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consacrée. Si l’accusé comparaissait devant le tribunal, il pouvait, s’il était lui-même franc-juge, se purger de l’accusation par son serment et par le témoignage d’un certain nombre de francs-juges. Pour l’accusé étranger, son serment était nul, et comme il lui était presque impossible de trouver des témoins jurés dans le corps des francsjuges, sa condamnation était à peu près certaine. Aussi il ne comparaissait jamais, et la citation tomba en désuétude comme inutile. Une procédure plus terrible était celle du flagrant délit : dans ce cas, si trois francs-juges avaient été témoins, ou avaient entendu l’aveu du coupable, c’était leur droit et leur devoir de le pendre immédiatement à l’arbre le plus proche, en quelque lieu que ce fût. Au xvc siècle, la puissance de la S,e-Vehme fut presque illimitée. Les princes de l’Empire et l’empereur lui-même la subissaient; la citation d’un franc-comte Westphalien était plus redoutée que celle de l’empereur lui-même. Maximilien Ier porta la première atteinte à cette puissance, en améliorant la justice régulière; Charles-Quint acheva l’œuvre par l’ordonnance Caroline de 1532, qui réforma la jurisprudence criminelle en Allemagne. Les tribunaux vehmiques cédèrent la place à la justice territoriale émanée de l’empereur.

VEIES, Veii, v. d’Etrurie, au N.- O., à 20 kil. de Rome, était une des 12 lucumonies étrusques. Ses habitants furent souvent en guerre avec les Romains. Déjà battus, dit-on, et privés d’une portion de territoire par Romulus, ils donnèrent quelques secours aux Tarquins expulsés, 509 av. J.-C., et furent vaincus avec les Tarquiniens, par Brutus. Attaqués en 4B2, exposés, après une grande défaite, aux provocations des 300 Fabius, qu’ils finirent par surprendre et massacrer sur les bords du Crémère, 376, ils s’emparèrent du Janicule, d’où ils ne furent délogés que par deux armées, 474. Dans une nouvelle lutte, leur chef Tolumnius périt, 435, de la main de Cornélius Cossus, qui remporta les secondes dépouilles opimes. Enfin, après un siège de 10 ans, 405-395, Véies fut prise par Camille, qui s’opposa à ce qu’une partie du peuple romain s’y établit. —Il reste des vestiges de la citadelle de Véies sur la colline dite l’isola Farnese. B.

VEIGNÉ, vge (Indre-et-Loire), arr. et à 13 kil. S. de Tours; 1,300 hab. Joli château de Couzières (xive siècle), rendez-vous de chasse des Montbazon.

VEILLANE, brg du Piémont. V. Avigliana.

VEILLE, Vigilia , l’une des divisions de la nuit chez les anc. Romains. 11 y en avait 4, de chacune trois heures, plus ou moins longues, suivant les saisons. La première veille commençait après la 12e heure du jour, c.-à-d. vers 6 heures du soir, et la dernière finissait au point du jour. La division par veilles n’était qu’à l’usage des camps, pour en régler le service intérieur. Des sonneries de trompettes annonçaient chaque veille. Dans le civil, on comptait la nuit par heures. C. D — y.

VEILLÉE D’ARMES. V. Chevalerie.

VEIMARS (LOÉVE-), littérateur, né à Paris en 1801, ni. en 1854, était né de parents allemands d’origine et israélites de religion. Après les événements de 1814, il les suivit à Hambourg, où il fut employé de commerce; s’étant bientôt converti au christianisme, il revint à Paris, et débuta dans les lettres, en 1823, par une traduction de quelques opuscules de VVieland. Il collabora à la Berne encyclopédique et au petit journal le Figaro, publia en 1826 une Histoire sommaire de la littérature allemande , puis la traduction des romans de Van der Velde et de quelques contes de Zschokke, fut attaché à la Berne de Paris en 1829, au journal le Temps en 1830, et enfin à la Revue des Deux Mondes. Le premier, il fit connaître à la France les œuvres du romancier Hoffmann , qu’il rendit populaires, sans les défigurer; et, plus tard, il traduisit Henri Heine avec un égal succès. Partout il montra un style facile, élégant et clair, de la pénétration politique , et une rare finesse d’aperçus. Vers la fin de sa vie, il renonça aux lettres, et fut consul à Bagdad de 1840 à 1848. En 1849, il occupa le même poste à Caracas, et avait été envoyé à Lima au moment de sa mort. On a imprimé, en 1840, sous le titre grec de Népenthès (sans chagrin), un choix de ses articles de journaux et de revues. Il est aussi l’auteur des Scènes contemporaines, qui parurent sous le pseudonyme de la comtesse de Chamilly. B.

VEIT (SANKT-), vge de la Basse- Autriche, à 22 kil. S. de St-Polten; 150 hab. L’anc. château de Hohenstauffen, était sur son emplacement. — vge des Etats autrichiens, à 9 kil. O. de Vienne; 1,200 hab. Beau château des archevêques de Vienne. — vge des Etats autrichiens, à 30 kil. S.-S. -O. deVienne; 900 hab. Fabr. considérable de machines. — v. des Etats autrichiens (Cariatide), à 19 kil.

N. de Ivlagenfurt; 1,500 hab. Capitale de la Carinthie jusqu’en 1518.

VEJOVIS, Dieu des anciens, sur la nature duquel on n’est pas d’accord : suivant les uns, il n’est autre que Jupiter enfant; les autres l’identifient avec Pluton. 11 eut un temple sur le mont Capitolin. On le représentait jeune, armé de flèches, et quelquefois monté sur une chèvre.

VÈLABRES, Velabra , quartiers de l’anc. Rome. Il y eu avait deux : le Vélabre majeur et le Vélabre mineur, s’étendant, ensemble, de la rive gauche du Tibre jusqu’au Forum romain ; le Mineur, c.-à-d. le plus bas, était près du fleuve, et le Majeur touchait au Forum. Ces quartiers étaient un anc. marais, où l’on allait autrefois en barques à voiles ( vêla ), pendant les crues du Tibre. C. D— y.

VÉLAIRES, Velarii, esclaves qui, dans la maison des empereurs romains, se tenaient auprès des voiles ou portières couvrant les portes intérieures. C. D — y.

VELARIUM, grande voile que, chez les anc. Romains, on tendait sur les théâtres ou amphithéâtres, pour abriter les spectateurs des rayons du soleil. Elle se composait de plusieurs panneaux, qui glissaient sur des câbles tendus en rayons du centre à la circonférence de l’édifice. C. D — y.

VELASCO (Grégoire-Hernandez de), poète espagnol, né à Tolède vers le milieu du xvie siècle, a donné d’excellentes traductions en vers du poème de Parla Virginis par Sannazar, Tolède, 1554, et de l'Enéide de Virgile, Alcala, 1585, in-8°.

VELASQUEZ ( Diego), né vers 1465 ou 1470 à Cuellar ( prov. de Ségovie ) , m. en 1523 ou 1524, accompagna Christophe Colomb dans son 2e voyage, en 1493, et s’établit à Hispaniola ( S*-Domingue) . Ayant gagné la faveur d’Ovando, gouverneur de cette colonie naissante, il fut chargé de réduire une partie des indigènes. En 1509, il reçut de Diégo Colomb, nommé amiral des Indes , la mission de conquérir Cuba, et, ayant réussi dans cette entreprise, devint gouverneur de l'ile, où il fonda San-Salvador et Puerto-de-Carenas (La Havane). Puis il seconda l’expédition qui découvrit l’Yucatan, 1517-1518, et chargea Fernand Cortez de soumettre le Mexique : bientôt jaloux de ce lieutenant, il essaya, mais en vain, d’entraver ses succès.

velasquez (Don Diégo Rodriguez de Silva y), célèbre peintre espagnol, chef de l’école de Madrid, né à Séville en 1599, m. en 1660, étudia d’abord dans l’atelier d’IIerrerale Vieux, puis dans celui de François Pacheco, dont il devint plus tard le gendre. Mais l’homme qui fit le plus d’impression sur lui, ce fut Louis Tristan de Tolède, dont les tableaux devinrent ses modèles. Il étudia aussi avec soin la nature. En 1622, il se rendit à Madrid, où il obtint la permission de faire des études dans la Galerie de la ville, dans les collections du Pardo et de l’Escurial. Un de ses portraits transporta Philippe IV d'une telle admiration, que ce prince le nomma son peintre, et l’huissier de sa chambre. L’existence de Velasquez ne fut plus qu’une suite de triomphes. En 1629, il partit pour l’Italie, où il étudia les œuvres des maîtres avec une persévérance enthousiaste. Au bout de deux ans, le roi lui donna l’ordre de revenir. Il fit alors un grand nombre de portraits, parmi lesquels celui du comte d’Olivarès, qui passe pour un chef-d’œuvre. On cite encore celui du poète Quevedo. Ses tableaux d’histoire n’obtenaient pas un moindre succès. Il retourna en Italie pour acheter des tableaux, que le roi voulait placer comme modèles dans l’Académie des beauxarts, à la veille d’être fondée par lui , et rapporta une très -riche collection. Velasquez a peint, outre le portrait et l’histoire, des fruits, des fleurs, des animaux, des paysages, et il a excellé dans tous ces genres. Personne n’a mieux imité la nature que ce peintre, et n’a fait un meilleur usage des ressources du coloris : vérité des types, naturel des poses, transparence de l’air, profondeur de la perspective, élégance des draperies , relief et vigueur des tons, il possédait toutes les qualités, sauf un certain goût idéal. Parmi ses tableaux, on cite surtout la Punique de Joseph, et le Tableau de famille (la famille royale). Le musée du Louvre a de lui 4 tableaux dont 3 sont des portraits, entre autres, V Infante Marguerite. A. M.

velasquez ( Alexandre-Gonzalès ), peintre et architecte, né à Madrid en 1719, m. en 1772, membre de l’Académie des beaux-arts de sa ville natale et professeur de perspec tive, travailla à la construction et à l’ornement de plusieurs monuments de Madrid, et fit les plans du palais d’Aranjuez.

velasquez ( Antonio-Gonzalès), frère du précédent, né à Madrid en 1729, m. en 1793, se forma à Rome dans l’art de la peinture, revint en Espagne en 1753, et fut nommé peintre de Charles 111 et directeur de l’Académie

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