‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 69 sur 864 · LEU · texte numérisé non relu

LEU

LEU (Saint), archevêque de Sen3, né vers le milieu du vie siècle. Calomnié auprès de Clotaire II , il fut envoyé en exil ; mais son innocence fut reconnue , et il revint mourir à Sens. Fête, le 1er septembre. — Un autre saint Leu, do Bayeux, est honoré le 1er août.

leu-d'esserent ( saint- ) , vge (Oise) , arr. et à 12 kil. N.- O. de Seidis, sur un coteau près de la rive dr. de l’Oise ; 1,310 hab. Carrières de belles pierres de taille. Curieuse église, appartenant à l’époque de transition du style roman au gothique.

LEU-TAVERNY (SAINT-) OU NAPOLEON-SAINT- LEÜ, Vge

(Seine-et-Oise) , arr. et à 15 kil. S.-E. de Pontoise, à 5 kil. N.- O. de Montmorency; 1,568 hab. Il y avait, avant 1830, un beau château, avec parc magnifique. L’église contient les restes du roi Louis Bonaparte, du prince royal de Hollande, de Napoléon-Louis , grand-duc de Berg, et de Charles Bonaparte, chef de la famille. Le roi Louis, après son abdication, porta le nom de comte de St Leu. La reine Hortense. après 1815, prit celui de duchesse de St-Leu. C’est au château de S1- Leu que mourut le dernier prince de Coudé.

LEUBUS, vge des États prussiens (Silésie), sur l’Oder, régence et à 41 kil. 0.-N.-0,de Breslau; 500 hab. Ane. abbaye de Cisterciens, convertie en haras; maison d’aliénés.

LEUCA, lapyga Acra , lapyqium ou Salentinum Promontorium des Romains, cap du royaume d’Italie (Terre d’Otvante), à l’extrémité S.-E. de l’Italie. — anc. v. d'Italie (Iapygie orientale); sur ses ruines est bâtie Alessano.

LEUCADE , Leucas , auj . Sainte-Maure , une des sept îles Ioniennes, sur la côte de l’Acarnanie, était, au temps d’Homère , une péninsule de l’Acarnanie , et habitée par des Eoliens-Céphalléniens. Elle avait pour capitale Nericos. Cypsélus, roi de Corinthie, y envoya des colons, qui coupèrent l’isthme , firent de la péninsule une île , transportèrent la capitale à la tête de l’isthme, et lui donnèrent le nom que portait l’île elle-même. Une autre ville, Phara , était au S. A la pointe la plus méridionale de l’île était un temple d’Apollon , et , auprès , le promontoire célèbre d’ou les amants malheureux se précipitaient dans la mer pour se guérir de leur passion ; c’est ce qu’on appelait le Saul de Leucade. Sapho fut, dit-on, la lre à essayer de ce remède. Les Leucadiens conservèrent leur indépendance au milieu des guerres civiles de la Grèce , mais la perdirent lors de l’expédition de Flamininus contre Philippe, roi de Macédoine. Sous l’empire d’Orient, Pile fut souvent ravagée par les Barbares , et finit par tomber, en 1229 , au pouvoir d’une famille napolitaine, les comtes de Tochis, qui la possédèrent, avec plusieurs îles voisines, sous la suzeraineté de Venise, jusqu’en 1479, époque où elle fut conquise par Mahomet II. Prise par les Vénitiens en 1684 , elle leur resta jusqu'en 1797 , et suivit, depuis, le sort des autres îles Ioniennes. C. P.

LEUCATE , Leocala, vge ( Aude (, arr. et à 43 kil. S. de Narbonne, dans une presqu’île, entre l’étang ou lagune de son nom et la Méditerranée ; 1,270 hab. Pêche des sardines.— Autrefois ville forte, il fut assiégé par les Espagnols en 1590 et 1637 , et démantelé en 1664.

LEUCÉ , c.-à-d. blanche , île du Pont-Euxin, à l’O., près de l’embouch. de lister ; la mythologie y plaçait les âmes heureuses des héros. Auj. Ile des Serpents.

LEUCES ou LEUQUES, Leuci , peuple de la Gaule (Belgique lre), entre les Médiomatrices au N. et les Séquanais au S. ; v. prineip. , Tullum (auj. Toul), et Nasium (Naix). Leur territoire comprenait la plus grande partie des départ, actuels de la Meurthe et des Vosges).

LEUCHTENBERG , vge de Bavière, sur la Luhe , à 35 kil. N.-E. d’Amberg; 500 hab. Leuchtenberg fut autrefois le nom d’un landgraviat de Bavière, dont le ch.-l. était Pfreimt, près de la Naab, à 60 kil. N.-E. de Ratisbonne , et qui, en 1778 , rentra dans le sein de l’Empire. En 1817 , il fut érigé en duché pour le prince Eugène de Beauharnais, vice-roi d’Italie sous le règne de Napoléon Ier, et du chef duquel il passa à l’aîné , puis au second de ses fils.

LEUCIPPE, philosophe grec, de l’école ionienne. Sa vie est inconnue : on présume qu’il était né à Abdère. Quelques-uns prétendent qu’il fut le maître de Parménide, de Zénon d’Elée, et de Mélissus, ce qui est peu probable, car sa doctrine est tout l’opposé de la leur. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’il fut le premier inventeur du système des atomes, développé et constitué ensuite par Démoerite. Quelle part faut-il lui attribuer dans ce système? On ne saurait le préciser. Il est à croire qu’il se borna aux premières bases, c.-à-d. à la distinction du vide et du plein, à l’existence des atomes et à leurs principales propriétés , la solidité, la figure et le mouvement. Sur l’ensemble du système, T. Déjiocrite. B— d.

LEUCOFAO. F. Latofao.

LEUCOPETRA, c.-à-d. la roche blanche, lieu de l’anc. Grèce, près et à l'E. de l’isthme de Corinthe. Défaite de Diœus, chef des Achéens, par le consul romain Mummius, 146 av. J.-C.

LEUCOSIE, v. de l’ile de Chypre. F. Nicosie.

LEUCO-SYRIE, c.-à-d. Syrie blanche, nom donné par les anciens à la Syrie septentrionale, à la Cappadoce et à laCilicie orientale, parce que les habitants de ces régions avaient la peau plus blanche que les autres peuples de race syrienne nu araméenne.

LEUCTRES, ville de l’anc. Grèce (Béotie), au S. -O. de Thèbes. Célèbre victoire d’Epaminondas sur Cléombrote, roi de Sparte , qui y fut tué , Pan 371 av. J.-C.

LEUCUM , nom latin de Lecco.

LEUDES , c.-à-d. compagnons , nom donné , en Gaule, lors des invasions barbares du v« siècle, aux guerriers germains qui s’attachaient à un chef et lui juraient fidélité. On les appelait masnadieri chezles Lombards, thunes chez les Anglo-Saxons. L’expression d 'anlruslions (F. ce mot) était encore usitée. En Germanie, ils recevaient de ce chef, en récompense de leurs services, un cheval de bataille ou une hache d’armes; transportés sur le sol romain par la conquête, ils reçurent des portions de terre appelées bénéfices ( F. ce mot) , en retour de certaines obligations. Ils étaient dis tincts des guerriers appelés ahrimans ou hommes libres , qui , lors du partage fait entre les conquérants, obtinrent, par la voie du sort, des alleux ( F. ce mot ) , ou terres franches de toute redevance. B.

LEUK ( Bains de). F. Louèche.

LEUNCLAVIUS (Jean LtEmvENKLAU, en latin), érudit, né à Amelbeuern (Westphalie) en 1533 , m. à Vienne en 1593 , joignit à l’intelligence des langues celle du droit , et s’occupa principalement de traduire les historiens et les livres de jurisprudence grecs du Bas-Empire. Il voyagea et séjourna en Turquie , y apprit la langue , et ramassa de très-bons matérisux pour composer une histoire ottomane que la mort l’empêcha d’exécuter. On lui doit cependant des Annales sultanorum oihmanidarum, Francf., 1596, in-fol., traduction latine des Annales turques que Jérôme Beek de Léopoldsdorff, ambassadeur de Ferdinand Ier, apporta de Constantinople en 1551, et que Jean Spiegel traduisit en allemand. On a de lui , en outre , des versions latines de V Abrégé des 60 livres des Basiliques, Bâle, 1575; des Annales de Constantin Manassès, de celles de Michel Glycas, de l’ Histoire de Zozime, etc. Sa version de VOEconomique de Xénophon est estimée son meilleur ouvrage. C. N,

LEUPOLD (Jacques), né à Planitz près Zwiekau en 1674, m. en 1727, excella dans la construction des instruments de physique et de géométrie, inventa une marmite plus simple et plus utile que celle de Papin, et perfectionna la pompe pneumatique de Hauksbee. On a de lui : Théâtre universel des machines et des sciences mécaniques , Leipzig, 172.3-27, 7 vol. in-fol. , en allemand.

LEUSDEN (Jean), savant hébraïsant, né à Utrecht en 1624, m. en 1699, professeur d’hébreu dans sa ville natale depuis 1649. Il a laissé: Biblia hebraica, Amst., 1661, in-8°; Philologus hebrœus, Utrecht, 1656; Philologue hebr.mixtus, ibid., 1663, in-40; Philologus hebr.-grœcus, ibid. , 1670, in-4°; Onomasticon sacrum, Leyde, 1665, in-8°, etc.

LEUTHEN, v. de Silésie. F. Lissa.

LEUTKIRCH, v. du royaume de Wurtemberg, sur l’Eschaeh, à 70 kil. S. d’Ulm; 2,100 hab. Bijouterie, cuirs, toiles. Marchés à bestiaux. Anc. ville libre impériale, réunie au Wurtemberg en 1810. C’était sur une lande des environs que se tint longtemps le tribunal impérial de la Lande de Leutkirch.

LEUTMER1TZ, v. de Bohême. F. Leitmeritz.

LEUTOM1SCHL ou LE1TOMISCHL, v. des Etats autrichiens ( Bohême), à 61 kil. S.-E. deChrudim; 6,400 hab. Haute école de sciences et de lettres; gymnase de Piaristes. Fabr. de toiles, lainages, mousselines ; distilleries d’eaux-de-vie. Coulerie de glace et cristalleries renommées. Château des comtes de Waldstein.

LEUTSCHAU, en hongrois Lœcze,v. de Hongrie (Zips), à 202 kil. N.-E. de Bude; 5,000 hab. Gymnase catholique de Prémontrés et gymnase luthérien. Evêché ; cathédrale et hôtel de ville remarquables. Culture du safran; carrières de belles pierres de taille ; toiles et hydromel renommé , fromages estimés.

LEUVIGILDE. F. Léovigilde.

LEUWARDEN. F. Leeuwarden.

LEUWEN, nom hollandais de Louvain.

LEUWENHOECK (Antoine), célèbre naturaliste, né à Delft en 1632, m. en 1723 , fabriqua des microscopes d’une rare perfection, à l’aide desquels il put faire de

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curieuses observations. Ainsi il découvrit la continuité des I artères, des veines et des vaisseaux capillaires, la composition du sang, la dissolution des lames qui composent le cristallin, etc. Les Mémoires qu’il fit insérer dans les Transactions philosophiques de Londres ont été traduits en latin sous le titre d ’Arcana naturæ détecta , Delft, 1695-99,

4 vol. in -4».

LEE’ZE,v de Belgique (Hainaut) , sur la Petite-Dendre, à 16 kil. E. de Tournai; 6,000 hab. Fabr. considérables de bonneterie ; raffineries de sel, teintureries, tanneries. Charlemagne y établit pour Sl-Ludger, évêque de Munster, un monastère, qui est devenu une abbaye considérable. En 1691, le 18 octobre, le maréchal de Luxembourg y battit les alliés, commandés par le prince de Waldeck.

LEVA , nom hongrois de Lewenz.

LEVACI, peuple belge, que l’on croit avoir habité le pays autour de Louvain.

LEV AILLANT (François), voyageur et naturaliste, né en 1753 à Paramaribo (Guyane), d’une famille française originaire de Metz, m. en 1824, vint de bonne heure en France, partit en 1780 pour le cap de Bonne-Espérance, visita la Gafrerie et la Hottentotie de 1781 à 1784, et tenta vainement de traverser toute l’Afrique du S. au N. On a de lui : Voyage dans l'intérieur de l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance , dans les années 1781-83, Paris, 1790, 1 vol. ïn-4u, et 1798, 2 vol. in-8°; Second voyage dans l'intérieur de l’Afrique, dans les années 1783-85, ibid . , 1795, 2 vol. in-4°, et 1800, 5 vol. in-8° ; Histoire naturelle des oiseaux d’Afrique, 1792-1812, 6 vol. in-4°; Histoire naturelle d'oiseaux nouveaux et rares de V Amérique et des Indes, 1801-1804, in-fol. ; Histoire naturelle des perroquets, 1801-1805, 2 vol. in-fot.; Histoire naturelle de* oisrnur de paradis. 1803-1816,

3 vol. in-fol., fig. Ses récits, d’abord suspectés, sont auj. appréciés avec plus de justice, et il a décrit avec soin beaucoup d'animaux précédemment inconnus.

LEVANT (Le), nom par lequel on désigne généralement les pays baignés par la Méditerranée orientale, comme la Turquie d’Europe et d’Asie, et l’Egypte. Les Génois et les Vénitiens du moyen âge appelaient ainsi tcate la côte à l’E. du cap Matapan et du golfe de Sydra.

levant (Echelles du). V. échelles.

LEVANT (lie du). V. HYERES.

levant (Rivière du). V. gênes (Etat de).

LEVANTINE, vallée de la Suisse, s’étendant au N. -O. du canton du Tessin, entre le Sl-Gothard et le confluent du Tessin ; 12,000 hab. Ch.-l., Faido. Elève de bestiaux. Prise aux Milanais par le canton d’Uri au xve siècle, elle appartient à celui du Tessin depuis 1798.

LEVANZO, anc. Buccina, Phorbantia, île de la -Méditerranée, l’une des Egades, par 38° 5’ lat. N. et 10° 59’ long. E. ; 7 kil. sur 5; 4,500 hab. Elle dépend du roy. d’Italie.

LEVASSOR (Michel), historien, né à Orléans, quitta en 1675 la congrégation de l’Oratoire dont il était membre, se retira en Hollande, et plus tard en Angleterre. Il se fit protestant, fut lié avec Bayle, Basnage, Jaquelot et autres écrivains calvinistes. On a de lui : Histoire générale de l’Europe sous le règne de Louis XIII, Amst., 1700-1711, 10 trimes en 20 vol. in-12, et 1757, 7 vol. iu-4°, ouvrage diffus et déclamatoire, mais savant.

LEVAU I Louis), architecte, né en 1612, m. en 1670, directeur des bâtiments de Louis XIV, construisit le château de Vaux pour le surintendant Fouquet, 1653, celui de Livry, nommé depuis le Raincy, démoli pendant la Révolution, donna les dessins de la chapelle de la Vierge à St-Sulpice de Paris, 1655, éleva dans la même capitale, l’hôtel Lambert, que décorèrent Lesueur et Lebrun, puis les hôtels de Pons, de Colbert, de Lyonne, ajouta aux Tuileries les pavillons de Flore et de Marsan, 1664, augmenta d’un attique le pavillon du centre, le couvrit du dôme carré que l’on y voit encore, et fournit les dessins surlesquelsd'Orbay, son élève, construisit le collège de Quatre-Nations , auj. palais de l’Institut de France. Levau a de l'imagination, de la grandeur dans ses conceptions ; mais il manque quelquefois d’élégance, et son goût est généralement lourd.

LE VAYËR (François de La Mothe), polvgraphe, né à Paris en 1558, m. en 1672, était fils d’un magistrat distingué, qu’il remplaça en 1625 dans les fonctions de substitut du procureur-général au parlement. Admis parmi les beaux esprits que réunissait Mlle de Gournay, il renonça bientôt à la magistrature pour s’adonner à l’étude des lettres. En 1636, il publia un Discours de la contrariété d’humeurs qui se trouve entre certaines nations, et singulièrement la française et l'espagnole, et, en 1638, des Considérations sur l'éloquence françoise, ouvrages qui le firent nom-

mer, en 1639, à l’Académie Française. En 1640 parut le livre de l' Instruction de Monsieur le Dauphin , fort goûté de Richelieu, qui en destinait l’auteur à devenir le précepteur du fils aîné de Louis XIII ; mais Anne d’Autriche s’y refusa, et lui confia cependant, en 1649, la direction des premières études de son plus jeune fils, le duc d’Orléans. Dans l’intervalle, Le Vayer avait composé : de la Vertu des païens, 1642, traité réfuté par Arnauld ; Jugement sur les anciens et principaux historiens grecs et latins , 1646, ouvrage plein d’érudition, où il passe en revue 24 des principaux historiens de la Grèce et de Rome. Il donna ensuite la Géographie, la Rhétorique, la Morale, l Economique, la Politique, la Logique, la Physique du Prince, de 1651 à 1656, pour servir à l’éducation du Dauphin, et, en 1659 et 1660, 4 volumes de Petits traités en forme de lettres , destinés au même usage ; car Anne d’Autriche, revenue de ses préventions, lui avait confié le soin de terminer l’éducation de Louis XIV. Les ouvrages qu'il composa depuis sont plus purement philosophiques : Discours pour montrer que les doutes de la philosophie sceptique sont d’un grand usage dans les sciences, 1668 ; Du peu de certitude qu'il y a dans l'Histoire, 1668. S’il admette scepticisme dans la science, il ne l’érige point en système, et respecte toujours la révélation. Son style est clair, net, plein de pensées brillantes, parfois nerveux, trop chargé de citations, et trop coupé de digressions. Le Vayer, nommé historiographe de France, termina sa carrière littéraire par, la composition de V Hexaméron rustique , ou les six journées passées à la campagne, et par des Dialogues faits à l'imitation des anciens , sous le nom d’Orasius Tubero, publiés seulement en 1698. Ces deux ouvrages sont écrits avec une grande liberté de langage, et le pyrrhonisme s’y produit sous une allure déclarée. Ses opinions, ses mœurs, son costume tendaient à le distinguer de la foule, et Gabriel Naudé l’appelait le Plutarque de la France, à cause sans doute du nombre et de la variété de ses ouvrages. V. une thèse de M. Etienne sur La Mothe Le Vayer, 1849. F. B.

LÈVE (Antoine de). V. Leyva.

LEVÉE (Jérôme-Balthasar), né au Havre en 1769, m. à Paris vers 1835, professa les belles-lettres dans sa ville natale, à Bruges et à Caen, édita en 1816 le Cicéron de Fournier, publia le Théâtre complet des Latins, avec trad. française, 15 vol. in-8°, Paris, 1820-23, dans lequel il a traduit Plaute et Sénèque le Tragique, et donna une Biographie des hommes célèbres du Havre, 1828.

LEVÉES MILITAIRES , chez les anc. Grecs. Du temps d’Agamemnon, les rois faisaient tirer au sort dans chaque famille ceux qui devaient les suivre à la guerre. — A Athènes, d’après les lois de Solon, sur les quatre classes du peuple , les trois premières , qui étaient les plus riches , contribuaient seules au service militaire. Tous les citoyens de 20 ans à 60 entraient dans l’armée active ; à 60, ils n’étaient plus tenus qu’à la défense du territoire de l’ Attique. Les levées se faisaient ainsi : un stratège ou général se rendait sur une place publique, et, du haut d’un tribunal , faisait citer tous les citoyens qui , par leur âge , devaient le service militaire. Un taxiarque, officier général, placé près de lui, appelait les citoyens, et prenait note de ceux que le stratège trouvait bons pour servir. Les étrangers établis dans le pays étaient aussi acceptés parmi les enrôlés dans les besoins urgents ; on prenait aussi les esclaves , mais ordinairement on les réservait pour la marine. — A Sparte, tous les citoyens étaient soldats de 20 ans à 60, et la levée consistait à convoquer telle ou telle tribu. Dans les cas urgents , on enrôlait les affranchis et même les hilotes.

levées militaires chez les anc. Romains, Delectus. Il y en avait deux sortes, la légitime, et la tumulluaire ou subitaire. L’une et l’autre ne se faisaient que sur l’ordre du sénat. La levée légitime était annuelle et servait à remplacer les légionnaires morts à la guerre ou qui avaient fini leur temps de service. Elle se faisait à Rome, au Capitole, au Forum, ou au Champ-de-Mars. Tous les citoyens sujets, par leur âge, au recrutement, étaient convoqués à l’avance, pour un jour non férié. Le général qui devait commander les troupes présidait l’assemblée, sur un tribunal au pied duquel se tenaient des tribuns militaires. Chaque citoyen était cité nominativement; les tribuns l’examinaient, et, s’ils le reconnaissaient bon au service, le désignaient pour telle ou telle arme, après avoir fait pointer son nom sur la liste d’appel. La levée terminée, les tribuns leur faisaient prêter le serment militaire ( V. Serment), et leur assignaient un rendez-vous et un jour pour recevoir leur destination. — La levée tumulluaire ou subitaire n’avait jamais lieu qu’à l’improviste, dans des circonstances critiques, au moment d’un grand danger causé soit par une

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guerre en Italie ou sur les frontières, soit par une invasion gauloise. Le général qui devait marcher a l’ennemi montait au Capitole, déployait deux drapeaux , un rouge poulies fantassins, un verdâtre pour les cavaliers, et disait : u Que tous ceux qui veulent sauver la république me suivent!.- Cet appel se nommait la Conjuration. Des émissaires allaient le répéter dans les campagnes : c’était l’firocalion. La levée tumultuaire était un ordre sous forme d’invitation, une levée en masse pour laquelle nulle exemption n’était admise. — Sous Auguste et ses successeurs, les armées étant devenues permanentes, et tous les sujets de l’empire étant admis dans les légions, on les recrutait partout dans les provinces. Il y avait des officiers recruteurs chargés de cette opération. Sous Constantin et les empereurs suivants, le recrutement se fit par la même voie , mais seulement parmi les propriétaires de biensfonds. C. D — y.

LEVÉES MILITAIRES EN FRANCE. V. MILICE, CONSCRIP- TION, INSCRIPTION MARITIME, et RECRUTEMENT.

LEVEK. V. Camboge.

LEVEN , riv. d’Ecosse, sortant du lac Leven , et se jetant, à 8 kil. de là, dans la Clyde, à Dumbarton. — lac d’Ecosse (Kinross), s'écoulant dans le golfe de Forth par la riv. de son nom. Dans une de ses îles sont les ruines du château où fut enfermée Marie Stuart , en 1587-8 ; elle y signa son abdication, le 4 juillet 1567, et s’en échappa le 2 mai 1568. — vge d’Ecosse (Fife), port à l’embouchure de la Leven , à 12 kil. S. de Cupar; 2,727 liab., employés aux manufactures de lin , à la fabrication des tuiles et du fer.

LÉVÊQUE (Dom Prosper), bénédictin , né à Besançon en 1713, m. à Luxeuil en 1781, a laissé : Mémoires pour servir à l histoire du cardinal de Granvelle, Paris, 1755, 2 vol. in-12; Histoire du siècle de Charles-Quint , en manuscrit à la bibliothèque de Besançon , 3 vol. in-fol.

lévêque (Pierre], mathématicien, né à Nantes en 1746, m. en 1814, fut professeur de mathématiques à Mortagne et à Nantes, puis professeur d’hydrographie dans cette dernière ville vers 1772, examinateur de la marine en 1786, membre de l’Institut en 1801. On a de lui : Guide du navigateur, Nantes, 1779, in-8°; Examen maritime, ou Traité de la mécanique appliquée à la construction et à la manœuvre des vaisseaux , ibid . , 1782 et 1792, 2 vol. in-4°, en grande partie traduit de l’espagnol; Description nautique des côtes orientales de la Grande-Bretagne, Paris, 1804, in-4°. /

LEVER DU ROI, se disait autrefois du moment où le roi recevait, le matin , dans sa chambre. Aussitôt réveillé, et encore au lit, le roi se lavait les mains, prenait de l’eau bénite, disait l’office du St-Esprit; puis le petit lever commençait. Le dauphin et ses enfants étaient admis, la porte ouverte à deux battants; suivaient les autres princes du sang, le grand-chambellan , les premiers gentilshommes de la chambre, le grand-maître et les maîtres de la garderobe, les premiers médecin et chirurgien , et quelques personnes auxquelles la même faveur était accordée. Le roi , étant sorti du lit , et ayant sa robe de chambre et ses pantoufles, demandait la première entrée ; on introduisait alors les secrétaires du cabinet , les valets de chambre, les lecteurs, et quelques seigneurs qui avaient un brevet d’entrée. Quand le roi était peigné et rasé, et avait changé de linge, le grand lever commençait : les aumôniers, les porte-manteaux, les officiers de la maison du roi et toute la noblesse étaient admis ; on y recevait aussi les ambassadeurs. L’heure du conseil terminait le grand lever. B.

LÈVES, Lœvi , peuple de l’anc. Italie (Gaule transpadane), d’origine ligurienne; ch.-l., Ticinun i (Pavie).

LÉVESQUE (Pierre-Charles), historien et traducteur, né à Paris en 1736, m. en 1812, fut nommé, en 1773, sur la recommandation de Diderot auprès de Catherine II , professeur de belles-lettres à l’Ecole des cadets-nobles de Sl-Pétersbourg, apprit le russe et l’ancien slavon , compulsa les chroniques et les documents originaux que le gouvernement mit à sa disposition, revint en France en 1780, obtint une chaire au Collège de France, et entra à l’Institut. On a de lui : Histoire de Russie, Y verdun, 1782-83, 8 vol. in-12, et 1812, 8 vol. in-8° et atlas, ouvrage savant, sagement composé, et écrit d’un style facile et naturel ; il est très-estimé en Russie; la France sous les cinq premiers Valois, Paris, 1787, 4 vol. in-12; Histoire critique de la république romaine, ibid., 1807, 3 vol. in-8°, où il est ouvertement sceptique sur les premiers temps de Rome ; Etudes sur l’histoire ancienne et sur l’histoire grecque, 1811, 5 vol. in-8°, excellent ouvrage ; une traduction fort estimable de Thucgdide, 1795-97, 4 vol. in-8°; d’autres traductions de Plutarque, des Entretiens mémorables de Socrate par Xénophon , des Caractères de Théophraste, etc. B.

lÉvesque de pouilly (Louis-Jean), né à Reims en 1691 , m. en 1750, renonça aux mathématiques pour se livrer aux lettres, fut reçu membre de l’Académie des Inscriptions en 1722, voyagea en Angleterre, où il se lia avec Bolingbroke, et, nommé lieutenant-général de sa ville natale, y établit une promenade magnifique, des fontaines publiques, des écoles spéciales de mathémali ues et de dessin. Il a laissé une Théorie des sentiments agréables, Genève, 1747, où il prouve que le bonheur est dans la vertu. — Son fils, Jean-Simon, né à Reims en 1734, m. en 1820, fut lieutenant-général du bailliage de Châlons-sur-Marne avant la Révolution, émigra en 1791, rentra en France quelques années après, et devint associé libre de l’Académie des Inscriptions. On lui doit une F.r de L'Hôpital, 1764, in-12, et une Théorie de l’imagination 1803, in-12.

lÉvesque de burigny (Jean), frère du précédent, né à Reims en 1692, m. en 1785 , membre de l’Académie des Inscriptions en 1756 , travailla avec Saint-Hyacinthe à l’Europe savante de 1718 à 1720, et publia, entre autres ouvrages : De l'autorité du pape, 1720, 4 vol. in-12; Examen critique des apologistes de la religion chrétienne, livre antichrétien , imprimé sous le nom de Fréret; Histoire de la philosophie païenne, 1724; Histoire de la Sicile, 1745; — de Constantinople , 1750; Vie de Grotius, 1750; — d’Erasme, 1757 ; — de Bossuet, 1761; — de Duperron , 1768. Doué d’une mémoire prodigieuse, il a pu recueillir de nombreux matériaux ; mais il n’a pas de qualités de style. 11 a traduit du grec eu français le traité de Porphyre de l’Abstinence des viandes , et la Vie de Plolin.

lÉvesque de la ravallière ( Pierre- Alexandre ) , littérateur, né à Troyes en 1697, m. en 1762, admis à l’Académie des Inscriptions en 1753, a laissé, outre des Mémoires insérés dans le recueil de cette Académie, une édition des Poésies du roi de Navarre ( Thibaut , comte de Champagne), Paris, 1742, 2 vol. in-12, avec pièces et dissertations curieuses.

LEVET, ch.-l. de cant. (Cher), arr. et à 19 kil. S. de Bourges; 457 hab.

LÉ VI, 3e fils de Jacob, eut pour mère Lia; il s’unit à son frère Siméon pour punir Sichem, fils d’Hémor, d’uvoir attenté à l’honneur de sa sœur Dina. Jacob blâma les excès auxquels ils se portèrent en cette occasion, et prédit à Lévi que sa race serait dispersée. En effet , la tribu de Lévi n’eut pas de lot comme les autres dans le pays de Chanaan; mais elle posséda 48 villes, dites léviliqucs, dispersées dans tout Israël; six étaient en même temps villes de refuge : Hébron en Juda, Cédés en Nephtali, Gaulon et Bazra dans Manassé-oriental, Ramoth-Galaad dans Gad , et Bosor dans Ruben. , L — H.

LÉVIATHAN , animal créé par Dieu le 5e jour, est un monstre marin , probablement le crocodile, dont parle Job à plusieurs reprises. On l’entend aussi dans le sens moral, en le prenant pour l’image du démon. Pour les rabbins, c’est un esprit qui préside à l’une des parties du monde, au Midi.

LEVIE, ch.-l. de cant. (Corse), arr. et à 24 kil. N.-E. de Sarténe, dans une situation pittoresque sur 6 petites collines ; 1,708 hab. Comm. de bestiaux et de chevaux.

LEVIE1L (Pierre) , peintre sur verre, né à Paris en 1708, m. en 1772, a restauré les vitraux de Notre-Dame de Paris. Il a publié une Histoire de la peinture sur verre, insérée dans les Descriptions des arts et métiers, Yverdun, t. xi , 1773, et laissé en manuscrit des Recherches sur l’art de la verrerie, un Mémoire sur la confrérie des peintres-vitriers, etc.

LEVIER, ch.-l. de cant. (Doubs), arr. et à 26 kil. N.- O. de Pontarlier ; 1,357 hab.

LEVINA , nom latin du pays de Lenox.

LEVIRAT, loi des Hébreux, obligeant celui dont le frère était mort sans enfants , à épouser la veuve de ce frère.

LEVIS (Maison de), famille noble de France, ainsi appelée d’une terre du Hurepoix , près de Chevreuse, remonte au XIe siècle. Elle se divisa en plusieurs branches, celles de Montbrun, de Lautrec, de Mirepoix, de Ventadour, de Quélus, etc.

levis (François, duc de), né en 1720 au château d’Ajac (Languedoc), m. en 1787, fut envoyé au Canada pour remplacer Montcalm, ne put reprendre aux Anglais les possessions dont ils s’étaient emparés, devint maréchal de France en 1783, duc en 1784, et gouverneur de l’Artois.

levis ( Pierre-Marc-Gaston , duc de), fils du précédent, né en 1764, m. en 1830, fut membre de l’Assemblée constituante de 1789, soutint quelque temps les idées nouvelles, émigra en 1792, fut blessé à Quiberon , rentra en France après le 18 brumaire, ne s’occupa que de littéra-

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