‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 684 sur 864 · W YA · texte numérisé non relu

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connu par Charles-Quint, sous la condition de relever, non plus de l’Empire, mais de l’Autriche. Il entra dans la ligue de Smalkalde, et vit ses domaines ravagés par le duc d’Albe.

Wurtemberg ( Eberhard-Louis, duc de), né en 1676, m. en 1733, succéda en 1677 à son père Guillaume-Louis, sous la tutelle de son oncle Frédéric-Charles, qui entra dans la ligue d’Augsbourg contre la France, et fut battu à Pfortzheim en 1692. Au début de la guerre de Succession d’Espagne, il fut nommé feld-zeugmeister des armées impériales, prit part aux opérations en Allemagne, sur le Rhin et dans les Pays-Bas, commanda en chef l’armée de Souabe en 1710 et 1711, servit ensuite en Hongrie contre les Turcs, et en Italie contre les Espagnols.

Wurtemberg (Frédéric II, duc, puis roi de), né en 1754, m. en 1816, succéda en 1797 à son père Frédéric I*r, reçut de l’empereur la dignité électorale en 1803, s’allia en 1805 avec Napoléon Ier, qui le créa roi et le fit entrer dans la confédération du Rhin en 1806, prit part aux campagnes des Français contre l’Autriche en 1809, et contre la Russie en 1812, mais se joignit aux alliés en 1813. Il avait toujours gouverné despotiquement, lorsque, par mécontentement contre le congrès de Vienne, 1814, il accorda à ses sujets une charte constitutionnelle. Une de ses filles avait épousé Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie.

WURTZ (Paul, baron de), général allemand, né à Husum (Slesvig), d’une famille obscure, m. en 1676, se mit au service de l’empereur Ferdinand II, puis à celui de Gustave-Adolphe, roi de Suède. Après la mort de ce prince, il accepta de Christian IV, roi de Danemark, le gouvernement du Holstein avec le titre de feld-maréchal , et, en 1672, un commandement dans les troupes de la Hollande envahie par Louis XIV. Humilié par le stathouder Guillaume d’Orange, il donna sa démission en 1674.

WURTZBOURG, Herbipolis , v. de Bavière, cn.-i. du j cercle de la Basse-Franconie, à 112 kil. S.-E. de Francfort, dans une vallée très-fertile, sur le Mein, et sur le chemin de fer de Bamberg à Francfort; 36,052 habitants. Evêché. Université. Forteresse, dite Marienburg ou Frauenberg. On remarque la cathédrale de Sl-Kilian , l’église du chapitre de Hauch. la chapelle gothique de Ste-Marie, et le château royal. Riche bibliothèque , et collections de tout genre. Ecole polytechnique ; école centrale d’industrie. Clinique célèbre ; institut orthopédique. Fabr. de draps, ta bac, chapeaux, etc. Comm. de vins. — L’origine de Wurtzbourg remonte au vue siècle. En 741, S1 Boniface y érigea un évêché. De 910 à 933, elle fut plusieurs fois dévastée par les Huns. Plusieurs diètes se tinrent à Wurtzbourg. Celle de 1138 déclara Henri le Superbe déchu de son duché de Bavière. En 1553, la ville fut fortifiée. L’évêque Jules y fonda l’université en 1582. En 1610 une ligue catholique s’y forma contre l’union protestante de Hall. En 1630, Wurtzbourg fut prise d’assaut par le roi de Suède, Gustave- Adolphe, et, en 1793, par les Français, qui l’occupèrent jusqu’en 1796. Elle fut donnée à la Bavière en 1802, occupée de nouveau par les Français en 1806, et rendue à la Bavière en 1814. E. S.

wurtzbourg (Evêché de), anc. Etat de l’Empire d’Allemagne ( cercle de Franconie) , entre la commanderie de Mergentheim à l’O. et l’évêché de Bamberg à l’E., avait 496 kil. carrés, et 250,000 hab. 11 fut sécularisé à la paix de Presbourg en 1805, et donné à Ferdinand, ex-duc de Toscane, en échange de la principauté de Salzbourg , que l’on céda à la Bavière. En 1814, Ferdinand recouvra la Toscane, et le Wurtzbourg passa à la Bavière.

wurtzbourg (Conrad de), minnesinger. V. Conrad.

WURTZEN , v. du royaume de Saxe , à 24 kil. E. de Leipzig; 6,408 hab. Blanchisseries et brasseries.

WUSTERHAUSEN, v. des Etats prussiens (Brandebourg), sur une île de la Dosse , à 26 kil. O. de Neu- Ruppin; 2,800 hab. Draps et toiles.

wusterhausen (kcenigs-), vge des Etats prussiens' (Brandebourg), sur la Notte, à 28 kil. S.-E. de Berlin. Château royal, bâti par Frédéric IL

WYATT (Thomas), poète anglais, né en 1503 dans le comté de Kent, m. en 1541, compléta son éducation par des voyages sur le continent , jouit de la faveur de Henri VIII, qui cependant lui fit subir un emprisonnement â la Tour de Londres, et mourut au moment où le roi, ayant reconnu son innocence, venait de le nommer ambassadeur en Espagne. Il a laissé des odes, des sonnets, des ballades, des satires, etc., dans lesquels il a donné plus de souplesse et d’harmonie à la langue anglaise, mais qui ne sont exempts ni d’affectation, ni d’obscurité. Toutes ses poésies ont été publiées avec celles de Surrey, 1557, in 4°, et 1812, 2 vol. iu-4<>.

wyatt (Thomas), fils du précédent, se mit à la tête d’un soulèvement contre Marie Tudor, fut abandonné d’une partie des siens, tomba au pouvoir des troupes royales, et périt sur l’échafaud en 1544. r

wyatt (Jacques), architecte, né en 1743 à Burton (Stafford), m. en 1813, étudia son art à Rome. A son retour en Angleterre, il devint inspecteur-général des bâtiments, et succéda à West comme président de l’Académie de peinture. Il fit élever le Panthéon de Londres, l’abbaye de Fonthill, le palais de Kew, la chapelle de Henri VII à Westminster, le château de Windsor, Doddington- Ilall, etc. Le Panthéon mit aussitôt Wyatt en grande réputation ; il s’est distingué dans ses compositions par un goût pur et correct, et par un style grandiose et plein d’harmonie.

WYCHERLEY. V. Wicherley.

WYCOMBE , brg et paroisse d’Angleterre, comté et à 53 kil. S. -S.-E. de Buckingham ; 6,300 hab. Papeteries, moulins à drèche et à farine. Il y eut jadis une école militaire, qui a été transférée à Sandhurst.

WYE, Ralostalhybius, riv. d’Angleterre, naît au Plinlimmon-Hill ( Montgomery ) , arrose 16s comtés de Radnor, Brecknock, Hereford, Monmouth, Glocester, et tombe dans l’estuaire de la Severn ; cours de 170 kil.

WYK , Batavodurum, ville du royaume de Hollande, prov. et à 24 kil. S.-E. d’Utrecht, au point de séparation du Rhin et du Leck ; 2,000 hab. Près de là était Vyk- Duurstede, détruite par les Normands au ixe siècle.

WYKEHAM ( William de ) , archevêque de Winchester, né en 1324 à Wykeham (Hampshire), m. en 1404, fut inspecteur des bâtiments sous Edouard III. Il dirigea les constructions du château-fort de Queenborough, et de divers édifices à Winchester et à Oxford. En 1367, il devint grand-chancelier; après une disgrâce, due à l’influence du parti de Lancastre, il rentra en faveur sous Richard HI, 1377. On lui doit la fondation d’un collège à Oxford, et de l’école Sle-Marie à Winchester.

WYNANTS (Jean), peintre paysagiste, né à Harlem vers 1600, m. après 1677, fut le maître de Wouwermaus et d’Adrien Van den Velde. Nul n’a su mieux rendre les dunes sauvages qui bordent la mer en Hollande, n’a copié la nature avec plus d’exactitude, ni mieux différencié les espèces végétales. Sa couleur est d’une finesse merveilleuse. Il a senti , exprimé la poésie de la solitude. Adrien Van den Velde, Lingelbach, Philippe Wouwermans et quelques autres, ont orné ses paysages de figures et d’animaux. Le musée d’Amsterdam possède de lui trois tableaux de grande dimension, celui de Bruxelles trois, et celui de La Haye deux ; le Louvre en renferme trois, un grand et deux petits. A. M.

WYNDHAM , homme d’Etat anglais, né en 1687 à Orchard-Wyndham (Somerset), m. en 1740, fut membre de la Chambre des communes, secrétaire d’Etat, et chancelier de l’Echiquier en 1713. Ecarté des affaires sous George Ier, il entra dans l’opposition , fut accusé d’avoir pris part au complot du comte de Mar, et enfermé sans jugement à la Tour de Londres, 1715.

wyndham (William), homme d’Etat anglais, né à Londres en 1750, m. en 1810, entra à 32 ans au Parlement, où il siégea d’abord parmi les whigs les plus ardents ; mais les excès de la Révolution française le firent changer de parti ; il se rallia, avec Burke, au ministère de Pitt, fut nommé secrétaire d’Etat de la guerre en 1795, fit décider les armements qui devaient seconder les opérations des royalistes français en Bretagne et en Vendée, et s’opposa, en 1797 et en 1801, aux négociations avec le Directoire et avec le 1er consul Bonaparte. Sorti du ministère avec Pitt, il eut une grande part à la rupture du traité d’Amiens. Après la mort de Fox, il reprit un instant le portefeuille de la guerre dans le ministère Grenville, 1806. Il avait une éloquence facile , une dialectique serrée, et maniait le sarcasme avec une habileté rare. Ses Discours ont été recueillis en 1812, 3 vol. in-8°. C’était un homme d’Etat d’un grand talent et de beaucoup de sagacité. Sa haine contre la Révolution française fut profonde, et il disait, à propos de La Fayette, qu’il ne faut jamais pardonner à ceux qui commencent les révolutions.

wyndham (William), lord Grenville, neveu du précédent. V. GRENVILLE.

wyndham ou wymondham, brg et paroisse d’Angleterre (Norfolk), à 16 kil. S.-O. de Norwich; 5,500 hab. Maison de correction. Belle église d’une anc. abbaye.

WYNGENE, brg de Belgique (Flandre occidentale), à 16 kil. de Bruges; 6,700 hab. Fabr. de toiles.

WYTEGRA. V. Vitegka.

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WYTTENBACH (Daniel), savant philologue, né à Berne en 1746 , m. en 1820, étudia à Marbourg, où son père avait été appelé comme professeur de théologie, passa de là à Gœttingue, où il suivit les cours de Heyne, et à l’université de Leyde. Il se fit connaître de Ruhnkenius en lui adressant une Epistola critica super normullis locis Juliani imperatoris,... 1769, in-8°, qui annonça l’étendue de son savoir ; il obtint, par le crédit de ce savant, la chaire de philosophie et de littérature au collège des Remontrants d’Amsterdam, fit, en 1775, un voyage à Paris, où il se lia avec Larcher, Sainte-Croix, et Villoison, fut nommé, en 1779, professeur de philosophie à l’Athénée d’Amsterdam, et, en 1799, professeur de littérature grecque et bibliothécaire à Leyde. On a de lui : Prœcepta philosophiœ

logicæ, Amst., 1781, in-8°, traité de logique extrait des auteurs latins; Selecta principum Grœciæ historicorum, 1793, in 8°, choix de morceaux pris dans les meilleurs historiens grecs; une édition excellente des OEuvres morales de Plutarque , avec la version latine de Xylander, améliorée, et de savantes notes critiques sur un quart environ de l’ouvrage, Oxford, 1795-1802, 5 vol. in-8° ou in-4°; Vita Ruhnhenii, 1800, in-8°, qui est une espèce d’histoire littéraire de ce temps; une édition du Phédon de Platon, avec commentaire, 1810, in-8°; des Opuscules , Leyde, 1821, 2 vol. in-8°, etc. Wyttenbach rédigea, de 1777 à 1807, avec Ruhnkenius et autres philologues hollandais, une Bibliothèque critique , revue littéraire qui a fait faire de grands progrès à la philologie.

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XAINTOIS ou SAINTOIS (Le), Segintensis faq us, petit pays de l’anc. France (Lorraine), où étaient Vézelise et Vaudemont (Meurthe), Mirecourt et Dombasle (Vosges).

XAINTRAILLES (Jean Poton, seigneur de), vaillant capitaine de Charles VII, fit ses premières armes en 1419, s’unit d’une étroite amitié avec Lahire , contribua , en 1429, à la victoire de Patay, où il prit le général anglais Talbot, rendit la liberté sans rançon à son prisonnier, fut traité à son tour avec la même générosité peu de temps après, devint maréchal de France en 1454, et mourut à Bordeaux en 1461. Il avait reçu, en Récompense de ses services, les titres de bailli de Berry, capitaine de la tour de Bourges, de Falaise et de Château-Thierry, seigneur de Tonneins, etc.

xaintkailles (corruption de Sainte- Aialle , qui équivaut à Ste Eulalie en languedocien ) , vge ( Lot-et-Garonne ) , arr. et à 13 kil. N.- O. de Nérac; 800 hab. Joli manoir, curieux par sa situation et ses formes. Les légendes en faisaient le séjour de la fée Mélusine.

XALAPA, v. du Mexique. V. Jalapa.

XAL1SCO ou GUADALAXARA, dép. de la Rép. du Mexique, au centre, entre ceux deNayarit et de Zacatecas au N., d’Aguas-Calientes au N.-E., de Quanaxuato à TE., et d’Autlan au S. et à l’O. ; par 18“ 46-23° 54' lat. N., et 10.V :!0’-108° 31’ loi g. O. ; 131,211 kil. carr.; 600 kil. sur 450; 804,058 hab. Ch. -h, Guadalaxara. On remarque, sur la côte, le golfe de Bayouna. Le N. du pays est traversé par la cordillère d’Anahuac , qui contient plusieurs volcans. Climat chaud et malsain. Sol boisé et assez fertile, quoique peu arrosé. Ce département est ■compris dans la division de Guadalaxara.

xalisco, v. et port du Mexique, sur le Grand-Océan. Jadis capitale d’un royaume de même nom.

XALON, anc. Salo ou Bilbilis , riv. d’Espagne (Aragon), prend sa source dans les monts d’Albarracin, arrose les provinces de Soria et de Saragosse, et, après avoir reçu la Xiloca à Calatayud, se jette dans l’Ebre; cours de 170 kil.

XANTEN ou SANTEN, v. des États prussiens (prov. du Rhin), près de la rive g. du Rhin, à 51 kil. N. -N. -O. de Dusseldorf; 3,500 hab. Belle église collégiale de S*- Victor, des xme et xive siècles. Industrie active des tissus; fabrique d’épingles. S1 Victor et ses compagnons y furent martyrisés en 286. Patrie de Siegfried, un des héros des Niebelungen, et de S1 Norbert, fondateur de i’ordre des Prémontrés. On croit que c’est l’anc. Colonia Trajana. On voit , aux environs, des ruines de l’anc. Castra Peler a.

XANTFIE, Xanthus, riv. de la Troade ; c’est la même que le Scamandre. V. ce nom.

xanthe, v. de l’anc. Lycie, au S.- O., sur la rive g. d’une rivière de même nom. Elle fut prise par Cyrus, après une résistance désespérée des habitants, qui se firent tous tuer. — On en voit les ruines près du vge turc de /fournie, entre autres, des murs en grande partie cyclopéens , beaucoup de tombeaux et un obélisque chargés d’inscriptions lyciennes.

XANTHIPPE, général athénien, succéda à Thémistocle dans le commandement des troupes, gagna, de con-

cert avec le Spartiate Léotychidès, la victoire navale de Mycale sur les Perses en 479 , prit Sestos , et ravagea la Chersonèse. Il fut le père de Périclès.

xanthippe, femme de Socrate, mit souvent à l’épreuve la modération de ce philosophe par son humeur querelleuse et violente. Quand elle le perdit, elle témoigna néanmoins la plus vive douleur.

xanthippe, officier lacédémonien à la solde de Carthage , prit le commandement des mercenaires de cette république après la défaite d’Adys, battit et fit prisonnier Régulus près de Tunis, en 255 av. J.-C.

XANTHUS, logographe du VIe ou du ve siècle av. J.- C., avait fait, en 4 livres, une Histoire de la Lydie , son pays. Il n’en reste plus que quelques parties , qui sont réunies dans le 1er vol. des Fragments des historiens grecs de la collection Didot.

X ATI VA, v. d’Espagne. V. Jativa.

XAVERO ou XAVIER, vge d’Espagne (Navarre), au pied des Pyrénées, à 4 kil. E. de Sanguesa , avec un châ teau où est né S1 François-Xavier.

XÉNAIAS , évêque syrien. V. Piiiloxène.

XÉNÉLASIE , c.-à-d. éloignement des étrangers, nom d’une loi de Lycurgue qui interdisait aux étrangers le libre séjour en Laconie.

XÉNIE , Xer.ium , présent chez les anc. Grecs et les anc. Romains. Chez les Grecs opulents, ce fut originairement un présent d’hospitalité : le jour de l’arrivée d’un hôte, on l’invitait à souper, puis, les autresjours, onlui envoyait, dans l’appartement qu’on lui avait donné , des fruits, des légumes, des volailles, produits des possessions rurales du maître qui était l’hôte actif. Les étrangers rendaient en cadeaux l’équivalent de ces envois. — Chez les Romains, on s’envoyait réciproquement des Xénies pendant les Saturnales ; sous les empereurs, on en portait quelquefois à un orateur qui avait plaidé pour vous ; et, sous le Bas- Empire, les provinciaux durent en offrir au gouverneur de leur province. C. D — y.

XËNIL ou GENIL, riv. d’Espagne, naît dans la Sierra- Nevada, arrose Grenade, Loxa, Ecija, reçoit le Darro, la Cabra et le Dilar, et se jette dans le Guadalquivir, rive g., près de Palma ; cours de 220 kil. environ.

XENIUS, c.-à-d. hospitalier, surnom de Jupiter.

XËNOCRATE, philosophe grec, né à Chalcédoine vers 406 av. J.-C., m. vers 314, fut disciple de Platon, et dirigea l’Académie après Speusippe en 339. Il s’occupa moins de modifier ou de développer les théories de son maître, que de les concilier avec le pythagorisme. Grave, sobre, il avait pris un tel empire sur ses passions, que la fameuse Phryné échoua contre lui. Il est connu aussi par le désintéressement qui le porta à refuser les présents d’Alexandre le Grand. Nous n’avons plus les ouvrages de Xénocrate , il avait écrit un Traité de l’art de régner, 6 livres de la Nature, 6 autres de la Philosophie , et un livre des Richesses. On lui a attribué un Traité de la mort, imprimé dans le Jumblique d’Alde, 1497, in-fol. V. Van den Wynpersse, Dissertation sur Xénocrate, Leyde, 1822, in-8°.

XÉNOPHANE, philosophe grec, fondateur de l’école Eléatique, né à Colophon vers 620 av. J.-C,, fut obligé | de quitter sa patrie, vécut quelque temps en Sicile, et, à

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l’âge de près de 80 ans, alla se fixer à Elée. Il avait composé près de 2,000 vers sur la fondation de Colophon et la colonisation d’Elée, des ïambes contre Homère et Hésiode, et un pocme Sur la nature des choses. Il reste de ce dernier quelques fragments, que la tradition avait conservés. Xenophane récitait ses vers pour vivre. 11 mourut presque centenaire. — L’opinion qu’il avait conçue de la divinité le porta à attaquer l’anthropomorphisme païen, accusant d’impiété ceux qui faisaient naître et mourir les dieux. A ces grossières notions il voulut substituer celle d’un dieu unique, immobile, immatériel, sans commencement ni fin. 11 ne disait pas, comme Parménide et Zénon après lui, qu’il n’y a qu’un seul être, mais seulement qu’il n’y a qu’un seul Dieu. Ne voyant de réel que ce Dieu, il se montra sceptique à l’égard du monde materiel, ce qui conduisit son école à refuser toute croyance aux sens. Xénophane disait que, selon l’apparence, la terre était un cône tronqué, dont la base se perdait dans l’infini, et que les nuages n’étaient que des astres enflammés. Aristote a écrit un petit traité de Xenophane , Zenone et Gorgiâ. Tous les fragments de Xenophane et les passages qui s’y rattachent ont été réunis et discutés par Karsten, Pbilosophorum ymcorum veterum reliquiœ, 1830, in-8°; par Brandis, Comtnenlulionum Eleulicarum pars prima, 1813, in-8°; V. Cousin , Fragments jihilosofdiiques, t. Ier; Berg , De Xenophane, Heidelberg, 1842, in-4°. R — T.

XÉNOPHON, célèbre historien et moraliste grec, né près d’Athènes vers l’an 445 av. J.-C., m. vers 355. En 424, il combattit à Délium, et, au milieu de la déroute des Athéniens, dut la vie à Socrate, qu’il fréquentait depuis plusieurs années. Il suivit plus tard les leçons du rhéteur Isocrate. En 401, il s’engagea, avec son ami, le Béotien Proxène, au service de Cyrus le Jeune contre le roi Artaxerxés II, mais ne voulut être ni officier ni soldat dans l’armée auxiliaire. Néanmoins le sang-froid , l’énergie et le bon sens qu’il montra après l’assassinat des généraux grecs dans la tente du satrape 'l’issapherne, le firent choisir unanimement pour commander une division considérable de dix mille hommes formant l’arrière-garde, qu’il conduisit à travers des pays inconnus par où ces Dix mille avaient entrepris de faire leur retraite. Ce fut lui véritablement qui assura le succès de cette marche mémorable , dont il nous a conservé les intéressants détails dans un ouvrage qui est un des principaux monuments de la littérature grecque. Mais Xénophon a terni une partie de sa gloire, en poussant l’amitié pour Agésilas, roi de Lacédémone, jusqu’à ne pas craindre de combattre à Coronée, dans les rangs de l’armée Spartiate, contre ses compatriotes ligués avec Thèbes, Argos et Corinthe. 11 fut banni d’Athènes comme convaincu de Laconisme, et ne rentra jamais dans sa patrie, bien que le décret de bannissement eût été révoqué vers 367. Néanmoins il envoya ses fils combattre à Mantinée, 363, dans les rangs des Athéniens, ligués alors avec les Spartiates contre Epaminondas. On croit qu’il mourut à Corinthe. Depuis son bannissement, il avait presque toujours résidé à Scillonte, en Elide, dans un domaine que lui avait donné le gouvernement de Sparte. C'est pendant son exil que Xénophon a dû composer ou achever la plupart de ses ouvrages, qui sont au nombre de quinze, divisés en quatre classes : I. Ouvrages de philosophie morale: 1° le Banquet, ou dialogue sur la Beauté, un de ses premiers ouvrages ; 2° Hiéron , ou les Devoirs d’un Uni, dialogue remarquable et intéressant entre Hiéron et Simonide. Hiéron expose au poète philosophe les ennuis et les dangers de la tyrannie. Simonide lui montre qu’à force de services rendus à tous les sujets, le tyran peut changer ses ennuis en véritables plaisirs, et conjurer des dangers qui ne menacent que les mauvais princes. On croit que ce dialogue fut composé à la suite d’un voyage de Xénophon à la cour de Denys l’Ancien ; 3° Apologie pour Socrate; 4° Entretiens mémorables de Socrate, divisés en quatre livres, exposé un peu désordonné, mais fidèle et naïf, des principes de morale de ce philosophe et de sa méthode d’enseignement; 5» T Economique, Ou l’Art de bien ordonner une maison, ouvrage fort estimé de Cicéron, qui le cite souvent et l’avait traduit; il y est principalement question des propriétés rurales : le dernier tiers du livre est un éloge animé et très- judicieux de l’agriculture. — II. Ouvrages didactiques : sur la Cavalerie, sur la Chasse, sur l Equitation. — III. Opuscules politiques Obt ervations sur le gouvernement de Sparte; sur le gouvernement i’ Athènes; sur les finances des Athéniens. — IV. Ouvrages historiques : 1° Helléniques, ou Histoire de la Grèce (en 7 livres) depuis la bataille de Sestos, 412, où s’était arrêté Thucydide, dont Xénophon a fait connaître l’ouvrage, jusqu’à la bataille de Mantinée, 363. Cette composition est un peu

froide, à l’exception de quelques scènes assez vivement présentées; la bataille d’Ægos-Potamos et la prise d’Athènes sont sèchement racontées : l’historien se montre trop souvent partial pour Lacédémone ; il parle du traité d’ Antalcidas, si honteux pour elle, comme d’une paix glorieuse; il ne mentionne Pélopidas qu’à propos de son ambassade en Perse ; le nom d’Epaminondas n’est pas prononcé dans le récit de la bataille de Leuctres, et le lecteur entrevoit à peine le grand rôle joué pendant plusieurs années dans la Grèce par cet homme éminent : l’historien se borne à louer les qualités militaires déployées par Epaminondas dans sa 4e invasion du Péloponèse. 2° L’Jnaôase (c.-à-d. Marche vers la Haute-Asie ) , contenant le récit de l’expédition du jeune Cyrus contre Artaxerxès II, et de la retraite des dix raille Grecs auxiliaires ; c’est un ouvrage remarquable et très-supérieur au précédent; 3° la Cyropédie ou l'Enfance de Cyrus, en 8 livres, ouvrage moitié historique, moitié moral, dont le but parait avoir été de présenter l’idéal du conquérant et du fondateur d’empire, et qui a une incontestable originalité; c’est, avec le précédent, le chefd’œuvre de Xénophon; 4° Y Eloge d’Agésilas, ouvrage élégamment écrit, mais d’une valeur médiocre. — Xénophon reçut dans l’antiquité le surnom A' Abeille allique , à cause de l’élégance et de la douceur qui régnent dans ses écrits. Le caractère principal de son style est une simplicité quelquefois un peu nue, mais presque toujours pleine de grâce;

11 s’élève rarement, mais il plaît presque toujours. On peut lui reprocher parfois d’être lent et diffus. — Les meilleures éditions de Xénophon sont celles de Weiske, Leipzig, 1798- 1804, 6 vol. in-8° ; de Thieme et Ernesti, ibid., 1763-64, ou 1801-04, 4 vol. in 8°; de Schneider et Bornemann, 1838, 10 vol. in-8°, avec notes critiques et index de la grécité; de Dindorf, 1840, 1 vol. gr. in-8» (collect. Didot). Il a été traduit en français par Gail, Paris, 1797-1814, 7 vol. in-4°, qui a reproduit pour YOEconomique, la trés-estiiuable traduction latine de Leunclavius. Il y a aussi des traductions françaises des divers ouvrages : la Cyropédie, par Joseph Dacier; l’apologie de Socrate, par Larcher; les Entretiens mémorables, par Levesque. M. Trianon a réuni les traductions précédentes en 2 vol. in-12, Paris, 1842. V. Creuzer, De Xenophante, Leipzig, 1799, in-8°; Ranke, De Xenophontis vitd et scriptis, Berlin, 1851, in-4°; Sturzius, Lexicon Xenop honleum, Leipzig, 1801-04, 4 vol. in-8°. P — T.

xénophon d’Ephèse , romancier grec , dont le nom n’est peut-être qu’un pseudonyme, paraît avoir vécu au 11e siècle de J.-C. Il a laissé : les Ephésiaques, ou les Amours d’Abrocome et d’Anthia, roman en 5 livres, publié par Cocchi, Londres, 1726, in-4°, par Buonsignori, Lucques, 1781, in-4°, par le baron de Locella, Vienne, 1796, et traduit en français par Jourdan, Paris, 1748, et 1797, in-12.

XÉRÈS ou JEREZ-DE-LA-FRONTERA, v. d’Espagne (Andalousie), prov. et au N.-E. de Cadix (50 kil. par terre et 24 par mer), près de la rive dr. du Guadalete et à

12 kil. de la Méditerranée; 52,200 hab. Dominée par un château d’origine mauresque, cette ville est l’anc. Asido; quelques ruines de la cité d’Asta servirent probablement aussi à sa reconstruction. La victoire de Xérès, 711, ouvrit aux Arabes l’entrée de l’Espagne; le roi des Wisigoths, Rodrigue, y fut vaincu et tué. Alphonse le Sage s’empara de Xérès en 1255. Grand comm. de blés , fruits délicieux, et vins très-estimés (225 à 250,0)0 hectolitres par an).

xérès de los CABA.LLEROS (c.-à-d. Xérès des chevaliers), Esuris, v. d’Espagne (Estramadure), prov. et à 64 kil. S. de Badajoz; 8,400 hab. Fabr. de toiles, cuirs, chapeaux, savon. Patrie de Balboa. Mines de soufre et d’argent aux environs. — Cette ville tire son nom des Chevaliers du Temple, auxquels elle appartint.

XEROPHAG1ES, nom donné, dans la primitive Eglise, aux 6 jours de jeûne de la semaine sainte, pendant lesquels, par dévotion et non par obligation, on ne mangeait que du pain avec du sel et on ne buvait que de l’eau.

XERT, Indibilis, v. d’Espagne (Tarragone), à 30 kil. N. de Tortose, sur l’Ébre; 2,300 hab.

XERTIGNV, ch.-l. de cant. (Vosges), arr. et à 13 kil. S. d’Epinal; 2,034 hab. Forges, affineries de fer, martinets.

XERXÈS Ier, roi de Perse, 485-472 av. J.-C., succéda à son père Darius Ier, qui l’avait désigné de préférence à son fils ainé Artabaze, né avant son avènement au trône. Après avoir soumis l’Egypte révoltée, il reprit les desseins de son père contre la Grèce, 481. Éntrainant à sa suite plus d’un million de combattants, sans compter les femmes, les enfants, les vieillards et les valets d'armée, il partit de Sardes, tandis qu’une flotte de plus de 1,200 voiles et

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