris, à 10 kil. à l’O. de cette capitale, sur la rive g. et à 136 mèt. au-dessus du niveau de la Seine. Importante forteresse, faisant partie du système de dépense d? Paris Avant la Révolution , il y avait un calvaire sur cette colline. V. Calvaire.

valÉrien ( Saint ), martyr en 179, vécut à Castrum Tinurlium (Tournus). Au xie siècle, on lui consacra une abbaye. Fête, le 15 septembre.

valÉrien (Saint), évêque d’Aquilée, m. vers 389. Fête, le 27 novembre.

VAL

VAL

VALÉR1US CORVUS (Marcus), fut tribun des soldats sous Camille, et accepta le défi d’un redoutable Gaulois, 160 av. J.-C., qu’il battit avec l'aide d’un corbeau descendu, dit-on, sur son casque. Six fois consul , six fois dictateur, six fois édile, six fois préteur, il triompha des Samnites au mont Gaurus, puis des Étrusques, et mourut presque centenaire.

valérius fi, a cens, poëte latin, contemporain de Vespasien, de Titus et de Trajan, né à Padoue ou à Setia (ce qui le fait appeler aussi Setinus ), d’une branche pauvre de l’illustre famille des Yalérius Publicola, fut l’ami de Pline, de Juvénal et de Quintilien. 11 a laissé un poème de

I ’Argonautique ou la Conquête de la Toison d’or, en 8 chants

et inachevé, imitation de celui d’Apollonius de Rhodes. Il y a moins à blâmer chez lui que chez Stace pour le goût ; mais il manque d'invention ; c’est une médiocrité froide, qui n’intéresse pas. La principale édition de Valérius Flaccus est celle de Wagner Goetting, 1805, reproduite dans la Bibliothèque latine de Lemaire, 1822, avec des notes critiques de Caussin de Perceval. Il a été traduit en vers français par Dureau de la Malle, 1811, et en prose par Caussin de Perceval, dans la Bibliothèque laline-française de Pançkoucke, Paris, 1829, in-8°. D — R.

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