‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 685 sur 864 · XI M · texte numérisé non relu

XI M

XYL

de 3,000 bâtiments de transport longeait le littoral de ’ la mer Egée. Arrivé sur les bords de l’HelIespont, il voulut le franchir à l’aide d’un pont de bateaux, que les tempêtes renversèrent : emporté par une colère insensée, il ordonna de fouetter la mer comme une esclave, de jeter des chaînes dans ses flots pour dompter leur fureur, et de la marquer d’un fer rouge. On refit un nouveau pont, et l’armée • passa dans la Thrace méridionale : Xerxès, voulant châtier le mont Athos, contre lequel s’étaient naguère brisés les vaisseaux de Mardonius ( V. ce mot), fit percer l’isthme qui l’unissait au continent pour donner passage à sa flotte. Après avoir reçu la soumission de la Macédoine et de la Thessalie, il perdit 20,000 hommes au passage des Thermopyles, défendu par Léonidas, 480, puis ruina Platée et Thespies, livra Athènes aux flammes, mais vit sa flotte, déjà malheureuse à la hauteur d’Artémisium, perdre contre Eurybiade et Thémistocle la bataille de Salamine. Laissant Mardonius en Grèce avec 300,000 hommes, il regagna en fugitif la côte d’Asie, sur une petite barque, et sans songer à réparer les autres échecs éprouvés par ses armes depuis son départ , à Platée et à Mycale, 479, se plongea dans les plaisirs. Artaban, capitaine de ses gardes, l’assassina dans l’espoir de s’emparer du trône. B.

xerxès il , fils et successeur d’Artaxerxès Ier Longue- Main, 425 av. J.-C., ne fit que passer sur le trône de Perse, et fut assassiné par son frère Sogdien, un an après son avènement.

XICOOO , v. du Japon. V. Sikokf.

XILOCA , riv. d’Espagne, affluent du Xalon.

XILOTEPEC. V. Martin-Xitotèque (San-).

XIMENA-DE-LA-FRONTERA , v. d’Espagne (Cadix), à 42 kil. E. de Medina-Sidonia; 6,900 hab.

XIMÉNÈS (Roderic), d'une famille noble de la Navarre, combattit contre les Maures, entra dans l’ordre des Franciscains, devint archevêque de Tolède et cardinal, et mourut en 1247, en revenant du concile de Lyon. On a de lui une Histoire d'Espagne en 9 livres, une Histoire des Oslrogoths, une Histoire des Huns et des Vandales, une Histoire des Arabes (de 770 à 1150), ouvrages publiés par A. Schott dans VHispania illuslrata, t. n.

XTMÉNÈS de cisneros (le cardinal François), né en 1436, d’un receveur des contributions, à Torre-Laguna en Castille, m. en 1517, étudia à Alcala-de-LIcnarès, puis à Salamanque , se fit prêtre , mais n’obtint un bénéfice qu’après une longue opposition de l’archevêque de Tolède, Cariilo d’Acunha. Il devint ensuite grand-vicaire du cardinal Mendoza, puis administrateur des domaines du comte de Cifuentes, prisonnier des Maures. A 50 ans, il résigna tous ses bénéfices, se fit moine franciscain, et bientôt, comme si ses rudes austérités n’étaient pas suffisantes, et que son humilité s’effrayât du succès de ses prédications à Tolède, il alla vivre trois ans dans un ermitage, à la manière des anachorètes. Rappelé par ses supérieurs, il fut nommé, en 1492, confesseur de la reine Isabelle, en 1494, provincial de son ordre, et, en 1495, archevêque de Tolède, ce qui le faisait de droit primat d’Espagne et chancelier de Castille. Il fallut des lettres du pape pour qu’il acceptât, et pour qu’il se décidât à prendre en apparence un genre de vie conforme à sa haute position. La mort d’Isabelle ne diminua en rien sa puissance, et , en 1507, Ferdinand le Catholique lui fit donner le chapeau de cardinal et le nomma grand-inquisiteur de Castille , pour le récompenser de ce qu’après la mort de Philippe le Beau , 1506, il avait rattaché à sa cause le clergé et les villes de Castille dans la question de la régence. Mais il le récompensait sans l’aimer, et lorsque, en 1509, Ximénès alla faire à ses frais, sur les Barbaresques, la conquête d’Oran, qui fut suivie de celle de Bougie et de Tripoli, 1510, il n’aurait pas été fâché que cette expédition le débarrassât .< du bonhomme». Le bonhomme survécut à Ferdinand, qui, en mourant (janv. 1516), lui confia le gouvernement jusqu’à l’arrivée du roi Charles, son petit-fils. Pour maintenir intacte l’autorité royale contre les grands, dont il voulait « écraser la fierté sous ses sandales », Ximénès, pendant sa régence, s’appuya sur les villes et sur une milice bourgeoise qu’il institua. En arrivant, Charles, au lieu de le remercier, le relégua dans son diocèse ; et le vieillard ne survécut que quelques heures à cette marque d’ingratitude (nov. 1517). Quoi qu’ait dit Llorente de l’administration de Ximénès, sur laquelle nous n’avons rien de certain ni même de probable quant au nombre des procès, le vieux cardinal montra, comme grand-inquisiteur, beaucoup plus de douceur et de modération que ses deux prédécesseurs, et il exerça sur les agents du tribunal , pour les empê cher d’abuser de leur pouvoir^ une surveillance très-sévère. On lui doit l’université d’Alcala et la Bible polyglotte

de ce nom (1502-17, 4 vol. in-fol.; réimprimée à Anvers, 1569-70, 8 vol. in-fol.). — Sa Vie a été écrite en Espagne par Gomez Alvarez de Castro (de Rebus gestis à D. l'ranc. Ximenio, in-fol., 1569); en France, par Fléchier, Marsollier, Baudier; et en Allemagne, par le docteur Héfelé, trad. en français par les abbés Sisson et Crampon , sous le titre de : Le cardinal Ximénès et l’église d'Espagne à la fin du xv8 et au commencement du xvie siècle , Paris, 1856, in-8°. R.

ximénès (Augustin-Louis, marquis de), littérateur, né à Paris en 1726, d’une famille aragonaise, m. en 1817, suivit d’abord la carrière militaire, fut aide de-camp du maréchal de Saxe, parvint aux grades de colonel et de mestrede-camp, puis se livra à la culture des lettres, et fut de la société intime de Voltaire. Il écrivit 3 tragédies médiocres ( Epicharis , 1752 ; Don Carlos , 1753 ; Amalasonte ), et diverses poésies, où l’on trouve des vers bien frappés ; on les a publiées sous les titres d 'OEuvres, 1772, in-8°, et de Codicille d’un vieillard , 1792, in-8®. On lui attribua pendant quelque temps le Voyage autour de ma chambre par X. de Maistre.

XIMO ou KIOU-SIOU, île du Japon, la plus méridionale, séparée de l’ile Sikokf par le canal Boungo, entre 31° et 34® lat. N., 127® et 129® long. E.; 350 kil. sur 220;

l, 000,000 hab. Ch.-l., Nangasalti. Elle forme la région dite Saf-l;ai-do (contrée de la mer occidentale), et est divisée en 9 provinces, d’où lui vient le nom de Kiou-siou (les 9 royaumes). Une chaîne de montagnes volcaniques la sillonne. Mines d’or, d’argent , de cuivre et de houille. Elève de vers à soie.

XINGU , riv. du Brésil, naît dans le pays des Bororos (Mato-Grosso ), coule du S. au N. à travers d’immenses territoires habités par des peuplades' sauvages, traverse la prov. de Para, passe à Pombal, et se jette dans l’Amazone, après avoir reçu l’Ilabagua, le Pacaja, le Rio-Fresco et le Guarini ; cours de 3,000 kil. environ.

XIPH1LIN (Jean), patriarche de Constantinople en 1066, m. en 1078, était d’une illustre famille de Trébizonde, et avait été d’abord ermite au mont Olympe. On a de lui : Décréta duo de sponsalibus , et Decrelum de nuptiis prohibilis, dans le Jus grœco-romanum de Leunclavius; plusieurs Homélies, en mss. à la biblioth. du Vatican.

xipiiilin ( Jean), neveu du précédent , a écrit un Abrégé de l'histoire romaine de Dion Cassius, il commence aux guerres de César et de Pompée , et finit à la mort d’Alexandre Sévère. C’est ordinairement un extrait textuel de Dion, mais très-bref ; son plus grand mérite est de renfermer des parties dont l’original est perdu. Il a été publié à Paris par Robert Estienne, 1551, in-4®, et par H.Estienne, 1592, in-fol., avec trad. latine; et trad. en français par Boisguillebert , 1674, 2 vol. in-12, et par le président Cousin, 1678, in-4®, ou 1686, 2 vol. in-12.

XIPHONIE, Xiphonia, anc. v. de Sicile, sur la côte E., au N. de Syracuse et au S.-E. de Leontium. Auj. Agosla.

XISUTHRE, 10« et dernier roi antédiluvien selon les traditions chaldéennes, mentionné par Bérose seul. Il fut averti en songe par un dieu que le genre humain allait périr, et , pour échapper au déluge, s’enferma dans un navire avec sa famille et un certain nombre d’animaux, en sortit après l’inondation , et fut enlevé au ciel. Son histoire a été calquée sur celle de Noé.

XOCHLMILCO , lac du Mexique, un des cinq de la vallée et près de Mexico. Ses eaux, très-limpides, s’écoulent au N. dans le lac de Tezcuco.

XOIS, v. de l’anc. Egypte (Delta), à 2 kil. N.-O. de Busiris, 4 kil. O. de Sébennyte, fut le ch.-l. du nome Xoïle, et le berceau de la 14e dynastie des rois d’Egypte.

XORULLO. V. Jorullo.

XUCAR ou JUCAR, anc. Sucro, fleuve d’Espagne, naît au Cerro-San-Felipe dans la prov. de Cuenca, coule au S. et à l’E., sur 350 kil. environ, par Cuenca, Jorquera, Cofrentes, Alcira, et Callera, où il se jette dans la Méditerranée.

XUTHUS, un des fils d’Hellen, eut de Créuse, fille d’Erechthée, deux fils, Ion et Achéus, qui furent la tige des Ioniens et des Acliéens.

XYLANDER ( Guillaume Holtzemann , dit en grec ) , traduction du mot Holtzemann, « homme de bois, » savant philologue, né à Augsbourg en 1532, de parents pauvres,

m. en 1576, fit de fortes études, et se rendit habile en histoire, en théologie, en philosophie, et en mathématiques. En 1558., il fut nommé professeur de grec à Heidelberg , puis secrétaire des assemblées convoquées à l’abbaye de Maulbrun par l’électeur palatin Frédéric III, pour statuev sur des points controversés par les protestants. Outre des éditions d'Euripide, de Tliëocrile, d'Etienne

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de Byzance et à' llarace, des traductions latines de Tryphiodore, Bâle, 1548; de Dion Cassius, de Marc-Aurèle, 1558; de Plutarque , 1561-70, 2 vol. in-fol.; de Strabon, 1571, et de Diophante , 1575, il a publié des ouvrages originaux, entre autres : Inslituliones Aphoriticœ Logicœ Aristotelis... , Heidelberg, 1577, in-4°, etc., et des poésies latines. C. N.

XYLOPOLIS, anc. v. de Macédoine (Mygdonie), tirait son nom de ses maisons, toutes bâties en bois.

XYNECIES , fêtes athéniennes , instituées par Thésée en l’honneur de Minerve , pour rappeler la réunion des habitants de l’Attique en une seule cité. On les célébrait en juillet. Elles portaient encore le nom de Mélæcies.

XYNIA , anc. v. de Thessalie , sur les bords du lae Xynias, auquel elle donnait son nom.

XYSTE , Xustos, partie d’une palestre chez les anciens Grecs, long portique couvert, où les athlètes s’exerçaient pendant l’hiver : il avait 22 pieds de large (6m,60), et le milieu formait une lice large de 12 pieds (3m,60), profonde de 1 pied et demi (0m,45) , afin que les spectateurs qui se promenaient autour pussent voir les exercices sans en être incommodés. Il y avait auprès du Xyste un stade , et des promenades plantées de 'platanes avec des sièges en maçonnerie. Xyste venait du verbe xuein, « polir, racler, » parce que les athlètes se raclaient la peau avec des strigiles , et se frottaient d’huile. — Chez les anciens Romains, un Xyste était un parterre de fleurs et d’arbustes, au milieu d’un péristyle ; une allée droite, et régulièrement plantée, dans un jardin. C. D — T.

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