‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 699 sur 864 · ZEI · texte numérisé non relu

ZEI

ZEL

22 ldi. sur 13; 5,000 hab. Ch.-l-, Zea. Beau climat. Elève de vers à soie. Kéeolte de vins et d’huile.

ZÈANGIR. V. Géangir.

ZEBEN, Cibinium, v. de Hongrie (Saros), àl5kil.N.-0. d’Epériès; 2,800 hab. Gymnase de Biaristes. Fabriques de draps, toiles, papier.

ZEB1D, la Sabea Repia de Ptolémée, ville de l’Arabie (Yémen), près de la côte du golfe Arabique, à 150 kil.

S. -S. -O. de Sana. College sunnite très-renommé. Ea ville est encore de belle apparence, quoique en partie détruite par les inondations périodiques, qui, dans la saison des pluies, transforment en torrent la belle vallée du Tehama. Entrepôt du commerce du café Moka. Fabr. de sandales.

ZÈB1NA. V. Alexandre U, roi de Syrie.

ZÈBU , île de l’archipel des Philippines, dans le groupe des Bissayas, au N. de Mindanao et à l’E. de Negros, par 9» 28’-ll° lat. N., 121» 10’-121o 35’ long. E.; 7,700 kil. carrés; 200,000 hab. Ch.-l., Zébu. Sol montagneux, boisé, arrosé par des cours d’eau qui roulent des paillettes d’or, très fertile en tabac et en canne à sucre. Forêts d’ébéniers et de bois de teinture. Les typhons dévastent les côtes à l’époque des moussons. — Cette île fut découverte, en 1521, par Magellan, qui y fut tué.

zébu, v. forte sur la côte E. de l’ile du même nom, avec un bon port; 8,000 hab. Evêché. Résidence d’un alcade espagnol.

ZEELAND. V. Zélande.

ZÉGRIS. V. Zéïrites.

ZEG-ZEG , vaste contrée du Haoussa, entre le Ivano au N., le Djakoba au S., le Niffé et le Gouari à 10.; ch.-l., Zarlia.

ZEIAD , capitaine arabe, frère illégitime du calife Moawiah 1er, né en 622 ou 630, m. en 673, soutint la cause des Alides, et repoussa en 659 les troupes envoyées par Moawiah pour s’emparer de Bassorah. Quand Hassan, fils d’Ali, eut renoncé au pouvoir, il se rapprocha du calife, accepta le gouvernement de Bassorah, y ajouta bientôt ceux de Koufa, de Bahrein et d’Oman, et fit régner partout une justice prompte et sévère.

ZEID. V. Séid.

ZE1DEN. V. Feketchalom.

ZEIL, v. de Bavière (Basse-Franconie) , sur le Mein, à 55 kil. N.-E. de Wurzbourg; -,200 hab. Ch. -1. de la seigneurie de Waldbourg. — hameau de Wurtemberg (cercle du Danube), à 4 kil. N.-O. de Leutkirch; 100 hab. Château des princes de Waldburg-Zeil-Tauchburg.

ZEILAH , anc. Avaliies Emporium, la Mosyllon de Ptolémée? ville de l’Afrique orientale, sur un îlot de la côte d’Adel et dans le pays des Somaulis, par 11» 19’ 52” lat. N., et 41° 14’ 5” long. E.; 5,000 liab. Port sur le golfe d’Aden. Comm. de moutons, dents d’éléphant, sang-de-dra gon, poudre d’or, esclaves, avec Moka, qui lui fournit des toiles, du café, de la quincaillerie. A l’époque des grandes chaleurs , qui sont insupportables , les habitants abandonnent la ville.

ZEIRI-BEN-MOUNAD , dit Al-Taclani , chef de la tribu africaine des Zéirites-Sanhadjides ou Badissides, était issu d'anciens rois d’Arabie. Il battit les Zéirites-Zénates, conquit tout le pays qui s’étend d’Alger à Tripoli, se reconnut dépendant du calife fatimite Obéïd-Allah, fonda en 935 la ville d’Achir (entre Constantine et Kairouan), et périt dans une bataille livrée pour les Fatimites prés de Mansourah en 971.

zéïri ben-atyah, roi de Fez, de la tribu des Zéïrites- Zénates, 988-1001, refusa de reconnaître la souveraineté des rois de Cordoue, eut à combattre successivement deux compétiteurs que ceux-ci lui opposèrent, établit sa résidence en 995 à Woudja ou Wadjida, dans la province de Tlemcen, fut vaincu par une armée envoyée d’Espagne sous les ordres d’Abdel-Mélek , dut s’enfuir dans le Sahara, d’où il revint à la tête de quelques tribus, mais mourut avant d’avoir recouvré tous ses Etats.

ZÉllHTES ou ZEGRIS, tribu et dynastie maure, qui a fourni des souverains à Fez, Tlemcen, Alger, Tunis, Kairouan et Tripoli. On distingue : 1° les Zétrites-Dadissides ou Sanliadjides, dont le 1er fut Yousouf-Balkin ( V. ce mol), et qui, secouant le joug des Fatimites d’Egypte pour reconnaître la suzeraineté -des Ommiades d’Espagne , régnèrent sur Tunis et Alger, de 972 à 1050; leur capitale était Achir; renversés en Afrique par les Almoravides, ils formèrent encore à Grenade un parti rival de celui des Abencérages ; les Hamadides de Bougie en étaient une branche ; 2° les Zéïrites-Zénales , qui reconnaissent pour tige Zéiri-ben-Atyah ( V. ce mot), régnèrent sur Fez de 988 à 1070.

ZE1TQUN, anc. Lamia,\, du royaume de Grèce (ch.-l.

du nome de Phocide et Phthiotide), près du golfe de son nom (ancien golfe Maliaque) et desThermopyles, à 155 kil. N. -N.-O. d’Athènes. Fabr. de toiles de coton et tissus de laine; 10,000 hab. Frontière du royaume, cette ville a conservé l’apparence d’une ville turque.

zeitoun, v. de l’ile de Malte, à 7 kil. S.-E. de La Valette ; 3,900 hab.

zeitoun (oued-) , rivière d’Algérie, naît dans l’Atlas, coule au N., et se jette dans l’Oued-Isser.

ZE1TZ, v. des Etats prussiens (Saxe), ch.-l. de cercle, près de l’Elster-Blanc, à 45 kil. S. de Mersebourg; 12,751 îiab. Siège d’évêché au moyen âge. Gymnase. Ancien château, servant de maison de correction et de dépôt de mendicité. Fabriques de toiles et de lainages.

ZELA , v. du Pont. V. Zilèii.

ZELAKA, lieu d’Espagne, près de Badajoz. Yousoufben-Taschfyn, chef des Almoravides, y battit Alphonse VI, roi de Castille, en 1086.

ZÉLANDE, en hollandais Zeeland (pays de la mer), province du royaume de Hollande, au S.- O., presque entièrement composée des îles comprises entre le bras N. de la Meuse et le S. de l’Escaut ( Walcheren, Beveland, Schouwen , etc.); 165,706 hect.; 167,864 hab. Ch.-l., Middelbourg ; v. princip. : Flessingue. On la divise en 5 districts : Middelbourg, Sluys ou l’Ecluse, Ilulst, Goes, et Zieriksée. C’est un pays bas et plat, garanti, dans plusieurs endroits , contre les invasions de la mer, par des digues de 4 à 5 mèt. de hauteur, dont l’entretien coûte 2 millions de fr. par an. Sol bien cultivé, très-fertile en céréales, légumes, pommes de terre, chanvre, colza, etc. Les côtes sont fort poissonneuses. Le climat, brumeux et malsain, engendre des fièvres endémiques. Beaucoup de distilleries, d’huileries et de brasseries. Comm. de grains, de garance, et de poissons. — Les îles de la Zélande appartinrent longtemps à de petits seigneurs : Florent V, comte de Hollande , les réunit en 1256. Elles passèrent , comme la Hollande , à la maison de Bourgogne , puis à l’Autriche , et formèrent, sous Charles - Quint , une des 17 provinces des Pays-Bas. Cette province prit part à l’insurrection contre Philippe II, et signa l’union d'Utrecht en 1570. Sous la domination française, 1810-14, elle forma le département des Bouches-de-l’Escaut et une partie de celui des Bouclies-de-la-Meuse.

zélande (nouvelle-), dite aussi Terre des Etals et Terre de Cook, archipel de la Polynésie, dans le Gr.-Océan austral, à environ 900 kil. S.-E. de l’Australie ; entre 34° 12’ et 47° 20’ lat. S., 164° et 176° 39’ long. E. Il se compose de trois îles, dont deux grandes : Nouveau-Ulsler ou lie Septentrionale, ou Tasmanie du Nord, Eaheino- Mauwe ou Ikana-mawi des indigènes (900 kil. sur 285), et Nouveau- Munster ou ile Centrale, ou Tasmanie du Sud, Tut a'i-Pounamou des indigènes (900 kil. sur 285) , séparées entre elles par le détroit de Cook; et une petite, Nouveau- Leinster ou ile du Sud. Superficie des 3 îles : 259,160 kil. carrés. Le gouvernement anglais en a pris possession en 1839 ; une colonie française y avait essayé, en 1837, un établissement qui n’a point réussi. La population est (1863) de 125,812 colons, et 56,000 indigènes, dont plus de moitié sont convertis au christianisme. Sol montagneux; on remarque plusieurs volcans éteints, et celui de Tangarero, encore actif. Mines de cuivre et de houille ; gîtes d’or. Nombreuses baies et ports excellents. Magnifiques forêts; végétation très-puissante; les céréales et les cultures d’Europe y réussissent. On y trouve le phormium tenax, dont on tire la soie végétale. Les seuls quadrupèdes indigènes sont le rat et le chien ; on n’y voit ni insectes, ni reptiles venimeux. On pêche sur les côtes le phoque et les autres animaux marins. Le climat est à peu près celui de la France, dont la Nouvelle-Zélande est l’antipode. Des tremblements de terre violents y eurent lieu en 1848 et 1855. I.es indigènes sont forts, audacieux, intelligents; les missions protestantes et catholiques font parmi eux de nombreux prosélytes. Le ch.-l. de la colonie est Auckland, dans l ile du Nord ; là se trouvent aussi les établissements de Eorora relia. Port -Wellington, New-Plymoulh. L'ile du Centre a déjà NeUon, Canterbury, Ütago, Piclon, Christchurch, Dune'din, Inver car giel, la presqu'île d ’Akaroa ou de Banks, où était l'établissement français. La Nouvelle-Zélande, placée aux portes de l’Australie, sur la route de l’Amérique, est en grande voie de prospérité. — La Nouvelle-Zélande fut découverte en 1642 par le navigateur hollandais Tasman, puis visitée par Cook en 1769, Surville eu 1769, Marion en 1772, Howell en 1815, Thompson en 1816, Freycinet eu 1818] et Dumont-d’Urville en 1827. En 1813, le christianisme fut introduit parmi les naturels du pays. B.

- ZELATEURS, sectaires juifs, disciples d’un certain

ZEN

ZEN

Judas de Galilée, parurent à l’époque où Vespasien commença la guerre de Judée. Leur zèle fougueux pour l’indépendance du pays les entraîna à des excès qui précipitèrent la ruine de Jérusalem, où ils s’étaient emparés du pouvoir, l'an 70 de J.-C. Jean de Gischale était un de leurs chefs. On les appelait aussi sicaires ou assassins, à cause de leur férocité.

ZELAY A , v. du Mexique, dans le dép. et à 62 kil. S.-E. de Guanaxuato, sur leRio-Grande de Santiago; 3,000 hab. On y voit une des plus belles églises du Mexique.

ZÈLE, v. de Belgique (Flandre orientale), à 7 kil. N.-O. de Termonde, sur l'Escaut ; 10,500 hab. (y compris la banlieue). Fabr. de cotonnades, toiles d’emballage et à voiles, couvertures de laine, siamoises, étoupes, etc.

ZELEIA , v. du Pont. V. Zilèh.

ZELL ( Ulric ) , typographe du XVe siècle, né à Hanau, apprit son art dans l’atelier de Fust et de Schœffer, et établit une imprimerie à Cologne, dont il peut être regardé comme le premier imprimeur. Les caractères dont il se servait étaient presque semblables à ceux de Schœffer; aussi a-t-on souvent attribué au premier ce qui était sorti des presses du second. C— s.

ZELEE ou CELLE, jolie ville des Etats prussiens, dans la province et à 38 kil. F) .-O. de Hanovre, sur l’Aller et la 1 uhse ; 14,200 hab., en y comprenant les faubourgs de Hehlen, Wester et Altencelle. Comm. de laines, cire, miel, bois; manuf. de tabac ; brasseries. Cour d’appel suprême du royaume ; bibliothèque, lycée. Société d’agriculture; courses annuelles de chevaux. Château, avec un beau parc. Aux environs, pénitencier et haras. — De 1369 à 1705, il y eut des ducs de Zelle, branche collatérale de la maison de Brunswick.

ZELLER-SEE, anc. Lacus Venetus, lac formé par le Rhin au-dessus de Stein, entre le duché de Bade et le canton suisse de Thurgovie; 55 kil. sur 18. 11 est quelquefois considéré comme partie N.-O. du lac de Constance, à 4 kil. au-dessous duquel il se trouve.

ZEMBLE (NOUVELLE-), en russe Novata-Zemlia , c.-à-d. Terre-Neuve, groupe de deux îles de l’océan Glacial arctique, en Russie, au N. du gvt d’Arkhangel, dont elles dépendent, et dont elles sont séparées par le détroit de Vaigatsch; par 68° 50’ et 76° lat. N., 50» et 68° long. E. ; 165,500 kilom. carrés. Inhabitées. Climat très- froid, moins cependant que ne pourrait le faire croire la latitude. On n’y trouve, parmi les animaux, que des ours blancs, des isatis, des rennes, des chouettes, des loutres, et, parmi les végétaux, que de la mousse et quelques bouleaux. Elles sont fréquentées par les chasseurs et les pêcheurs d’Arkhangel. La Nouvelle-Zemble fut découverte en 1553 par le navigateur anglais Willoughby.

ZEMLIN , v. de l’Esclavonie autrichienne. V. Semlin.

ZEMPLIN (Comitat de) , division de la Hongrie , dans le cercle en deçà de la Théiss, et, de 1853 à 1860, dans celui de Kaschau , entre la Galicie au N., les comitats d’Unghvar et de Szabolcs à l’E., d’Abaujvar et de Saros à l'O., de Borsod au S. ; 6,169 kil. carrés ; 160 kil. sur 45; 245,269 hab. Ch.-l., Ujliély. Climat très- froid au N., tempéré au S. Riches vallées; montagnes boisées; bons vins sur les' collines ; élève de bestiaux.

ZENATES. V. ZÉijtiTES.

ZEND , langue très-ancienne de la Haute-Asie , fut parlée antérieurement au pelilvi et au parsi. Elle n’est plus usitée aujourd’hui ; cependant les Guèbres récitent encore des prières en cette langue, mais vraisemblablement sans les comprendre.

zend , nom d’une dynastie de la Perse au xvme siècle , rivale de celle des Ivadjars. V. Perse.

^ ZEND-AVESTA , c.-à-d. Parole vivante, livre sacré des Guèbres ou Parsis. Il se compose de deux parties. L’une, en langue zend, comprend: 1° le Vendidud-Sadé , dont les prêtres devaient avoir récité des fragments avant le lever du soleil , et divisé en Vendidad (combat contre Ahriman), Izechné ou Yaçna (élévation de l’âme), et Vispered (chefs des êtres ) ; 2° les Iescht-Sadés , hymnes et prières aux puissances célestes, et dont plusieurs sont en pelilvi et en parsi ; 3» le Sirouzé ( les Trente jours ) , sorte de calendrier liturgique, renfermant des invocations aux génies de chaque jour du mois. La 2e partie, dite Boundehecli , en langue pehlvi , est une espèce de manuel contenant des notions sur l’origine des êtres , la cosmogonie , la religion et le culte , la lutte du bon et du mauvais principe , sur l’astronomie , les institutions civiles , l’agriculture , etc. , et de plus , la généalogie de Zoroastre. Le Vendidad paraît être le seul ouvrage véritablement antique, et est attribué à Zoroastre ( V. ce mot). Le Zend-Avesta a été apporté en France et traduit en latin par Anquetil-Duperron , Paris,

1771 , 3 voL in-4». Eug. Buraouf a publié avec une traduction française et un commentaire, le texte original du Vendidad, 1829-43, in-4°.

ZENDR1NI ( Bernard ) , illustre ingénieur hydraulicien , né en 1679 à Saviore, dans la vallée de l’Oglio, m. en 1747, étudia à l’université de Padoue, s’occupa d’abord des applications des mathématiques à la mécanique et à l’astronomie, retourna ensuite pratiquer pendant quelque temps la médecine dans sa patrie , et s’établit vers 1704 à Venise . où il s’appliqua spécialement à l’hydraulique. 11 fut nommé ingénieur hydraulicien de Ferrare, surintendant des eaux, fleuves, lagunes et ports de la république vénitienne, améliora le port de Viareggio, et préserva lîavenne des inondations du Ronco et du Montone. On a de lui , sur son art, des ouvrages du plus haut mérite : Considerazicni sopra la scienza delle acque correnti , e sopra la storia nalurale dcl Po , Ferrare, 1717 ; Legi e fenomeni, regolazioni e usi delle acque correnti, 1741; Memorie storiche dello stato anlico e moderno delle lagune di Venezia, Padoue, 1811, 2 vol. in-4®, etc. B.

ZENGII , en croate Szeny , en italien Segna , la Sema des Romains, v. des Etats autrichiens (Confins militaires), à 80 kil. S. -O. de Carlstadt. port franc sur le golfe de Quarnero; 3,000 hab. Evêché. Ecole de navigation. — Cette ville était, au xvie siècle, le chef-lieu des Usooques.

ZENGHI (Omad-Eddyn) , dit Sanguin dans les anciens historiens des Croisades, fondateur de la dynastie des Atabeks de Syrie , apprit l’art de la guerre sous l’émir Iverbogath , obtint du sultan Seldjoucide Mahmoud le gouvernement de Bassorah , puis celui de Bagdad , et enfin , en 1127, la principauté de Mossoul, reçut, en 1128, la soumission volontaire des habitants d’Alep, battit les deux frères Ortoeides, Daoud et Timourtach, rois de Khaïfa et de Mardin , fit perdre à Bohémond II , prince d’Antioche, une bataille et la vie, mais fut rejeté vers Mossoul par Foulques , roi de Jérusalem. En 1132, il fut’ envoyé par le sultan Sandjar contre le calife Mostarched , et lui imposa la paix. Après une petite guerre contre les Kourdes, 1136, il attaqua encore à plusieurs reprises les chrétiens de Palestine, prit Edesse en 1144, et fut assassiné en 1145 par quelques-uns de ses Mamelouks pendant le sicge de Djabar en Syrie. Il fut le père de Noureddin.

ZENGHIAN. V. Zandjan.

ZENO (Carlo), amiral vénitien, né vers 1334, m. en 1418, abandonna le droit pour le service militaire, voyagea pendant 7 ans en Orient, conduisit en 1376 la négociation qui donna Ténédos aux Vénitiens, défendit en 1379 la frontière de Trévise contre les Hongrois, défit les Génois qui avaient pénétré dans l’enceinte des lagunes de l’Adriatique en 1380, et étaient sur le point de prendre Venise, fut ambassadeur en France et en Angleterre, puis procurateur de S*-Marc , battit près de Modon, en 1403, la flotte du maréchal Boucicaut, commanda avec succès les troupes de terre contre François de Carrare, et, néanmoins, soupçonné de s’être laissé corrompre par ce prince , avec lequel il avait été lié autrefois, il fut mis en accusation, privé de tous ses emplois, et condamné, sans preuves, à un emprisonnement de deux ans. Après cet emprisonnement, il fit un pèlerinage à Jérusalem, revint pour défendre les Etats de la maison de Lusignan contre les C nois , puis , rentré dans sa patrie , consacra le reste de sa vie aux lettres. B.

zeno (Nicolo et Antonio), frères du précédent, se sont rendus célèbres par leurs voyages : ils allèrent explorer, dans le nord du globe, des terres qu’ils appellent Frisland, Poland, Engroveland, Estotiland, learcé, et qui paraissent être les îles Feroë, le Groenland, le Labrador, et Terre- Neuve. De leurs manuscrits fut tiré, par Caterino Zeno, petit-fils d’Antoine , l’ouvrage intitulé : Découverte des lies de Frislanda , Eslanda, etc., Venise, 1558, et reproduit dans le recueil de Ramusio, 1583.

zeno ( Apostolo) , littérateur, né en 1668 à Venise, d’une famille originaire de Candie, m. en 1750, fut un des fondateurs de l’Académie vénitienne deyli Animosi , en 1691 , et créa, en 1710, le Journal des lettrés , dont il publia 20 volumes. En 1718, il reçut de l’empereur Charles VI le titre d’historiographe et de poêla cesareo, et se fixa à Vienne. Il corrigea et termina, dans des Dissertazioni Vossiane, 1752-53, 2 vol. in-4°, l’ouvrage de Vossius sur les historiens latins, commenta le grand ouvrage de Fontanini , et conçut la première idée d’une collection des chroniqueurs italiens. On a de lui : 63 pièces dramatiques (tragédies, comédies, opéras, oratorios), Venise, 1744, 2 vol. in-8®, où il a pris les Français pour modèles; en général, ses intrigues sont lentes , ses scènes prolixes , ses incidents embarrassés , et la précipitation du travail nuit chez lui à

ZEN

ZÉN

l'élégance ; des Poésies diverses , etc. Huit pièces de Zeno ont été traduites en français par Bouchaud, 1758, 2 vol. in-12. fa B.

ZÉNOBIE , femme de Rhadamiste, roi d’Ibérie, et fille de Mithridate , roi d’Arménie. Poursuivi par les Arméniens révoltés à cause de ses cruautés et de la barbarie avec laquelle il avait fait périr son beau-père, Rhadamiste l’entraînait avec lui ; enceinte et incapable de fuir, elle le pria de la tuer pour la soustraire aux outrages de la captivité ; il la poignarda , puis la précipita dans l’Araxe , et regagna les Etats de Pharasmane , son père. Zénobie , amenée par le courant sur la rive , fut recueillie, respirant encore , par des pâtres, qui la firent reconduire en Arménie, où Tiridate l’accueillit avec bonté, 53 ap. J.-C. C’est le sujet de la meilleure tragédie de Crébillon.

zénobie , Seplima Zenobia , reine de Palmyre , fille d’un prince arabe de Mésopotamie , épousa en secondes noces Odérrath ( V. ce mot) , chef des tribus du désert voisin de Palmyre, et l’un des sénateurs de cette ville , et partagea ses fatigues dans une guerre contre Sapor. Après le meurtre d’Odénath, dont on la crut complice, en 267, elle prit le titre de reine de l’Orient. Sa domination s’étendait de l’Euphrate à la Méditerranée , et depuis les déserts de l’Arabie jusqu’au centre de l’Asie-Mineure. L’empereur Galien fit la guerre à Zénobie sans succès; mais Aurélien, après deux victoires à Antioche et à Emèse, s’empara de Palmyre, capitale des Etats de cette reine. Zénobie, qui fuyait vers l’Euphrate , fut atteinte par les Romains, et, pour obtenir la vie, livra son ministre Longin et ses meilleurs amis. Conduite â Rome, 273, elle orna le triomphe de son vainqueur, qui lui assigna ensuite pour retraite la ville de Tibur, où elle acheva ses jours obscurément.

ZÉNODORE , tyran de Panéas ou Césarée en Palestine au temps de l’empereur Auguste , étendit peu à peu sa domination sur une partie de la Syrie , laissa les brigands de la Trachonitide dévaster le pays , fut dénoncé par ses sujets à Rome comme leur complice, et se vit enlever la plupart de ses possessions , que l’on donna à Hérode. Il mourut en l’an 20 av. J.-C.

zénodore, sculpteur grec, florissait sous les empereurs Claude et Néron. Les Arvernes le chargèrent de fondre une statue colossale de Mercure, la plus grande que la statuaire ait jamais exécutée; il y travailla 10 ans, et elle lui fut payée 40 millions de sesterces ( plus de 4 millions de fr. ). Néron lui fit faire ensuite sa statue à Rome : ce nouveau colosse , de 33 mèt. de hauteur, fut placé sur le vestibule de la Maison-d'Or, puis consacré par Vespasien à Apollon , dont la tête fut substituée à celle de Néron.

ZÉNODOTE d’Ephèse , grammairien grec , fut précepteur des enfants de Ptolémée Soter, et reçut de ce prince la garde de la bibliothèque d’Alexandrie. Il est surtout connu par sa recension d’Homère.

ZENON d’Elée, philosophe grec, ne dans la Grande- Grèce , à Elée , l'an 490 av. J.-C. Il s’attacha à Parménide, à la suite duquel il fit quelques voyages à Athènes, et se livra à la philosophie sans oublier ses devoirs de citoyen. Elée étant tombée au pouvoir du tyran Démylos ou N éarque , il voulut la délivrer ; mais il fut trahi. Sommé de dénoncer ses complices, il nomma les amis du tyran; puis , avec ses dents, il se coupa la langue, qu’il lança au visage de son ennemi. Ilermippe raconte qu’il fut pilé dans un mortier. Toute la carrière philosophique de Zénon fut consacrée à la défense de l’idéalisme éléatique que Parménide avait formulé. Ce rôle qu’il remplit dans l’école d’Elée le fit regarder comme le fondateur de la dialectique, et le premier qui ait écrit en prose, la défense de son système l’obligeant à une discussion qui n’admettait pas la poésie. Zénon opposait la doctrine de l’unité absolue au système contraire , celui des Ioniens , qui niaient l’unité et ne reconnaissaient que le multiple et le divisible ; c’est pourquoi toute sa polémique consistait à nier le mouvement , et ses arguments nous ont été conservés par Aristote ( Physique , vi , 9) ; du même coup il niait le temps et l’espace , et , par suite , la possibilité de tout changement ; il arrivait ainsi à l’immobilité absolue. La réponse de Diogène le Cynique , qui marchait pour prouver le mouvement, ne valait rien; car Zénon ne raisonnait ainsi que pour obliger les Ioniens à nier eux-mêmes la continuité de l’espace et du temps. On en a conclu que Zénon était sceptique ; c’est une erreur, sa doctrine était le dogmatisme de Parménide. Diogène- Laërce lui attribue une physique basée sur l’apparence et les contradictions où tombent les sens : les principes des choses étaient le chaud , le froid , le sec et l’humide. Les écrits de Zénon ne nous sont pas parvenus. V. Crell, de Zenone, Leipzig 1724, in-4® ; Gerling, de Zenonis Eleatici

paralogismis molum spectanlibus, Marbourg, 1825, in-8»; Lochse , Dissertatio de arguments quibus Zeno Eleates nullurn esse motum demonstravit , Halle, 1794, in-8°. R — t.

zénon , philosophe grec , fondateur de l’école stoïcienne, né à Citium, dans l’ile de Chypre, vers l’an 362 av. J.-C., était fils d’un marchand appelé Mnasée, et entra d’abord dans le commerce. Ayant fait naufrage à l’entrée du Pirée, et perdu son vaisseau chargé de pourpre, il renonça au négoce pour se livrer tout entier à la philosophie. Il avait alors 22 ans. Son premier maître fut Cratès ; il le quitta pour s’attacher à Stilpon, puis à Diodore Cronus, à Xénocrate et à Polémon. Après avoir étudié pendant 20 ans sous ces différents maîtres, il fonda une école, dite stoïcienne ou du Portique ( en grec Sloa, le Pécile d’Athènes), où il donnait ses leçons. Il acquit une telle réputation , qu’ Antigone Gonatas allait l'écouter quand il venait a Athènes, et que Ptolémée Philadelphe chargeait ses ambassadeurs de recueillir ses leçons. Sa tempérance passa en proverbe. A sa mort, les Athéniens déclarèrent qu’il avait bien mérité de la patrie, en excitant la jeunesse à la vertu par ses paroles et surtout par son exemple. On lui éleva un tombeau dans le Céramique avec une couronne d’or. Zénon posa les fondements du stoïcisme, et en traita toutes les parties, la physique, la logique et la morale ; mais il ne faut pas lui attribuer tous les développements que la doctrine prit dans la suite. Il expliquait l’univers par la présence de deux éléments, l’un passif, la matière, l’autre actif, Dieu. Mais ce Dieu n’était guère qu’un principe igné ; car Zénon disait, comme Héraclite, que le monde avait pour principe le feu, et qu’il périrait par le feu. Dans sa logique , il regarde les sens comme la source de nos connaissances; mais il ajoute que, pour que la sensation devienne une notion, il faut trois actes de l’esprit : le jugement , la compréhension , après quoi venait la science. Sa morale, que ses successeurs modifièrent dans la suite, rappelle les leçons de Cratès. A l’exemple des Cyniques, il supprimait les arts libéraux, la monnaie, les tribunaux ; la parenté n’existait qu’entre les hommes vertueux, à l’exclusion des liens du sang. Il admettait aussi, comme Platon, la communauté des biens. Ce fut lui qui posa ce principe du stoïcisme, que l’homme doit vivre selon la nature, c’est-à-dire selon la raison; de là le bien et le mal, selon ce qui est conforme ou non conforme à la raison. Il fut aussi le premier qui usa du mot devoir, et qui écrivit un traité sur cette matière. Il n’admettait pas l’immortalité individuelle de l’âme, ni la personnalité divine ; en sorte que, malgré ses tendances religieuses, il aboutissait au panthéisme et à une sorte de fatalisme. Le but de Zénon était principalement de combattre la morale relâchée d’Epicure. On attribue à Zénon un grand nombre d’ouvrages, dont voici les titres : de la République; de la Vie selon la nature humaine; des Passions ; de l'Appétit, ou de la Nature humaine ; des Devoirs ; de la Loi; de la Science grecque; de la Vue; de l'Univers; des Signes ; Opinions de Pythagore; Questions générales; des ilôts; 5 livres de Problèmes; Leçons sur la poésie; la Dialectique; les Solutions et les réfutations morales de Cratès. R — T.

zénon de Tarse, disciple et successeur de Chrysippe à la tête du Portique , combattit l’opinion stoïcienne , que l’univers doit finir par un embrasement.

zénon, l’Epicurien, compta Cicéron parmi ses disciples, et fut, à son époque, le plus illustre de sa secte.

zénon l'Isaurien, empereur d’Orient, 474-491. Il n’élait qu’un chef de bande isaurienne, au service de Léon Ier, lorsque celui-ci l’opposa au patrice Aspar, et lui fit épouser sa fille aînée Ariadne. Après la mort d’Aspar, 471, Zénon fut le second personnage de l’Empire , et le premier, après la mort de son fils Léon II, 474. Mais jamais pouvoir ne fut plus disputé que le sien. Sa belle-mère Vérine et son oncle Basilisque le chassent de Constantinople, 475 ; il y rentre la même année. Plus tard, son beau-frère Marcien tente de l’enlever, 479. Vérine et Ariadne ne cessent d’intriguer contre lui. Un de ses généraux, Illus, lui oppose Léonce en 484 : il ne se sauve que par le secours de Théodoric, roi des Ostrogoths, qui réclame ensuite l’Italie pour salaire , 487-488. Enfin des querelles religieuses divisent l’Empire : Zénon , pour y mettre un terme, publie un Formulaire de foi ou llenoticon, qui mécontente tout le monde, 482. Zénon mourut détesté, en 491. S.

ZENTA ou ZENTHA, v. des Etats autrichiens (Hongrie), sur la Théiss, comitat de Bacs, à 70 kil. N.-E. de Zombor. Victoire du prince Eugène et de l’électeur de Saxe Frédéric- Auguste sur les Turcs, en 1697.

ZENT1NA, rivière d’Illy rie, limitait au S.-E. l’empire de Charlemagne.

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