‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 64 sur 864 · LÉONARD DE VINCI. V. VINCI · texte numérisé non relu

LÉONARD DE VINCI. V. VINCI

LÉONARD-LE-NOBLAC OU LE-NOBLET ( SAINT-) , Nobi-

liacum , ch.-l. de cant. (Haute-Vienne) , arr. et à 22 kil. E. de Limoges, près de la rive dr. de la Vienne ; 3,615 hab. Eglise du xe siècle, autrefois collégiale. Lainages, porcelaines, papeteries, tanneries ; martinets à cuivre. Comm. de bestiaux. Patrie de Gay-Lussac.

LEONARDI (Jean), né dans le xvie siècle à Decimo près de Lucques, m. en 1609, exerça d’abord la pharmacie à Lucques, se fit prêtre en 1571, et fonda, pour l’instruction des pauvres, la congrégation des clercs réguliers de la Mère de Dieu , dont le cardinal Baronius le nomma supérieur général.

LEONARDO (Augustin), peintre espagnol, né à Valence vers 1580, m. en 1640, se fit moine au couvent de S^Philippe de sa ville natale, vers 1610. Ayant appris la peinture, il employa son talent à décorer les monastères. Il travailla à Madrid en 1624 et 1625. Quoiqu’un peu faibles d’exécution , ses portraits sont fort recherchés à cause de leur exactitude. Valence, Madrid, Tolède, Cordoue , possèdent le plus grand nombre de ses ouvrages. A. M.

leonardo (Joseph), peintre, né à Madrid en 1616, m. à Saragosse en 1656, étudia dans l’atelier de Pierre de las Cuevas. Il se distinguait par la fraîcheur du coloris et la grâce du dessin. Le roi d’Espagne le nomma peintre de

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la cour; mais des envieux lui firent prendre une boisson empoisonnée, qui lui ôta la raison : il passa les derniers temps de sa vie dans ce malheureux état. On voit de lui au Retiro des ouvrages admirables. Il exécuta un portrait en pied du prince gotli Alaric, pour la collection des rois d’Espagne, et l’on fait grand cas de cette peinture. A. M.

LEONAT, un des généraux d’Alexandre le Grand, obtint, dans le partage de l’empire macédonien en 323 av. J.-C., la Petite-Phrygie, sur l’Hellespont. Appelé en Gi'èce par Antipater, qui venait d'éprouver une défaite près de Lamia, il se fit battre par les Athéniens, et périt dans le combat , 322. O.

LEONBERG , autrefois Lowenberg , v. du royaume de Wurtemberg, sur la Glems, à 14 ldi. N.- O. de Stuttgard ; 2,200 hab. Patrie de Schelling.

LÉONCE, patrice d’Orient, se révolta en Syrie contre l’empereur Zénon en 485, et fut mis à mort trois ans après.

Léonce, empereur grec de 695 à 698, avait renversé et exilé Justinien IL Absimare lui fit subir le même sort; on lui coupa le nez, et on le jeta dans un monastère. Sept ans après, il fut tiré de prison, et exécuté par ordre de Justinien II , qui avait repris le pouvoir, 705. S.

LEONDARI. V. Leontarion.

LEONENSIS pagds, nom latin du pays de SGPol-de- Léon.

LEONESSA, v. du royaume d’Italie , dans la province d’Aquila, sur le Corno, à 45 kil. N. -O. d’Aquila, 19 kil. N. de Civita-Ducale ; 7,306 hab.

LE0NFORTE, v. de Sicile, à 13 kil. S. de Nicosie; 11,522 hab. Commerce de grains, vins, soie. Soufrière.

LÉONI , ville du royaume d’Italie , dans la province d’Avellino, à 50 kil. S. de San-Angelo-dei-Lombardi ; 4,100 hab.

leoni (Leone), orfèvre, sculpteur et graveur en médailles, né à Arezzo vers le milieu du xve siècle, introduisit à Milan le goût de l’école florentine, fut appelé à Bruxelles par Charles-Quiût , et résida aussi quelque temps à l’Escurial. Parmi ses œuvres, on cite surtout le mausolée de Jacques de Médicis dans la cathédrale de Milan , et une statue de Charles-Quint foulant aux pieds la Discorde. M. Y — i.

LEONIACUM , nom latin de Legnano.

LÉONICÉNE , grammairien , dont le véritable nom était Ognibene, né à Lonigo ( Leonicum ) près de Vicence en 1420, m. vers 1500, étudia sous Victorin de Feltre et Emmanuel Chrysoloras, et dirigea l’imprimerie de Nie. Jenson à Venise. On a de lui : De octo partibus orationis, Venise, 1473, in-4°; De versu heroïco, Milan, 1473, in-4° ; Tractatus ad scandendum , in-4». Ces trois ouvrages ont été réunis sous le titre de Grammatices rudimenla, Vicence, 1506. Il a aussi édité et commenté Lucain, Valère-Maxime, le Traité de l’Orateur , Y Invention et les Offices de Cicéron , et publié une traduction latine d’Esope.

léonicène (Nicolas), médecin, né en 1428 à Lonigo, m. en 1524 , passa presque toute sa vie à Ferrare, où il enseignait la médecine. Il se livra peu à la pratique de son art , et s’occupa principalement des auteurs anciens. Il a laissé : Liber de epidemid quant Itali morbum gallicum vocant , Venise , in-4°, réimpr. sous ce titre : de Morbo gallico liber, Bologne, 1516, in-fol., et Bâle, 1530, in-4° ; Galeni irs medica, Venise, 1606, première traduction latine des oeuvres de Galien , etc. D — g.

LÉONIDAS Ier, roi de Sparte, de la race des Agides, 191-480 av. J.-C. Lors de l’invasion de Xerxès en Grèce, il prit position aux Thermopyles avec 300 Spartiates et environ 4,000 autres Grecs, fut sourd aux menaces et aux promesses du roi de Perse, défendit intrépidement le délié jusqu’au moment où le Phocidien Ephialtès enseigna lux ennemis un sentier pour le tourner, renvoya alors ses compagnons, excepté les Spartiates, pénétra avec ceux-ci pendant la nuit dans le camp des Perses, et, après un aorrible carnage, y trouva la mort. Le passage des Thermopyles avait coûté à Xerxès 20,000 hommes. Dans la suite, Pausanias transporta les ossements de Léonidas à Sparte, où l’on érigea à ce roi un tombeau magnifique ; un temple fut élevé aux trois cents ; on institua en leur honneur la fête des Léonidées, à laquelle les Spartiates seuls ivaient droit d’assister, et où l’on prononçait l’Eloge funèbre de Léonidas. Le peintre David a fait un beau tableau ie Léonidas aux Thermopyles. B.

léonidas il, roi de Sparte, de la race des Agides, 257-238 av. J.-C. Il s’opposa aux projets de son collègue Agis III , qui voulait rétablir les institutions de Lycurgue, fut exilé, remplacé par son gendre Cléombrote, revint deux ans après, et fit condamner Agis à mort.

LÉONIUS , poète latin du xne siècle , que l’on croit avoir été bénédictin de S1 -Victor à Paris, est regardé à tort comme l’inventeur des vers rimés connus sous le nom de léonins , et dont on a des exemples dès le viile siècle.

LEONTARION ou LEONDARI, v. de Grèce (Morée) , sur l’Alphée, à 23 kil. S. de Carytène. On croit que c’est l’anc. Mégalopolis.

LÉONTIS , nom d’une des tribus de l’Attique.

LEONTIUM . anc. v. de la Sicile orientale, au N. de Syracuse: auj. Lentini. Colonie naxienne, fondée vers 650 av. J.-C. Patrie de Gorgias.

léontium , célèbre courtisane athénienne , étudia la philosophie à l’école d’Epicure , et fut intimement liée avec Métrodore et le poète Iîermésianax. Celui-ci donna ■ ■ le nom de Léontium au recueil de ses élégies. Cicéron parie d’un livre que la courtisane composa contre Théophraste, et loue l'élégance et l’atticisme de son style.

LEONTOPOLIS, anc. v. de la Basse-Egypte , à l’E. de Busiris. Auj. Tel-Essabé. On y adorait sans doute Neith à la tête de lion ; de là son nom.

LEOPARDI (le comte Giacomo), écrivain italien, ne en 1798 à Recanati (Marche d’Ancône), m. à Naples en 1837 , se fit connaître de bonne heure par des travaux philologiques. En 1814, il donna une édition de la Vie de Plolin , par Porphyre, une Dissertation sur la vie et les écrits des principaux rhéteurs du IIe siècle (Dion Chrysostome, Ailstide, Ilermogène, et Fronton), des Fragments des Pères grecs du même siècle, et des Fragments des historiens ecclésiastiques antérieurs à Eusèbe. En 1815, il composa un Essai sur les superstitions populaires des anciens, et réunit les Fragments de Jules l'Africain. Eu 1816, il entreprit une traduction de Fronton , et, en 1817, adressa à Giordani une Lettre critique sur le Denys d’ Halicarnasse du cardinal Mai. Des Canzoni , qu’il publia depuis 1818, et qui parurent à Bologne, 1824, le mirent au rang des meilleurs poètes lyriques ; un second recueil , contenant surtout des idylles et des élégies, des traductions en vers de la Batrachomyomachie d’Homère et de la satire de Simonide d’Amorgos, fut imprimé, sous le titre de Versi , à Bologne, 1826. Ces diverses œuvres poétiques furent rééditées, avec des augmentations successives et sous le titre de Canli , à Florence , 1830 , et à Naples , 1834. Pendant un séjour à Rome, Leopardi fit le catalogue des manuscrits grecs de la bibliothèque Barberini. On lui doit encore un grand travail critique sur la Chronique d’Eusèbe publiée par Mai et Zhorab, Rome, 1823 ; une édition de Pétrarque, avec un excellent commentaire, Milan, 1826; deux Chrestomathies italiennes, l’une en prose et l’autre en vers, ibid., 1827 et 1828 ; divers morceaux en prose, insérés dans des publications périodiques, recueillis sous le titre d ’Operette morali, Florence, 1827, et où l’on remarque un esprit de satire chagrine et de découragement , mais un des meilleurs styles de la littérature contemporaine. Les OEuvres complètes de Leopardi ont été publiées par A. Ranieri , Florence, 1845, 2 vol. in-8°. On a placé le tombeau de cet auteur près de celui de Virgile, à Naples. B.

LÉOPOL , v. de Gallieie. V. Lemberg.

LÉOPOLD , duc de Bavière, profita de la minorité de Louis l’Enfant , roi de Germanie , pour rétablir le duché de Bavière détruit par Charlemagne , et périt à Augsbourg en combattant les Hongrois , 907.

léopold (saint), dit le Pieux, margrave d’Autriche, 1096-1136, adoucit les mœurs de ses sujets, diminua les impôts, rendit la justice avec exactitude, prit le parti d’Heuri V, dont il épousa la sœur Agnès, et fut en concurrence pour l’Empire avec Lothaire ; mais , craignant d’allumer la guerre, il lui céda généreusement ses droits.

Il fut canonisé en 1485. Fête, le 15 novembre.

léopold il, le Glorieux, duc d’Autriche, 1308-1326, 3e fils de l’empereur Albert Ier, continua la lutte commencée par son père contre les Suisses, et fut battu à Morgarten , 1315. Il opposa son frère Frédéric à Louis de Bavière comme compétiteur à l’empire, et obtint pour lui , malgré une défaite à Muhldorf , le partage du trône.

léopold m, dit le Preux, duc d’Autriche, 3e fils et successeur d’Albert le Sage , né vers 1350, m. en 1386 , eut la Souabe à la mort de son père, gouverna le Tyrol avec son frère Albert III , puis se fit céder ce pays , ainsi que la Styrie et la Carinthie, tenta vainement d’unir son fils Guillaume à Hedwige , héritière de Pologne , et fut tué à la bataille de Sempach contre les Suisses.

léopold , duc de Lorraine, fils de Charles V . Ce dernier ayant été chassé de ses Etats par Louis XIV , Léopold ne rentra dans ses droits que par la paix de Ryswick, 1697. Il fit beaucoup pour relever le pays ruiné par la guerre , et mourut en 1729. Il eut pour successeur son fils

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— 1582 — LEP

François III , plus tard époux de Marie-Thérèse et empereur sous le nom de François Ier. E. S.

léopold Ier, empereur d’Allemagne en 1658, né en 1640 , m. en 1705 , était le 2« fils de Ferdinand III , à qui il succéda. En recevant des électeurs la couronne , il dut signer une capitulation en 45 articles , dont un des principaux lui interdisait de secourir l'Espagne contre la France. Une invasion des Turcs en Hongrie fut repoussée parMontccuculli, vainqueur à la bataille de Sl-Gothard , 1664. Dix ans après , Léopold entra dans une coalition contre Louis XIV, vit ses troupes battues sur le Rhin par Turenne, et fut contraint d’accepter la paix de Nimègue, 1679. Il fit encore partie de la ligue d’Augsbourg , provoquée par les empiétements de Louis XIV, 1686, laissa les Français saccager le Palatinat , et signa le traité de Ryswick, 1697. La lutte contre la F rance avait été entravée par la révolte de Tékély en Hongrie , et par une nouvelle invasion des Ottomans, qui eussent pris Vienne, en 1683, si Jean Sobieski, roi de Pologne, n’eût sauvé cette ville par une bataille •angée. Louis de Bade, le duc de Lorraine, et le prince Eugène, prirent alors l’offensive; les victoires de Zentha et de Salankémen amenèrent la paix de Carlowitz, 1699. A la mort de Charles II , roi d’Espagne, 1700 , Léopold voulut placer sur le trône de ce pays son fils Charles (depuis i’empereur Charles VI) , et engagea l’Allemagne dans une guerre de succession dont il ne vit pas la fin. V. Succession d’Espagne. B.

léopold il , empereur d’Allemagne , 1790-1792 , 2e fils de François Ier et de Marie-Thérèse , né en 1747 , succéda à son père comme grand-duc de Toscane, 1765, et gouverna ce pays pendant 25 ans avec une grande sagesse. A la mort de son frère aîné, Joseph II , 1790 , il héi’ita de la couronne impériale. Par son esprit conciliateur, il réussit bientôt à rétablir la paix intérieure dans ses Etats. Après avoir réduit à l’obéissance les Pays-Bas insurgés, 1791, il leur rendit leurs anciennes libertés. Par la convention de Reichenbach, 1790, il se concilia la Prusse, et, en 1791 , il conclut à Szistowa un traité de paix avec la Turquie , à laquelle il restitua ses anciennes conquêtes de Servie. La Révolution française l’arrêta dans ses réformes libérales, et le détermina à entrer dans la coalition de Pillnitz, 1791 , et à conclure une alliance offensive et défensive avec la Prusse , 1792. Il mourut peu de temps après , et eut pour successeur son fils François II. Il était frère de la reine de France Marie-Antoinette. E. S.

léopold (Charles-Guillaume de) , poëte suédois , né à Stockholm en 1766, m. en 1829, bibliothécaire d’Upsal , membre de l’Académie suédoise en 1786 , secrétaire particulier de Gustave III en 1788 , conseiller de chancellerie en 1799 , secrétaire d'Etat en 1818 , a laissé de belles odes patriotiques ( la Victoire d'Hogland, le Combat naval de Frederikshamn , etc.), et plusieurs tragédies, dont deux, Oden et Virginia, ont été traduites en français dans les Chefs-d’œuvre des théâtres étrangers.

léopold ( Ordre de ) , ordre créé en Autriche par l’empereur François Ier en 1808, en mémoire de son père Léopold II , pour récompenser le mérite civil ou militaire. La croix , suspendue à un ruban rouge bordé de blanc , est à 8 pointes ; l’écusson du milieu porte les lettres F. I. A. ( Franciscus imperalor Austriœ), avec les mots Integritali et mérite, et, au revers, cette devise de Léopold : Opes regum , corda subditorum. — Ordre de Belgique , institué par le roi Léopold Ier en 1832. La croix , suspendue à un ruban rouge moiré , est blanche , émaillée , entourée d’une guirlande de laurier et de chêne; au milieu se trouve, d’un côté , le chiffre du roi , et , de l’autre , le lion belge avec cette devise : L’union fait la force.

LEOPOLDSTADT, v. forte de Hongrie (Neutra), dans une plaine marécageuse , sur la rive dr. de la Waag , à 24 kil. O. de Neutra. Arsenal; hôtel des Invalides.

LÉOSTHÈNE. V. Lamiaque (Guerre).

LÊOTYCHIDE, roi de Sparte, de la race des Proclides, 492-467 av. J.-C. , remplaça Démarate, son cousin, fit la guerre aux Eginètes , commanda avec l’Athénien Xantippe la flotte grecque qui mit en fuite les Perses à Mycale, 479, fit ensuite la guerre en Thessalie, se laissa gagner par les présents des vaincus , fut banni , et mourut à Tégée.

LÉOVIGILDE ou LEUVIGILDE , roi des Wisigoths de 569 à 5H6. Appelé au pouvoir par son frère Liuva, il gouverna l’Espagne en son nom pendant trois ans, et resta seul maître du royaume en 572. Son règne vit éclater la lutte ouverte du catholicisme espagnol contre l’arianisme des vainqueurs , qui fut bientôt vaincu. Il reprit aux Grecs Cordoue et Medina-Sidonia, soumit les Vascons rebelles, bâtit Vittoria , réunit le royaume des Suèves à la monarchie gothique en 585 , repoussa trois attaques des Francs ,

elles poursuivit jusque sous les murs de Toulouse et de Bcâucâirc JJ

LEPAGE (Mlle). V. Bocage (Mme du).

LÉPANTE ou EPAKTO, Naupactus des Latins, v. forte de la Grèce (Hellade), port sur le golfe de son nom, à 170 kil. O. d’Athènes; 2,000 hab. Les Vénitiens l’occupèrent au xme siècle, et l’entourèrent de puissantes forteresses, devant lesquelles les Turcs durent reculer en 1475, après un siège de 4 mois; Bajazet II, plus heureux, la prit en 1498; reprise par les Vénitiens en

1687, le traité de Carlowitz la leur fit évacuer de nouveau en 1699.

lépante (golfe de), Sinus Corinlhiacus des Romains, golfe formé par la mer Ionienne sur la côte O. de la Gièce, où il s’enfonce profondément entre l’IIellade et la Morée ; long de 125 kil., sur 35 dans sa plus grande largeur; communiquant à l’O. avec le golfe de Patras , et fermé à l'E. par l’isthme de Corinthe. C’est dans ses eaux qu’eut lieu en 1571 (7 oct. ) une grande bataille navale, où les flottes combinées de Venise, de l’Espagne, et du pape, commandées par don Juan d’Autriche , battirent celle des Turcs , qui y perdirent , dit-on , 200 galères et 30,000 hommes , et furent par cette défaite arrêtés dans leurs envahissements.

LEPAUTE (Jean-André), célèbre horloger, né en 1707 près de Montmédy, m. en 1789, vint à Paris eu 1740, construisit, en 1753, pour le Palais du Luxembourg, la première horloge horizontale que l'on eût vue à Paris, et présenta, la même année, à l’Académie des sciences, une pendule à une seule roue de son invention. Ce fut alors qu’il devint ami intime de l’astron. me Lalande. Ou lui doit un Traité d'horlogerie, Paris, 1755, in-4°, avec un supplément, 1760. — Sa femme, née à Paris en 1723, m. en 1788, travailla à la Connaissance des temps et aux Ephémérides des mouvements célestes. Son frère, Jean-Baptiste, m. en 1802, a fait l’horloge de l’Hôte 1-de-Ville de Paris. Son neveu, Pierre-Basile, m. eu 1843, a construit celles des Tuileries, du Palais-Royal, et du Muséum d’histoire naturelle.

LEPAUTRE (Antoine), architecte, né à Paris en 1614, m. en 1691, membre de l’Académie de sculpture depuis 1671, construisit les deux ailes du château de S‘ Cloud, dessina la cascade du parc, et éleva l’église de Port-Royal dans le faubourg Sl-Jacques à Paris. Mme de Montespan l’avait désigné pour bâtir le château de Clagny; mais Mansard le supplanta. Lepautre a publié ses OEuvres d' architecture, 1652, enrichies de dessins estimés, et de dissertations par A. Ch. d’Aviler. Un choix de ses plus belles compositions a été imprimé en 1 vol. in-8°, Paris , 1854. Lepautre a beaucoup d’imagination et de goût, et son dessin est plein de grandeur et de majesté. — Son frère, Jean Lepautre, né à Paris en 1617, m. en 1682, reçu à l’Académie en 1677, a publié d’excellents dessins d’architecture et d’ornement, et gravé des portraits et des paysages. B.

lepautre (Pierre), sculpteur, fils d’Antoine, né à Paris en 1659, m. en 1744, remporta le grand prix de sculpture, et alla passer 15 ans à Rome. Ou voit de lui, dans le jardin des Tuileries, les groupes d’Ence et Anchise, d’Arrie et Pœtus, une Atalante, et un Faune à la biche. Il a exécuté aussi les délicates sculptures en bois de l 'œuvre de St-Eustache, et fait plusieurs gravures à l’eau-forte. B.

LEPAYS (René), sieur du Plessis-Villeneuve, né à Nantes ou à Fougères en 1636, m. en 1690, directeur des gabelles du Dauphiné et de la Provence, est un des poètes médiocres dont s’est moqué Boileau. On a de lui : Amitiés, Amours et Amourettes, recueil de lettres, Grenoble, 1664; Zélotide , histoire galante, Paris, 1655; Nouvelles œuvres, ibid., 1672; le Démêlé de l’esprit et du cœur , ibid.,

LEPECQ DE LA CLOTURE (Louis), médecin, né à Caen en 1736, m. en 1804. Reçu docteur à Caen, il s’y établit, et fut nommé professeur de chirurgie ; il pratiqua aussi à Rouen, et passa la fin de sa vie dans la retraite. Médecin hippocratique, il a rendu des services à la science des épidémies. Parmi ses ouvrages, on remarque : Observations sur les maladies épidémiques, Paris, 1776, in-4°; Collection d’observations sur les maladies et constitutions épidémiques. Rouen et Paris, 1778, 2 vol. in-4°. D — g.

LEPE, v. d’Espagne (prov. d’Iluelva), petit port près de l’océan Atlantique, et à 126 kil. O.- S. -O. de Séville. Pêche de thons et sardines. Population de la commune : i 4,000 hab.

! L’ÉPÉE (Abbé de). V. Épée (l’).

LEPEJA, nom lithuanien de Libau.

LEPEL, v. de la Russie d’Europe, gvt et à 141 kil. O. -S. -O. de Witebsk, sur le lac de son nom; 2,700 hab.

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LEP

LE PELLETIER (Claude), né en 1630 à Paris, m. en 1711 dans la retraite, fut président aux enquêtes dans le Parlement, prévôt des marchands, et successeur de Colbert au ministère des finances de 1683 à 1689. On dit au roi qu’il ne convenait pas à cette place, parce qu’il n’était pas assez dur. « C’est pour cela que je le choisis, » répondit Louis XIV. Homme de bien, modeste, intègre, il abandonna, au bout de six ans, une charge qui était trop lourde pour lui. Il fit construire le quai Pelletier, à Paris, fut le protecteur et l’ami de Rollin. On lui doit : le Corps de droit canon ; Y Ancien code ecclésiastique; des Observations sur le Code et les Novelles ; le Cornes rusticus, 1692 ; le Cornes senectutis , 1709; des éditions du Cornes juridicus et du Cornes theologus de P. Pithou. G.

LEPELLETIER-des— forts ( Michel -Robert) , neveu du précédent, né en 1675, m. en 1740, membre honoraire de l'Académie des sciences, fut contrôleur général des finances de 1726 à 1730 , mais n’agit que selon le bon plaisir du cardinal Fleury.

lepelletier de la hoüssate (Félix), m. en 1723, devint contrôleur général des finances au milieu de la crise financière produite par la banqueroute de Law, fut au-dessous de sa tâche, et laissa la direction des affaires aux frères Paris.

LEPELLETIER DE SAINT-FARGE AU (LOUÎS - Michel ) , arrière-petit-fils de Lepelletier-des-Forts , né à Paris en 1760, m. en 1793, avocat-général, ensuite président à mortier au parlement de Paris, fut député de la noblesse aux États-généraux de 1789. Après quelques hésitations, il embrassa la cause démocratique, fit décréter l’abolitiou des qualifications nobiliaires, 1790, et rédigea un remarquable rapport sur la lre partie du projet de Code pénal, 1791. Nommé à la Convention, il vota la mort du roi sans appel ni sursis. Son vote ayant entraîné celui de ses amis et décidé la majorité, un garde-du-corps, nommé Pâris, le rencontra dans un restaurant du Palais-Royal, le 20 janvier 1793, et le tua d’un coup de sabre. La Convention lui décerna les plus pompeuses funérailles ; elle décréta que ses restes seraient mis au Panthéon, et que sa fille serait adoptée par la nation. Ses Œuvres ont été publiées à Bruxelles, 1826,

1 vol. in-8°. J. T.

lepelletier de saint-fargeau (Félix), frère du précédent, né en 1767, m. en 1837, était, en 1789, aide de camp du prince de Lambesc. Il se rangea parmi les partisans de la démocratie après le meurtre de son frère, fut impliqué dans la conspiration de Babeuf, élu membre de la Chambre des représentants pendant les Cent-Jours , proscrit par la Restauration, rentra en France en 1820, et vécut dans l’obscurité.

LEPÈRE (Jean-Baptiste), architecte, né à Paris en 1762, m. en 1844, partit en 1787 pour S*-Domingue, où il construisit, avec le seul secours des nègres, plusieurs grandes habitations, revint en France en 1790, s’adjoignit en 1796 à une compagnie d’artistes et d’artisans appelés à Constantinople pour y établir et y diriger une fonderie de canons, fit partie de l’expédition d’Egypte en 1798, et enrichit de ses dessins le grand ouvrage de l’Institut d’Egypte sur ce pays. Connu personnellement du général Bonaparte, il fut nommé architecte de la Malmaison en 1802, et chargé en 1805, avec Gondouin , d’élever la colonne de bronze de la place Vendôme, premier ouvrage de ce genre exécuté dans d’aussi grandes proportions. Après ce travail, on lui confia la construction d'un obélisque en granit, sur le terre-plein du Pont-Neuf ; le soubassement fut seul exécuté en 1814 ; Lepère y éleva le piédestal de la statue équestre de Henri IV. Architecte de l’empereur à SLCloud, puis architecte de Fontainebleau sous la Restauration, il perdit ces fonctions en 1830. Ce fut lui qui monta, en 1833, au sommet de la colonne Vendôme, la nouvelle statue de l’empereur. Son dernier monument fut l’église de St-Vincent-de-Paul , commencée en 1824, et terminée par M. Hittorff, son gendre. II a trouvé le moyen de sculpter le granit aussi facilement que la pierre, et inventé un mécanisme pour accorder les pianos à l’aide de la vue eule et sans le secours de l’ouïe. B.

LEPIC (Louis, comte), né à Montpellier en 1765, m. en 1827, entra au service en 1781 comme simple dragon, était déjà lieutenant-colonel en 1793, se fit remarquer à l’armée de l’Ouest par sa bravoure et son humanité , fit les campagnes de 1797 à 1799 en Italie, fut nommé colonel après la bataille de Marengo, puis major dans les grenadiers à cheval de la garde consulaire, se signala à Austerlitz, gagna le grade de général de brigade à Eylau, donna encore de grandes preuves de valeur à Wagram, remplit en Espagne les fonctions de capitaine-général sous les ordres de Murat et du roi Joseph, accompagna la garde

impériale en Russie, fut nommé général de division eu 1813, commanda le 2e régiment des gardes d’honneur pendant les campagnes de Saxe et de France, accepta, pendant la Ire Restauration, la 21e division militaire, prit part à la bataille de Waterloo, et reçut sa retraite à la seconde rentrée des Bourbons. B.

LÉPICIÉ (Bernard), graveur, né à Paris en 1698, m. en 1755, élève de Mariette et de Duchange, fut admis à l’Académie de peinture en 1737. Son dessin est correct, son faire sage et moelleux. Dans un voyage en Angleterre, il grava les cartons de Raphaël qui sont au palais dr Hamptoncourt. Parmi ses estampes, on cite : l'Amour précepteur, d’après Coypel ; Vertumne et Pomone, d’après Rembrandt; Jupiter et Io , Jupiter et Junon, d’après Jules Romain; le Philosophe flamand, d’après Téniers. Il a aussi dressé le Catalogue des tableaux du roi , et composé un Recueil des vies des premiers peintres du roi. — Son fils, Nicolas-Bernard, né à Paris en 1755, m. en 1784, s’adonna à la peinture ; il eut un dessin incorrect, et un coloris de convention. On a de lui : Adonis changé en anémone, pour le pavillon de Trianon ; St Louis rendant la justice, à l’Ecole militaire ; une Descente de croix , à la cathédrale de Châlonsur-Saône.

LÉPIDUS (Æmilius), maître de la cavalerie de Jules César, fut chargé par lui du gouvernement de Rome, et le fit proclamer dictateur, l’an 704 de la ville, 49 av. J.-C. Après la mort de César, il s’unit avec Antoine, et obtint le grand-pontificat avec le gouvernement de la Gaule narbonaise et de l’Espagne citérieure. Collègue d’Antoine et d’Octave dans le second triumvirat, en 43, il conserva ces deux provinces ; mais il fut exclu du nouveau partage qui se fit après la bataille de Philippes (42), parce qu’on le croyait d’intelligence avec Sextus Pompée, et ne reçut l’Afrique que deux ans après, 40. Pendant la guerre de Pérouse, 41-40, il s’opposa avec Octave aux projets de Fulvie et de L. Antonius, mais il ne put empêcher celui-ci de s’emparer de Rome. Après la défaite de Sextus Pompée en Sicile, ayant réuni les légions de celui-ci aux siennes, il se crut assez fort pour prétendre ajouter cette province à son gouvernement d’Afrique, 35 ; mais Octave entraîna ses soldats, et le relégua à Circéi, en ne lui laissant que sa dignité de grand-pontife. Il y vécut encore 23 ans.

« C’était, dit Montesquieu, le plus méchant citoyen de la République. » Sans fermeté, sans talent, il dut uniquement aux circonstances son élévation. Durant les proscriptions, il se montra le digne collègue d’Octave et d Antoine, et leur livra la tête de son propre frère. Ce fut lui qui ouvrit la voie Emilienne. O.

LÉPONTIENNES (Alpes). V. Alpes.

LÉPONTIENS, Leponlii, anc. peuple des Alpes, qui habitait la région de montagnes et de vallées d'où sortent le Rhin, le Rhône et le Tésin, depuis le mont Rosa jusqu’au Berna rdino , partie dans la Rhétie , partie dans la Gaule cisalpine; villes priucip. : Oscelum (Domo-d’Ossola) , Eudracinum ( Eutranne ) , etc.

LEPORETUM , nom latin de Labrit.

LÉPREUX. Dès les temps les plus anciens , on considéra la lèpre comme une marque de la colère de Dieu contre ceux qui en étaient frappés. La loi de Moïse chercha à en empêcher la propagation : elle séquestrait les malades loin des lieux habités, et défendait toute commucation avec eux. Chez les peuples chrétiens , on regarda aussi les lépreux comme morts au monde; la plupart des législations les privèrent du droit de disposer de leurs biens, et on ne put les appeler devant les tribunaux pour une cause personnelle. Il leur était défendu d’entrer dans les églises, les moulins, les boulangeries, les foires et marchés , de se laver dans les fontaines et les ruisseaux , de toucher la corde des puits, de boire en d’autres vases que leur écuelle ; ils ne devaient toucher qu’avec une baguette aux objets qu’ils voulaient marchander ; sur un pont, ils devaient être gantés pour s’appuyer à la rampe. Toujours vêtus de noir , ils portaient un voile sur la bouche , agitaient une crécelle ou claquette pour donner avis de leur approche, et se mettaient au-dessous du vent des passants. Souvent, dans les moments de peste, le vulgaire les accusa d’avoir empoisonné les sources. Les lépreux habitaient hors des villes et villages, sous des cabanes, qu’on brûlait après leur mort. Ils avaient pour patron S1 Lazare , frère de Marie et de Marthe , qu’on supposait être mort de la lèpre; le nom de Lazare ayant été changé par le peuple en celui de Ladre , les lépreux furent appelés ladres , et les hôpitaux dans lesquels on les soigna portèrent les noms de lazarets , ladreries ou maladreries. L’est qu’en effet l’Eglise chercha à vaincre les répugnances qu’inspiraient les lépreux ; elle leur assigna une place distincte dans le lieu

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