VIC-SUR-LOSSE. V. VIC-FEZENSAC
vic-suR-SEii.LE , Vicus, ch.-l. de cant. (Meurthe), ai-r. et à 6 kil. S.-E. de Château-Salins; 2,368 hab. Trib. de lr<l instance. Mine de sel gemme. Comm. de grains, vins, bonneterie de laine; moulins à plâtre. Cette ville , jadis capitale du pays Saunois, dépendait de l’évêché de Metz. Louis XIII et le duc de Lorraine Charles IV y conclurent un traité, eu 1632. On y remarque un vieux château- fort, et l’église St-Etienne, anc. collégiale.
VICAIRE, Vicarius, esclave suppléant que, chez les anc. Romains, un esclave pouvait acheter, sur son pécule, pour le suppléer ou le remplacer dans son service. Le vi - Caire devenait la propriété du maître de l’esclave. C. D — y
vicaire, prêtre qui, dans la religion chrétienne, tient la place et remplit les fonctions dVm autre. Il y a de grands - vicaires, attachés aux évêques, qui leur donnent pouvoir de faire les fonctions de leur juridiction, excepte d’administrer les sacrements de l’Ordre et de la Confirmation, et de consacrer les églises, fonctions attachées à l’ordre et au caractère épiscopal. On donna le nom de Ficaires apostoliques à ceux qui faisaient les fonctions du pape dans les Eglises éloignées ; certains évêques se l’approprièrent également. Le pape Benoit III prit, en 856, le titre de Vicaire de S1 Pierre , que ses successeurs depuis le XIIIe siècle remplacèrent par celui de Vicaire de J.- G.
vicaire ou vice-préfet, Vicarius, nom donné, dans l’Empire romain du ive siècle , au gouverneur d’un diocèse ( F. ce mol). Dioclétien institua les vicaires ; ils étaient subordonnés aux préfets du prétoire.
vicaire impérial , nom que prenaient , dans l’ancien Empire d’Allemagne, les deux seigneurs qui exerçaient par intérim l’autorité depuis la mort de l’empereur jusqu’à l’élection de son successeur. — On le donna à ceux qui avaient le pouvoir impérial par délégation, dans les pays où l’empereur ne résidait pas.
VICE-AMIRAL. F. Supplément.
VICENCE, anc. Vicentia, et Vicentina, en italien Vicenza, ville du royaume d’Italie (Vénétie), chef-lieu de la province de son nom, sur la Bacehiglione, à 80 kil. O. de Venise; par 45° 42’ 46” lat. N., et 9° 13’ 9” long. E.; 33,306 hab. Evêché suffragant de Venise. Trib. de lre instance. Séminaire ; 2 gymnases ; lycée. Académie d’agriculture. Riche bibliothèque, jardin botanique. La ville, agréablement située et magnifiquement bâtie, possède de nombreux et superbes édifices, dus pour la plupart au célèbre Palladio. On y remarque surtout la place dei Signori , la cathédrale, l’hôtel -de -ville ou palais public, le théâtre Olympique, les églises Santa-Corona et Délia Grazia, les portiques de l’église de la Madona-del-Mo.ute, les palais Chiericati, Nievi, Barbarono, Coldogno, Trissino,Tiene, Profettizio, le pont S'-Michel, l’arc-de-triomplie du Champ-de-Mars, et quelques ruines. Industrie active : soieries, tanneries, faïence et porcelaine. Comm. actif avec Venise. — Ville très-ancienne, fondée par les Rasènes, et agrandie par les Sénonais, Vicence passa de la domination romaine sous celle des Gotlis ; ravagée par leur roi Alaric en 401, elle le fut de nouveau par Attila en 452. Au temps des Lombards, elle eut des ducs, puis des comtes particuliers, et appartint aux Scaliger, dont elle s’affranchit pour se mettre en république (XIIe siècle). Soumise par Frédéric Barberousse, elle reconquit sa liberté, entra dans la ligue lombarde, mais fut prise et mise à sac par Frédéric II en 1236. Continuellement tourmentée ensuite par les empereurs et la maison gibeline des Romano, Vicence se donna, en 1404, aux Vénitiens, qui, après en avoir été dépossédés par l’empereur Maxi-
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jnilien Ier, la conservèrent ensuite jusqu’au traité de ' Campo - Formio, 1797. Cédée alors à l’Autriche, elle lui fut enlevée en 1805, et devint, dans le royaume d'Italie, le ch.-l. du département du Bacchiglione. Les traités de 1815 l’ont rendue à l’Autriche. Le général Caulaineourt avait reçu de Napoléon Ier le titre de duc de Vicence. Patrie du Trissin , de Scamozzi , et de Palladio. — La province de Vicence (anc. Vicentin), située au N. -O. de la Vénétie, entre le Tyrol au N., les délégations de j Vérone à l’O., de Padoue au S. et au S.-O., de Trévise et de Bellune à l'E., a 27(3,707 hectares, 140 kil. sur 52, et | 318,137 hab. Elle est divisée en 13 districts. Sol très-fertile en riz et en vins. Culture du mûrier, et élève des vers à soie. Grandes forêts; riches pâturages ; mines d’argent, de fer, de plomb, marbre, pierres lithographiques. Nombreuses magnaneries; fabr. de draps et de soieries,
VICENNALES, Vicennalia, sacrifices et jeux publics célébrés pour le 20' anniversaire de l’avénement des empereurs romains à l’Empire. Les Vieennales paraissent n’avoir été instituées que sous les derniers empereurs du Haut-Empire. C. D — y.
VICENTE (GIL-). V. Gil-Vicente.
vicente (san-), v. d’Espagne (Nouv.-Castille), à 40 kil. de Ciudad-Real ; 8,000 hab. Lainages, toiles, cuirs.
vicente ( san- ) ou lorenzana , v. de la république de San - Salvador, à 60 kil. S.-E. de San- Salvador;
VICENTE (SAN-). V. aussi VINCENT ( SAINT-).
VICENTIN (Le). K Vicence.
VIGÊ5IME, Vicesima, impôt du 20e mis, dans l’ancienne Home, vers la fin du IVe siècle de la ville, sur le prix de tous les esclaves qu’on affranchissait. — Impôt du 20e de tous les héritages ou legs, exceptés ceux des proches parents ou des pauvres , établi par Auguste, l’an 759 de Home, pour alimenter le Trésor militaire. C. D — y.
VICH ou VIC D’OSONA, en latin Ausa ou Vicus Ausonensis, v. d’Espagne (Catalogne), prov. et à 62 kil. N. de Barcelone; 13,000 hab. Evêché suffragant de Tarragone. Belle cathédrale. Fabr. de toiles, filatures de coton. Aux environs, mines de cuivre et de houille. Le mont f.aui fournit des améthystes et des topazes. Jadis capitale des Ausetani, Vich fut pris et détruit par les Maures en 713, et relevé au IXe siècle. Les Français y battirent les Espagnols, en 1810 et en 1823.
VICHNOU, dieu hindou, 2e personne de la Trimourti, est le conservateur de la création. Dans plusieurs cosmogonies, il apparaît avant Brahma lui-même sous la figure d’un enfant porté sur les eaux : une tige de lotus sortit de son nombril, et Brahma naquit dans le calice de cette fieur. Les représentations de Vichnou le montrent alors reposant sur une feuille de figuier, ou sur le serpent Adisécha, dont les sept têtes se recourbent sur le dieu, en forme de dais. Vichnou s’est incarné 9 fois pour le bien du monde. Les 4 premières incarnations [avatar j out eu lieu dans le Satia-Youga, âge primitif du monde, âge de justice, où tous les hommes étaient également bons et vertueux; le dieu prit les formes successives d’un poisson, d’une tortue, d'un sanglier, et d’un lion. Dans un 2' âge du monde, appelé Tréta-Youga, Vichnou prit des formes plus nobles ; il s'incarna dans Vamana, brahrae nain, dans Paras ou Rama, et dans Rama ( V. ces mots). Les deux incarnations qui suivirent, en Krichna et en Bouddha ( V. ces mots), appartiennent au Douapara-Youga, 3e âge du monde. Le Kali-Ÿouga, âge actuel, dans lequel le mal augmente proportionnellement à la décroissance de la vie humaine, verra une 10e et dernière incarnation de Vichnou dans le cheval exterminateur Kalld, dont un coup de pied pulvérisera mitre globe. Le culte de Vichnou est répandu dans l’Inde entière : dans les temples, où on l’adore à côté de sa femme Lakchmi, ses statues ont la figure bleue et 4 bras : d’une main il tient une massue, d’une autre une tchakra ou roue magique, de la 3« une conque, de la 4e un lotus ; sa tête porte une triple tiare.
vichnou -sarma , brahmane hindou auquel certains critiques attribuent le recueil d’apologues connu sous le nom de Fables de Ptlpay (F. ce mot).
VICHY, Aquœ calidœ , v. (Allier), arr. et à 24 kil. S.-O. de la Palisse, sur la rive dr. de l’Ailier; 3,503 hab. Eaux thermales célèbres, sortant de 7 sources principales (-|-220 à 44° centigrades). Bel établissement de bains, très-fréquenté. Musée d'antiquités. Parc et promenades charmantes aux environs. Vichy était jadis une place forte.
VICINOVIA, nom latin de la Vilaine.
VICO (Jean-Baptiste), savant juriste, historien, et critique, né à Naples en 1668, m. en 1744, était fils d’un petit libraire. 11 fut pendant 9 ans précepteur des neveux d’un
évêque, professa pendant 40 ans la rhétorique à l’université de sa ville natale, vécut dans la médiocrité, fut nommé, vers la fiu de ses jours, historiographe du roi de Naples, et, méconnu même après sa mort, laissa un nom presque ignoré à l’Europe, bien qu’il dût prendre rang parmi les plus illustres écrivains philosophes. L’ouvrage qui résume tous ses travaux est intitulé : les Principes d'une science nouvelle relative à la nature commune des nations, Naples, 1725; 2° édit., totalement refondue, 1730, et 1744. M. Michelet en a donné une traduction française sous le titre de Principes de la philosophie de l'histoire, Paris, 1827, in-8°. Vico est un des créateurs de la philosophie de l’histoire. Il distingue, dans l’histoire des différents peuples, trois âges qui se succèdent uniformément : l'âçje divin, enfance des nations, durant laquelle tout est divinisé et les prêtres possesseurs de l’autorité ; l'dye héroïque , qui est le règne de la force matérielle et des héros; et l'âge humain, période de civilisation, après laquelle les hommes reviennent à l'état primitif. Vico est aussi l’un des premiers qui aient nié la réalité historique de certains personnages des traditions populaires, Hercule, Homère, Romulus, etc. 11 ne voit en eux que des personnifications de certaines époques et de certains sentiments. Divers opuscules de Vico ont été réunis par C.-À. de llosa, Naples, 1818, 4 vol. in-8°. M. J. Michelet a publié des OEuvres choisies de Vico, contenant les Mémoires écrits par lui-même, la Science nouvelle, les Opuscules, les Lettres, précédées d’une Introduction sur sa vie et ses ouvrages, Paris, 1836, 2 vol. in-8°. K. Ferrari, Vico et l’Italie, Paris, 1840. En 1861, Naples a élevé uue statue à Vico dans la villa Reale.
vico, ch.-l. de canton (Corse), arr. et à 50 kil. N. d’Ajaccio; 2,031 hab. Couvent de missionnaires. Cire, lin, vins exquis, châtaignes,
vico, v. du roy. d’Italie (Prov. de Foggia), sur le mont Gargano, à 60 kil. de Foggia; 9,271 hab.
vico-di-mondovi, Augusta Vagiennorum, v. du royaume d’Italie (Coni), à 3 kil. S.-E. de Mondovi; 2,743 hab.
vico-di-sorrente ou equense, v. du roy. d’Italie, à 6 kil. S.-O. de Castellamare, sur un rocher qui domine le golfe de Naples; 12,218 hab. Evêché. Dans la cathédrale se trouve le tombeau de G. Filangieri. 1
VICOMTE, c.-à-d. qui tient la place du comte (vice-comte), nom donné, dans les derniers temps de l’Empire romain, au vicaire ou lieutenant d’un comte, nommé, soit par lui, soit directement par l’empereur. A partir du Xe siècle, quand les comtes se furent approprié leurs gouvernements et les eurent rendus héréditaires, ils inféodèrent le droit d’être leurs lieutenants. Par exemple, les comtes de Champagne et de Brie eurent des vicomtes à Troyes, Meaux, Bar-sur-Aube, Château-Thierry, Provins, etc. Les comtes se réservaient d’ordinaire le pouvoir militaire, et ne cédaient aux vicomtes qu’un pouvoir civil et de police. Cçuxci, à l’aide de la persévérance et du temps, se rendirent souvent indépendants, et exercèrent alors toute la puissance. En Normandie , on donnait le nom de vicomtes à des gens de robe qui rendaient la justice au nom du roi et des seigneurs , et l’étendue de leur juridiction s’appelait vicomté. Comme seigneurs féodaux et comme magistrats, les vicomtes ont été abolis par l’Assemblée constituante de 1789; iln’cst resté qu’un titre honorifique, placé, comme autrefois, entre celui de baron et celui de comte. B.
VICOMTE RIE (La). V. La Vicomterie.
VICQ-D’AZYR (Félix), médecin et anatomiste célèbre, né â Valognes en 1748, m. en 1794, se rendit jeune à Paris, ouvrit, dès 1773, un cours d’anatomie humaine qui eut un grand succès, suppléa Antoine Petit, professeur d’auatomie au Jardin du roi, entra par mariage dans la famille de Daubenton , qui devint son protecteur, et fut admis à l’Académie des sciences en 1774. Chargé, en 1775, de porter secours à quelques provinces du Midi ravagées par une épizootie, nommé, e* 1776, secrétaire-perpétuel de la Société de médecine, successeur de Buffon à l’Académie française en 1788, il fut encore professeur d’anatomie comparée à l’Ecole vétérinaire d’Alfort, et 1er médecin de la reine en 1789. Outre des Mémoires insérés dans les recueils de l’Académie des sciences et de la Société de médecine, on a de lui, entre autres travaux importants, et nombreux : Traité d'anatomie et de physiologie, 178(3, in-fol., 35 pl. coloriées; Système anatomique des quadrupèdes, 1792, dont le 2e vol. seul a paru; Médecine des bêles à cornes , 1781, 2 vol. in-8»; des Eloges, etc. Ses OEuvres complètes ont été publiées en 1805, 6 vol. in-8°, et atlas in-4“. Vicq-d’Azyr réunissait aux connaissances de sa profession le talent d’écrire purement, avec élégance, et d’un style fiexible et pittoresque. 11 fut le 1er qui eut à traiter des Eloges des médecins, et il le fit avec beau-
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coup d’éclat et de succès, et ce sont encore auj. des ouvrages très- remarquables. 11 est aussi l’auteur de la théorie des homologues.
VICK A M A D 1T Ÿ A , prince d’Oudjéin (Inde) au i” siècle avant l’ère chrétienne, conquit le Bengale, l’Orissa, le Goudjérate et le Delhi. Protecteur des lettres, il accueillit à sa cour le poète Kalidaça. On a donné son nom à une ère, qui commence l’an 56 av. J.- C.
VICTIMAIRE, Viclimarius, ministre subalterne des sacrifices chez les anciens Romains. Il allumait le feu sur l’autel et recevait, dans une patère, le sang des victimes pendant qu’on les égorgeait. Les victimaires étaient esclaves. C. D — y.
VICTIMES de sacrifices chez les anc. Romains. Il yen avait de grandes et de petites: les premières étaient le gros bétail en plein âge ; les secondes, le gros bétail en bas âge, le menu bétail, et les oiseaux. On distinguait les grandes victimes, toujours destinées aux sacrifices publics, en victimes proprement dites ( victimœ ) offertes après une victoire, et hosties (liostiœ) offertes avant une guerre ou une bataille, ou dans un sacrifice expiatoire. On immolait les victimes mâles aux dieux, et les femelles aux déesses. — Dans l’ane. loi, avant la venue du Christ, on offrait aussi des victimes animales sur les autels du vrai Dieu. C.D — y.
victimes (Bal des). Nom que l’on donna, après le 9 thermidor, à des bals publics de Paris, où une femme n’était admise à danser que si quelqu’un de sa famille avait péri sur l’échafaud révolutionnaire. Il fallait aussi qu’elle eût le costume dans lequel sa mère ou sa sœur étaient tombées sous la main du bourreau, c.-à-d., un châle rouge et les cheveux coupés à fleur du cou. Les premiers bals des victimes furent donnés dans l’hôtel de Richelieu, auj. détruit et remplacé parla rue de la Michodière. Le Pavillon de Hanovre, au coin de la rue Louis-le • Grand et du boulevard des Italiens, était à l’extrémité du jardin de cet hôtel. C. D — y.
VICTOIRE (La), déesse allégorique des anciens, fille de Pallas et du Styx selon Hésiode, de la Force et de la Valeur selon certains mythologues, était adorée dans l’Acropole d’Athènes. Sylla lui bâtit un temple à Rome, où elle avait aussi une statue au Capitole. Cette statue, enlevée plusieurs fois dans la lutte entre le paganisme et le christianisme, disparut définitivement en 382, par ordre de l’empereur Gratien, malgré l’éloquente opposition du préfet Symmaque. L’art antique a souvent représenté la Victoire avec Jupiter ou Minerve, ou bien conduisant le char des triomphateurs. Son idéal est à peu près conforme à celui de Minerve ; on lui donne pour attributs un rameau de palmier, une couronne, et des ailes. On la voit aussi élevant des trophées, ou gravant sur un bouclier les exploits des vainqueurs. B.
victoire (Jeux de la), institués à Rome par Sylla, en commémoration de sa victoire sur le Samnite Télésinus. Ils étaient annuels, et se célébraient le 6 des calendes de novembre (27 octobre), pendant 5 jours, par des jeux du Cirque. C. D — y.
victoire cadmeenne , désignation proverbiale, chez les anciens, en parlant d’une affaire où le vainqueur avait plus souffert que le vaincu.
victoire ( Sainte), vierge et martyre à Rome en 249; fête, le 23 décembre. — Martyre à Carthage avec S1 Saturnin en 304; fête, le 11 février.
victoire (La), anc. abbaye de chanoines réguliers de l’ordre de Sl-Augustin, fut fondée près de Senlis par Philippe-Auguste en mémoire de la victoire de Bouvines, 1214, et agrandie par Louis XI.
victoire (Louise-Thérèse, Mrae), fille de Louis XV, née à Versailles en 1733, m. en 1799, fut un modèle de piété et de bonnes mœurs dans une cour qui les respectait si peu . Elle montra un dévouement héroïque en voulant soigner elle-même le roi son père, atteint de la petite vérole dont il mourut, et vécut en faisant le bien avec sa sœur, Mme Adélaïde. Elles habitaient le château de Bellevue; menacées par la populace en 1791 , elles quittèrent la France, allèrent en Sardaigne, puis à Rome, et à Naples. Forcées de se retirer devant les armées républicaines, elles parvinrent difficilement à Trieste, où Mme Victoire mourut, 6 mois avant Mme Adélaïde. Louis XVIII a fait déposer leurs restes dans les caveaux de Saint - Denis, en 1817. J, T.
victoires (Place des) à Paris, entre les rues Croix-des Petits-Champs, des Fossés-Montmartre, et La Feuillade. Sa forme est un cercle de 78 mèt. de diamètre, interrompu du coté de la rue des Fossés-Montmartre. Sa partie circu- I iaire est entourée de bâtiments réguliers, composés d’un [ rez-de-chaussée en soubassement, avec refends , et percés
de 38 ouvertures en forme de portiques. Au-dessus sont 2 étages encadrés dans une ordonnance de grands pilastres ioniques, montant jusqu’à l’entablement, à 16 mèt. du pavé. Cette architecture est de J. -H. Mansard. Au centre do la place on voit une statue équestre, colossale, en bronze, de Louis XIV. La place des Victoires a été ouverte et construite par le maréchal de La Feuillade, en 1684, et finie en 1691. Il plaça au milieu une statue pédestre de Louis XIV, en manteau royal et couronné de laurier par une Victoire. Ce groupe, en bronze doré, avait 4m 22 de proportions. Aux angles du piédestal étaient 4 statues de nations suus figures d’esclaves enchaînés. En 1792, la statue royale fut renversée, et les statues de nations portées aux Invalides , où elles décorent encore le3 pavillons d’angle de la façade principale. En l’an xi (1803), on éleva sur cette place un monument à Desaix et à Kléber; puis on lui substitua une statue héroïque de Desaix, monument mal réussi, qui a été enlevé en 1816 pour faire place à la statue actuelle , ouvrage de Bosio.
VICTOR (Aurélius). V. Aurélius Victor.
Victor (Saint) , de Marseille, servait dans l’armée de l’empereur Maximien, quand il fut arrêté comme chrétien en 303, et envoyé au supplice, avec trois soldats chargés de le garder dans sa prison et qu’il avait convertis. Fête le 21 juillet.
Victor ier (Saint), pape de 185 à 197, était Africain. Il condamna l’hérésie de Théodote de Byzance, qui niait la divinité de J.-C., et fixa le jour de Pâques au dimanche qui suit le 14e jour de la lune de mars, malgré la dissidence des évêques d’Asie. II souffrit le martyre sous Septime-Sévère. Fête, le 28 juillet.
victor il (Gebhard), allemand, évêque d’Eichstædt, désigné par le cardinal Iîildebrand (Grégoire VII), approuvé par l’empereur Henri III, fut élu pape par le clergé et le peuple, 1055. Il montra un grand zèle pour le rétablissement de la discipline, et mourut en 1057. R.
victor m (Didier, de la maison des ducs de Capoue), abbé du mont Cassin, fut élu pape après Grégoire VII, 1086, malgré une résistance qu’il prolongea encore un an. Avec les secours de la comtesse Mathilde, il entra à Rome malgré l’antipape Clément 111 ( V. ce nom), qui en conserva une partie. Il renouvela les décrets contre le^ investitures laïques, excommunia encore l’empereur Henri IV. poussa les Génois et les Pisans à une descente sur les côtes d’Afrique, d’où ils revinrent chargés de butin, et mourut en 1087. R.
victor iv, antipape , de la famille des comtes de Tusculum, fut proclamé, après la mort d’Adrien IV, en 1159, par le parti impérial , chassa de Rome Alexandre III , élu par le parti normand, le somma de comparaître devant un concile à Pavie , en 1162, et mourut en 1164.
victor, évêque de Vite en Byzacène, dut fuir à Constan tinople en 483 , pour échapper à la persécution exercée contre les catholiques par Hunnéric , roi des Vandales. On a de lui : Historia persecutionis Vandalicæ sive Africance sub Genserico et Hunnerico , Vandalorum regibus , ouvrage dont la meilleure édition est celle de Ruinart, Paris, 1694, in-8», et traduit en français par Belleforest, 1563 , et par Arnaud d’Andilly, 1664; histoire intéressante et bien écrite, où l’on trouve des exemples de la plus héroïque piété.
victor (Claude-Victor ferrin, dit), dur de Bcllune, né à La Marche (Vosges), en 1766, m. en 1811, entra au service comme tambour, en 1781 , et devint adjudant-général au siège de Toulon, 1793. Envoyé à l’armée des Pyrénées-Orientales , puis sous Schérer en Italie, il occupa les postes les plus périlleux , prit Ancône , et conquit le grade de chef de division. Il se distingua de nouveau dans la campagne de 1798 , reçut un sabre d’honneur pour sa belle conduite à Marengo , 1800, fut blessé à Iéna, 1806, et créé maréchal de l’Empire après Friedland , 1807. Il combattitavec une nouvelle ardeur en Espagne, où il remporta les victoires d’Uclès et de Médellin , puis en Russie , à Wachau, à Leipzig, à Hanau, enfin dans la campagne de France , en 1814. Louis XVIII lui avait confié le commandement de la 2e division militaire ; Victor le suivit à Gand , revint avec lui après les Cent- Jours, fut nommé pair de France, obtint le portefeuille de la guerre en 1821 , organisa l’expédition d’Espagne, perdit son ministère à l’occasion des marchés Ouvrard , refusa l’ambassade de Vienne, et fut, jusqu’en 1830 , major-général de la garde royale. Après quelques intrigues légitimistes sous le gouvernement de Louis-Philippe , il s’enferma dans la retraité à Paris même. Il a laissé des Mémoires dont la publication a été commencée par son fils, sous le titre de Mémoires du duc de Bellune , Paris , 1847 , in-8° ; l’ouvrage fut annoncé en 9 vol. ; un seul a paru. — Victor-Fraucois Perrin, duc
YIC
de Bellune , fils du maréchal , a été sénateur du 2e Empire français, et est mort en 1853. J. T.
’ viotor l chanoines de saint-) , congrégation religieuse, désignée aussi sous le nom de Vir.torins , et fondée à Paris, en 1113, dans un prieuré de Bénédictins, dépendant de l’abbaye de Sl-Victor de Marseille. L’association de chanoines réguliers, qui remplaça ce prieuré, dans la maison située au pied de la montagne S,e-Geneviève ( sur l’emplacement actuel de la Halle aux Vins), prit bientôt une extension telle, que, sous le règne de Louis VIII , elle possédait déjà 40 établissements en France. L’abbaye de S*- Victor de Paris devint surtout fort célèbre; elle s’attira la faveur des princes, et compta parmi ses protecteurs Jean , duc de Berry, oncle du roi Charles VI. L’illustration dont elle jouit est justifiée par les personnages remarquables qu’elle produisit, et parmi lesquels on peut citer Guillaume de Champeaux, Hugues de Saint-Victor, Pierre Lombard, le poète Santeuil, etc. La congrégation de S1- Victor a cessé d'exister depuis la Révolution. D — t — R.
yictor-amédee 1er, duc de Savoie, 1630-1637, fils de Charles-Emmanuel Ier, naquit en 1617, épousa Christine, fille de Henri IV, fit néanmoins la guerre à son beau-frère Louis Mil, défendit mal le Pas de Suze et les principales villes de Savoie, et dut signer le traité de Chcrasco , 1631. Quatre ans après, il s’allia , par le traité de Rivoli, avec la France contre l’Autriche, et remporta sur le marquis de Léganès deux avantages importants , à Fornavento, 1636 , et à Monbaldone , 1637. Il mourut subitement peu de jours après. Ses deux fils, François-Hyacinthe et Charles-Emmanuel , régnèrent successivement.
victor-améoée il , né en 1666, m. en 1732, succéda en 1675 à son père Charles-Emmanuel 11 comme duc de Savoie , sous la régence de sa mère , Marie de Nemours. Son régne commença par des persécutions contre les Barbets ou Vaudois. Bien qu’il eût épousé, en 1684, Anne d’Orléans, nièce de Louis XIV, il accéda à la ligue d’Augsbourg formée contre ce prince, et vit ses Etats envahis par Catinat | V. ce nom) , 1690. Battu à Stafiàrde, retenu néanmoins dans le parti de l’Autriche, qui le nomma généralissime, 1692, il perdit encore la bataille de la Marsaille, 1693 , et signa avec Louis XIV, 1696 , un traité particulier, qui amena la paix générale de Ryswick, 1697. Allié de la France au début de la guerre de la Succession d’Espagne, il se joignit bientôt à l’Autriche par le traité de Turin (2.5 octobre 1703), perdit successivement Verceil , Suze, Ivrée, le fort de Bard, que lui enleva le duc de Vendôme, et dut se réfugier à Gênes. Mais la victoire du prince Eugène de Savoie près de Turin lui rendit ses Etats, 1706. Il envahit alors la France, 1707 , et le maréchal de Tessé lui fit éprouver un échec devant 'l’oulon. L’année suivante, il fut encore repoussé du Dauphiné par Villars. S’étant brouillé avec l’Autriche en 1709 , il garda la neutralité jusqu'au traité d’Utrecht, 1713, en vertu duquel il joignit à ses anciennes possessions une partie du duché de Milan, et la Sicile avec le titre de roi. Jaloux à l’excès des prérogatives royales, Victor-Amédée brava les censures du pape Clément XI, et vit plus de 400 prêtres abandonner la Sicile. Le traité de Madrid, 1720, confirmatif d’un autre de 1718, fait avec l’Autriche, donna la Sicile à cette dernière puissance, et Victor-Amédée dut accepter comme compensation la Sardaigne. Il abdiqua en 173^0, alla vivre au château de S'-Alba » près de Chambéry, essaya bientôt, mais en vain, de ressaisir la couronne, et mourut au château de Moncagl eri, où son fils, Charles-Emmanuel III, l’avait fait transporter. Victor-Amédée montra une rare habileté dans l’art du gvt intérieur; mais c’était un prince versatile et emporté, plein de foi dans les astrologues et les devins. B.
vie tok-amel>ee m , roi de Sardaigne, 1773-1796, né en 1726, succéda à son père Charles- Emmanuel III, sous les yeux duquel il avait combattu à Coni et à Bassignano l es premières années de son règne furent paisibles et consacrées à l’administration intérieure : il abolit les droits de péage en Savoie , éleva les digues de l’Arve et du Rhône , fonda l’Académie des Sciences de Turin, sécularisa plusieurs abbayes, et organisa son armée sur le modelé île celle de la Prusse. Ses deux filles épousèrent les frères de Louis XVI, et son fils une sœur de ce monarque. Adversaire de la Révolution française, il ouvrit ses Etats aux émigrés, refusa de recevoir l’ambassadeur Sémonville, soutint de 1792 à 1795 une guerre malheureuse contre les troupes républicaines, qui enlevèrent le comté de Nice et envahirent le Piémont , perdit contre Schérer la bataille de Loano , et tut contraint par le général Bonaparte ( V. Narot kon lrr| de signer la paix de Paris, 15 mai 1796, qui lui enlevait Coni , Tortone , etc, , et à laquelle il ne survécut que 5 mois. B.
VICTOR-EMMANUEL i”, roi de Sardaigne, 1802-1821, 2« fils de Victor-Amédée III , né en 1759 , ni. en 1824, succéda à son frère Charles-Emmanuel IV. Dépouillé de ses provinces continentales par les Français , réduit à l’ile de Sardaigne , il recouvra en 1814 la plénitude de sa souveraineté, et reçut en outre, au congrès de Vienne, Gênes et son territoire. Hostile aux idées libérales, menacé par une insurrection formidable en 1821 , il abdiqua plutôt que d’accorder la constitution réclamée par ses peuples , et laissa le trône à son frère Charles- Félix.
VICTORIA ou VITTORIA (Thomas-Louis de) , musicien , né à Avila en Espagne , vers 1540, élève de Moralès, fut un des compositeurs les plus distingués de son temps dans le genre religieux , et l’un de ceux dont l’Espagne se glorifie à juste titre.
Victoria, v. de la Bretagne romaine (Valentie) , ainsi nommée en mémoire d’une victoire de Septime-Sévère sur les Calédoniens ; auj. Stirling.
Victoria (Terre de), pays découvert en 1841 par le capitaine anglais James Ross, et ainsi nommé en l’honneur de la reine Victoria; il s’étend de 70» à 79» lat. S. , et de 163° à 170g long. E. , dans le Grand-Océan austral. Côtes glacées, sol montagneux. On y remarque l 'Erebus, volcan le plus méridional du globe (3,781 met. de hauteur).
Victoria (la), v. de la république de Vénézuéla, prov. et à 60 kil. S. -O. de Caracas, par 10° 13’ lat. N., et 69° 5lf long. O.; 8,000 hab. C’est une colonie agricole modèle.
Victoria (nossa-senhora da), ville du Brésil, ch.-l. de la prov. d’Espiritu-Santo, port sur une petite île à l’embouchure de l’Espiritu-Santo, par 10° 18' lat. S., et 42* 21' long. O.; 5,000 hab.
Victoria , v. et port de l’Asie anglaise, ch.-l. et sur la côte N. de l’ile de Hong-Kong; 70,000 hab., dont 60,000 Chinois. Belles rues, arsenal, chantier de construction. Commerce actif. Ville fondée en 1842, par les Anglais.
Victoria, prov. anglaise d’Australie dans le S. de ce continent, entre le Murray au N., le détroit de Basa au S., le Grand-Océan à l’E., et l’Australie méridionale à l’O. Capitale, Melbourne. Le pays est divisé en 21 comtés, et traversé au S. par les Alpes australiennes, ayant d’abondants gites d’or; on en a exporté, de 1851 à 1856, pour 1 milliard 543 millions de fr. Riches pâturages dans le N., mines de houille. Populat., 548,944 hab. en 1865. C. R.
Victoria (Ordre de), ordre institué en Angleterre en 1857. L’insigne est une croix de Malle, faite avec les canons pris sur les Russes en Crimée en 1855 ; elle est suspendue à un ruban, bleu pour la marine, rouge pour l’armée de terre. Au centre est une couronne royale, surmontée d’un lion, avec cette inscription : pour la bravoure.
VICTORIAT, Viclorialus, denier d’argent des anc. Romains, ainsi nommé de ce qu’une de ses faces était marquée d’une figure de Victoire; — ou monnaie d’argent plus petite que le denier, et valant environ 8 as; sa face était un Jupiter barbu, couronné de laurier, et son revers, une Victoire couronnant un trophée. C. D — y.
VICTORIEN (Saint), proconsul d’Afrique, martyrisé par les Vandales en 484. Fête, le 23 mars.
VICTORIN , Marcus Aurelius Piauvonius V ictorinus, un des 30 tyrans qui, sous l’empereur Gallien, déchiraient l’Empire, était fils de la fameuse Victorine ( 1'. fort. suiv.). Associé à l’Empire par Posthume en Gaule, 264, il renversa Lollianus, meurtrier de ce dernier, pntsa place, 267, et périt peu de temps après dans une sédition, à Cologne, 268.
VICTORINE, Aurélia Victorina, sœur de Posthume, tyran des Gaules, et mère de Vietorin , signala sa valeur contre l’empereur Gallien, et, après la mort de Posthume et de Vietorin, disposa du pouvoir en faveur de Marius, puis de Tétricus. Ses libéralités, qui la faisaient chérir des soldats, lui valurent le surnom de Mère des armées.
V1CTORINUS ( Fabius-Marius), Africain, enseigna la rhétorique à Rome, vers 354, avec un très-grand succès, se convertit au christianisme, et mourut en 370. 11 écrivit: deux livres contre les Manichéens ; un Traité delà Trinité, en 4 livres, contre les Ariens; des hymnes; un poème sur les Macliabées, un traité de Orthographia, publié par Camerarius, Tubingue, 1584; de Carminé heroico . de ratione metrorum commentarius ; et des Commentaires sur T Invention de Cicéron, Milan, 1474, etc.
VICTOR1US (Pierre Vettori, en latin), savant philologue, né en 1499 à Florence, m. en 1585, porta d’abord les armes contre les Médicis, et n’en accepta pas moins de Cosmc la chaire de professeur d’éloquence grecque et latine à Florence. On accourut en foule à scs leçons; il devint en peu de temps le chef et l’oracle des savants d’audelà des Alpes, et il fut le maître des plus illustres d’entre eux. Il restaura l’éloquence en Italie, et brilla au premier